juin 2015



La première partie de cet article est ici : CE QUI NOUS ATTEND…  Très intéressant l’analyse de Mégret à la fin et l’hypothèse de Philipot comme sous-marin des souverainistes… (dov)

[Emmanuel Ratier – Faits & Documents – n° 398 – Juillet 2015]

Après une étude fouillée des récents sondages concernant le Front national (cf. nos 3 précédents numéros), il apparaît évident que l’élimination de son fondateur s’inscrit dans une volonté de crédibilisation en vue d’occuper ou de parti­ciper au pouvoir, que d’aucuns qualifieraient de “Système”. Toutefois, comme on l’a vu également, le plein de voix étant fait à gauche et aucune alliance n’étant possible avec la gauche, c’est bien à droite que Marine Le Pen devra aller chercher le complément qui lui manque dans le cadre d’un scrutin majoritaire à deux tours (ce qui est différent avec la proportionnelle comme aux élections régionales). Or, son programme national-étatique actuel (1) n’apparaît pas crédible à nombre d’électeurs de cette mouvance. Le FN sera-t-il donc capable d’un nouveau saut qualitatif ? 

1- L’unique programme du FN validé lors d’un congrès demeure Pour un avenir français, rédigé par Thierry Martin (Godefroy de Bouillon, 2001). Il est très éloigné des positions revendiquées par sa direction.

Près d’un Français sur trois (32 %) souhaite (sondage BVA, 29 avril) que Marine Le Pen ait davantage d’influence dans la vie politique, son meilleur score sur cet indicateur. Plus d’un Français sur quatre (26 %) serait prêt à voter pour elle à l’élection présidentielle de 2017, un score en hausse de deux points par rapport à début avril. Pour les analystes de BVA, « si 100 % des sympathisants frontistes […] ont l’intention de voter pour leur présidente, 27 % des sympathisants de l’UMP pourraient également se laisser tenter par ce vote, signe d’une porosité toujours importante entre les deux électorats. »

Le sondage Odoxa/Le Parisien du 14 juin 2015 indique que l’image des partis est très mauvaise avec 91 % d’opinions négatives ou très négatives. Le FN est le parti qui s’en tire le mieux avec 23 % de Français considérant que le parti est proche de leurs préoccupations et 22 % comme capable de proposer les solutions les plus efficaces (contre seulement 17 % pour les Républicains et 13 % pour le PS). À titre indicatif de l’état de l’opinion, 70 % des Français n’ont pas été choqués par les évacuations d’immigrants clandestins des deux dernières semaines, y compris à gauche (52 %) (Odoxea/iTélé, 12 juin 2015).

Pendant ce temps au PS, rares sont ceux qui ont quelque lucidité, notamment Arnaud Montebourg, ancien ministre PS du redressement productif, et Matthieu Pigasse, banquier vedette de Lazard, copropriétaire du Monde, propriétaire des Inrockuptibles et bientôt de Radio Nova, qui ont signé une tribune libre durant le congrès du PS, sans aller toutefois jusqu’à citer l’immigration massive comme fléau (JDD, 7 juin 2015).

« Hébétés, nous marchons droit vers le désastre. C’est la démocratie qui est cette fois menacée, car les progrès du Front national dans le pays sont aussi graves que specta­culaires et son accession possible au pouvoir est désormais dans toutes les têtes […] Que cesse cette culpabilisation inutile des électeurs dans cette “lutte” purement verbale et artificielle “contre” le Front national. Faire semblant de combattre le FN pour se donner bonne conscience n’a aucun effet. On serait, au contraire, bien avisé d’agir sur les causes réelles et profondes qui jettent des millions de Français dans ses bras : l’explosion du chômage, la hausse de la pauvreté et la montée du sentiment de vulnérabilité dans presque toutes les couches de la société française. »

« LE NOUVEAU FN »

Résumant assez bien la situation, cette expression, qui recoupe notre analyse du passage au minimum d’un parti nationaliste à un parti populiste, est de Christophe Barbier. Pour le directeur de la rédaction de L’Express (5 mai 2015), l’élimination de Jean-Marie Le Pen n’a rien de gratuit. Elle ne s’inscrit pas dans une querelle d’ego mais bien dans une logique politique où est soigneusement pesé le coût électoral de toute déclaration politique : (suite…)

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[Emmanuel Ratier – Faits & Documents n° 397 – Juin 2015]

Dans la foulée du vote de la loi liberticide sur le renseignement, Manuel Valls et le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve concoctent la création d’une… interdiction administrative de manifester pour les personnes susceptibles d’être violentes (donc avant tout acte répréhensible).

Lors de son audition, le 3 février 2015, Cazeneuve avait déjà évoqué cette « possibilité d’interdire à des manifestants violents multirécidivistes de manifester sur la voie publique où leur comportement pourrait créer de nouvelles difficultés ». Bien loin de viser les « antifas » et autres groupuscules manipulés par la police, cette mesure s’appliquerait essentiellement aux identitaires et à la mouvance Dieudonné-Soral mais aussi aux participants de La Manif pour tous interpellés ou contrôlés en 2013.

La commission, qui étudie ce projet, prend exemple sur les interdictions administratives de stades créées par la loi antiterroriste de janvier 2006. Mais, comme l’a, pour une fois, justement remarqué Noël Mamère, « le droit d’assister à un match n’est pas une liberté fondamentale, contrairement à celui de manifester ».

http://www.faitsetdocuments.com/


Une analyse depuis l’extrême droite d’un parti qui prétend ne plus l’être… et en plus sous la plume mordante de Ratier ? Ce serait bête de s’en priver à cause d’oeillères idéologiques, camarades. (dov)

[Emmanuel Ratier – Faits&Document n° 397 – 15 Juin 2015]

La volonté de marginalisation puis l’élimination de facto de Jean-Marie Le Pen, et partant de la frange encore nationaliste du Front national, est incompréhensible si l’on ne l’inscrit pas dans la stratégie électorale de Marine Le Pen et les résultats électoraux du Front national depuis 2012. Afin d’aboutir à ce que Christophe Barbier (L’Express, 6 mai 2015) appelle « Le nouveau FN ».

Comme l’analyse le sondeur Jérôme Sainte-Marie (Marine Le Pen doit-elle remettre en cause sa stratégie ?, 31 mars 2015), « au final, pour un parti ayant recueilli 25 % des suffrages exprimés le 22 mars et ayant été capable de se maintenir dans 60 % des cantons encore en jeu, n’obtenir une semaine plus tard que 1,5 % des sièges de conseillers départementaux, ceci ressemble bien à un échec. » À titre comparatif, avec 0,54 % des suffrages, le PCF totalise 116 élus, avec 16,06 % le PS totalise 925 élus, avec 0,16 % les écologistes obtiennent 32 élus. Mais, avec 22,23 % au second tour (pour l’ensemble de la France), le FN n’obtient que 54 élus.

Alliance UMPS contre FNEn revanche, loin de l’expliquer par ses propres insuffisances, le FN, par un phénomène classique, inquiète de plus en plus à mesure qu’il monte : plus le FN grimpe, plus il pousse ses adversaires à faire bloc contre lui. En focalisant le second tour contre lui, le FN donne les conditions de sa défaite. Le premier tour a été vécu comme une lutte entre le PS et le FN. Au second tour, l’UMP contre le FN.

On le constate avec l’enquête annuelle Fractures françaises de 2015 où l’image du FN apparaît comme dégradée alors même qu’il perce électoralement. Pour 78 % des Français, le FN est un parti « d’extrême droite », « xénophobe » (61 %), « dangereux pour la démocratie » (60 %), etc.

Alors que, dans le même temps, ses idées-forces se banalisent dans l’opinion (phénomène bien connu de la « lepénisation des esprits ») : 61 % des Français pensent qu’« aujourd’hui ne se sentent plus chez soi », 67 % qu’« il y a trop d’étrangers en France », 52 % qu’il faut rétablir la peine de mort (soit 7 points de plus qu’en 2014). Mais 85 % pensent qu’ « on a besoin d’un vrai chef en France pour remettre de l’ordre ». Comme l’indique Le Monde (7 mai 2015) dans son analyse cette étude : « En l’observant, on comprend mieux pourquoi Marine Le Pen a déployé tant d’énergie pour se distinguer puis se débarrasser de son père, dont l’image est associée à celle d’un parti rejeté en tant que tel. On conçoit également que Nicolas Sarközy puisse nourrir quelque espoir de voir venir – ou revenir – à l’UMP des électeurs qui y trouveraient des propositions voisines dans un “emballage” plus acceptable car plus “républicain”. » (suite…)


[Ariane Beky, Silicon.fr – 22 juin 2015, 15:12]

Selon des chercheurs de Stanford et de Anthesis Group, 30 % des serveurs physiques sont inactifs, mais pèsent sur la facture énergétique des datacenters. Un gaspillage estimé à plus de 30 milliards de dollars.

Selon une récente étude, 30 % des serveurs physiques n’ont aucune utilité, mais restent branchés. Ce qui signifie que près d’un tiers du capital des datacenters est gaspillé pour un montant estimé à plus de30 milliards de dollars. Ces chiffres résultent de données compilées par Jonathan Koomey, chercheur au centre pour la politique énergétique et la finance de l’université de Stanford (Californie), et Jon Taylor, associé du cabinet de conseil Anthesis Group basé à Oxford (UK).

10 milliards de serveurs dans le coma

L’étude des chercheurs s’appuie sur les données anonymisées de 4 000 serveurs physiques en Amérique du nord, des données collectées par l’éditeur de logiciels de gestion de l’efficacité énergétique TSO Logic. 30 % de ces serveurs seraient « comateux », c’est-à-dire qu’ils n’ont servi à rien depuis au moins 6 mois. En extrapolant à partir de ces ratios, 10 millions de serveurs dans le monde seraient inactifs, dont 3,6 millions aux États-Unis.

(suite…)