John McCain



[Revue de la Défense Nationale  – Bernard Nortain – 7/11/2011]

Peter Dale Scott : La Route vers le nouveau désordre mondial (50 ans d’ambitions secrètes des États-Unis) ; Éditions Demi Lune, collection Résistances, 2010 ; 509 pages.

Voilà un livre passionnant, décapant, on pourrait dire terrifiant en ce qu’il dévoile au lecteur, pourtant averti, les dérives et les pratiques mafieuses d’une démocratie emblématique, miroir de nos sociétés.

La thèse de l’auteur est, en gros, que la perte progressive de contrôle sur les décisions politiques majeures aux États-Unis a fait que le pouvoir a été confisqué de façon occulte, non démocratique, par des groupes de pression et que cette situation a totalement perverti le système politique américain et a notamment conduit au drame du 11 septembre 2001.

L’immense mérite de cet ouvrage est de s’appuyer sur un appareil de notes et de références, une bibliographie — près de 150 pages au total — très complètes et variées qui viennent étayer pas à pas la démonstration de l’auteur.

Partant d’une réflexion sur les États-Unis où les inégalités sociales, la faiblesse de la société civile au niveau fédéral, la puissance des intérêts particuliers, l’auteur, qui n’est pas particulièrement un néo-conservateur, mais plutôt un libéral, tendance gauche, dresse un tableau saisissant de ce qu’il appelle l’État profond. Il décompose le processus historique où les pouvoirs secrets verticaux se sont emparés de la conduite de l’action publique, et où la prise de décision politique à huis clos accorde la priorité à la sécurité et à la préservation d’intérêts privés particulièrement ceux des exportateurs d’armements et des firmes pétrolières.

Son analyse est particulièrement pertinente et convaincante dans sa description de la politique du trio Nixon-Kissinger-Rockefeller, censée contrer les progressistes et qui a conduit à renforcer les mouvements réactionnaires islamistes, mais aussi à soutenir les intérêts des pétroliers. Il met en évidence le rôle de Nixon ou plutôt sa paranoïa dans la dégradation du processus bureaucratique et démocratique de mise en œuvre de la politique et dans l’amplification du pouvoir secret. En passant il faut noter une analyse intéressante du Watergate.

À ce stade apparaît le couple diabolique, aux yeux de l’auteur, Cheney-Rumsfeld et son implication dans la planification du projet ultrasecret de Continuité du Gouvernement (COG) qui cacherait, selon l’auteur, un programme de prise de pouvoir illégal et dont il traite longuement à propos du déroulement des événements du 11 septembre pour expliquer certaines incohérences dans la version officielle. (suite…)


Tandis que Christine Ockrent s’extasie sur « l’incroyable rigueur et le professionalisme des journalistes » de la chaîne de Murdoch, des milliers de « Fox-watchers » aux Etats-unis traquent chaque jour les mensonges, la manipulation, la mauvaise-foi de cet outil de propagande au service du lobby militaro-industriel… Regarder « Fox News » est hallucinant, on croirait une télévision nord-coréenne.

Mais en plus subtil, car comme disait Vaclav Havel : »L’avantage de la propagande, comparée aux médias modernes, c’est que la propagande, tout le monde savait que c’était des mensonges. Avec les médias modernes, les mensonges sont encore plus gros, mais on s’en rend pas compte, parce qu’on est aveuglé par les paillettes et l’illusion démocratique ».

[Tim Carr – IES Media Cooperative – 5/11/2008 – Trad. Gregor Seither]

La chaîne ultra-conservatrice « Fox News » de Ruppert Murdoch aime bien se présenter comme l’unique média « équitable et objectif » (fair and balanced). Or la réalité est loin du compte : l’une des caractéristiques de sa couverture de la campagne, notamment dans les derniers jours avant l’élection, a été l’insistance constante sur le fait que « l’écart entre les deux candidats est minime » et que John McCain « remonte nettement dans les sondages ». L’assurance et la fréquence avec laquelle les présentateurs de la chaîne ont répété cette mantra a fini par lui donner réalité – au point que les médias français, dont le Monde et le Figaro s’en sont fait écho – alors qu’aucun sondage ne permettait à aucun moment de vérifier l’information

De fait, la totalité des grands instituts de sondage indiquaient l’inverse, seuls quelques petits instituts, généralement partisans ou bien concentrés sur des régions géographiques bien précises donnaient des résultats contraires… mais c’est sur ceux là que Fox News a choisi de se concentrer, comme si elle était plus intéressé par faire de la propagande Pro-Républicains que par son métier de journaliste…

Voici une brève chronologie de cette manipulation médiatique à grande échelle :

(suite…)


[Tim Carr – IES News Service – 09/09/2008]
Une enquête d’opinion The Washington Post/ABC News, publié aujourd’hui, fait apparaître un net avantage pour John McCain, le candidat Républicain, parmi les électrices blanches, surtout depuis qu’il a nommé Sarah Palin comme colistière (et future Vice-Présidente en cas de victoire).

Les intentions de vote sont désormais égales, 47% pour Obama, 46% pour McCain.

Avant la convention Démocrate, 50% des électrices blanches avaient déclaré vouloir voter pour Barack Obama (contre 42% pour McCain). Aujourd’hui McCain est en tête de 12 points chez les femmes blanches, 53 % contre 41 % , selon ce sondage.

Pour Janneth Szabo, directrice de la Progressive Politics Foundation : « ce sondage est caractéristique du clivage racial qui souille encore notre pays. Les électeurs Démocrates blancs préferrent encore voter pour quelqu’un qui est à l’opposé de leurs opinions politiques plutôt que de voter pour un Noir. Et l’électorat féminin préfère voter pour un foufounne, même d’extrème droite plutot que pour un candidat qui défend ses valeurs. C’est navrant ! »


POLICHINELLES DANS LE PLACARD ET DANS LE JARDIN
[Chronique hebdomadaire de Philippe Randa – 04/09/2008]
Les États-Unis d’Amérique, actuelle première puissance militaire du Monde auto-proclamée gendarme de celui-ci, sont en pleine campagne électorale pour désigner leur prochain président. Élection qui ne manquera pas d’avoir à l’évidence des répercussions sur les autres pays en général… et en particulier sur l’Irak et l’Afghanistan où leurs soldats sont si mal engagés.

Qui pourrait décider du sort des urnes et du futur locataire de la Maison-Blanche ? Peut-être les galipettes de la fille aînée de l’éventuelle vice-présidente du camp républicain. Galipettes hors mariage dont un polichinelle de cinq mois arrondi le ventre de la maman. À cause de cet intempestif marivaudage, John McCain pourrait voir la victoire lui échapper. Les Américains sont comme cela. On ne badine pas avec l’amour en dehors des liens sacrés du mariage, pour ne pas dire des liens si serrés de celui-ci.

« Ils sont fous, ces Américains ! », pense Obélix… car vu d’Europe, cela laisse quelque peu perplexe. Et vu de France encore davantage après le deuxième divorce, suivi du remariage à la hussarde de notre actuel Président… et dont le gouvernement donne un rare exemple d’efficacité dans la lutte contre la dénatalité avec une garde des Sceaux qui attend elle aussi un heureux événement. Sans père officiel. Cette pauvre Dame a une vie privée « tellement compliquée », avoue-t-elle… et qui complique en tout cas celle des autres, notamment de l’ancien chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar, obligé de démentir être le géniteur. À quand le même démenti de l’Élysée et pourquoi pas, pendant qu’on y est, d’Amélie Mauresmo ?

Non, ce n’est pas ce polichinelle-là qui ébranle la sérénité politique de notre pays, mais la suite de « L’enquête corse », excellente bande dessinée devenue excellent film de divertissement, où Christian Clavier et Jean Reno tenaient les premiers rôles. Jack Palmer est toujours à l’affiche, mais Ange Léoni a laissé son rôle à notre omniprésent Président… Les figurants sont les mêmes – des Corses d’origine parfaitement contrôlée et garantie – et le scénario, un peu mince, tient en quelques heures d’occupation illégitime de jardin par des polichinelles du canal assoiffé. Conséquence, le Préfet perd sa sinécure ensoleillée et toute l’opposition trouve là une occasion de se rappeler au bon souvenir des électeurs.

Vu d’outre-atlantique, nul doute que cela laisse à son tour Batman quelque peu perplexe, lui aussi !
© Philippe Randa est écrivain et éditeur (www.dualpha.com).


[Grégoire Seither – IES News Service – 16/04/2008]

Il faut regarder la réalité en face : A l’heure qu’il est, dans la campagne des primaires aux Etats-unis, le Parti Républicain dispose de suffisamment de « grands électeurs » pour battre Hillary Clinton – et il ne lui en manque plus que 23 pour battre Barack Obama.

Quoi qu’en dise la presse et sa Obamamania, John McCain est bien parti pour devenir président, en novembre prochain.

Dans la dernière livraison de son bulletin, le fin connaisseur du paysage politique U.S. qu’est Sam Smith nous propose un ensemble de cartes et graphiques qui dressent un panorama politique bien différent de ce que les médias U.S. et européens nous racontent. Certains chiffres feront grincer des dents ceux qui croient que c’est joué, d’autres rempliront d’aise les Obamaniaques… mais dans tous les cas c’est une analyse importante pour comprendre la situation politique actuelle aux Etats-unis.

VOTES POUR OBAMA (Démocrates en bleu)

VOTES POUR CLINTON (Républicains en rouge)

La carte ci-dessous montre les soi-disant « Etats rouges » (le rouge est la couleur des Républicains) dans lesquels, en 2006, le Parti Démocrate a soit gagné les élections sénatoriales ou est passé à moins de cinq points de la victoire. Elle illustre l’échec de la métaphore bicolore, tant utilisée par les médias.

D’une manière générale, comme le montre le tableau ci-dessous, la stagnation politique des Démocrates est une tendance durable depuis 40 ans, de moins en moins de gens se déclarant pour cette famille politique. Le dernier sondage Harris sur ce sujet date de l’an passé mais rien ne laisse indiquer qu’il y ait eu une grande évolution ces derniers mois.

Le tableau ci-dessus (et les autres sur la page de la Progressive Review) montre à quel point, malgré les bons résultats de mardi dernier – les Démocrates ont encore du chemin à faire avant d’arriver à la Maison Blanche.

(La suite, très intéressante) : http://prorev.com/electmap.htm


[Gregor Seither – IES News Service – 02/04/2008]

Dans son discours de Selma, le candidat Barack Obama a pointé du doigt les fractures raciales qui accablent les Etats-unis. La fracture de la réussite (achievement gap) qui voit les Noirs et les Basanés stagner à l’école, à l’université et dans le monde du travail… la fracture médicale (health gap) qui voit la communauté Noire ravagée par des maladies et des mauvais soins que la communauté Blanche ne connaît presque pas…

Mais ces « fractures » ne sont que les plus visibles. Quiconque a vécu un minimum de temps dans les « quartiers » et les « zones oubliées » des Etats-unis, dans les ghettos urbains ou les déserts ruraux, sait qu’il y a de nombreuses autres fractures, tout aussi profondes, qui affectent jour après jour tous ceux qui n’ont pas eu la chance de naître avec la peau blanche… et que la société étatsunienne dans sa majorité, refuse de prendre en compte :

La fracture de la prison qui fait qu’il y a six fois plus de Noirs derrière les barreaux que de Blancs;

La fracture de la propriété immobilière, qui voit 72,7% des Blancs être propriétaire de leur logement, contre 48,2% de la population Noire;

La fracture de l’assurance maladie, dans laquelle 71,4% de la population Blanche bénéficie d’une couverture santé contre seulement 53,9%  de la population Noire;

La fracture du revenu, qui voit le revenu moyen annuel de la population Blanche dépasser de 20 000 dollars celui de la population Noire;

La fracture de la pauvreté,  dans une société ou 8,7% de la population Blanche vit en dessous du seuil de pauvreté, contre 24,7% de la population Noire;

La fracture du chomage,  qui fait que seulement 5,7% de la population Blanche est au chomage, tandis que 13,2% des Noirs n’a pas de travail;

La fracture du bonheur,  dans laquelle 72% des jeunes Blancs déclarent que – d’une manière générale – ils sont heureux, tandis que seulement 56% de leurs homologues Noirs pense la même chose;

La fracture de la mort violente, qui voit 49% des victimes de meurtres aux Etats-unis (presque un meurtre sur deux) être issu de la communauté Noire, alors que celle-ci ne représente que 13% de la population totale du pays.


L’erreur de Lieven, c’est de croire qu’une présidence McCain sera forcément différente (en négatif) d’une présidence Clinton ou Obama. Si on se souvient de l’époque Clinton, les Etats-Unis n’étaient pas moins obnubilés de leur « mission civilisatrice » qu’ils ne le sont maintenant… et il y a un paquet de néo-cons impérialistes dans l’équipe de campagne de Obama. Quand à leur soutien à Israël, ils sont tous les trois fermement du côté des faucons.

Enfin, si on regarde le bilan politique des Démocrates – surtout depuis qu’ils ont le pouvoir au Congrès, il faut quand même rappeler que, mis à part un tout petit nombre de ‘radicaux’, aucun élu Démocrate ne s’est jamais opposé à la politique impérialiste de George W. Bush.

L’idéologie politique de McCain est peut-être dangereuse, mais elle n’est pas si éloignée de celle pratiquée tous les jours par Clinton, Obama, Pelosi et autres…

Et si McCain dit qu’il veut continuer à faire la guerre pendant encore cent ans, il n’est pas certain qu’un président Démocrate rangera pour autant les armes au vestiaire. Souvenez vous des bombes « humanitaires » de Clinton sur la Yougoslavie…

Mc Cain, un dangereux illuminé par Anatol Lieven

[Socio 13 Blog – 27/03/2008 – sur un article de Anatol Lieven, chercheur britannique
par dans le Financial Times- traduit et reproduit dans Courrier international]

Parce qu’il pense que les Etats-Unis sont “la plus grande force de bien dans l’histoire de l’humanité”, le candidat républicain pourrait être un président plus dangereux que George Bush, prévient le chercheur britannique Anatol Lieven*.

Certes le cirque électoral aux etats-Unis et désormais en France consiste à se faire peur tant on vote de moins en moins pour quelqu’un ou pour un programme et de plus en plus par haine de l’autre mais ce portrait de John McCain présente quelque intérêt.

D’abord parce que les électeurs nord-américains imposent leur “choix” au reste de l’humanité. Ensuite parce que je suis tout à fait d’accord avec l’idée que la politique des Etats-Unis depuis quelques années a consisté à accumuler sur tous les continents des poudrières et voici que surgit terminator, celui qui sera prêt, parce qu’il est convaincu que Dieu protège et bénit les Etats-Unis, à faire exploser le feu d’artifice.

Il semble peut-être incroyable de dire une chose pareille compte tenu des expériences passées mais, dans quelques années, c’est peut-être avec nostalgie que l’Europe et le monde repenseront à l’administration Bush. Ce sera le cas si les Etats-Unis élisent John McCain en novembre prochain. Au cours des dernières années, les Etats-Unis ont créé des poudrières dans différentes parties du monde. Et le Parti républicain est aujourd’hui sur le point de désigner comme candidat une allumette susceptible de mettre le feu aux poudres.

Le problème que pose John McCain vient de son idéologie, de sa politique et surtout de sa personnalité. Son idéologie, comme celle de ses principaux conseillers, est celle d’un néoconservateur. Il était par le passé considéré comme un conservateur de la vieille école, un réaliste. Actuellement, les réalistes qui figurent dans son équipe n’ont plus qu’un rôle décoratif.

Poussé en partie par son intense engagement en faveur de la guerre d’Irak, John McCain s’appuie sur des néoconservateurs comme William Kristol, de l’hebdomadaire Weekly Standard, qui est un ami proche. En politique étrangère, il a pour principal conseiller Randy Scheunemann, autre néoconservateur en vue et fondateur du Comité pour la libération de l’Irak.

John McCain partage leur foi dans ce que William Kristol appelle “le conservatisme de grandeur nationale.” Il est persuadé que “les Etats-Unis sont le pays indispensable parce que nous nous sommes avérés être la plus grande force du bien dans l’histoire de l’humanité… nous avons fermement l’intention de continuer à utiliser notre primauté dans les affaires mondiales pour le bénéfice de l’humanité.”

“J’instituerai une politique que j’appelle ‘réduction des Etats voyous’. J’armerai, j’entraînerai et j’équiperai des forces qui finiront par renverser le gouvernement en place et instaureront un gouvernement démocratiquement élu”, avait, pour sa part, déclaré John McCain en 2000, en se fondant sur le programme néoconservateur d’instauration de la démocratie par la force.

John McCain souhaite d’ailleurs qu’on attaque l’Iran si nécessaire pour l’empêcher de développer des armes nucléaires. Il a été filmé, en 2007, en train de chanter “Bombardez, bombardez l’Iran” sur l’air de Barbara Ann des Beach Boys.

Tout cela ne serait pas aussi inquiétant si John McCain n’était pas connu pour sa promptitude à s’enflammer devant les insultes – véritables ou supposées – adressées à lui-même ou au pays.

Depuis que je suis ici, je n’ai connu aucun président avec un caractère pareil”, explique le sénateur républicain Thad Cochran.

Voilà pourquoi ce ne sont pas seulement les électeurs américains qui devront mettre à profit les neuf mois à venir pour réfléchir aux conséquences d’une élection de John McCain à la tête des Etats-Unis.

Les gouvernements européens doivent aussi se poser la question et songer à la façon d’empêcher un gouvernement McCain de poursuivre une politique incendiaire, ou si nécessaire de protéger l’Europe des conflagrations qui en découleraient.

* Auteur de Le Nouveau Nationalisme américain (éd. Folio Essais, 2006)

http://socio13.wordpress.com/2008/03/27/mc-cain-un-dangereux-illumine-par-anatol-lieven/


[Greg Palast – 28/02/2008 – Traduction : Grégoire Seither]

Dix neuf ans, dix neuf putain d’années, ça commence à bien faire… Je suis navré si mes paroles vous choquent, mais quand je pense à ce qu’ils ont fait à Paul Kompkoff, je n’ai plus envie de rester poli.Chugach Native 'Bear' of New Chenega, Alaska

Le mois prochain, cela fera 19 ans que le Exxon Valdez a déversé son chargement de pétrole brut dans les eaux du Prince William Sound en Alaska. Une gigantesque partie de ce pétrole est venu polluer les eaux et les territoires de pèche de la nation Chénega. Paul Kompkoff chassait les phoques à la manière traditionnelle et nourissait son village avec son activité. Jusqu’à ce que Exxon tue les phoques et empoisonne la chaîne alimentaire de la nation Chénega.

A l’époque, devant les caméras de télévision, les avocats et les communicants de la société répétaient à qui voulait l’entendre que tout cela était un « terrible accident » et que, bien sûr, la compagnie pétrolière paierait le nettoyage et verserait des dédommagements à tous ceux que la marée noire avait lésé.

Aujourd’hui, devant la Cour Suprème des Etats-unis, la grande compagnie pétrolière – par la bouche de l’armée d’avocats qu’elle a embauché – revient sur sa parole et affirme qu’elle n’est pas obligée de payer le moindre dédomagement à Paul et aux autres pécheurs, malgré un jugement rendu par le tribunal qui les oblige à le faire.

De toute façon, ils ne pourront pas dédommager Paul. Il est mort entretemps.

Cela faisait partie du plan d’Exxon, d’ailleurs.

Ils me l’ont dit texto, en 1990 et 1991, quand je travaillais comme expert conseil pour les nations Chenega et Chugach de l’Alaska. Les conseils des villages cherchaient un moyen d’obliger Exxon à payer des dédomagements afin d’empécher la mort économique des villages isolés, totalement privés de revenus et de subsistance par la pollution causée par la marée noire.

A l’époque Exxon avait tenté de nous dissuader en disant, “De toute façon, nous pouvons faire trainer l’affaire tellement longtemps dans les tribunaux, jusqu’à ce que vous soyez tous morts, vous et vos villages.”

Ils sont sympas ces mecs, non ? Mais après tout, ils auraient tort de se gêner.

Mais Exxon n’était pas tout seul dans cette infamie. Ils avaient des amis haut-placés pour les soutenir. L’un de ces soutiens était un ancien directeur de compagnie d’exploitation pétrolière (qui n’avait jamais réussi à trouver quoi que ce soit) et que tout le monde appelait « Deubeliou ». Vous le connaissez ?

Exxon est le deuxième plus gros donateur politique de la carrière de George W. Bush, juste après Enron. Ils formaient une équipe, Exxon et Enron.

Pour couvrir leurs arrières et leurs coffre-forts, le PDG d’Enron Ken Lay (à l’époque il n’était pas encore en prison) avait mis sur pied et financé un groupe de lobbying soi-disant « populaire » et portant le nom de « Texans for Law Suit Reform » (Texans pour une réforme de la législation sur les dommages et intérêts). Le but de ce groupe de pression était de changer la loi afin que les consommateurs lésés, les actionnaires escroqués et les indigènes dévastés ne puissent plus se retourner contre les grands groupes malhonnètes qui les avaient mis dans la m… et trainer leurs PDG devant les tribunaux .

Quand leur copain « Deubeliou » a eu son job à Washington, Enron et Exxon ont fait pression pour que leur vieil ami John Roberts soit nommé à la Cour Suprème. C’était un choix judicieux… (suite…)


[Tim Carr – IES New Service – 20/03/2008]

Hier jeudi, le pasteur John Hagee, chrétien fondamentaliste, fondateur de l’association sioniste-chrétienne Christians United for Israel et conseiller spirituel du candidat John McCain, a appelé publiquement les « véritables chrétiens de ce pays » à voter pour John McCain, « un homme de principes qui ne fait pas que partager nos valeurs, il en est l’expression courageuse ».

John McCain – qui attendait cet appui depuis le début de sa campagne – a déclaré qu’il était « très honoré par ce soutien public apporté par le pasteur John Hagee, un homme de foi et de droiture. »

Alors que l’amérique continue de commenter les déclarations « radicales » du pasteur Wright, ami de Barack Obama, personne ne s’émeut du soutien apporté par Hagee à McCain. Pourtant, les déclarations de Hagee – dont la paroisse immédiate compte plus de 20 000 fidèles et qui prèche chaque dimanche, via la télévision, à plusieurs millions de personnes – sont bien plus « radicales » (pour ne pas dire totalement cinglées) que celles de Wright.

Ainsi, ces deux dernières années, son mouvement milite ouvertement pour une attaque préventive contre l’Iran, menée conjointement par Israël et les Etats-unis « afin d’accomplir la mission que dieu nous a confiés et déclencher le retour du christ. La bible nous dit clairement que la fin du monde sera déclenchée par une confrontation avec l’Iran. En lançant cette confrontation, nous hâtons le ravissement des justes, la grande tribulation et enfin la deuxième venue du Christ ».

Récemment encore, lors d’un diner organisé par le lobby Pro-Israël AIPAC, le pasteur Hagee a expliqué que « l’Iran c’est l’Allemagne de 1930 et Ahmadinedjad c’est Hitler. Nous devons agir vite et de manière préventive, avant qu’il n’ait les moyens de faire ce que les Nazis ont fait ».

Le soutien de Hagee ne fait pas que des heureux dans le camp Républicain. Ainsi un des supporters influents de John McCain, William Donohue, président de l’utraconservative Catholic League a traité Hagee de « bigot, » et rappelé que le pasteur d’extrème droite n’a jamais cessé « de mener une guerre des mots impitoyable contre l’église catholique, l’appelant ‘La Grande Prostituée,’ la traîtant de ‘église d’apostats’, dirigée par un pape qui est ‘anti-Christ,’ et qui a instauré un culte païen, préchant des fausses valeurs’ »

Pour Hagee, « les juifs sont le peuple élu et ce n’est qu’en soutenant Israël que les chrétiens peuvent hâter le retour du christ » (qui, ensuite, convertira les juifs au christianisme et brûlera les récalcitrants dans la Géhenne).

C’est la raison pour laquelle – toujours selon Hagee – « il ne peut y avoir d’accord entre les chrétiens et l’islam. L’islam est une religion du diable dont le but est de tuer les juifs pour empécher la venue du christ. Et comme l’Amérique est une nation favorisée par dieu, les musulmans veulent la détruire, parce qu’ils détestent dieu »

En 2006, lors d’un sermon à Lynchburg, Hagee avait expliqué que « la nature même de l’islam est le meutre de ceux qui ne croient pas en lui. »

Le problème que nous avons en Amérique, c’est que le peuple américain n’a pas encore compris que la guerre a commencé. C’est une guerre de religion.

Ils ne nous détestent pas seulement parce que nous sommes libres. Ils nous détestent parce qu’ils ont été élevés dans une religion qui les oblige à nous détester. Ils boivent la haine avec le lait de leur mères.

L’islam est une doctrine de mort. Leur plus grand désir, leur espoir, leur ambition, leur plus grand honeur est de mourrir dans une guerre contre les infidèles. Et les infidèles, c’est vous.

Et vous ne pouvez rien faire pour les amadouer. Ils n’ont pas d’autre ambition que celle de nous tuer. Et c’est pour cela que les musulmans sont si dangereux et doivent être combattus ».


[Sam Smith – Undernews – 15/03/2008 – Traduction : Grégoire Seither]

Hillary Clinton a raison quand elle dit que Barack Obama n’a pas assez d’expérience.

Il n’a pas assez d’expérience avec nous.

Nous avons passé ces 16 dernières années à lire, entendre et débattre autour de la personne de Hillary Rodham-Clinton et, si elle devait être élue, nous ne devrions pas être excessivement surpris des décisions qu’elle prendrait… au contraire, nous savons trop bien ce qui nous attend.

Par contre, la prise de conscience du public vis à vis de Barack Obama remonte à moins d’un an et est basée essentiellement sur une image fabriquée par les communicants, sur de la rhétorique, quelques photos avantageuses soigneusement sélectionnées et enfin une base de fans enthousiastes dont l’approche est plus affective que politique. Ce théâtre médiatique, cette fabrication communicante est tellement efficace que même les plus cyniques des commentateurs politiques de ce pays semblent avoir oublié qu’il y a trois ans, presque personne n’avait entendu parler du sénateur de l’Illinois, un certain Barack.. comment déjà ?

(…)
Alors prenez la peine de fermer les yeux un instant, d’éliminer le bruit médiatique, d’oublier les noms des candidats qui se bousculent aux primaires… et regardez cette campagne électorale en face : quelle image nous renvoie t’elle ?

Celle d’une nation prise au piège d’une guerre-bourbier qui dévore chaque jour des millions de dollars d’argent public.

Celle d’une économie glissant sur le toboggan de la plus grave crise économique depuis 1929.

Celle d’un pays confronté à de multiples périls environnementaux, climatiques et sociaux, et dont tout le monde sait qu’elle n’a pas les moyens d’en affronter ne serais-ce qu’un seul. Katrina n’était pas une exception et encore moins un avertissement, c’était une répétition générale d’une pièce qui sera jouée à plusieurs reprises dans l’avenir.

Celle d’une population qui a peur, peur de se faire mal voir par les innombrables agences de police qui nous surveillent pour mieux nous protéger, peur du terroriste, peur du voisin qui pourrait nous piquer notre place, peur de perdre notre mode de vie, peur de ces étrangers à notre porte, peur de ceux qui ne sont pas comme nous…

Face à tout cela, quel choix avons nous ? Nous pouvons opter pour un excentrique d’extrême droite, militariste et colérique, au comportement imprévisible et à la durée de vie incertaine. Ou alors nous pouvons choisir un quasi inconnu, un homme que nous n’avons encore jamais vu à l’oeuvre et qui n’a pas encore eu l’occasion de faire ses preuves. Un novice qui ne nous a pas encore expliqué de manière précise ce qu’il compte faire une fois arrivé à la Maison Blanche… et qui ne peut pas se prévaloir d’un très bon bilan de mandat au cours de ces quatre dernières années, depuis qu’il est apparu sur la scène politique Washingtonienne.

Le c hoix semble coincé quelque part entre l’incurie et l’irréfléchi. Les deux candidats sont arrivés là où ils sont parce qu’ils ont réussi à personifier des symboles mythiques, ils représentent les rèves que bon nombre d’Américains projettent sur eux. Personne ne voit le vrai McCain ou le vrai Obama… tout le monde ne voit que ce qu’il projette sur leur personne.

A une époque où l’Amérique a désespérément besoin d’ouvrir les yeux et de se confronter à la réalité, nous refusons d’éteindre la télévision et nous enthousiasmons pour des chimères médiatiques. Le prix à payer pour ces rêveries sera énorme.


[Gregor Seither – IES News Service – 19/03/2008]

Si vous êtes un tant soit peu familier du Sénateur et candidat à la présidentielle John McCain, vous connaissez sa réputation de colérique. Sa colère a plusieurs fois explosé à la plus petite provocation, y compris vis à vis de ses collègues et amis Républicains.

« L’idée même que McCain puisse devenir le président de notre pays me fait froid dans le dos. C’est un homme capricieux et imprévisible, il n’a pas les nerfs très solides et perd rapidement son calme… et tout cela m’inquiète » écrit le Sénateur Républicain Thad Cochran, malgré le fait qu’il ait soutenu la candidature de McCain aux primaires Républicaines.

Vous avez certainement également entendu parler de son caractère tétu. « Quand il a une idée en tête, aucun avis divergent, aucune opinion contradictoire, aussi raisonnable soit-elle, n’est accepté » explique le général Larry Wilkerson, ancien assistant en chef du Secrétaire d’Etat Colin Powell et collaborateur de longue date de McCain. « Certains appellent cela de l’arrogance, de l’hubris. Moi je dirais qu’il a tendance à être trop fier et que cela lui nuit. C’est une caractéristique de sa personnalité qui me dérange« .

Mais il y a un autre aspect de la personnalité de McCain que vous ne connaissez peut-être pas. C’est celui qui risque d’influencer ses décisions quand il sera Commandant en chef des armées.

Tout au long de sa carrière politique, John McCain a systématiquement favorisé – presque comme un reflexe – l’usage de la force écrasante de la puissance américaine. (suite…)


Et dire qu’aux U.S.A ils font des gorges chaudes parceque le conseiller spirituel d’Obama a osé dire que le 11-septembre était un juste retour des choses pour l’impérialisme américain…

Pour ma part, je trouve le « réverend Hagee » bien plus scandaleux… et l’idée que ce mec « conseille » le peut-être futur président américain me fout les jetons… bien plus que le pasteur Wright, conseiller d’Obama.

De toute évidence le pasteur Hagee conseille aussi spirituellement des hommes politiques français, comme Christian Vaneste à Tourcoing ou Claude Goasguen à Paris…

QUELQUES EXTRAITS DES DISCOURS DU PASTEUR JOHN HAGEE, CONSEILLER SPIRITUEL DE JOHN MCCAIN, ET DONT LA PRESSE A OMIS DE VOUS PARLER

[Media Matters – 16/03/2008 – Trad. Grégoire Seither]

1. Tous les cyclones sont des actes de dieu, car c’est dieu qui contrôle les cieux. Je suis convaincu que la Nouvelle-Orléans vivait dans un état de péché qui offensait dieu, et que c’est pour cela qu’ils ont recu le jugement de dieu que nous avons tous vu.

La presse nationale s’est bien gardée de donner une information que j’ai trouvé dans mon journal local : le jour où Katrina a frappé la ville, ce lundi même, il était prévu une parade homosexuelle au coeur de la ville. Et les organisateurs de cette parade se vantaient, dans leurs dépliants et affiches, que le niveau de sexualité exhibée au cours de cette parade allait dépasser tout ce qui avait jamais été osé auparavant, dans toutes les Gay Pride précédentes.

En conséquence, nous voyons bien, sans le moindre doute, que le jugement de dieu est une réalité. Je sais qu’il y a des gens qui doutent de ceci, mais je vous dis que la Bible nous apprend que – si vous violez la loi de dieu, alors dieu vous apportera le chatiment, et il le fait parfois avant le jour du jugement dernier. Et je suis convaincu que le cyclone Katrina était fait le jugement de dieu contre la ville de la Nouvelle Orléans, pour s’être vautrée dans la luxure et le péché homosexuel. ( . ..) « 

2. Vous ne pouvez pas vous prétendre chrétien et justifier ou tolérer l’homosexualité. Il n’y a aucune justification ou acceptation possible pour l’homosexualité. La Bible est formelle : la seule attitude admise pour un chrétien vis à vis de l’homosexualité est de tenter de guérir l’homosexuel de son péché. S’il refuse de guérir, alors il doit être rejeté loin de la communauté. »

3. Tolérer l’homosexualité signifie oeuvrer pour la destruction de la société civilisée car si les homosexuels sont très forts pour recruter des adeptes, ils sont incapables de se reproduire. Une société qui tolère que des homosexuels dénigrent par leur mode de vie, le modèle divin de la famille reproductrice, est une société qui va droit vers sa perte. »

4. Quelle différence y a t’il entre une femme souffrant de syndrome prémenstruel et un doberman qui gronde et montre ses dents ? La femme porte du rouge à lèvres. »

5. Quelle différence y a t’il entre un terroriste et une femme souffrant de syndrome prémenstruel ? On peut toujours négocier avec un terroriste. »

6. Seule une femme qui a été touchée par la grâce de l’esprit saint pourra se soumettre au commandement de son mari. La nature même de la femme est telle qu’elle désirera toujours commander à l’homme, et comme elle ne peut triompher par la force, elle tentera de le faire par la manipulation et la ruse. »

7. La guerre des sexes a commencé dans le livre de la Génèse, chapitre 3, paragraphe 16; quand dieu se tourne vers la femme et lui dit : « Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » Le grand érudit Meir Zolotowitz a écrit, « La punition divine de la femme est un juste retour des choses. Elle a manipulé son mari et lui est tombé dans le péché en mangeant le fruit sur son incitation. Sa punition est que, dorénavant, son conseil sera inférieur à celui de son mari et que c’est l’homme qui aura le commandement des affaires« .


[Le Monde.fr – 7/03/2008]

La décision du Pentagone d’acheter ses avions ravitailleurs auprès du tandem EADS-Northrop Grumman et non auprès de Boeing, le « fournisseur maison » traditionnel, suscite un nouvel élan de patriotisme économique aux Etats-Unis.

Menaces pour la sécurité nationale en raison de la fabrication de certaines pièces à l’étranger, danger pour l’emploi aux Etats-Unis, contestation de l’appel d’offres qui aurait été modifié sans que Boeing le sache… Les opposants au choix du ministère de la défense multiplient les angles d’attaque.

Dans un pays où les avocats sont rois, nul n’imaginait que le choix du Pentagone resterait sans réactions. Celles-ci étaient d’autant plus attendues que ce succès d’EADS est en partie du à John McCain.

Durant des années, ce sénateur, qui n’était pas encore candidat républicain à la Maison Blanche, a dénoncé les liens entre le Pentagone et Boeing obligeant l’armée à revoir de fond en comble ses appels d’offres.

En pleine campagne électorale, les démocrates mais aussi les républicains, qui abritent des usines de Boeing dans leurs circonscriptions, ne pouvaient rester sans réagir.»…

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/03/07/patriotisme-mal-place_1019953_3232.html

Comment EADS a décroché le contrat du siècle

[Challenges – 7/03/2008]
Au cours du troisième trimestre 2007, Ralph Crosby, patron d’EADS aux Etats-Unis, était sur de tenir le bon bout du contrat mirifique qu’il négocie depuis cinq ans avec ses anciens amis de l’US Air Force, dont il est issu : la fourniture, à partir de 2013, pour 40 milliards de dollars, de 179 avions ravitailleurs en remplacement des KC-135. Des quadriréacteurs dérivés du Boeing 707, la première génération des avions à réaction qui ont vu le jour au début des années 1960… Ces réservoirs volants (tankers) donnent aux chasseurs et aux bombardiers, qui se ravitaillent en vol, une autonomie presque illimitée.

Jusqu’à la fin 2007, Ralph Crosby, ancien chef d’état-major du vice-président des Etats-Unis, recevait des informations encourageantes du Pentagone : les notes attribuées sur les différents éléments du programme KC-30, dérivé de l’Airbus A330, étaient excellentes, souvent supérieures à celles de la plupart des dossiers soumis – et gagnés lors de ses précédentes fonctions au sein de Northrop Grumman, dont il a été le numéro deux, chargé notamment du programme ultrasecret du bombardier furtif B-2. Il n’imaginait pas que Boeing, avec son KC-767, issu d’un avion plus ancien, puisse avoir des notes supérieures.

Mais, depuis le début de l’année, plus de nouvelles. «Campagne électorale aidant, le climat avait semblé se retourner, au moins sur le plan médiatique», nous confie Louis Gallois, président d’EADS. Aussi, quand le 29 février, l’US Air Force annonce avoir donné sa préférence «au consortium Northrop Grumman-EADS», la surprise est générale.

Les dirigeants d’EADS apprennent la nouvelle par un simple courriel de Crosby : «We won. Ralf.» Aux Etats-Unis, c’est la tempête. Le représentant du Kansas (où devait être assemblé le Boeing), Todd Tiahrt, déplore que n’ait pas été choisi «un avion américain construit par une entreprise américaine avec des salariés américains». Duncan Hunter, membre de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, s’insurge : «La décision de l’US Air Forceva couter plus de 100000 emplois» aux Etats-Unis, en profitant à «des gouvernements européens qui refusent de nous soutenir dans la guerre contre le terrorisme».»…

http://www.challenges.fr/business/1204758000.CHAP1023974/comment_eads_a_dcroch_le_contrat_du_sicle.html


[Sam Smith – Progressive Review – 29/02/2008 – Trad. Grégoire Seither]
Tous ces petits malins, ces stratèges du Parti Démocrate qui ont traffiqué les primaires de manière à en avoir fini à Paques et pouvoir tranquillement préparer la convention de cet été, risquent de se réveiller avec une très mauvaise surprise. Si les choses continuent comme elles sont parties, Obama va bientot se retrouver tout seul la dehors, en première ligne, mal protégé par un Parti trop poli et pas assez combatif.

En face de lui, il y aura un bataillon des meilleurs disciples de Goebbels, des plus experts manipulateurs d’opinion et fabricants de calomnies de l’histoire politique des Etats-Unis.

La raison pour laquelle les stratèges de l’ancien temps avaient préconisé de laisser courir la campagne des primaires jusqu’en été, était que cela permettait d’ajuster le tir si soudain une controverse prenait racine à propos de l’un de vos poulains.

Mais cette année nous sommes partis en avance et nous avons quasiment limité tous nos choix, alors qu’il nous reste encore 9 mois de campagne à endurer. Un candidat novice va devoir affronter les tueurs du Parti Républicain pendant une longue, longue période. J’en ai des sueurs froides…

C’est toujours bon d’en savoir autant que possible sur le candidat que vous comptez nominer. Même Hillary Clinton a discrètement embauché une armée de détectives privés pour fouiller en détail la vie passée de son mari et de sa famille, avant qu’il ne se déclare candidat.

Voilà ce qui inquiète les Barackistas : leur candidat est une feuille relativement vierge… et il y a déjà des rumeurs qui commencent à pointer le bout de leur nez, à propos du passé de Barack Obama. Des rumeurs, des bruits, des on-dit qui pourraient lui causer de sérieux torts : par exemple les bruits sur ses relations avec certains groupes musulmans anti-israéliens.

Bien sûr, ce n’est pas McCain qui va s’abaisser à jouer cette carte incendiaire… il se contentera de laisser faire Internet et les hordes de blogueurs experts en montage de campagnes salissantes.

Une bonne partie de ces rumeurs est de la pure désinformation, la grande majorité est probablement totalement fausse. Si Obama était un candidat avec une longue histoire politique, connue de tous, il n’aurait pas de soucis à se faire à leur sujet. Mais justement, il n’est pas un vieux candidat, peu de gens connaissent son passé et son « track record »… ce qui laisse la porte ouverte à toutes sortes de rumeur. Et vous pouvez compter sur les propagandistes experts du cabinet noir Républicain pour vous en fabriquer de bien dégueulasse et bien plausibles.

Si quelqu’un s’amusait à lancer des rumeurs sur le comportement de McCain quand il était prisonier des Vietnamiens par exemple, cela n’irait pas loin, parce que tout le monde connait McCain. Mais si surgissait soudain une rumeur bien fabriquée sur Barack Obama, sa jeunesse et sa « virginité » politique offriraient un beau terrain à son développement.

Bien sûr, la gauche Barackista s’imagine que son candidat est une sorte de saint qui marche sur les eaux et que donc nous n’avons pas à nous soucier de ce genre de choses. Mais ça ne se passe pas comme ça en politique. Un candidat qui grimpe comme une fusée peut très bien retomber aussi vite… N’oubliez pas que, en Décembre dernier, parmi les 15 principaux sondeurs, Obama ne dépassait les 30% que chez trois d’entre eux. Il n’a commencé à se détacher du peloton que depuis deux mois… et il y a encore tout plein d’obstacles à franchir et de rendez-vous à honorer d’ici à Novembre.

Un autre point est important à retenir : la ferveur de la gauche vis à vis d’Obama n’est pas partagée par le grand public. Les électeurs des primaires ne sont pas des électeurs comme les autres, ils ne permettent pas de préfigurer ce que sera le comportement des électeurs lors des « vraies » élections. Et pour l’instant Obama n’a dépassé les 50% vis à vis de McCain que dans une poignée de sondages. Cela ne veut pas dire qu’Obama ne sera pas capable de battre McCain – simplement que le chemin à parcourir encore est bien plus dur que les partisans d’Obama ne semblent le croire.

Nous n’y sommes pas encore et en face ils ont mis toute leur énergie à creuser toutes les sortes de chausse-trappes imaginables sur la route.

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