Dick Cheney



[Greg Palast – TruthOut – 27/08/2012 – Traduction: Gregor Seither pour IES News Service]

La convention républicaine ouvre ses portes avec le discours d’un homme « qui devrait être en prison »

Cet article est basé sur les enquêtes publiées dans le nouveau livre de Greg Palast, « Billionaires & Ballot Bandits: How to Steal an Election in 9 Easy Steps  » (Milliardaires et Bourreurs d’urnes: Comment voler une élection en 9 étapes faciles – avec un avant-propos de Kennedy et des illustrations par le caricaturiste Ted Rall.

« Tim Griffin devrait être en prison. » C’est la conclusion de l’avocat des droits civiques Robert F. Kennedy Jr. après avoir passé en revue les preuves que je lui ai demandé d’examiner.

Mais Griffin n’est pas en prison: il est au Congrès. Et mardi, il sera le premier membre du Congrès choisi par le Parti Républicain pour ouvrir les débats lors de leur convention nationale.

On pouvait s’y attendre, je n’ai pas vu un seul article dans la presse américaine faisant mention du fait que, en 2007, Griffin a démissionné précipitamment du Ministère de la Justice, étant tombé en disgrâce, juste avant ce qui aurait pu (aurait dû) être sa mise en examen.

Selon Kennedy quelques autres personnalités devraient rejoindre Griffin dans le box des accusés: pour commencer, il y a aussi le patron de Griffin, l’homme que George W. Bush surnommé la « Fleur de Crotte » (Turdblossom) : Karl Rove.  Mais ce n’est pas la seule fleur odoriférante, il y a également Matt Rhoades, l’assistant de Griffin à l’époque.  Rhoades n’est pas en prison non plus. Il est le directeur de campagne du candidat à la présidentielle Mitt Romney.

Kennedy a analysé une enfilade d’e-mails hautement confidentiels que nous avons pu récupérer depuis l’intérieur du siège du Comité National Républicain à Washington. (Et si vous vous posez la question de savoir comment nous avons fait pour mettre la main sur les courriers électroniques privés de certaines sommités de la campagne électorale des Républicains, et bien c’est une autre histoire. Par contre, je peux vous certifier que ces mails ont été envoyés directement depuis l’ordinateur de Tim Griffin. Rove, qui est expert en informatique, se garde bien d’avoir un ordinateur qui lui soit attribué personnellement).

« Ce qu’ils ont fait est tout à fait illégal et ils le savaient mais ils l’ont fait quand même», m’a dit Kennedy.

Ce qu’ils ont fait s’appelle « voter caging », épurer les listes électorales des électeurs soupçonnés de ne pas voter dans le bon sens. Le Comité National Républicain a envoyé par milliers des lettres à des soldats, en recommandé, avec la mention « NE PAS FAIRE SUIVRE ». Quand ces lettres sont revenues sans avoir été remises au destinataire, les Républicains ont prévu d’utiliser ces enveloppes « épurées » comme preuve que l’électeur n’habite pas dans son district électoral et que donc son vote est « frauduleux » — puis ils annuleraient son vote.

Ainsi, un soldat stationné en Irak verrait son vote par correspondance invalidé — et il n’en saurait rien. (suite…)


[Revue de la Défense Nationale  – Bernard Nortain – 7/11/2011]

Peter Dale Scott : La Route vers le nouveau désordre mondial (50 ans d’ambitions secrètes des États-Unis) ; Éditions Demi Lune, collection Résistances, 2010 ; 509 pages.

Voilà un livre passionnant, décapant, on pourrait dire terrifiant en ce qu’il dévoile au lecteur, pourtant averti, les dérives et les pratiques mafieuses d’une démocratie emblématique, miroir de nos sociétés.

La thèse de l’auteur est, en gros, que la perte progressive de contrôle sur les décisions politiques majeures aux États-Unis a fait que le pouvoir a été confisqué de façon occulte, non démocratique, par des groupes de pression et que cette situation a totalement perverti le système politique américain et a notamment conduit au drame du 11 septembre 2001.

L’immense mérite de cet ouvrage est de s’appuyer sur un appareil de notes et de références, une bibliographie — près de 150 pages au total — très complètes et variées qui viennent étayer pas à pas la démonstration de l’auteur.

Partant d’une réflexion sur les États-Unis où les inégalités sociales, la faiblesse de la société civile au niveau fédéral, la puissance des intérêts particuliers, l’auteur, qui n’est pas particulièrement un néo-conservateur, mais plutôt un libéral, tendance gauche, dresse un tableau saisissant de ce qu’il appelle l’État profond. Il décompose le processus historique où les pouvoirs secrets verticaux se sont emparés de la conduite de l’action publique, et où la prise de décision politique à huis clos accorde la priorité à la sécurité et à la préservation d’intérêts privés particulièrement ceux des exportateurs d’armements et des firmes pétrolières.

Son analyse est particulièrement pertinente et convaincante dans sa description de la politique du trio Nixon-Kissinger-Rockefeller, censée contrer les progressistes et qui a conduit à renforcer les mouvements réactionnaires islamistes, mais aussi à soutenir les intérêts des pétroliers. Il met en évidence le rôle de Nixon ou plutôt sa paranoïa dans la dégradation du processus bureaucratique et démocratique de mise en œuvre de la politique et dans l’amplification du pouvoir secret. En passant il faut noter une analyse intéressante du Watergate.

À ce stade apparaît le couple diabolique, aux yeux de l’auteur, Cheney-Rumsfeld et son implication dans la planification du projet ultrasecret de Continuité du Gouvernement (COG) qui cacherait, selon l’auteur, un programme de prise de pouvoir illégal et dont il traite longuement à propos du déroulement des événements du 11 septembre pour expliquer certaines incohérences dans la version officielle. (suite…)


Si vous n’avez pas encore lu le dernier livre de Thierry Meyssan, voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche… une excellente enquête et synthèse… tout le reste du livre est à l’avenant.

[Thierry Meyssan – L’Effroyable Imposture n°2 – Manipulations et Désinformations]

Pendant les trente premières années de l’État d’Israël, les circonstances historiques ont distendu les liens que l’État juif entretenait avec ses créateurs, les chrétiens sionistes. Mais aucun ne pouvant vivre sans l’autre, ils ont noué de nouvelles collaborations, d’abord par le biais du régime d’apartheid d’Afrique du Sud, puis par la filière russe, jusqu’à aboutir à une synthèse : la théopolitique.

Durant la Guerre froide, les services de communication de Washington interprètent l’opposition Est/Ouest comme un combat eschatologique entre le pays de la liberté religieuse et celui du communisme athée. Un vaste effort de ré-évangélisation des institutions est entrepris. Le général George Marshall, successivement secrétaire d’État puis secrétaire à la Défense, supervise ce développement dans le corps diplomatique et les forces armées. Pour consolider le camp atlantique, il imagine une opération œcuménique où les sectes évangéliques cotoient les Églises anglicane et catholique.  Cela lui permet aussi de mettre en sourdine les revendications pro-israéliennes des extrémistes religieux auxquelles il est fermement opposé.

Marshall installe avec la CIA le Plan de réhabilitation de l’Europe qui porte son nom et qui lui vaudra le Prix Nobel de la paix. Il emmène avec lui dans ses déplacements les pasteurs Abraham Vereide et Harald Bredesen qui mettent en place un vaste réseau de dirigeants chrétiens anti-communistes . Ce dispositif est approuvé par le président Truman des États-Unis, le roi George VI d’Angleterre, la reine Wilhelmina des Pays-Bas et le général Tchang Kai-Chek de Taiwan. En 1952, un rassemblement international de parlementaires chrétiens est convoqué aux Pays-Bas autour du général Alfred Gruenther, qui dirige alors les travaux de préfiguration de l’OTAN. Cette structure, dénommée aujourd’hui Fellowship Foundation, organisera pendant quarante ans des réunions de prière et des congrès pour renforcer l’identité chrétienne du camp atlantique face au bloc soviétique .

(NdL&I : Hillary Clinton, qui avait attaqué Obama pour ses amitiés « radicales » via le pasteur Wright, a toujours été très discrète sur son appartenance de longue date à la Fellowship Foundation, qui a pourtant eu un accès direct au président Clinton pendant 8 ans, à travers l’organisation HEBDOMADAIRE de « petits-déjeuners de prière » à la Maison Blanche. Hillary Clinton est aujourd’hui Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Obama.)

En 1954, le serment d’allégeance, que tout enfant récite le matin à l’école et que tout citoyen états-unien professe dans les occasions solennelles, est modifié comme suit : « Je jure fidélité au drapeau des États Unis d’Amérique et à la République qu’il incarne : une nation unie sous le commandement de Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous » . En 1956, une résolution commune des deux chambres du Congrès choisit « En Dieu nous plaçons notre confiance » comme devise des États-Unis à la place de « Un pour tous ». Celle-ci est inscrite dès l’année suivante sur les billets de banque. L’identité chrétienne ne s’applique plus seulement à l’Alliance atlantique, mais aussi au système économique capitaliste .

La Fellowship Foundation installe son quartier général à proximité du Pentagone. Un bureau d’Information et d’Éducation des troupes est créé au département de la Défense et confié à la Fondation. Il édite des manuels et dispense des formations assimilant le service dans les forces armées états-uniennes à une croisade pour la liberté religieuse dans le monde.

Malgré le caractère œcuménique de ses débuts, la Fellowship Foundation se recentre progressivement autour des seules sectes évangéliques dont elle prend le contrôle en sous-main. Elle les enflamme dans un soutien exalté à l’impérialisme états-unien. Elle se heurte bientôt au Conseil œcuménique des Églises qui fédère à Genève les principales confessions protestantes classiques. La tension interne à la culture religieuse anglo-saxonne se réveille une fois de plus. Ce Conseil dénonce les discriminations en Israël et condamne la guerre du Vietnam. C’est pourquoi le Pentagone créé, en 1974, une structure rivale, le Comité de Lausanne. 4 000 pasteurs évangéliques se réunissent tous frais payés par le département de la Défense autour de leur nouvelle figure de proue, le révérend Billy Graham. Ce dernier sillone le monde comme une rock star, organisant des prédications-spectacles qui trouvent des auditoires toujours plus nombreux.

Par ailleurs, l’opinion publique internationale prend lentement conscience de l’anachronisme du régime sioniste. Alors que l’État d’Israël avait été présenté à la communauté internationale comme le fruit de la décolonisation britannique, il s’avère être un État colonial juif, conformément au projet formulé au XIXe siècle par Theodor Herzl. Ce particularisme le rapproche des deux autres États coloniaux.

En Afrique australe, les puritains néerlandais se sont affranchis de la tutelle britannique au XIXe siècle. Ils se sont enfoncés dans l’intérieur des terres lors du « Grand Trek » qu’ils ont comparé à l’Exode biblique. Ils sont sortis victorieux de l’affrontement avec les zoulous à la bataille de Blood River, après avoir invoqué leur Dieu et ont créé ce qui est devenu l’Afrique du Sud et qu’ils appellent eux aussi « le nouvel Israël ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils soutiennent les nazis contre les Anglais, puis instaurent le régime d’apartheid. De leur côté, les Britanniques de Rhodésie, effrayés par la perspective de la décolonisation, se sont révoltés contre la Couronne et se sont constitués en État indépendant, en 1965.

Bien que les systèmes juridiques israélien, sud-africain et rhodésien soient assez différents, ils poursuivent tous trois les mêmes objectifs discriminatoires : réserver la terre et le pouvoir à une minorité ethnique. C’est donc bien logiquement que ces États, écartant les sujets qui fâchent comme le nazisme et l’antisémitisme, multiplient les contacts.

En 1953, l’Assemblée générale de l’ONU dénonce « l’alliance entre le racisme sud-africain et le sionisme » . Puis, en 1975, elle qualifie le sionisme de « forme de racisme et de discrimination raciale » . (suite…)


Nous avons reçu pas mal de réactions suite à la publication de la dépèche sur l’arrestation des frères Al-Jarrah au Liban, proches parents de Ziad Al-Jarrah, un des « pilotes du 11 Septembre », arrêtés par la police libanaise alors qu’ils faisaient entrer du matériel d’espionnage ultra-sophistiqué fourni par le Mossad et qui ont avoué être commandités pour espionner les partis politiques libanais.

La presse francophone ayant été très discrète sur cette affaire et n’ayant, à l’époque, fourni aucun compte-rendu sur le démantèlement en 2006, de cellules terroristes israéliennes opérant sur le territoire libanais, nous publions ici un extrait de l’enquête réalisée par Thierry Meyssan et Jürgen Cain Külbel sur ce réseau terroriste israélien… réseau qui pourrait fort bien être le vrai responsable de l’attentat ayant coûté la vie au Premier Ministre Hariri. Cela faisait longtemps que, dans la stratégie Néo-con et Grand-Israélienne, le Liban faisait partie des dominos à faire tomber. George W. Bush lui-même avait donné la liste en 2001 : Irak d’abord, puis le Liban, la Syrie et enfin l’Iran.

[Thierry Meyssan – L’Effroyable Imposture n°2 – détruire et contrôler le Moyen-Orient  ]

Le 14 juin 2006, le nouveau chef de la commission d’enquête onusienne sur l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Hariri, Serge Brammertz, présente son rapport au Conseil de sécurité. Au vu du compte-rendu de séance, son intervention très factuelle et prudente contraste avec les scoops spectaculaires de son prédécesseur.

« La Commission est parvenue à un certain nombre de conclusions préliminaires, a indiqué M. Brammertz.  L’explosion qui s’est produite le 14 février 2005, à 12 heures 55 minutes 5 secondes, était une explosion en surface et non pas souterraine. Un explosif improvisé de taille importante placé dans un véhicule Mitsubishi a explosé alors que le convoi de Rafik Hariri passait à proximité.  L’explosif improvisé contenait au moins l’équivalent de 1 200 kilogrammes de TNT, et la détonation a été déclenchée, dans le cas le plus plausible, par quelqu’un qui se trouvait soit à l’intérieur, soit devant la camionnette de marque Mitsubishi.

La Commission ne pense pas que la responsabilité de l’attaque, qui a été revendiquée au moyen d’enregistrement vidéo transmis à l’agence Reuters et à la télévision Al Jazeera juste après l’attentat, soit vraie.  En fait, l’ADN résultant des restes humains recueillis sur les lieux de l’explosion, et qui a été analysée, montre que Ahmed Abou Adass, qui a revendiqué la responsabilité de l’attentat, ne peut être la personne qui a déclenché l’explosion qui a coûté la vie à Rafik Hariri et les 22 autres personnes, a dit M. Brammertz.

Le crime commis contre Rafik Hariri est un assassinat ciblé, a poursuivi M. Brammertz en indiquant que la quantité d’explosifs utilisée et l’amplitude de la détonation visaient à tuer l’ex-Premier ministre libanais même si son véhicule n’était pas atteint de plein fouet par l’explosion.

La Commission travaille sur deux hypothèses en ce qui concerne la manière dont l’attentat a été orchestré.  En premier, elle considère la possibilité que l’attaque ait été organisée et perpétrée de manière compartimentée.  Dans cette hypothèse, plusieurs personnes auraient été impliquées dans la planification, la reconnaissance du terrain, la préparation de la charge explosive, l’achat de la camionnette, le choix de l’individu chargé de faire exploser la charge et la fabrication de la vidéo revendiquant l’attentat.  Chacune de ces étapes de l’attentat aurait été confiée à des gens qui n’avaient aucun contact entre eux et qui ne se connaissaient sans doute pas.

La deuxième hypothèse, quant à elle, amène la Commission à envisager que tout le processus ayant abouti à la mort de Rafik Hariri ait été confié à un noyau dur, un seul petit groupe.

Concernant les commanditaires de l’attentat, la Commission a développé un certain nombre d’hypothèses et de scénarios, a dit M. Brammertz. (…) À cet égard, la Commission poursuit les interrogatoires qu’elle conduit avec des personnes qui pourraient l’aider à clarifier les cadres et structures formels et informels qui prévalaient au Liban et dans sa région au moment de l’assassinat.  La Commission interroge à cet effet des officiels libanais et syriens provenant de différentes organisations et agences.

Passant à la coopération de certains États Membres avec la Commission d’enquête, M. Brammertz a dit que le niveau d’assistance qui lui a été fourni par la Syrie au cours de la période dont parle le rapport a été globalement satisfaisant.  La Syrie a répondu à temps à toutes les requêtes, et sur certains points les réponses qu’elle a fournies étaient détaillées. (…)

Le nombre de requêtes pour assistance soumises à d’autres États Membres a également augmenté.  Depuis le 15 mars 2006, la Commission en a soumis 32 à 13 différents États Membres, ce qui montre le caractère international des procédures liées à l’enquête.  Les interactions avec le gouvernement du Liban sont excellentes à tous les niveaux et l’engagement et le soutien du Procureur général libanais et des juges d’enquêtes ont été cruciaux pour les progrès effectués par la Commission, a dit M. Brammertz. Le Gouvernement libanais, les forces armées, et les Forces de sécurité intérieures assurent à la Commission la sécurité dont elle a besoin pour s’acquitter pleinement de son mandat, a dit M. Brammertz.

Le Chef de la Commission d’enquête a ensuite indiqué que la Commission avait poursuivi l’assistance qu’elle fournit aux autorités libanaises concernant les 14 attaques survenues depuis le 1er octobre 2004.  La Commission s’efforce de faire avancer le statut de chacun de ces cas et de les intégrer de manière à établir des liens potentiels entre eux. (…) du point de vue analytique, les affaires peuvent être liées de manière diverse et sous des perspectives différentes, notamment par les similitudes de leur modus operandi et de leur intention »[Traduction de l’auteur, voir original dans les notes en fin d’article].

Pendant que M. Brammertz enquête sur les crimes passés, l’Histoire continue. Si Rafik Hariri a été assassiné au moment où il nouait le dialogue avec le Hezbollah, Hassan Nasrallah aurait dû être assassiné à son tour, un an plus tard. Mais les services secrets de l’armée libanaise déjouèrent le complot[voir Note 2 en fin d’article].

Au cours du premier week-end d’avril 2006, l’armée arrête neuf « membres bien entraînés d’un réseau », huit Libanais et un Palestinien, qui préparaient l’attentat. Ce « groupe d’individus organisés, tous professionnels et bien entraînés » devait l’exécuter lors de la séance du Dialogue national qui se déroulait alors entre les chefs des fractions politiques libanaises, avec la médiation ostentatoire de l’Égypte et de l’Arabie saoudite, et la discrète et efficace présence russe.

Le général de brigade Saleh Suleiman, porte-parole de l’armée, déclare que l’affaire en était « au stade de la préparation » et n’avait pas encore atteint le « stade de l’exécution ». La bande avait espionné depuis début mars tous les déplacements de Nasrallah et était équipée de roquettes anti-chars qui, le jour de l’attentat, devaient faire sauter le véhicule blindé du secrétaire général du Hezbollah. Les autorités mettent la main sur un important arsenal de lance-roquettes, grenades à main, fusils à pompe, fusils mitrailleurs, pistolets et silencieux ainsi que toute une batterie d’ordinateurs et de CD-ROM.

Selon le quotidien libanais As-Safir, il était prévu qu’un tir de roquettes de fabrication états-unienne fasse sauter Nasrallah et son véhicule blindé, le 28 avril à Beyrouth[iii]. Selon les interrogatoires des prévenus menés par le juge militaire Rashid Mizher, 90 personnes au moins étaient impliquées dans la préparation du crime. Certaines d’entre elles auraient épié le convoi de Nasrallah durant 40 jours, tandis que d’autres auraient transformé un garage en cache d’armes, où elles auraient dissimulé des roquettes états-uniennes, des fusils mitrailleurs russes et des grenades à main chinoises. Les organisateurs avaient aussi essayé de se procurer du C4 et d’autres explosifs, car ils projetaient d’autres assassinats de personnalités ainsi que des attentats à l’explosif, y compris contre des mosquées.

Les conjurés – qui avaient été arrêtés à proximité du quartier général du Hezbollah au Sud de Beyrouth, sont d’abord interrogés par des hommes appartenant aux services secrets militaires avant d’être remis aux mains du juge des affaires militaires. Les autorités poursuivent leur recherche d’autres complices et tentent de démasquer les commanditaires, c’est à dire « tout État ou parti qui financerait, entraînerait et équiperait le réseau ».

Commentant ces informations, Hassan Nasrallah met en garde ses concitoyens. Selon lui, ce complot, comme l’assassinat de Rafik Hariri et de plusieurs autres personnalités, participe d’un plan unique de sabotage du dialogue national et de relance de la guerre civile[iv].

Un ancien député, membre du Mouvement du Futur (le parti du clan Hariri) avait procuré aux conjurés des permis de port d’armes de différentes catégories. Cet homme, Salim Diyab, ancien directeur de campagne de Hariri junior, ancien ami intime de Hariri senior est considéré comme étant le « chef offensif de la branche politico-militaire » de son parti. Dès juillet 2005, il avait fait distribuer des armes à ses partisans. Un membre du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt est également arrêté par la police.

L’anéantissement du réseau terroriste préserve le pays des troubles politiques internes. Selon des informations qui filtrent des milieux libanais du renseignement, le groupe terroriste comptait sur l’assassinat de Nasrallah pour provoquer dans le pays – à l’image de ce qui se passe en Irak – des tensions religieuses sectaires entre sunnites, chiites, alaouites, duzes, maronites, coptes, etc. (suite…)


Pourquoi l’Administration Bush se cramponne t’elle tellement à son projet de « Real ID » (c’est à dire l’instauration d’une carte d’identité nationale) ? Ce n’est pas pour des raisons de lutte anti-terroriste, cela fait 250 ans que les USA se passent de carte d’identité et cela marche très bien…

Non, la raison pour laquelle les petits génies Républicains insistent pour que la « Loi Real ID / Proposition 200 » devienne obligatoire dans l’ensemble des états de l’Union avant cet été, c’est parce que cela va permettre de faire passer à la trappe, lors des élections de novembre prochain, quelques millions d’électeurs.

Dans une élection présidentielle ou la victoire se joue souvent sur 60 000 voix, ce n’est pas négligeable.

Surtout que les personnes qui se voient refuser l’accès au bureau de vote pour « absence de véritable document d’identité » (c’est à dire qu’ils ne peuvent présenter que le traditionnel permis de conduire, accepté partout ailleurs) sont majoritairement issues des ‘couches pauvres’ de la société. Dans les états comme la Floride et l’Arizona, cela signifie que ce sont des Noirs ou des Hispaniques… des gens connus pour voter fortement Démocrate. (cf. étude ACLU – citée par Greg Palast).

Ceci explique cela…

[Gregor Seither – IES News Service – 25/03/2008]

Toujours aucun compromis en vue dans le conflit qui oppose l’administration Bush à certains Etats qui refusent d’appliquer les nouvelles directives en matière de documents d’identité sécurisés, y compris les permis de conduire.

Pour les personnes vivant dans ces Etats ‘réticents’, la dispute est cruciale : si l’Administration décide de passer outre l’opposition locale, ils risquent de se voir refuser l’embarquement dans les aéroports, voire interdire l’accès à certains batiments de l’administration fédérale, pour cause de « pièce d’identité non conforme ».

La source du conflit est la loi « Real ID » qui impose des nouvelles mesures de sécurité pour la délivrance des permis de conduire (une prérogative des Etats). L’administration Bush insiste sur le fait que cette loi, votée après les attaques du 11 septembre, a pour but de lutter contre le terrorisme, les escrocs ainsi que les immigrés clandestins. (suite…)


The Power of Nightmares. Al-Qaïda, pure création des services secrets américains

http://aucoursdureel.blogspot.com/2008/03/en-qute-de-donnes.html

Pour ceux qui douteraient que les vrais articles de fond sur le monde mondialisé se trouvent davantage sur Internet que dans la presse écrite formatée et alignée au Nouvel Ordre Mondial, voici un exemple. Cet article est d’un certain Morice, rédigé le jeudi 13 mars 2008.

Que j’aimerais retrouver ces débats de fond et ces informations véritables à des heures de grande écoute sur une chaîne hertzienne!(…)

LE TERRORISME A BON DOS

[Agoravox – 13/03/2008]

J’ai mis en ligne récemment dans un post lors d’une conversation sur le forum Agoravox une référence qui en a étonné plus d’un, et que j’imaginais plus connu que cela : celle d’un remarquable reportage de la BBC, intitule « The Power of Nightmares », signé Adam Curtis, qui détonne plutôt dans le paysage audiovisuel ( http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/3755686.stm ) .

Et pourtant, il n’est pas tout récent, date de 2004, a été diffusé pour la première fois par la BBC le 18 janvier 2005, et affirme sans ambages… qu’Al-Qaïda n’existe pas, tout simplement.

Evidemment ça peut en choquer certains, même trois ans après la sortie du film. Les plus incrédules d’entre nous, qui depuis 2001 gobent tout ce que la propagande gouvernementale américaine veut bien leur faire gober (il y en a, et pas mal ici même chez Agoravox !).

Dans ce remarquable reportage , les auteurs, qui ne sont pourtant ni islamistes ni illuminés, arrivent à démontrer avec brio que la « guerre au terrorisme » n’est qu’une création de l’esprit, et que son outil principal s’appelle Al-Qaïda, pure création des services secrets américains.

A voir les marchés ensanglantés de Bagdad ou les attentats revendiqués, on est en droit de crier au fou. Et pourtant. A bien y regarder, nos journalistes sont plus que crédibles dans leurs assertions, Curtis étant une sommité reconnue, et rejoignent directement des thèses comme celle développées par Webster G.Tarpley, dans sa bible de La Terreur fabriquée  (aux Editions demi-lune) dont on ne saurait trop recommander la lecture.

Dans le reportage, un ancien gradé de la CIA n’y va pas par quatre chemins : “Al Qaeda is not an organization. Al Qaeda is a way of working … but this has the hallmark of that approach.” Voilà c’est dit une bonne fois pour toutes.

Vous vous dites que ça ne tient pas debout, comme théorie ? Et pourtant. Il faut revenir aux sources de la fondation d’Al-Quaïda pour s’apercevoir du décalage énorme entre ce qui en a été dit ou ce qu’on peut encore en dire aujourd’hui, et la réalité. (suite…)


[Agoravox – 13/03/2008]

(…)

Un journaliste plus curieux que la moyenne va plus loin, beaucoup plus loin encore dans cette quête de la vérité sur ces actions horribles. Il est pourtant de la BBC, radio et télévision d’Etat, et affirme lui que des « escadrons de la mort » circulent librement à Bagdad.

On en connaît le principe : pour rejeter la faute d’un groupe sur un autre, on fait exploser quelque part une bombe qui laisse suffisamment de traces accusant l’un des deux groupes. Il ne reste plus qu’à attendre les représailles et à compter les points bien au chaud. Tout gouvernement corrompu a pratiqué un jour ce genre de sport. Un ministre irakien en place l’a même avoué « Iraq’s interior minister has admitted death squads and other unauthorised armed groups have been carrying out sectarian killings in the country. »

L’auteur apportant d’autres précisions : « The ministry of the interior in Baghdad, which is run by the CIA, directs the principal death squads. Their members are not exclusively Shia, as the myth goes. The most brutal are the Sunni-led Special Police Commandos, headed by former senior officers in Saddam’s Ba’ath Party. This was formed and trained by CIA« , dit John Pilger, qui évoque clairement une collusion entre d’anciens partisans de Saddam Hussein et les Américains !

Un comble, et bien le contraire en tout cas du langage officiel ! A deux étages, la collusion : non seulement c’est un ancien Baassiste qui aide les soldats américains, mais aussi les troupes de la mort sont sunnites et non chiites ! Une accusation gravissime !

Qui accuse des vétérans d’une bonne vieille méthode inaugurée il y a bien longtemps déjà : « According to the investigative writer Max Fuller (National Review Online), the key CIA manager of the interior ministry death squads ’cut his teeth in Vietnam before’ in Vietnam before moving on to direct the US military mission in El Salvador« … Du Vietnam à l’Irak, en passant par le Salvador. Le terrorisme a décidément souvent bon dos au pays de la liberté… A vous de vérifier davantage désormais ces informations qui fleurent tant la propagande éhontée. (suite…)


[Agoravox – 13/03/2008]
(…) Un autre phénomène de désinformation choquante est celle des attentats de début d’année à Bagdad, (…) L’explosion fait alors mauvais genre car elle tombe mal question relations publiques.

Qu’à cela ne tienne, dans la journée on va lui rajouter une dimension ignominieuse, censée provoquer encore plus de dégoût chez des gens comme vous et moi, dans le but de démontrer que l’horreur est telle… que n’importe quelle répression pourrait être acceptée. Du genre… admettre et surtout ne pas condamner la torture de prisonniers, par n’importe quel supplice, peu importe… pourvu qu’on puisse démontrer qu’un seul aveu éviterait une tuerie de ce genre.

Souvenez-vous : un officiel, quelques heures après les attentats, annonce que les deux kamikazes sont des femmes, et qu’elles sont… trisomiques. Le terme, édulcoré dans les traductions françaises de l’annonce des attentats, est bien présent dans les originaux.

C’est d’abord un général américain qui s’y colle pour dénoncer l’odieux attentat : « a U.S. military spokesman for the Baghdad area, Lt. Col. Steve Stover, also said at the time that medical experts with his division had examined the photos and agreed the women probably suffered from the genetic disorder. « They were both females and they both looked like they had Down syndrome. »

Puis c’est à un chef de la police irakienne, aux ordres, on le sait, des Américains : « Lt. Gen. Abboud Qanbar, the chief Iraqi military commander in Baghdad, said soon after the attacks that photos of the women’s heads showed they had Down syndrome, but he did not offer any other proof« .

Un autre insiste encore pour la thèse déjà évoquée « We found the mobiles used to detonate the women, Major-General Qassim Moussawi, an Iraqi military spokesman, said. He said that both women had Down’s syndrome. »

Mais très vite, déjà, les conclusions bien hâtives des militaires sont mises en doute par les journalistes sur place « A cell phone image of one of the heads viewed by The Associated Press was inconclusive. » « There was speculation that the heads could have been distorted by the blast, leading police initially to believe they had Down syndrome. »

Cela n’empêche un intervenant de poids d’affirmer que ce sont bien des femmes atteintes de trisomie 21, en insistant sur le fait que c’est donc encore plus horrible que d’habitude, si tenté que l’on puisse parler d’habitude « Iraqi and American officials blamed al-Qaeda, and accused the terrorist organisation of plumbing new depths of depravity. » C’est obligatoirement Al-Quaïda , puisque c’est pire que la « normale ». Dont acte. (suite…)


[Michael Moore – 24/03/2008 – Traduction : Grégoire Seither ]

Chers amis,

C’est ironique n’est-ce pas, que ce soit précisément le Dimanche de Pâques que meure le quatre millième soldat américain en Irak. Rappelez moi ce que disait ce prédicateur « radical », comme quoi Dieu, dans sa sagesse infinie, ne « bénissait » pas particulièrement les Etats-unis ces derniers temps. Est-ce que cela vous étonne ?

4 000 morts. Les statistiques éparses permettent d’estimer à plus de 100 000 les blessés graves et les mentalement détruits par cette guerre. Quand aux Irakiens, même les experts militaires commencent à accepter l’idée que le nombre de victimes puisse avoir atteint le million.

Nous allons payer les conséquences de tout cela pendant longtemps encore. Dieu va continuer à bénir l’Amérique.

Et pendant tout ce temps, où est notre Darth Vader national ? Et bien il est – entre autres – à la télévision cette semaine. Un journaliste d’ABC News a posé une question à Dick Cheney concernant l’Irak : « Deux tiers des Américains disent que cette guerre n’en vaut pas la peine. »

Cheney lui a coupé la parole avec une réponse lapidaire : « Et alors ? »

« Et alors ? » Comme dans, « Qu’est ce que j’en ai à foutre ? » Ou pour parler comme Cheney en à l’habitude, « Fuck you. J’m’en tape ! »

Incrédule, le journaliste lui demande : « Vous n’êtes pas concerné par l’opinion de deux-tiers de la population Américaine ?« . Et Cheney répond : « Non, on ne va pas laisser notre politique être influencée par les variations des sondages d’opinion« .

J’aimerais que chaque Américain prenne le temps d’aller voir Dick Cheney leur faire un doigt d’honneur virtuel, à eux et à l’ensemble du peuple Américain. Allez voir ce lien : <http://thinkprogress.org/2008/03/19/cheney-poll-iraq/> et faites le circuler.

Puis posez vous la question pourquoi nous ne nous sommes pas encore mobilisés pour le virer, lui et sa marionnette, de la Maison Blanche. (suite…)


[Comaguer – Mondialisation.ca – 18/03/2008]

 

Le magazine US VANITY FAIR vient de publier, dans son édition datée d’Avril, un long article sur les plans et les actions du gouvernement US visant à imposer ses hommes à la tête de la Palestine. Son auteur est DAVID ROSE, journaliste britannique qui collabore régulièrement au magazine anglais THE OBSERVER.

Il ne s’agit pas de menées de groupes ou de lobbies à l’intérieur de la machine politique et administrative étasunienne mais d’une action directement organisée par CONDOLEEZA RICE et le Département d’Etat et ELLIOTT ABRAMS conseiller à la Sécurité Nationale.

L’opération commence dès la mort de YASSER ARAFAT en Novembre 2004. Washington décide alors de tout mettre en œuvre pour porter à la tête de l’Autorité Palestinienne un leader et une équipe dirigeante totalement soumise à Washington.

L’homme clé du dispositif est MUHAMMAD DAHLAN, homme fort du FATAH, conseiller national pour la sécurité de MAHMOUD ABBAS ; DAHLAN a des relations étroites avec la CIA et la FBI depuis les années 90 et BUSH le désigne, en public comme « un solide leader » , en privé comme « notre homme ». (suite…)


Dorénavant, lutter pour les droits des travailleurs, protester contre la destruction d’un écosystème, militer pour les droits des animaux ou tout simplement critiquer publiquement la politique du gouvernement… tout cela est équivalent à la menace que pose Al Qaïda.

Bush et sa clique néo-con ont réussi à rétablir la dictature, sous un petit manteau « légal »…

Il est bien loin, l’esprit de 1776 !!!

Le rêve américain :LA LOI DE PROFILAGE IDEOLOGIQUE DE 2007 :

[Nikki Alexander – ZMag Online – 1er février 2008 – Trad. Blackjack]
Le 23 octobre dernier, la Loi pour la prévention de la radicalisation violente et du développement du terrorisme domestique (HR 1955) a été adoptée au parlement par 404 voix contre 6. Son pendant devant le Sénat (S.1959) est en cours d’évaluation par le Comité sénatorial pour la Sécurité Intérieure et les Affaires Gouvernementales.

Cette loi étendrait le champ d’application de la Loi sur la Sécurité Intérieure de 2002 en créant une commission nationale autorisée à étudier et identifier les individus et groupes dont les valeurs sociales, les implications politiques ou les croyances religieuses << pourraient >> les mener à commettre des actes violents.

En tout état de cause, cela ne se réfère nullement aux assassinats perpétrés par la CIA, aux brutalités policières, aux meurtres de civils désarmés ni aux tortures qui ont cours dans les prisons secrètes. Cette commission cible les dissidents politiques et les activistes sociaux qui critiquent la politique étrangère des Etats-Unis, les abus du monde des affaires ainsi que les pratiques menaçant la vie sur notre planète.

Les épithètes idéologiques << radicalisation violente et terrorisme ‘maison’ >> sont l’oeuvre de la RAND Corporation, qui les utilisait en 2005 dans l’essai intitulé << Tendances en matière de terrorisme : Menaces sur les Etats-Unis et perspectives de la Loi sur l’Assurance du Risque Terroriste >>. L’intitulé de la loi qui nous occupe est littéralement tiré de cet essai.

Les porte-parole de RAND ont témoigné devant le Sous-comité du parlement pour le renseignement, le partage d’information et l’évaluation du risque terroriste, présidé par la députée Jane Harman (Démocrate), qui a parrainé ce projet.

Harman ajoute ici à une relation déjà longue et productive avec la RAND Corporation, un think-tank situé en Californie qui entretient des liens très étroits avec le complexe militaro-industriel désormais impliqué en matière de renseignement. Donald Rumsfeld l’a présidé de 1981 à 1986. Lewis Libby, ancien directeur de cabinet de Dick Cheney, et Condoleeza Rice en étaient alors administrateurs.

Le résumé introductif de ce rapport met en lumière les << terroristes domestiques >> qui << constituent une menace mouvante à l’égard des intérêts du monde des affaires… >>. En sus des menaces terroristes que représentent Al Qaeda et les groupes jihadistes radicaux, à la fois associés et autonomes vis-à-vis de cette dernière organisation, une lame de fond de radicalisme prospère sur le développement du phénomène d’Antiglobalisation (AG). (suite…)


[Gregoire Seither – IES News Service – 02/03/2008]

Alors que le prix du baril de pétrole s’installe au dessus des $100 et que, pour la première fois depuis la Grande Dépression, des millions d’Américains doivent rembourser des crédits immobilers dont le montant est devenu supérieur à la valeur de la maison qu’ils ont achetée; alors que le marché du « subprime » n’en finit pas de dégringoler, faisant trembler les marchés et que la prochaine crise financière s’annonce déjà, sous la forme de la défaillance du marché de l’assurance crédit ( credit-default swap market ); alors que la « stagnation – inflation » ( stagflation ) refait son apparition et que le chomage est à nouveau en augmentation; alors que la presse n’hésite plus à utiliser le mot tabou commençant par « R » (comme récession) et que, au fond des têtes le mot honni, commençant par « D » commence à s’agiter… et enfin, alors qu’approche le cinquième anniversaire de « sa » guerre en Irak, le Président des Etats-unis découvre soudain l’économie en temps de guerre.

Interviewés sur la chaîne NBC , George W. Bush and Laura Bush furent pris de court quand la journaliste Ann Curry aborda soudain la guerre en Irak. Elle rappela que la femme du Président avait déclaré un jour, « Personne ne souffre autant que le président. J’espère que les Américains ont conscience du fardeau de soucis que le président doit porter chaque jour, et de son angoisse quotidienne pour le bien-être de nos soldats. » George Bush s’est alors saisi du micro :

« Bush: Exactement, et comme les gens commencent à le voir, l’Irak est entrain de changer, la démocratie est entrain d’y prendre pied. Je suis convaincu que, dans 50 ans, les gens regarderont en arrière et dirons « Dieu merci, il avait alors des gens qui étaient prêts à se sacrifier pour cet idéal« .

« Curry: Mais ce que vous dites c’est que c’est vous qui portez le fardeau, qui souffrez… Certains américains pensent qu’eux aussi portent le fardeau, à cause de cette situation économique.

« Bush: Oui, et bien —

« Curry: Ils disent qu’ils souffrent, à cause de cette situation.

« Bush: Je ne suis pas d’accord.

« Curry: Vous n’êtes pas d’accord avec quoi ? Que la guerre n’a pas d’influence sur l’économie ? Que les dépenses militaires ne rognent pas les autres budgets ?

« Bush: Non, je pense que ce n’est pas le cas. En fait, je pense que les dépenses militaires aident à créer des emplois.

« Curry: Ah oui ?

« Bush: Oui, parce que nous achetons de l’équipement et que cela donne du travail aux gens. Ce n’est pas la guerre qui a fait du mal à cette économie, c’est le fait que nous avons construit trop de maisons. »

En d’autres termes, après cinq ans de guerre sans fin, le Président des Etats-unis a trouvé la solutions aux crises économiques : construire moins de maisons mais édifier plus de bases, militaires, acheter plus d’armements et envahir plus de pays.

Malgré le désastre militaire et économique, George W. Bush n’a donc renoncé en rien à ses politiques : depuis son élection en 2000, le budget « officiel » du Pentagone a augmenté de plus de 60%  – passant de 316 milliards à 507 milliards. Depuis l’invasion de l’Irak, le budget du Pentagone a été augmenté de 30%.

Et pourtant, malgré les rallonges budgétaires à répétition pour les troupes en Afghanistan et en Irak, malgré une augmentation de plus de 1 000 % (de 17 milliards à 189 milliards) des budgets pour les opérations de guerre … malgré cet effort militaire et financier sans équivalent depuis la deuxième guerre mondiale, l’état major de l’Armée U.S. se trouve – selon ses propres mots –  dans une situation de quasi-faillite, manquant partout de troupes et de moyens en quantité suffisantes.


Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire

Ignominie. Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire. Les clichés, insupportables, montrent des détenus encagoulés, menacés par des chiens, tenus en laisse, nus … [Photo Karim Ben Khelifa]

[Le Monde 2 – Semaine du 19/01/2008 – Frédéric Joignot]

28 avril 2004. La chaîne CSS diffuse des photos de soldats américains torturant des prisonniers d’Abou Ghraib, en Irak. Dans la foulée, Janis Karpinski, qui dirigeait les prisons irakiennes, est rétrogradée, lâchée par ses supérieurs. Aujourd’hui retraitée, elle témoigne contre ses responsables de l’époque. En exclusivité, elle nous raconte sa descente aux enfers.

Son regard bleu ne vous lâche pas. Elle se tient droite. Martiale. Janis Karpinski a passé vingt-cinq ans dans l’armée américaine. Elle fut la première femme générale  » une étoile  » à exercer en zone de combat. C’était pendant la seconde guerre d’Irak. Elle y a connu l’enfer. Puis le déshonneur.

Elle nous reçoit chez elle, dans un lotissement du New Jersey. Aujourd’hui à la retraite, Janis Karpinski tente de faire le bilan de ces années de guerre – comme beaucoup d’Américains à l’approche de la présidentielle. Ses premiers mots:  » Mes voisins me demandent ce que les Irakiens pensent de nous. Je leur réponds: « Qu’est-ce que vous penseriez si, du jour au lendemain, des chars occupaient votre quartier, des bataillons de soldats patrouillaient dans les rues, arrêtaient les gens ? ». « 

La nuit tombe, Janis Karpinski raconte l’Irak. Aucun bruit dans la maison. Elle vit seule. Son mari, un ancien colonel, est décédé l’an dernier. Ils n’ont pas voulu d’enfant. L’ancienne générale a sacrifié la vie de famille à sa carrière de soldat. Elle voulait s’imposer dans ce monde d’hommes où, dit -elle,  » la simple présence d’une femme officier a longtemps été ressentie comme une insulte « . Elle a réussi. Elle a été la commandante en chef de la 800e brigade de police militaire, responsable des 40 000 prisonniers enfermés dans les prisons irakiennes au début de la guerre.

Aujourd’hui, après avoir été dégradée au rang de colonelle, accusée par ses supérieurs d’avoir perdu le contrôle de la prison d’Abou Ghraib où des soldats ont torturé, Janis Karpinski se défend. Elle porte plainte et témoigne contre l’ancien major général du camp de Guantanamo envoyé en Irak, Geoffrey Miller, et Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire d’Etat à la défense. Pour mise en œuvre méthodique de la torture. Son histoire éclaire de façon singulière cet épisode dramatique. Voici sa version des faits.

(suite…)


[Media Matters – Décembre 2007 – Trad. Grégoire Seither]

Au cours de l’année 2007, il y a eu une vingtaine de débats politiques télévisés au cours desquels environ 1 500 questions ont été posées aux différents candidats à l’investiture présidentielle. Mais seulement une toute petite partie de ces questions avait un rapport avec les pouvoirs exécutifs, la constitution de notre pays, la torture, l’espionnage des citoyens ou encore les attaques contre la vie privée et les droits civiques des citoyens de ce pays.

Une seule question a été posée à propos de l’espionnage des citoyens. Pas une seule question sur l’extension de la loi de surveillance d’intelligence étrangère (FISA) qui permet au gouvernement d’espionner sans mandat tous les apsects de la vie des citoyens.

Il y eut, par contre un courageux modérateur pour demander s’il fallait changer la Constitution… afin de permettre à Arnold Schwarzenegger de devenir président des Etats-unis. (NdL&I : seules les personnes nées aux USA peuvent poser leur candidature à la présidence)

Pas une seule question n’a porté sur les « renditions » ou les détentions secrètes consistant à enlever des suspects et à les transporter clandestinement dans des pays où la torture est pratiquée afin d’y être interrogé .

Les mots « habeas corpus » – c’est à dire le droit de toute personne accusée à être présentée et défendue devant un juge – n’ont pas été prononcés une seule fois par les modérateurs des débats politiques. Aucun candidat n’a été interrogé sur son opinion concernant la responsabilité des opérateurs de télécommunication dans la violation de la confidentialité des données de connexion et de conversation de leurs clients (« telecom liability« ).

Par contre il y a eu cette question lumineuse, posée à un candidat Républicain : « Non mais, je vous pose la question sérieusement, est-ce que cela serait une bonne chose pour l’Amérique si Bill Clinton revenait vivre à la Maison Blanche ? »

Par ailleurs, malgré le fait que les Républicains ne cessent de répéter que le programme de surveillance générale (et sans mandat) des citoyens américains est nécessaire afin d’empécher « un nouveau 11-Septembre« , aucun modérateur de débat politique n’a jamais interrogé les candidats sur les informations révélées en 2007 (et qui ont fait grand bruit), qui montrent que l’administration avait mis en place les systèmes de surveillance générale longtemps avant le 11 septembre 2001, et non pas en réponse à ces attaques.

Par contre, sur NBC, le commentateur Brian Williams a demandé aux candidats du Parti Démocrate « ce qu’ils comptaient porter comme déguisement pour Halloween« .

Aucun modérateur n’a posé la moindre question aux candidats à l’investiture présidentielle pour savoir s’ils étaient d’accord avec le fait que le Président des Etats-unis peut ordonner l’incarcération pour une durée illimitée d’un citoyen Américain, sans que celui soit formellement accusé d’un crime et sans qu’il puisse avoir accès à un avocat ou voir être présenté à un juge.

C’est vrai que ce genre de « points de détail » est sans intérêt, comparé aux questions « sérieuses » que Tim Russert a posées au candidat Dennis Kucinich : « Revenons aux questions sérieuses. Il paraît que vous avez déjà vu un OVNI. C’est vrai ? ».

Aucun modérateur n’a interrogé les candidats pour savoir s’ils approuvaient la position de la Maison Blanche qui veut que, en période de crise, le Président est en droit de s’affranchir du contrôle du Congrès et agir seul… le concept de « période de crise » étant suffisamment flou pour laisser une grande lattitude au Président.

Par contre les journalistes ont insisté auprès de Hillary Clinton pour obtenir une information fondamentale : « Vous préférez les diamants ou les perles ? »

http://mediamatters.org/items/200711170002/??/


Les « Conventions de Genève » démantelées par les Etats-unis.

Extrait du documentaire « un taxi pou l’enfer ». D’Alex Gibney (Etat-Unis, 2007, 1h45mn)
diffuser sur ARTE le 08 octobre 2007.

http://www.dailymotion.com/video/x3663g_les-barbares-du-21eme-siecle
Alors que les capitalistes ont intégrés les principes des droits de l’homme dans leur idéologie, nous avons tous vu les comportements abjects des soldats américains dans les prisons d’Abou Ghraïb en Irak, de Guantanamo près de Cuba, ou de Bagram en Afghanistan. Si ce ne sont pas des atteintes aux droits de l’homme, que sont donc alors les droits de l’homme ? De quel homme parle-t-on ?
————————
voir video Road to Guantanamo Version s-titré francaise:
http://www.dailymotion.com/decryptator/video/x28tzc_road-to-guantanamo-sous-titre-franc_news


[Huffington Post 14 Nov 2007]

Elizabeth Holtzman : Au-delà la nomination de Mukasey, se profile la responsabilité pénale de la Maison Blanche

En 1988, Ronald Reagan avait nommé Robert Bork à la Cour Suprême, déclenchant une féroce dispute politique autour des positions ultra réactionnaires de ce juriste conservateur. Bork avait fini par jeter l’éponge et démissionner de son poste.

La même chose va t’il arriver à Michael Mukasey, candidat proposé par Bush au poste de Procureur général, et dont les déclarations évasives sur la question de la torture et de sa définition ont choqué bon nombre de juristes et constitutionalistes aux Etats-unis ?

Mais quel que soit le résultat du débat en cours, les tergiversations de Mukasey ont eu une conséquence involontaire mais néanmoins historique. Elles ont clairement établi que le Président des USA risque fort de tomber sous le coup d’une inculpation pour violation des lois interdisant la torture. La responsabilité pénale de la présente administration US aura plus de retentissement que la nomination de Mukasey comme procureur général. Cette décision aura des conséquences bien au delà de la mandature de G.W. Bush.

(…)

Le  « War Crimes Act » de 1996 considère que le traitement cruel, inhumain et dégradant d’un prisonnier est une violation des Conventions de Genève et constitue un crime fédéral. Par ailleurs, la loi de 1994 [18 USC Section 2340 (a)], établit comme étant un crime fédéral le fait d’entreprendre ces actes de torture en dehors des Etats-unis et étend cette culpabilité à ceux qui conspirent en vue de, planifient, apportent leur soutien ou encouragent l’usage de la torture en dehors des US. Ces deux lois s’appliquent à n’importe quel citoyen des Etats-unis, y compris le Président, le Vice Président et autres officiers supérieurs ou responsables administratifs, mais aussi aux subordonnés comme des agents de la CIA ou des soldats et mercenaires sous contrat US. Si le Président à donne l’ordre, a encourage, incité ou autorisé le « waterboarding » (la torture par simulacre de noyade) ou toute autre forme de torture ou de mauvais traitement, il a violé les lois de 1994 et de 1996. Si la victime de ces mauvais traitements succombe des suites de la torture, la loi prévoit que la punition pour les tortionnaires, leurs complices et leurs commanditaires est la peine de mort. La loi précise clairement que pour ce genre d’offense il n’y a pas de prescription, le Président US pourra donc être poursuivi bien après la fin de son mandat, jusqu’à la fin de sa vie, même.

(…)

En tant que « Attorney General », M. Mukasey pourra tenter de changer ces lois afin de protéger le Président Bush et ses complices de toute action en justice; il peut biaiser et tenter de gagner du temps en nommant un enquêteur spécial pour enquêter sur la responsabilité de la Maison Blanche.

Mais – comme le montre clairement la note rédigée par l’ancien Procureur Gonzales en 2002 – il ne peut pas lier les mains des procureurs futurs. Quand il y a mort d’homme, nos lois anti-torture ne prévoient pas de date de prescription. Tôt ou tard, ceux qui auront violé les lois U.S. seront poursuivis et traduits devant la justice. Si ce n’est par le procurer Mukasey, ce sera par un Procureur général futur.

Elizabeth Holtzman, ancienne députée au Congrès des Etats-unis, a participé à la commission d’enquête judiciaire qui a mené à la destitution de Richard Nixon. Elle est à l’origine, avec d’autres juristes, du statut d’enquêteur spécial crée en 1973 et à écrit, avec Cynthia L. Cooper,  l’ouvrage « The Impeachment of George W. Bush » (2006).

http://www.huffingtonpost.com/elizabeth-holtzman/beyond-mukaseys-confirma_b_72242.html


Le plus intéressant de cet article est la phrase de Breteau : « Faire du Darfour une priorité… »

Quand on sait à quel point le Darfour est exploité par la manipulation néo-con pour affaiblir l’Europe et s’emparer des réserves pétrolières dans la région (notamment à travers le lobbying de Powell et de la Fondation Baker), il ne serait pas surprenant que Kouchner et ses amis néo-cons français aient voulu – en laissant faire les guignols de l’Arche de Zoé – monter une petite opération de communication au bénéfice de leurs amis à Washington :

Les « bons blancs » Occidentaux qui s’en vont sauver de la « barbarie islamiste » de pauvres petits noirs tous mignons…. voilà qui aurait fait une jolie couverture de Paris Match pour renforcer chez les français l’idée de guerre des civilisations et nous pousser un peu plus dans le camp des faucons US…

[Le Canard enchaîné – 14/11/2007]
La très inhabituelle discrétion de Kouchner sur l’équipée de l’Arche de Zoé s’explique peut-être par cette embarrassante lettre datée du 13 juillet et adressée à Laurent Contini, son conseiller pour l’Afrique.

Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé, y remercie son « cher Laurent» de « l’excellent accueil» qu’il a reçu au Quai d’Orsay le 4 juillet. Dans ce courrier, Breteau parle clairement d’une »opération d’évacuation des orphelins du Darfour » pour laquelle il promet – pieux mensonge – « un cadre strictement légal ».

Plus loin on comprend que le ministère émet des réserves, mais Breteau y répond par avance: « Comme évoqué lors de notre entretien, nous avons pleinement conscience des possibles répercussions de cette opération humanitaire ( … ). Faire du Darfour une priorité reste l’objectif partagé par le ministère que vous représentez et notre organisation humanitaire. » (suite…)


En attendant une version française (qui ne viendra peut-être jamais),
vous pouvez voir le documentaire ici :
http://www.mininova.org/tor/953637

[Gregoire Seither – IES News Service – 23/10/2007]

La droite US a relancé sa machine à mobilisation pour empécher la diffusion publique aux Etats-unis du documentaire « Taxi to the Dark Side » (Jigsaw Productions), présenté pour la première fois en Avril dernier au Tribeca Film Festival. Ce film puissant a recu de nombreux prix cet été et est nominé aux Oscars. Rien que la bande annonce vous fait sursauter :

Le film est construit autour du destin d’un chauffeur de taxi Afghan, dont on ne connait que son prénom, Dilawar, complètement innoncent de tout lien avec des terroristes, qui a été torturé à mort dans la prison secrète que les Etats-unis ont installée sur la base aérienne de Bagram en Afghanistan. « Taxi to the Dark Side » documente le parcours des politiques sécuritaires de l’Administration Bush, depuis Bagram (..) jusqu’à Guantánamo (..) et Abu Ghraib.Il montre comment les racines de ces politiques sont a chercher dans les programmes d’expérimentation du comportement humain (privations sensorielles, utilisation de drogues…) qui avaient été mis en place dans les années 1950 par la CIA pour comprendre comment fonctionne la torture.

Le documentaire retrace également l’opposition que ces politiques ont rencontrées au sein de l’administration mais aussi de l’armée et présente quelques officiels hauts-placés qui ont tenté de s’opposer : par exemple l’ancien conseiller légal de la Navy, Alberto Mora, ou encore Lawrence Wilkerson, ancien directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat Colin Powell, qui témoignent de la violence des échanges entre pro- et anti-torture. Ou encore John Yoo, un des architectes de la politique des « renditions exceptionnelles » (les prisons secrètes de la CIA dans des pays utilisant la torture) qui justifie les « choix stratégiques » de la Maison Blanche, rejoint en cela par le Vice-Président Dick Cheney.

La dernière partie du documentaire raconte la bataille au congrès des Etats-unis pour tenter de restaurer la norme des Conventions de Genève interdisant la torture (à travers les prises de position et les compromis tragiques de John McCain).

Plus intéressant, les auteurs du documentaire montrent comment la célèbre série télévisée « 24 heures chrono » (qui a été réalisée avec une assistance technique des services de renseignement US) diffusée sur Fox TV a contribué à légitimer la torture auprès de l’opinion publique, en minimisant son impact sur l’intégrité physique des personnes qui y sont soumises (« c’est juste un mauvais moment à passer ») et en martelant aux spectateurs qu’il y a urgence et qu’on ne peut s’embarasser de conventions et de droits de l’homme dans ces cas là (« le faux scénario de la bombe à retardement »).


L’Amérique fasciste, en dix mesures faciles

[Naomi Wolf – Mardi 24 avril 2007 – The Guardian – Traduction française: SOTT]

De Hitler à Pinochet et au delà, l’histoire montre qu’il y a certaines mesures que tout dictateur en puissance doit prendre pour détruire les libertés constitutionnelles. Et selon Noami Wolf, George Bush et son administration semblent toutes les prendre.

L’automne dernier, il y a eu un coup d’état militaire en Thaïlande. Les leaders du coup d’état ont pris un certain nombre de mesures, plutôt systématiquement, comme s’ils avaient une liste d’achats. En un sens, c’est ce qu’ils avaient. En quelques jours, la démocratie a été supprimée : les chefs du coup d’état ont décrété la loi martiale, envoyé des soldats en armes dans les zones résidentielles, pris en main les stations de radio et de télévision, et mis des activistes patentés en détention.

Ils ne comprenaient pas ces choses à mesure qu’elles progressaient. Si vous regardez l’histoire, vous pouvez voir qu’il y a essentiellement un plan pour transformer une société libre en une dictature. Ce plan a été utilisé à maintes reprises en versant plus ou moins de sang, de manières plus ou moins terrifiantes. Mais c’est toujours efficace. Il est très difficile et ardu de créer et maintenir une démocratie – mais l’histoire montre qu’en supprimer une est bien plus simple. Vous n’avez qu’à être disposé à prendre les dix mesures.

Aussi difficile que ce soit à contempler, si vous êtes disposé à le voir, il est clair que chacune de ces 10 mesures a déjà été initiée aujourd’hui aux Etats-Unis par l’administration Bush.

(suite…)


SELON NEWSWEEK, LE VICE-PRÉSIDENT CHENEY AURAIT DEMANDÉ À ISRAÊL DE PROVOQUER L’IRAN AFIIN DE LE FORCER À RÉAGIR… ET JUSTIFIER UNE CONTRE-ATTAQUE US.

[Reuters 23 septembre 2007 – Trad. IES News Service – Tel-Aviv]
Le Vice President des Etats-unis, Dick Cheney aurait demandé à israël de lancer des missiles sur le site de Natanz, en Iran (où l’iran développe son programme nucléaire civil) afin de pousser l’état iranien à riposter, permettant alors aux Etats-unis d’attaquer le pays. C’est du moins ce qu’affirme le magazine NEWSWEEK ce dimanche. Cette révélation apparait au moment où les rumeurs vont bon train à propos d’un bombardement en Syrie, la semaine dernière, par l’armée de l’air israélien, sur un site dont certains affirment qu’il serait un « laboratoire nucléaire ».

Newsweek affirme que l’ancien conseiller pour le Moyen-Orient, David Wurmser aurait révélé lors d’un entretien que, il y a quelques mois, Dick Cheney aurait envisagé de demander à Israël d’attaquer le laboratoire iranien de Natanz afin de provoquer une réponse militaire iranienne. Cette réaction iranienne aurait alors fourni le prétexte à un bombardement de l’Iran par les Etats-unis.

La femme de Wurmser, Meyrav Wurmser, qui travaille pour le think tank néo-con The Hudson Institute a déclaré que ces affirmations étaient fausses.


[AP dim 16 sep 2007]La principale raison de l’invasion de l’Irak était bien le pétrole,  avoue Alan Greenspan, ancien président de la Banque centrale américaine dans son autobiographie « The Age of Turbulences: Adventures in a new world ». La Maison blanche a donné, au fil des années, de nombreuses raisons pour justifier l’invasion de l’Irak mais ont toujours démenti avec véhémence que le pétrole puisse figurer par mi ces raisons.

Après Paul Wolfowitz, Greenspan est le deuxième ex- haut fonctionnaire qui fait de telles déclarations. « Je suis triste qu’il soit politiquement incorrect de reconnaître ce que tout le monde sait: la guerre en Irak est largement une question de pétrole », acrit-il dans ses mémoires.

Selon les médias américains et britanniques, l’ancien président de la Fed, âgé de 81 ans et toujours républicain, risque de provoquer des vagues à la Maison Blanche qui continue à jurer que l’intervention américaine en Irak a eu lieu pour abattre la tyrannie de Saddam Hussein et détruire les armes de destruction massives, le combat altruiste des Américains visant à apporter la liberté et la démocratie dans le monde entier.

http://www.rtlinfo.be/news/article/34742/–Greenspan:+cest+pour+le+p%C3%A9trole+que+lIrak+a+%C3%A9t%C3%A9+envahi 


[Human Rights Watch – 20/07/2007 – Trad. Grégoire Seither]
Le nouveau décret du Président George Bush, définissant le réglement à suivre pour les incarcérations et les interrogation de la Central Intelligence Agency viole toujours les Conventions de Genève, contrairement à ce que l’administration Bush voudrait nous faire croire. Le nouveau décret affirme que le nouveau règlement de la CIA est « 100% conforme aux obligations US vis à vis de l’Article 3 des Conventions de Genève de 1949 ».

Mais la « mise au secret des prisonniers » – caractéristique du programme de prisons secrètes de la CIA – est en violation directe de l’Article 3 qui exige que les détenus soient traités de manière correcte et puissent faire connaître leur situation à leurs proches. La CIA continue a garder un certain nombre de ses prisonniers dans des pénitenciers secrets, appelés « sites noirs ». Certains de ces prisonniers ont été transférés à Guantanamo Bay en septembre 2006, après des années de « disparition ». Mais d’autres prisonniers pour lesquels il existe des preuves qu’ils ont été appréhendés par la CIA, sont toujours manquants à l’appel.

« Si on se base sur les standards communément admis en matière de droit humanitaire international, le nouveau réglement de la CIA, mis en place par George W. Bush, est illégal jusqu’à l’os » explique Joanne Mariner, directrice du département d’étude du terrorisme et du contre-terrorismes pour l’organisation « Human Rights Watch ».

http://hrw.org/english/docs/2007/07/20/usdom16444.htm


[IES News Service – 30/08/07]
Il n’est pas difficile de deviner quelle sera la politique étrangère des Etats-Unis en cas de victoire du candidat Rudy Giulani en 2008. Il suffit pour cela de jeter un coup d’oeil à sa liste de conseillers en matière de géopolitique. La presse avait tiqué quand il avait annoncé l’embauche, en juillet, du radical Norman Podhoretz, un néo-conservateur acharné qui ne cesse de présenter l’attaque militaire contre l’Iran comme l’unique solution envisageable à la « crise » iranienne.

Puis, en aôut, c’est Daniel Pipes qui a rejoint l’équipe de campagne de Giulani. On peut affirmer sans exagération que Pipes est encore plus radical que Podhoretz quand il s’agit de bombarder des pays arabes dans le voisinage d’Israël.

Mais il y a bien d’autres conservateurs bellicistes dans l’équipe Giulani. (suite…)


Le Général Wesley Clark, ancien candidat Démocrate aux primaires de 2004, revient dans son ouvrage sur les plans établis par le Pentagone, quelques jours après les attentats du 11 septembre. A la demande de Rumsfeld, l’Etat Major travaillait aux changements de régime en Irak, Syrie, Liban, Soudan, Somalie, Lybie, Iran. ll en avait déjà parlé avec Amy Goodman, sur Democracy Now, au début de l’année 2007.

Wesley Clark : (…) je me suis rendu au Pentagone juste après le 11 septembre 2001, à peu près 10 jours après. J’ai vu le secrétaire à la Défense Rumsfeld et sont adjoint Wolfowitz. J’ai descendu les marches, juste pour saluer les membres de l’Etat major qui avaient travaillé avec moi, et l’un des généraux m’a dit :

Gl : Monsieur, venez avec moi, que nous parlions un instant.

Clark : Mais, vous êtes très occupé

Gl : Non, non.

Et il poursuit : Nous avons décidé d’entrer en guerre contre l’Irak.

Nous étions le 20 septembre.

Clark : Nous allons entrer en guerre contre l’Irak ! Pourquoi ?

Gl : Je ne sais pas. J’imagine qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre.

Clark : Ont-ils trouvé des informations reliant Saddam et Al Quaeda ?

Gl : Non, il n’y rien dans cette direction. Ils ont juste décidé de faire la guerre à l’Irak. Je crois que c’est parce que nous ne savons pas quoi faire contre les terroristes, mais nous avons une bonne armée et nous pouvons renverser les gouvernements. Je crois que quand le seul outil dont vous disposez est un marteau, tout les problèmes doivent prendre la forme d’un clou.

(suite…)


J’ai recu plein de messages de gens me disant qu’ils n’arrivaient pas à voir la vidéo sur YouTube de Dick Cheney, en 1994, disant que ce serait une très mauvais idée que d’aller envahir l’Irak (cf. https://libertesinternets.wordpress.com/2007/08/13/452/). Pour ma part je n’ai pas de problème, mais juste au cas où les censeurs tenteraient d’enterrer ce document si intéressant, j’en ai archivé une copie sur Libertés-Internets TV :

  • EN 1994, DICK CHENEY ETAIT CONTRE LA GUERRE EN IRAK
    Je suppose que vous l’avez tous vue sur YouTube, mais juste au cas où cette vidéo venait à ‘disparaître’, en voici une copie, ici.
    [C-SPAN – Quicktime MOV – 5 Mo]
    Cheney ’94: Invading Baghdad Would Create Quagmire C-SPAN
  • DERRIÈRE DICK CHENEY, IL Y A ROCKEFELLER, MAIS DICK NE VEUT PAS QUE CELA SE SACHE…
    Une brève vidéo qui montre à quel point le « réseau Rockefeller » est une des forces motrices derrière le projet hégémonique des néo-conservateurs aux US.
    [C-SPAN – Quicktime MOV – 10 Mo]
    Dick Cheney ex-director of CFR talks to David Rockefeller

J’avais raté ça, en 2004, c’est excellent !!! Dick « Go Fuck Yourself » Cheney aurait fait un excellent Al Pacino dans « Scarface »….


EN 1994, DICK CHENEY TROUVAIT QUE C’ÉTAIT UNE MAUVAISE IDÉE D’ENVAHIR L’IRAK
[Vidéo – Dick Cheney – American Entreprise Institute – 15/04/1994]
Interrogé par l’AEI en 1994, Dick Cheney est particulièrement lucide sur les dangers de l’invasion de l’Irak. « C’est une mauvaise idée, nous allons nous y embourber, cela va créer plus d’instabilité dans la région et faire exploser le pays… »

7 ans après, Cheney dira exactement le contraire….


[Newsweek -Aug. 13, 2007 – Trad. Grégoire Seither]
La controverse entourant le programme de surveillance intérieure sans mandat judiciaire mis en place par le président Bush a pris une nouvelle tournure la semaine dernière, quand une équipe d’agent du FBI, armés d’un mandat de perquisition ‘secret défense’, ont fouille, à Washington, la maison d’un avocat ayant travaillé pour le Ministère de la Justice.

L’avocat, Thomas M. Tamm, travaillait jusqu’au mois dernier au ‘Office of Intelligence Policy and Review (OIPR)’ du Ministère de la Justice, une unité super-secrète qui coordonne la surveillance de suspects de terrorisme et d’espionnage.

Les agents ont confisqué l’ordinateur de bureau de l’avocat ainsi que les deux ordinateurs portables de ses enfants et un ensemble de fichiers et documents personnels. Ni Tamm ni le FBI n’ont voulu faire de déclaration à la presse.

Mais deux collèges de Tamm, qui ont demandé à ne pas être nommés, on indiqué à NEWSWEEK que le raid du FBI était en relation avec une enquête ordonnée par le Ministre de la Justice afin de découvrir la source de la fuite vers la presse d’informations sur le programme d’espionnage domestique qui avaient déclenché la controverse.

En Décembre 2005, le New York Times avait publié une article affirmant que Bush avait autorisé la National Security Agency à espionner les conversations téléphoniques et les courriers électroniques de citoyens des Etats-unis, sans devoir obtenir préalablement l’autorisation d’un juge. A l’époque le procureur général Alberto Gonzales c’était plus ému du fait que cela se sache plutôt que de l’illégalité d’une telle mesure. « (Cette révélation) fait vraiment du mal à notre sécurité nationale; c’est vraiment mauvais pour notre pays. »

http://www.msnbc.msn.com/id/20121795/site/newsweek/


Cet article du Boston Globe qui détaille les plans de la Maison Blanche en cas d’imposition de l’état d’urgence, fait l’impasse sur l’essentiel : la Constitution des Etats-unis ne prévoit pas ce type de mesures en cas d’urgence.

Les pères fondateurs et les juristes constitutionnels des ces 250 dernières années ont eu à affronter des périls bien plus graves pour la Nation qu’un attentat de l’ampleur du 11 septembre 2001 – l’invasion par des troupes anglaises qui brûlèrent Washington, la sécession de la moitié du pays lors de la Guerre Civile par exemple…

Or la Constitution prévoit que, dans le cas d’une vraie crise menaçant le pays, le pouvoir doit revenir aux Etats formant l’Union et non à des individus sans aucune légitimité démocratique, nommés par décret Présidentiel.

C’est non seulement ce que prévoit la loi mais c’est en plus une conclusion logique. Le gouverneur d’un Etat sera toujours mieux placé pour gérer une crise au niveau local qu’un quelconque émissaire de Washington, qui ne connaît personne et n’a pas de réseaux sur le terrain, nommé parce qu est un copain du Président. La performance ‘mirobolante’ de Michael Brown, ex-directeur de FEMA lors de l’ouragan Katrina aurait au moins dû nous apprendre cela.

LA MAISON BLANCHE RÉVISE SES PLANS EN CAS DE CATASTROPHE OU D’ATTENTAT MAJEUR
[Charlie Savage – Boston Globe – 02/06/07 – Trad. Grégoire Seither]

L’administration Bush est entrain de mettre en place un programme logistique destiné à assurer le maintien du contrôle gouvernemental suite à une éventuelle attaque terroriste à très grande échelle ou une catastrophe naturelle de très grande ampleur. C’est la première fois que ce genre de plan est préparé au sein de la Maison Blanche et non pas, comme cela a été le cas ces 50 dernières années, par les experts en protection civile de l’agence FEMA (Federal Emergency Management Agency).

Le nouveau plan – dont d’importantes sections sont classées ‘secret défense’ – oblige toutes les agences et organismes publics de définir une chaîne de commande claire afin de faire face immédiatement dans le cas où des cadres dirigeants ou les directeurs seraient tués. Les agences d’Etats doivent par ailleurs implémenter une stratégie d’évacuation et de mise en place de QG provisoires dans un délai maximal de 12 heures après la catastrophe. Tous les services publics doivent « se préparer a diriger et soutenir la nation lors d’une crise » – cette mission allant de « apporter la preuve visible d’un leadership effectif, tant vis à vis des citoyens du pays que du reste du monde » jusqu’à « mettre hors d’état de nuire et traduire devant la justice les personnes s’étant rendues coupables de crimes ou d’attaques ».

Cette nouvelle politique remplace le « Plan de continuité du gouvernement » élaboré durant l’ère Clinton. Les termes exacts de l’ancien plan ne sont pas connus du grand public, pour des raison de sécurité, mais les spécialistes de la sécurité et les officiels gouvernementaux qui ont pu le consulter disent que le nouveau Plan, élaboré par l’équipe autour de George W. Bush, centralise le contrôle des opérations à la Maison Blanche et insiste beaucoup plus qu’avant sur les menaces d’ordre terroriste. « Al-Qaïda les préoccupe plus que Katrina » commente un représentant de la Maison Blanche. . .

(suite…)


[Paul Joseph Watson – Prison Planet – 23/07/07 – Trad. Grégoire Seither]
Le député Démocrate de l’Oregon, Peter DeFazio a reçu de nombreux courriers ainsi qu’une pétition de la part de ses électeurs. Ils lui demandent d’utiliser son privilège de député pour savoir quel est le plan d’action mis en place par la Maison Blanche dans l’hypothèse d’une attaque terroriste.

Pour des raisons évidentes de sécurité, ce plan d’action est classé « secret défense »… mais DeFazio est membre du comité pour la sécurité nationale (« Homeland Security Committee ») et est autorisé à consulter des documents classés.

Malgré cela, le député s’est vu purement et simplement interdire l’accès au documents détaillant le plan d’action gouvernemental, en violations des dispositions constitutionnelles. Interrogée, les services de la Maison Blanche n’ont même pas daigné lui donner une raison pour justifier un pareil refus. (suite…)


[James Bovard – ZNet – 21/07/7 – Trad. Grégoire Seither]
(James Bovard est l’auteur de nombreux ouvrages d’analyse politique, notamment « Attention Deficit Democracy » qui a reçu le prix du livre politique 2007).

Combien de bombes faut-il pour faire s’écrouler la démocratie américaine ? Nettement moins qu’il n’en aurait fallu il y a encore un an.

La loi FISA sur les écoutes téléphoniques qui vient d’être votée par le Congrès sans opposition véritable de la part des Démocractes, est la dernière touche apportée au Defense Authorization Act, voté en Septembre 2006.

Cet arsenal législatif permet au Président George W. Bush d’imposer librement l’état d’urgence n’importe où dans le pays à la suite d’un « incident terroriste » ou bien si la Maison Blanche ou une autre autorité fédérale perçoit une « menace à l’ordre public » voire tout simplement dans le cas d’une « émeute » ou d’une manifestation qui aurait dégénéré suite à des provocations par des éléments gouvernementaux.

Autrement dit, c’est le Président tout seul, sans aucun contrôle de son pouvoir, qui peut décider de priver les citoyens de son pays de leurs libertés.
http://www.informationclearinghouse.info/article18055.htm


L’exilée russe Larisa Alexandrovna sait de quoi elle parle quand elle analyse l’état policier qui est entrain de se mettre en place sous l’Administration Bush. Et comme dans toute dictature, la force de l’Etat repose sur l’apathie et la lacheté de la population qui laisse faire…

C’EST OFFICIEL : NOUS VIVONS DÉSORMAIS DANS UN ÉTAT POLICIER

[Larisa Alexandrovna – 04/08/07 – IES News Service]

“Voici la racine dont surgit le tyran : quand il se présente pour la première fois, il porte le masque rassurant de celui qui veut nous protéger.”  (Platon)

Merci au 40 députés du Parti Démocrate et à la majorité Démocrate au Sénat des Etats-unis. Grâce à eux, la loi FISA a été votée, accordant un pouvoir absolu au Président. Je peux vous assurer que, quelles que soient les amendements minimes que le Congrès réussira à faire passer pour tenter d’endiguer la loi FISA, le Décideur utilisera tous les moyens en sa possession pour récupérer chaque once de pouvoir qu’il aura cédé. Ce congrès est une honte pour notre pays. Comparé à la majorité précédente, qui a redonné un sens au mot corruption et l’a portée à des niveaux jamais vus jusqu’ici, la nouvelle majorité Démocrate se caractérise par sa lâcheté, sa peur d’agir et son étroite compromission avec ceux-la même qu’elle est censée combattre.

Heureusement, je ne suis pas affiliée à un parti, ce qui me donne toute latitude pour voter pour celui que je veux. Un parti n’est pas un pays  après tout. Mais vous, les électeurs et membres du Parti Démocrate, vous allez devoir déchirer et renvoyer massivement vos cartes du parti afin de clairement faire comprendre à vos élus et dirigeants politique que quiconque aura voté pour cette horreur ne reviendra pas au Congrès après les prochaines élections. Quand aux autres, ceux qui n’ont même pas essayé de ralentir ou de bloquer l’adoption de cette loi, je vous conseille de leur adresser un sérieux message d’avertissement.

Ce n’est pas la peine de perdre notre temps à discuter avec les Conservateurs, ils ont toujours fait passer leur parti avant leur pays et sont probablement entrain de célébrer leur « grande victoire », comme s’il s’agissait de gagner des points dans un championnat de foot. Tout à leur célébrations, ils ne voient pas à quel point cette législation est une catastrophe pour notre pays, le notre mais aussi le leur.

Ne vous trompez pas. Je suis née en URSS et je sais de quoi je parle. Notre démocratie, nos libertés sont sérieusement en danger quand on confie un tel pouvoir à un Ministre de la Justice qui a détourné la Constitution pour accommoder son patron, qui a menti à la justice et fait obstruction aux juges, qui a légitimé et approuvé les arrestations sans mandat, les prisons secrètes, la torture dans les prisons, le fichage et l’espionnage de citoyens ordinaires… Aujourd’hui, cette même personne se voit accorder les plein pouvoirs pour décider qui, parmi les citoyens de ce pays, va pouvoir être espionné par les services de police, sans autorisation d’un tribunal. Peut-être que vous ne voyez pas la gravité d’une telle décision, mais après tout, vous n’avez pas vécu sous une dictature, donc vous ne savez pas en reconnaître les prémices.

Mais d’une manière générale, les gens qui ont le plus trahi dans cette histoire sont les citoyens de ce pays. Vos ancêtres, les patriotes qui ont fondé ce pays, seraient descendus dans la rue, auraient baissé les rideaux de leurs boutiques et bloqué la circulation pour paralyser la machine gouvernementale qui se préparait à les priver d’une grande part de leurs libertés. Mais vous n’avez pas fait cela. Vous êtes restés chez vous, vous n’avez rien bloqué du tout. Vous êtes restés assis, dans l’expectative, plaçant tous vos espoirs entre les mains d’une bande de lâches.

http://www.atlargely.com/2007/08/its-official-we.html


QUAND LA MAISON BLANCHE INVENTE DES « OPPOSANTS » QUI SONT D’ACCORD AVEC ELLE

La Maison Blanche diffuse partout une tribune libre de deux experts de la Brookings Institution qui confirment la politique de G.W. Bush en Irak. Cette analyse, disent les communiquant de la Maison Blanche, est d’autant plus crédible »qu’elle provient de milieux connus pour s’être toujours opposés à la politique de l’actuelle administration ». Hmmm, vraiment ? Voyons un peu le pedigree de ces deux « opposant à G.W. Bush ».

Il y a fort à parier que les milieux néo-conservateurs français fassent beaucoup de bruit autour d’une tribune libre parue le 30 juillet dernier dans le « New York Times ». Sous le titre « Une guerre que nous pourrions bien gagner », les deux experts de la Brookings Institution, Michael O’Hanlon et Kenneth M. Pollack écrivent, « Nous obtenons enfin des résultats probants en Irak, du moins, d’un point de vue militaire. »
http://www.nytimes.com/2007/07/30/opinion/30pollack.html?_r=1&oref=slogin

Les auteurs se présentent dans l’article comme étant « deux experts en stratégie qui ont, par le passé, violemment critiqué l’Administration Bush pour sa gestion catastrophique de la crise en Irak » – ce qui est totalement faux, comme nous allons le voir un peu plus bas.

Mais que disent nos deux experts ? Au retour d’une visite de huit jours en Irak « où nous nous sommes entretenus avec des militaires américains, irakiens ainsi qu’avec des personnalités locales, » les auteurs déclarent, « qu’il y a suffisamment de bonnes nouvelles qui nous parviennent des champs de bataille en Irak pour que le Congrès décide de poursuivre et même renforcer ses efforts au moins jusqu’en 2008. ». Pour Hanlon et Pollack, « le débat en cours à Washington est surréaliste » et « le renforcement militaire en Irak, décidé par le président Bush et dirigé par le Général David Petraeus donne de bons résultats ». Pour l’avenir nos deux experts voient une situation où la présence militaire encore renforcée des soldats US permettra « non pas d’obtenir nécessairement la victoire mais une stabilité satisfaisante qui pourrait être acceptable tant pour nous que pour les Irakiens ».

Laissons de côté le cynisme d’une analyse qui juge ‘acceptable’ une situation décrite par tous les témoins ayant osé sortir de la « Zone verte » de Bagdad, comme étant rien de moins qu’un enfer… Mais les experts ne sortent jamais de la Zone Verte, ils se contentent d’interroger les échantillons qui y vivent. Ils auraient mieux fait de lire les papiers de la courageuse journaliste Anne Nivat (Life in the Red Zone = http://www.iht.com/bin/print.php?id=6713743).

L’administration Bush s’est immédiatement attelé à diffuser un avis qui (chose rare dans la presse de référence aux Etats-unis ces derniers temps) soutient de manière aussi directe sa politique irakienne – et ce malgré le fait que l’article dit en toutes lettres que « Bush et son équipe ont perdu toute crédibilité dans le dossier irakien ».

Le service de presse de la Maison Blanche a envoyé l’article par courrier électronique à tous les journalistes accrédites, sous le titre « Au cas où vous ne l’auriez pas vu ».

Peter Wehner, directeur du département des communications stratégiques de la Maison Blanche, a déclaré que cette tribune était « annonciatrice d’un changement climatique dans l’opinion sur le dossier irakien » http://dyn.politico.com/members/forums/thread.cfm?catid=7&subcatid=41&threadid=78748#78748

Comme on peut s’en douter, dans les 48 heures, les organes de presse partisans de la politique de Bush se sont précipités pour faire écho : l’article a été repris dans tous les coins de la blogosphère de droite états-unienne : http://hughhewitt.townhall.com/g/10c28f95-6024-412d-b884-14ffcbdc5534
http://www.powerlineblog.com/archives/2007/07/018075.php
http://hotair.com/archives/2007/07/30/a-war-we-just-might-win/

National Review, le principal organe du mouvement conservateur étatsunien, a rapidement rassemblé un panel de huit célébrités pro-guerre, y compris le Sénateur John McCain (R-AZ) et un autre expert de la Brookings, Peter Rodman, pour chanter les louanges de cette « analyse dont la crédibilité est renforcée par le fait qu’elle provient de milieux connus pour s’être toujours opposés à la politique de l’actuelle administration ».
http://article.nationalreview.com/?q=WQ5NDkwMDNiMzZhODNlNjdhN2JiM2EyMjQ1N2ZmMWQ=

Il y a fort à parier que cette opinion sera également propagée de ce côté ci de l’Atlantique : mais est-ce que O’Hanlon et Pollack sont vraiment les rebelles qu’ils prétendent être ? Rien n’est moins sûr. Si on reprend leurs positions ces 5 dernières années sur le dossier irakien, ils ont systématiquement joué le même rôle : celui d’experts établis et souvent invités par les médias, vaguement de centre-gauche, mais fournissant toujours la caution « libérale » aus politiques militaires erronnées de la Maison Blanche. http://www.thenation.com/docprint.mhtml?i=20050829&s=berman

A l’automne 2002, Pollack publia l’ouvrage : « The Threatening Storm: The Case for Invading Iraq », qui affirmait que Saddam Hussein était à deux doigts de fabriquer des armes nucléaires. Chris Suellentrop, dans le magazine « Slate », décrit le livre comme « capable de transformer plus de colombes en faucons que les discours de Richard Perle, Laurie Mylroie et George W. Bush combinés ».
http://www.amazon.com/Threatening-Storm-Case-Invading-Iraq/dp/0375509283
http://www.slate.com/id/2079705/

En Oct. 2002, Pollack était l’invité du Oprah Winfrey Show pour parler de l’Irak. Devant des millions de téléspectateurs il n’hésita pas à affirmer, de manière totalement erronée, que « Saddam Hussein n’a qu’un seul objectif, acquérir des armes nucléaires, et il est entrain d’en fabriquer aussi vite qu’il peut. »
http://www.tinyrevolution.com/mt/archives/001441.html

O’Hanlon a également participé à la campagne de manipulation de l’opinion qui a précédé l’invasion de l’Irak. Le 31 décembre 2002, dans une tribune libre reprise par plusieurs quotidiens aux Etats-unis, O’Hanlon affirme que « Saddam Hussein risque de tenter de porter la guerre sur le sol des villes américaines, à travers le terrorisme. » A ce stade, ce n’est plus faire de l’analyse, c’est susciter la peur.
http://www.brook.edu/views/op-ed/ohanlon/20021231.htm

En janvier 2003, celui qui se prétend aujourd’hui « opposant », déclarait encore, au micro de Fox News : « A mon avis, nous devons lancer la guerre avant le mois de mars prochain, si nous voulons profiter des bonnes conditions climatiques ».
http://thinkprogress.org/2007/07/30/media-ohanlon-pollack/

Compte tenu de la réputation de la Brookings Institution, les arguments, bien que notoirement faux, de O’Hanlon et Pollack avaient du poids et convainquirent bon nombre de sceptiques de la validité de l’invasion militaire de l’Irak. http://www.thenation.com/docprint.mhtml?i=20050829&s=berman

Avec la dégradation de la situation en Irak, dans les années qui suivirent, tant O’Hanlon que Pollack sont devenus plus critiques des stratégies de la Maison Blanche, mais sans pour autant devenir anti-guerre. Ainsi, à l’hiver 2006, ils apportent leur soutien intellectuel et rhétorique à la volonté de Bush de renforcer de manière significative la présence militaire US en Irak.
http://www.brook.edu/views/op-ed/steinberg/20040518.htm
http://www.iht.com/articles/2005/07/01/opinion/edpollack.php

Pollack, qui travaillait entre temps pour le Pentagone sur les projets d’escalade militaire, expliquait il y a encore huit mois, « Le plan du président est sans aucun doute la dernière chance pour parvenir à stabiliser l’Irak. »
http://www3.brookings.edu/comm/events/20070129.pdf
http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=6648921

Le 14 janvier 2007, O’Hanlon – endossant soudain l’habit de « l’opposant à la Maison Blanche », publia une tribune libre dans le Washington Post intitulée « Arguments d’un sceptique en faveur de l’escalade militaire », expliquant que même si le renforcement militaire (« surge ») était « pas assez fort, et survenant beaucoup trop tard…il n’en reste pas moins que c’est la seule bonne option à choisir par un Congrès et une opinion publique qui doute. »

En mars 2007, O’Hanlon rajoute une couche en plaidant que « plutôt que de se complaire dans un jeu de pouvoir avec M. Bush ce printemps, le Congrès ferait mieux de lui accorder les moyens demandés et de donner une chance à la stratégie de l’escalade militaire. »
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/01/12/AR2007011201950.html
http://thinkprogress.org/2007/07/30/media-ohanlon-pollack/

Pour des « critiques violents » de l’administration Bush et des « opposant de toujours », voici des experts qui sont bien en phase avec les fauteurs de guerre à la Maison Blanche.

Grégoire


Bon, ce texte (quelque peu simpliste) est pas jeune, cela fait au moins deux ans que cela tourne sur la toile, mais cette fois Mike Blumrich de Bushflash l’a mis en son et images…

The 14 Characteristics of Fascism


[Commision Européenne – 25/06/07]

Nous savons que les services de sécurité nationaux d’Europe ont participé à la “guerre contre la terreur” menée par les USA. Ils ont participé à des opérations qui ont constitué des violations flagrantes des droits de l’homme. La CIA des USA a certes assuré la direction et la coordination des opérations, mais les services de renseignements d’Europe doivent accepter leur part de responsabilité pour les enlèvements, les « restitutions », les détentions secrètes et les interrogatoires illégaux.

Certains ont remis des suspects à la CIA ou fermé les yeux sur des enlèvements secrets de personnes. Ils ont facilité l’organisation d’avions transportant des prisonniers et fourni des informations à la CIA.

Le Sénateur Dick Marty a indiqué à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe que deux de ses Etats membres ont même mis à disposition pendant quelques années des installations pénitentiaires destinées aux détentions secrètes.

Il faut à tout prix faire un bilan complet de ce qui s’est produit après le « onze septembre » et tirer les leçons des erreurs commises. Il faut rétablir les normes en matière de droits de l’homme qui ont été adultérées. Une telle démarche s’impose également pour protéger la crédibilité de la lutte contre le terrorisme à l’avenir.

Le retard considérable qu’a pris cette évaluation vitale est partiellement imputable aux intimidations politiques et autres menaces de l’administration Bush.

(suite…)


Le Sénat américain affronte la Maison Blanche sur les écoutes mises en place après le 11-Septembre
[LEMONDE.FR  – 28.06.07]
La commission des affaires judiciaires du Sénat a sommé, mercredi 27 juin, la Maison Blanche et le vice-président, Dick Cheney, de lui fournir des documents liés au programme d’écoutes extra-judiciaires mis en place après le 11-Septembre. La requête concerne notamment les documents liés à l’autorisation du programme et à tout accord entre l’administration du président George W. Bush et les opérateurs de téléphonie, précise la commission dans un communiqué.
(suite…)