octobre 2007



« Sarkozy nous a tendu un piège » dit le fabiusien Bacheley à propos du nouveau traité « simplifié » remplaçant feu le TCE. C’est une mauvaise plaisanterie : Sarkozy n’a tendu aucun piège au PS puisqu’il ne fait que mettre en œuvre, à la lettre, ce qu’il avait annoncé dans sa campagne électorale. On peut reprocher beaucoup de choses au nouveau président de la république, mais certainement pas d’être infidèle à ses promesses, sur la question européenne comme sur les autres questions. Le seul responsable de ce prétendu « piège » est le parti socialiste lui-même.

Les choses sont en effet très simples : le programme du PS (congrès du Mans) et le programme de la candidate Royal disaient clairement : tout nouveau traité doit être soumis au référendum. A l’unanimité, les socialistes se plaignent du « déficit démocratique » dans la construction de l’Europe. La logique voudrait donc que les socialistes fassent tout leur possible pour contraindre Nicolas Sarkozy à organiser un référendum sur le traité simplifié. Et le seul moyen de le faire est de voter « non » à la révision constitutionnelle préalable à l’adoption du traité par le Parlement. Personne ne demande donc aux socialistes de renoncer à leurs convictions. Les adeptes du traité « relifté » pourront voter « oui » au référendum et même convaincre leurs concitoyens que c’est une bonne chose.

Au lieu de suivre cette logique et cette honnêteté élémentaire, les dirigeants socialistes ont décidé d’apporter un soutien décisif à Nicolas Sarkozy. Les Jouyet, Besson, Kouchner, Bockel and Co ne suffisaient pas. C’est maintenant tout le gratin de la rue de Solferino qui rallie le président sur cette question décisive : la mise hors jeu de la volonté populaire, la liquidation de l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui stipule que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ».

En effet, Moscovici, Poignant et une vingtaine d’autres hiérarques ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient « oui » au parlement, oui à la révision et oui au traité. Mme Royal leur a emboîté le pas. (suite…)

Publicités

[IES News Service / AP – 15/10/2007]
Le fils cadet de Nicolas Sarkozy, Jean, sera jugé le 4 décembre pour « délit de fuite » par le tribunal correctionnel de Paris – la procédure aura mis deux ans ! Le 10 octobre 2005, M’Hamed Bellouti s’est fait emboutir sa voiture place de la Concorde par un scooter qui a pris la fuite, en lui faisant un bras d’honneur. Il a eu le temps de noter l’immatriculation et contacte son assureur qui écrit au propriétaire du scooter en janvier 2006.

En février 2006, la victime présumée porte plainte, qui sera égarée un mois plus tard. Cependant l’assureur a gardé une trace du document et fera connaître l’identité du conducteur du scooter à M. Bellouti. Le frère de ce dernier, militant UMP, se rendra même au QG de campagne de Nicolas Sarkozy où il sera reçu par une secrétaire. Mais sans résultat.

M’Hamed Bellouti décide alors de porter l’affaire au pénal, persuadé que Jean Sarkozy est « protégé » par la police et soucieux de faire valoir ses droits en démocratie. Il est d’autant plus choqué que la police en janvier 2007 retrouve en l’espace de 10 jours et grâce à des analyses ADN, le scooter volé de Jean Sarkozy.

« Quand on lui vole son scooter il y a du zèle, quand il percute ma voiture, il n’y a plus de zèle », s’offusque M. Bellouti.

La presse internationale était là ce mardi pour relater cette nouvelle affaire surréaliste. La présidente de la 10e chambre a déclaré: «Je n’ai pas l’état civil complet de ce monsieur, Jean Sarkozy, et rien sur son casier judiciaire…». L’avocat de Jean Sarkozy, Thierry Herzog, a alors rétorqué: «Ce doit être, en effet, très difficile à trouver. Je crois savoir que son père se prénomme Nicolas et sa mère Marie.» Cette précision a déclenché des éclats de rire de la presse internationale.

M’Hamed Bellouti demande le remboursement des 260 € de dégâts et 4 000 € de dommages et intérêts pour préjudice moral.


[Il manifesto, Los Angeles, samedi 27 octobre 2007 –   Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio]
On les appelle « reverse 911 » (comme le 15 « à l’envers ») les appels téléphoniques de la police aux résidents des zones à risque pour leur notifier l’ordre d’évacuation quand les flammes approchent de leurs quartiers.

Ces dernières semaines il y en a eu des centaines de milliers aux résidents des quartiers des faubourgs assiégés par les incendies californiens. A ceux du moins qui ont le téléphone ; à la différence des milliers d’autres qui appartiennent par contre à la population « ombre » d’une des aires les plus riches d’Amérique, ces gens invisibles qui vivent, souvent dans des campements clandestins, dans des baraques et des tentes plantées dans les canyons à l’écart des villes où ils travaillent au noir : comme gardiens, jardiniers, hommes de service et surtout comme force de travail à bas prix dans les champs de l’Etat qui a le plus florissant secteur agricole d’Amérique. Elles appartenaient aussi à cette population traquée les quatre personnes dont on a retrouvé les restes carbonisés, quelques heures après le départ de Georges Bush, avant-hier (25 octobre, ndt), au fond d’un escarpement derrière San Diego, où ils avaient désespérément cherché à se réfugier des flammes.

Quatre des deux millions de « non-personnes » qui, après le bref mouvement pour les droits des immigrés de l’an dernier, sont aujourd’hui les victimes désignées des rafales de haine qui ont soulevé une vague de xénophobie en Californie et dans tout le pays.

La chasse au sans papier, à coups de rafles nocturnes et de bile déversée sur les blogs, a rendu plus dramatique encore le « sale » secret de cette économie opulente. Pendant que les quatre, trois hommes et une femme sans noms, mouraient dans l’incendie du champ où ils avaient essayé de disparaître de la vue de la société de l’abondance, qui attend leurs services mais nie leur existence, un autre épisode de « justice ethnique » avait lieu quelques kilomètres au nord sur la côte, dans le stade de San Diego transformé en centre pour 10.000 réfugiés.

Le Qualcomm stadium a été le fleuron de ce désastre, géré par les agences de presse comme fond modèle pour les opérations de secours et pour les photos de gouverneur. Et immédiatement désigné par les journaux comme l’anti-Superdome, ce chaos infernal où, après l’ouragan Katrina, des milliers de noirs de New Orléans avaient été abandonnés à eux-mêmes. Le centre de réfugiés « de luxe » a eu à sa disposition des cappuccinos offerts par Starbucks, des revues gratuites, des menus variés et même des massages pour soulager le stress.

Du moins pour les bons réfugiés ; de fait, mercredi (24 octobre, ndt), comme le rapportait un entrefilet dans les pages intérieures des journaux, six clandestins ont été arrêtés au Qalcomm pour « vol de nourriture ». Tolérance zéro donc sur l’alimentation « illicite », et après la déportation sommaire des six, quatre adultes et deux enfants coupables d’avoir ôté la nourriture de la bouche des ayant droits, une vingtaine de familles « non anglophones » ont quitté le centre.

Episode emblématique de la guerre aux pauvres et aux autres qui désormais prévaut en Californie et dans le pays où une démagogie « nativiste », habilement instrumentalisée, est en train de porter ses fruits empoisonnés. Les « clandestins » qui ont aussi perdu dans le chaos californien ces lambeaux de vie précaire qui leur permettait de rassembler quelques sous pour construire leurs remises au Mexique, vivent un désastre caché, hors champ, jamais repris dans le champ des caméras de télés qui filment l’assistance compatissante de Bush et Schwarzenegger.

http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5632 


Lisez l’article complet, c’est TRES intéressant !
Mais il manque juste un truc : compte tenu de la démographie du pays, la langue TURQUE devrait avoir une place majeure en Europe dans les 20 prochaines années. Or elle ne figure nulle part dans les études de l’équipe LEAP.

 

[Global Europe Anticipation Bulletin – 15/04/2007]

L’équipe LEAP/E2020 conduit depuis plus d’une décennie une analyse de terrain très approfondie des tendances lourdes affectant la sphère linguistique dans l’UE. Au-delà de l’intérêt culturel de tels travaux, LEAP/E2020 les conçoit également comme des outils d’aide à la décision tant individuelle (parents pour l’éducation de leurs enfants) que collective (institutions publiques éducatives, universités, états, entreprises internationales).

Dans le cas de l’UE, l’équipe LEAP/E2020 a identifié cinq facteurs-clés qui vont façonner le visage linguistique de l’UE d’ici une génération:

  • 1. Le grand retour de la langue allemande :
  • 2. La revitalisation de la langue française :
  • 3. La fin de l’Anglo-Américain comme langue hégémonique de la modernité :
  • 4. L’entrée de la langue russe au « purgatoire » linguistique européen :
  • 5. La montée en puissance de la langue espagnole à l’international :

Ces tendances seront renforcées par les exigences croissantes de communication intra-européenne, caractérisée par la montée en puissance d’acteurs collectifs ou individuels ne pouvant pas avoir recours à des traductions onéreuses et s’appuyant donc fortement sur la maîtrise dite « passive » (compréhension) d’une langue étrangère, facilitée par le recours à une langue de la même famille linguistique. Parallèlement, l’autre tendance dominante sera l’utilisation croissante de systèmes de traduction automatique afin de pouvoir diffuser des textes multilingues à grande échelle et à faible coût.

En conclusion, si la matrice linguistique de l’UE à l’horizon 2025 continuera à s’inscrire dans la logique de la parole d’Umberto Eco “La traduction est la langue de l’Europe”, pour LEAP/E2020 se dégage un paysage linguistique clair (qui sera bien entendu modulé selon les secteurs d’activité), sur fond de vivacité des langues nationales et régionales, très en rupture avec l’opinion dominante des élites communautaires actuelles (4) :

  • 1. Quatre langues trans-européennes dominantes, Anglais-Allemand-Français-Russe, dont trois seulement seront officielles (le Russe ne le sera évidemment pas) et dont deux seront les langues sélectives de l’élite de l’UE dans vingt ans (Français et Allemand, puisque l’Anglo-Américain ne sera plus socialement discriminant).
  • 2. Trois langues européennes internationales, Anglais-Français-Espagnol.

http://leap2020.eu/Quelles-langues-parleront-les-Europeens-en-2025-Tendances-lourdes-des-nouveaux-equilibres-linguistiques-dans-l-UE-d-ici_a1033.html


Sur le site de Ségolène Royal, on découvre une lettre que l’ancienne candidate a envoyé depuis l’Argentine où elle se trouve pour soutenir la nouvelle présidente du pays, Cristina Kirchner.

Et là bas, probablement saisie par le virus révolutionnaire qui anime la patrie du « Che », notre Ségolène se retrouve soudain des affinités avec les « ringards d’altermondialistes » qu’elle raillait il y a encore six mois à Paris…

Je suis curieuse de voir de plus près comment un pays plein de potentiel mais acculé à la faillite par le dogme du “consensus de Washington” a repris ses affaires en mains en s’affranchissant de cette idéologie ultra-libérale et en redonnant à l’Etat un rôle d’impulsion et de régulation.

Tudieu ! Comme elle y va la Ségo ! Voilà qui ne vas pas faire plaisir à ses amis du PS, un parti qui a récemment déclaré que « le marché est incontournable » et qui compte parmi ses encartés des gens comme Pascal Lamy, patron ultra-libéral de l’OMC, Jacques Delors, apôtre du libéralisme à Bruxelles et enfin, Dominique Strauss Kahn, actuel directeur du Fonds Monétaire International, organisation qui a précisément acculé l’Argentine à la faillite.

Un peu plus loin :

Elle souligne l’importance de cette “équation énergétique” pour l’avenir du pays et ironise sur ceux qui diabolisent Hugo Chavez, le president d’un Venezuela gros producteur de pétrole avec lequel l’Argentine a passé des accords de fourniture : “il faut, me dit-elle en riant, être intelligents ¡” plutôt que dogmatiques, coopérer n’est pas s’aligner et, clin d’oeil aux Européens qui courtisent la Russie, “sur le plan énergetique, Chávez n’est pas pire que Poutine ¡”. Elle souhaite aussi approfondir la cooperation avec le Brésil, premier partenaire énergtique de l’Argentine, et faire valoir aux investisseurs brésiliens que le taux de change leur est favorable.

Des gens qui « diabolisent Chave » ? Non, où ça ? Dans le comité de campagne de Ségolène, par exemple, avec un Julien Dray, grand copain des « exilés » putchistes vénézuéliens ou encore une certaine Royal, Ségolène, qui, il y a moins d’un an, participait à la campagne de propagande anti-Chavez en fustigeant « la démagogie et le populisme d’un pouvoir autoritaire » à Caracas.

Mais bon, tout cela c’est un « complot machiste » n’est-ce pas ?


Le président de l’Université Saint-Thomas admet avoir pris une mauvaise décision et invite Desmond Tutu sur le campus.

[ISM – 12/10/2007]

« (…) Dans l’Amérique d’aujourd’hui, il est clair que Jésus-Christ serait un orateur très « controversé ». Il recommandait qu’on ne fasse pas aux autres ce qu’on ne voulait pas qu’on nous fit – une exhortation avec laquelle les appréciations « controversées » de l’Archevêque Tutu sur le traitement du peuple palestinien par Israël concordent totalement(…) ». John V. Whitbeck, avocat international

Suite à mon message du 5 octobre au sujet de l’annulation, par l’Université Saint-Thomas à Minneapolis, de l’invitation à une conférence au lauréat du Prix Nobel pour la Paix et moteur de campagnes pour les droits de l’homme Desmond Tutu, la lettre transmise ci-dessous est une vraie bonne nouvelle.

Toutefois, dans sa lettre « humble et fière », le pusillanime président de l’Université catholique continue de qualifier d’orateur « controversé » l’un des exemples moraux reconnus au niveau mondial – et, il est triste de dire qu’aujourd’hui, en Amérique, c’est ce qu’il est.

Dans l’Amérique d’aujourd’hui, il est clair que Jésus-Christ serait un orateur très « controversé ». Il recommandait qu’on ne fasse pas aux autres ce qu’on ne voulait pas qu’on nous fit – une exhortation avec laquelle les appréciations « controversées » de l’Archevêque Tutu sur le traitement du peuple palestinien par Israël concordent totalement.

Plus troublant encore, cette proposition radicale implique que les autres devraient (ou sont au moins moralement justifiés à) faire à l’Amérique ce que l’Amérique leur fait. Ce qui serait clairement considéré par le pouvoir comme étant une incitation au « terrorisme ».  Jésus-Christ ne serait pas seulement interdit de conférence à l’Université Saint-Thomas. Il ne pourrait pas non plus obtenir de visa américain. Et s’il persistait dans de telles incitations, il est vraisemblable qu’il finirait à Guantanamo.

(suite…)


C’est pas ça qui va empécher les faucons US et israéliens (et leur copain Sarkozy) de bombarder l’Iran. Il faudra juste qu’ils se trouvent une autre excuse, c’est tout…. par exemple les Pasdaran.

A noter que le néo-nazi Avigdor Lieberman a soudain les honneurs de la presse, sans que personne ne prenne la peine d’indiquer d’où il parle. C’est un peu comme si on demandait à Le Pen de commenter une loi sur l’immigration…

[Le Temps – 30/10/2007]

Les déclarations d’ElBaradei sur CNN provoquent l’ire de Washington

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, a déclenché une nouvelle polémique en affirmant dimanche soir sur CNN que rien ne permettait d’accuser l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire.

«Je n’ai reçu aucune information sur un programme nucléaire militaire concret et en activité à ce jour, a déclaré le chef de l’agence en charge de la lutte anti-prolifération nucléaire, établie à Vienne. […] Il y a toujours beaucoup de points d’interrogation. Mais avons-nous vu en Iran les éléments nucléaires qui peuvent être rapidement transformés en arme? Non. Avons-nous vu un programme actif de militarisation du nucléaire? Non.»

Avouant son inquiétude à propos des préparatifs militaires américains autour du golfe Persique, le chef de l’AIEA a averti du «désastre» que représenterait une confrontation, réitérant sa conviction que «la seule solution durable réside dans la négociation et les inspections».

«Nous ne pouvons continuer à verser de l’huile sur le feu», a-t-il ajouté, faisant allusion à la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, qui a accusé ce mois-ci l’Iran de «mentir» sur le but véritable de son programme nucléaire et d’avoir «trompé l’AIEA» sur ses intentions.

Les propos de Mohamed ElBaradei ont suscité le courroux des chancelleries occidentales, favorables à une intervention militaire contre l’Iran, tandis que le ministre israélien des Affaires stratégiques, Avigdor Lieberman, prédisait sombrement: «La preuve qu’ElBaradei cherche est probablement le champignon atomique que chacun sera en mesure de voir dans le ciel.»

Le torchon brûle depuis des années entre le chef de l’AIEA et l’administration Bush, qui avait tenté d’empêcher par tous les moyens sa réélection à la tête de l’agence en janvier 2005, en vain. Deux ans plus tôt, Mohamed ElBaradei avait affirmé devant le Conseil de sécurité qu’il n’existait «aucune preuve de l’existence d’armes de destruction massive en Irak». Cette intervention avait été vécue comme un camouflet impardonnable par la Maison-Blanche. Lassé de ces escarmouches, le haut fonctionnaire d’origine égyptienne a fini par se renfermer dans ses bureaux surplombant le Danube comme dans une tour d’ivoire, se coupant même de ses propres services, fermement convaincus, eux, que l’Iran cherche à se doter de la bombe.

http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&contenuPage=&article=218192&quickbar= 

Page suivante »