juin 2012



Robert Mundell, le père des « Reaganomics » et de la politique thatchérienne

L’euro est un immense succès – Je ne déconnne pas !

[Greg Palast – The Guardian – Mardi 26 Juin 2012 – Traduction: Gregor Seither – IES News Service]

L’idée que l’euro a «échoué» est d’une naïveté dangereuse. L’euro a réussi à faire exactement ce que son géniteur – et les 1% de riches qui l’ont adopté – avaient prévu qu’il fasse et ce pour quoi ils l’avaient conçu.

Ce géniteur est l’ancien détenteur de la chaire d’économie à l’Université de Chicago, l’économiste renommé Robert Mundell. L’architecte du concept d’une « économie de l’offre » est désormais professeur à l’Université de Columbia, mais j’avais fait sa connaissance par le biais de mon ancien professeur à l’université de Chicago, Milton Friedman. Je l’avais rencontré bien avant que les travaux de recherche de Mundell sur les monnaies et les taux de change aient posé les bases économiques et théoriques de l’union monétaire européenne ainsi que de la monnaie commune européenne.

A l’époque, Mundell était très occupé avec l’aménagement de la salle de bains de sa résidence secondaire en Europe. Le professeur Mundell, qui était détenteur à la fois d’un prix Nobel et d’une ancienne villa en Toscane, m’avait expliqué, furieux:  « Ils ne m’autorisent même pas à installer des toilettes. Ils ont des règlements qui m’interdisent d’installer des toilettes dans cette pièce ! Est-ce que vous pouvez imaginer une chose pareille ? « 

De fait, je ne pouvais pas. Mais il est vrai que je ne possède pas de villa italienne, je ne peux donc pas imaginer la frustration d’avoir à subir des règlements administratifs régissant l’emplacement des sanitaires.

Mais Mundell, un homme énergique d’origine canadienne et étatsunienne, n’était pas homme à se laisser mettre des bâtons dans les roues par l’administration. Il était bien décidé à contre-attaquer en inventant une arme qui balayerait les règles gouvernementales et la réglementation du travail. (Encore plus que l’administration tatillonne, il détestait les plombiers syndiqués qui lui avaient facturé des sommes folles pour déplacer sa cuvette de chiottes.)

« Il est bien trop difficile de virer des ouvriers, en Europe. Ils ont des droits, là-bas » se plaignait-il. Sa réponse à cette situation: l’Euro.

Pour Mundell, le vrai visage de l’Euro ne se révèlerait qu’en période de crise. C’est là que la monnaie unique ferait vraiment son travail. Le fait d’éliminer le contrôle d’un gouvernement sur la monnaie permettrait d’éviter que des vilains petits élus fassent appel à des méthodes monétaires et budgétaires d’inspiration keynésienne pour sortir un pays de la récession.

« L’Euro permettra de mettre la politique monétaire hors de la portée des politiciens», m’avait-il expliqué. « [Et] privé des leviers de la politique fiscale, la seule façon pour un pays de conserver des emplois sera de de devenir compétitif en allégeant les règles et contraintes qui pèsent sur les entreprises et les affaires.« 

Pour Mundell, ces contraintes qu’il fallait éliminer sont les lois du travail, les règlementations environnementales et, bien sûr, les impôts et charges sociales. Tout cela serait balayé comme fétus de paille par l’Euro. Il ne serait pas permis à la démocratie d’interférer avec le marché capitaliste – ou avec la plomberie.

Comme l’explique un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman, la création de la zone euro a violé une règle économique de base, connue sous le nom de « zone monétaire optimale ». Or cette règle économique de base avait été conçue par Bob Mundell.

Mais cela ne dérange pas Mundell. Pour lui, le but de l’Euro n’était pas de faire de l’Europe une unité économique puissante et unifiée. Pour Mundell, l’objectif de l’Euro était de poursuivre le travail entrepris par Reagan et Thatcher.

« Ronald Reagan n’aurait jamais été élu président sans l’influence de Mundell, » a écrit Jude Wanniski dans le « Wall Street Journal ». L’économie de l’offre, développée et propagée par Mundell était devenu le modèle théorique des la pensée économique Reaganienne, les « Reaganomics » – ou comme l’avait expliqué George Bush l’Ancien, « l’économie vaudou »,basée sur la croyance magique dans le libre-marché comme étant la panacée. Une croyance quasi-religieuse qui avait également inspiré les politiques de Margaret Thatcher.

Lors de notre rencontre, Mundell m’avait expliqué que, en fait, l’Euro est simplement la poursuite du concept des « Reaganomics »:

« La discipline monétaire oblige les politiques à se plier la discipline budgétaire, sans exception »

Et lorsque des crises surviennent, les nations économiquement désarmées n’ont pas d’autre alternative que d’éradiquer la plus grande partie de leur réglementations et législations gouvernementales, de privatiser massivement les services publics et industries d’Etat, de réduire les impôts et de balancer à la poubelle le modèle social européen et son État-providence.  (Note du traducteur: où, comme l’avait si clairement expliqué le n°2 du MEDEF, Denis Kessler, grand ami de DSK,  dans un article de la revue Challenges d’Octobre 2007: « Il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de l’éliminer. »)

C’est de cette manière que nous assistons au spectacle d’un Premier ministre (non-élu) Mario Monti qui exige une « réforme » du droit du travail en Italie afin de rendre plus facile pour des employeurs comme Mundell le licenciement des plombiers toscans mentionnés ci-dessus. Mario Draghi, le directeur (non élu) de la Banque centrale européenne, appelle à des « réformes structurelles » – un euphémisme pour désigner des plans de licenciements massifs et des mesures sociales au détriment des travailleurs. Ils se basent sur une théorie nébuleuse qui voudrait que cette « dévaluation interne » de chaque nation permettra de rendre tout le monde plus compétitifs.

Monti et Draghi n’ont jamais été capables de nous expliquer de manière crédible par quel manière, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, chacun pourra acquérir un avantage concurrentiel. 
Heureusement, ils n’ont pas besoin d’expliquer leurs politiques pour que celles-ci soient mises en oeuvre. Il leur suffit de laisser les marchés s’attaquer aux obligations de chaque pays. En conséquence, l’union monétaire n’est rien d’autre que la poursuite de la lutte des classes par d’autres moyens.

La crise en Europe et les flammes de la Grèce baignent l’économie dans la lumière chaleureuse de ce que roi-philosophe de l’économie de l’offre, Joseph Schumpeter, a appelé la « destruction créatrice« . L’acolyte de Schumpeter et thuriféraire du libre échange, Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour s’incliner devant le « sanctuaire improvisé », c’est à dire la banque incendiée où trois personnes ont trouvé la mort après que des manifestants anarchistes y aient jeté un engin incendiaire. Friedman a profité de l’occasion pour prêcher une homélie sur la mondialisation et dénoncer « l’irresponsabilité » grecque.

Les flammes, le feu, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux… tout cela allait engendrer, selon Friedman, une « régénération » de la Grèce et, au bout du compte, de toute la zone Euro. Et par la même occasion, les Mundell et tous les autres propriétaires de villas pourraient enfin installer leur cuvettes de chiottes où bon leur semble.

Aujourd’hui, alors que tout le monde parle de « l’échec » de l’Euro, il est grand temps que comprendre que le bébé de Mundell, a en fait été un succès éclatant, probablement bien au-delà rêves les plus fous de son créateur.

http://www.gregpalast.com/

Autres textes de Greg Palast sur Libertes-Internets :

https://libertesinternets.wordpress.com/category/observatoire-de-lempire/greg-palast/

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[Oumma.com – 29/06/2012]

(…) un groupe de salafistes a fait parler de lui en exhortant les musulmans du monde entier à ne plus consommer de tomates, car désormais classées « aliment chrétien »…

Les bras nous en tombent, et à part se demander quelle mouche a piqué l’Association islamique égyptienne populaire pour avoir publié sur Facebook la photo d’une tomate coupée en deux, renfermant un cœur en forme de croix, on se prend juste à soupirer : mais jusqu’à quelles extrémités peuvent aller certains extrémistes ?

On aimerait rire de tout, et notamment de ce fameux appel au boycott de la tomate, et si la meilleure pirouette était de déclarer haram la bêtise humaine, une fois pour toutes…

Voici le message diffusé sur Facebook : “Manger des tomates est interdit parce que les tomates sont chrétiennes. [La tomate] loue la Croix au lieu d’Allah et dit qu’Allah est trois [en référence à la Trinité].Je vous en conjure, faites circuler cette photo car il y a une sœur de Palestine qui a vu le prophète d’Allah [Mahomet] dans une vision. Il pleurait et mettait sa nation en garde contre le fait de manger des tomates. Si vous ne diffusez pas ce message, sachez que c’est le diable qui vous en a empêché.”  

http://oumma.com/13238/salafistes-appellent-a-boycotter-tomate


[Gregor Seither – IES News Service – 18/06/2012 ]

Entrée dans la légende, le scandale du Watergate est une affaire d’espionnage politique qui a entraîné la démission du président des États-Unis Richard Nixon. L’affaire avait débuté avec l’arrestation, dans la nuit du 17 juin 1972, de cinq « cambrioleurs » repérés par un agent de sécurité dans l’immeuble du Watergate, au siège du Parti démocrate. Les hommes arrêtés transportaient du matériel d’écoute ; ils ressemblent plus à des agents secrets qu’à des cambrioleurs. Sur des carnets d’adresses retrouvés en leur possession, on trouve des documents impliquant un certain Howard Hunt et des numéros de téléphone de la Maison Blanche. L’un des cambrioleurs, James McCord, attire particulièrement l’attention : c’est un colonel réserviste de l’armée de l’Air, un ancien du FBI et de la CIA, et surtout un membre du Comité pour la réélection du Président (CRP)

Or, comme le montrent les archives de la police de Washington D.C. déterrées par Sam Smith (Progressive Review), la matin du 17 juin le chef de le police pour le district en question avait passé un savon à l’équipe de policiers en civil, les accusant d’être des jean-foutre qui se la coulaient douce. Il leur avait conseillé d’être un peu plus réactifs, sinon il les reverserait tous dans les patrouilles en uniforme et en voiture de police.

Ce soir là, quand l’agent de sécurité a téléphoné à la police pour signaler qu’il avait repéré des gens à l’allure suspecte dans le Watergate, la police a d’abord voulu envoyer une voiture de patrouille affectée à ce secteur. La voiture ne répondant pas à l’appel radio (les policiers étaient entrain de manger)  l’équipe de policiers en civil a décidé de faire preuve de dynamisme et d’aller voir ce qui se passait au Watergate. Ils ont donc débarqué dans une voiture banalisée et en civil, surprenant les cambrioleurs sur le fait…  si la voiture de patrouille avec des policiers en uniforme avait répondu à l’appel, le guetteur situé de l’autre coté de la rue aurait eu le temps d’alerter ses complices… et l’affaire du Watergate n’aurait jamais eu lieu.

Source:  Wikipedia et Sam Smith, Progressive Review, 2005 http://www.prorev.com


Tous les séismes de l’année 2011 recensés dans une spectaculaireinfographie vidéo, selon l’impact et l’intensité relative de chaque secousse. Le tsunami au Japon de mars 2011 apparaît à la 2e minute.


Comme le rappelait récemment un article du New York Times, aux Etats-Unis, la totalité des complots terroristes découverts par le FBI sont inspirés et fabriqués par des agents infiltrés du FBI. Et dans la mouvance « altermondialiste » et « black block » on a récemment découvert que le « noyau dur des activistes », ceux qui impulsaient les opérations et étaient moteurs de tous les combats, étaient tous des infiltrés de la police britannique et allemande. Mohammed Merah, gamin perdu des banlieues ne fait pas exception… un « patsy » comme on dit aux Etats-unis.

Mohamed Merah aurait découvert qu’il était manipulé par les services du renseignement français

[Le Monde 12/06/2012]

Mohamed Merah, « le tueur au scooter » qui a assassiné sept personnes en mars dans le sud de la France, aurait découvert juste avant sa mort qu’un de ses amis, qu’il pensait être un djihadiste, était un agent des services du renseignement français, affirme un quotidien algérien, qui aurait visionné des vidéos-testaments.

« Je suis innocent. Je découvre que mon meilleur ami Zouheir travaille pour les services secrets français », dirait Merah, 23 ans, dans cette vidéo-testament où il se filme lui-même peu avant d’être tué par la police, selon une traduction en arabe de ses propos publiée par le quotidien arabophone Echourouk et retraduite en français par l’AFP.

« VA EN ENFER ESPÈCE DE TRAÎTRE »

Zouheir, selon le même journal, faisait partie de l’équipe qui tentait alors de négocier sa reddition alors qu’il était enfermé dans son appartement, à Toulouse (sud-ouest de la France), assiégé par les forces de sécurité, après qu’il eut assassiné trois militaires français et quatre personnes, dont trois enfants, dans une école juive.

« Tu m’as envoyé en Irak, au Pakistan et en Syrie pour aider les musulmans. Et tu te révèles finalement un criminel et un capitaine des services français. J’aurais jamais cru ça », lance Merah à l’adresse de Zouheir. « Va en enfer espèce de traître », ajoute-t-il. « Vous allez me tuer sans aucune raison. C’est vous qui m’avez entraîné dans cette situation. Je ne te pardonnerai jamais. » (suite…)


On avait bien rigolé avec le SMS de Sarkozy à Cécilia = « Si tu reviens j’arrête tout »… voici maintenant le « bitch fight » entre les deux  compagnes du Président ! Comme dit notre copain Tim Carr: « You French… you’re trying so hard but you still end up being… so French! »  – Du pur Eugène Labiche au XXIè Siècle !

Valérie Trierweiler encourage Falorni contre Royal

[Le Monde – 12/06/2012]

La situation était déjà tendue dans la 1re circonscription  de Charente-Maritime où s’affronteront dimanche 17 juin, au second tour des législatives, dans un duel fratricide, Ségolène Royal, candidate investie par le Parti socialiste, et Olivier Falorni, candidat PS dissident. Il ne fallait pas plus de 140 signes pour la rendre explosive.

Mardi 12 juin, quelques heures après que Ségolène Royal a annoncé, dans sa profession de foi, avoir reçu le soutien de François Hollande, la compagne du président de la République envoyait un message d’encouragement à son adversaire sur son compte Twitter.

Pendant plus d’une demi-heure, personne ni Mme Trierweiler, ni l’Elysée, n’a confirmé ni démenti ce tweet, avant qu’à 12 h 40, l’AFP annonce avoir eu une confirmation directe de cette dernière, par un « oui » envoyé par SMS.

Un conseiller de l’Elysée qui répondait aux questions du Monde au moment même de cette confirmation a réagi : « Je suis complètement scotché. » « Je m’attendais à des crises gouvernementales, pas conjugales. C’est hallucinant. » Mme Royal est en effet l’ex-compagne de François Hollande, et la mère de ses quatre enfants.

Le Lab d’Europe 1 rappelle une interview que la compagne du président de la République avait accordée à l’hebdomadaire Femme actuelle fin avril dans laquelle elle confiait : « François me fait totalement confiance, sauf pour mes tweets. »

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/06/12/valerie-trierweiler-encourage-falorni-contre-royal_1716981_823448.html


Violences en Tunisie, le couvre-feu instauré

[Le Monde – 12/06/2012]

Une vague de violences sans précédent a éclaté simultanément dans plusieurs régions du pays dans la nuit de lundi à mardi. Elles se sont poursuivies hier,  impliquant des groupes de salafistes et de casseurs. Ils s’en sont pris à des postes de police et à des bâtiments administratifs. Les troubles seraient liés à une exposition à La Marsa (banlieue nord de Tunis) qui s’est tenue du 2 au 10 juin, et dont des œuvres ont été jugées offensantes pour l’islam. Le ministre de la culture tunisien, Mehdi Mabrouk, a d’ailleurs annoncé mardi qu’il allait porter plainte contre les organisateurs de cette exposition intitulée « Printemps des arts« . Face à cette situation explosive, le couvre-feu est entré en vigueur de 21 heures à 5 heures du matin et couvre le « Grand Tunis » (qui comporte quatre gouvernorats) et les gouvernorats de Sousse (Est), Monastir (Est), Jendouba (Nord-Ouest), et Medenine (Sud). C’est la première fois depuis mai 2011 que la capitale tunisienne est soumise à un couvre-feu. L’état d’urgence est toujours en vigueur dans le pays depuis le soulèvement qui a abouti à la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011.

http://www.lemonde.fr

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