Karl Rove



[Greg Palast – TruthOut – 27/08/2012 – Traduction: Gregor Seither pour IES News Service]

La convention républicaine ouvre ses portes avec le discours d’un homme « qui devrait être en prison »

Cet article est basé sur les enquêtes publiées dans le nouveau livre de Greg Palast, « Billionaires & Ballot Bandits: How to Steal an Election in 9 Easy Steps  » (Milliardaires et Bourreurs d’urnes: Comment voler une élection en 9 étapes faciles – avec un avant-propos de Kennedy et des illustrations par le caricaturiste Ted Rall.

« Tim Griffin devrait être en prison. » C’est la conclusion de l’avocat des droits civiques Robert F. Kennedy Jr. après avoir passé en revue les preuves que je lui ai demandé d’examiner.

Mais Griffin n’est pas en prison: il est au Congrès. Et mardi, il sera le premier membre du Congrès choisi par le Parti Républicain pour ouvrir les débats lors de leur convention nationale.

On pouvait s’y attendre, je n’ai pas vu un seul article dans la presse américaine faisant mention du fait que, en 2007, Griffin a démissionné précipitamment du Ministère de la Justice, étant tombé en disgrâce, juste avant ce qui aurait pu (aurait dû) être sa mise en examen.

Selon Kennedy quelques autres personnalités devraient rejoindre Griffin dans le box des accusés: pour commencer, il y a aussi le patron de Griffin, l’homme que George W. Bush surnommé la « Fleur de Crotte » (Turdblossom) : Karl Rove.  Mais ce n’est pas la seule fleur odoriférante, il y a également Matt Rhoades, l’assistant de Griffin à l’époque.  Rhoades n’est pas en prison non plus. Il est le directeur de campagne du candidat à la présidentielle Mitt Romney.

Kennedy a analysé une enfilade d’e-mails hautement confidentiels que nous avons pu récupérer depuis l’intérieur du siège du Comité National Républicain à Washington. (Et si vous vous posez la question de savoir comment nous avons fait pour mettre la main sur les courriers électroniques privés de certaines sommités de la campagne électorale des Républicains, et bien c’est une autre histoire. Par contre, je peux vous certifier que ces mails ont été envoyés directement depuis l’ordinateur de Tim Griffin. Rove, qui est expert en informatique, se garde bien d’avoir un ordinateur qui lui soit attribué personnellement).

« Ce qu’ils ont fait est tout à fait illégal et ils le savaient mais ils l’ont fait quand même», m’a dit Kennedy.

Ce qu’ils ont fait s’appelle « voter caging », épurer les listes électorales des électeurs soupçonnés de ne pas voter dans le bon sens. Le Comité National Républicain a envoyé par milliers des lettres à des soldats, en recommandé, avec la mention « NE PAS FAIRE SUIVRE ». Quand ces lettres sont revenues sans avoir été remises au destinataire, les Républicains ont prévu d’utiliser ces enveloppes « épurées » comme preuve que l’électeur n’habite pas dans son district électoral et que donc son vote est « frauduleux » — puis ils annuleraient son vote.

Ainsi, un soldat stationné en Irak verrait son vote par correspondance invalidé — et il n’en saurait rien. (suite…)


[Revue de la Défense Nationale  – Bernard Nortain – 7/11/2011]

Peter Dale Scott : La Route vers le nouveau désordre mondial (50 ans d’ambitions secrètes des États-Unis) ; Éditions Demi Lune, collection Résistances, 2010 ; 509 pages.

Voilà un livre passionnant, décapant, on pourrait dire terrifiant en ce qu’il dévoile au lecteur, pourtant averti, les dérives et les pratiques mafieuses d’une démocratie emblématique, miroir de nos sociétés.

La thèse de l’auteur est, en gros, que la perte progressive de contrôle sur les décisions politiques majeures aux États-Unis a fait que le pouvoir a été confisqué de façon occulte, non démocratique, par des groupes de pression et que cette situation a totalement perverti le système politique américain et a notamment conduit au drame du 11 septembre 2001.

L’immense mérite de cet ouvrage est de s’appuyer sur un appareil de notes et de références, une bibliographie — près de 150 pages au total — très complètes et variées qui viennent étayer pas à pas la démonstration de l’auteur.

Partant d’une réflexion sur les États-Unis où les inégalités sociales, la faiblesse de la société civile au niveau fédéral, la puissance des intérêts particuliers, l’auteur, qui n’est pas particulièrement un néo-conservateur, mais plutôt un libéral, tendance gauche, dresse un tableau saisissant de ce qu’il appelle l’État profond. Il décompose le processus historique où les pouvoirs secrets verticaux se sont emparés de la conduite de l’action publique, et où la prise de décision politique à huis clos accorde la priorité à la sécurité et à la préservation d’intérêts privés particulièrement ceux des exportateurs d’armements et des firmes pétrolières.

Son analyse est particulièrement pertinente et convaincante dans sa description de la politique du trio Nixon-Kissinger-Rockefeller, censée contrer les progressistes et qui a conduit à renforcer les mouvements réactionnaires islamistes, mais aussi à soutenir les intérêts des pétroliers. Il met en évidence le rôle de Nixon ou plutôt sa paranoïa dans la dégradation du processus bureaucratique et démocratique de mise en œuvre de la politique et dans l’amplification du pouvoir secret. En passant il faut noter une analyse intéressante du Watergate.

À ce stade apparaît le couple diabolique, aux yeux de l’auteur, Cheney-Rumsfeld et son implication dans la planification du projet ultrasecret de Continuité du Gouvernement (COG) qui cacherait, selon l’auteur, un programme de prise de pouvoir illégal et dont il traite longuement à propos du déroulement des événements du 11 septembre pour expliquer certaines incohérences dans la version officielle. (suite…)


Tandis que Christine Ockrent s’extasie sur « l’incroyable rigueur et le professionalisme des journalistes » de la chaîne de Murdoch, des milliers de « Fox-watchers » aux Etats-unis traquent chaque jour les mensonges, la manipulation, la mauvaise-foi de cet outil de propagande au service du lobby militaro-industriel… Regarder « Fox News » est hallucinant, on croirait une télévision nord-coréenne.

Mais en plus subtil, car comme disait Vaclav Havel : »L’avantage de la propagande, comparée aux médias modernes, c’est que la propagande, tout le monde savait que c’était des mensonges. Avec les médias modernes, les mensonges sont encore plus gros, mais on s’en rend pas compte, parce qu’on est aveuglé par les paillettes et l’illusion démocratique ».

[Tim Carr – IES Media Cooperative – 5/11/2008 – Trad. Gregor Seither]

La chaîne ultra-conservatrice « Fox News » de Ruppert Murdoch aime bien se présenter comme l’unique média « équitable et objectif » (fair and balanced). Or la réalité est loin du compte : l’une des caractéristiques de sa couverture de la campagne, notamment dans les derniers jours avant l’élection, a été l’insistance constante sur le fait que « l’écart entre les deux candidats est minime » et que John McCain « remonte nettement dans les sondages ». L’assurance et la fréquence avec laquelle les présentateurs de la chaîne ont répété cette mantra a fini par lui donner réalité – au point que les médias français, dont le Monde et le Figaro s’en sont fait écho – alors qu’aucun sondage ne permettait à aucun moment de vérifier l’information

De fait, la totalité des grands instituts de sondage indiquaient l’inverse, seuls quelques petits instituts, généralement partisans ou bien concentrés sur des régions géographiques bien précises donnaient des résultats contraires… mais c’est sur ceux là que Fox News a choisi de se concentrer, comme si elle était plus intéressé par faire de la propagande Pro-Républicains que par son métier de journaliste…

Voici une brève chronologie de cette manipulation médiatique à grande échelle :

(suite…)


LA BOMBE DE GAZA

[Vanity Fair – Avril 2008 – Trad. Grégoire Seither]
N’ayant pas vu venir la victoire du Hamas lors des élections de 2006 en Palestine, les « experts » de la Maison Blanche ont réussi à bidouiller une autre opération secrète qui leur a pété entre les mains au Moyen-Orient – à mi chemin entre le scandale Iran-Contra de l’époque Reagan et le foirage sanglant de la Baie des Cochons sous Kennedy.

En s’appuyant sur des documents confidentiels communiqués par des officiels U.S. dégoutés ainsi que des témoignages d’anciens membres des services secrets, notre journaliste d’investigation David Rose montre comment le Président Bush, Condoleezza Rice, ainsi que le conseiller adjoint à la sécurité nationale (NDL&I : et membre éminent du Likud israélien, mais c’est surement un hasard) Elliott Abrams ont équipé et armé une milice dirigée par le chef militaire du Fatah, Muhammad Dahlan et dont les exactions dans la bande de Gaza ont directement conduit à la guerre civile sanglante qui a vu la victoire du Hamas.

Le soutien appuyé des Etats-unis à Dahlan et à sa bande de miliciens corrompus et brutaux a joué un rôle clé dans l’ascension politique du Hamas. Même les Palestiniens modérés ont fini par rejoindre le camp des islamistes, écoeurés par la corruption et la violence du Fatah.

http://www.vanityfair.com/politics/features/2008/04/gaza200804


[Gregor Seither – IES News Service – 27/02/2008]

Selon une étude réalisée par un ancien responsable informatique de la Maison Blanche, les archives des correspondances électroniques de la Maison Blanche ont été purgées de près de 1 000 jours, soit plus de 1 000 000 de courriels sur une période de 2 ans et demi, couvrant la préparation à l’invasion de l’Irak.

Afin d’échapper aux exigences légales de conservation des documents officiels – et aux enquêtes juridiques éventuelles, les conseillers de George Bush – Karl Rove par exemple – utilisaient des comptes hébergés sur les serveurs du Parti Républicain, qui n’archivait pas les email au delà de 30 jours. Aujourd’hui le Parti Républicain a annoncé qu’il ne comptait pas tenter de restaurer ces archives.

La loi U.S. exige que – pour des raisons d’archivage historique mais aussi dans le cas de recours légaux et de contrôle de l’action présidentielle – toutes les correspondances relatives aux décisions exécutives et à la politique menée par la Maison Blanche soient conservées.

En 2005 la Maison Blanche avait reconnu que les conseillers de la présidence, y compris Karl Rove, Richard Perle et le lobbyiste Grover Norquist, préféraient utiliser les serveurs de courrier électronique du Comité National Républicain (RNC) pour envoyer leurs courriers, précisément parce que les mails transitant par ces serveurs ne tombaient pas sous le coup de la loi d’archivage. De plus, le RNC a une politique de suppression des courriels après 30 jours et ne garde pas d’archives sur bande de ces logs et communications. Cette politique a été changée en 2005 et ne concerne plus les comptes des personnes travaillant à la Maison Blanche.

Comme l’expliquait ironiquement Karl Rove, en référence à une célèbre phrase de Nixon lors du Watergate : « Ici à la Maison Blanche, pour éviter de nous retrouver compromis, nous suivons la règle du  ‘Ne jamais l’écrire si on peut le dire, ne jamais le dire si on peut faire oui de la tête, ne jamais faire oui de la tête si on peut simplement faire un clin d’oeil… ah oui, et jamais, jamais l’écrire dans un courrier électronique‘ ».

Environ 80 conseillers Républicains de la Maison Blanche utilisaient quotidiènnement leurs comptes de courrier électronique pour conduire leurs affaires gouvernementales. Ainsi, selon les enquêteurs, Karl Rove a envoyé plus de 140 000 courriels à des membres du gouvernement des Etats-Unis dans la période 2002 – 2007

Le RNC s’était engagé devant le House Oversight and Government Reform Committee à tenter de restaurer les messages effacés entre 2001 et 2003. Mais hier, son le président du comité Henry A. Waxman (Démocrate-Calif.) a annoncé avoir été informé par le RNC que celui-ci « n’avait pas l’intention de tenter de restaurer les archives courriels manquants des membres de la Maison Blanche. »

« Outre la violation des réglements mis en place pour permettre au législateur de contrôler l’action du président, nous nous retrouvons donc avec un trou énorme dans la chronologie historique et politique, » a déclaré Waxman « C’est d’autant plus regrettable que ce trou couvre la période de préparation à la guerre en Irak »

La Maison Blanche aurait elle quelque chose à cacher sur cette période ?


Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire

Ignominie. Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire. Les clichés, insupportables, montrent des détenus encagoulés, menacés par des chiens, tenus en laisse, nus … [Photo Karim Ben Khelifa]

[Le Monde 2 – Semaine du 19/01/2008 – Frédéric Joignot]

28 avril 2004. La chaîne CSS diffuse des photos de soldats américains torturant des prisonniers d’Abou Ghraib, en Irak. Dans la foulée, Janis Karpinski, qui dirigeait les prisons irakiennes, est rétrogradée, lâchée par ses supérieurs. Aujourd’hui retraitée, elle témoigne contre ses responsables de l’époque. En exclusivité, elle nous raconte sa descente aux enfers.

Son regard bleu ne vous lâche pas. Elle se tient droite. Martiale. Janis Karpinski a passé vingt-cinq ans dans l’armée américaine. Elle fut la première femme générale  » une étoile  » à exercer en zone de combat. C’était pendant la seconde guerre d’Irak. Elle y a connu l’enfer. Puis le déshonneur.

Elle nous reçoit chez elle, dans un lotissement du New Jersey. Aujourd’hui à la retraite, Janis Karpinski tente de faire le bilan de ces années de guerre – comme beaucoup d’Américains à l’approche de la présidentielle. Ses premiers mots:  » Mes voisins me demandent ce que les Irakiens pensent de nous. Je leur réponds: « Qu’est-ce que vous penseriez si, du jour au lendemain, des chars occupaient votre quartier, des bataillons de soldats patrouillaient dans les rues, arrêtaient les gens ? ». « 

La nuit tombe, Janis Karpinski raconte l’Irak. Aucun bruit dans la maison. Elle vit seule. Son mari, un ancien colonel, est décédé l’an dernier. Ils n’ont pas voulu d’enfant. L’ancienne générale a sacrifié la vie de famille à sa carrière de soldat. Elle voulait s’imposer dans ce monde d’hommes où, dit -elle,  » la simple présence d’une femme officier a longtemps été ressentie comme une insulte « . Elle a réussi. Elle a été la commandante en chef de la 800e brigade de police militaire, responsable des 40 000 prisonniers enfermés dans les prisons irakiennes au début de la guerre.

Aujourd’hui, après avoir été dégradée au rang de colonelle, accusée par ses supérieurs d’avoir perdu le contrôle de la prison d’Abou Ghraib où des soldats ont torturé, Janis Karpinski se défend. Elle porte plainte et témoigne contre l’ancien major général du camp de Guantanamo envoyé en Irak, Geoffrey Miller, et Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire d’Etat à la défense. Pour mise en œuvre méthodique de la torture. Son histoire éclaire de façon singulière cet épisode dramatique. Voici sa version des faits.

(suite…)


[Media Matters – Décembre 2007 – Trad. Grégoire Seither]

Au cours de l’année 2007, il y a eu une vingtaine de débats politiques télévisés au cours desquels environ 1 500 questions ont été posées aux différents candidats à l’investiture présidentielle. Mais seulement une toute petite partie de ces questions avait un rapport avec les pouvoirs exécutifs, la constitution de notre pays, la torture, l’espionnage des citoyens ou encore les attaques contre la vie privée et les droits civiques des citoyens de ce pays.

Une seule question a été posée à propos de l’espionnage des citoyens. Pas une seule question sur l’extension de la loi de surveillance d’intelligence étrangère (FISA) qui permet au gouvernement d’espionner sans mandat tous les apsects de la vie des citoyens.

Il y eut, par contre un courageux modérateur pour demander s’il fallait changer la Constitution… afin de permettre à Arnold Schwarzenegger de devenir président des Etats-unis. (NdL&I : seules les personnes nées aux USA peuvent poser leur candidature à la présidence)

Pas une seule question n’a porté sur les « renditions » ou les détentions secrètes consistant à enlever des suspects et à les transporter clandestinement dans des pays où la torture est pratiquée afin d’y être interrogé .

Les mots « habeas corpus » – c’est à dire le droit de toute personne accusée à être présentée et défendue devant un juge – n’ont pas été prononcés une seule fois par les modérateurs des débats politiques. Aucun candidat n’a été interrogé sur son opinion concernant la responsabilité des opérateurs de télécommunication dans la violation de la confidentialité des données de connexion et de conversation de leurs clients (« telecom liability« ).

Par contre il y a eu cette question lumineuse, posée à un candidat Républicain : « Non mais, je vous pose la question sérieusement, est-ce que cela serait une bonne chose pour l’Amérique si Bill Clinton revenait vivre à la Maison Blanche ? »

Par ailleurs, malgré le fait que les Républicains ne cessent de répéter que le programme de surveillance générale (et sans mandat) des citoyens américains est nécessaire afin d’empécher « un nouveau 11-Septembre« , aucun modérateur de débat politique n’a jamais interrogé les candidats sur les informations révélées en 2007 (et qui ont fait grand bruit), qui montrent que l’administration avait mis en place les systèmes de surveillance générale longtemps avant le 11 septembre 2001, et non pas en réponse à ces attaques.

Par contre, sur NBC, le commentateur Brian Williams a demandé aux candidats du Parti Démocrate « ce qu’ils comptaient porter comme déguisement pour Halloween« .

Aucun modérateur n’a posé la moindre question aux candidats à l’investiture présidentielle pour savoir s’ils étaient d’accord avec le fait que le Président des Etats-unis peut ordonner l’incarcération pour une durée illimitée d’un citoyen Américain, sans que celui soit formellement accusé d’un crime et sans qu’il puisse avoir accès à un avocat ou voir être présenté à un juge.

C’est vrai que ce genre de « points de détail » est sans intérêt, comparé aux questions « sérieuses » que Tim Russert a posées au candidat Dennis Kucinich : « Revenons aux questions sérieuses. Il paraît que vous avez déjà vu un OVNI. C’est vrai ? ».

Aucun modérateur n’a interrogé les candidats pour savoir s’ils approuvaient la position de la Maison Blanche qui veut que, en période de crise, le Président est en droit de s’affranchir du contrôle du Congrès et agir seul… le concept de « période de crise » étant suffisamment flou pour laisser une grande lattitude au Président.

Par contre les journalistes ont insisté auprès de Hillary Clinton pour obtenir une information fondamentale : « Vous préférez les diamants ou les perles ? »

http://mediamatters.org/items/200711170002/??/


En attendant une version française (qui ne viendra peut-être jamais),
vous pouvez voir le documentaire ici :
http://www.mininova.org/tor/953637

[Gregoire Seither – IES News Service – 23/10/2007]

La droite US a relancé sa machine à mobilisation pour empécher la diffusion publique aux Etats-unis du documentaire « Taxi to the Dark Side » (Jigsaw Productions), présenté pour la première fois en Avril dernier au Tribeca Film Festival. Ce film puissant a recu de nombreux prix cet été et est nominé aux Oscars. Rien que la bande annonce vous fait sursauter :

Le film est construit autour du destin d’un chauffeur de taxi Afghan, dont on ne connait que son prénom, Dilawar, complètement innoncent de tout lien avec des terroristes, qui a été torturé à mort dans la prison secrète que les Etats-unis ont installée sur la base aérienne de Bagram en Afghanistan. « Taxi to the Dark Side » documente le parcours des politiques sécuritaires de l’Administration Bush, depuis Bagram (..) jusqu’à Guantánamo (..) et Abu Ghraib.Il montre comment les racines de ces politiques sont a chercher dans les programmes d’expérimentation du comportement humain (privations sensorielles, utilisation de drogues…) qui avaient été mis en place dans les années 1950 par la CIA pour comprendre comment fonctionne la torture.

Le documentaire retrace également l’opposition que ces politiques ont rencontrées au sein de l’administration mais aussi de l’armée et présente quelques officiels hauts-placés qui ont tenté de s’opposer : par exemple l’ancien conseiller légal de la Navy, Alberto Mora, ou encore Lawrence Wilkerson, ancien directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat Colin Powell, qui témoignent de la violence des échanges entre pro- et anti-torture. Ou encore John Yoo, un des architectes de la politique des « renditions exceptionnelles » (les prisons secrètes de la CIA dans des pays utilisant la torture) qui justifie les « choix stratégiques » de la Maison Blanche, rejoint en cela par le Vice-Président Dick Cheney.

La dernière partie du documentaire raconte la bataille au congrès des Etats-unis pour tenter de restaurer la norme des Conventions de Genève interdisant la torture (à travers les prises de position et les compromis tragiques de John McCain).

Plus intéressant, les auteurs du documentaire montrent comment la célèbre série télévisée « 24 heures chrono » (qui a été réalisée avec une assistance technique des services de renseignement US) diffusée sur Fox TV a contribué à légitimer la torture auprès de l’opinion publique, en minimisant son impact sur l’intégrité physique des personnes qui y sont soumises (« c’est juste un mauvais moment à passer ») et en martelant aux spectateurs qu’il y a urgence et qu’on ne peut s’embarasser de conventions et de droits de l’homme dans ces cas là (« le faux scénario de la bombe à retardement »).


Un cadre idéologique pour la « troisième guerre mondiale »

Fascisme, islam et grossiers amalgames

Alors que les Etats-Unis s’enlisent en Irak et que ce pays sombre dans la guerre civile, l’administration Bush continue de justifier ses interventions au Proche-Orient au nom de la lutte contre le « fascisme islamique ». Ce cadre idéologique permet de ranger dans la même catégorie des mouvements disparates, d’Al-Qaida au Hezbollah en passant par les Frères musulmans.

Par Stefan Durand – Le Monde Diplomatique – Novembre 2006

« Ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses. La loi, le pouvoir, le maître, le monde, la rébellion, la foi. Ils peuvent ainsi faire des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. » En cela, « ils cassent le travail consistant à “former” des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. » En 1977, Gilles Deleuze dénonçait ce qu’il appelait la « pensée nulle » des « nouveaux philosophes ».

Trente années plus tard, ces penseurs toujours « nuls » mais plus vraiment « nouveaux » et toujours pas « philosophes » se retrouvent à l’avant-garde pour propager en France, sur la base de « mélanges grotesques », le concept creux de « fascisme islamique ».

On pourrait se contenter de passer outre si ce concept n’avait pas été utilisé publiquement par le président des Etats-Unis, M. George W. Bush, le 7 août 2006, et à l’occasion d’autres discours officiels américains, dans lesquels on regroupait des organisations fort différentes les unes des autres (Al-Qaida, les Frères musulmans, le Hamas, le Hezbollah…), faisant de ces mouvements les « successeurs du nazisme et du communisme ». La requalification de la « guerre contre le terrorisme » en « guerre contre le fascisme islamique », et donc l’inscription des mouvements fondamentalistes musulmans dans la lignée de ce qu’on a appelé au XXe siècle, sans distinctions, les « totalitarismes », n’est pas innocente. Elle vise à relégitimer des politiques bellicistes, en se fondant sur des amalgames et sur les vieilles ficelles de la « politique de la peur ».

La paternité du néologisme « islamo-fascisme » a été revendiquée dans l’hebdomadaire néoconservateur The Weekly Standard par le journaliste Stephen Schwartz (1), qui collabore par ailleurs à un site Internet très controversé, FrontPage magazine, de David Horowitz.

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/11/DURAND/14115


[AP dim 16 sep 2007]La principale raison de l’invasion de l’Irak était bien le pétrole,  avoue Alan Greenspan, ancien président de la Banque centrale américaine dans son autobiographie « The Age of Turbulences: Adventures in a new world ». La Maison blanche a donné, au fil des années, de nombreuses raisons pour justifier l’invasion de l’Irak mais ont toujours démenti avec véhémence que le pétrole puisse figurer par mi ces raisons.

Après Paul Wolfowitz, Greenspan est le deuxième ex- haut fonctionnaire qui fait de telles déclarations. « Je suis triste qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que tout le monde sait: la guerre en Irak est largement une question de pétrole », acrit-il dans ses mémoires.

Selon les médias américains et britanniques, l’ancien président de la Fed, âgé de 81 ans et toujours républicain, risque de provoquer des vagues à la Maison Blanche qui continue à jurer que l’intervention américaine en Irak a eu lieu pour abattre la tyrannie de Saddam Hussein et détruire les armes de destruction massives, le combat altruiste des Américains visant à apporter la liberté et la démocratie dans le monde entier.

http://www.rtlinfo.be/news/article/34742/–Greenspan:+cest+pour+le+p%C3%A9trole+que+lIrak+a+%C3%A9t%C3%A9+envahi 


[The Culture Warrior – 29/08/2007]
Les services secrets états-uniens ont informé l’administration de l’American University que les étudiants ayant manifesté contre la venue de l’ancien conseiller de la Maison Blanche, Karl Rove, en avril dernier sur le campus, seront arrêtés et considérés comme ayant participé à une entreprise terroriste. Cette accusation pourra avoir de graves conséquences pour leur avenir, non seulement car elle leur interdira de prendre l’avion mais également les empèchera de postuler à certains emplois publics, voire même leur fermer les portes des certaines entreprises.

(suite…)