La guerre dure tant que durent les profits


[William Blum - Le Grand Soir - 11/12/2009]

Que leur arrive-t-il à gauche, à verser leurs larmes sur Obama “le candidat de la paix” qui serait devenu “le candidat de la guerre” ? Où est la surprise ? Voici ce que j’écrivais en août 2008, lors de la campagne électorale :

Obama a menacé, à plusieurs reprises, d’attaquer l’Iran s’ils refusent de faire ce que les Etats-Unis exigent qu’ils fassent sur la plan nucléaire ; il a menacé à plusieurs reprises d’attaquer le Pakistan si leur politique anti-terroriste n’était pas assez ferme ou si un changement de régime devait s’y produire et qui ne serait pas à son goût ; il réclame une forte augmentation de troupes US en Afghanistan et une politique plus dure ; il soutient totalement et sans équivoque Israël comme si ce dernier était le 51eme état de l’union.

Pourquoi quelqu’un serait-il surpris par la politique étrangère d’Obama ? Il n’a même pas interdit la torture, contrairement à ce que ses supporters tentent désespéremment de nous faire croire. S’il fallait encore des preuves, voici un article du 28 novembre du Washigton Post : « Deux adolescents Afghans détenus par les américains au nord de Kaboul cette année ont déclaré avoir été battus par les gardiens américains, photographiés nus, privés de sommeil et maintenus en isolement dans des cellules en béton pendant au moins deux semaines tout en étant soumis à des interrogatoires sur leurs supposés liens avec les Taliban. » Ceci n’est que le dernier exemple en date de la continuation de la torture sous la nouvelle administration.

Mais les défaillances de Barack Obama et la naïveté de ses fans n’est pas le point important. Le point important est la continuation de l’escalade de la guerre américaine en Afghanistan, fondée sur un mythe selon lequel les personnes que nous qualifions de « Taliban » sont liés à ceux qui ont attaqué les Etats-Unis le 11 septembre 2001, que nous qualifions généralement d’ « Al Qaeda ». (Lire la suite…)

Al Qaeda créée par la CIA recherchée par le FBIAl Qaeda A Tué Majoritairement Des Musulmans

[Planète Non Violence - Mireille Delamare - 16/12/2009]

Comment expliquer que la majorité des victimes d’al Qaeda sont des Musulmans et non pas des non Musulmans comme certains s’évertuent depuis des années à le faire croire. Une étude récemment publiée aux US le prouve.

Une nouvelle étude du Combatting Terrorism Center (CTC) américain montre que la grande majorité des victimes d’al Qaeda sont en fait des coreligionnaires.

Entre 2004 et 2008, al Qaeda a revendiqué la responsabilité de 313 attaques, provoquant la mort de 3010 personnes. Et bien que ces attaques aient inclus des attentats commis en Occident tels celui de Madrid en 2004 et celui de Londres en 2005 seulement 12% des tués (371) étaient des Occidentaux.

Ce nouveau rapport du CTC – qui fait partie de l’Académie Militaire des US à West Point, New York- jette un éclairage particulièrement surprenant sur l’identité des victimes d’al Qaeda. Intitulé «Deadly Vanguards : A Study Of al-Qaeda’s Violence Against Muslims » ce rapport regroupe des données et chiffres qui parlent d’eux-mêmes. La grande majorité des victimes d’al Qaeda sont des Musulmans et les auteurs du rapport affirmant avoir utilisé une méthodologie très stricte ont admis que celui-ci omettait probablement de mentionner un certain nombre de victimes musulmanes.

Les chercheurs ont seulement compté les attaques dont al Qaeda a revendiqué la responsabilité. Mais c’est bien connu qu’al Qaeda ne revendique pas systématiquement tout attaque perpétrée ce qui implique que de nombreuses victimes n’ont pas été comptabilisées dans ce rapport. De plus, les chercheurs n’ont inclus que les attaques rapportées par les médias arabes et se sont appuyés sur les chiffres que ces derniers fournissaient, considérant que les médias arabes sont plus crédibles dans le monde musulman que les médias occidentaux ce qui en fait n’est pas toujours le cas.

Entre 2006 et 2008, les non Occidentaux ont couru un risque 38 fois supérieur à celui des Occidentaux d’être tués dans des attaques d’al Qaeda. Les auteurs du rapport le justifient en disant que :

« Comme al Qaeda a des capacités limitées pour frapper ses ennemis occidentaux, le groupe maintient sa capacité de nuisance en attaquant dans des pays à majorité musulmane »

Cette justification est quelque peu douteuse.

Cette étude réalisée par une organisation qui fait partie de l’école militaire américaine, intéressante de par les chiffres et constatations qu’elle fournit, ne peut que pousser à s’interroger une fois de plus sur qui est derrière al Qaeda.

S’il est vrai que depuis les attentats du 11 Septembre aux USA les mesures de sécurité ont partout été renforcées au point que les libertés individuelles ont largement et globalement régressé, il n’en reste pas moins que le fait que ce soit majoritairement des Musulmans qui aient été tués vient renforcer la thèse d’une manipulation des services secrets occidentaux – principalement de la CIA – de la nébuleuse d’al Qaeda.

A l’origine d’al Qaeda il y a la CIA, Ben Laden ayant été un agent de la CIA pour lutter contre l’occupation soviétique en Afghanistan. Les Soviétiques partis d’Afghanistan, que sont devenus les combattants d’al Qaeda ? Certains affirment qu’ils ont migré vers la Somalie et le Soudan et qu’il resterait à l’heure actuelle environ une centaines de ces combattants en Afghanistan. Pas de quoi justifier une intensification de la guerre en AFPAK, l’envoi de 34 000 troupes US supplémentaires en Afghanistan, plus environ 7000 soldats de l’OTAN. L’offensive militaire US et de leurs alliés contre l’Afghanistan, que le CSONU a justifié après les attaques du 11 Septembre, était justement basée sur le fait que ce pays servait de refuge à cette nébuleuse d’al Qaeda soit disant responsable de ces attaques. Aucune enquête indépendante sérieuse n’a été jusqu’à ce jour menée, les gouvernements américains successifs de même que l’ONU par sa passivité y faisant constamment obstacle.

Alors qui est réellement derrière al Qaeda, cette organisation qui vise majoritairement des Musulmans ?

En parallèle, fait également troublant, ce sont principalement des pays musulmans qui sont visés dans des guerres « contre le terrorisme » « sans fin » « de nécessité » selon la terminologie du moment choisie par les pays occidentaux, attaqués détruits et ruinés comme cela a été le cas de l’Irak, de l’Afghanistan, et peut être demain de l’Iran si la société civile, et en premier lieu celle des pays musulmans, premiers visés, ne s’élèvent pas plus fermement contre ces croisades sanguinaires certainement plus sanguinaires que les attaques de la nébuleuse d’al Qaeda. Encore faudrait- il que ces pays musulmans cessent de tomber dans le piège permanent de la culpabilisation et de l’auto dénigrement que les pays judéo-chrétiens occidentaux leur tendent inlassablement ces derniers projetant sur eux leur mauvaise conscience de colonisateurs insatiables.

http://www.planetenonviolence.org/Al-Qaeda-A-Tue-Majoritairement-Des-Musulmans_a2069.html

Mourez pour rien, chers soldats

La déclaration du premier ministre Stephen Harper est limpide : Oubliez ça, les boys, la guerre en Afghanistan est perdue d’avance.

C’est à un journaliste de CNN que Stephen Harper a fait cette renversante déclaration. « Nous ne remporterons pas cette guerre seulement en restant là, a-t-il dit. (…) Jamais nous ne battrons les insurgés. »

Stephen Harper n’a pas été piégé par un méchant journaliste qui lui aurait posé 43 fois la même question dans l’espoir de lui arracher une déclaration controversée. Bien au contraire.

Stephen Harper aurait pu corriger le tir, car le journaliste a poursuivi : « Comme ça, nous ne battrons jamais les insurgés. Le mieux qu’on puisse faire, c’est d’entraîner les troupes afghanes pour prendre la relève, puis de nous retirer ? »

« Exactement », a répondu Stephen Harper.

Clair et limpide.

Pourquoi envoyer des soldats mourir dans le fin fond de l’Afghanistan si tout est perdu d’avance ? Quel soldat sera prêt à prendre le risque de sauter sur une mine s’il sait que le Canada a jeté l’éponge ? Les 1400 soldats québécois qui s’apprêtent à partir pour Kandahar doivent avoir le moral dans les talons.

Et pourquoi rester encore deux ans si les jeux sont faits ? Pourquoi continuer à engloutir des milliards dans une guerre de plus en plus sanglante ? Pire que l’Irak, ce qui n’est pas rien. Depuis 2005, la violence a augmenté de 550% en Afghanistan.

Mourez pour rien, chers soldats. C’est ça que Stephen Harper leur a dit dimanche.

Autre question troublante : pourquoi M. Harper a-t-il fait une déclaration aussi controversée aux États-Unis ? Pourquoi pas au Canada ? Voulait-il envoyer un message à Barack Obama ? Si oui, pourquoi passer par CNN, alors qu’il aurait pu appeler la Maison-Blanche ?

Bizarre.

Hier, à la Chambre des communes, l’opposition a demandé des comptes au premier ministre. Pourquoi cette volte-face ? Stephen Harper a répondu avec des mots creux, en brassant deux ou trois évidences. Il a conclu en disant : « Nous sommes fiers du travail de nos troupes. »

Merci, M. Harper. Très éclairant.

Stephen Harper a dit la vérité. Oui, la force internationale ne peut pas gagner cette guerre. Oui, le Canada s’enlise dans un conflit qu’il ne peut que perdre. Les Afghans n’ont jamais accepté d’être dominés. Les Russes et les Britanniques n’ont pas réussi à s’imposer dans ce pays mille fois plus complexe que l’Irak.

Pourtant, les Russes se sont accrochés pendant 10 ans et ils y ont mis le paquet. L’OTAN, avec ses 70 000 soldats, ne fait pas le poids.

Stephen Harper n’est pas le premier à baisser les bras.

En octobre, le chef de l’armée britannique en Afghanistan, le général Mark Carleton-Smith, a dit : « Nous n’allons pas gagner cette guerre. »

L’automne dernier, le New York Times a publié un rapport des services secrets américains qui confirmait que l’OTAN a très peu de chances de battre les talibans.

Le chef des troupes américaines en Afghanistan et en Irak, le général David Petraeus, en a rajouté en déclarant qu’il fallait négocier avec les talibans. Le président afghan, Hamid Karzaï, a même amorcé des négociations avec le chef des talibans, le mollah Omar.

Alors, si tout le monde se doute que la communauté internationale court vers la défaite, pourquoi s’offusquer devant la déclaration de Stephen Harper qui a dit tout haut ce que bien des gens – et pas des moindres – pensent tout bas ?

Parce qu’un chef d’État engagé dans une guerre ne peut pas concéder la victoire au milieu de la bataille. S’il le fait, il doit agir en conséquence, c’est-à-dire se retirer ou négocier avec l’ennemi. Il ne peut pas continuer à envoyer des soldats au front, mine de rien, en sachant que leur mort ne rimera à rien. La guerre tournera à vide, car elle n’aura plus d’objectifs. Si l’OTAN ne peut pas gagner, le premier ministre sacrifie des vies inutilement.

Les morts ne serviront qu’à remplir une promesse faite aux Américains. Ça frise l’indécence.

La guerre n’est pas une partie de plaisir. J’ai passé quatre jours avec des soldats canadiens dans une base avancée dans la province de Kandahar. J’ai mal mangé – des rations, des rations et des rations -, j’ai mal dormi – sur un lit de camp, dans un dortoir poussiéreux avec une dizaine de soldats et autant de souris -, je me suis baladée dans un blindé, la peur au ventre, et j’ai patrouillé avec une tonne d’équipement sur le dos en m’imaginant voir des talibans derrière chaque arbre, chaque maison. La galère, la vraie, celle qui transforme quatre jours en éternité.

M. Harper a lancé sa bombe aux États-Unis. Pourtant, on ne confie pas une telle énormité à un journaliste étranger entre deux recettes sur l’économie canadienne. Et on ne lance pas un tel ballon pendant que des soldats risquent leur vie. On assume.

Mais M. Harper n’a jamais assumé grand-chose dans cette guerre, en commençant par la torture des prisonniers afghans capturés par les soldats canadiens. Il a toujours nié que la torture existait jusqu’à ce qu’on lui mette le nez dans ses mensonges.

Aujourd’hui, qui a envie de croire M. Harper ?

Pour joindre notre chroniqueuse : michele.ouimet@lapresse.ca

Source
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/michele-ouimet/200903/03/01- (…)

[Veilleur de Jour - 06 novembre 2009]

Camp Bucca, camp de concentration US en Irak

Le Soir de Bruxelles (voir le 2 novembre sur ce blog) et Le Temps de Genève viennent de publier un article d’Alain Lallemand sur le Camp Bucca de l’armée américaine en Irak. Lorsque ce site a été contraint de fermer ses portes le 17 septembre dernier, l’événement a reçu peu d’écho sauf sur quelques sites comme le Huffington Post. Pourtant, il s’agissait, dans l’histoire contemporaine, du plus vaste centre de rétention géré par l’armée américaine. “Sans jugement, sans avocat, sans même un mandat d’arrêt, quelque 2000 à 3000 personnes y étaient retenues en 2005″, écrit Alain Lallemand qui précise : “elles étaient 9.000 début 2006. Et début 2008, un record de 28 000 personnes y a été atteint: un authentique camp de concentration, au plein sens du terme.”

L’article repose sur le témoignage d’un contractant extérieur qui y a traCamp Buccavaillé de manière régulière durant des années. En plein territoire chiite, entouré d’un désert qui éteignait tout projet d’évasion, une population à 80% sunnite s’est retrouvée logée sous tentes, en conteneurs maritimes, puis en conteneurs de chantier. « Ici, la température atteint les 60º centigrades en été, – 10º C en hiver », note la source.
Tous les internés ne sont pas égaux : ils sont triés en trois niveaux de dangerosité. « Pour les “hauts risques”, ceux qu’ils appellent les “salafistes”, soit 7 à 800 détenus, a été constitué un “quartier rouge”. Ceux-là vivent par groupes de dix à quinze, logés à chaque fois dans deux conteneurs maritimes de 40 pieds (12 mètres) mis côte à côte, soudés l’un à l’autre et dans lesquels ont été ouverts à la meule des fenêtres et aérations. Les soldats meulent aussi la cloison intérieure, pour former un seul espace. En gros, l’équivalent d’un conteneur permet aux dix à quinze prisonniers de dormir, l’autre conteneur abritant une arrivée d’eau avec lavabo et, derrière un rideau, un WC à la turque. Et c’est là-dedans que certains ont vécu plus de 4 ans, ne pouvant en sortir qu’une heure par jour… »

“DuraCamp Buccant quatre ans, les délégués du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont régulièrement visité le Camp Bucca pour en vérifier les conditions de détention et le respect des garanties judiciaires”, indique Frédéric Koller dans Le Temps . Au nom de la clause de confidentialité qui lui ouvre les portes à de tels camps, le CICR se refuse toutefois à tout commentaire. Dorothea Krimitsas du CICR souligne cependant que le camp a été le théâtre de grèves et de révoltes à plusieurs reprises.

Parce qu’il y a encore des gens qui doutent de cette thèse ? Pour nous, qui étions en contact avec les groupes libanais et palestiniens, pour moi, qui habitais Beyrouth à l’époque, c’était du connu ! Le contentieux Eurodif, tout le monde savait…  (Dov)

A lire : Dans l’article de VOLTAIRE sur J.L. Brugière : http://www.voltairenet.org/article13591.html
ainsi que l’article sur l’assassinat du Général Audran – abattu sur ordre pour avoir révélé les réseaux “Stay Behind” en Europe  : http://www.voltairenet.org/article147368.html#nb9

[Olivier Bailly - 15/10/2009]

Le 21 février 1987, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani sont arrêtés par la police. Les quatre piliers d’Action Directe ont commis de nombreux attentats et des assassinats. Leur but : défendre le prolétariat, par les armes, s’il le faut, à l’instar de leurs cousins italiens des Brigades rouges et allemands de la Fraction Armée rouge.
En réalité, selon le journaliste Romain Icard qui a enquêté sur les motivations du quarteron d’activistes, Action directe a été manipulé par un état qui voulait régler ses comptes à la France. L’assassinat par haine du capitalisme est un prétexte romantique qui ne tient pas sous les coups de boutoir de l’investigation.
Mais toute la lumière n’avait pas été faite sur ce groupuscule dont l’histoire peut nous permettre de comprendre d’autres affaires, comme celle de Battisti ou de Julien Coupat.
L’Histoire secrète d’Action directe, enquête filmée de Romain Icard, est diffusée sur Canal+ vendredi 16 octobre à 22h20.
« Je suis complètement convaincu qu’Action directe a été commandité pour accomplir ces assassinats », déclare dans ce documentaire Yves Bonnet.On ne peut que souscrire à cette affirmation de l’ancien patron de la DST après avoir vu l’enquête de Romain Icard. Non seulement celui-ci nous permet de comprendre comment de jeunes jusquauboutistes aux idées bien arrêtées peuvent aller jusqu’à détruire la vie d’autrui (et la leur) mais aussi pourquoi le sommet de l’état a pu les laisser agir en toute impunité.

Ce film commence par retracer l’itinéraire de Rouillan qui avec ses camarades espagnols anti-franquistes exécuteront en 1973 un policier de l’autre côté de la frontière. Ses copains seront capturés. L’un deux, Puig Antich sera garroté. Rouillan s’en sort. A Toulouse, avec les anarchistes il créera les Groupes d’Action Révolutionnaires Internationalistes. En prison Rouillan prône la violence, les anarchistes prennent leur distance. Il y a scission.

Le film évoque le contexte de l’époque, les années 70 qui voient l’essoufflement de l’esprit de mai 68, l’auto-dissolution de la Gauche Prolétarienne dont certains membres, comme Gilles Millet (interviewé ici), fondateur de Libération, se reconvertissent majoritairement, alors que d’autres restent sur la carreau, déboussolés. C’est sur ce terrain que prospèrent généralement les déçus, les largués de tous bords, prêts à tout pour, sous prétexte de venger l’honneur du prolétariat qui n’en demande pas tant, satisfaire leur ego.

Lorsqu’il sort de prison, en 1977, Rouillan rencontre Nathalie Ménigon. Ils fondent Action directe et signent leur premier forfait le 1er mai 1979 en mitraillant le siège du patronat français. Pour l’heure ils sont entourés d’une dizaine de sympathisants. Ils multiplient les actions spectaculaires et leurs rangs grossissent. (Lire la suite…)

Est-ce qu’elle a une forme de godemichet au moins ? Moulée sur la queue de Ben Laden :-)

Et bien sûr, cela signifie que  tout Kamikaze mourrant de cette façon arrivera au paradis sous les ricanements de ses confrères martyrs (et des houris) qui le traiteront désormais de GOATSE !!!!! (attention, ne cliquez que si vous avez l’estomac bien accroché)

La bombe-suppositoire inquiète les services de sécurité

[Libération - 05/10/2009]

Selon une note interne de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), révélée par le Figaro, les terroristes islamistes seraient dorénavant capables de dissimuler leur bombe à l’intérieur de leur corps.

C’est un attentat, revendiqué par une branche d’Al-Qaeda, contre le prince Mohammed bin Nayef, le 28 août en Arabie Saoudite, qui a alerté les services de renseignement du monde entier. L‘auteur a utilisé «un explosif ingéré, ou plutôt introduit comme un suppositoire. Autant dire indétectable. Le kamikaze n’avait plus qu’à le déclencher grâce à son téléphone mobile que les cerbères du palais n’ont pas eu la présence d’esprit de lui retirer», a commenté un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur à Paris.

Casse-tête sécuritaire

Cette escalade technologique dans le terreur inquiète au plus haut point les experts de la sécurité. Cité par Le Figaro, un officier de la direction centrale de la police aux frontières (DCPAF) explique que «nos plates-formes aériennes sont équipées de détecteurs de métaux, mais dans le cas du kamikaze saoudien, seul un contrôle aux rayons X aurait permis de détecter l’explosif, comme on repère les capsules de drogue dans le ventre des passeurs. (…) Or, on imagine mal devoir faire passer des millions de passagers à la radio avant de monter à bord.»

Confiscation des téléphones ?

D’autant plus que des expositions répétées aux rayons X sont dangereuses pour la santé en raison notamment des risques de cancer. Impensables pour les frequent flyers qui accumuleraient alors les radiations au même rythme que les miles de fidélité.

Si l’ingestion d’explosifs se révèle impossible à détecter de manière sûre et rapide, la seule solution resterait d’empêcher leur déclenchement par radiofréquence, ce qui pourrait par exemple se traduire par le retrait des téléphones portables durant les vols.

http://www.liberation.fr/monde/0101595193-la-bombe-suppositoire-inquiete-les-services-de-securite?xtor=EPR-450206

[De Defensa - 11/06/2009]

Il n’est plus un jour qui ne nous apporte de nouvelles indications sur le mouvement de déconstruction de l’influence israélienne aux USA, et plus particulièrement, – et ceci explique cela, on le verra plus loin, – de l’influence des extrémistes israéliens via le Lobby (l’AIPAC). Il s’agit ici d’un texte de Ira Chernus, professeur d’études religieuses à l’université du Colorado et spécialiste des questions stratégiques, nucléaires et conflictuelles considérées du point de vue théologique. Publié sur Thruthout le 9 juin 2009 <http://www.truthout.org/060909R> , ce texte présente l’intérêt d’une enquête dans les milieux parlementaires US à propos de l’influence de l’AIPAC.

Chernus décrit d’abord le processus habituel pour “endoctriner” selon les consignes de l’AIPAC les jeunes parlementaires, notamment démocrates, sans avis sur la question du Moyen-Orient, et qui subissent régulièrement un “lavage de cerveau”, venu en général de généreux donateurs commandités par l’AIPAC. La chose renvoie aux plus basses méthodes de conditionnement et de propagande des systèmes totalitaires les plus cyniques et les plus méprisables. Pas de surprise, quand on a une idée claire de l’AIPAC et de la direction israélienne actuelle, autant que des habitudes parlementaires US.

Mais les choses changent… «Now, for the first time, there are signs of a crack in AIPAC’s vaunted political edifice.» Il faut dire que la bataille, qui porte actuellement sur la résistance de Netanyahou à propos des demandes d’Obama sur la question des implantations comme si cela engageait évidemment la survie d’Israël, représente une cause d’une telle médiocrité par rapport aux véritables enjeux qu’il y a là une démarche alimentant son propre discrédit. («“Even the most conservative institutions of Jewish American life don’t want to go to war over settlement policy,” said David Twersky, who was until recently the senior adviser on international affairs at the American Jewish Congress.») (Lire la suite…)

[Cargos de Nuit - 23/05/2008]

Le 6 mai 2001, un petit bateau d’allure anodine et de 25 mètres de long à peine et de 40 tonnes seulement de déplacement est arrêté par une patrouille israëlienne de deux vedettes rapides de la classe Dabur (construites aux Etats-Unis). A 150 miles à l’ouest de Tyr. A bord, un nombre important de tonneaux de plastiques de couleurs et de tailles différentes. Le bateau vient directement de Tripoli, en Lybie, et s’appelle le Santorini. Dans les tonneaux, des armes, la plupart emballés précieusement afin d’être largués directement et discrètement près de la côte du littoral de Gaza, à l’intérieur des tonneaux rendus étanches, qui flotteront jusque la plage. Lorsqu’il se fait intercepter, il en est à son troisième voyage. Les marins interrogés citent le nom d’un autre bateau faisant la même chose, le Calypso-2. Le Santorini s’appelait à l’origine le Abd Al Hadi et avait été acheté à Arwad… en Syrie.

Le catalogue des armes saisies à bord ce jour là n’est pas franchement à la Prévert (Lire la suite…)

[Agora Vox - 15/08/2009]

L’ancienne traductrice au FBI Sibel Edmonds a fait une révélation fracassante le 24 juin 2009, au micro de Brad Friedman, dans le Mike Malloy Show. Ses propos ont été retranscrits le 31 juillet sur les blogs Let Sibel Edmonds Speak, Against All Enemies et Daily Kos. Ils ont enfin été traduits (une première fois) en français sur le site ReOpen911 le 13 août.
Des propos qui rejoignent ceux du journaliste Eric Margolis au micro de Scott Horton, d’abord le 30 novembre 2008, puis le 28 avril 2009 (les Français ont pu apercevoir cet ancien correspondant de guerre, fin connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, dans l’émission de Frédéric Taddeï, Ce soir ou jamais sur France 3).
Relations intimes… et pérennes
Selon Sibel Edmonds, les Etats-Unis ont entretenu des relations très étroites avec Oussama Ben Laden et les Talibans, sans discontinuer jusqu’au 11-Septembre, dans le cadre d’opérations en Asie Centrale, une zone aux ressources énergétiques particulièrement convoitées. Ces relations étaient pourtant censées être rompues depuis la fin de la Guerre froide :
Dire que depuis la chute de l’Union Soviétique, nous avons mis un terme à notre relation intime avec Ben Laden et les Talibans est un mensonge, et il est possible de le prouver très facilement sur la base des informations qui ont été classifiées dans mon affaire. Nous avons entretenu des relations très étroites avec ces gens, au sujet de l’Asie Centrale, et cela jusqu’au 11-Septembre. (…) Nous avons réalisé des opérations en Asie Centrale avec ces groupes, les utilisant comme nous le faisions déjà durant le conflit soviéto-afghan, et nous les avons utilisés jusqu’au 11-Septembre” (à écouter via le 2e lecteur MP3 sur cette page, entre la 6e et la 7e minute, ou à partir de la 6e minute sur la vidéo qui suit).

Le rôle du tiers
Cette “utilisation” se faisait via des intermédiaires, la Turquie (dont Sibel Edmonds est originaire), mais aussi d’autres acteurs provenant du Pakistan, d’Afghanistan et d’Arabie Saoudite. Ben Laden, les Talibans et d’autres groupes servaient ainsi d’armée terroriste par procuration. Les Etats-Unis avaient besoin de cette discrétion afin d’éviter tout risque de révolte populaire en Asie centrale (Ouzbékistan, Azerbaïdjan, Kazakhstan et Turkménistan), mais aussi de fâcheuses répercussions en Chine et en Russie.
Sibel Edmonds précisait, en juillet 2008 : “Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le complexe militaro-industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam.” La stratégie pro-islamiste des Etats-Unis, une longue histoire… (Lire la suite…)

Alors que les enquêtes judiciaires se poursuivent en Turquie pour faire toute la vérité sur l’Ergenekon, la presse atlantiste minimise le complot et tente de faire passer toute l’affaire pour une invention du parti islamique-démocrate au pouvoir. Pour Me Orhan Kemal Cengiz, il n’y a pourtant guerre de doute, Ergenekon est la version turque du Gladio, l’armée secrète de l’OTAN. Elle est toujours active et est responsable des attentats terroristes récents visant à déstabiliser le pays et à restaurer le pouvoir militaire.

Pour certaines personnes, en Turquie, le cas Ergenekon n’est qu’une fabrication du gouvernement pour saper la structure laïque de l’État.

Il y a beaucoup de similitudes entre l’assassinat du journaliste turc- arménien Hrant Dink en janvier 2007 [1], celui de trois missionnaires par cinq ultranationalistes à Malatya en avril 2007 et l’assassinat du père Andrea Santoro à Trébizonde en 2006.

Selon certains, le parti au pouvoir se venge parce que cette affaire se retourne contre lui. Pour quelques occidentaux, l’affaire Ergenekon n’est qu’un épisode de la sale guerre entre le Parti Justice et Développement (AKP) et ceux qui entendent maintenir le statu quo en Turquie. J’essaie de me mettre à la place de l’homme de la rue en Turquie. Si j’étais l’un d’entre eux, j’en arriverais probablement à la même conclusion et penserais qu’Ergenekon n’est qu’une affaire fabriquée par certains milieux en Turquie. Il est très facile de tirer ce genre de conclusion ne serait-ce qu’en lisant les articles de la presse traditionnelle. Certains groupes de presse ont activement diffusé cette propagande, et l’ont fait en usant de méthodes sophistiquées.

Mon point de vue, cependant, est complètement différent de celui dont ces groupes de presse ont essayé de nous convaincre. Je suis un avocat des droits de l’homme, et j’ai eu affaire aux réseaux de l’État profond depuis longtemps. En 1997 et 1998, je travaillais sur des affaires de destruction de villages et de meurtres extra-judiciaires dans le Sud-Est de la Turquie. Je représentais des villageois kurdes devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Depuis lors, j’ai appris l’existence de JITEM —une infâme organisation illégale de la gendarmerie— dont même l’existence a toujours été niée. Le JITEM a kidnappé et tué des milliers de Kurdes qui étaient soupçonnés d’être favorables ou membres du Parti des travailleurs kurdes, (PKK). (Lire la suite…)

Le quizz du jour :
Le H1N1 est sorti d’un laboratoire P4 (militaire)
.. mais de quel pays ? ;-)

Le H1 N1, descend du virus de 1918
[Les Echos 06.07.09]
Accident: Le virus de la grippe H1N1 qui circule actuellement est un cousin du responsable de la pandémie qui a ravagé la planète en 1918. Une équipe de l’université de Pittsburgh vient de publier ces données dans le «New England Journal of Medecine ».

En quatre-vingt dix ans, le H1 N1 est apparu au moins 4 fois:
- La souche de 1918, responsable de la mort de 30 à 50 millions de personnes, a infecté en même temps des porcs et des humains avant de disparaÎtre jusqu’en 1957.
- En 1976, le H1N1 a refait surface et touché une petite population de militaires américains confinés dans une base.
- En 1977, une variante a circulé en Russie, en Chine du Nord-Est et à Hong Kong.

Les chercheurs soupçonnent un « échappement accidentel” d’une ancienne souche congelée dans un laboratoire de recherche pour expliquer cette résurgence.

Cette information n’est pas vraiment une nouveauté… Nesroulah Yous, Salima Mellah et François Gèze avaient déjà rassemblé les preuves, il y a dix ans, de l’implication des forces armées algériennes dans les massacres et atrocités attribués aux islamistes. L’armée, en Algérie, c’est une mafia qui gangrène tout l’Etat, elle fera tout pour protéger et développer son bizness… y compris le terrorisme et la manipulation.

[Le Nouvel Observateur -06/07/2009]

Un témoignage recueilli par le juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic le 25 juin dernier, vient de relancer le dossier de l’assassinat des sept moines de Tibéhirine en Algérie en 1996, selon des informations du quotidien Le Figaro et du site d’information Mediapart. Au printemps 1996 sept moines français de Tibéhirine en Algérie sont enlevés, tués puis décapités. De nombreuses hypothèses : groupe terroriste, bavure, ont circulé sans que jamais l’on sache quels étaient les auteurs des faits.

Ne pas nuire aux relations franco-algériennes

François Buchwalter, militaire de haut rang, affirme dans sa déposition que les moines ont été, comme certains le soupçonnaient depuis longtemps, victimes d’une bavure commise par l’armée algérienne. Il assure surtout en avoir informé les autorités françaises, qui lui ont demandé de se taire, pour ne pas nuire aux relations franco-algériennes.
13 ans plus tard il décide finalement de lever le “secret-défense”.
François Buchwalter, 65 ans est convoqué le 25 juin par Marc Trévidic, qui a repris le dossier en 2007.
Le général, formé à Saint-Cyr, a été employé au sein des services secrets puis à la DGSE (Direction générale des services extérieurs), avant d’être nommé attaché de défense en Turquie, au Sahara, puis en Algérie entre 1995 et 1998. C’est à ce poste qu’il va recueillir les confidences d’un ancien officier de l’armée algérienne, dont le frère était chef d’une escadrille d’hélicoptères affectée à la première région militaire en Algérie. Le général a souhaité préservé l’anonymat de cette personne pour des raisons de sécurité.

“Black-out demandé par l’ambassadeur”

François Buchwalter a rencontré l’officier après les obsèques en mai 1996. L’Algérien lui explique que son frère patrouillait en hélicoptère entre Blida et Médéa dans le cadre d’opérations anti-islamistes. La patrouille aurait aperçu un bivouac ressemblant à un groupe djihadiste armé.
La zone ayant été complètement vidée, la patrouille a immédiatement pensé qu’il s’agissait de terroristes. “Ils ont (…) tiré sur le bivouac (…) se sont ensuite posés (…).” Puis “ils ont découvert qu’ils avaient tiré notamment sur les moines”, a expliqué le général au juge Trividic. “Les corps des moines étaient criblés de balles.” Les militaires ont immédiatement prévenu leur PC de commandement à Blida.
De son côté, le général Buchwalter a rendu compte par écrit du mitraillage des moines au ministère de la Défense, à l’état-major des armées et à l’ambassadeur de France alors en poste à Alger, Michel Levêque. “Il n’y a pas eu de suites, ils ont observé le black-out demandé par l’ambassadeur”, assure-t-il.

Des têtes sans corps

Cette nouvelle version qui relancerait l’affaire porte un sérieux revers à la thèse officielle de l’armée algérienne. Elle a toujours affirmé que les corps des religieux trappistes ont été enlevés quelques semaines plus tôt par le Groupe islamique armé (GIA), des terroristes algériens. L’armée aurait ensuite découvert les dépouilles dans un champ près de Médéa. Mais les familles n’ont pu récupérer que les têtes.
Le père Armand Veilleux, procureur général de l’Ordre cistercien trappiste, aujourd’hui partie civile dans le dossier, avait exigé de voir les dépouilles afin de les identifier. Les nombreuses résistances rencontrées à l’époque l’avait fait se tourner vers l’ambassadeur, auprès duquel il avait également dû insister. Le diplomate avait expliqué au Père, que seules les têtes avaient été retrouvées et lui avait fait promettre de ne rien dire, “en arguant du fait que ce serait un déshonneur pour l’Algérie”. C’est à l’ouverture des cercueils pour l’identification des corps que le père Veilleux a constaté qu’il n’y avait que les têtes, dont l’une sans menton. D’où les premières suspicions d’une bavure maquillée.

Un sérieux démenti à la version officielle

Pour Me Patrick Baudoin, avocat de la partie civile, ce témoignage apporte en tout cas un sérieux démenti à la version officielle : “Nous allons demander à la France la levée du secret-défense sur les rapports de son attaché militaire et, à l’Algérie, la restitution des corps des moines. Ces propos démontrent que la raison d’État a prévalu dans ce dossier.”
Interrogé par les juges d’instruction, Michel Levêque, ambassadeur de France à Alger, n’a jamais évoqué cet épisode.

[Mecanopolis - 18/06/2009]

L’attentat, qui avait fait 14 morts dont 11 ingénieurs français en 2002, ne serait pas lié à Al-Qaïda mais commis en représailles au non-versement de commissions de la France au Pakistan dans le cadre de la vente de sous-marins.

L’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002 contre des salariés des arsenaux d’Etat DCN s’oriente non plus vers Al-Qaïda, mais vers une “affaire d’Etats” dans laquelle apparaissent les noms d’Edouard Balladur, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.
Selon l’avocat de sept familles de victimes, Me Olivier Morice, qui a rencontré jeudi 18 juin les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier, “la piste Al-Qaïda est totalement abandonnée. Le mobile de l’attentat apparaît lié à un arrêt des versements de commissions” de la France au Pakistan, dans le cadre de la vente de sous-marins Agosta, précise l’avocat.

Campagne présidentielle d’Edouard Balladur

Les rétro-commissions pourraient avoir participé au financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, par le biais d’une société, Heine, créée avec le feu vert de Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget.
”Ces commissions ont été arrêtées à l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République en 1995 afin que des rétrocommissions” destinées à financer la campagne d’Edouard Balladur, Premier ministre avant l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence, “ne soient pas versées”, affirme Me Olivier Morice.
L’avocat pourrait demander dans les prochaines semaines les auditions d’Edouard Balladur et de Jacques Chirac. “On s’oriente nécessairement vers des actes de grande importance. Des personnalités politiques de premier plan vont être entendues”, a estimé Me Morice.
Selon ce scénario, l’attentat de Karachi aurait été commis en représailles au non-versement des commissions distribuées par l’actuel chef de l’Etat pakistanais, Asif Ali Zardari, alors Premier ministre, a ajouté Magali Drouet, fille d’un salarié de la DCN, défendue par Me Olivier Morice. “Il s’agit d’une affaire d’Etats impliquant la France, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, bailleur de fonds du Pakistan”, a-t-elle ajouté. (Lire la suite…)

Cela fait 10 ans que Kissinger ne dit rien d’autre : “La clé, c’est de trouver le faisceau de stratégies qui permettront de bloquer la Chine. Il n’y aura qu’un seul vaincqueur dans cette course. Le perdant cessera d’exister et deviendra un vassal…”. Mohammed Hassan confirme dans cet interview les tenants et aboutissants de ce “grand jeu”…

PAKISTAN : LE TROU NOIR DE L’EMPIRE

[Mohammed Hassan - Interview: Grégoire Lalieu et Michel Collon - Investig'Action - 11/06/2009]

Pourquoi Bush est allé en Afghanistan. Pourquoi Obama y va aussi. Les routes du gaz et du pétrole. Les causes de la remontée des Talibans et de l’effondrement de Karzaï. Qui profite de l’opium ? Pourquoi le Pakistan voisin risque d’éclater.

Est-il possible de gagner la guerre en Afghanistan? Non, répondent les experts. Pourtant, l’Otan poursuit ses efforts pour venir à bout des Talibans et c’est le Pakistan qui s’embrase. Quelles sont les véritables raisons de cette guerre ? Les visées hégémoniques des Etats-Unis plongeront-elles la région dans le chaos ? Dans ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan répond à ces questions. Et il nous explique pourquoi c’est au peuple du Pakistan de sauver son pays d’une possible disparition…

Question : En 2001, les Etats-Unis lançaient l’opération « Enduring Freedom » en Afghanistan car, selon eux, les Talibans refusaient de céder Oussama Ben Laden. Sept ans plus tard, plus personne ne parle de l’ennemi public numéro un. Quelles sont les raisons de cette guerre aujourd’hui?

Tout d’abord, vous devez considérer que les Talibans n’ont rien à voir avec Oussama Ben Laden. En 1996, Ben Laden, renvoyé d’Arabie Saoudite, trouvait refuge au Soudan. Les Saoudiens firent alors pression sur ce pays pour qu’il expulse le célèbre terroriste. C’est à ce moment que Ben Laden est venu en Afghanistan. Mais les attentats du 11 septembre n’avaient aucun rapport avec ce pays. Il y a juste cette réaction des Talibans lorsque Washington réclama Ben Laden : « Si vous voulez que Ben Laden soit jugé, donnez-nous les preuves et laissons-le juger par une cour islamique dans quelque pays musulman que ce soit ». En fait, les néoconservateurs de l’administration Bush ont surtout utilisé cet événement tragique comme un alibi.

Avec quelles intentions?

Trois ouvrages majeurs nous permettent de comprendre les racines de la vision des Etats-Unis. D’abord, La fin de l’Histoire de Francis Fukuyama. Il prétendait que l’Histoire de l’humanité était arrivée à son terme avec l’effondrement de l’Union soviétique et la domination de la démocratie libérale. Ensuite, Le choc des civilisations, de Samuel Huntington. Selon qui l’Histoire ne dépendrait pas de la lutte des classes mais plutôt d’un conflit entre civilisations. Huntington a donc divisé le monde entre ces différentes civilisations, décrétant que la plus agressive serait l’islamique. Le dernier ouvrage, Le grand échiquier de Zbigniew Brzezinski, considère que celui qui dominera l’Eurasie sera l’unique puissance du 21ème siècle. En effet, la majorité de l’humanité vit dans cette zone et l’activité économique y devient plus importante.
A présent, retournons à la fin de l’administration Clinton. L’année 1997 a été marquée par une sérieuse crise économique : avec l’éclatement de la bulle financière en Asie, le NASDAQ s’est effondré. Lorsque les néoconservateurs ont débarqué à la Maison Blanche avec Georges W. Bush en 2001, la situation économique n’était donc pas brillante. Malgré quoi, ils ont exposé leur objectif très clairement : personne ne doit être capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Pour y arriver, la nouvelle administration cherchait à contrôler le monde en contrôlant les ressources les plus importantes, essentiellement le gaz et le pétrole.
Sous l’influence de Brzezinski, Clinton voulait d’abord dominer l’Europe en élargissant l’Otan, et ensuite gagner l’Asie Centrale. Mais les néoconservateurs ont dit : « Non, nous n’avons pas le temps pour cela. Vu cette crise, nous devons créer et contrôler le Grand Moyen-Orient pour disposer du pétrole ». On sent ce changement dans le discours de Bush après les attentats du 11 septembre lorsqu’il dit : « Vous êtes avec nous ou contre nous ». Avec sa conception de l’Axe du Mal, il voulait élargir la guerre.
La guerre d’Afghanistan – qui pour la première fois dans l’Histoire a été planifiée par la CIA sans la collaboration du Pentagone – n’était donc qu’un prétexte pour entraîner les troupes US et leur donner l’expérience nécessaire pour ensuite attaquer l’Irak. Vous devez savoir que le renversement de Saddam Hussein était planifié bien avant les attentats du 11 septembre. (Lire la suite…)

[De Defensa- 28/06/2008]

Qui se souvient d’April Glaspie ? Plus personne ou presque, justement. April Glaspie est cette ambassadrice des USA à Bagdad qui, à la fin juillet 1990 (le 25), rencontre Saddam Hussein sur instruction expresse du département d’État et lui fait savoir à mots à peine couverts que les USA ne se considéreraient comme nullement impliqués si l’Irak lançait une opération contre le Koweït. C’est ce qu’on appelle un “feu vert”.

(En, passant, on goûtera, dans la transcription de l’entretien, tout ce que l’ambassadeur des Etats-Unis dit à Saddam en fait de compliments absolument admiratifs sur ce qu’il fait pour son peuple et ainsi de suite. De tels mots, aujourd’hui, vous conduiraient devant le Tribunal International de La Haye.)

Une petite semaine après l’entretien, le 1er août 1990, Saddam attaque. Quasi-instantanément, le président des Etats-Unis, le père de l’actuel, en suffoque d’indignation, se trouve presque mal devant l’infamie, la monstruosité absolument impardonnable que vient de commettre Saddam. Aussitôt, l’Irakien est mis au ban du monde civilisé, assimilé à Hitler pour sa stature morale et pour la menace qu’il fait peser sur notre belle civilisation, et avec la promesse immédiate qu’il va être traité à mesure. Cela est fait, promesse tenue, le 17 janvier 1991, avec la première guerre du Golfe. Un esprit plutôt malveillant sortirait alors son double décimètre et tracerait une ligne droite, impeccable, sans un pli et baptisée “de cause à effet” entre cet épisode et l’attaque de l’Irak du 19 mars 2003. (Lire la suite…)

Finalement, les Talibans, le Hizbollah et les Néo-cons U.S. ne sont pas si éloignés les uns des autres… chacun se croit mandaté par dieu.

[GQ Magazine - 7/05/2009]

Chaque jour, à la Maison Blanche, le Secrétaire d’Etat est chargé de faire une présentation de la situation internationale, sur la base des différents rapports obtenus par les services secrets. Cette synthèse “top-secret” est lue par le Président et son équipe et sert de base aux décisions stratégiques.

En 2003, dans les semaines qui ont précédé l’invasion U.S. en Irak, le Secrétaire d’Etat Donald Rumsfeld avait pris l’habitude de décorer les couvertures de ces rapports de belles photos montrant des soldats U.S. sous des citations “inspirationnelles” de la Bible. Tant G.W. Bush que Condoleeza Rice ont adoré…

Le magazine olé-olé “GQ” a réussi à obtenir quelque unes de ces couvertures. Toutes exhaltent la même idéologie : “Dieu est avec nous, les chrétiens et nous allons écraser les musulmans”. Dans les années 40, sur les boucles de ceinturons des soldats allemands, on pouvait lire plus prosaïquement : “Gott Mit Uns”

Ci-dessous quelques exemples :

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http://men.style.com/gq/features/topsecret

[A.J. Langguth - Los Angeles Times - revu par l'auteur pour PLN - 03/05/2009 - Trad. Gregor Seither]

Le débat médiatique autour des méthodes de torture pratiquées par des agents des services secrets U.S. pourrait laisser croire qu’il s’agit d’un dérapage incontrôlé et que la torture est étrangère aux pratiques policières de ce pays. C’est en tout cas ce que répètent les commentateurs de presse et les journalistes sur toutes les chaînes U.S…. quelle ironie ! Les Etats-unis non seulement pratiquent la torture depuis deux siècles, mais l’ont perfectionnée “scientifiquement” et ont fondé non moins de 5 académies où elle est activement théorisée et enseignée. Et la nomination du chef des “Opérations Spéciales” comme commandant en chef en Afghanistan prouve que l’Administration Obama reste convaincue de l’efficacité de ces méthodes pour écraser un mouvement de résistance.

A. J. Langluth connait bien le sujet, il a étudié en détail les stratégies “anti-insurrectionnelles” mises en oeuvre par les Etats-unis dans les années 1960-1970 pour soutenir les différentes dictatures militaires dans la région.

Pour lui, “la seule différence entre la participation américaine aux atrocités commises en Amérique du Sud dans les années 1960 et les “techniques poussées d’interrogation” employées aujourd’hui est que, de nos jours, les officiels semblent être fiers de ce qu’ils font, alors qu’à l’époque on s’efforçait de nier ce secret honteux. “

A.J. Langguth est l’auteur du livre “Hidden Terrors: The Truth About U.S. Police Operations in Latin America.”

A l’heure où le President Obama se débat avec les accusations de torture portées contre des agents des services secrets U.S., je lui conseille d’aller en parler avec l’ancien chef du groupe majoritaire au Sénat U.S., Tom Daschle.

J’ai rencontré Daschle pour la première fois en 1975, quand il était l’assistant du Sen. James Abourezk du South Dakota, qui menait une campagne assez solitaire contre les abus de le CIA.

A l’époque, je menais une enquête dans le but d’écrire un livre sur le rôle joué par les Etats-unis dans l’extension des dictatures militaires en Amérique latine. Dashle m’avait autorisé à consulter les dossiers du Sénateur et j’ai passé une soirée à compulser des rapports relatant la complicité des U.S. dans des actes de torture et d’atrocités contre des civils. Les rapports venaient d’Iran, de Taiwan, de Grèce ainsi que, depuis 1960, du Brésil et de quasiment tous les pays du continent sud-américain.

Malgré le fait que j’avais vu pas mal de choses peu ragoutantes au Sud-Vietnam, j’étais encore suffisamment naïf à l’époque pour être surpris, puis scandalisé par le degré d’implication de mon pays dans le renversement de gouvernements démocratiquement élus en Amérique latine.

Nos interférences dans la vie politique de ces pays n’étaient pas dépendantes du parti qui occupait la Maison Blanche. Ainsi, notre intervention au Brésil a commencé tout au début des années 1960, sous un président Démocrate.

A l’époque, l’obsession de Washington vis à vis de Cuba était l’équivalent de la panique qui a saisi l’administration U.S. après les attentats du 11 septembre 2001. L’équipe autour de Kennedy à la Maison Blanche était décidée à empêcher à tout prix l’émergence d’un autre régime socialisant dans cette partie du monde. Robert Kennedy, qui était ministre de la justice, s’intéressait beaucoup aux méthodes de lutte anti-communiste, y compris le fameux Office of Public Safety (OPS).

L’OPS avait été crée sous le President Eisenhower, avec une mission directement inspirée de l’après guerre en Europe et dans le Pacifique, notamment l’administration américaine de territoires sinistrés par la guerre — il s’agissait d’aider les pays à professionnaliser leurs forces de police, en Asie, en Afrique mais aussi – tout particulièrement – en Amérique latine. L’intention était louable, mais Byron Engle, le génial directeur de l’OPS avait fait toute sa carrière dans la CIA et son programme faisait partie d’une opération plus large pour identifier des recrues potentielles dans les populations locales afin d’établir un réseau d’agents.

Malgré le fait que Engle se donnait beaucoup de mal pour ne pas apparaître comme une antenne de la CIA, l’opinion publique ne s’y trompa jamais. Ainsi, quand Dan Mitrione, un employé de l’OPS envoyé en Uruguay pour former la police locale, fut assassiné par la guerilla gauchiste des Tupamaros à cause de son implication dans la torture d’opposants politiques, toute la presse souligna son appartenance… à la CIA.

Au Brésil, après l’élection du Président Joao Goulart, la participation de quelques “socialistes” au cabinet présidentiel et deux ou trois allusions à une possible réforme agraire mirent les Etats-unis en alerte.  Robert Kennedy fit le voyage au Brésil pour intimer l’ordre à Goulart de se débarasser de deux membres de son équipe, considérés comme trop “rouges”. Pendant ce temps là, le bureau de Lincoln Gordon, ambassadeur au Brésil nommé par J.F. Kennedy, devint la plateforme centrale de tous les efforts orchestrés par la CIA pour déstabiliser le gouvernement Goudard.

Le 31 mars 1964, avec l’aide directe de l’attaché militaire U.S. Vernon Walters qui lui fournit assistance financière et logistique, le général brésilien Humberto Castelo Branco organisa un coup d’état militaire contre Goulard. Craignant de déclencher une guerre civile, Goulart accepta de quitter ses fonctions et s’enfuit à Montevideo, Uruguay.

L’ambassadeur Gordon retourna à Washington sous les vivats de ses collègues de Langley. Il fut convoqué par Robert Kennedy, qui portait encore le deuil de son frère, assassiné en Novembre dernier et qui lui parla du président déchu Goulart en ces termes  : “Eh bien, il a eu ce qu’il méritait. Je suis allé personnellement le prévenir de ce qui l’attendait s’il ne suivait pas nos conseils. Ca lui apprendra.”

On ignore si le peuple brésilien méritait ce qu’il a eu, mais la décennie suivante fut sanglante et répressive au Brésil. Obsédés par la “subversion rouge”, les généraux écrasèrent les syndicats, la presse libre et les associations d’étudiants. La nouvelle police brésilienne, mettent en application les méthodes efficaces apprises dans les formations de l’OPS, se mit a pratiquer la torture de manière systématique contre les opposants politiques, faisant même fabriquer des appareils spécialement conçus pour l’opération. Au bout d’un an, l’Académie militaire ouvrit un “Centre technique d’interrogatoires” dans la banlieue de Rio de Janeiro, une école de formation aux techniques de torture et de contre-insurrection. Un des stagiaires se souvient notamment d’un cours où l’on apprenait aux sergents de police à infliger le maximum de douleur à un prisonnier en laissant le moins de traces possibles. Des anciens officiers français de la guerre d’Algérie participaient à ses “stages” de formation… ainsi que des invités argentins, chiliens et paraguayens qui n’allaient pas tarder à mettre en pratique ces enseignements.

L’une des victimes de ces “stages de torture” est Fernando Gabeira, un jeune journaliste du Jornal do Brasil qui avait soutenu la résistance à la dictature et fournit un soutien logistique dans l’enlèvement, en 1969, de l’ambassadeur des Etats-unis Charles Burke Elbrick – qui fut relâché après 4 jours de captivité. Quand je l’interviewais, Gabeira me raconta qu’il avait été plusieurs fois torturé avec des décharges électriques sur ses testicules. Un autre prisonnier avait eu ses testicules clouées sur une table. D’autres étaient battus à mort. La technique du “waterboarding” était déjà largement pratiquée… selon la légende, ce seraient les français qui l’auraient inventée, lors de la guerre d’Algérie et exportée à travers le monde. Les tortionnaires de Gabeira, quand ils se laissaient aller aux confidences, se vantaient d’avoir été formés aux méthodes “scientifiques” de torture aux Etats-unis.

Dans les sept années qui suivirent le coup d’état de Castelo Branco, l’OPS forma 100,000 officiers de police brésiliens, y compris 600 qui furent envoyés aux Etats-unis. Les cours qu’ils reçurent étaient de nature variée. Tous les instructeurs n’étaient pas des adeptes de la gégenne, certains dénonçaient même la torture comme étant inhumaine et inefficace. Mais d’autres diffusaient un autre message. Le Van An, un étudiant de la police Sud-vietnamienne, a décrit plus tard ce qu’on lui avait appris à l’académie : “Ils disaient que, malgré le fait que les méthodes d’interrogation brutales sont fortement critiquées par les moralistes, leur importance ne peut être niée si nous voulons garantir l’ordre et la sécurité dans nos vies de tous les jours.”

Les prisonniers politiques n’ont jamais douté du fait que des Etats-uniens participaient aux actions de torture qui proliféraient dans leur pays. Ceux qui furent libérés ont raconté avoir souvent entendu des hommes parlant anglais dans leurs prisons. Au début, ces étrangers sortaient de la pièce quand la torture avait lieu, mais, avec le temps – comme le racontent d’autres prisonniers – ils ont fini par assister de temps en temps aux interrogatoires.

Une étudiante opposante à la dictature, Angela Camargo Seixas, m’a raconté comme elle était frappée, suspendue par les bras et comment on la torturait à l’électricité, avec des fils insérés dans son vagin. Lors de ses interrogatoires, elle a réalisé que le plus fort de sa haine était dirigé non pas contre ses compatriotes tortionnaires mais contre les Nord-américains qui supervisaient la torture. Elle s’est jurée de ne jamais pardonner aux Etats-unis son soutien à la dictature et son entrainement des forces de police répressives.

Flavio Tavares Freitas, un journaliste et militant d’une église chrétienne, partage cette colère. Lors d’une séance de torture, on lui avait inséré des fils électriques dans les oreilles, entre ses dents et dans son anus.. à un moment il a réalisé le petit générateur électrique gris qui produisait les décharges de courant affichait, sur l’une des ses faces, le logo bleu et blanc de l’agence d’aide au développement USAID.

Un autre leader de la contestation étudiante, Jean Marc Von der Weid, raconte comment on avait branché son penis sur un téléphone militaire alimenté par une manivelle. Von der Weid, qui était un réserviste de la marine se souvient avoir reconnu le téléphone, c’était le même modèle que ceux fournis par les Etats-unis dans le cadre de leur programme d’assistance militaire.

Les victimes disent souvent qu’au début elles reprenaient espoir quand elles voyaient surgir la blouse blanche d’un médecin, lors des séances de torture. Sûrement le médecin allait demander l’arrêt des violences. Mais ils découvraient très vite que l’unique fonction du médecin était de s’assurer qu’ils étaient encore en suffisamment bon état pour survivre une nouvelle séance de chocs électriques.

Le directeur de la CIA, Richard Helms, a tenté une fois de rejetter des accusations contre son agence en déclarant que la nation américaine devait toujours partir du principe que la CIA est composée d’hommes “honorables“.
Cette affirmation s’est vite envolée quand, en 1975, le Sénateur Frank Church a dirigé une commission d’enquête du Sénat et dont les auditions publiques d’agents de la CIA ont démontré à quel point le comportement de la CIA était à des années lumières d’une quelconque “honorabilité“.

Mais revenons à Tom Dashle et le Sénateur Abourezk… avant même le retour à a démocratie au Brésil, en 1985, il avait réussi à faire fermer une base militaire au Texas réputée pour ses formations aux “techniques subversives” y compris la fabrication de bombes et la planification d’attentats. Dans la foulée, l’OPS se vit accuser d’être le chef d’orchestre de la répression policière et la CIA se rendit compte qu’elle ne pouvait plus maintenir la façade de cette antenne. Les fonds furent coupés et l’OPS disparut… pour être remplacé par des actions ponctuelles, menées par des “sous-traitants” privés ou bien des milices de pays amis, formées au titre de la coopération militaire.

Si on regarde en arrière, qu’est-ce qui a changé depuis 1975 ? Au Brésil, une commission Vérité et Réconciliation a été mise en place et elle a identifié 339 cas d’assassinats politiques commandités par le gouvernement militaire. En 2002, un ancien leader syndical, ex-prisonnier politique sous la dictature, du nom de Luiz Inacio Lula da Silva à été élu président du Brésil. Il sert aujourd’hui son deuxième mandat.

Fernando Gabeira est rentré au Brésil et a écrit un livre où il raconte l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-unis, son arrestation et son séjour en prison. Le livre est devenu un best-seller au Brésil. Gabeira est devenu député et, en octobre dernier, a failli, à 1,4% près, devenir le maire de Rio de Janeiro.

Et aux Etats-unis, qu’est ce qui a changé ? En 1975, les officiels U.S. se voyaient encore obligés de cacher le fait qu’ils pratiquaient la torture. Ils niaient et avaient honte de ce qu’ils faisaient. Aujourd’hui, tant les théoriciens que les praticiens de la torture donnent l’impression de légitimer ce qu’ils font, voire même d’en être fiers.

Source originale : http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-langguth3-2009may03,0,6987276.story

[Ayad Singh - IES News Service - 11/05/2009]

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a affirmé dimanche dernier,  sur la chaine de télévision NBC , dans l’émission “Meet the Press”, que le leader d’Al Qaida, Osama ben Laden n’avait jamais cessé d’être un agent payé par les Etats-unis et qu’il avait même eu pour mission, en 1989, de déstabiliser le gouvernement de son ancienne épouse, Benazir Bhutto – assassinée il y a deux ans.

“Ma femme a alerté les USA de la dangerosité de cet homme. Elle a téléphoné au président H. Bush et lui a demandé ‘Est ce que vous voulez déstabiliser mon gouvernement ?’ car elle venait d’apprendre que Ben Laden avait remis 10 000 000 de dollars à l’opposition pakistanaise, avec pour mission de renverser la première femme élue Premier ministre dans un pays islamique.”

“En 1989, Ben Laden était en contact permanent avec les directeurs de la CIA. Il était votre agent à l’époque, il est encore votre agent aujourd’hui.”

Interrogé par le journaliste sur l’éventuel lieu où se cache Ben Laden, Zardari a répondu :

“C’est à vous de me dire cela. Cela fait 8 ans que vous êtes en Afghanistan. C’est vous qui êtes allé le chercher, à Tora-Bora et l’avez laissé échapper… moi je n’ai rien à avoir avec tout cela, à l’époque j’étais en prison, avec la bénédiction des Etats-unis”

Zardari a également renouvelé sa conviction que Ben Laden est mort.

“J’ai une très forte prémonition qu’il est mort, encore renforcée par les conversations que j’ai eu avec des membres de la communauté du renseignement U.S. Cela fait des années qu’il n’ont pas trouvé la moindre trace permettant de garantir qu’il est encore en vie. “

Ah ! On nous l’avait pas dit ça, quand on nous a invitait à nous mobiliser pour la pauvre petite journaliste, luttant courageusement contre la barbarie des “iraniens-fanatiques-et-sanguinaires-qu’on-va-bientot-devoir-bombarder-et-ca-sera-bien-fait-pour eux”…

C’est fou comme on apprend peu de choses, en lisant la presse occidentale…

[Hichem Benabli - IES News Service - 12/05/2009]

La journaliste irano-étatsunienne Roxanna Saberi a été accusée d’espionnage au bénéfice d’une nation étrangère après avoir obtenu un document ultra-secret des services iraniens concernant l’invasion U.S. de l’Irak.  L’un des avocats de Mme Saberi, Maître Saleh Nikbakht, à Téhéran, à déclaré que Mme Saberi, alors qu’elle travaillait comme traductrice pour le “Expediency Council”, un organisme puissant au sein de la hiérarchie cléricale du pouvoir iranien, avait obtenu et gardé par devers elle des documents hautement confidentiels concernant la situation en Irak.

C’est sur cette base que Mme Saberi a été accusée d’espionnage.

Mme Saberi a demandé pardon pour le fait d’avoir gardé ces documents et le tribunal a modifié l’accusation, ne l’accusant plus d’espionnage mais simplement de possession de documents confidentiels. (…)

La “No-Fly-List” contient des centaines de milliers de noms et les autorités U.S. s’en servent pour “punir” ceux qui osent se dresser contre elles. 90% des noms sur cette liste sont ceux de militants sociaux, dissidents anti-Bush voire tout simplement de politiques n’étant pas membres du Parti Républicain… le Sénateur Ted Kennedy, par exemple, ou encore la députée US Barbara Boxer. Cela montre bien qu’il s’agit d’une liste politique, de contrôle social et non d’anti-terrorisme. Le terrorisme a toujours été l’excuse pour le pouvoir qui voulait renforcer la mise sous contrôle des populations.. c’était déjà le cas il y 21 siècles, avec les “trompettes de Crassus

PASSAGER INDÉSIRABLE : L’HOMME QUI MENAÇAIT LES ETATS-UNIS
[Maurice Lemoine - Le Monde Diplomatique - Mai 2009]
Samedi 18 avril 2009. Dans cinq heures, le vol Air France 438, en provenance de Paris, atterrira à Mexico. Soudain, la voix du commandant de bord annonce que les autorités américaines interdisent à l’appareil le survol de leur territoire – où il n’est nullement prévu qu’il atterrisse. Parmi les voyageurs, figure une personne qui pose problème « pour des motifs de sécurité nationale ». Le Boeing 747 est dérouté. Son nouveau trajet étant beaucoup plus long, l’avion se pose à Fort-de-France pour refaire le plein de carburant.

Après l’escale en Martinique, le copilote aborde discrètement un passager. « Etes-vous M. Hernando Calvo Ospina ? » Recevant une réponse affirmative, il l’entraîne à l’arrière de l’appareil et lui annonce qu’il est le « responsable » du « détournement ». Colombien exilé en France, journaliste, écrivain, collaborateur du Monde diplomatique, Calvo Ospina se rend au Nicaragua pour ce mensuel. Il a publié de nombreux ouvrages (1) et articles dénonçant la politique du président Alvaro Uribe, le paramilitarisme, le rôle des Etats-Unis en Amérique latine. Comme tout journaliste travaillant sérieusement sur la Colombie, il a eu l’occasion d’interviewer des membres de l’état-major des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). « Ma première réaction, témoigne-t-il, fut d’interroger le co-pilote : “Vous croyez que je suis un terroriste ? ” Il me dit : “Non, et c’est pour cela que je vous préviens.” Il me demanda de ne rien dire à personne, y compris au reste de l’équipage (2). »

Lors de l’arrivée à l’aéroport de Mexico, avec six heures de retard, Calvo Ospina est intercepté, à la demande des autorités américaines, par des fonctionnaires de police mexicains. Ayant en leur possession une douzaine de feuilles sorties d’une base de données, ceux-ci l’interrogent courtoisement, lui expliquant que, depuis le 11-Septembre, les Etats-Unis ont, dans ce domaine, multiplié leurs demandes de « collaboration ».

Le journaliste doit, entre autres choses, préciser s’il est… catholique. « Je répondis que non, mais que je n’étais pas non plus musulman, connaissant la “dimension dangereuse” qu’a pris cette croyance religieuse aux yeux de certaines polices. » S’il sait utiliser des armes ? « Je n’ai même pas fait le service militaire. Mon unique arme c’est l’écriture. » Relâché le dimanche, à deux heures du matin, il pourra repartir sans problème pour Managua.

Ce détournement paranoïaque, en plein ciel, d’un avion de ligne, au prétexte de la présence d’un passager ne présentant aucun danger – avec un coût faramineux pour Air France (carburant, heures supplémentaires de l’équipage et logement à Mexico des nombreux passagers ayant raté leur correspondance) – attire à nouveau l’attention sur l’accord Bruxelles-Washington qui fait obligation aux compagnies aériennes de permettre au Département à la sécurité intérieure américain un accès électronique à leurs données passagers (Passenger Name Records ; PNR). Beaucoup s’imaginent que cette surveillance ne concerne que les vols à destination des Etats-Unis. Il n’en est rien. Les « services » américains s’intéressent aussi, sans qu’ils le sachent, aux voyageurs de tout avion survolant – quand bien même il ne s’y pose pas – eaux territoriales et territoire américains. Big Brother is, plus que jamais, watching you !

(1) Colombie. Derrière le rideau de fumée. Histoire du terrorisme d’Etat, Le Temps des cerises, Pantin, 2008.

(2) Lire le compte-rendu, en espagnol, de Calvo Ospina : « El día en que a Air France se le prohibió sobrevolar Estados Unidos ». Article inédit — mai 2009

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEMOINE/17046

LE HAMAS : LA LOI, L’ORDRE ET UNE RELATIVE LIBERTE RELIGIEUSE

[Les doigts dans la crise - Luc Delval - 21/04/2009]

Je n’ai pas l’intention de chanter les louanges du Hamas, mais pour le moins il conviendrait de s’interroger sérieusement sur la diabolisation dont il fait unanimement l’objet – à égalité avec le président iranien – en Europe.

A cet égard, je vous invite une fois de plus avec insistance à lire la “Revue Internationale des Livres et des Idées” (RILI – en vente dans toutes les bonnes librairies), dans le dernier numéro de laquelle Henry Siegman, directeur du “U.S. Middle East Project” (New-York) et professeur à la “School of Oriental and African Studies” (Londres) met salutairement les points sur quelques “i” :

[...] On ne peut pas dire qu’Israël a lancé son attaque pour protéger ses citoyens contre les roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit de pouirsuivre l’étranglement de la population de Gaza.

Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas a déclaré une fin des attentats suicides et des tirs de roquettes lorsqu’il a pris la décision de rejoindre le processus politique palestinien, et qu’il s’y est largement tenu pendant plus d’un an. Bush avait publiquement fait bon accueil à cette décision, la citant comme un exemple de succès de sa campagne en faveur de la démocratie au Proche-Orient (il n’avait aucun autre succès à mettre en avant).

Lorsque le Hamas, d’une façon inattendue a gagné les élections, Israël et les Etats-Unis ont contesté la légitimité des résultats et pris le parti de Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah. Jusque là, celui-ci n’avait pas été pris au sérieux par les dirigeants israéliens qui le tenaient pour un “poulet plumé“. Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité afin de renverser le Hamas; et lorsque le Hamas a – brutalement, certes – prévenu cette tentative violente de renverser les résultats des premières élections démocratiques honnêtes du Proche-Orient moderne, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.

Israël cherche à justifier ces faits indiscutables par l’affirmation qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon avait donné au Hamas l’occasion de se mettre en route vers la création d’un Etat, une occasion qu’il a refusée de saisir; au lieu de quoi il aurait transformé Gaza en aire de lancement pour des tirs de missiles visant la population civile d’Israël. (Lire la suite…)

[Dissent - 05/02/2009]

Les 3 et 4 avril 2009 les représentants des pays membres de L’OTAN se réuniront se sont réunis de nouveau pour fêter certes leurs 60 ans de domination, mais surtout afin de mettre au point leur nouveau plan de « défense des libertés » et selon les termes de leurs généraux : « Une grande stratégie pour un monde incertain »…

L’OTAN ce n’est pas seulement une organisation militaro-impérialiste chargée de faire régner la terreur parmi celles et ceux qui oseraient s’opposer à la domination americano-atlantiste. Ce n’est pas seulement une organisation qui depuis 1999 intervient à l’extérieur des frontières des pays membres pour des raisons soit disant défensives (« Out-of-Area ») ainsi que dans des conflits où aucun pays membre n’est touché (« Out-of-Defence »), apportant la paix et la démocratie à travers le canon d’un fusil et le viseur d’un bombardier.

L’OTAN ce n’est pas seulement des frappes chirurgicales et des dommages collatéraux. Ce n’est pas seulement des massacres de civils comme à Nawabad en Afghanistan ou l’utilisation d’armes interdites par les Conventions de Genève en ex-Yougoslavie (bombes à uranium appauvri et à fragmentation).

L’OTAN ce n’est pas seulement une organisation qui sous couvert d’opérations humanitaires ou de guerre contre le terrorisme, tente d’imposer ses valeurs au prix de destructions et de souffrances qui favorisent l’émergence de résistances et d’ ennemis qu’elle prétend combattre par la suite.

L’OTAN aujourd’hui c’est avant tout une organisation politique qui au nom de la « sécurité collective globale » se sert de la guerre et de sa puissance militaire pour défendre et imposer les intérêts (privés) de quelques riches et puissants (occidentaux) au sein de leur mondialisation capitaliste !

PDF 4 pages :  http://www.libertes-internets.net/archives/docs/OTANDissent.pdf

Samir Geagea est le premier suspect dans l’assassinat de Pierre Amine Gemayel, qui lui a permis de mettre la main sur la Phalange et réactiver ainsi ses commandos de tueurs, les “Forces Spéciales”. En 2006, l’armée libanaise avait arrêté un commando qui s’entrainait à réaliser des assassinats – le chef de la sécurité de Geagea en faisait partie. L’affaire avait été vite éttoufée. La liste des actions terroristes, assassinats (certains de sa propre main), tortures et atrocitées commises par Geagea et ses hommes est longue… si ce taré prend le pouvoir au Liban, la guerre civile ne sera pas loin. On a déjà connu cela dans la période 1975-1990

Il est intéressant de relever la “sympathie” exprimée par Condoleeza Rice pour ce personnage – pourtant visé par une enquête internationale pour crimes de guerre et que de nombreux anciens collaborateurs traitent publiquement de “psychopathe meurtrier”. Cela confirme bien l’adage U.S. popularisé par Henry Kissinger : “C’est un fils de pute, d’accord, mais c’est NOTRE fils de pute”.

A noter aussi que Geagea est un enfant chéri des Israéliens, qui le soutiennent par tous les moyens via les canaux des anciens de l’Armée du Liban Sud. Il faut dire que – en matière de détestation des Palestiniens et du Hezbollah, la Phalange libanaise est encore plus à droite que Avigdor Lieberman…

Tout cela entre bien évidemment dans le vaste projet de déstabilisation du Liban orchestré par les Néo-cons et Israël afin de “remodeler le Proche-Orient” à leur avantage

[Backchich - 17/04/2009]

A l’approche des législatives au Liban, l’ambassadeur de France, André Parant, fait publiquement campagne pour Samir Geagea, chef de file de l’Alliance du 14 Mars.

« C’est plus fort que lui. Il ne peut pas s’en empêcher ! » s’exclame un diplomate français en poste à Beyrouth, « l’ambassadeur André Parant n’arrête pas de faire des déclarations publiques en faveur de Samir Geagea ; de multiplier les propos élogieux à l’encontre du Hakim ». Ça la fout plutôt mal en pleine campagne électorale, les élections législatives étant annoncées pour le 7 juin prochain.

En arabe, « al-Hakim », c’est le « docteur ». C’est comme cela que tous les admirateurs de Samir Geagea l’appelle depuis les années soixante-dix, lorsqu’en pleine guerre du Liban, il interrompit ses études de médecine pour devenir l’un des chefs militaires du parti phalangiste avant de carrément mettre la main sur les Forces libanaises après l’assassinat de Bachir Gemayel en 1982.

Fondé par Pierre Gemayel en 1936, rentré enthousiasmé des jeux olympiques de Berlin, la Phalange qui allait se transformer en Forces libanaises, puis en parti politique après l’accord de Taëf (1989) mettant fin aux quinze années de guerre civile, fait aujourd’hui parti de la coalition « pro-occidentale » dite du « 14-mars », aux côtés de Saad Hariri, le fils de l’ancien premier ministre Rafic assassiné en février 2005 et de Walid Joumblatt, le chef féodal des Druzes qui change de camp avec les aléas du vent. Les Forces libanaises d’aujourd’hui ont conservé leurs inspirations mussoliniennes et filiations fascistes : « Ni Orient, ni Occident ! », le vieux slogan des Phalanges avait beaucoup séduit Condoleezza Rice, l’ancienne secrétaire d’État américaine qui, elle-aussi, ne tarissait pas d’éloges à l’encontre de Samir Geagea, « idéaliste tout autant inspiré que désintéressé ». (Lire la suite…)

Imaginez un instant que ce soit un professeur iranien  qui aurait dit des choses pareilles… imaginez le tollé que cela aurait suscité ! Mais là.., rien.

[Nadim Ladki - IAP News - 1/2/2009 - Trad. Gilong]
Ce professeur et historien militaire israélien a laissé comprendre qu’Israël pourrait se venger l’holocauste en exterminant des millions d’Allemands et d’autres Européens.  Lors d’une interview publiée à Jérusalem vendredi, le professeur Martin Van Crevel a déclaré qu’Israël avait « la capacité d’atteindre la plupart des capitales européennes avec ses armes nucléaires ».

« Nous possédons plusieurs centaines d’ogives atomiques et de fusées et pouvons atteindre nos cibles dans toutes les azimuts, et même Rome. La plupart des capitales européennes font partie des cibles potentielles de notre Armée de l’air ».

Creveld, un Professeur d’Histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a précisé que la « déportation collective » par Israël était la seule stratégie efficace à appliquer aux Palestiniens.  « Les Palestiniens doivent tous être expulsés. Les gens qui luttent dans ce but (Le Gouvernement israélien) attendent simplement la venue de “la bonne personne au bon moment”. Il y a seulement deux ans, 7 ou 8 % des Israéliens étaient d’avis que ce serait la meilleure solution, il y a deux mois c’était 33 %, et maintenant, selon un Sondage Gallup, le chiffre est de 44 % pour ».

Creveld a déclaré qu’il était sûr que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait déjà voulu expulser les Palestiniens.  « Je pense qu’il est tout à fait possible qu’il ait voulu le faire. Il voulait intensifier le conflit. Il savait que rien d’autre ne pourrait réussir ».

A la question de savoir « s’il s’inquiétait du fait qu’Israël deviendrait un état voyou s’il mettait en oeuvre une déportation génocidaire à l’encontre des Palestiniens, Creveld a cité les paroles de l’ancien Ministre israélien de la Défense Nationale, Moshe Dayan, qui avait déclaré “Israël doit être comme un chien enragé, trop dangereux pour qu’on le contrôle ». Creveld soutient qu’Israël ne se soucie pas du fait de devenir un « état voyou ».

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse ».

Biographie
Martin van Creveld, Ancien professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, est un des auteurs leaders mondiaux sur l’histoire militaire et la stratégie, avec une spécialité sur les guerres du futur.  Il a écrit vingt ouvrages : “Supplying War” (1978), “Command in War” (1985), “The Transformation of War” (1991), “The Changing Face of War : Lessons of Combat from the Marne to Iraq” (2006), and “The Culture of War” (2008).). Il a aussi publié largement sur d’autres sujets, y compris des histoire sur les états, les femme et le Féminisme et l’Histoire américaine. Ses ouvrages ont été traduits en dix-sept langues.

http://iraqwar.mirror-world.ru/article/188125

[Investig'Action - Dossier préparé par Louis MAGNIN. - B. I. n° 138, décembre 2008].

Le prétexte qui a justifié le bombardement de la Yougoslavie était un énorme mensonge.  La Dr Helena Ranta, responsable de l’équipe d’enquêteurs sur le terrain, révèle comment elle a été obligée de confirmer la version officielle d’une sinistre mise en scène.

Helena Ranta, une spécialiste finlandaise de médecine légale de renommée mondiale, âgée de 62 ans, vient de publier sa biographie à Helsinki, écrite avec l’aide de Kaius Niemi, un des directeurs du journal Helsingin Sanomat.

Elle était la responsable de l’équipe d’enquêteurs internationaux chargée sur place du rapport sur les événements qui s’étaient déroulés dans le village de Racak, au Kosovo, où 45 cadavres avaient été découverts en 1999.

La sinistre trouvaille avait été immédiatement transformée par les médias occidentaux en un massacre de civils albanais attribué aux Serbes, suscitant l’indignation mondiale, et servant de prétexte justificatif du bombardement de la Yougoslavie. Dans son livre, Helena Ranta fait des révélations spectaculaires sur les pressions qu’elle a subies pour accréditer la fausse version de la culpabilité serbe, faisant ainsi voler en éclats un des plus grands mensonges de la guerre dans les Balkans.

Elle y raconte que William Walker, le chef américain de la mission de l’OSCE au Kosovo pendant l’hiver 1998-1999, a brisé son crayon en bois et lancé les morceaux à sa figure, furieux des conclusions de son rapport, qui n’avaient pas utilisé “un langage suffisamment convaincant” à propos des atrocités serbes. Elle y décrit les pressions de trois fonctionnaires du ministère finlandais des Affaires étrangères qui exigeaient d’elle “des conclusions plus approfondies”. “J’ai conservé leurs e-mails” a-t-elle dit à son éditeur à Helsinki. (Lire la suite…)

[Voltaire - 04/02/2009]
Le général Bantz Craddock, Suprême commandeur de l’OTAN, a ordonné aux troupes alliées présentes en Afghanistan de tuer, dans les zones insurgées, toutes les personnes impliquées dans la culture et le commerce des drogues, sans attendre de savoir si elles sont ou non liées à l’insurrection.

Selon le site internet de DER SPIEGEL, qui a révélé les faits, l’ordre a été confirmé par écrit, le 5 janvier 2009, au général allemand Egon Ramms qui s’y opposait en qualifiant l’exécution de cette instruction de crime de guerre.

Ces révélations provoquent un vif émoi en Allemagne, mais pas dans les autres États impliqués militairement en Afghanistan.

Ces instructions s’appliquent à toute la zone insurgée, mais pas à la zone « pacifiée », c’est-à-dire placée sous l’autorité du président Karzaï, où son demi-frère exploite le pavot.

En clair, le général Bantz Craddock a ordonné de massacrer tous les paysans qui cultivent le pavot et tous les trafiquants dès lors qu’ils rivalisent avec le monopole de la famille Karzaï.

Le général Bantz Craddock est l’ancien chef du cabinet militaire de Donald Rumsfeld. En qualité de commandant du South Command, il installa le centre de torture de Guantanamo. Il participa activement à la planification de la guerre israélienne de 2006 contre le Liban et fut nommé à cette époque à la tête de l’OTAN en vue d’une possible mission de l’Alliance atlantique aupays du Cèdre (projet qui fut contrecarré par Jacques Chirac lors de la Conférence de Rome).

Rappelons que la drogue produite par les Karzaï est principalement acheminée par les avions US à Camp Bondstell (Kosovo) où elle est prise en charge par le Premier ministre Haçim Thaçi. Elle est alors distribuée par la mafia kosovare principalement en Europe occidentale. Les bénéfices servent à financer les opérations spéciales de la CIA hors contrôle budgétaire du Congrès.

http://www.voltairenet.org/article159045.html

Les jeunes lecteurs du “Monde des Ados” auront surtout appris une chose : on ne critique pas Israël qui – quoi qu’il fasse – fait partie du camp des “bons”, ceux qui sont avec nous, les civilisés… le rempart face à la horde basanée grouillante…

GAZA – MÉDIAS EN GUERRE (6) : LES EXPLICATIONS « PÉDAGOGIQUES » DU MONDE DES ADOS
[Jean Pérès - Acrimed - 5 février 2009 ]
Le journalisme politique à visée pédagogique est un exercice délicat. Expliquer à de jeunes adolescents le conflit de Gaza, dans un langage accessible mais sans excès de simplification, avec suffisamment d’objectivité pour éclairer les positions antagonistes sans y glisser sournoisement la sienne, cela ne va pas de soi. C’est pourtant l’ambition affichée du bimensuel Le Monde des ados publié par le groupe « La Vie – Le Monde » dans son numéro du 21 janvier quand il annonce en première de couverture : « GAZA : 5 questions pour comprendre ».

Le rédac’ chef donne le ton
« Le mot du rédac’ chef » qui fait office d’éditorial amorce cette entreprise pédagogique d’une manière pour le moins abrupte : « Il ne s’agit pas de décréter qui est coupable et victime dans le drame de Gaza. Il ne s’agit pas de savoir si cette guerre était inévitable ou non. De toute façon, elle ravage la région depuis plus de soixante ans. » On peut lire dans ces précautions liminaires une tentative de se refuser à prendre position sur le fond du conflit. Mais telles qu’elles sont formulées, elles justifient une forme de fatalisme (« de toute façon ») qui ignore délibérément les responsabilités et les causes de la guerre, et par là même ce qui aurait, peut-être, permis de l’éviter. Mais surtout ces précautions interdisent toute compréhension un tant soit peu rationnelle qui se trouve d’emblée fermement exclue (« Il ne s’agit pas » ).

S’il ne s’agit pas de comprendre, comme on aurait pu le croire au vu du titre du magazine (« 5 questions …pour comprendre »), de quoi s’agit-il alors ? C’est ce que nous apprend la suite. (Lire la suite…)

[Bougnoulosophe - 17/01/2008]
Il nous a été donné, hier, de lire une tribune dans Le Soir particulièrement ahurissante, intitulée : « Le pouvoir aux « barbus» ? Non merci ! ( http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-le-pouvoir-aux-2009-01-14-681417.shtml ) ».

On ne dira jamais assez les dégâts occasionnés par le mauvais livre de feu Samuel Huntington, Clash of civilisation, sur les esprits simples et tout à la fois pervers. Ainsi pendant que les Gazaouis se font bombarder par air, terre et mer. Tandis qu’ils subissent un déluge de feu par F-16, « Apache » ou drones. Tandis qu’on assiste à un massacre en direct d’enfants, femmes et vieillards. Tandis que les Gazaouis, tels des souris de laboratoire, servent à expérimenter de nouveaux armements (DIME)… un tierceron de laïcistes, émargeant tous les trois à la Communauté Française de Belgique, égaré dans une manifestation propalestienne, n’a rien trouvé de mieux à faire que de jouer à se faire peur.

L’objet de celle-ci : l’islam, esprit du temps et surtout esprit du laïcisme oblige. Angoisse déclinée sous toutes ses formes. Le seul point commun entre elles est une certaine dose de mauvaise foi.

On distingue par ordre d’apparition.

  • L’affabulation : « les slogans qui mettent de côté la démocratie » (sic).
  • La conspiration : « des groupes, apparemment bien pris en mains par les mosquées ».
  • Le stéréotype : « Des “barbus ”occupant le pavé fétiche de la gauche française, tandis que les femmes voilées attendent sagement à une rue de là… »
  • La calomnie : « des religieux réactionnaires et rejetant les principes élémentaires de la démocratie, du vivre ensemble ».
  • Le mépris : « des femmes enfoulardées d’un côté, hommes barbus hurlant Allahou Akhbar ! de l’autre ».
  • La diffamation : « la montée en puissance d’un cléricalisme musulman intolérant, impérialiste et antiprogressiste ».
  • La paranoïa : « Nul, parmi vous, ne l’ignore : les radicaux qui ont tenu le haut du pavé, dans les rues de Bruxelles, vous détestent. »

Soit une déclinaison de toutes les « passions tristes » qui génèrent ou sont générées par la peur – un cas d’école. Par laquelle on peut faire le portrait clinique de l’homme qui aime avoir peur.

Car le laïciste est un homme qui aime avoir peur par dessus tout.

Mais, par delà la psychologie, la peur diffuse, on le sait depuis le 11 septembre, est aussi une forme de gouvernance. Une forme d’une grande efficacité.

La rhétorique du « choc des civilisations », lorsqu’elle est intériorisée, permet la division entre un « nous » et « eux », elle permet la lecture du monde suivant le prisme du religieux, elle permet la désignation de l’ennemi… Et l’ennemi, ici, c’est le « barbu » et la « femme enfoulardée ».  Et il se fait que c’est le même ennemi que l’armée glorieuse d’Israël rencontre sur le terrain, à Gaza. Cela n’a rien de fortuit bien sûr.

Le ton était déjà pourtant donné dés la première phrase de la tribune à qui savait la lire attentivement, « la politique de destruction massive du gouvernement israélien contre le territoire palestinien de Gaza » pouvait-on lire.

Dans cette phrase introductive, s’il l’on parle de « destruction massive », il n’est fait nulle mention de Palestiniens, on y évoque un territoire… Un territoire où vivent sans doutes des kangourous ou des ornithorynques palestiniens scandaleusement bombardés ? Cette litote n’a rien d’anecdotique, elle est révélatrice, elle est la traduction inconsciente de « la fameuse terre sans peuple… », elle est, à notre sens, l’expression d’une épuration ethnique symbolique, ce qui en dit long sur le lieu d’où parle très exactement nos laïcistes humanistes autoproclamés.

De ce lieu, à l’évidence, l’on n’aime pas beaucoup voir le peuple, la vile multitude, ethniquement marquée, se manifester à sa manière, avec ses codes, ses signes « exotiques », non laïquement correct, on y trouve à redire, on trouve ça bien louche, on trouve ça du plus mauvais goût. On se voit perdre la main, aussi l’on a peur…

Voilà bien une singulière manière d’appréhender la démocratie, de se l’accaparer, de la confisquer, qui a comme d’étrange résonance avec la situation à Gaza… Peut-être que nos laïcistes, sionistes honteux, sionistes contrariés, pour ce qui est de Gaza comme pour Bruxelles, songent aux mêmes solutions « si le peuple pense mal, disait Brecht, changeons le peuple » !

http://bougnoulosophe.blogspot.com/2009/01/choc-effroi-et-dlire-du-lacisme.html

[Documentaire diffusé le 10 janvier 2008 sur Radio Canada]
Production : The Media Education Fundation Basé sur le livre de Jack Shaheen – Année : 2008

Ce documentaire totalement inédit passe à la loupe un des aspects les plus calomnieux de l’histoire du cinéma et que personne n’avait jamais osé contester, depuis l’époque du muet jusqu’aux grandes productions hollywoodiennes d’aujourd’hui.

Présenté par Jack Shaheen, Ph.D., auteur réputé, le film relève la longue succession d’images dégradantes qui ont été utilisées pour représenter les Arabes au cinéma. Des bandits bédouins aux jeunes filles soumises, en passant par les cheiks sinistres et les terroristes armés, ce documentaire jette un éclairage dévastateur sur l’origine de ces portraits stéréotypés et sur leur apparition à des moments clés de l’histoire des États-Unis, démontrant du même coup les lourdes conséquences de cette représentation aujourd’hui.

Jack Shaheen montre comment, au fil des ans, la persistance de ces images a fait en sorte de banaliser les préjugés entretenus à l’égard des Arabes et de la culture arabe, ce qui aurait eu pour effet de renforcer une vision étroite des individus d’origine arabe et d’accroître les répercussions des politiques intérieures et internationales des Etats-Unis sur leur vie.

En incitant le spectateur à réfléchir sur les conséquences sociales, politiques et simplement humaines de ces caricatures hollywoodiennes, ce film souhaite faire reconnaître l’urgence d’offrir un point de vue opposé qui rendrait justice à la diversité et au caractère humain du peuple arabe, tout en faisant ressortir le vrai visage et la richesse de l’histoire et de la culture arabes.

http://www.dailymotion.com/video/x8rkn2_hollywood-et-les-arabes-13_news

[Alterinfo - 21/11/2008]

Hier comme aujourd’hui, la lecture des media reste un exercice délicat.Nous croyons souvent que dans les démocraties dites avancées, la liberté de la presse nous protège contre la désinformation et la propagande.
Ce n’est malheureusement pas le cas et, entre autres, le traitement médiatique des deux guerres du Golfe nous en a administré la preuve. La presse dite libre et indépendante se garde cependant généralement d’asséner des contre vérités trop flagrantes quoique ses campagnes menée à chaud donnent parfois l’exacte mesure de sa capacité de nuisance et de décervelage.

L’action propagandiste de la presse s’effectue habituellement cependant de manière plus discrète. Vous vous demandez : comment ?
L’article ci-dessous en donne un bon exemple. Rédigé par Sharif Nashashibi, directeur d’Arab Media Watch, un observatoire de la presse sur les questions qui touchent au monde arabe, il démonte un mécanisme simple qui permet, subrepticement il est vrai, d’inoculer une idée au lecteur.

Comment les assertions américaines sur la Syrie sont devenues des faits pour les media

Des journalistes négligents qui répètent les assertions US sur la Syrie et l’Irak deviennent les instruments d’une guerre de propagande.
Par Sharif Nashashibi, The Guardian (UK) 14 novembre 2008 traduit de l’anglais par Djazaïri

Dans tout conflit, les parties belligérantes s’efforcent de convaincre l’opinion que la justice est de leur côté. La façon la plus efficace d’y parvenir passe par les media. Il est impératif que les journalistes portent un regard critique sur l’information qu’ils reçoivent afin d’éviter de devenir les instruments inconscients de la guerre de la propagande de guerre. En particulier, ils ne devraient pas rapporter des assertions comme des faits

Des erreurs fondamentales ont caractérisé la couverture journalistique par la presse britannique des récents raids US en Syrie. Par exemple, Richard White du Sun et Patrick Cockburn, correspondant de The Independent, ont tous deux rapportés comme un fait la mort au cours du raid d’Abu Ghadiya, un présumé cadre d’Al Qaïda qui faisait entrer des combattants en Irak,

De même, Catherine Philp, correspondante diplomatique du Times, avait rapporté comme un fait que les commandos américains avaient pénétré en Syrie et s’étaient affronté dans « une courte bataille à l’arme légère à Abu Ghadiya et aux membres de son groupe.»
Pour les lecteurs, de telles informations justifient le raid car la cible était suffisamment importante pour amener à violer la souveraineté d’un autre pays. Cependant, la mort d’Abu Ghadiya et les combats contre lui sont des assertions américaines non corroborées. Les informations n’ont pas été présentées par les journalistes comme émanant des sources américaines.

De plus, The Independent et le Sun n’ont pas publié les lettres concises er polies que je leur ai adressées et soulignant ce point. Cependant, le chef de la rubrique diplomatique du Daily Telegraph, David Blair, a répondu rapidement et de manière louable à mon courriel demandant pourquoi il avait rapporté la mort d’Abu Ghadiya comme un fait (Lire la suite…)

Et on retrouve Paul Barril, le plus “mitterandolâtre” des flics-devenus-barbouzes… pas un sale coup de l’êre Mitterand où il n’ait pas fourré ses pattes. La parfaite expression de la manip’ policière qu’on avait déjà connue avec les “Irlandais de Vincennes”, ou l’attentat contre le Rainbow Warrior… A chaque fois l’Etat et la Police fabriquent les éléments pour acréditer leurs thèses, enfumer l’opinion publique ou bien inventer de toutes pièces une menace qui n’existe pas.

La scandaleuse commission d’enquête sur le Rwanda, qui avait conclu à l’innocence totale de la France et notamment du Ministre de la Défense d’alors, Alain Juppé, avait été une foutaise… Il serait grand temps qu’on exige une nouvelle enquête !

[Patrick de Saint-Exupery - Le Monde - 10/04/2009]

Le prétendu mystère de la boîte noire du génocide rwandais, par Patrick de Saint-Exupéry

C’est l’histoire d’une boîte noire, un coffret orange et métallique de la taille d’une grosse boîte à chaussures. Les avions de ligne commerciaux sont équipés de telles boîtes, identifiées par des numéros rivés au métal. Conçues pour enregistrer les données du vol et les conversations du cockpit, elles sont utiles en cas d’accident.

C’est donc l’histoire d’une boîte noire, mais une histoire à nulle autre pareille. Celle dont il est question fut, en effet, supposée abriter en ses entrailles la clé du génocide, en 1994, des Tutsi du Rwanda.

Elle apparaît pour la première fois sur la scène au moment où les troupes françaises engagées dans l’opération “Turquoise” se déploient au Rwanda, alors que le génocide continue.

D’un coup, elle est tirée du chapeau par l’ancien gendarme de l’Elysée Paul Barril. Le 28 juin 1994, celui-ci assure être entré en possession de la boîte noire du Falcon 50 du président Juvénal Habyarimana, abattu trois mois auparavant. Cet attentat avait donné le signal du génocide.

Paul Barril déclare tenir “à la disposition des instances internationales” cette boîte noire supposée enfermer une “énigme” à même de livrer les clés du génocide. Dès lors, les regards se détournent du Rwanda, de la réalité du terrain et des faits, pour se focaliser sur cette boîte à l’allure de Graal, aussitôt devenue la boîte noire du génocide. Las, quelques jours plus tard, le soufflé retombe. Le Monde explique dès le 8 juillet 1994 que la boîte noire présentée par Paul Barril “n’était pas la boîte noire”.

Fin du premier chapitre, mais l’histoire est loin d’être finie. La boîte noire va être ressuscitée et connaître une deuxième vie. Cela se produit en 2004. La dixième date anniversaire du génocide des Tutsi du Rwanda approche. De nombreux éléments accablants sur la politique menée par Paris au Rwanda ont été rendus publics. La date marque un tournant.

Le 10 mars 2004, Le Monde annonce que “la boîte noire du Falcon aurait été transférée, il y a dix ans, au siège de l’ONU, à New York”. Il précise que “selon le juge Bruguière, les Nations unies font obstruction à l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994″. La mise en accusation et les sous-entendus sont clairs : l’ONU a conservé par-devers elle une “pièce à conviction” essentielle. Un déferlement de dépêches, d’articles et de déclarations appuie ce coup de théâtre. A nouveau, les mécanismes du génocide se trouvent occultés au profit d’un polar bien ficelé.

Selon l’article, la boîte noire aurait été convoyée dix ans plus tôt à New York, au siège de l’ONU, qui s’en serait désintéressé. Conclusion : “Si la boîte noire s’y trouve toujours, l’ONU disposerait d’un sérieux atout pour le jour où elle voudrait savoir ce qui s’est passé, le 6 avril 1994, dans le ciel nocturne de Kigali…”

Une fois de plus, la révélation est invalidée une dizaine de jours plus tard. “Un premier examen de la boîte noire retrouvée, la semaine dernière, au siège des Nations unies, à New York, n’a rien révélé qui permettrait d’établir qu’elle provient du Falcon 50 abattu le 6 avril 1994″, doit constater Le Monde.

La bande a été écoutée, elle contient des extraits de conversation entre la tour de contrôle et un appareil sur le tarmac de Kigali, et n’a livré aucun élément. On apprendra par la suite qu’il s’agissait d’un montage.

Fin de la deuxième vie de la boîte noire. Reste pourtant un troisième chapitre qui, écrit et acté, n’a pas encore été rendu public. Le voici. Il débute très exactement à la cote 6 798 de l’instruction du juge Bruguière.

Le 31 mars 2004, un représentant officiel de Dassault reconnaît que l’avion du président rwandais n’était pas équipé d’une boîte noire. Le 1er juillet suivant, le rapport définitif d’enquête de l’ONU sur la boîte noire découverte à New York est versé à l’instruction. Il y est établi que juste après l’attentat, à 2 h 45, le 7 avril, la mission militaire française au Rwanda a reçu l’autorisation de Paris de procéder à une enquête sur le crash.

Il est également établi que l’accès est refusé à l’ONU jusqu’au 21 mai. Il est précisé que la boîte noire de New York a été trouvée par l’ONU le 27 mai 1994, abandonnée à proximité du crash. En conclusion, l’ONU confirme que la boîte noire n’est pas celle du Falcon.

Le juge Bruguière est néanmoins obligé d’aller jusqu’au bout de l’enquête. Le 29 novembre 2004, il interroge un officiel d’Air France. Celui-ci, sur déposition, affirme que la boîte noire découverte dix ans plus tard dans un placard de l’ONU, est celle d’un Concorde ! Plus précisément, le Concorde 209 d’Air France, immatriculé F-BVFC. Une fiche de maintenance établie à la dépose du Concorde d’Air France atteste formellement de son origine. Un mois plus tard, un deuxième responsable d’Air France confirme.

Le juge Bruguière interrompt là son investigation. Sans chercher à comprendre cet enchaînement stupéfiant de faits. Comment la boîte noire d’un Concorde d’Air France, retrouvée “par hasard” en mai 1994 dans l’herbe à Kigali, puis dix ans plus tard sur une étagère new-yorkaise de l’ONU, peut-elle être présentée comme l’élément décisif supposé permettre de résoudre l’énigme posée par un génocide ? La question évoque irrésistiblement le bordereau de l’affaire Dreyfus.

Il n’est pas donné à tout le monde de disposer d’une boîte noire de Concorde. Il n’est pas facile de faire un montage quelque peu crédible de la bande sonore de cette boîte. Ni de la déposer dans l’herbe à Kigali après l’attentat du 6 avril 1994, alors que la ville est à feu et à sang. Il est encore plus difficile de suivre dans le détail le parcours de cette boîte jusqu’au siège new-yorkais des Nations unies.

Il est enfin très rude de faire fuiter l’information au bon moment, c’est-à-dire au moment du scandale utile, quand il faudra provoquer l’emballement médiatique et une opportune confusion.

L’histoire de la boîte noire du génocide ne dit rien, bien évidemment, sur le génocide. En revanche, elle dit tout de ce qu’on a voulu lui faire raconter. Qui ? Pourquoi ? La réponse à ces questions se trouve à un endroit, un seul : Paris.


Patrick de Saint-Exupéry est rédacteur en chef de “XXI”, auteur de “Complices de l’inavouable, la France au Rwanda” (Les Arènes, 288 p., 19,80 €, nouvelle édition).

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/08/le-pretendu-mystere-de-la-boite-noire-du-genocide-rwandais-par-patrick-de-saint-exupery_1178219_0.html

Caroline Fourest est spécialiste des excommunications à grand spectacle de personnes qu’elle ne ne connait pas…. Elle s’est creusé sa place dans le petit gotha médiatique à travers une stratégie de comm’ bien pensée. Maintenant qu’elle est “établie”, elle n’a plus besoin de se fatiguer et tape servilement sur ceux qu’on lui demande de dégommer. Ce n’est pas étonnant qu’elle soit dans l’équipe du Néo-conservateur Philippe Val…

Ces “intellectuels” montrent à chaque fois leurs vrais couleurs quand on aborde la question palestinienne. Si rapide à s’enflammer pour n’importe quelle injustice, nos preux chevaliers deviennent soudain fort casuistes et louvoyants (voire carrément racistes) quand on aborde Israël. Quoi qu’il arrive, ils ne cessent de nous enfoncer le même clou dans la tête : Israël ne doit pas être critiqué, Israël est le rempart occidental face aux hordes barbues, toute critique d’Israël est un acte antisémite.

C’est bien la preuve qu’ils ne sont que des agents de la propagande néo-con visant à défendre le Grand Israël et la Guerre des civilisations. Les chèques de la NED permettent d’acheter bien des consciences…

[Backchich - 10/04/2009]

Jean Ziegler, le radical suisse, a beaucoup d’amis qui sont très contents d’être les amis de Ziegler Jean, auteur de « l’Empire de la Honte ». Décompte fait, notre révolté du Léman n’a que deux vrais ennemis, Caroline Fourest et Nestlé, ce qui confirme qu’il s’agit d’un type épatant. Dans une récente livraison de Charlie-Hebdo, sœur Caroline-line-line nous flingue Ziegler avec la magnificence d’un Sarkozy straffant un « pov’con ».

Pourquoi pas ! Comme l’a toujours enseigné Elkabbach, la parole est libre, toute vérité mérite de prendre l’air plutôt que garder le moisi. Mais dans le « débat démocratique », qui est à la fois le crédo et le sextant de Caroline, dans son activité d’exécutrice en peloton, dans son ball trap médiatique, il serait préférable qu’elle soit équipée de munitions réelles : tant pis si l’argumentaire est spécieux, ce qui compte c’est que ce que l’on dit, que ce que l’on imprime soit vrai.

Et là, pour mettre à mort le vieux taureau helvète, notre journaliste-essayiste-philosophiste n’a que des pétards mouillés dans son chargeur, ce qui l’expose à être le premier cadavre dans l’un de ces OK Corral où notre jeune fille, toujours à la croisée des chemins, aime à se poster. Comme j’aime Caroline et la liberté des mots pour le dire, je me permets de lui faire très respectueusement remarquer, qu’au sujet de Jean Ziegler, que Dieu lui pardonne, elle a écrit sans savoir. De toute façon sans interroger sa victime comme on le fait pourtant dans n’importe quel commissariat de police.

Caro nous parle d’un Ziegler qui aurait à la fois inventé et reçu un « Prix Khadafi »… Aucune trace de cette douce récompense ni d’un humain l’ayant jamais reçue ! Caro reproche encore à notre Jean qui hurle d’avoir utilisé l’expression « Gaza, camp de concentration… ». Ici on tombe dans le banal, c’est une expression cent fois entendue dans des lieux que Fourest ne fréquente pas (et qui ne sont pas des mosquées), lue aussi sur des bouches et sous des plumes que même notre mère supérieure ne peut traiter « d’antisémites », celle de l’écrivain israélien Michaël Warschawski pour n’en citer qu’un.

Enfin, dans sa tapisserie d’approximations, notre Pénélope passe vraiment par la fenêtre quand elle affirme que Ziegler « vise un nouveau mandat de Rapporteur du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU », alors que, juridiquement, après 7 années passées comme vilain petit rapporteur, le plus turbulent des Suisses n’a pas le droit de se représenter !

En réalité, cette humeur printanière de Fourest n’est qu’un grain de chapelet d’une diffamation concertée subitement adressée à l’encontre de Ziegler. Un rosaire qui ne tombe pas du ciel mais désigne une urgence : la tenue de Durban II. Fin avril s’ouvre à Genève, donc chez Ziegler, le colloque mondial de l’ONU sur les droits de l’homme.

Et, petit secret, Caro et sa bande de formidables amis ont très peur que les salauds de pauvres venus des pays du « Sud », que des types parfois même un peu mahométans, en tout cas des mal élevés qui ne sentent pas « Pour un Homme » de Caron ne viennent au bord du lac, comme lors de Durban I, dire du mal des pays amis de Caro : ceux du « Nord ». C’est-à-dire, par exemple, que Guantanamo, qu’Abou Ghraib ou « Plomb durci » ne sont pas des recettes « au top » en matière de développement harmonieux de l’humanité.

http://www.bakchich.info/Ziegler-Caroline-s-est-Fourest-le,07347.html

Mise à jour du 10/04/09 : Nous avons appelé des copains ayant des flics dans leur famille (ça arrive dans les meilleures familles) et ils ne confirment pas l’information.

Sarkzoy ne fait qu’appliquer à la lettre la stratégie de “Fear, Uncertainty, Doubt” élaborée en 2001  par l’équipe néo-con autour de Dick Cheney et Richard Perle pour faire accepter à la population les guerres impériales, les privations de liberté et la répression de toute dissidence. Faire peur au populo, c’est encore le meilleur moyen de le faire taire et rentrer dans le rang…

RAPPEL DES RESERVISTES DE LA POLICE NATIONALE AVANT LE 30 JUIN 2009 !!!

[Révélations4 - 27/03/2009]
Tous les policiers à la retraîte, de moins de 60 ans, ont reçu l’ordre de se faire recenser avant le 20 mars 2009 et de réintégrer leurs postes avant le 20 juin 2009. Comme par-hasard, cet échéancier coïncide entre le G-20 et la réintégration de la France au sein du commandement de l’otan.

Au même moment, “le monde diplomatique” publie un article au titre symptomatique : Comment les armées se préparent au combat urbain“. L’auteur, Philippe Leymarie évoque “les manoeuvres de l’armée française dans des villes françaises, notamment Sedan ou Fréjus, en 2008, dans le cadre de la préparation de la Force de réaction rapide de l’Otan pour “sécuriser” et évacuer des populations , face à une menace de groupes paramilitaires ou terroristes“.

A titre informatif, la France dans le cadre de sa réintégration au sein du commandement de l’otan, récupère 2 centres de commandement majeurs dont celui basé à Lisbonne qui se trouve justement être celui de la force de réaction rapide de l’alliance atlantique !

L’article 5 de la loi n° 2003-239 du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure ainsi que l’article 9 du décrêt n° 2003-1395 du 31 décembre 2003 ont fixé les modalités de la mise en oeuvre de la réserve civile de la police nationale , les réservistes, dans le cadre de leurs obligations statutaires de disponibilité, ne peuvent faire l’objet d’un rappel au service qu’en cas de menaces ou de troubles graves à l’ordre public. Il s’agit donc d’une mesure exceptionnelle prise après arrêté  ministériel !

Bref, en rapprochant ces informations, il est clair que les autorités publiques savent à coup sûr qu’un évènement se produira d’ici à quelques mois, justifiant l’usage de la force.  Cette force devra être employée contre les populations civiles, car selon nicolas Sarkozy, cf. extrait de son discours du 16 janvier 2009 à l’Elysée : “ les forces au service du changement sont considérablement plus fortes  que les conservatismes et les immobilismes…on ira ensemble vers ce nouvel ordre mondial. Et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer“.

Voici donc ci dessous la confirmation de cette information qui m’a directement été transmise par le ministère de l’Intérieur français en date du 24 mars 2009. (si tel est votre désir, je peux vous transmettre cette réponse officielle par courriel).

Bonjour,

En application des textes réglementaires, un plan de rappel de la réserve statutaire de la police nationale a été défini dans la perspective de répondre aux rappels individuels ou collectifs du ministre chargé de l’intérieur en cas de menace ou de troubles graves à l’ordre public. Il prévoit notamment que les services d’emploi prennent contact avec les réservistes statutaires afin que chacun d’entre eux connaisse son poste d’affectation. Pour le 30 juin, l’ensemble des réservistes statutaires devront être affectés de manière opérationnelle.

Cordialement.

Mission nationale pour la réserve civile (MINATREC)
Cellule de communication
Place Beauvau – 75800 Paris Cedex 08

http://revelations4.blogs.fr/index.html

[Sahlom A'shav - La Paix Maintenant - Traduction d'un article de Amos Harel dans Ha'aretz - 20/03/2009]

Gaza : de jeunes conscrits parlent

Comme promis, voici la traduction du document qui fait parler. De jeunes conscrits s’expriment en toute liberté sur ce qu’ils ont vu ou vécu à Gaza. Il ne faut pas s’attendre à des récits de boucherie, mais plutôt à des descriptions de « petits meurtres ordinaires ». Ce qui frappe, au premier abord, c’est la franchise, pour ne pas dire la candeur, de ces jeunes soldats. Certains sont révoltés, d’autres ont un langage quasi désincarné et parlent technique militaire.

Ce qui frappe aussi : le décalage entre conscrits et réservistes, et le rôle pour le moins trouble que joue le rabbinat, qui fait passer chez les soldats un message proche du messianisme et de la guerre sainte. La naïveté de ces jeunes soldats, scandalisés qu’une famille palestinienne dont certains membres font partie du Hamas ait pu faire ami-ami avec eux en leur « mentant » (ils sauvaient leur peau, quand même !).

Et bien d’autres choses (chacun est libre de tirer ses propres conclusions à partir d’un texte brut comme celui-ci. L’impression qui se dégage est qu’à Gaza, tout était permis et que les supérieurs hiérarchiques ont laissé faire, au mieux.

Certains médias, juifs en particulier, préféreront parler des erreurs (réelles) de la presse, par exemple au sujet du vrai-faux bombardement de l’école de l’UNRWA. Mais l‘arbre cache la forêt. Peut-être serait-il temps de regarder les choses en face.

La guerre de Gaza a été de la sauvagerie (outre le fait que, sur le plan politique, elle a été inutile, mais c’est une autre histoire). Le discours final, consterné, de l’instructeur en chef de ces jeunes conscrits en dit long

Ha’aretz, 20 mars 2009

http://www.haaretz.com/hasen/spages…

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Moins d’un mois après l’opération militaire dans la bande de Gaza [Vendredi 13 février, Zamir avait invité des soldats et des officiers qui avaient suivi son programme pour un long débat sur leurs expériences à Gaza. Ils se sont exprimés ouvertement, mais avec une frustration considérable.

Ce qui suit est composé de longs extraits de la transcription de cette rencontre, publiée mercredi dans le bulletin du programme, Briza. Les noms des soldats ont été modifiés pour préserver leur anonymat. La rédaction de Briza a aussi choisi de ne pas publier certains des détails qui concernent l’identité d’une unité dont la conduite à Gaza s’est révélée problématique. (Lire la suite…)

[Michael AVERKO - Mondialisation.ca - 06/04/2009]

Bien qu’il ait été le plus sanglant d’entre eux, le conflit du Haut-Karabagh (que les Arméniens appellent aussi Artsakh) semble souvent susciter moins d’intérêt que ceux des autres anciens territoires soviétiques de Pridnestrovie (appelée également Transnistrie ou Transdniestrie), d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. Le Haut-Karabagh est géographiquement plus éloigné des nations de l’Union Européenne et des États-Unis que les autres pays mentionnés. Comme c’est le cas pour bon nombre de conflits, certains considèrent qu’il est difficile de déterminer quel côté soutenir entièrement (arménien ou azéri) en raison des conditions complexes entourant cet ancien territoire de la République soviétique d’Azerbaïdjan aujourd’hui contesté. D’un point de vue matérialiste, l’Azerbaïdjan, riche en combustibles fossiles, constitue le grand prix, mais il existe également un degré de sympathie compréhensible envers le peuple arménien et son passé tragique. En outre, certains expriment de l’appréhension à l’égard de la situation des droits humains en Azerbaïdjan et (généralement dans une moindre mesure) en Arménie.

Depuis la guerre d’août dernier, au cours de laquelle le gouvernement géorgien a lancé une attaque armée contre l’Ossétie du Sud, les efforts diplomatiques se multiplient au sein des pays considérés comme des parties clés dans le conflit du Haut-Karabagh. En septembre, le président de la Turquie (perçue comme sympathique à l’Azerbaïdjan et historiquement hostile envers l’Arménie) et son homologue arménien se sont rencontrés à Erevan, un événement vu comme positif dans l’ensemble. Aussi, les présidents d’Arménie, d’Azerbaïdjan et de Russie se sont rencontrés à Moscou en novembre dans une atmosphère dite optimiste. En février, le président turc a rencontré son homologue en Russie, séjour au cours duquel il a principalement visité la république musulmane du Tatarstan. Lors de cette rencontre russo-turque, la multiplication des liens commerciaux entre les deux pays a été encouragée.

Alors qu’il existe toujours des différends sur le Haut-Karabagh, le climat davantage pacifique entourant les discussions maximise les chances d’arriver à un accord. L’Azerbaïdjan demeure incapable d’asseoir son autorité dans cette région et, parallèlement, aucun pays (y compris l’Arménie) ne reconnaît formellement l’indépendance du Haut-Karabagh, qui, malgré sa proximité de la frontière arménienne, se situe sur le territoire azéri. (Lire la suite…)

Le jeu est biaisé au seul profit des Américains. Lesquels tirent avantage de leur puissance, mais aussi de l’absence de doctrine claire de l’OTAN pour imposer leur vision du monde à leurs alliés. Les périmètres et les objectifs de l’Alliance sont si confus qu’ils autorisent tout et n’importe quoi. En fidèle agent de la CIA, Sarkozy réussit là son premier coup commandité par ses maîtres à Washington.

Retour dans l’Otan : tropisme atlantiste et choc des civilisations

[ARTICLE XI - Autour du contre-sommet de l’Otan / 2 - 02/04/2009]

Notre président a beau jurer le contraire, se perdre en dénégations virulentes, l’affaire est entendue : la politique étrangère française ne saurait être guidée par d’autres impératifs que la défense contre le “danger islamique”. Un alignement stratégique aux forts relents de “guerre des civilisations” et qui promet de belles croisades en compagnie des autres alliés de la famille occidentale. L’axe du bien peut compter sur nous…

Il s’en défend : “Certains me disent (…) que la France s’engagerait dans une ’guerre des civilisations’, rien que cela, contre les Musulmans. (…) Mensonges ! Mensonges ! Contre- vérités ! On n’informe pas une grande nation démocratique par des mensonges.” Et encore, toujours lors de ce colloque de la Fondation pour la recherche stratégique du 11 mars dernier : “Quant à l’Alliance atlantique, elle ne fait pas la ’guerre des civilisations’”, promet Nicolas Sarkozy, assurant du même élan que “c’est l’OTAN qui défend le peuple afghan contre le retour des Talibans et d’Al Qaïda“.

Mensonges“ ? “Contre-vérités“ ? Le président pourra multiplier les dénégations indignées, il ne saurait convaincre. Tant il n’est au fond qu’une réelle motivation à la réintégration de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Otan : la peur des enturbannés, la chocotte des basanés, la crainte des musulmans… bref, la conviction que face au “danger islamique“, il convient de nous rapprocher au maximum de nos alliés naturels : les occidentaux.

Cette bonne vieille famille occidentale

C’est classique : Nicolas Sarkozy n’hésite pas à se contredire. Tenez : il s’attaque, lors de ce discours, à ces menteurs prétendant que sa vision du monde est fortement influencée par la simpliste théorie du “choc des civilisations“. Puis donne des cartouches à ces mêmes persifleurs en affirmant : “La France sait, aussi, qui sont ses alliés et qui sont ses amis : et je n’ai pas peur de dire que nos alliés et nos amis, c’est d’abord la famille occidentale.” Comprendre : nous serons toujours plus proches d’une Amérique qui mène des guerres indignes en Irak et en Afghanistan ou d’un État d’Israël qui pilonne sans relâche une population terrifiée que de n’importe quel pays musulman, fût-il en paix et amical. Que voulez-vous ? C’est “la famille“…

Je sais : il n’y a là rien de neuf sous le soleil. C’est même devenu tristement banal. En août 2007, Sarkozy s’exprimait devant les ambassadeurs français, énonçant les grands axes de sa politique étrangère à venir : il expliquait notamment, bête plagiat des thèses des néo-conservateurs américains, que la menace essentielle pesant sur le monde est celle d’une “confrontation entre l’Islam et l’Occident“. Une conception largement partagée par les membres de son gouvernement, qu’il s’agisse d’un François Fillon affirmant que le conflit israélo-arabe relève de “l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète.” Ou de ce brave Bernard Kouchner déclarant en août 2007 à propos de l’Iran, droit debout sur le pointe de ses souliers vernis : “Mais Monsieur, c’est la guerre !” Ou encore de ce grand benêt d’Hervé Morin laissant entendre que c’est en prévision du conflit contre l’Iran que la France se devait de retrouver pleine et entière place dans l’OTAN. (Lire la suite…)

Algérie, Indochine, Vietnam, Irak… les guerres coloniales ne changent pas.

[Gregor Seither - IES News Service - 30/03/2009]

Au camp militaire “Rose Barracks” de la US Army, à Vilseck, se tient le tribunal militaire appelé à juger les auteurs d’un quadruple meurtre commis en Irak, à Bagdad, au printemps 2007.  Hier, la cour a entendu le témoignage du Sergeant chef Joseph P. MAYO, 27 ans, qui a raconté comment son unité avait raflé ces 4 hommes a proximité du lieu où un attentat avait tué deux soldats U.S.. Aucune preuve n’ayant pu être retenue contre ces quatre civils, la patrouille avait reçu l’ordre de les relacher.

C’est alors que le Sgt. chef Mayo et ses hommes ont pris les quatre hommes, qui avaient les mains menotées dans le dos et un bandeau sur les yeux, et leur ont tiré à chacun une balle dans l’arrière de la tête, avant de jeter les cadavres dans un canal d’irrigation. On avait au début attribué leur mort à résistance irakienne.  Mayo a reconnu le meurtre, affirmant ; “Je pensais que c’était dans le meilleur intérêt de mes hommes de tuer ces prisonniers, en envoyant un message aux terroristes, je pensais protéger mes soldats“.

Un autre inculpé dans la même affaire a témoigné de l’atmosphère “de frustration et de peur” qui régnait parmi les soldats. Selon lui, les soldats ne sont “pas entraînés de manière adéquate” pour affronter les conditions de terrain en Irak, où les auteurs des attaques qui visent les soldats U.S. sont rarement identifiés. Il a affirmé que ce type de “vengeance” était courant chez les soldats U.S., les enquêtes sur les morts civiles n’aboutissant que rarement. “Si on lâche une rafale sur un groupe de gens, sans témoins, ou bien qu’on fait disparaître un prisonnier avant de rentrer au camp, personne ne va aller voir ce qui s’est vraiment passé”.

Sept militaires américains sont jugés dans cette affaire de meutre. Si le sergent-chef Mayo a été condamné à 35 ans de prison, son adjoint, le sergent Michael P. Leahy, médecin, a lui été condamné en février à la prison à perpétuité. 5 autres militaires sont en cours de jugement, l’un deux, le sergent-chef John E. Hatley est impliqué dans un autre “incident”. Un autre militaire, jugé dans le Kentucky, risque d’être condamné à mort pour ce quadruple meurtre.

Si vos gosses vous demandent quel métier choisir quand ils seront grands, dites leur que paysan/marraicher c’est un métier d’avenir… Et commencez déjà à leur chercher un lopin de terre à exploiter…

[Gregor Seither - IES News Service - 21/03/2009]
Le directeur du conseil scientifique du gouvernement britannique, le Professeur John Beddington, tire la sonnette d’alarme : les effets combinés de la crise alimentaire, de la limitation d’accès à de l’eau potable et de la raréfaction des sources d’énergie risquent de provoquer des émeutes, des conflits transfrontaliers et une vague massive d’immigration de réfugiés cherchant à fuir les régions les plus affectées. Pour le professeur Beddington, ces crises deviendront aigues dès 2030.

Dans un discours devant les participants de la conférence Sustainable Development UK, organisée par le gouvernements britannique à Westminster, Beddington a expliqué que l’accroissement démographique, les succès des programmes d’amélioration de la santé et de lutte contre la pauvreté ainsi que la croissance économique des nations émergentes ont pour conséquence un accroissement exponentiel de la demande en nourriture, eau potable et ressources énergétiques. L’accroissement de cette demande, qui devrait aller en s’accélérant au cours des 20 prochaines années, survient à un moment où les pays de la planète sont confrontés à une autre urgence : modifier leurs comportements énergétiques et de consommation afin de lutter contre l’émission des gaz à effet de serre. (…)

Toujours selon le Prof. Beddington, si les prix alimentaires se sont à nouveau tassés après leur forte augmentation l’an dernier, la production mondiale de céréales telles que le blé ou le mais n’arrive toujours pas à suivre la demande. Aujourd’hui les réserves mondiales ne représentent que 14% de la demande annuelle, un taux tellement bas qu’il suffirait d’une sécheresse, d’une inondation ou d’une mauvaise récolte dans une région productrice majeure pour faire à nouveau exploser les prix.

Une inondation comme celle qui a frappé les Etats-unis l’an dernier ou encore un été trop sec en Chine suffiraient à faire basculer la situation. Les prix grimperaient à nouveau, déclenchant des émeutes de la faim à travers le monde. Et cette fois ci la gouvernance mondiale alimentaire n’a plus les moyens de réguler les prix en mettant des réserves sur le marché” explique Beddington, “car la majorité des réserves ne sont pas stockées dans des hangars mais sont simplement des tonnages d’aliments actuellement en transit entre les différents ports“.

Nos réserves alimentaires n’ont jamais été aussi basses depuis 50 ans, alors que nous devons accroître notre production alimentaire de 50% d’ici à 2030. Et simultanément il va nous falloir 50% de plus d’énergie et 30% de plus d’eau potable.”

Cette situation explosive représente la plus grande menace pour la stabilité et la paix mondiale qui ait jamais existé. Des centaines de millions d’hommes et de femmes vivent dans les régions les plus exposées et n’auront pas d’autre choix que de partir pour tenter de survivre ailleurs. Les sources de conflits, d’épidémies, de guerres seront innombrables… et jusqu’à présent l’humanité n’a encore jamais apporté la preuve qu’elle savait gérer ce genre de situation.

Avant d’occuper le poste de Conseil scientifique en chef du gouvernement, John Beddington était professeur de Biologie démographique appliquée (population biology) au Imperial College de Londres. Il est reconnu comme un expert mondial sur l’emploi durable de ressources renouvelables.

Neuf ans plus tard, ce texte n’a pas pris une ride… et à l’heure ou le fasciste Avigdor Lieberman est au gouvernement, il ne faut pas hésiter à mettre le nez des pro-israéliens dans leurs contradictions…

[ LE MONDE | 07.12.01 | Traduit de l'hébreu par Catherine Neuve-Eglise]

Disons-le sans détour, la question du sionisme est dépassée. Pourtant l’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des “amis d’Israël”.

Les accusations d’antisémitisme lancées par les institutions juives de France à l’encontre des médias français, la violence passionnelle des réactions et l’opprobre jeté sur toute attitude critique à l’égard d’Israël témoignent de la confusion et de l’échauffement des esprits. Confondant non-sionisme et antisémitisme, ces réactions se multiplient depuis que la guerre coloniale en Palestine-Israël redouble de violence. Ainsi, les institutions juives de France font peser aujourd’hui un danger sur les juifs et le judaïsme, et plus particulièrement sur la cohabitation entre Français juifs et musulmans au sein de la République.

Que des juifs en France se sentent aujourd’hui concernés par le sort des Israéliens qui ont élu avec une large majorité un premier ministre d’extrême droite et sont aujourd’hui piégés dans une situation politique et identitaire à laquelle ils ne voient pas d’issue, c’est légitime. Mais que la communauté juive de France et son grand rabbin s’enferment dans un soutien inconditionnel à la situation coloniale et meurtrière qui prévaut depuis plus de cinquante ans en Israël-Palestine, c’est inacceptable.

On en est arrivé à confondre la signification mystique que revêt la terre d’Israël dans le judaïsme avec une revendication territoriale qui n’a plus rien à voir avec la sécurité. Israël est aujourd’hui le seul endroit du monde où les juifs sont menacés physiquement en tant que tels. Le CRIF déclare pourtant que les juifs de France, “inquiets de voir les jeunes musulmans transporter en France le conflit du Proche-Orient”, sont prêts à envisager d’émigrer en Israël pour s’y réfugier.

Une minorité de juifs de France prend au sérieux la grande angoisse de la société juive israélienne face à l’évolution démographique favorable aux Arabes et émigre en Israël. Pour la plupart religieux intégristes, ils choisissent de s’installer dans les colonies de peuplement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Si la majorité des juifs de France (de loin la plus grande communauté d’Europe) restent attachés à une République qui leur permet de vivre leur judaïsme dans toutes les nuances qu’on lui connaît aujourd’hui, ils représentent pourtant, selon les propres termes de l’Agence juive, le “dernier réservoir” d’immigration vers Israël.

Dans les synagogues et les centres communautaires juifs, le drapeau israélien et la collecte d’argent au bénéfice d’Israël ont tendance à prendre la place des symboles religieux traditionnels. Les fonctionnaires de “l’office israélien de l’explication” et de l’ambassade d’Israël en France comme des officiers de l’armée israélienne accompagnent des dirigeants communautaires. Quant à la sécurité des institutions juives, elle est assurée par les services d’ordre des mouvements de jeunesse sionistes, secondés et entraînés par des membres de la sûreté israélienne.

C’est ainsi que s’opère le déplacement du domaine politique vers le religieux. Identifiés comme des institutions de soutien à Israël, les synagogues et centres commu nautaires deviennent, dans cette confusion, des cibles d’attaques criminelles, qui, par ailleurs, doivent êtres punies en tant que telles.

Mais, en qualifiant d’antisémites les positions non sionistes et critiques portées à l’égard de la politique israélienne et, délégitimant un point de vue politique en le confondant avec un propos raciste, les institutions juives communautaires françaises jouent aux apprentis sorciers et deviennent elles-mêmes vecteurs de violence.

Pour les juifs pratiquants, le judaïsme n’est pas une question. Pour des juifs laïques, en revanche, tiraillés entre universalisme et crispation identitaire, le sionisme est devenu une religion de substitution. De ces juifs en mal d’identité, Yeshayahu Leibowitz, le philosophe israélien, religieux et sioniste, disait : “Pour la plupart des juifs qui se déclarent tels, le judaïsme n’est plus que le bout de chiffon bleu et blanc hissé en haut d’un mât et les actions militaires que l’armée accomplit en leur nom pour ce symbole. L’héroïsme au combat et la domination, voilà leur judaïsme.”

Le génocide des juifs est identifié comme un holocauste et un terme biblique lui a été attaché, “Shoah”. Ce transfert dans le registre du sacré arrache l’événement à sa gravité politique. La culture victimaire devient un pilier de l’identité juive laïque. Les autres, et en premier lieu les Palestiniens, sont sommés de prouver leur souffrance, car ils ne seraient que les victimes des victimes…

En 1990, pendant la première Intifada, le même Leibowitz constatait : “Rien de plus confortable que de se définir par rapport à ce que les autres nous ont fait. Nous nous sentons ainsi dispensés de nous poser la question “Qui sommes-nous?” et de tout examen de conscience.”

En votant à l’ONU en 1947 le partage de la Palestine qui attribuait environ 60% du territoire à la minorité juive et 40% à la majorité arabe, le monde occidental voyait là un moyen de se racheter après la catastrophe du génocide. A cela s’ajoutaient la mentalité coloniale de l’époque et son mépris à l’égard des populations indigènes. Le monde occidental semblait faire sienne l’idée sioniste selon laquelle les juifs sont partout en transit, à l’exception de ce bout de terre qu’ils revendiquaient et qui leur était désormais attribué. Les Arabes refusèrent ce partage inégal. Contrairement à ce qui est fréquemment affirmé, ils ne s’en tinrent pas à un simple rejet. Le représentant du Haut Comité arabe pour la Palestine avait proposé le projet d’un Etat binational. Et la communauté des nations est restée sourde à diverses propositions d’un plan pour un Etat fédéré.

Le territoire de la Palestine historique (Israël, territoires occupés et zones autonomes) comporte aujourd’hui environ 4 millions de Palestiniens et 5 millions de juifs. La question du droit au retour des réfugiés palestiniens expulsés en 1948 ajoute une complexité supplémentaire au dénouement du conflit. Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer? Dans cette logique, le partage de la terre et la séparation entre Israéliens et Palestiniens semble s’imposer. Mais, à moins d’envisager un nouveau transfert de populations, il semble impossible de dessiner des frontières vivables entre des communautés aussi imbriquées sur le terrain. Le partage est aussi illusoire que la croyance, pour “corriger” la donne démographique, en une grande vague d’immigration juive qui serait provoquée par la résurgence de l’antisémitisme en Occident.

Pourtant les apprentis sorciers continuent à jouer la carte de la panique en brandissant le spectre de l’antisémitisme. Ils montrent ainsi leur incapacité à sortir d’une vision manichéenne et archaïque des rapports de force.

Pour rompre le cercle vicieux de la haine et de la vengeance, il convient, au contraire, de faire appel à l’intervention des nations qui furent à l’origine de l’erreur historique de 1947. Il est temps d’en appeler à la raison et d’abandonner des conceptions nationalistes et théocratiques dont l’Histoire du XXe siècle a largement démontré les limites et le coût humain.

Seule une vision républicaine, démocratique et laïque persuadera les peuples israélien et palestinien qu’ils peuvent vivre – et pas seulement mourir – sur le même territoire.

S’ils souhaitent sincèrement favoriser une solution au conflit du Proche-Orient et voir leurs amis ou parents israéliens vivre enfin en paix, les Français juifs ont bel et bien un rôle à jouer. Premiers dans l’Histoire à bénéficier des bienfaits des principes républicains, pourquoi n’encouragent-ils pas les Israéliens à s’engager dans une voie similaire? Pourquoi ne s’appliquent-ils pas à développer en France des relations harmonieuses avec la communauté musulmane au lieu de l’accuser d’importer en France le conflit du Proche-Orient? Leur exemple serait une vraie contribution à la paix et servirait plus le judaïsme que le drapeau israélien.

Eyal Sivan, cinéaste israélien, réside en France.

[Emceebeulogue - 14/03/2009]

Keith Harmon Snow est un enquêteur indépendant sur les droits humains et un correspondant de guerre qui a travaillé pour “Survivors Rights International” (2005-2006), pour Genocide Watch (2005-2006) et pour les Nations Unies (2006) afin de recueillir des informations concernant le génocide et les crimes contre l’humanité au Soudan et en Ethiopie. Il a travaillé dans 17 pays d’Afrique, et récemment en Afghanistan. Son site <http://www.allthingspass.com/>  .

La guerre secrète d’Africom au Soudan

[Keith Harmon Snow, Africom’s Covert War in Sudan -Dissident Voice - 6 mars 2009 - Trad: EMCEE]

J’ai reçu récemment un coup de téléphone d’un Australien qui m’a expliqué qu’il enquêtait pour le compte du procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye, aux Pays Bas. L’enquêteur et son collègue avaient lu mon livre (“Merchant’s of Death: Exposing Corporate Financed Holocaust in Africa” <http://www.dissidentvoice.org/2008/12/merchants-of-death-exposing-corporate-financed-holocaust-in-africa/>  ) et voulaient que je leur donne davantage d’informations sur les seigneurs de guerre responsables des massacres de Bogoro au Congo que j’avais brièvement décrits dans mon livre.

Au bout de quelques semaines d’échanges où je reprenais mes notes et les photos que j’avais, pour rassembler les informations en ma possession, je leur ai envoyé un mail au moment même où il était prévu qu’ils recevraient de ma part une brève documentation sur l’affaire en question (qui, m’avaient-ils assuré, “avait soulevé beaucoup d’intérêt” à la CPI).

Je leur ai alors avoué que je n’étais plus sûr qu’il soit éthiquement correct de ma part de collaborer avec une cour de justice internationale qui ne poursuivait que des noirs africains.

J’ai fait part de mes inquiétudes pour “Sandrine”, une jeune fille dont je parlais dans mon livre qui avait livré les noms de chefs de guerre, les dates des exécutions, et qui avait, elle-même, manié la machette au cours d’un massacre ethnique et avait été violée par des miliciens.

Je leur ai fait remarquer que les témoins cités à comparaître devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda  avaient été assassinés ou avaient disparu mystérieusement, précisé que j’avais conscience de l’injustice qu’avaient constituée les Tribunaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, et exprimé ma consternation devant la ligne que la CPI avait choisie.

Je leur ai dit que je ne pouvais pas en conscience collaborer avec eux si la CPI n’arrêtait pas les criminels de guerre en col blanc qui s’égayaient en toute liberté aux quatre coins de la planète.

J’ai compris que j’avais pris la bonne décision quand j’ai appris qu’ils avaient à nouveau porté des accusations contre un noir, et arabe, avec ça. C’était un choix d’orientation fort stupide, faisait remarquer quelqu’un. Le 4 mars 2009, le procureur général de la CPI annonçait qu’ils avaient enfin pris la décision de poursuivre al-Bashir, le président arabe du Soudan, une inculpation que la cour avait longtemps menacé de mettre à exécution, et une première à l’encontre un chef d’état en exercice.

Dans la même période, des “pirates” somaliens au large de l’Afrique orientale libéraient un navire ukrainien immatriculé au Panama, avec un équipage ukrainien et sous pavillon du Belize. Le cargo, qui transportait des tanks, des roquettes et des munitions destinées au Darfour, appartient à Vadim Alperin, ‘homme d’affaires” israélien, et agent du Mossad reconnu.

Il est difficile de comprendre ce qui se passe au Darfour – surtout si on part de l’idée qu’il s’agit d’un “génocide” unilatéral commis actuellement par des Arabes sur des Noirs par le régime d’al-Bashir – mais ainsi va la propagande de l’establishment. La véritable version de l’histoire est bien plus longue et bien plus complexe que cela, et tourne autour de personnages plus ou moins connus mais troubles.

Ce qui suit est un résumé bref mais imparfait des réalités géopolitiques bien plus profondes qui sous-tendent la lutte pour le Soudan.
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DERRIÈRE L’ARTICLE 75, LES BARBOUZES DES SERVICES SPÉCIAUX

[Ravels sur Forum Anticolonial - Attribué à "Maxime Lisbonne" - Octobre 2004]

Depuis toujours et en tous lieux, les périodes préélectorales sont fertiles en manoeuvres, combines, coups tordus et autres manipulations dont les chefs d’orchestre restent dans l’ombre. Seuls apparaissent sur le devant de la scène les exécutants d’une partition écrite, en coulisse, par les spécialistes de la désinformation et de la déstabilisation.. Les uns sont chargés des basses besognes et se recrutent dans le « milieu », les autres élaborent le scénario et travaillent dans les services spéciaux. L’actualité rattrape toujours les premiers, connus sous le nom de « barbouzes ». Rarement, sinon jamais, les seconds.

La campagne des élections provinciales du 9 mai 2003 en Nouvelle-Calédonie a été le théâtre de grossières tentatives de déstabilisation de la mouvance indépendantiste, et plus particulièrement des citoyens kanak relevant du droit coutumier par des marchands de poudre de perlimpinpin qui, au nom de l’article 75 de la Constitution française, ont incité les ressortissants de la coutume à ne plus payer leur loyers ni les factures d’électricité ou d’eau, à ne plus rembourser leurs crédits. Résultat : les expulsions se sont multipliées comme par hasard en pleine période électorale. Ces prédicateurs d’illusions qui sévissent depuis 2001 ont pour noms : Marcko Wahéo, responsable d’un parti dont le nom est aussi long qu’une condamnation à perpétuité, le « Mouvement des chiraquiens-démocrates chrétiens-UMP » et Henri Tama, président d’un parti fantôme, l’U.D.P (Union pour une Démocratie Pluri-ethnique).

Dans leur sillage, quelques coutumiers comme le président de l’aire paicî-cèmuhî, Anselme Poaragnimou et Pascal Bouillant se sont lancés dans l’aventure électorale en Province nord, sans grand succès il est vrai. Toutefois, leur très maigre score électoral ne doit pas cacher le danger des man˛uvres visant à fomenter la montée d’une forme d’intégrisme kanak dont l’utilité pour une droite coloniale ayant toujours misé sur la peur n’est plus à démontrer.

En effet, si le Mouvement des Chiraquiens-Démocrates Chrétien-UMP représente une version « light », apparemment respectable, du mouvement en faveur de l’article 75, une sorte de vitrine légale, il n’en va pas de même de l’ARCK, Alliance Républicaine et Coutumière Kanak, formation groupusculaire dont l’idéologie fasciste, raciste, ouvertement violente et ordurière est largement alimentée par un personnage au parcours plus que douteux, Jeannick Léonelli, surnommé le Corse, faux révolutionnaire et vrai barbouze. Au nombre des autres signataires des tracts de ce groupuscule d’extrême-droite figurent Marcel Paita, présenté comme le fils aîné naturel de J.M.Tjibaou, Pascal Bouillant, Tjibaou Sabine.

Depuis 2003, des tracts de cette mystérieuse organisation font leur apparition un peu partout. Selon eux l’article 75 instaurerait une Souveraineté Canaque (sic), au sein de l’Etat Colonisateur. Parmi les priorités souvent répétées de l’ARCK figure la mise en place d’une police coutumière dont le financement serait assuré par la réduction correspondante des effectifs gendarmerie française !

« L’Alliance Républicaine et Coutumière kanak signale que tous les Canaques peuvent contrecarrer l’Etat colonisateur en ne payant aucune facture d’eau, d’électricité, de loyer, crédits quelconque. ( – ) Nous ne sommes pas des bougnouls (sic) et de plus nous sommes chez nous » (Arck N°1, 23 mai 2003).

Leur opposition à l’Accord de Nouméa (« heureusement que ce cher Guy du FN lui a voté contre ») se fonde sur la pureté de « la race » kanak et le refus de « l’amalgame des ethnies » et de « l’indépendance caldoche » dont les partis du FLNKS , « suceurs de trous du cul des Blancs » seraient, selon eux, les promoteurs.

“DÉVOILER LES DESSOUS DU MEURTRE DE JEAN-MARIE TJIBAOU”

D’après l’ARCK, Daniel Fisdiepas, ancien garde du corps de Jean-Marie Tjibaou et actuel Maire de Hienghene aurait reconnu avoir touché une importante somme d’argent pour laisser assassiner Jean-Marie Tjibaou et tuer Djubelly Wéa afin de le faire taire. L’argent et les armes auraient été acheminés jusqu’à Djubelly Wéa par Franck Wahuzue. Mais Djubelly n’aurait été qu’un paravent derrière lequel des professionnels, les vrais tueurs, venus à bord d’un voilier et hébergés chez Simon Loueckhote, auraient agi. L’opération aurait été pilotée par les services spéciaux du parti Socialiste, le BEL, sous la responsabilité de Thierry Lataste.

Dans la même veine « Rosine Streeter par l’intermédiaire de son beau fils Eric, frère de Lucky » aurait «fait savoir que Ben Lahoussine », qualifié de bougnoul, « était un agent de la DST infiltré à Hienghene depuis 1987 ».

Parmi les perles, on peut lire : « On nous a fait croire que Hitler c’était l’extrême-droite » – ou encore ce passage d’anthologie : « C’est la France qui a colonisé notre pays, voilà cent cinquante ans. Il faut reconnaître que cette colonisation aussi horrible et injuste qu’elle puisse être a été nécessaire » – Sans commentaires.

Insultes, ragots de bas étages portant atteinte à la dignité des femmes notamment de Marie-Claude Tjibaou, systématiquement appelée par son nom de jeune fille, Wetta, sont proférés de tracts en tracts. Jusqu’à l’écoeurement.

Les hommes et femmes politiques, principalement indépendantistes, sont traités de « bâtards métisses », « anus sur pattes », de « Hassen ou de Ben Ali », de « chiens » ou de « traîtres » : « Tous nos élus sont des bougnouls de Lafleur qui lui est le bougnoul des juifs en particulier du Baron de Rothschild, propriétaire de la SLN, de l’INCO et autres avec la complicité des banques juives Worms, Lazare. Les juifs vous les connaissez c’est un peuple d’usurier, de meurtriers, de voleurs, de crapules. Il faut nettoyer Kanaky du cancer juif-pied-noir, Franc-maçon, socialiste ».

Sur les forums indépendantistes, cette logorhée antisémite est diffusée massivement par un expatrié français se faisant passer pour un coutumier kanak et signant du nom évocateur d’OPAO – c’est ainsi que les intégristes coutumiers de l’ARCK appellent la Nouvelle-Calédonie, sous prétexte (quelles sont leurs sources, nul ne le sait) que c’était le nom utilisé par les anciens mélanésiens, il y a 200 ans. (…)

CASSER L’ACCORD DE NOUMEA

Le projet « politique » de l’ARCK consiste à décréter « l’indépendance coutumière » et restituer le Pays aux « six chefferies de clans propriétaires » de Kanaky. « Dans le nord, Tein et Goa ; dans le centre Doui et Bayes et dans le sud Gamba Ouetcho qui doivent être les piliers du sénat ».

Le moyen d’y parvenir consiste à « tout mettre en oeuvre pour casser l’accord de Nouméa »

Jeannick Leonelli considère que les élections provinciales de mai 2004 sont décisives et qu’en, cas d’échec des thèses de l’ARCK « il ne nous restera que la guerre civile ». Le 25 avril 2004, dans la dernière de ses feuilles l’Alliance Républicaine et Coutumière Kanak annonce sa propre dissolution et sa transformation en une organisation centrée sur l’action, appliquant « des méthodes plus dures » et dénommée Action pour la Renaissance de la Coutume Kanak. Dans les Iles Loyauté, ce groupuscule s’appuie sur un certain nombre de chefferies locales (Kumo, Thuahaick, Ognat, Tingeting….) qui viennent de changer de main, après des années de conflits coutumiers larvés. A Lifou, un jeune et charismatique pasteur et sculpteur s’active beaucoup en vue de la mise en place d’un véritable “pouvoir coutumier” sur l’ïle, qui aurait préséance sur le pouvoir républicain français. En gros, les intégristes coutumiers veulement que les gendarmes n’interviennent plus dans les affaires des tribus, y compris les affaires de droit commun (vols, viols, meutres, incestes…). Ce serau au “conseil coutumier” de chaque chefferie de juger et punir les coupables. (Lire la suite…)

Si vous n’avez pas encore lu le dernier livre de Thierry Meyssan, voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche… une excellente enquête et synthèse… tout le reste du livre est à l’avenant.

[Thierry Meyssan - L'Effroyable Imposture n°2 - Manipulations et Désinformations]

Pendant les trente premières années de l’État d’Israël, les circonstances historiques ont distendu les liens que l’État juif entretenait avec ses créateurs, les chrétiens sionistes. Mais aucun ne pouvant vivre sans l’autre, ils ont noué de nouvelles collaborations, d’abord par le biais du régime d’apartheid d’Afrique du Sud, puis par la filière russe, jusqu’à aboutir à une synthèse : la théopolitique.

Durant la Guerre froide, les services de communication de Washington interprètent l’opposition Est/Ouest comme un combat eschatologique entre le pays de la liberté religieuse et celui du communisme athée. Un vaste effort de ré-évangélisation des institutions est entrepris. Le général George Marshall, successivement secrétaire d’État puis secrétaire à la Défense, supervise ce développement dans le corps diplomatique et les forces armées. Pour consolider le camp atlantique, il imagine une opération œcuménique où les sectes évangéliques cotoient les Églises anglicane et catholique.  Cela lui permet aussi de mettre en sourdine les revendications pro-israéliennes des extrémistes religieux auxquelles il est fermement opposé.

Marshall installe avec la CIA le Plan de réhabilitation de l’Europe qui porte son nom et qui lui vaudra le Prix Nobel de la paix. Il emmène avec lui dans ses déplacements les pasteurs Abraham Vereide et Harald Bredesen qui mettent en place un vaste réseau de dirigeants chrétiens anti-communistes . Ce dispositif est approuvé par le président Truman des États-Unis, le roi George VI d’Angleterre, la reine Wilhelmina des Pays-Bas et le général Tchang Kai-Chek de Taiwan. En 1952, un rassemblement international de parlementaires chrétiens est convoqué aux Pays-Bas autour du général Alfred Gruenther, qui dirige alors les travaux de préfiguration de l’OTAN. Cette structure, dénommée aujourd’hui Fellowship Foundation, organisera pendant quarante ans des réunions de prière et des congrès pour renforcer l’identité chrétienne du camp atlantique face au bloc soviétique .

(NdL&I : Hillary Clinton, qui avait attaqué Obama pour ses amitiés “radicales” via le pasteur Wright, a toujours été très discrète sur son appartenance de longue date à la Fellowship Foundation, qui a pourtant eu un accès direct au président Clinton pendant 8 ans, à travers l’organisation HEBDOMADAIRE de “petits-déjeuners de prière” à la Maison Blanche. Hillary Clinton est aujourd’hui Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Obama.)

En 1954, le serment d’allégeance, que tout enfant récite le matin à l’école et que tout citoyen états-unien professe dans les occasions solennelles, est modifié comme suit : « Je jure fidélité au drapeau des États Unis d’Amérique et à la République qu’il incarne : une nation unie sous le commandement de Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous » . En 1956, une résolution commune des deux chambres du Congrès choisit « En Dieu nous plaçons notre confiance » comme devise des États-Unis à la place de « Un pour tous ». Celle-ci est inscrite dès l’année suivante sur les billets de banque. L’identité chrétienne ne s’applique plus seulement à l’Alliance atlantique, mais aussi au système économique capitaliste .

La Fellowship Foundation installe son quartier général à proximité du Pentagone. Un bureau d’Information et d’Éducation des troupes est créé au département de la Défense et confié à la Fondation. Il édite des manuels et dispense des formations assimilant le service dans les forces armées états-uniennes à une croisade pour la liberté religieuse dans le monde.

Malgré le caractère œcuménique de ses débuts, la Fellowship Foundation se recentre progressivement autour des seules sectes évangéliques dont elle prend le contrôle en sous-main. Elle les enflamme dans un soutien exalté à l’impérialisme états-unien. Elle se heurte bientôt au Conseil œcuménique des Églises qui fédère à Genève les principales confessions protestantes classiques. La tension interne à la culture religieuse anglo-saxonne se réveille une fois de plus. Ce Conseil dénonce les discriminations en Israël et condamne la guerre du Vietnam. C’est pourquoi le Pentagone créé, en 1974, une structure rivale, le Comité de Lausanne. 4 000 pasteurs évangéliques se réunissent tous frais payés par le département de la Défense autour de leur nouvelle figure de proue, le révérend Billy Graham. Ce dernier sillone le monde comme une rock star, organisant des prédications-spectacles qui trouvent des auditoires toujours plus nombreux.

Par ailleurs, l’opinion publique internationale prend lentement conscience de l’anachronisme du régime sioniste. Alors que l’État d’Israël avait été présenté à la communauté internationale comme le fruit de la décolonisation britannique, il s’avère être un État colonial juif, conformément au projet formulé au XIXe siècle par Theodor Herzl. Ce particularisme le rapproche des deux autres États coloniaux.

En Afrique australe, les puritains néerlandais se sont affranchis de la tutelle britannique au XIXe siècle. Ils se sont enfoncés dans l’intérieur des terres lors du « Grand Trek » qu’ils ont comparé à l’Exode biblique. Ils sont sortis victorieux de l’affrontement avec les zoulous à la bataille de Blood River, après avoir invoqué leur Dieu et ont créé ce qui est devenu l’Afrique du Sud et qu’ils appellent eux aussi « le nouvel Israël ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils soutiennent les nazis contre les Anglais, puis instaurent le régime d’apartheid. De leur côté, les Britanniques de Rhodésie, effrayés par la perspective de la décolonisation, se sont révoltés contre la Couronne et se sont constitués en État indépendant, en 1965.

Bien que les systèmes juridiques israélien, sud-africain et rhodésien soient assez différents, ils poursuivent tous trois les mêmes objectifs discriminatoires : réserver la terre et le pouvoir à une minorité ethnique. C’est donc bien logiquement que ces États, écartant les sujets qui fâchent comme le nazisme et l’antisémitisme, multiplient les contacts.

En 1953, l’Assemblée générale de l’ONU dénonce « l’alliance entre le racisme sud-africain et le sionisme » . Puis, en 1975, elle qualifie le sionisme de « forme de racisme et de discrimination raciale » . (Lire la suite…)

Nous avons reçu pas mal de réactions suite à la publication de la dépèche sur l’arrestation des frères Al-Jarrah au Liban, proches parents de Ziad Al-Jarrah, un des “pilotes du 11 Septembre”, arrêtés par la police libanaise alors qu’ils faisaient entrer du matériel d’espionnage ultra-sophistiqué fourni par le Mossad et qui ont avoué être commandités pour espionner les partis politiques libanais.

La presse francophone ayant été très discrète sur cette affaire et n’ayant, à l’époque, fourni aucun compte-rendu sur le démantèlement en 2006, de cellules terroristes israéliennes opérant sur le territoire libanais, nous publions ici un extrait de l’enquête réalisée par Thierry Meyssan et Jürgen Cain Külbel sur ce réseau terroriste israélien… réseau qui pourrait fort bien être le vrai responsable de l’attentat ayant coûté la vie au Premier Ministre Hariri. Cela faisait longtemps que, dans la stratégie Néo-con et Grand-Israélienne, le Liban faisait partie des dominos à faire tomber. George W. Bush lui-même avait donné la liste en 2001 : Irak d’abord, puis le Liban, la Syrie et enfin l’Iran.

[Thierry Meyssan - L'Effroyable Imposture n°2 - détruire et contrôler le Moyen-Orient  ]

Le 14 juin 2006, le nouveau chef de la commission d’enquête onusienne sur l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Hariri, Serge Brammertz, présente son rapport au Conseil de sécurité. Au vu du compte-rendu de séance, son intervention très factuelle et prudente contraste avec les scoops spectaculaires de son prédécesseur.

« La Commission est parvenue à un certain nombre de conclusions préliminaires, a indiqué M. Brammertz.  L’explosion qui s’est produite le 14 février 2005, à 12 heures 55 minutes 5 secondes, était une explosion en surface et non pas souterraine. Un explosif improvisé de taille importante placé dans un véhicule Mitsubishi a explosé alors que le convoi de Rafik Hariri passait à proximité.  L’explosif improvisé contenait au moins l’équivalent de 1 200 kilogrammes de TNT, et la détonation a été déclenchée, dans le cas le plus plausible, par quelqu’un qui se trouvait soit à l’intérieur, soit devant la camionnette de marque Mitsubishi.

La Commission ne pense pas que la responsabilité de l’attaque, qui a été revendiquée au moyen d’enregistrement vidéo transmis à l’agence Reuters et à la télévision Al Jazeera juste après l’attentat, soit vraie.  En fait, l’ADN résultant des restes humains recueillis sur les lieux de l’explosion, et qui a été analysée, montre que Ahmed Abou Adass, qui a revendiqué la responsabilité de l’attentat, ne peut être la personne qui a déclenché l’explosion qui a coûté la vie à Rafik Hariri et les 22 autres personnes, a dit M. Brammertz.

Le crime commis contre Rafik Hariri est un assassinat ciblé, a poursuivi M. Brammertz en indiquant que la quantité d’explosifs utilisée et l’amplitude de la détonation visaient à tuer l’ex-Premier ministre libanais même si son véhicule n’était pas atteint de plein fouet par l’explosion.

La Commission travaille sur deux hypothèses en ce qui concerne la manière dont l’attentat a été orchestré.  En premier, elle considère la possibilité que l’attaque ait été organisée et perpétrée de manière compartimentée.  Dans cette hypothèse, plusieurs personnes auraient été impliquées dans la planification, la reconnaissance du terrain, la préparation de la charge explosive, l’achat de la camionnette, le choix de l’individu chargé de faire exploser la charge et la fabrication de la vidéo revendiquant l’attentat.  Chacune de ces étapes de l’attentat aurait été confiée à des gens qui n’avaient aucun contact entre eux et qui ne se connaissaient sans doute pas.

La deuxième hypothèse, quant à elle, amène la Commission à envisager que tout le processus ayant abouti à la mort de Rafik Hariri ait été confié à un noyau dur, un seul petit groupe.

Concernant les commanditaires de l’attentat, la Commission a développé un certain nombre d’hypothèses et de scénarios, a dit M. Brammertz. (…) À cet égard, la Commission poursuit les interrogatoires qu’elle conduit avec des personnes qui pourraient l’aider à clarifier les cadres et structures formels et informels qui prévalaient au Liban et dans sa région au moment de l’assassinat.  La Commission interroge à cet effet des officiels libanais et syriens provenant de différentes organisations et agences.

Passant à la coopération de certains États Membres avec la Commission d’enquête, M. Brammertz a dit que le niveau d’assistance qui lui a été fourni par la Syrie au cours de la période dont parle le rapport a été globalement satisfaisant.  La Syrie a répondu à temps à toutes les requêtes, et sur certains points les réponses qu’elle a fournies étaient détaillées. (…)

Le nombre de requêtes pour assistance soumises à d’autres États Membres a également augmenté.  Depuis le 15 mars 2006, la Commission en a soumis 32 à 13 différents États Membres, ce qui montre le caractère international des procédures liées à l’enquête.  Les interactions avec le gouvernement du Liban sont excellentes à tous les niveaux et l’engagement et le soutien du Procureur général libanais et des juges d’enquêtes ont été cruciaux pour les progrès effectués par la Commission, a dit M. Brammertz. Le Gouvernement libanais, les forces armées, et les Forces de sécurité intérieures assurent à la Commission la sécurité dont elle a besoin pour s’acquitter pleinement de son mandat, a dit M. Brammertz.

Le Chef de la Commission d’enquête a ensuite indiqué que la Commission avait poursuivi l’assistance qu’elle fournit aux autorités libanaises concernant les 14 attaques survenues depuis le 1er octobre 2004.  La Commission s’efforce de faire avancer le statut de chacun de ces cas et de les intégrer de manière à établir des liens potentiels entre eux. (…) du point de vue analytique, les affaires peuvent être liées de manière diverse et sous des perspectives différentes, notamment par les similitudes de leur modus operandi et de leur intention »[Traduction de l'auteur, voir original dans les notes en fin d'article].

Pendant que M. Brammertz enquête sur les crimes passés, l’Histoire continue. Si Rafik Hariri a été assassiné au moment où il nouait le dialogue avec le Hezbollah, Hassan Nasrallah aurait dû être assassiné à son tour, un an plus tard. Mais les services secrets de l’armée libanaise déjouèrent le complot[voir Note 2 en fin d'article].

Au cours du premier week-end d’avril 2006, l’armée arrête neuf « membres bien entraînés d’un réseau », huit Libanais et un Palestinien, qui préparaient l’attentat. Ce « groupe d’individus organisés, tous professionnels et bien entraînés » devait l’exécuter lors de la séance du Dialogue national qui se déroulait alors entre les chefs des fractions politiques libanaises, avec la médiation ostentatoire de l’Égypte et de l’Arabie saoudite, et la discrète et efficace présence russe.

Le général de brigade Saleh Suleiman, porte-parole de l’armée, déclare que l’affaire en était « au stade de la préparation » et n’avait pas encore atteint le « stade de l’exécution ». La bande avait espionné depuis début mars tous les déplacements de Nasrallah et était équipée de roquettes anti-chars qui, le jour de l’attentat, devaient faire sauter le véhicule blindé du secrétaire général du Hezbollah. Les autorités mettent la main sur un important arsenal de lance-roquettes, grenades à main, fusils à pompe, fusils mitrailleurs, pistolets et silencieux ainsi que toute une batterie d’ordinateurs et de CD-ROM.

Selon le quotidien libanais As-Safir, il était prévu qu’un tir de roquettes de fabrication états-unienne fasse sauter Nasrallah et son véhicule blindé, le 28 avril à Beyrouth[iii]. Selon les interrogatoires des prévenus menés par le juge militaire Rashid Mizher, 90 personnes au moins étaient impliquées dans la préparation du crime. Certaines d’entre elles auraient épié le convoi de Nasrallah durant 40 jours, tandis que d’autres auraient transformé un garage en cache d’armes, où elles auraient dissimulé des roquettes états-uniennes, des fusils mitrailleurs russes et des grenades à main chinoises. Les organisateurs avaient aussi essayé de se procurer du C4 et d’autres explosifs, car ils projetaient d’autres assassinats de personnalités ainsi que des attentats à l’explosif, y compris contre des mosquées.

Les conjurés – qui avaient été arrêtés à proximité du quartier général du Hezbollah au Sud de Beyrouth, sont d’abord interrogés par des hommes appartenant aux services secrets militaires avant d’être remis aux mains du juge des affaires militaires. Les autorités poursuivent leur recherche d’autres complices et tentent de démasquer les commanditaires, c’est à dire « tout État ou parti qui financerait, entraînerait et équiperait le réseau ».

Commentant ces informations, Hassan Nasrallah met en garde ses concitoyens. Selon lui, ce complot, comme l’assassinat de Rafik Hariri et de plusieurs autres personnalités, participe d’un plan unique de sabotage du dialogue national et de relance de la guerre civile[iv].

Un ancien député, membre du Mouvement du Futur (le parti du clan Hariri) avait procuré aux conjurés des permis de port d’armes de différentes catégories. Cet homme, Salim Diyab, ancien directeur de campagne de Hariri junior, ancien ami intime de Hariri senior est considéré comme étant le « chef offensif de la branche politico-militaire » de son parti. Dès juillet 2005, il avait fait distribuer des armes à ses partisans. Un membre du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt est également arrêté par la police.

L’anéantissement du réseau terroriste préserve le pays des troubles politiques internes. Selon des informations qui filtrent des milieux libanais du renseignement, le groupe terroriste comptait sur l’assassinat de Nasrallah pour provoquer dans le pays – à l’image de ce qui se passe en Irak – des tensions religieuses sectaires entre sunnites, chiites, alaouites, duzes, maronites, coptes, etc. (Lire la suite…)

Les gouvernements israéliens successifs sont déjà assis sur un gros paquet de résolutions de l’ONU, alors je doute qu’Israël en ait quelque chose à foutre d’une éventuelle “action judiciaire intentée par des organisations internationales”. Et vu l’impunité dont bénéficie Israël en occident, vu la mainmise du lobby pro-israël sur la politique de Barack Obama et de l’Union Européenne, il y a fort à parier qu’il n’y aura jamais d’action judiciaire.

[Amos Harel - Ha’aretz, 15 février 2009 - Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant]
Les enquêtes internes effectuées l’armée à propos de l’offensive récente dans la bande de Gaza indiquent que l’armée pourrait faire face à d’importantes difficultés pour expliquer l’étendue des destructions de maisons de civils durant les combats. Une source militaire, partie prenante de ces enquêtes, a dit à Ha’aretz : “Pour nous, il est clair que, dans une partie des secteurs de combat, des dégâts incommensurables ont été infligés, très difficilement justifiables d’un point de vue juridique, en particulier si ces justifications sont apportées dans le cadre d’une action judiciaire intentée par des organisations internationales.”

Au cours des combats, l’armée a détruit des centaines de maisons situées dans différents secteurs, et des sources palestiniennes estiment que plusieurs milliers de bâtiments ont subi des dégâts. Une partie d’entre été aux a été touchée par des frappes aériennes, d’autres au cours de combats terrestres dans des zones urbaines densément peuplées. D’autres bâtiments encore ont été endommagés pas des bulldozers ou par des explosions contrôlées, en conformité avec des ordres reçus de commandants de bataillons ou de brigades sur le terrain.

Des officiers supérieurs attachés aux unités qui ont opéré à Gaza le mois dernier affirment que les bulldozers de l’armée étaient très demandés pendant les combats. Des commandants de brigade sont souvent intervenus pour qu’on fournisse ces bulldozers à leur unité.

La semaine dernière, la chaîne 2 de télévision israélienne rapportait que, selon les estimations de l’échelon militaire, environ un tiers des morts pendant les combats étaient des « civils non concernés pas les combats », chiffre bien plus haut de source palestinienne. L’armée estime qu’il s’agit d’un chiffre raisonnable compte tenu de l’étendue des combats, relativement conforme aux chiffres des victimes des opérations américaines en Irak ou de celles de l’OTAN en Afghanistan.

Pour la plupart des procédures judicaires concernant les victimes civiles, l’armée compte arguer du fait qu’elles constituent un « dommage collatéral », c’est-à-dire des conséquences inévitables quand un ennemi se cache parmi une population civile, ou bien d’erreurs de direction de tirs, comme dans le cas très médiatisé de la mort de plusieurs membres de la famille du Dr  Abou al-Aish dans le camp de réfugiés de Jabalya (1).

Cependant, les destructions massives de maisons seront plus difficiles à expliquer d’un point de vue juridique. Les enquêtes révèlent que dans de nombreux cas, des officiers ont donné l’ordre de détruire des maisons qui obstruaient la « ligne de mire » d’une position israélienne, ou parce qu’ils considéraient que ces maisons étaient susceptibles d’être utilisées pour menacer leur propre sécurité. Dans d’autres cas, des maisons ont été détruites après des explosifs ou des Kalachnikov ont été découverts à l’intérieur, même quand il aurait été possible d’effectuer une explosion contrôlée qui aurait causé des dégâts limités.

Dans plusieurs dizaines de cas, des maisons ont été détruites à partir de soupçons (qui se sont révélés infondés) selon lesquels elles cachaient des tunnels souterrains de contrebande d’armes. Un représentant du département juridique de l’armée a dit qu’il serait extrêmement difficile de justifier de telles opérations. Dans plusieurs cas, il semble y avoir eu de gros écarts dans le volume des destructions entre différents secteurs de combat, écarts dus, semble-t-il, à des différences de méthodes de commandement des officiers supérieurs.

(1) Voir http://www.lapaixmaintenant.org/article1915

http://www.haaretz.com/hasen/spages/1064161.html

[Gregor Seither - IES Media Cooperative - 07/02/2009]

La dernière édition de Drug War News du Drug Truth Network (http://www.drugtruth.net) consacre un article statistique très documenté  à la situation de la drogue au Mexique, un pays qui est en passe de dépasser la Colombie en matière de cartels et de violence liée au trafic.

Les données chiffrées sont intéressantes, voire hallucinantes  :

  • Est-ce que vous saviez que les profits engrangés par l’Etat Mexicain à travers son industrie pétrolière nationalisée s’élèvent à 10 milliards de dollars US, tandis que les gains réalisés par l’Etat grâce au trafic de drogue – à travers les salaires versés par les cartels, les investissements dans l’économie, les intérêts des sommes déposés dans les banques, les ‘projets philantropiques’ des seigneurs de la drogue…  sont estimés entre $27 et $60 milliards de dollars US (chiffres du fisc mexicain).
  • Est-ce que vous saviez que le système bancaire US reconnait lui même avoir, dans les années 1990, “traîté” (blanchi en injectant dans le circuit légal) plus de 5 milliards de milliards (trillions) d’argent provenant des cartels de la drogue, notamment Mexicains ?
  • Est-ce que vous saviez qu’un tiers des surfaces agricoles au Mexique sont utilisées pour faire pousser de l’opium et du cannabis ?
  • Est-ce que vous connaissez la marge de profit d’un producteur de drogue ? Un kilo de cocaine préparée coûte environ 2 000 dollars US à Bogota… le même kilo sera revendu 35 000 dollars US à New York. Et encore, ça c’est dans l’hypothèse que le dealer final ne coupera pas le produit avec de la lactose ou du talc. La marge de profit moyenne est donc de  plus de 600 % . Cela explique pourquoi,  quand les douaniers US ou la DEA saisissent plus de 100 tonnes de cocaine, cela n’a aucune incidence sur le prix du marché à Newx York ou Miami.
  • Tout ce argent ne peut laisser indiférents les fonctionnaire U.S. , généralement mal payés, n’est -ce pas ? Une étude réalisée par le gouvernement U.S. en 1992 estime qu’environ 35% des agents de police et des services douaniers U.S. touchent des pots de vin de la part des trafficants de drogue.
  • Au Mexique comme aux Etats-Unis, nombreux sont les hommes politiques bon chic bon genre qui comptent parmi leurs financeurs des personnes liées au traffic de drogue. Une enquête de l’auditeur mexicain réalisée en 2002 affirme carrément que la totalité des présidents élus du Mexique a été alimenté en argent pour leur campagne électorale par des donateurs liés à la Mafia de la drogue.
  • Pour Paul J. Wright, directeur de DTN, “le fait qu’une grande partie de l’économie U.S., notamment dans les Etats du Sud, soit complètement arrosée par l’argent de la drogue est un secret pour personne. Si tout d’un coup cet afflux de capitaux venait à se târir, bon nombre d’entreprises connaitraient des ennuis. Alors localement on sabote mollement les initiatives anti-drogue.

    Au niveau fédéral on évite également de trop faire de bruit autour de cette question. Dans les années 1990, Washington a fermé les yeux sur le traffic parce que ce qui comptait à l’époque c’était l’accord de libre échange ALENA, et si on avait trop mis la pression aux Mexicains, cela aurait pu faire capoter leur adhésion à ce plan ultra libéral qui permet aux entreprises U.S. de profiter d’une main d’oeuvre bon marché au Mexique et de garder sous pression les travailleurs U.S., toujours sous le chantage des bas salaires de l’autre côté de la frontière.

La “guerre contre la drogue”, qui fait vivre des dizaines de milliers d’agents fédéraux, de fonctionnaires et de policiers… et remplit les caisses des entreprises vendant du matériel de sécurité.. n’est pas prète de s’arrêter. Au grand soulagement de tout le monde.

[Socio13 - Danièle Bleitrach - 31/01/2009]

Il est important aujourd’hui face à la crise de l’impérialisme qui déferle sur nous de donner à nos luttes un horizon à la mesure du combat anti-impérialiste. Nous l’avons vu lors de la grève et des manifestations du 29 en France, il s’agissait d’un mouvement politique au sens plein du terme. La colère était non seulement dirigée contre le gouvernement de Sarkozy, celui du capital, de ses banquiers et des profiteurs, mais contre le système capitaliste lui-même. Et à ce titre il était irrecupérable par les politiciens de tout poil, contraint au contraire à se rallier à cette montée de la colère populaire. Nous avons bien vu comment la propagande médiatique qui tente d’empêcher ce mouvement fonctionne: premièrement elle tente de lui attribuer la crise du capitalisme, tout va si mal et des “nantis” mettent du désordre. Deuxiémement, elle recommence le coup du referendum sur la Constitution, il n’y a qu’en France qu’on voit ça et pour cela il faut laisser croire que la grève serait un sport national, cacher les révoltes dans le monde. Enfin tout est organisé pour nous laisser croire qu’il n’y aucune relation entre ces luttes et le mouvement de révolte contre ce qui se passe à Gaza, les luttes pour la paix. Il y a des traits communs à toutes ces tactiques, la division, l’isolement, par l’ignorance du contexte réel dans lesquels toutr cela prend du sens, et ce sens ne peut être qu’anti-impérialiste et anti-capitaliste.

Comprendre en quoi les guerres, les massacres font partie de la crise de l’emploi et des difficultés croissantes de la vie quotidienne (Lire la suite…)

Des membres du même réseau israélien avaient déjà été arrétés au Liban avant la guerre de 2006. Ils étaient lourdement armés et équipés… et fortement soupconnés d’avoir trempé dans l’assassinat du Premier Ministre Hariri en 2005. (cf :  Enquête sur les réseaux terroristes israéliens au Liban)

Le propre conseiller pour la sécurité de Rafic Hariri, M. Moustafa Al-Nasser, avait d’ailleur déclaré : « L’assassinat de Hariri est l’oeuvre des services secrets israéliens, le Mossad, qui a pour but de créer des tensions politiques au Liban ». Il s’agissait surtout d’éliminer une personnalité politique pas assez docile, mettre la Syrie sous pression pour lui faire dégager le Liban et enfin provoquer un “changement de régime” pro-US et pro-Israël à Beyrouth.

Le Liban s’apprétait, à l’été 2006, à déposer le dossier devant l’ONU et faire condamner Israël pour avoir entretenu une cellule terroriste sur son sol… mais l’attaque israélienne est survenue avant. Pour plus de détail, lisez “L’Effroyable imposture 2 ” de Thierry Meyssan ou encore “Mordacte Hariri” de Jürgen Cain-Külbel.

[Emmanuel Ratier - Faits -et Documents n° 270 - Février 2009]

Aucun journal français n’a parlé de la nouvelle piste israélienne dans les attentats du 11 septembre 2001. La revue internationale Crescent International (décembre 2008), et d’autres journaux arabes, ont publié de passionnants articles sur Ziad al-Jarrah, accusé par le FBI d’avoir été le responsable et le pilote du détournement de l’avion United Airlines Flight 93, mort dans le crash de l’avion.

Note de L&I : la participation de Ziad Al-Jarrah à l’attentat contre le vol United 93 a fait débat quasiment dès le premier jour. Outre le fait étrange que les papiers de son oncle Assem aient été retrouvés parmi les décombres (qu’est ce qu’ils faisaient là ?), les Al-Jarrah sont une famille sunnite du Sud de Beirouth qui est connue pour son “occidentalophilie”. Une grande partie des membres de la famille a vécu et travaillé en Israël et n’ont jamais eu aucun problème pour s’y rendre… ce qui ne serait pas le cas si c’était une famille de sympathisants islamistes. Après l’invasion de 1982, le père de Ziad sera même inquiété pour avoir trop ouvertement collaboré avec l’armée israélienne…

Les deux oncles d’al-Jarrah, Ali et Youssef al-Jarrah (et d’autres membres du réseau) ont été arrêtés par l’armée libanaise à la frontière syrienne. Opérant sous la couverture d’une ONG, la National Association for Medical Services and Vocational Training, ils étaient porteurs d’un important matériel d’écoute ultra-moderne et d’espionnage sophistiqué… qui leur avait été fourni par le Mossad, les services secrets israéliens. Les intéressés, qui se rendaient régulièrement en Israël pour rencontrer leurs officiers traitants, ont avoué avoir été chargés de suivre les partis politiques libanais, de les écouter et de suivre les mouvements de leurs leaders (en particulier ceux du Hezbollah). Les enquêteurs libanais ont estimé que ce réseau d’espionnage, plus étendu que les deux hommes, fonctionnait depuis les années 1980. Ils avaient été embauchés après l’invasion israélienne au Liban en 1982.

http://www.faits-et-documents.com

Le “Monde” serait il devenu un journal antisémite ? Il y a encore un mois, quand notre ami Dov Lerner écrivait ici que Lieberman était le vrai visage d’un Israël devenu “un régime ethno-sécuritaire, arrogant, égoïste, ethnocentriste”, nous avons reçu des dizaines de mails nous traitant de rouges bruns qui n’y connaissent rien à Israël – attaque d’autant plus ironique que Dov vit au Kibbutz Yagur, près de Haifa. Aujourd’hui c’est Menahem Klein de B’Tselem qui le dit, les gens vont-ils le traiter de rouge-brun lui aussi ? Les “yeshistes” sont tellement cons qu’ils en sont bien capables…

En Israel il n’y a plus de place pour la raison, tout le monde est dans son bunker et le pays fait de plus en plus penser à Bulawayo, en Rhodésie, en 1980…

Enquête : ISRAËL : LE REPLI
[Michel Bôle-Richard - LE MONDE | 09.02.09]

Yaël Hadar est inquiète. Elle a des raisons de l’être. Son boyfriend a été tué le dernier jour de la seconde guerre du Liban au cours de l’été 2006. Ses deux frères, 20 et 24 ans, ont pris part aux combats de la guerre de Gaza. Pendant trois semaines, Yaël a vécu dans la peur qu’ils soient eux aussi tués. “On ne peut pas avoir la guerre tous les deux ou trois ans. Je ne peux pas vivre comme cela. Je pense que l’on doit parler à n’importe quelle organisation. Je préfère cela à faire la guerre.”

Elevée dans un kibboutz, cette jeune chercheuse de 29 ans de l’Israel Democracy Institute ne cache pas sa peur de l’avenir à la veille des élections législatives israéliennes du 10 février 2009. Elle constate que son pays est de plus en plus divisé. Que le fossé se creuse “entre les religieux et les séculiers, entre les ashkénazes et les séfarades, entre les Juifs et les Arabes“. Elle est tourmentée par la montée de l’intolérance, par l’ascension d’Avigdor Lieberman, le nouvel homme fort du pays, ce russophone qui est écouté “parce qu’il dit ce que les gens veulent entendre et qu’il promet de mettre de l’ordre” et qui incarne la droitisation du pays avec son parti ultranationaliste Israël Beiteinou. “Les Israéliens sont de plus en plus effrayés car ils se sentent menacés“, dit-elle.

La menace vient de partout : du nord avec le Hezbollah, du sud avec le Hamas, de l’est avec le nucléaire iranien, de l’intérieur avec la montée du mécontentement des Arabes israéliens, ces 1,5 million de Palestiniens. Israël se raidit. Israël se crispe. “Nous vivons dans un bunker, une sorte de villa au milieu de la jungle, cernée par les barbares. Et si vous m’attaquez, je deviens fou. Je vais utiliser la force massive, la brutalité pour me défendre. Entre tous les dirigeants en compétition électorale, c’est à celui qui tiendra le langage le plus martial“, constate Menahem Klein, professeur de sciences politiques.

Retranchés derrière la barrière de sécurité, confiants dans un appareil militaro-sécuritaire de plus en plus puissant et de plus en plus omniprésent, les Israéliens ont développé la mentalité du Miklat, cette pièce sécurisée, un abri qui existe dans pratiquement chaque immeuble. (Lire la suite…)

Commentaire de Dov Lerner :

Vous vous souvenez des cris indignés de la société européenne bien-pensante quand l’Autriche avait élu le fasciste Jörg Häider ? La mise au ban du pays par la communauté internationale ? Vous vous souvenez des manifestations unitaires et médiatiques contre Le Pen au second tour en France ?

Combien voulez vous parier que tout le monde observera un silence géné et fera comme si de rien n’était quand, demain soir, le fasciste, raciste et nettoyeur ethnique Lieberman sortira vaincqueur des élections israéliennes ? Parce que, quand il s’agit d’Israël, les plus grandes consciences humanistes baissent soudain le rideau de fer et regardent ailleurs…

Avigdor Lieberman est le vrai visage d’Israël, une société figée dans sa xenophobie et son patriotisme militaire, son obsession de la force, son mépris de tout ce qui n’est pas blanc et occidental comme elle… une société qui fonce droit dans le mur de l’autoritarisme fasciste, déjà visible à chaque coin de rue, dans chaque conversation… Le “Camp de la Paix” va devoir montrer de quel côté il se situe vraiement, finis les faux semblants et les manifestations alibi !

On a bombardé Milosevic pour bien moins que cela…

La sirène brune qui enchante Israël
[Michele Giorgio - Il Manifesto - Traduction : Marie-Ange Patrizio - 07/02/2009 - repris sur le site de l'ISM]
Selon les sondages, mardi prochain, Avigdor Liebermann sera le véritable vainqueur des élections, avec 17 sièges et si l’ « homme politique le plus dangereux » (pas sûr, pour le palmarès il y a du monde, depuis 60 ans, NdT) entre au gouvernement, avec la droite de Netanyahu, il fera tout pour chasser les Palestiniens de l’Etat juif.

Parmi les toits rouges de la colonie juive (juive est peut-être une précision inutile, il n’y a pas beaucoup de colonies arabes dans la région… NdT) de Nokedim, pointe la villa à deux étages de Avigdor Liebermann. Entourée par un gracieux jardin, la demeure du leader ultranationaliste est surveillée jour et nuit par des gardes privés (c’est ça la démocratie, qui n’existait pas dans son pays d’origine, l’URSS, NdT). Elle donne sur ces douces collines qui, entre Bethléem et Hébron, descendent vers la Vallée du Jourdain. Un décor de rêve, enrichi par la proximité du Mont Hébron. Ce n’est pas un hasard si la colonie a été construite à cet endroit de la Cisjordanie occupé par Israël depuis 1967.

Liebermann n’est pas chez lui, « mais il rentre quelquefois le soir », assurent ses deux voisines. Suzy Cohen, 32 ans, quarte enfants, est arrivée dans les Territoires occupés directement de Vienne (Autriche), tandis que Michal Libzick, 34 ans, 5 enfants, vient du Tennessee (comme Davy Crockett, grande démocratie de trappeurs, NdT). « Qui est Liebermann ? Eh bien, on ne le voit pas trop… Si on aime son programme électoral ? En fait, nous ne faisons pas de politique à Nokedim ; ici chacun mène sa vie tranquille, sans embouteillages, sans stress » dit Suzy, en contournant le sujet des élections du 10 février et de l’avenir de la Cisjordanie. « Nous savons juste que cette terre nous appartient, Dieu l’a toute donnée à notre peuple, et c’est pour ça que nous sommes revenus en Eretz Israël (la terre d’Israël) », poursuit-elle sans hésitation avant de répéter ce que déclarent un peu tous les colons israéliens : « les relations avec les villages arabes sont bonnes, les Palestiniens nous veulent ici, parce que nous leur apportons du travail et des sous, mais leurs leaders politiques les poussent toujours à la révolte et au terrorisme ».

Liebermann, lui, à la différence de Mesdames Cohen et Libzick, n’est certes pas venu à Nokedim pour échapper à l’usure de la vie moderne. Lui, cette colonie, il a contribué à la fonder en 1982, en s’adaptant pendant des mois à une vie dans un container froid en hiver et surchauffé en été, au nom de la rédemption de Erezt Israël et de la lutte contre les Palestiniens, « coupables » de vivre depuis des générations sur leur terre.

Né il y a 50 ans à Kichinev, en Union Soviétique (aujourd’hui Chisinau, capitale de la Moldavie) Liebermann ne pensait peut-être même pas à la terre biblique d’Israël quand il travaillait comme videur dans une discothèque (et allez, métier typique de la dictature soviétique sous-développée de l’époque, et c’est même pas sûr que ça ait changé, voir plus loin M. Warschavski, NdT) de sa ville natale ; ni même quand il s’affairait entre disques et tables d’enregistrement dans une radio (libre.. ?! NdT) de Bakou. En 1978, à 20 ans, vint l’illumination : départ pour Israël, bref séjour dans les centres d’absorption (pas rééducation ni endoctrinement, absorption, NdT) pour les nouveaux immigrés, études universitaires pas très brillantes et enfin, après le sevrage politique dans l’extrême-droite, l’atterrissage à Nokedim.

Après des années passées à exciter amis et connaissances contre les Palestiniens (selon le quotidien Ha’aretz il aurait aussi fait partie du mouvement raciste Kack, du rabbin israélo-étasunien Meir Kahane, mis hors la loi en 1994) et à réaliser d’excellentes affaires pas toujours limpides au grand jour, Liebermann saisit la grande occasion du poste de directeur du bureau du premier ministre B. Netannyahou, entre 1996 et 1999 : il se lance enfin dans la politique qui compte en fondant son propre parti, Yisraël Beitenu : russophone, anti-arabe et raciste (que du beau linge, on comprend qu’on ne les ait pas trop retenus, en Moldavie, NdT). Ayant recours aussi à de nébuleux financements depuis l’étranger, gérés par une société au nom de sa fille.

Liebermann a pris, et grossi en même temps, la vague du sentiment anti-arabe croissant chez les Israéliens juifs, en focalisant son attention pas tant sur les Palestiniens des Territoires occupés, que sur ceux qui ont une citoyenneté (si on peut dire puisqu’ils n’ont pas les mêmes droits, NdT) israélienne dont il a de façon répétitive demandé le « transfert » : terme qui, en Israël, désigne de façon élégante le nettoyage ethnique. Le succès a été énorme pour ce self made man qui a déjà été ministre, même dans le gouvernement sortant, avec la charge de s’occuper des « menaces stratégiques », entendez de l’Iran. (Lire la suite…)

[Backchich - Xavier Monnier et Nicolas Beau - 07/02/2009]
Ministre des Factures étrangères, Bernard Kouchner se défend de tout mélange des genres entre son ancien boulot de consultant, sa casquette de ministre des Affaires étrangères et son toujours actuel statut de gérant de société. Son très subtil avocat, Georges Kiejman, explique qu’il n’existe aucune preuve « du fait que Kouchner, étant devenu ministre, aurait réalisé n’importe quel rapport pour le compte de n’importe que État étranger » Dont acte !

Amitié, quand tu nous tiens !
Mais Bakchich est en mesure de révéler que Kouchner, devenu ministre, a fait conclure au Quai d’Orsay un très gros contrat de santé publique au Kurdistan irakien au profit de ses proches amis. Et quel contrat ! Vingt-cinq jours de présence pour 275 466 euros, soit 1 150 11 000 Euros par jour, deux vingt fois plus que les tarifs conseillés par la Banque Mondiale (820 dollars, soit 630 euros). Le tout pour organiser une vague conférence en 2009, avec aux commandes un ancien de ses conseilllers à la Santé et ex patron de Médecins du Monde, Patrick Aeberhard.

Détail amusant, ce médecin a été nommé professeur à Paris VIII par l’ancien président de la fac et grand ami de Kouchner, Pierre Lunel. Lequel Lunel appartient aujourd’hui au cabinet du ministre, malgré l’instruction dont il fait l’objet au tribunal de Bobigny. Les soupçons de la justice portent sur le mélange des genres dont ce pote du ministre se serait rendu coupable à la tête de Paris VIII en organisant… de bien étranges missions médicales et culturelles.

Dans l’entourage de Kouchner, l’expertise médicale est devenue une seconde nature !

Echappées belles et… juteuses
À Erbil, capitale du Kurdistan irakien, se nouent apparemment de juteuses affaires. Îlot de tranquillité dans une zone en feu, cette jolie province est le passage obligé d’une bonne part du commerce entre l’Irak et son grand voisin turc. Voici une situation privilégiée et fort rentable, qu’il serait bien benêt de ne pas exploiter. Les Américains et les Russes exploitent le filon depuis des années.

L’ami Bernard n’est pas un perdreau de l’année à Erbil. L’ancien French Doctor y a posé sa mallette humanitaire en septembre 1974, pour dénoncer le le massacre des Kurdes par Saddam Hussein C’était il y a bien longtemps…

Le 2 juin dernier, le ministre est revenu au Kurdistan pour inaugurer l’antenne locale de l’ambassade de France en Irak. Le Quai d’Orsay ferme des postes partout à travers le monde ; mais Kouchner en ouvre en terre kurde et nomme comme consul son vieux pote Frédéric Tissot, lui aussi survivant de Médecins du monde. Et cette nomination vaut de l’or. Ce veinard de Tissot est nommé au tour extérieur avec rang de ministre plénipotentiaire, un statut équivalant à l’ambassadeur de France à Bagdad, le risque en moins. Soit plus de 20 000 euros par mois.

Une facture qui pèse lourd
Incorrigible, le ministre des Affaires étrangères n’a pu s’empêcher, durant son escale kurde, de proposer au gouvernement local une mission d’expertise en Santé publique. Après le Congo, le Niger, le Gabon… le Kurdistan. « C’était hallucinant, se rappelle un diplomate occidental qui a assité à la visite, le projet d’une mission sur la santé est le premier sujet, dont il a parlé avec Talabani (le Premier ministre kurde) et Yones (son ministre de la Santé) ».

Dès son retour à Paris, le ministre et son cabinet multiplient les notes pour que le projet se fasse vite. Le contrat transite par France Coopération Internationale (FCI), une agence officielle, et cela le plus normalement du monde. Ce qui l’est moins, c’est que le coût de la mission, presque 300 000 euros, est hors norme. Quant à la facture elle même, que Bakchich a consultée, elle tient en une modeste page aux intitulés vagues

Autre surprise, l’opération est entièrement à la charge des kurdes. De l’inédit, dans les contrats passés en matière coopération avec des pays étrangers. « Franchement, c’est une première », note un coopérant. (Lire la suite…)

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