La stratégie occidentale n’a en rien changé depuis la décolonisation:  déstabiliser les Etats souverains en encourageant les tribalismes (généralement en s’appuyant sur des griefs légitimes, comme ceux des Touareg, discriminés dans la région depuis des décennies) et les guerres de basse intensité. Dans le cas présent, le « terrorisme » fabriqué (avec la livraison directe par la CIA de stocks lybiens aux rebelles touareg) permettra de faire la nique à la Chine, présence géo-stratégique croissante dans la région mais qui ne s’implique pas militairement.

Quand le croquemitaine « Al-Qaïda » viendra frapper à la porte des petits potentats de la région, ceux-ci viendront se jeter tout tremblants dans les bras protecteurs du grand frère U.S., Britannique ou Français… qui se fera payer en puits de pétrole, en accaparement de terres et en projets d’infrastructures au profit des grandes sociétés multinationales occidentales. Et tant pis pour les victimes civiles !

La guerre c’est la poursuite du capitalisme par des moyens militaires…

Les Touaregs libyens à la «conquête» du Mali

[RFI 17/02/2012]

La chute du régime Kadhafi a entrainé un important retour de sub-sahariens vers leur pays d’origine. Près de 400 000 personnes auraient quitté la Libye d’après les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Parmi ces hommes, beaucoup de combattants, de soldats de l’armée libyenne, notamment de haut-gradés désormais à la tête du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad.

Au début de septembre 2011, quinze jours après la chute de Tripoli, Mohamed Ag Najem rentre au nord du Mali. Après 40 ans de fidélité au régime Kadhafi, le colonel, proche de Khamis l’un des fils du dictateur, revient au pays avec ses hommes, plusieurs centaines de combattants surarmés. Il prend ses quartiers dans la brousse, non loin de Tessalit où il est né. Ag Najem devient rapidement le chef militaire du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad. Il est d’ailleurs considéré comme le cerveau des attaques de janvier.

Avant même la chute du régime Kadhafi, Bamako s’inquiétait déjà du retour de ces ex-supplétifs de l’armée de Tripoli, revenus avec beaucoup d’armes automatiques, des lance-roquettes, des mortiers, des munitions en grande quantité. Un véritable arsenal dans un région déjà en proie à l’activité d’AQMI, al-Qaïda au Maghreb islamique.

Les autorités maliennes ont bien tenté d’empêcher un rapprochement entre ces Touaregs ex-hauts gradés de l’armée libyenne et les mouvements installés au nord du Mali, en leur proposant notamment des compensations financières.

Sur les quatre groupes connus, deux ont fait allégeance à Bamako, un autre se dit neutre mais n’a pas rendu ses armes.
Le dernier, celui de Mohamed Ag Najem s’est installé à Zakak, dans la région de Kidal, avec un objectif : préparer les hommes à la lutte pour obtenir l’indépendance de leur région : l’Azawad.

http://www.rfi.fr/afrique/20120217-touaregs-libyens-conquete-mali