septembre 2009



Moi, Mustapha Kessous, journaliste au « Monde » et victime du racisme

[LE MONDE | 23.09.09 ]

Brice Hortefeux a trop d’humour. Je le sais, il m’a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l’avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : « Vous avez vos papiers ? »

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m’approche d’une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. « Je te parle pas, à toi », me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n’a aucun souci à discuter avec cette « France profonde ». Il m’avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l’organisation l’a appelé pour savoir si j’étais bien son… chauffeur.

Je pensais que ma « qualité » de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux « défauts » : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des « crochets » balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l’endroit, la population, les préjugés sont poisseux.

J’en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet « apartheid mental », lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n’hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu' »un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde ! »

Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c’est toujours « M. Kessous ». Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, « M. Kessous », ça passe mieux : on n’imagine pas que le reporter est « rebeu ». Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m’avait avoué, en souriant : « Je croyais que vous étiez de notre communauté. »

J’ai dû amputer une partie de mon identité, j’ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c’est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s’est si souvent produit…

A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l’île de la Barthelasse, près d’Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s’est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l’enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : « J’aime pas les Arabes. » Finalement, il me reçoit chez lui.

On pensait que le meurtrier s’était enfui de l’hôpital psychiatrique de l’endroit : j’appelle la direction, j’ai en ligne la responsable : « Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde… » Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. « Il est où le journaliste du Monde ? », lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J’ai alors cru que cette directrice allait s’évanouir. Toujours pas de bonjour. « Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d’identité ? » « La prochaine fois, Madame, demandez qu’on vous faxe l’état civil, on gagnera du temps », riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir… trouvé le suspect.

Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d’embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l’alibi d’un titre « donneur de leçons ». L’Arabe de service, comme je l’ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d’extrême droite pestent contre « l’immonde » quotidien de référence qui a recruté un « bougnoule  » pour parler des cités.

Et pourtant, s’ils savaient à quel point la banlieue m’était étrangère. J’ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d’Algérie, ma mère avait eu l’intuition qu’il fallait vivre au centre-ville et non pas à l’extérieur pour espérer s’en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j’ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j’ai vécu l’enfer ! « Retourne dans ton pays », »T’es pas chez toi ici », étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.

Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l’oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : « Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d’Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c’est parce qu’il leur fallait un Arabe ? »

A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : « Vous êtes le prévenu ? » par l’huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.

Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : « Je m’appelle Françoise et vous ? » « Je suis M. Kessous « , lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. « Et votre prénom ? », enchaîne-t-elle. Je crois qu’elle n’a pas dû faire attention à mon silence. Je n’ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu’elle me dirait que l’appartement avait déjà été pris. C’est arrivé si souvent. Je n’ai pas le choix. J’hésite, je bégaye : « Euhhhhh… Mus… Mustapha. »

Au départ, je me rendais seul dans les agences immobilières. Et pour moi – comme par hasard – il n’y avait pas grand-chose de disponible. Quand des propriétaires me donnent un rendez-vous pour visiter leur appartement, quelle surprise en voyant « M. Kessous » ! Certains m’ont à peine fait visiter les lieux, arguant qu’ils étaient soudainement pressés. J’ai demandé de l’aide à une amie, une grande et belle blonde. Claire se présente comme ma compagne depuis cet été et fait les visites avec moi : nous racontons que nous allons prendre l’appartement à deux. Visiblement, ça rassure.

En tout cas plus que ces vigiles qui se sentent obligés de me suivre dès que je pose un pied dans une boutique ou que ce vendeur d’une grande marque qui ne m’a pas ouvert la porte du magasin. A Marseille, avec deux amis (un Blanc et un Arabe) – producteurs du groupe de rap IAM -, un employé d’un restaurant a refusé de nous servir…

La nuit, l’exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui vous refoulent à l’entrée d’une boîte ou d’un bar. Il y a quatre mois, j’ai voulu amener ma soeur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien « tendance ». Le videur nous a interdit l’entrée : « Je te connais pas ! » Il aurait pourtant pu se souvenir de ma tête : j’étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur – dont je faisais le portrait pourLe Monde – et son ami, le chanteur Pascal Obispo.

Fin 2003, je porte plainte contre une discothèque lyonnaise pour discrimination. Je me présente avec une amie, une « Française ». Le portier nous assène le rituel « Désolé, y a trop de monde. » Deux minutes plus tard, un groupe de quinze personnes – que des Blancs – entre. Je veux des explications. « Dégage ! », m’expédie le videur. La plainte sera classée sans suite. J’appellerai Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, qui me racontera qu’il n’y avait pas assez d' »éléments suffisants ».

Que dire des taxis qui après minuit passent sans s’arrêter ? Que dire de la police ? Combien de fois m’a-t-elle contrôlé – y compris avec ma mère, qui a plus de 60 ans -, plaqué contre le capot de la voiture en plein centre-ville, fouillé jusque dans les chaussettes, ceinturé lors d’une vente aux enchères, menotté à une manifestation ? Je ne compte plus les fois où des agents ont exigé mes papiers, mais pas ceux de la fille qui m’accompagnait : elle était blonde.

En 2004, une nuit à Lyon avec une amie, deux policiers nous croisent : « T’as vu le cul qu’elle a ! », lance l’un d’eux. « C’est quoi votre problème ? » rétorqué-je. Un des agents sort sa matraque et me dit en la caressant : « Il veut quoi le garçon ? »Le lendemain, j’en ai parlé avec Yves Guillot, le préfet délégué à la police : il m’a demandé si j’avais noté la plaque de leur voiture. Non…

En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, m’arrête sur les quais du Rhône à Lyon : j’étais sur un Vélo’v. On me demande si j’ai le ticket, si je ne l’ai pas volé. L’autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m’arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis.

Des histoires comme celles-là, j’en aurais tant d’autres à raconter. On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un « beurgeois », un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court.

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3224,50-1244095,0.html


Des vrais démocrates, ces copains de Paulo A. Paranagua. Le « Monde » va avoir du mal à leur trouver une excuse sur ce coup là…

HONDURAS. LE PRESIDENT ZELAYA DÉNONCE UN PLAN POUR L´ASSASSINER ET DEMANDE DE SOUTENIR CONCRÈTEMENT SON PEUPLE

[Le Grand Soir – mardi 22 septembre 2009]

http://www.legrandsoir.info/+HONDURAS-LE-PRESIDENT-ZELAYA-DENONCE-UN-PLAN-POUR-L-ASSASSINER+.html

Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a dénoncé ce mardi les plans du gouvernement putschiste de prendre d´assaut l’ambassade du Brésil où il se trouve depuis lundi, pour le capturer et l’assassiner et pour que des médecins légistes déclarent ensuite que le mandataire s’est suicidé.

« Nous sommes menacés d´une attaque cette nuit contre l’ambassade du Brésil (…). Ils planifient ma capture et mon assassinat pour que des médecins déclarent que je me suis suicidé », a déclaré le Président lors d´une interview exclusive à teleSUR depuis Tegucigalpa.

« Je veux dire à la communauté internationale que Manuel Zelaya Rosales ne se suicide pas, qu´il est vivant et qu´il va continuer à se battre pour ses principes avec fermeté, et qu´il préfère mourir avec fermeté plutot que de s’agenouiller devant cette dictature. Que cela soit bien clair pour ces tyrans qui veulent gouverner ce pays avec la force des armes », a-t-il ajouté.

Il a exprimé son souhait que les annonces par le Brésil et les Etats-Unis (EE.UU.) de convoquer pour ce jeudi le Conseil de Sécurité de l’ONU afin de traiter le thème du Honduras, ainsi que la pression qu’exerce la Communauté internationale, se traduisent par un soutien concret au peuple hondurien en train de souffrir et « qui ne mérite pas ce destin après tant de sacrifices, tant d’exploitation durant des décennies, il temps que justice lui soit rendue ».

« Nous remercions sincèrement la Communauté internationale et les présidents de tous les gouvernements qui nous ont soutenus sincèrement et nous allons les remercier davantage quand la démocratie et la paix seront rétablies dans le pays » a-t-il ajouté.

Via Campesina, dans une note diffusée mardi, explique que la répression policière se poursuit et dénoncent des centaines d´arrestations, des personnes blessées et des morts. Certains stades sont transformés comme au Chili en 1973, en camps de concentration. Le coup d´État médiatique se prolonge : les médias se chargent de rejeter la faute de ce tout qui se passe sur le président Zelaya et sur la résistance et tente de faire croire que « l´ordre règne » et que rien ne se passe pour freiner la mobilisation.

Le mouvement social informe également de ce que les personnes qui accompagnaient le président Zelaya ont abandonné l´Ambassade du Brésil où elles ètaient pratiquement emprisonnées – privées d’aliments, d`eau et depuis hier d’énergie, un petit groupe de personnes est resté avec le président Zelaya.

http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article269&lang=fr


[Florent Pecchio – LIBÉRATION – 17/09/2009]

Pour Michèle Alliot-Marie, ce n’est qu’une «erreur matérielle». Une disposition «curieuse et contestable» pour Henri de Raincourt, ministre chargé des relations avec le Parlement. Pour Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF, il s’agit d’une «infiltration» de la Scientologie au sein du ministère de la justice.

Au lendemain de la révélation par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de la modification de la loi qui retire la possibilité de dissoudre un mouvement sectaire, les réactions se multiplient, à droite comme à gauche. La nouvelle a de quoi interpeller, pour deux raisons: d’abord, parce que ce fameux vote est intervenu seulement treize jours avant le procès de l’Eglise de scientologie à Paris. Ensuite, parce que ce texte est passé inaperçu pendant quatre mois, et qu’il a été validé par les personnes qui le brocardent aujourd’hui.

Loi de simplification

L’article litigieux, qui profite à la Scientologie, se trouve donc au coeur de la «loi de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures». Un texte destiné à épurer certains articles de loi, parfois gangrénés de multiples détails superflus, et mis sur les rails au cours de l’été 2008. L’objet de la polémique, c’est un article de cette loi, le 124e des 140 que comprend ce texte «fourre-tout», où sont modifiés des articles du code du travail comme des collectivités territoriales.

Un alinéa de cet article 124, là encore noyé au milieu des autres, met la fameuse dissolution aux oubliettes. Elle ne figure plus parmi les moyens mis à la disposition d’un juge pour sévir face à des mouvements sectaires. (suite…)


Avec la crise, la société capitaliste renoue avec les fondamentaux de l’Ordre Moral bourgeois qui veut que – en dehors de la petite synarchie d’entre-nous qui gouverne le monde – la population est un ensemble grouillant et dangereux qu’il faut surveiller en permanence « afin de prévenir l’acte criminel avant même sa conception par le malfrat » comme le théorisait déjà Victor Hugo à travers le personnage de Javert.

Et comme tout le monde est suspect au regard de l’Autorité et que Brice Hortefeux reprend sur le site Web de son Ministère le mot d’ordre inventé par Feliks Dzierżyński, fondateur du KGB  – si vous n’avez rien à vous reprocher, alors pourquoi voudriez vous nous cacher quelque chose ? – vous comprendrez qu’il n’y a aucune raison pour laquelle l’Autorité vous accorderait encore la moindre vie privée.

« La vie privée, c’est pour les gens qui ont quelque chose à cacher. Les citoyens honnêtes n’ont pas de rideaux à leurs fenêtres. L’Ordre Social repose sur le contrôle par le regard social sur les activités de chacun » cette phrase qui ne déparerait pas dans la bouche d’Alain Bauer, provient en fait d’un Ministre du gouvernement Taliban en Afghanistan, dans les années 1990.

Londres veut ficher 11 millions d’adultes en contact avec des enfants

[Sonia Delesalle-Stolper – Libération – 16/09/2009]

Le projet du gouvernement travailliste provoque une énorme polémique, y compris parmi les associations de protection de l’enfance

Pris dans la tourmente d’une vague de critiques sans précédent, le gouvernement britannique opère depuis quelques jours un rétropédalage en accéléré. En cause ? L’introduction début octobre d’un nouveau système de contrôle du casier judiciaire de toutes les personnes en contact régulier avec les enfants dans le cadre d’activités diverses.

Ce système est né d’un drame. En 2002, deux fillettes d’une dizaine d’années étaient violées et tuées par Ian Huntley, qui travaillait comme homme à tout faire dans l’école où les enfants étaient scolarisés. Ian Huntley avait déjà fait l’objet de poursuites pour abus sexuels sur des mineurs, mais son dossier s’était perdu dans les méandres de l’administration.

Une commission a donc travaillé trois ans pour élaborer un nouveau système supposé renforcer la sécurité des enfants. Ce programme prévoit que quiconque travaillant avec des enfants ou des adultes vulnérables, que ce soit pour un salaire ou sur la base du volontariat, devra désormais se soumettre à une vérification de son casier judiciaire.

En l’état, ce système s’appliquerait à tout adulte participant à une activité avec des enfants de manière « fréquente » (une fois par mois) ou « intensive » (au moins trois fois par mois). En bref, tous les entraîneurs et parents volontaires qui participent aux activités de différents clubs de sports, les parents volontaires pour venir faire lire les enfants à l’école, une activité très répandue au Royaume-Uni, mais aussi les opticiens, dentistes, médecins et professeurs particuliers seraient concernés. Le contrôle s’appliquerait même aux parents recevant un enfant étranger dans le cadre d’un échange linguistique organisé par l’école.

Le refus de se soumettre à ce contrôle serait puni d’une amende de 5.000 livres et d’une mention dans le casier judiciaire. Au total, 11,3 millions de personnes seraient concernées par ces nouveaux contrôles, soit un Britannique sur cinq ! (1) (suite…)


[Gilles J. Guglielmi – Guglielmi.fr – 06/07/2009]
Une proposition de création présentée par la Commission européenne

Big Brother est en gestation. C’est en fait Big Sister, puisqu’il s’agit d’une agence de régulation fondée par l’Union européenne. Orwell ne nous avait pas prévenu que le risque totalitaire viendrait de Bruxelles. Voilà ce que comporte la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil présentée par la Commission européenne le 24 juin 2009, COM(2009) 293 final qui a pour objet de créer une agence chargée de la gestion opérationnelle des systèmes d’information SIS2, VIS et EURODAC.

La Commission européenne présente une proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2009, COM(2009) 293 final, ayant pour objet de créer une agence qui sera chargée de la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle en application du titre IV du traité CE et, potentiellement, « d’autres systèmes d’information dans le domaine de la liberté, de la sécurité et de la justice ». (suite…)


[Solidarité Inculpés – Juin 2009]

La brochure Mauvaises Intentions 2 a été ré-imprimée à des milliers d’exemplaires. N’hésitez surtout pas à la diffuser largement. On peut vous en envoyer plein, il suffit de le demander!

Cette brochure propose une chronologie des arrestations de Janvier 2008, des lettres des camarades inculpés, ainsi que des analyses sur les tactiques policières et judiciaires, l’ADN, la lutte contre les centres de rétention, le sabotage, puis un retour sur les actions de solidarités. Dans ce dossier se trouvent archivés – de manière exhaustive – les textes, analyses, comptes-rendus d’actions glanés sur les sites d’informations « alternatifs », ainsi que les articles policiers de la « grande presse » se rapportant à l’ »outil antiterroriste » et à la « mouvance anarcho-autonome »…

Le dossier « Mauvaises intentions » a été mis en place en juin 2008 à la suite des premières inculpations sous régime antiterroriste de personnes fichées par la police comme « anarcho-autonomes ». Ce dossier constitue le principal relais rassemblant tous les textes écrits par ou pour ces personnes. En novembre 2008, une autre opération « antiterroriste » ciblant la « mouvance anarcho-autonome » a eu lieu : l’affaire dite de Tarnac. Cette affaire ayant pris énormément de place médiatiquement, nous avons cessé au cours du mois de février de répertorier exhaustivement les articles faisant référence à cette affaire.

Un site internet [http://infokiosques.net/mauvaises_intentions] très régulièrement mis à jour permet de se tenir au courant et une adresse mail [solidaritesinculpes@riseup.net] existe, notamment pour s’inscrire à une mailing-list et recevoir directement les dernières infos.

Pour payer l’impression de cette brochure, les frais de déplacements liés au contrôle judiciaire, et de photocopies (tracts,etc…), nous avons besoin d’argent. Pour cela, vous pouvez envoyer un chèque à l’ordre du C.I.C.P. à l’adresse :   Mauvaises Intentions, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris.

http://infokiosques.net/mauvaises_intentions


[De Defensa – 11/06/2009]

Il n’est plus un jour qui ne nous apporte de nouvelles indications sur le mouvement de déconstruction de l’influence israélienne aux USA, et plus particulièrement, – et ceci explique cela, on le verra plus loin, – de l’influence des extrémistes israéliens via le Lobby (l’AIPAC). Il s’agit ici d’un texte de Ira Chernus, professeur d’études religieuses à l’université du Colorado et spécialiste des questions stratégiques, nucléaires et conflictuelles considérées du point de vue théologique. Publié sur Thruthout le 9 juin 2009 <http://www.truthout.org/060909R> , ce texte présente l’intérêt d’une enquête dans les milieux parlementaires US à propos de l’influence de l’AIPAC.

Chernus décrit d’abord le processus habituel pour “endoctriner” selon les consignes de l’AIPAC les jeunes parlementaires, notamment démocrates, sans avis sur la question du Moyen-Orient, et qui subissent régulièrement un “lavage de cerveau”, venu en général de généreux donateurs commandités par l’AIPAC. La chose renvoie aux plus basses méthodes de conditionnement et de propagande des systèmes totalitaires les plus cyniques et les plus méprisables. Pas de surprise, quand on a une idée claire de l’AIPAC et de la direction israélienne actuelle, autant que des habitudes parlementaires US.

Mais les choses changent… «Now, for the first time, there are signs of a crack in AIPAC’s vaunted political edifice.» Il faut dire que la bataille, qui porte actuellement sur la résistance de Netanyahou à propos des demandes d’Obama sur la question des implantations comme si cela engageait évidemment la survie d’Israël, représente une cause d’une telle médiocrité par rapport aux véritables enjeux qu’il y a là une démarche alimentant son propre discrédit. («“Even the most conservative institutions of Jewish American life don’t want to go to war over settlement policy,” said David Twersky, who was until recently the senior adviser on international affairs at the American Jewish Congress.») (suite…)


Hervé Morin, qui a viré Aymeric Chauprade pour avoir osé mettre en doute les vérités offiicielles, ou encoreClaire Guillot, la journaliste du « Monde » qui s’offusquait qu’un photographe à « Visa pour l’image » puisse émettre des doutes sur la thèse officielle du 11-Septembre-2001… tous ces gens vont s’étrangler lors de leur prochain passage dans les boutiques de presse RELAY.

A la caisse, en tête de gondole, dans le présentoir des « A lire d’urgence », il y a le numéro hors série « Les grands mystères de l’Histoire » – titré « 11 Septembre – les preuves du mensonge » avec le film « Zéro »  fourni en prime sur DVD.

J’ai fait le tour des RELAY de ma ville, il y en a déjà plus… j’ai fini par en trouver un dans un magasin de presse et encore la dame ne voulait pas me le filer parce qu’elle se l’était réservé.

J’en connais qui vont être pas contents du tout… En attendant, précipitez vous pour acheter votre exemplaire. Soirée télé animée en perspective. On a testé pour vous !

ZERO – Enquête sur le 11 Septembre

« Zéro, enquête sur le 11 Septembre » est une enquête journalistique aussi rigoureuse qu’approfondie mettant en exergue un nombre alarmant d’inexactitudes et d’incohérences dans la version des attentats du 11 septembre 2001 telle que donnée par l’administration Bush.

À l’origine de ce film, Giulietto Chiesa qui fut journaliste pour les plus grands journaux italiens pendant trente ans et qui est aujourd’hui député au Parlement européen. Plébiscité par les médias italiens et sélectionné pour le festival du cinéma de Rome en octobre 2007, « Zéro, Enquête sur le 11 Septembre » est un film d’une très grande qualité, sans aucun doute l’un des meilleurs films sur les attentats du 11 Septembre. Giulietto Chiesa s’est entouré de plusieurs journalistes d’investigation, dont Franco Fracassi le réalisateur du film, pour enquêter une année durant aux États-Unis et en Europe.

http://www.reopen911.info/boutique/dvd-zero.html


[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Les détenus néerlandais vont pouvoir enfin manger du porc. Une décision prise durant l’été par le ministère de la Justice qui a donné raison à un prisonnier néerlandais lassé de la viande halal. Son avocat avait invoqué la liberté de la religion garantie par la Constitution néerlandaise : « Mon client ne veut pas qu’une religion lui soit imposée, il veut simplement des boulettes de viande. »

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Commentaire de Dov Lerner : Le principal but de cette loi liberticide est de contrer le succès de la liste Dieudonné : Loi contre l’antisionisme : http://www.upjf.org/detail.do?noArticle=16510&noCat=145&id_key=145&rub=7

Si c’est un délit que de critiquer le sionisme, alors les communistes pourront interdire la critique du Stalinisme et même, pourquoi pas, les Néonazis pourront demander qu’on cesse de diaboliser Hitler.

Ou alors elle officialisera le concept central du lobby Pro-Israel : Israël, au nom de la Shoah et de la mauvaise conscience européenne, a tous les droits et peut se permettre en toute impunité des comportements qui feraient hurler le plus tiède des démocrates si quelqu’un d’autre se les permettait.

Comme disait l’ancien président de l’UEJF : la défense d’Israël est plus importante que la défense de la liberté expression.

[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Une pétition vient d’être lancée, sur Internet, pour une proposition de loi finement intitulée Loi Martin Luther King.

Cette loi vise à interdire et à punir l’antisionisme qui ne serait qu’« un “faux nez” de l’antisémitisme », à l’initiative de Meyer Tangi, Yehuda Guzzi, Menehem Macina et David Tordjmann.

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[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Bruno Gollnisch. La Cour de cassation a annulé la condamnation du vice-président du Front national pour contestation de crimes contre l’humanité. L’affaire remontait au 11 octobre 2004, lorsqu’au cours d’une conférence de presse, il avait assuré « ne pas remettre en cause les déportations (ni) les millions de morts » des camps nationaux-socialistes, avant d’ajouter: « Quant à savoir la manière dont les gens sont morts, ce débat doit avoir lieu […] Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu’il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre. » Il avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et 5000 euros d’amende (plus 39000 euros en appel). Il va désormais demander la levée des sanctions administratives le visant.

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[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Le patron de la Banque Hapoalim Sherry Harrison a révélé, il y a quelques jours, qu’il prenait ses décisions en fonction de « messages venus de l’au-delà ». Ce qui a pu surprendre dans le monde mais pas en Israël, où les hommes d’affaires utilisent souvent des techniques ésotériques, talmudiques ou kabbalistiques. Nombre de grands patrons ont indiqué qu’ils utilisaient ces méthodes: Nohi Dankner, patron du puissant holding IDB, Ofer Nimrodi, patron du journal Maariv, David Fattal (hôtellerie), Itzhak Techouva (Delek Group), Jacky Benzaken (immobilier), Meir Brend (Google Israël), etc.

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[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Amusant résumé de la crise financière actuelle. Un village vit du tourisme mais souffre de la crise. Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre. Arrive un touriste qui prend une chambre d’hôtel et la paie avec un billet de 100 euros. L’hôtelier porte aussitôt le billet chez le boucher à qui il doit 100 euros. Le boucher porte le billet au paysan qui l’approvisionne en viande. Le paysan paie alors sa dette à une prostituée. Cette dernière boucle la boucle en réglant l’hôtelier à qui elle a plusieurs fois loué des chambres. A ce moment, le touriste du début, qui estime que sa chambre ne lui convient pas, redescend et quitte l’hôtel, récupérant au passage ses 100 euros. Rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu. Mais plus personne n’a de dettes dans le village. N’est-ce pas ainsi qu’on est train de résoudre la crise mondiale?

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[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Nicolas Sarközy ne connaît pas l’austérité. Le 3 juillet, un Falcon 7X flambant neuf a été livré au ministère de la Défense à l’usage exclusif du président de la République. Véritable Rolls Royce des avions d’affaires, il a été facturé 50 millions d’euros, avec aménagements spécifiques (douche, bureau de travail, protection des télécommunications, etc.). Aucune publicité n’a été donnée à cette livraison, l’Elysée ne voulant pas prêter prise à critique en cette période de crise. Un second Falcon 7X sera livré en 2010.

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[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Tintin au Congo est désormais pratiquement interdit à la bibliothèque publique de Brooklyn. La célèbre bande dessinée d’Hergé a été placée dans un coffre-fort et il faut faire une demande écrite, avec motivation, pour l’obtenir au bout de trois ou quatre jours. En revanche, Mein Kampf est toujours sur les rayonnages en libre accès.

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La présence de Barack Obama à la Maison Blanche fait ressortir tout un tas de phantasmes chez les racistes blancs aux Etats-unis… comme le démontre cette information complètement loufoque sur la mère de Michelle Obama.

Parce que, évidemment, on sait bien que les Nègres sont adeptes de rituels primitifs et sauvages. La presse a donc sauté sur une vague rumeur comme quoi Mme Robinson aurait fait appel à un prêtre Santero lors de la maladie de son mari… pour en faire une histoire de culte vaudou dans les caves de la Maison Blanche, avec tambours, trances, bougies et poulets égorgés. Ouuuuhhh, le frisson !!!!

[Emmanuel Ratier – Faits et Documents – n° 280]

Agée de 72 ans, Marian Robinson, la mère de Michelle Obama, habite à la Maison-Blanche où elle est censée servir de « nounou » aux filles du président américain Barack Obama, Sasha et Malia. A la mi-août, elle a été surprise alors qu’elle pratiquait un rite vaudou, la santeria, avec une prêtresse de ce culte luciférien, à l’intérieur même de la demeure présidentielle. La prêtresse de Chicago a été interdite d’entrée et la grand-mère a été priée d’être plus discrète afin d’éviter tout scandale pouvant rappeler les liens du président américain avec les cultes vaudous.

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[Gregor Seither – IES News Service – 12/09/2009]
Nick George, étudie l’Arabe au Pomona College (Californie). Au retour des grandes vacances il s’apprêtait à rejoindre son université quand les haut-parleurs externes de son ordinateur, qu’il transportait dans son sac à dos, ont déclenché un contrôle lors de l’embarquement. En fouillant son sac, les contrôleurs sont tombés sur ses notes de cours… rédigées en Anglais et en Arabe. Cela lui a valu de passer un journée en prison et la remarque, par un agent du TSA, que « avoir des textes en Arabe dans un aéroport (la veille du 11 septembre), c’est vraiment de la provocation« . . .

Nick George reconnaît qu’il avait tout pour plaire au contrôleur de la Transport Safety Authority. Non seulement ses notes de cours étaient en Arabe, mais en plus il avait des tampons jordaniens dans son passeport, étant donné qu’il avait étudié un semestre à Amman. « Et comme je me sers d’Al-Jazira pour réviser mon vocabulaire, parmi mes 200 fiches de notes figuraient des mots comme « terrorisme » et « explosion »

« Je comprends bien que je puisse être remarqué lors d’un contrôle. Ils auraient du me faire passer dans une salle, me fouiller, vérifier que je suis un étudiant légitime, que je ne transportais rien d’illégal et me laisser repartir. » Mais ce n’est pas ce qu’à fait TSA, initiant au contraire une spirale kafkaienne d’hystérie sécuritaire.

Après avoir été retenu trois-quart-d’heures dans une pièce, une agente TSA est venu l’interroger. Sa première question a été de savoir ce que Nick pensait des évènements du 9/11.

« Est-ce que vous savez qui a organisé les attentats du 9/11? » a demandé la femme.

Nick lui a répondu que c’était Osama ben Laden. La femme lui a alors répondu d’un air arrogant : « Et quelle langue parle-t’il, Osama Ben Laden ? »

Peu de temps après, des agents de police sont arrivés et ont ordonné à Nick de se tourner afin qu’ils lui passent les menottes. « Je leur ai demandé à plusieurs reprises pourquoi on m’arrêtait, on ne m’a jamais répondu« . Il a été enfermé – toujours menotté – dans une cellule du poste de police.

« J’avais lu plusieurs articles de gens qui – arrêtés sans raison – avaient aggravé leur cas à cause de leurs protestations. J’ai donc décidé d’être un prisonnier modèle et d’attendre sagement qu’on vienne s’occuper de moi. »

Après plusieurs heures d’attente, toujours menotté, deux agents du FBI sont venus le chercher et l’ont fait asseoir dans une salle d’interrogation. « Ils étaient très polis. Ils voulaient savoir pourquoi j’apprenais l’Arabe alors que ma spécialité d’études était la physique. Pourquoi je m’intéressais au Moyen-Orient, pourquoi j’étais allé y vivre. Est-ce que quelqu’un m’avait proposé de rejoindre un groupe terroriste. Est-ce que j’étais « islamique » ou bien est-ce que, dans le cadre de mes études, j’avais rejoint des groupes « islamiques » ou bien « communistes » (sic).

Le FBI a également expliqué plus tard, interrogé par la presse, que ce qui avait attiré l’attention des « filtreurs » était le « comportement suspect » de Nick George. Les notes en Arabe, sa carte d’étudiant de l’université d’Amman avec son nom écrit en Arabe et en Anglais… tout cela le rendait suspect.

Mais aussi le fait que, sur la photo de son permis de conduire, il avait les cheveux longs alors que maintenant il les portait courts. Pour le Lieutenant Louis Liberati, du FBI, « Ca c’est un indicateur d’une personne qui a pu passer par une phase de radicalisation et qui tente de le dissimuler« . Un autre élément suspect : « il était trop poli, il ne s’est pas énervé, il n’a presque pas protesté » a expliqué Liberati. « Comme s’il ne voulait pas attirer l’attention. C’est louche« .

« Ils m’ont expliqué que leur travail était plus intuitif que scientifique. » raconte Nick George. « Que leur travail était d’évaluer si je posais un danger ou pas et que, dans mon cas, il avaient finalement décidé que je ne posais pas de danger« .

C’est ainsi que, plusieurs heures après avoir voulu prendre son avion, Nick George a été libéré. En repartant, il a croisé la femme agente du TSA qui l’avait interrogé au départ. « Elle m’a dit, d’un air réprobateur, que je n’avais qu’à m’en prendre à moi-même. Venir dans un aéroport, avec des papiers écrits en Arabe, c’était une provocation… »


Il faut entendre Jeremiah Wright :

… et Brice Hortefeux 🙂

ZAPPING ABOURAYAN N°5
envoyé par SHABBAZZ4EVER. – Plus de vidéos de blogueurs.

http://www.dailymotion.com/video/xage1f_zapping-abourayan-n5_webcam


[Sam Smith – Undernews – 01/09/2009]

Voici un article extraordinaire (notamment par le fait qu’il est publié dans le New-York Times, journal pas vraiment connu pour ses idées gauchistes) mais écrit de telle manière (pas étonnant, vu la source) à ce que le lecteur n’en saisisse pas l’idée maitresse : le socialisme, c’est rentable, même quand c’est George w. Bush qui en est à l’origine.

Quand on entend le débat qui fait rage en ce moment aux Etats-unis à propos des réformes fiscales et du service de santé de l’Administration Obama, on peut qu’être frappé par l’incohérence des thuriféraires néo-conservateurs et de droite qui hurlent au « Socialisme » de Barack Obama.

Ces esprits partisans font semblant d’ignorer qu’il s’agit exactement du même « socialisme » que celui initié par George W. Bush à travers son « Plan TARP » (ou Plan Paulson) – et que cette « intervention de l’Etat » (anathème pour les capitalistes) a déjà produit un retour sur investissement de 14% pour les fonds publics versés à Goldman Sachs, un bénéfice de 5% pour l’argent prêté à JP Morgan ainsi qu’un bénéfice de 12% sur l’argent prêté à American Express. Ces chiffres sont extrapolés à partir des estimations du Trésor sur les sommes investies dans chacune de ces entreprises par les « socialistes » de l’Administration Bush et Obama.

Malheureusement, ces profits ne sont que temporaires, étant donné que les Etats-Unis n’ont le droit que de pratiquer du « socialisme canada-dry » : le gouvernement n’a le droit que d’investir de l’argent dans des secteurs que l’économie privée dédaigne – couverture sociale, aide médicale, éducation et transports en commun par exemple.

Mais c’est un excellent exemple de l’imbécilité qui caractérise ce débat autour de la reforme du système de santé – un débat influencé par la presse convetionnelle qui accepte les théories de la droite sans même réfléchir et regurgite la pensée unique à longueur de journée.

Notez la schizophrénie du journaliste qui, tout en reconnaissant que les investissements TARP ont été une source de profits pour le gouvernement, se sent néanmoins obligé d’insister (en bon croyant) que « ces résultats permettent d’espérer que le gouvernement va bientôt pouvoir se retirer du métier de banquier. »

(The New York Times 31/08/2009)Près d’un an après la mise en oeuvre du plan fédéral de sauvetage des plus grandes banques du pays, les contribuables commencent à voir des retours de profits sur les centaines de milliards de dollars versés aux banques pour les aider à supporter la crise, des sommes gigantesques dont les critiques du Plan TARP disaient qu’elles seraient perdues à jamais. Les bénéfices, collectés auprès de huit des plus grandes banques qui ont intégralement remboursé leurs prêts gouvernementaux, équivalent à environ 4 milliards de dollars – soit l’équivalent d’un taux de rendement annuel de 15%, selon un calcul financier établi par un cabinet spécialisé, commandité par le New York Times.

Néanmoins, ces bénéfices ne sont qu’une toute petite partie du gigantesque effort de sauvetage entrepris par le gouvernement fédéral l’an dernier afin de stabiliser des banques et autres entreprises secouées par la crise. Le gouvernement est toujours confronté à d’importants risques et des pertes potentiellement très lourdes suite à son sauvetage du géant de la réassurance  American International Group, des entreprises de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac, ainsi que les constructeurs automobiles General Motors et Chrysler. Le Trésor US pourrait également souffrir d’avoir garanti des milliards de dollars de crédits immobiliers toxiques.

Mais la nouvelle que le Plan TARP commence déjà a dégager des profits a été accueillie avec surprise et soulagement dans les milieux économiques. Ces résultats permettent d’espérer que le gouvernement va bientôt pouvoir se retirer du métier de banquier.

http://www.nytimes.com/2009/08/31/business/economy/31taxpayer.html?_r=1&amp;hp=&amp;pagewanted=print


Pardon, nous avions raison trop tôt
[Cécile Chevré – La Quotidienne de MoneyWeek – 01/09/2009]
« Signaux contradictoire sur la solidité de la reprise« , titrent Les Echos, « La publication, désormais récurrente, de statistiques économiques encourageantes pousse les marchés financiers à une euphorie qu’ils n’avaient pas connue depuis plus de deux ans. Pourtant, les économistes pointent du doigt les nombreux risques qui pèsent sur la reprise« .

Sérieusement ? Il y aurait donc quelques nuages menaçants dans le ciel radieux de l’économie ? Pour ceux qui nous lisent régulièrement cette annonce n’a absolument rien d’étonnant. Bien au contraire.

Parmi les points noirs soulevés des deux côtés de l’Atlantique : le chômage. Je vous éviterai, cher lecteur, de vous rabâcher une fois de plus nos inquiétudes sur la montée du taux de chômage, nous en avons déjà largement traité dans de précédentes Quotidiennes. Voici ce qu’en disent Les Echos : « La hausse du chômage constitue, outre la source de drames personnels, un frein à la croissance, lié à la baisse de la consommation, à la hausse de l’épargne et au coût de l’assurance-chômage« .

Et le constat est le même pour les Etats-Unis : « L‘impact du chômage à 9,5%, dont le nouveau chiffre pour août sera annoncé vendredi et pourrait atteindre 9,8% selon les analystes, est la principale inconnue. Certains analystes redoutent un impact durable sur le comportement des consommateurs, avec une forte tendance à l’épargne« .

Un taux de chômage d’autant plus inquiétant que, comme nous le rappelions le taux de chômage officiel est bien en-deçà du taux réel. C’est cette fois la Fed elle-même qui confirme ce que nous soupçonnions par la voix d’un de ses responsables Dennis Lockhart, cité par Le Monde : « Si l’on prend en compte les gens qui voudraient un emploi mais ont cessé d’en chercher un [les travailleurs dits ‘découragés’] et ceux qui travaillent un nombre d’heures inférieur à ce qu’ils souhaiteraient, le taux de chômage passerait des 9,4% officiels à 16% »

http://www.moneyweek.fr/conseils/01360/chomage-crise-france-etats-unis.html