septembre 2013



Ca la fout plutôt mal. Après Vincent Bardet, l’un des fils du fondateur des éditions du Seuil et directeur de la collection «Points Sagesses»  condamné en 2003 pour avoir eu une esclave domestique à la maison (Henriette Siliadin), voilà une autre des « grandes consciences de gauche » qui se fait prendre les doigts dans la porte…

[Judith Duportail – Le Figaro – 24/09/2013]

Rabra Bendjebbour, qui affirme s’être occupée pendant plusieurs mois du dernier fils du ternnisman, accuse la mère de l’enfant de l’avoir sous-payée et licenciée abusivement. Une audience de conciliation a lieu ce mardi au tribunal des prud’hommes de Bobigny.

«Elle ne prenait son fils dans ses bras que pour sortir dehors, devant les gens». Les propos de Rabra Bendjebbour à l’encontre d’Isabelle Camus, la compagne de Yannick Noah, sont d’une extrême dureté. «Yannick venait embrasser son fils une seule fois par jour, le soir, avant de le laisser dormir dans ma chambre et de me laisser s’occuper de lui comme si j’étais sa mère.» Cette femme d’une cinquantaine d’années raconte que le couple s’est comporté avec elle comme le pire des patrons voyous. «Je les ai suivis pendant trois mois, en tournée, puis en vacances, et je me suis occupée de Joalukas nuit et jour, du lundi au dimanche, pour 950 euros par mois.»

Tout commence en juin 2004. Rabra Bendjebbour avait l’habitude de faire quelques heures de ménage chez le directeur artistique des Enfoirés, qui souffle son nom au couple Noah-Camus quand celui-ci cherche une nounou. «Je suis arrivée chez eux dès la naissance du bébé, et dès lors je me suis retrouvée prise dans un tourbillon», raconte la nounou. Horaires à rallonge, aucun temps libre, liste de tâches à rallonge, salaire de misère, la nounou dresse un portrait calamiteux des parents du petit Joalukas. Leur collaboration s’achève finalement à l’automne 2004, après une dispute. «J’expliquais juste à Isabelle Camus que je n’étais plus prête à travailler jour et nuit! Elle m’a dit “dans ce cas-là, dégage”.»

Pourquoi porter plainte seulement des années plus tard? La nounou affirme avoir traversé une période très difficile après cet épisode et avoir réalisé «combien elle était exploitée» en 2011. «Ma sœur a ouvert un restaurant, et j’en ai parlé à son comptable, qui m’a dit que j’avais été gravement sous-payée.» Joint par Le Figaro, l’avocat d’Isabelle Camus nous a dit que celle-ci ne souhaitait pas s’exprimer. Les deux parties se rencontrent au tribunal des prud’hommes de Bobigny mardi et Rabra Bendjebbour est déterminée à porter l’affaire au pénal pour «esclavage» et «abus de confiance» si elle n’obtient pas satisfaction.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/09/24/01016-20130924ARTFIG00343-la-nounou-du-fils-de-yannick-noah-accuse-le-couple-d-esclavage.php


Surprise, surprise !!!  Ca vole carrément haut…

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Carte ethnique de la ville de Detroit - "8 Mile Road" forme la ligne de séparation entre Noirs et Blancs

Carte ethnique de la ville de Detroit – « 8 Mile Road » forme la ligne de séparation entre Noirs et Blancs

[Gregor Seither – IES news Service – 15/09/2013]

Dans le magazine « Wired » du mois de Septembre 2013, un article présente les travaux de Dustin Cable du « Weldon Cooper Center for Public Service » (Université de Virginie-USA). Le chercheur a généré un ensemble de cartes géographiques en SIG qui s’appuie sur les résultats du recensement 2010 U.S.  La « race » de chaque personne (indiquée sur le formulaire du recensement) est représentée par un point de couleur – soit 308,745,538 points de couleur. Le résultat est une représentation visuelle immédiate de la ségrégation raciale qui persiste aux Etats-unis.  C’est saisissant…

La carte couvrant tout le territoire des USA : http://demographics.coopercenter.org/DotMap/index.html

BLEU – les Blancs – VERT : les Noirs – ROUGE : les Asiatiques – ORANGE : les Latinos – MARRON: toutes les autres catégories raciales

http://www.wired.com/design/2013/08/how-segregated-is-your-city-this-eye-opening-map-shows-you/


Comme si c’était une découverte ! Le trucage électoral et le clientélisme en France, cela fait partie de la tradition au même titre que le pinard et le saucisson sec !  Et la simple lecture de « l’Histoire secrète du patronat » montre que ces messieurs savent très bien faire disparaître les personnes qui les emmerdent. Demandez à Charles Pasqua ! Vous pensiez vivre en démocratie ?

[Mediapart – 15 SEPTEMBRE 2013 |  PAR FABRICE ARFI ET MICHAËL HAJDENBERG ET PASCALE PASCARIELLO]

Pour la première fois, l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault reconnaît dans un enregistrement réalisé fin 2012, et dont Mediapart publie des extraits, avoir acheté la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Une somme de 1,7 million d’euros est en jeu. Les deux hommes à l’origine de l’enregistrement se sont fait tirer dessus trois mois plus tard.

Cette fois, Serge Dassault ne pourra pas nier. L’industriel milliardaire et sénateur UMP admet dans un enregistrement clandestin réalisé fin 2012, que Mediapart a pu écouter en intégralité et dont nous diffusons des extraits, avoir payé pour s’assurer de la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, lors de la campagne municipale de 2010.

Pour la première fois, on entend Serge Dassault admettre avoir payé, et c’est tout un système de corruption aux conséquences criminelles qui se fait jour. Durant cette conversation accablante pour le milliardaire soupçonné par la justice d’avoir mis en place un système de corruption électorale dans sa ville, Serge Dassault dit ouvertement avoir commis des actes illégaux et, en creux, avoir opéré des paiements occultes depuis le Liban,s’inquiétant d’être désormais « surveillé par la police ».
La rencontre a eu lieu en novembre 2012. Deux hommes, habitants de Corbeil-Essonnes, décrochent un rendez-vous dans le bureau du célèbre avionneur et propriétaire du Figaro, en prenant soin de dissimuler leur matériel.  Durant la discussion, qui dure au total vingt-quatre minutes, ils se plaignent qu’un acteur clé du « système Dassault » n’ait pas redistribué comme prévu 1,7 million d’euros destinés à des personnes qui ont participé à la campagne victorieuse de 2010 dans des quartiers populaires du sud de Corbeil.
L’existence de cet enregistrement avait déjà été évoquée par Le Canard enchaîné en décembre 2012. Libération (ici ou ) et Le Point ont de leur côté raconté comment banditisme et politique étaient étroitement mêlés à Corbeil. Mais pour la première fois, dans les documents que nous publions, Dassault confirme lui-même la folie du système mis en place, dont les conséquences sont aujourd’hui incontrôlables.

Nous avons pu entendre cet enregistrement de bout en bout, connaître les conditions de sa réalisation et authentifier la voix de Serge Dassault. Nos sources nous ont autorisés à en publier trois extraits. (suite…)


Comment ne pas croire à la synarchie quand même un canard branchouille comme « les Inrocks » se permet d’écrire des textes qui auraient pu être écrits par Julius Streicher en 1930 – comment encore croire à la démocratie quand on est confronté à de tels tireurs de ficelles et éminences grises : « Le grand public ignore leurs visages : on ne les voit jamais à la télé, on ne les entend pas à la radio, on ne les lit guère dans la presse. Pourtant ils pèsent sur tous les médias. Leur obscurité sert leur éclat, leur sous-exposition médiatique illustre leur surexposition stratégique […] Ils ne revendiquent certainement pas le terme de “gourou”, ni celui de “magicien”, ni celui de “faiseur de rois” : les termes “conseiller” ou “codécideurs” leur vont mieux, mais restent trop euphémiques pour éclairer la dérive de leur pouvoir opérationnel. On ne vote pas pour eux mais ce sont eux qui décident ! » (Commentaire de Dov)

[Emmanuel Ratier – Faits & Documents n° 357 – Mai 2013]

Après les affaires Dominique Strauss-Kahn et Jérôme Cahuzac, l’incontournable « Mazarin de l’influence », co-président d’Havas Worldwide, qui a tissé depuis trente ans une incroyable toile d’araignée, vient de se faire taper sur les doigts, pour la première fois, par son patron Yannick Bolloré, qui lui a demandé de ne plus signer aucun contrat avec des ministres en exercice. Avec Anne Méaux et Michel Calzaroni, cet ashkénaze multimillionnaire est l’un des trois gourous qui « disposent d’un immense pouvoir d’influence sur la vie politique et économique française ». Un « vrai décideur installé dans l’ombre de notre système démocratique » (Les Inrockuptibles, 23 mars 2011).

« Tout en vitupérant “le capitalisme consanguin et protégé”, Stéphane Fouks cultive soigneusement son réseau de relations politiques […] Adversaire du mélange des genres (une connerie affirme-t-il sans rire), Stéphane Fouks vit de troublants dédoublements. Par exemple lorsqu’il remporte des marchés auprès d’élus que par ailleurs il conseille bénévolement. » Le Canard enchaîné, 31 janvier 2001.

« Il est en mouvement constant, donc assez bordélique mais il est rapide, ça le sauve. » Jacques Séguéla, Stratégies.

« Ce fut un des pince-fesses les plus courus de la capitale : le 25 novembre 2008, dans un salon du ministère du Travail, Stéphane Fouks, se faisait remettre la Légion d’honneur (NDA : sur proposition de l’UMP Laurent Wauquiez) des mains de Xavier Bertrand (NDA : ministre du Travail UMP), sous le regard admiratif de vingt-trois patrons du CAC 40 et de nombreux politiques de tous bords. Près de 300 invités au total ! À 49 ans, cet homme-là est un véritable réseau à lui tout seul […] Mais l’entregent de cet ancien rocardien devenu multimillionnaire ne se limite pas à son portefeuille de clients, loin de là ! Le coeur du système Fouks, c’est d’abord un triangle constitué avec deux copains rencontrés sur les bancs de la fac Tolbiac : le criminologue Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de France, et le député socialiste Manuel Valls. S’y ajoutent d’autres fidélités, comme celle qui le lie à Arnaud Lagardère ou à Dominique Strauss-Kahn, dont il a embauché plusieurs très proches collaborateurs. Recaser les amis, en détacher d’autres… La méthode a permis d’essaimer dans les cercles qui comptent. » Le Nouvel observateur, 21 mai 2009 (1).

« Sa proximité avec Dominique Strauss-Kahn l’a fait passer du statut envié de spin doctor d’un futur président à celui de conseiller complaisant – voire complice – de l’homme qui scandalise […] Il tente de transformer pour la galerie le pire danger qui ait menacé sa carrière en expérience édifiante de communication de crise […] Il y a encore quelques semaines, il alimentait volontiers la thèse du “complot” dans l’affaire du Sofitel. Les révélations sur les prostituées du Carlton l’ont saisi par surprise. » Le Monde, 6 novembre 2012.

« Chez Euro RSCG, on adore les remaniements ministériels. Un nouveau ministre qui s’installe, c’est un nouveau marché qui s’ouvre ? Chaque fois, la maison incite ses consultants à accepter les offres d’embauche. “C’est devenu Manpower” […] Dans le gouvernement Fillon, on trouve des petits Fouks un peu partout. Entre autres ministres, Valérie Pécresse, Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand ont chacun à leur côté un expert en relations presse issu de l’agence. » Le Point, 19 novembre 2009.

« Fouks s’est même offert des implants capillaires dans la clinique d’un de ses clients, le député socialiste Jérôme Cahuzac. » Le Nouvel observateur, 21 juin 2011.

En raison des remous provoqués par les affaires Strauss-Kahn et Cahuzac, Yannick Bolloré, vice-président du groupe Havas, certainement en accord avec son père Vincent, a décidé de cesser la signature de contrats avec des ministres en exercice. Il faut dire que le spécialiste de la communication de crise avait personnellement pris en main le « cas » Cahuzac, afin d’épauler la conseillère du ministre, Marion Bougeard, « détachée » de l’agence de lobbying dès la nomination à Bercy du député PS du Lot-et-Garonne. Un « placement » dans le plus pur style de Fouks. Un sévère avertissement pour le lobbyiste socialiste affairiste Stéphane Fouks, patron d’Havas Worldwide, qui travaillait, en sous-main ou indirectement, pour sans doute un tiers des membres de l’actuel gouvernement (mais aussi pour Nathalie Kosciusko-Morizet, dans sa « bataille de Paris »). Il faut dire qu’après l’affaire DSK (on a déjà oublié qu’Euro RSCG avait la communication du FMI pour l’Europe), l’affaire Cahuzac commence à faire désordre et Stéphane Fouks en est désormais réduit à se sauver lui-même. Inventer sa propre com de crise et ses fameux « éléments de langage » qu’il avait jusqu’alors l’habitude de vendre très chers à ses clients. Et ne pas perdre les contrats avec les entreprises qui pensaient d’abord avoir acheté une assurance DSK en prenant un ticket Fouks, puis un ticket Cahuzac en remettant au pot Fouks…

Stéphane Fouks est né le 6 avril 1960 à Paris XVIIe. Il est d’une extrême discrétion sur sa biographie véritable et a oeuvré pour empêcher la parution de sa biographie sur Wikipedia (il n’y en a pas). Il est le fils d’un sous-directeur à la Sécurité sociale né à Odessa, Moïse (indiqué comme Maurice au Who’s Who) Fouks, militant du Parti communiste qui finira mendésiste social-démocrate. Dans sa lettre d’information du 17 juillet 2002, Pierre de Villemarest, généralement très au fait de l’espionnage soviétique, le présentait comme un « cadre du PC d’Odessa aux temps soviétiques ». Sa mère, fille de déportée, est comptable dans une entreprise de maroquinerie. « La famille maternelle est originaire de Pologne et la famille paternelle d’Odessa. Installée dans le Jura puis dans le Lyonnais, celle-ci sera cachée par des habitants durant la Seconde Guerre mondiale […] On assure surtout un judaïsme oecuménique et laïque, plus culturel que cultuel. Le jeune Stéphane ne fait pas Kippour et esquive le rabbin mais il n’échappe pas en revanche aux cornichons Molossol et au pikelfleish (Le Figaro, 2 juin 2001). » Il a épousé le 6 juillet 1985 Véronique Dutrou, fille des imprimeurs d’art Robert et Lydie Dutrou, propriétaires du centre d’art graphique La Métairie Bruyère (Yonne), dont elle est cogérante. (suite…)


A noter que Sacha Mandel est un très bon copain de la rédaction du « Monde » (via – encore une fois – Stéphane Fouks) ce qui permet de comprendre un certain nombre de reportages « exclusifs » sur le gaz en Syrie et les horreurs commises par Assad…

Encore une guerre « vendue » par les cabinets de comm’ : souvenez vous de l’infirmière koweitienne qui pleurait devant les couveuses débranchées en 1989  – un faux témoignage par une fausse infirmière, conçus par l’agence de communication Rendon Group chargée de superviser la communication du CIA et du Pentagone pour justifier l’attaque de l’Irak  (« We created America’s favorite war »)

 

[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n°362 – 12/09/2013]

Ceux qui se sont donné la peine de lire le document (super-hyper-top-secret) « déclassifié » des services secrets français (DGSE) et de la Direction du renseignement militaire (DRM), censé justifier une intervention militaire française en Syrie, ont dû être frappés par la médiocrité de son contenu : aucun fait précis, ramassis de racontars, suppositions, affirmations péremptoires, conclusions tirées par les cheveux, etc.

Un seul exemple : « Le régime a ensuite conduit des frappes terrestres et aériennes importantes sur les zones des attaques. Il s’est attaché à retarder l’arrivée des inspecteurs pendant plusieurs jours. Ces éléments confirment une claire volonté de destructions des preuves a posteriori. De plus, des militaires ont déclenché des incendies, qui visaient probablement à purifier l’atmosphère grâce au mouvement d’air généré. » Un délire quand on connaît comment fonctionne le gaz sarin et la manière dont il se fixe.

Même le site de gauche Rue 89 indique : « La lecture du document apporte des hypothèses plausibles, mais de preuves, point, et un vrai mélange des genres. » Un document qui rappelle surtout les élucubrations américaines sur les fantasmatiques défenses souterraines de Saddam Hussein en Irak ou les armes de destruction massives jamais découvertes…

En clair, les spécialistes des questions de défense ont eu rapidement la certitude que ce salmigondis n’émanait pas de la DGSE ou de la DRM mais avait été rédigé pour la presse aux ordres. Il suffit d’aller (tellement les services de Matignon sont nuls en matière informatique) dans les propriétés du document pour constater qu’il émane d’un certain « smandel », derrière lequel il est aisé d’identifier Sacha Mandel.

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Ce Sacha Mandel est sans nul doute le conseiller presse de Jean-Yves Le Drian… et un ancien d’Euro RSCG, disciple de Stéphane Fouks, le « spin doctor » français, spécialiste des manipulations politiques, qui a toujours fait équipe (depuis l’université) avec l’ancien Grand maître du Grand Orient de France Alain Bauer et l’actuel ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

Né le 19 mars 1983, Sacha Mandel détient une licence d’histoire, une maîtrise de sciences politiques et un master professionnel de sciences politiques (Paris I, 2006). Il a débuté comme rédacteur au sein de la rédaction française de Radio Chine International & CCTV (2004-2005), la radio chinoise officielle (ex-Radio Pékin) et la télévision officielle chinoise, dont tous les directeurs appartiennent au bureau politique du parti communiste chinois. Un épisode qui ne figure généralement pas dans son CV.

Entré à l’agence de communication Euro-RSCG, qui a longtemps géré toute la communication de Dominique Strauss-Kahn et de nombreux dirigeants socialistes (cf. portrait détaillé de Stéphane Fouks, expert dans l’art de « diffuser des éléments de langage » en général faux, dans F&D 357), il a été directeur conseil au sein du pôle « influence » de l’agence.

En 2012, il « accompagne (NDA : par qui était-il payé ?) Jean-Yves Le Drian au cours de la campagne socialiste pour la présidence » (Actu Défense, 30 mai 2013). Tout naturellement, il devient son « conseiller pour la communication et les relations avec la presse ».

En réalité, son pouvoir est nettement plus étendu que l’intitulé de ses fonctions : « Dans les faits, la réalité est très différente et la communication de la Défense est assurée par le seul et unique conseiller en communication du ministre, Sacha Mandel. Lequel est le point d’accès unique aux collaborateurs civils ou militaires du ministre, auxquels l’accès direct a été coupé. À Philippe Germain comme à tous les personnels de la DICoD. Ce qui est particulièrement malvenu, à l’égard de fonctionnaires ayant en charge les relations institutionnelles de la Défense avec, entre autres, la presse française et étrangère (Le Point, 7 janvier 2013). »

Actu Défense précise même : « Sacha Mandel […] a participé au pilotage des dossiers clefs. Départ d’Afghanistan, entrée en guerre au Mali, puis lancement du Livre blanc : il a fallu convaincre à la fois l’opinion publique et les militaires euxmêmes. »

C’est donc cet « espion contrarié » et professionnel de la communication qui s’est chargé de rédiger la fameuse note ultra-secrète… La prochaine fois, pour être vraiment au cinéma, il serait plus simple de confier l’écriture du scénario de guerre à Josée Dayan.

http://faitsetdocuments.com/


… ou bien tout simplement grosse connerie, écrire ce que le gouvernement veut entendre…  Comme disait Chomsky : « les guerres commencent parce que les politiques racontent des mensonges aux journalistes et ensuite il croient ce qu’ils lisent dans les journaux »

« Preuves » françaises: erreur ou falsification?

[Frank Bulinge – CERAD – 08/09/2013]

Après la publication de la synthèse nationale de renseignement présentée comme une « preuve » de la responsabilité du régime syrienne dans l’attaque au gaz sarin à Damas le 21 août, la question se pose : qui a rédigé cette synthèse ?

Pour Etienne Pellot (Espritcorsaire.com) c’est le SGDSN qui en est l’auteur, tandis que pour Eric Dénécé (TV5.org) elle émane directement du cabinet du Premier ministre qui aurait occulté des données contradictoires, ne conservant que les éléments à charge. Il s’agit là d’une grave accusation dans la mesure où elle avance la possibilité d’une manipulation/instrumentalisation au niveau de  l’exécutif de données émanant de services de renseignement. Ce scénario, semblable à celui de 2003 aux Etats-Unis, constituerait, en France, un délit de forfaiture.

Il y a donc lieu d’être prudent et de ne pas accuser trop vite et, pour le coup, sans preuve. Je propose d’explorer deux hypothèses, celle d’une falsification de haut niveau et celle d’une erreur méthodologique.

Hypothèse A : la falsification politique

Dans ce scénario défendu par Eric Dénécé, la synthèse pourrait avoir été élaborée par le cabinet du Premier ministre lui-même à des fins d’instrumentalisation politique (« Ils n’ont retenu que ce qui les interroge pour influencer l’opinion et les parlementaires« ). On entre ici dans la théorie du complot, au sens où cette synthèse relèverait d’une manipulation visant à arranger la réalité dans le sens de la stratégie voulue par le gouvernement.

La manipulation/instrumentalisation de cette note par le cabinet du Premier ministre relèverait dès lors de la forfaiture, acte dont la gravité appelle une certaine prudence, notamment parce que cette hypothèse colle difficilement avec l’image que renvoie l’exécutif. Il est, en effet, plus généralement taxé, tant par la presse que par ses détracteurs, d’irrésolution, d’incompétence et de naïveté que de machiavélisme. Comme on a pu le constater dans l’affaire malienne, François Hollande prend des décisions plutôt tardives et en réaction à des événements graves au regard de preuves sérieuses. De fait, la présentation des « preuves » aux parlementaires par le Premier ministre dénote plutôt un excès de confiance dans la pertinence et la fiabilité de cette synthèse. Bien que l’on ne puisse jamais totalement exclure une possible « trahison des clercs » au niveau de l’exécutif, le scénario de Dénécé n’est pas probant.  (suite…)

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