juin 2010



Le fondamentalisme évangélique peut faire sourire, mais l’idéologie créationniste n’est que le faux nez comique d’un mouvement néo-conservateur, ethnocentriste et rétrograde qui gagne de l’ampleur dans les pays anglophones (« Tea Baggers » et « Christian Zionists » ou « Family Values » aux USA, mouvements homophobes en Afrique, « Pro Vie » en Europe, « Christ-Roi » en Amérique du Sud…) et qui prêchent ouvertement une ligne réactionnaire et atlantiste – au service de la suprématie des Etats-unis et de l’idéologie de la Domination Blanche.

L’équipe autour de George W. Bush était déjà fortement marquée par ces milieux, mais Hilary Clinton n’est pas en reste, avec la « Fellowship » qui la cornaque étroitement (elle prie tous les matins avec cette secte ultra conservatrice). Aujourd’hui que le Parti Républicain U.S. est entrain de se faire kidnapper par cette extrême droite religieuse, middle-class, raciste, et réactionnaire, il n’est pas impossible que le prochain président des Etats-Unis soit un populiste ultra-religieux, sexiste, homophobe, fasciste et persuadé de la supériorité innée de la « race » blanche et du modèle capitaliste occidental.

Ce jour là, les Talibans auront gagné la guerre pour de bon…

[Couleurs Irlandaises – 28/06/2010]

Créationnisme: après Adam et Eve, le géant irlandais sera-t-il réhabilité?

La Chaussée des Géants, située à la pointe nord de l’Irlande, le long de la magnifique côte d’Antrim, est la principale attraction touristique d’Irlande du Nord. On y trouve de superbes prismes basaltiques en bord de mer —de la lave refroidie— dont on jurerait qu’ils ont été façonnés par l’homme… ou par un géant.

Problème: si la science estime que cette formation basaltique date de 40 millions d’années, la thèse créationniste avance, elle, que ce promontoire insolite remonte tout au plus au 23 octobre 4004 avant Jésus Christ… Bible oblige!

Vous me direz que chacun est libre de croire ce qu’il veut. Le seul problème, c’est que Nelson McCausland, l’actuel ministre de la Culture nord-irlandais, n’est pas du genre à laisser ses convictions au vestiaire: il vient d’écrire aux gestionnaires du musée de la Chaussée des Géants pour leur demander de faire figurer à parité les deux «thèses» concernant l’origine du monde sur les panneaux explicatifs, à savoir le dogme «créationniste» en plus du postulat scientifique.

S’il obtenait gain de cause, les explications que vous trouveriez au musée de la Chaussée des Géants devraient donner à peu près ceci: «Les géologues estiment que la Chaussée des Géants a été formée à l’ère tertiaire, il y a environ 40 millions d’années, mais les créationnistes affirment, quant à eux, qu’elle n’est vieille que de 6.000 ans, conformément aux calculs de l’archevêque James Ussher qui se fondent sur la Bible, parole littérale de Dieu»

Nelson McCausland, ça ne vous dit rien? Les habitués de ce blog se souviendront peut-être que ce représentant politique protestant unioniste est également celui qui, au moment de sa prise de fonction en tant que ministre de la culture, a décrété qu’il boycotterait les lieux de culte catholiques pour des raison théologiques… C’est dire s’il ne badine pas avec la religion!

Et l’homme n’en est pas à son coup d’essai. Il y a quelques temps, il avait écrit à la direction de l’Ulster Museum à Belfast pour lui demander de faire figurer en bonne place les thèses créationnistes. Il avait également demandé que le musée accorde davantage de place à l’Ordre d’Orange (ordre anti-catholique) et à la culture «ulster-scots» («ulster-écossaise»), revendiquée par certains Protestants d’Irlande du Nord au nom de leurs racines écossaises…

Bon, évidemment, on l’a envoyé poliment balader. Ainsi, le biologiste Richard Dawkins lui a rétorqué, non sans ironie, que tant qu’on y était, on devrait également faire figurer en bonne place la «théorie de la cigogne» concernant la procréation humaine, ou la «théorie de la Terre plate»! Dawkins n’est d’ailleurs pas le seul à le brocarder, comme en témoigne cet article parodique, écrit en «langue» ulster-scots sur le sujet! (suite…)

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C’est ça le problème quand on cherche à tout bétonner… il y a toujours un truc qui vous échappe ! Après l’affaire Jean Sarkozy, la mise au pas des médias, les cadeaux faits à Lagardère, les menaces envvers le « Le Monde »… voici un nouvel exemple de la Sarkocratie en action.

Au fait… elle en est où la plainte que Mme Woerth devait déposer contre Montebourg ? Elle a fait « Pschiiit » ?

Affaire Bettencourt : Eric Woerth de plus en plus fragilisé

[Raphaelle Bacqué – Le Monde – 26/06/2010]

Le gouvernement cherche désespérément à éviter qu’Eric Woerth ne devienne un des plus spectaculaires cas de dommage collatéral de l’affaire Bettencourt. Car l’ancien ministre du budget, aujourd’hui ministre du travail et chargé de la difficile réforme des retraites, n’en finit pas de chercher à éloigner le soupçon d’avoir fermé les yeux sur l’évasion fiscale d’une partie de la fortune de la riche héritière de L’Oreal.

Le 16 juin, la publication, par le site Mediapart, d’écoutes téléphoniques illégales réalisées par un des employés de Liliane Bettencourt, avait laissé supposer qu’Eric Woerth pouvait avoir été au courant, par l’intermédiaire de son épouse Florence, que Liliane Bettencourt détenait des comptes en Suisse et une île aux Seychelles, non déclarés au fisc. Face au soupçon, Florence Woerth, chargée depuis la fin 2007 de placer les dividendes de L’Oréal alimentant la fortune de Mme Bettencourt, avait dû démissionner, le 21 juin, de ses fonctions afin d’apaiser la polémique.

Vendredi 25 juin, l’affaire a pourtant repris de la vigueur. L’hebdomadaire Marianne du 26 juin a affirmé que le parquet de Nanterre aurait omis d’alerter le fisc alors même qu’il détenait, depuis 2008, tous les éléments susceptibles de laisser présumer la fraude fiscale de Mme Bettencourt. Or le procureur de Nanterre n’est autre que Philippe Courroye. Ce dernier, qui a longtemps été un juge d’instruction emblématique et respecté, ne cesse, depuis qu’il a été nommé procureur, d’être accusé de soumission au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Notamment parce qu’en le décorant en 2007 de l’ordre national du mérite, le chef de l’Etat l’avait présenté comme son « ami ». (suite…)


Une vision ouverte de la culture, un esprit non-parisianiste, un vrai souci de la qualité et anti-bling-bling… c’est tout cela que nous perdons. Qu’est ce qui va rester à France Inter ? Une radio normalisée, comme TF1 l’est déjà pour la télé ?

Note: le fait que Vincent Josse ne soit pas dans le petit microcosme Bruni-Val-Mitterand est certainement un pur hasard…

[ La Boite à Sorties – 25/06/2010]

Vingt-cinq minutes de débat autour du spectacle vivant contemporain vont disparaître sur France Inter à la rentrée prochaine. «Esprit critique» est l’émission petit format que les amoureux de la culture aiment entendre. Elle vit ses derniers instants.

Visiblement, Philippe Val fait le ménage pour la rentrée prochaine. Après l’humour de Didier Porte c’est l’esprit critique de Vincent Josse qui trinque. « Esprit critique » vous guide, vous éclaire dans vos choix culturels de 9h10 à 9h35 tous les matins du lundi au vendredi depuis quatre ans.  Le « journal sonore de la culture » ne sera plus. Fidèle à lui-même, son producteur n’entend pas « faire preuve de mauvais esprit ni (…) verser son fiel. » Il prend la (mauvaise) nouvelle avec philosophie et rappelle à ses auditeurs combien l’aventure fut pour lui fructueuse.

« La vie de la radio est mouvementée, soumise à la valse des patrons, donc au changement de programmes. (…) Nous ne partageons pas forcément leurs choix. » Le journaliste affirme sur son blog qu’il n’a pas « souhaité perdre ce rendez-vous, d’où cette envie de vous écrire, calmement, le bonheur d’avoir animé ce rendez-vous entouré d’une équipe qui prenait du plaisir à concevoir cette quotidienne (…) »

Les fans restent sans voix, touchés par cette disparition qui reflète une tendance actuelle : l’éviction des exceptions, des programmes qui ne décollent pas. « Je ne veux pas croire que Val supprime l’une des émissions les plus jolies, les plus surprenantes, les plus enrichissantes », se désole un internaute ce matin « RENDEZ-NOUS JOSSE ! » s’exclame-t-il. Un autre remercie simplement toute l’équipe d’avoir été fidèle à ce rendez-vous « qui donne envie et soif. Envie de traîner dans une librairie, baguenauder dans une expo, s’isoler avec un disque. » Un hommage joliment rendu que Vincent Josse  et sa troupe de joyeux critiques apprécieront sûrement.

http://www.laboiteasorties.com/2010/06/lesprit-critique-de-vincent-josse-quitte-france-inter/


Si un jour existe une unité capable de mesurer la douleur et la souffrance,
elle devra s’appeler Việt Nam.

Titre : Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam
Auteur : André BOUNY
Préface : Howard ZINN
Avant-propos : William BOURDON
N° ISBN : 978-2-917112-11-3

Disponible en librairie et sur le site à partir du 5 juin,

Dow Chemical, Monsanto, Diamond, Uniroyal…
Découvrez les crimes impunis des marchands de la mort

http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html

André BOUNY est né handicapé, atteint de spina-bifida, dans la campagne pauvre du sud de la France. Suivant des études paramédicales (en odontologie) à Paris, il proteste contre la guerre qui fait rage au Viêt Nam, dans la rue et par ses peintures exposées au Grand Palais.

Ému par la découverte de ce pays ravagé par la guerre, où il rencontre mutilés et malades, il fonde en 1997 l’association caritative DEFI Viêt Nam, (Donner Ensemble Former Informer), qui s’engage également dans la campagne contre les mines antipersonnel. Quelque 300 tonnes d’équipement médical, recueillies et mises en conformité, sont expédiées par bateaux (électrocardiographes, lits médicalisés, fauteuil roulants, à destination de services de chirurgie et de radiologie, de maternités, cabinets dentaires, etc). L’association à but non lucratif pourvoit aussi à la formation de personnel médical vietnamien en France, facilite le parrainage d’enfants (une petite fille issue d’une famille misérable est récemment devenue institutrice) ; informe sur l’Agent Orange et distribue des aides aux victimes de ce poison chimique contenant de la dioxine.

André enchaîne les voyages au Viêt Nam où il adopte deux enfants. En 2004, il adresse une lettre ouverte à John Kerry, diffusée dans la presse internationale. Puis il constitue et conduit le Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange (CIS) qui comprend de très nombreuses personnalités dans des domaines d’expertises variés. Infatigablement, il explique les conséquences de ce poison dans tous les médias qui osent en parler (radios, télés, journaux et sites Internet). Il est intervenu lors des trois éditions des Rencontres Internationales pour le Désarmement Nucléaire, Biologique et Chimique (RID-NBC), mais aussi en d’autres lieux prestigieux comme la Cité de l’Espace, et même à l’ONU lors de la 4e session du Conseil des droits de l’homme.

Son livre se fonde sur 40 ans d’expérience et d’intérêt porté au peuple et à la culture du Viêt Nam, comme à son histoire.

Préface de Howard ZINN – Avant-propos de Maître William BOURDON – Nombreuses photographies d’archives & cartes, ainsi que des images récentes de très grands photojournalistes…

« C’est un crime hideux. »

– Noam CHOMSKY,
membre du Comité International de Soutien aux victimes de l’Agent Orange

EFFROYABLE

Si l’histoire de l’utilisation des poisons, (venins et toxiques) remonte à la nuit des temps, la synthèse chimique a permis d’en démultiplier les effets maléfiques. Il est un fait largement ignoré que la guerre du Viêt Nam fut la plus grande guerre chimique de l’histoire de l’Humanité. L’objet de ce livre est d’expliquer précisément comment et pourquoi. On y apprend de quelle façon, aujourd’hui encore, un demi-siècle après le début des épandages, la dioxine pénètre dans l’organisme, quelles maladies elle engendre, et les terribles effets tératogènes qu’elle inflige aux enfants.

La description scientifique des agents chimiques utilisés est aussi précise que la technologie méthodique mise en œuvre. Celle de l’effroyable catastrophe écologique fait prendre conscience que la destruction du règne végétal précède et précipite une dévastation plus terrible encore.

Les nombreuses photographies exceptionnelles, signées de très grands noms, illustrent l’ampleur de la tragédie actuelle. Cartes géographiques, documents d’archives inédits et témoignages états-uniens viennent démontrer l’intentionnalité de ce véritable écocide. L’auteur propose en outre un nouveau calcul renversant du volume des agents chimiques déversés au Viêt Nam. Dans cet ouvrage exhaustif, il aborde la partie juridique avec les procédures intentées au nom des victimes vietnamiennes dans un total silence médiatique.

À l’image du Tribunal international d’opinion qui s’est tenu en 2009 à Paris, ce livre a pour but d’informer le public, premier pas d’une prise de conscience sur la route de la réparation des torts et des souffrances, car il existe aussi un espoir…

Un document bouleversant, comme l’Histoire officielle ne la raconte jamais, pour comprendre l’ampleur de la tragédie que vivent au quotidien une multitude de victimes de l’Agent Orange.

http://www.dailymotion.com/video/xdrzgl_agent-orange-y-apocalypse-viet-nam_news


Lors de la conférence au Salon international du livre à Genève, Tariq Ramadan a abordé quelques enjeux du conflit israélo-palestinien : le rôle des Etats-Unis, la question religieuse, les divisions palestiniennes, la résistance et la solidarité…
[Michel Collon – Investig’Action – 24/06/2010]

Il y a quelques semaines, nous avons pu observer des tensions entre l’administration Obama et Benyamin Netanyahu sur les nouvelles colonisations à Jérusalem. Est-ce un signe d’un divorce entre Tel Aviv et Washington ?

Toute la question portait sur les colonies de peuplement qui aujourd’hui sont une réalité à Jérusalem et qui continuent. Toute personne sait que les différents gouvernements israéliens ont joué, résolution après résolution, véto après véto (essentiellement américains), sur le temps qui passe, pour une politique du fait accompli : gagner du temps en parlant de paix, gagner du temps en parlant de dialogue et… sur le terrain, on voit que la solution de deux États est mise à mal par la stratégie israélienne, et c’est vrai aussi à Jérusalem.

Obama (malgré son discours du Caire) est allé devant un lobby israélien, l’AIPAC, à Washington, pour leur dire que Jérusalem était la capitale éternelle de l’Etat d’Israël. C’était donc une position qui était une carte blanche pour le gouvernement israélien.

Et Netanyahu devant le même AIPAC a dit « nous ne sommes pas en train de coloniser Jérusalem, c’est une terre qui nous appartient depuis 3000 ans ». Ce premier ministre justifie une action de colonisation par un argument strictement religieux. On nous présente un Etat démocratique et laïque, mais il prend comme argumentaire de sa colonisation un justificatif strictement religieux.

Cette polémique autour de la mosquée al-Aqsa voudrait pourtant nous faire croire qu’il s’agit vraiment d’un conflit entre juifs et musulmans…

On aurait dû entendre tous les Etats européens, tout comme l’administration américaine dénoncer ce discours scandaleux. Ils auraient dû rejeter ce discours religieux qui provient des plus extrémistes de l’échiquier israélien. Et rien n’a été dit ! On a simplement reconnu que le gouvernement de Netanyahu est soutenu par des extrémistes et que lui ne plie pas devant l’administration américaine… Mais derrière ceci et avant tout, ce que nous avons est un justificatif de la politique israélienne par des questions religieuses.

Raison pour laquelle il faut faire deux choses : déconstruire le discours religieux et répondre par un discours politique.

Il ne faut pas rentrer dans le jeu de l’acceptation au nom du discours religieux, mais en venir à une vraie question politique ; ne pas laisser un Premier ministre jouer, quand il veut sur le religieux, et quand il veut sur le politique. (suite…)


Quelle est la couleur de peau de Madoff, Kerviel, Ken Lay et consorts ? En quoi est-il plus « barbare » de piquer le sac d’une petite vieille  que de piquer 2500 000 000 000 de dollars dans la poche des contribuables…

Coupe du Monde : Alain Finkielkraut moralise le football

[ACRIMED le 24 juin 2010 par Ugo Palheta]

On reconnaît les intellectuels médiatiques à leur capacité, ou plutôt à leur disposition, à distiller leurs lumières sur presque tous les sujets qui saturent – momentanément – l’espace journalistique, y compris lorsque leurs compétences en la matière sont à peu près inexistantes. Alain Finkielkraut est de ces intellectuels qui prodiguent leurs lumières avec une générosité défiant les lois du genre et, dès que l’occasion se présente, c’est le football qui est l’objet de ses prédications.

Un scoop médiatique, une affaire d’Etat

Après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du Monde (2006), la Marseillaise sifflée lors d’un France-Algérie [1], la main de Thierry Henry qualifiant l’équipe de France pour la Coupe du Monde (2010), la dernière tempête médiatique dans un verre d’eau footballistique a pour objet les propos d’Anelka à la mi-temps du récent match contre le Mexique.

Ces propos dont on ne discutera pas l’élégance auraient été tenus dans le huis clos d’un vestiaire. Mais, scoop sensationnel oblige, ils ont été complaisamment rapportés, sans que les grands moralistes des médias s’en offusquent, en « une » de L’Equipe. On sait que le quotidien sportif choisit avec soin les scandales qu’il jette en pâture à ses lecteurs et à l’ « opinion publique », omettant par exemple les turpitudes de la FIFA [2]

Depuis, la sortie d’Anelka a donné lieu à une abondance d’articles et de commentaires politiques qui n’a d’égale que l’insignifiance des faits rapportés [3], mais lorsque les grands médias s’emparent d’un tel sujet, on voit poindre l’affaire d’Etat. La suite – exclusion d’Anelka, grève de l’entraînement par les joueurs, etc. – confirma, jusqu’à l’overdose médiatique, que tel était bien le cas et qu’on tenait là une grande cause nationale, une grave question de société et… de morale. La promptitude avec laquelle nombre des responsables politiques se sont jetés sur l’ « affaire » illustre le bénéfice que peuvent escompter les gardiens de l’ordre établi de cette circulation circulaire d’une indignation,. Celle-ci serait seulement ridicule si elle ne dissimulait pas, en ces temps de « réforme des retraites, des colères mieux fondées.

En ces circonstances dramatiques, Alain Finkielkraut ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités.

Enfin Alain Finkiekraut vint…

Ce dernier fait partie de ces intellectuels qui savent faire preuve de mesure lorsqu’ils s’expriment dans les médias. Mais quand il s’agit de football, il est parfait. Pour ceux qui auraient perdu la mémoire nous avons recueilli en « Annexe » ses précédentes prestations.

Toutes les occasions sont bonnes – y compris donc un match de football – pour asséner le « constat » qui fait son fond de commerce depuis une vingtaine d’années. Si c’est le cas, c’est que celui-ci cherche (et forcément trouve) partout les signes confirmant une lecture de la réalité sociale en termes communautaires, religieux ou ethniques. Cette obsession intellectuelle l’amène à interpréter des phénomènes aussi différents que les émeutes de novembre 2005, les sifflets contre la Marseillaise, les violences en milieu scolaire ou encore la récente défaite de l’équipe de France contre le Mexique, comme les évidents symptômes de « divisions ethniques ou religieuses » menaçant l’unité de la France. Et toutes les occasions sont bonnes pour que les médias accueillent comme un « bon client » un « penseur » si bien ajusté aux débats qui « font polémique ».

Le 20 juin 2010, le Journal du Dimanche publiait le premier les pensées de l’omniprésent. Dans une tribune intitulée « Des sales gosses boudeurs », il proclamait notamment que les joueurs de l’équipe de France « à la différence des autres équipes nationales, […] refusent, en sales gosses boudeurs et trop riches, d’incarner leur nation. […] « Mais – car il y a un « mais » – si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques , sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence . » Et de fournir aussitôt un contre-exemple : « Jean-Alain Boumsong, l’un des grands joueurs qui n’ont pas été retenus pour cette Coupe du Monde, en appelle à l’humilité. Il s’exprimait dans une langue irréprochable. On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Voire des joueurs de golf, auditeurs de France Culture si possible [4].

Le même jour, l’incontournable recyclait sa prédication, presque mot à mot, sur l’antenne d’Europe 1 [5] : « On a le sentiment que la France est invitée à se regarder dans ce miroir, un miroir absolument terrible . Elle y contemple le spectacle de sa désunion, de sa possible [et non plus « implacable »…] déliquescence , et peut-être que tout cela va créer un sursaut et que ce sursaut sera salutaire. […] Il faut prendre acte des divisions qui minent cette équipe, des clans, de ces divisions ethniques, de ces divisions religieuses , de ce joueur exclu parce qu’il est le premier de la classe, des insultes envers un entraîneur au demeurant fort peu compétent, mais qui rappellent trop les agressions dont sont victimes les médiateurs et les professeurs dans les quartiers dits paradoxalement sensibles. Tout ça doit nous amener à une prise de conscience ».

Une défaite de l’équipe de France en Coupe du Monde face au Mexique, une engueulade entre un joueur et son entraîneur, et voilà la France « invitée » par l’intellectuel médiatique à s’interroger sur sa « possible déliquescence », et même sur son « implacable déliquescence » (pour reprendre les mots employés dans le JDD) [6]. (suite…)


En pleine cacophonie de l’affaire Woerth, merci à Imhotep, sur Agoravox, de nous pointer dans la bonne direction… cela permet de comprendre pourquoi Mme Woerth n’a toujours pas porté plainte à l’heure qu’il est… surtout pas contre un fin limier financier comme Eva Joly !

Quel est donc ce chèque donné à Sarkozy par Madame Bettencourt ?

[Imhotep – Agoravox – 22/06/2010]

Ce petit billet ne sera pas long, mais il me paraît important que cette affaire dans l’affaire Bettencourt ne passe pas à la trappe, car c’est un énorme morceau difficile à avaler. Il sera court car l’information brute se suffit à elle-même.
Ce lundi 21 juin, jour de la fête de la musique, – celle)ci grince plutôt à nos oreilles – Mediapart a mis en ligne, audible par tous, une copie de l’enregistrement des fameuses conversations entre le chef d’orchestre financier de madame Bettencourt et madame. Cette conversation date du 4 mars 2010. La voici ci-dessous (Médiapart) :
En voici la transcription – on peut supposer sans grands risques de se tromper que madame Bettencourt signe des chèques (les prépare ?) en écoutant cet enregistrement et en tenant compte des paroles, des arrêts, des questions et des réponses –  : (suite…)

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