juin 2010



Le fondamentalisme évangélique peut faire sourire, mais l’idéologie créationniste n’est que le faux nez comique d’un mouvement néo-conservateur, ethnocentriste et rétrograde qui gagne de l’ampleur dans les pays anglophones (« Tea Baggers » et « Christian Zionists » ou « Family Values » aux USA, mouvements homophobes en Afrique, « Pro Vie » en Europe, « Christ-Roi » en Amérique du Sud…) et qui prêchent ouvertement une ligne réactionnaire et atlantiste – au service de la suprématie des Etats-unis et de l’idéologie de la Domination Blanche.

L’équipe autour de George W. Bush était déjà fortement marquée par ces milieux, mais Hilary Clinton n’est pas en reste, avec la « Fellowship » qui la cornaque étroitement (elle prie tous les matins avec cette secte ultra conservatrice). Aujourd’hui que le Parti Républicain U.S. est entrain de se faire kidnapper par cette extrême droite religieuse, middle-class, raciste, et réactionnaire, il n’est pas impossible que le prochain président des Etats-Unis soit un populiste ultra-religieux, sexiste, homophobe, fasciste et persuadé de la supériorité innée de la « race » blanche et du modèle capitaliste occidental.

Ce jour là, les Talibans auront gagné la guerre pour de bon…

[Couleurs Irlandaises – 28/06/2010]

Créationnisme: après Adam et Eve, le géant irlandais sera-t-il réhabilité?

La Chaussée des Géants, située à la pointe nord de l’Irlande, le long de la magnifique côte d’Antrim, est la principale attraction touristique d’Irlande du Nord. On y trouve de superbes prismes basaltiques en bord de mer —de la lave refroidie— dont on jurerait qu’ils ont été façonnés par l’homme… ou par un géant.

Problème: si la science estime que cette formation basaltique date de 40 millions d’années, la thèse créationniste avance, elle, que ce promontoire insolite remonte tout au plus au 23 octobre 4004 avant Jésus Christ… Bible oblige!

Vous me direz que chacun est libre de croire ce qu’il veut. Le seul problème, c’est que Nelson McCausland, l’actuel ministre de la Culture nord-irlandais, n’est pas du genre à laisser ses convictions au vestiaire: il vient d’écrire aux gestionnaires du musée de la Chaussée des Géants pour leur demander de faire figurer à parité les deux «thèses» concernant l’origine du monde sur les panneaux explicatifs, à savoir le dogme «créationniste» en plus du postulat scientifique.

S’il obtenait gain de cause, les explications que vous trouveriez au musée de la Chaussée des Géants devraient donner à peu près ceci: «Les géologues estiment que la Chaussée des Géants a été formée à l’ère tertiaire, il y a environ 40 millions d’années, mais les créationnistes affirment, quant à eux, qu’elle n’est vieille que de 6.000 ans, conformément aux calculs de l’archevêque James Ussher qui se fondent sur la Bible, parole littérale de Dieu»

Nelson McCausland, ça ne vous dit rien? Les habitués de ce blog se souviendront peut-être que ce représentant politique protestant unioniste est également celui qui, au moment de sa prise de fonction en tant que ministre de la culture, a décrété qu’il boycotterait les lieux de culte catholiques pour des raison théologiques… C’est dire s’il ne badine pas avec la religion!

Et l’homme n’en est pas à son coup d’essai. Il y a quelques temps, il avait écrit à la direction de l’Ulster Museum à Belfast pour lui demander de faire figurer en bonne place les thèses créationnistes. Il avait également demandé que le musée accorde davantage de place à l’Ordre d’Orange (ordre anti-catholique) et à la culture «ulster-scots» («ulster-écossaise»), revendiquée par certains Protestants d’Irlande du Nord au nom de leurs racines écossaises…

Bon, évidemment, on l’a envoyé poliment balader. Ainsi, le biologiste Richard Dawkins lui a rétorqué, non sans ironie, que tant qu’on y était, on devrait également faire figurer en bonne place la «théorie de la cigogne» concernant la procréation humaine, ou la «théorie de la Terre plate»! Dawkins n’est d’ailleurs pas le seul à le brocarder, comme en témoigne cet article parodique, écrit en «langue» ulster-scots sur le sujet! (suite…)


C’est ça le problème quand on cherche à tout bétonner… il y a toujours un truc qui vous échappe ! Après l’affaire Jean Sarkozy, la mise au pas des médias, les cadeaux faits à Lagardère, les menaces envvers le « Le Monde »… voici un nouvel exemple de la Sarkocratie en action.

Au fait… elle en est où la plainte que Mme Woerth devait déposer contre Montebourg ? Elle a fait « Pschiiit » ?

Affaire Bettencourt : Eric Woerth de plus en plus fragilisé

[Raphaelle Bacqué – Le Monde – 26/06/2010]

Le gouvernement cherche désespérément à éviter qu’Eric Woerth ne devienne un des plus spectaculaires cas de dommage collatéral de l’affaire Bettencourt. Car l’ancien ministre du budget, aujourd’hui ministre du travail et chargé de la difficile réforme des retraites, n’en finit pas de chercher à éloigner le soupçon d’avoir fermé les yeux sur l’évasion fiscale d’une partie de la fortune de la riche héritière de L’Oreal.

Le 16 juin, la publication, par le site Mediapart, d’écoutes téléphoniques illégales réalisées par un des employés de Liliane Bettencourt, avait laissé supposer qu’Eric Woerth pouvait avoir été au courant, par l’intermédiaire de son épouse Florence, que Liliane Bettencourt détenait des comptes en Suisse et une île aux Seychelles, non déclarés au fisc. Face au soupçon, Florence Woerth, chargée depuis la fin 2007 de placer les dividendes de L’Oréal alimentant la fortune de Mme Bettencourt, avait dû démissionner, le 21 juin, de ses fonctions afin d’apaiser la polémique.

Vendredi 25 juin, l’affaire a pourtant repris de la vigueur. L’hebdomadaire Marianne du 26 juin a affirmé que le parquet de Nanterre aurait omis d’alerter le fisc alors même qu’il détenait, depuis 2008, tous les éléments susceptibles de laisser présumer la fraude fiscale de Mme Bettencourt. Or le procureur de Nanterre n’est autre que Philippe Courroye. Ce dernier, qui a longtemps été un juge d’instruction emblématique et respecté, ne cesse, depuis qu’il a été nommé procureur, d’être accusé de soumission au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Notamment parce qu’en le décorant en 2007 de l’ordre national du mérite, le chef de l’Etat l’avait présenté comme son « ami ». (suite…)


Une vision ouverte de la culture, un esprit non-parisianiste, un vrai souci de la qualité et anti-bling-bling… c’est tout cela que nous perdons. Qu’est ce qui va rester à France Inter ? Une radio normalisée, comme TF1 l’est déjà pour la télé ?

Note: le fait que Vincent Josse ne soit pas dans le petit microcosme Bruni-Val-Mitterand est certainement un pur hasard…

[ La Boite à Sorties – 25/06/2010]

Vingt-cinq minutes de débat autour du spectacle vivant contemporain vont disparaître sur France Inter à la rentrée prochaine. «Esprit critique» est l’émission petit format que les amoureux de la culture aiment entendre. Elle vit ses derniers instants.

Visiblement, Philippe Val fait le ménage pour la rentrée prochaine. Après l’humour de Didier Porte c’est l’esprit critique de Vincent Josse qui trinque. « Esprit critique » vous guide, vous éclaire dans vos choix culturels de 9h10 à 9h35 tous les matins du lundi au vendredi depuis quatre ans.  Le « journal sonore de la culture » ne sera plus. Fidèle à lui-même, son producteur n’entend pas « faire preuve de mauvais esprit ni (…) verser son fiel. » Il prend la (mauvaise) nouvelle avec philosophie et rappelle à ses auditeurs combien l’aventure fut pour lui fructueuse.

« La vie de la radio est mouvementée, soumise à la valse des patrons, donc au changement de programmes. (…) Nous ne partageons pas forcément leurs choix. » Le journaliste affirme sur son blog qu’il n’a pas « souhaité perdre ce rendez-vous, d’où cette envie de vous écrire, calmement, le bonheur d’avoir animé ce rendez-vous entouré d’une équipe qui prenait du plaisir à concevoir cette quotidienne (…) »

Les fans restent sans voix, touchés par cette disparition qui reflète une tendance actuelle : l’éviction des exceptions, des programmes qui ne décollent pas. « Je ne veux pas croire que Val supprime l’une des émissions les plus jolies, les plus surprenantes, les plus enrichissantes », se désole un internaute ce matin « RENDEZ-NOUS JOSSE ! » s’exclame-t-il. Un autre remercie simplement toute l’équipe d’avoir été fidèle à ce rendez-vous « qui donne envie et soif. Envie de traîner dans une librairie, baguenauder dans une expo, s’isoler avec un disque. » Un hommage joliment rendu que Vincent Josse  et sa troupe de joyeux critiques apprécieront sûrement.

http://www.laboiteasorties.com/2010/06/lesprit-critique-de-vincent-josse-quitte-france-inter/


Si un jour existe une unité capable de mesurer la douleur et la souffrance,
elle devra s’appeler Việt Nam.

Titre : Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam
Auteur : André BOUNY
Préface : Howard ZINN
Avant-propos : William BOURDON
N° ISBN : 978-2-917112-11-3

Disponible en librairie et sur le site à partir du 5 juin,

Dow Chemical, Monsanto, Diamond, Uniroyal…
Découvrez les crimes impunis des marchands de la mort

http://www.editionsdemilune.com/agent-orange-apocalypse-viet-nam-p-33.html

André BOUNY est né handicapé, atteint de spina-bifida, dans la campagne pauvre du sud de la France. Suivant des études paramédicales (en odontologie) à Paris, il proteste contre la guerre qui fait rage au Viêt Nam, dans la rue et par ses peintures exposées au Grand Palais.

Ému par la découverte de ce pays ravagé par la guerre, où il rencontre mutilés et malades, il fonde en 1997 l’association caritative DEFI Viêt Nam, (Donner Ensemble Former Informer), qui s’engage également dans la campagne contre les mines antipersonnel. Quelque 300 tonnes d’équipement médical, recueillies et mises en conformité, sont expédiées par bateaux (électrocardiographes, lits médicalisés, fauteuil roulants, à destination de services de chirurgie et de radiologie, de maternités, cabinets dentaires, etc). L’association à but non lucratif pourvoit aussi à la formation de personnel médical vietnamien en France, facilite le parrainage d’enfants (une petite fille issue d’une famille misérable est récemment devenue institutrice) ; informe sur l’Agent Orange et distribue des aides aux victimes de ce poison chimique contenant de la dioxine.

André enchaîne les voyages au Viêt Nam où il adopte deux enfants. En 2004, il adresse une lettre ouverte à John Kerry, diffusée dans la presse internationale. Puis il constitue et conduit le Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l’Agent Orange (CIS) qui comprend de très nombreuses personnalités dans des domaines d’expertises variés. Infatigablement, il explique les conséquences de ce poison dans tous les médias qui osent en parler (radios, télés, journaux et sites Internet). Il est intervenu lors des trois éditions des Rencontres Internationales pour le Désarmement Nucléaire, Biologique et Chimique (RID-NBC), mais aussi en d’autres lieux prestigieux comme la Cité de l’Espace, et même à l’ONU lors de la 4e session du Conseil des droits de l’homme.

Son livre se fonde sur 40 ans d’expérience et d’intérêt porté au peuple et à la culture du Viêt Nam, comme à son histoire.

Préface de Howard ZINN – Avant-propos de Maître William BOURDON – Nombreuses photographies d’archives & cartes, ainsi que des images récentes de très grands photojournalistes…

« C’est un crime hideux. »

– Noam CHOMSKY,
membre du Comité International de Soutien aux victimes de l’Agent Orange

EFFROYABLE

Si l’histoire de l’utilisation des poisons, (venins et toxiques) remonte à la nuit des temps, la synthèse chimique a permis d’en démultiplier les effets maléfiques. Il est un fait largement ignoré que la guerre du Viêt Nam fut la plus grande guerre chimique de l’histoire de l’Humanité. L’objet de ce livre est d’expliquer précisément comment et pourquoi. On y apprend de quelle façon, aujourd’hui encore, un demi-siècle après le début des épandages, la dioxine pénètre dans l’organisme, quelles maladies elle engendre, et les terribles effets tératogènes qu’elle inflige aux enfants.

La description scientifique des agents chimiques utilisés est aussi précise que la technologie méthodique mise en œuvre. Celle de l’effroyable catastrophe écologique fait prendre conscience que la destruction du règne végétal précède et précipite une dévastation plus terrible encore.

Les nombreuses photographies exceptionnelles, signées de très grands noms, illustrent l’ampleur de la tragédie actuelle. Cartes géographiques, documents d’archives inédits et témoignages états-uniens viennent démontrer l’intentionnalité de ce véritable écocide. L’auteur propose en outre un nouveau calcul renversant du volume des agents chimiques déversés au Viêt Nam. Dans cet ouvrage exhaustif, il aborde la partie juridique avec les procédures intentées au nom des victimes vietnamiennes dans un total silence médiatique.

À l’image du Tribunal international d’opinion qui s’est tenu en 2009 à Paris, ce livre a pour but d’informer le public, premier pas d’une prise de conscience sur la route de la réparation des torts et des souffrances, car il existe aussi un espoir…

Un document bouleversant, comme l’Histoire officielle ne la raconte jamais, pour comprendre l’ampleur de la tragédie que vivent au quotidien une multitude de victimes de l’Agent Orange.

http://www.dailymotion.com/video/xdrzgl_agent-orange-y-apocalypse-viet-nam_news


Lors de la conférence au Salon international du livre à Genève, Tariq Ramadan a abordé quelques enjeux du conflit israélo-palestinien : le rôle des Etats-Unis, la question religieuse, les divisions palestiniennes, la résistance et la solidarité…
[Michel Collon – Investig’Action – 24/06/2010]

Il y a quelques semaines, nous avons pu observer des tensions entre l’administration Obama et Benyamin Netanyahu sur les nouvelles colonisations à Jérusalem. Est-ce un signe d’un divorce entre Tel Aviv et Washington ?

Toute la question portait sur les colonies de peuplement qui aujourd’hui sont une réalité à Jérusalem et qui continuent. Toute personne sait que les différents gouvernements israéliens ont joué, résolution après résolution, véto après véto (essentiellement américains), sur le temps qui passe, pour une politique du fait accompli : gagner du temps en parlant de paix, gagner du temps en parlant de dialogue et… sur le terrain, on voit que la solution de deux États est mise à mal par la stratégie israélienne, et c’est vrai aussi à Jérusalem.

Obama (malgré son discours du Caire) est allé devant un lobby israélien, l’AIPAC, à Washington, pour leur dire que Jérusalem était la capitale éternelle de l’Etat d’Israël. C’était donc une position qui était une carte blanche pour le gouvernement israélien.

Et Netanyahu devant le même AIPAC a dit « nous ne sommes pas en train de coloniser Jérusalem, c’est une terre qui nous appartient depuis 3000 ans ». Ce premier ministre justifie une action de colonisation par un argument strictement religieux. On nous présente un Etat démocratique et laïque, mais il prend comme argumentaire de sa colonisation un justificatif strictement religieux.

Cette polémique autour de la mosquée al-Aqsa voudrait pourtant nous faire croire qu’il s’agit vraiment d’un conflit entre juifs et musulmans…

On aurait dû entendre tous les Etats européens, tout comme l’administration américaine dénoncer ce discours scandaleux. Ils auraient dû rejeter ce discours religieux qui provient des plus extrémistes de l’échiquier israélien. Et rien n’a été dit ! On a simplement reconnu que le gouvernement de Netanyahu est soutenu par des extrémistes et que lui ne plie pas devant l’administration américaine… Mais derrière ceci et avant tout, ce que nous avons est un justificatif de la politique israélienne par des questions religieuses.

Raison pour laquelle il faut faire deux choses : déconstruire le discours religieux et répondre par un discours politique.

Il ne faut pas rentrer dans le jeu de l’acceptation au nom du discours religieux, mais en venir à une vraie question politique ; ne pas laisser un Premier ministre jouer, quand il veut sur le religieux, et quand il veut sur le politique. (suite…)


Quelle est la couleur de peau de Madoff, Kerviel, Ken Lay et consorts ? En quoi est-il plus « barbare » de piquer le sac d’une petite vieille  que de piquer 2500 000 000 000 de dollars dans la poche des contribuables…

Coupe du Monde : Alain Finkielkraut moralise le football

[ACRIMED le 24 juin 2010 par Ugo Palheta]

On reconnaît les intellectuels médiatiques à leur capacité, ou plutôt à leur disposition, à distiller leurs lumières sur presque tous les sujets qui saturent – momentanément – l’espace journalistique, y compris lorsque leurs compétences en la matière sont à peu près inexistantes. Alain Finkielkraut est de ces intellectuels qui prodiguent leurs lumières avec une générosité défiant les lois du genre et, dès que l’occasion se présente, c’est le football qui est l’objet de ses prédications.

Un scoop médiatique, une affaire d’Etat

Après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du Monde (2006), la Marseillaise sifflée lors d’un France-Algérie [1], la main de Thierry Henry qualifiant l’équipe de France pour la Coupe du Monde (2010), la dernière tempête médiatique dans un verre d’eau footballistique a pour objet les propos d’Anelka à la mi-temps du récent match contre le Mexique.

Ces propos dont on ne discutera pas l’élégance auraient été tenus dans le huis clos d’un vestiaire. Mais, scoop sensationnel oblige, ils ont été complaisamment rapportés, sans que les grands moralistes des médias s’en offusquent, en « une » de L’Equipe. On sait que le quotidien sportif choisit avec soin les scandales qu’il jette en pâture à ses lecteurs et à l’ « opinion publique », omettant par exemple les turpitudes de la FIFA [2]

Depuis, la sortie d’Anelka a donné lieu à une abondance d’articles et de commentaires politiques qui n’a d’égale que l’insignifiance des faits rapportés [3], mais lorsque les grands médias s’emparent d’un tel sujet, on voit poindre l’affaire d’Etat. La suite – exclusion d’Anelka, grève de l’entraînement par les joueurs, etc. – confirma, jusqu’à l’overdose médiatique, que tel était bien le cas et qu’on tenait là une grande cause nationale, une grave question de société et… de morale. La promptitude avec laquelle nombre des responsables politiques se sont jetés sur l’ « affaire » illustre le bénéfice que peuvent escompter les gardiens de l’ordre établi de cette circulation circulaire d’une indignation,. Celle-ci serait seulement ridicule si elle ne dissimulait pas, en ces temps de « réforme des retraites, des colères mieux fondées.

En ces circonstances dramatiques, Alain Finkielkraut ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités.

Enfin Alain Finkiekraut vint…

Ce dernier fait partie de ces intellectuels qui savent faire preuve de mesure lorsqu’ils s’expriment dans les médias. Mais quand il s’agit de football, il est parfait. Pour ceux qui auraient perdu la mémoire nous avons recueilli en « Annexe » ses précédentes prestations.

Toutes les occasions sont bonnes – y compris donc un match de football – pour asséner le « constat » qui fait son fond de commerce depuis une vingtaine d’années. Si c’est le cas, c’est que celui-ci cherche (et forcément trouve) partout les signes confirmant une lecture de la réalité sociale en termes communautaires, religieux ou ethniques. Cette obsession intellectuelle l’amène à interpréter des phénomènes aussi différents que les émeutes de novembre 2005, les sifflets contre la Marseillaise, les violences en milieu scolaire ou encore la récente défaite de l’équipe de France contre le Mexique, comme les évidents symptômes de « divisions ethniques ou religieuses » menaçant l’unité de la France. Et toutes les occasions sont bonnes pour que les médias accueillent comme un « bon client » un « penseur » si bien ajusté aux débats qui « font polémique ».

Le 20 juin 2010, le Journal du Dimanche publiait le premier les pensées de l’omniprésent. Dans une tribune intitulée « Des sales gosses boudeurs », il proclamait notamment que les joueurs de l’équipe de France « à la différence des autres équipes nationales, […] refusent, en sales gosses boudeurs et trop riches, d’incarner leur nation. […] « Mais – car il y a un « mais » – si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques , sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence . » Et de fournir aussitôt un contre-exemple : « Jean-Alain Boumsong, l’un des grands joueurs qui n’ont pas été retenus pour cette Coupe du Monde, en appelle à l’humilité. Il s’exprimait dans une langue irréprochable. On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Voire des joueurs de golf, auditeurs de France Culture si possible [4].

Le même jour, l’incontournable recyclait sa prédication, presque mot à mot, sur l’antenne d’Europe 1 [5] : « On a le sentiment que la France est invitée à se regarder dans ce miroir, un miroir absolument terrible . Elle y contemple le spectacle de sa désunion, de sa possible [et non plus « implacable »…] déliquescence , et peut-être que tout cela va créer un sursaut et que ce sursaut sera salutaire. […] Il faut prendre acte des divisions qui minent cette équipe, des clans, de ces divisions ethniques, de ces divisions religieuses , de ce joueur exclu parce qu’il est le premier de la classe, des insultes envers un entraîneur au demeurant fort peu compétent, mais qui rappellent trop les agressions dont sont victimes les médiateurs et les professeurs dans les quartiers dits paradoxalement sensibles. Tout ça doit nous amener à une prise de conscience ».

Une défaite de l’équipe de France en Coupe du Monde face au Mexique, une engueulade entre un joueur et son entraîneur, et voilà la France « invitée » par l’intellectuel médiatique à s’interroger sur sa « possible déliquescence », et même sur son « implacable déliquescence » (pour reprendre les mots employés dans le JDD) [6]. (suite…)


En pleine cacophonie de l’affaire Woerth, merci à Imhotep, sur Agoravox, de nous pointer dans la bonne direction… cela permet de comprendre pourquoi Mme Woerth n’a toujours pas porté plainte à l’heure qu’il est… surtout pas contre un fin limier financier comme Eva Joly !

Quel est donc ce chèque donné à Sarkozy par Madame Bettencourt ?

[Imhotep – Agoravox – 22/06/2010]

Ce petit billet ne sera pas long, mais il me paraît important que cette affaire dans l’affaire Bettencourt ne passe pas à la trappe, car c’est un énorme morceau difficile à avaler. Il sera court car l’information brute se suffit à elle-même.
Ce lundi 21 juin, jour de la fête de la musique, – celle)ci grince plutôt à nos oreilles – Mediapart a mis en ligne, audible par tous, une copie de l’enregistrement des fameuses conversations entre le chef d’orchestre financier de madame Bettencourt et madame. Cette conversation date du 4 mars 2010. La voici ci-dessous (Médiapart) :
En voici la transcription – on peut supposer sans grands risques de se tromper que madame Bettencourt signe des chèques (les prépare ?) en écoutant cet enregistrement et en tenant compte des paroles, des arrêts, des questions et des réponses –  : (suite…)

C’est des inconscients, les Iraniens: dans les années 1950, déjà, quand la société pétrolière anglaise avait perdu son contrat d’exploitation, la CIA avait fait tomber le gouvernement élu et mis le Shah au pouvoir… là ils vont se prendre une bombe atomique sur la tête pour leur apprendre à respecter la suprématie occidentale en matière d’approvisionnement énergétique.Israël sert les intérêts de son parrain US (et Européen)

On est dans la droite ligne de ce que Herzl disait déjà dans « L’Etat des Juifs » : « Nous serons le rempart avancé de l’Occident »

Des navires états-uniens et des sous-marins nucléaires israéliens ont pris position dans le Golfe Persique immédiatement après l’accord Iran-Pakistan qui ouvre un couloir énergétique vers l’est

[Manlio Dinucci – Il Manifesto – 23 juin 2010 – Trad. M.A. Patrizio pour Mondialisation.ca]

« Israël déploie des sous-marins armés de missiles nucléaires au large des côtes iraniennes » : c’est ce que titrait le 22 juin le journal israélien Haaretz, en rapportant une enquête du britannique Sunday Times. Selon ce qu’a déclaré un officier israélien, un des quatre sous-marins Dolphin, fournis par l’Allemagne, se trouve déjà dans le Golfe et,  avec ses missiles de croisière à tête nucléaire (portée 1 .500 Kms), il peut atteindre n’importe quel objectif en Iran.

A la fin de la semaine dernière, une imposante escadre navale, composée de plus de 12 bateaux de guerre états-uniens et d’au moins une unité lance-missiles israélienne, avait traversé le Canal de Suez, en se dirigeant elle aussi vers le Golfe Persique : ceci afin  d’augmenter la pression militaire contre l’Iran. La raison n’est pas seulement celle, déclarée ici, d’empêcher Téhéran  de pouvoir un jour se doter d’armes nucléaires.

Il y en a une autre plus pressante : aux débuts de la semaine dernière, Téhéran a signé avec Islamabad l’accord d’une valeur de 7 milliards de dollars, qui lance la construction d’un gazoduc allant de l’Iran au Pakistan.  Un projet qui remonte à 17 ans, jusqu’ici bloqué par les Etats-Unis. Malgré cela, l’Iran a déjà réalisé 900 des 1.500 Kms de gazoduc, du gisement de South Pars jusqu’à la frontière avec le Pakistan, qui en construira 700 autres. C’est un couloir énergétique qui, à partir de 2014, ferait arriver chaque jour au Pakistan depuis l’Iran, 22 millions de mètres cube de gaz. Le projet initial prévoyait qu’une branche du gazoduc arrivât en Inde ; mais New Delhi s’est retirée du projet par crainte que le Pakistan ne puisse bloquer l’approvisionnement.

La Chine est par contre disponible pour l’importation du gaz iranien : la China Petroleum Corporation  a signé avec l’Iran un accord de 5 milliards de dollars pour le développement du gisement de South Pars, en prenant la place du français Total à qui Téhéran n’a pas renouvelé son contrat (tandis que l’italien Eni – Ente nazionale idrocarburi, NdT- continue à opérer dans les gisements de South Pars et de Darquain).

(suite…)


Rappelez vous que – depuis la suppression de la pub – RADIO FRANCE vous appartient, puisque c’est VOUS QUI LA PAYEZ… un petit rappel vis à vis du pouvoir serait opportun…

[Daniel Schneiderman – Arrêt sur Images – 23/06/2010]

Cette fois c’est fait, c’est clair, c’est net : virés ! Virés sans ménagements, les humoristes de France Inter, Stéphane Guillon et Didier Porte. Virés en étant traités de « petits tyrans » par leur désormais ex-patron, Jean-Luc Hees, nommé à la présidence de Radio France par le bon vouloir de Sarkozy. Mince consolation : ce double licenciement a été vécu en direct par les auditeurs.

Parce que cette journée du 23 juin, par sa brutalité, restera dans les annales de l’audiovisuel public et de la liberté d’expression, nous avons voulu que vous puissiez en voir et écouter les principaux moments. Regardez donc Stéphane Guillon dans sa dernière chronique matinale, traiter France Inter de « station de gauche qui licencie comme la pire entreprise de droite »; écoutez Didier Porte annoncer en direct au Fou du Ro i qu’il a reçu sa lettre de licenciement ; écoutez Stéphane Bern, sous le choc, prévenir qu’il prend ce vidage comme un « désaveu personnel », et annoncer qu’il en « tirera les conséquences »; écoutez enfin Jean-Luc Hees expliquer sa décision, et renvoyer Bern dans ses cordes, sur le mode « ça ne coûte pas cher de se déclarer solidaire trente secondes ».

Notre enquête complète est ici.http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3111>  (1)


Quand les lèche-culs présidentiels Jean-Luc Hees et Philippe Val parlent de « petits tyrans »,… de qui parlent ils ? Le seul à souffrir dans cette affaire, c’est l’auditeur de France Inter qui perd deux moments de rigolade irrévérencieuse.

La normalisation est en cours. La campagne de propagande pour l’élection 2010 peut commencer… Sarkozy tient les médias…

Aux USA, pays idolâtré par nos postillonneurs professionnels, un tel comportement de la part d’un président aurait soulevé des tempête d’indignation. En France… rien.

[AFP – 22/06/2010]

Dans un entretien au « Monde », le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, annonce le départ de l’humoriste Stéphane Guillon de la matinale de France Inter, jugeant que « l’humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans ». Quand à Didier Porte il a confirmé à l’AFP, que le directeur de l’antenne, Philippe Val, ne renouvellera ni sa chronique dans la tranche info du matin ni sa participation au « Fou du roi ».


Face à une presse et des médias complètemenent encerclés et réduits au silence service par la machine Sarkozy, les sites comme Mediapart ou Bakchich sont les dernières sources d’information encore quelque peu « poil à gratter »… avec les bandes Bettencourt, Mediapart se fait un joli coup de pub.

Le site Mediapart diffuse directement des extraits de conversation entre Patrice de Maistre et Liliane Bettencourt…

[20 Minutes – 21/06/2010]

Fort du constat qu’«Eric Woerth n’a pas démissionné du gouvernement» et qu’«aucun juge indépendant n’a encore été désigné», Mediapart a décidé de mettre en écoute directement sur son site des extraits des conversations entre Liliane Bettencourt et le gestionnaire de sa fortune, Patrice de Maistre.

Pour rappel, ces discussions auraient été enregistrées clandestinement entre mai 2009 et mai 2010 par le maître d’hôtel de la milliardaire au domicile de cette dernière. Elles ont ensuite été transmises à la police par l’unique fille de l’héritière de L’Oréal, Françoise Bettencourt-Meyers.

Le premier extrait, mis en ligne également sur Dailymotion et donc accessible gratuitement, date du 4 mars 2010. Il permet d’entendre Patrice de Maistre qui demande à Liliane Bettencourt de signer des chèques à signer à l’attention de Valérie Pécresse (candidate UMP pour les régionales en Ile-de-France), Eric Woerth (alors ministre du Budget et trésorier de l’UMP) et Nicolas Sarkozy. «Ce n’est pas cher, c’est le maximum légal, 7500», plaide-t-il, expliquant: «En ce moment, il faut qu’on ait des amis» La voix de Patrice de Maistre, qui parle lentement et distinctement, visiblement pour se faire comprendre, est parfaitement audible, tandis que les réponses de Liliane Bettencourt sont à peine intelligibles.

Les trois autres extraits sont accessibles uniquement pour les abonnés au site de Mediapart. Il y est question du rôle joué par l’Elysée dans la procédure judiciaire qui oppose la fille de Liliane Bettencourt au photographe François-Marie Banier, soupçonné d’avoir abusé des largesses de la milliardaire. Le premier date du 12 juin 2009, le deuxième du 21 juillet 2009 et le troisième du 23 avril 2010, soit quelques semaines avant l’ouverture du procès du photographe début juillet.

On y entend Patrice de Maistre citer à plusieurs reprises Patrick Ouart, le conseiller judiciaire de Nicolas Sarkozy, qui «l’aime beaucoup» et le convoque au moins deux fois au palais de l’Elysée pour lui faire part des avancées de l’affaire sur le plan judiciaire. Dans le 2e extrait, on apprend notamment que le procureur Courroye va annoncer le 3 septembre que la demande de Françoise Bettencourt-Meyers est irrecevable. Ce qui fut effectivement le cas. Dans le 3e extrait, Patrice de Maistre explique à l’héritière que Patrick Ouart lui a confié que «le Président [continuait] de suivre cette affaire de très près. En première instance, on [l’Elysée] ne peut rien faire de plus mais en cour d’appel, si vous perdez, on connaît très très bien ce procureur»…

http://www.20minutes.fr/article/579813/Politique-Affaire-Bettencourt-des-enregistrements-sonores-en-libre-ecoute.php


Commentaire de Dov : Après la piraterie en haute mer, voici les bandits de grand chemin… que faut il attendre d’autre de la part d’un Etat qui ignore le droit international, se fout de la légalité et est certain de son impunité ? « Voler un Arabe, ça ne compte pas » disait ma Tante qui vivait à Rishon… alors voler les amis des Arabes, ça compte encore moins. On attend effectivement avec impatience la réaction de Bernard-Henri Levy qui déclarait, à propos de l’armée israélienne, qu’il n’avait jamais vu « une armée aussi démocratique, qui se pose autant de questions morales »

Il en va de même pour les marchandises qui passent par les Check-Point israéliens, les vols sont nombreux, quand ce ne sont pas les dégradations (sacs crevés, urine ou charognes dans les chargements) réalisées par les soldats, en pleine vue de leurs supérieurs…

Il faut boycotter cet Etat-Voyou !

Des soldats israéliens achètent des Ipod avec les cartes de crédit confisquées aux passagers de la Flottille pour Gaza !

[Oumma.com – 21/06/2010]

Selon le quotidien britannique The Guardian, plusieurs passagers de la Flottille pour Gaza ont eu la désagréable surprise de constater que leurs cartes de crédit, confisquées par les autorités israéliennes lors de l’arraisonnement des bateaux, étaient utilisées en Israël. C’est ainsi que la carte bleue d’Ebrahim Musaji, citoyen britannique de 23 ans (à bord du Marmara), a été utlisée à plusieurs reprises dans les jours suivant l’assaut, entre autres pour acheter… des accessoires pour Ipod sur un site néerlandais ! D’autres passagers ont indiqué que leurs téléphones portables avaient été utilisés…

Même chose pour Kathy Sheetz, militante californienne qui se trouvait à bord du Challenger 1, et dont le compte a été débité de plus de 1000 dollars en Israël depuis le 6 juin dernier. David Schermerhorn, 80 ans, de l’Etat de Washington, Manolo Luppichini, journaliste italien, se plaignent également de tels larcins israéliens.

Des passeports, dont trois appartenant à des citoyens britanniques, n’ont toujours pas été rendus à leurs propriétaires.

Les passagers de la flotille de la liberté indiquent que les Israéliens qui les ont kidnappés et retenus en otages, sont encore en possession d’argent, de matériels et effets personnels (caméras, ordinateurs…) pour un montant de plus d’un million de livres !

http://www.guardian.co.uk/world/2010/jun/18/gaza-convoy-activists-debit-card-fraud

« On attend avec impatience la réaction indignée de Bernard-Henri Levy qui, la veille de l’assaut sanglant contre le convoi humanitaire, déclarait, à propos de l’armée israélienne, qu’il n’avait jamais vu « une armée aussi démocratique, qui se pose autant de questions morales », remarque un internaute (JulienS) sur le Post.

http://oumma.com/Des-soldats-israeliens-achetent


[ Traduction du livre italien « Zerobubbole » – Janvier 2009]

Une critique des 118 erreurs du DVD « Zéro »

http://www.libertes-internets.net/archives/docs/Zero_Pointe_Pocket.pdf (Adobe PDF – 1,5 Mo)

Qu’est ce que le groupe Undicisettembre ?
Undicisettembre est un groupe informel, non politisé, de journalistes, techniciens et chercheurs de différents domaines, qui depuis longtemps examine les faits et les hypothèses concernant les attentats du 11 Septembre 2001 pour écarter les thèses incompatibles avec les faits avérés et permettre à toute personne, même adepte de théories alternatives, de mener sa propre enquête, ne pas se lancer sur de fausses pistes et se fonder sur des données réelles. Le site undicisettembre.info a recueilli les résultats détaillés de l’enquête et fournit les sources utilisées à partir desquelles n’importe qui peut vérifier de lui-même ce qui est avancé.

Le groupe Undicisettembre est composé de :

  • Paolo Attivissimo, journaliste informatique, spécialiste de la désinformation dans les médias numériques,
  • John Battista, officier de police judiciaire, 20 ans d’expérience dans les enquêtes relevant du domaine des renseignements, auteur du livre numérique Crono911,
  • Gabriele Borra, chimiste,
  • Roberto Podestà, diplômé de chimie, expert en synthèse organique et calcul statistique,
  • Luca Poggi, diplômé en langues étrangères, traducteur et interprète,
  • Leonardo Salvaggio, diplômé en génie informatique,
  • des pilotes de ligne italiens et étrangers, des pilotes instructeurs, des médecins, des traducteurs, des graphistes et des experts dans d’autres domaines techniques qui pour des raisons personnelles et professionnelles préfèrent garder secrète leur propre identité.

Le groupe peut être contacté par écrit (en italien ou anglais) à undicisettembre@gmail.com.


Clémenceau disait déjà « Quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission »… Israël va plus loin et nomme des commissions dont les conclusions sont connues d’avance, vu leur composition… Mais la presse service s’extasie sur « l’impartialité » des ces experts « indépendants »…

David Trimble qu’on nous vend comme un « homme de paix », est un fait un des pires faucons Neo-Cons. Et il ne s’en cache pas. Il n’y a que les journalistes pour ne pas (vouloir) le voir.

David Trimble, ami, juge et partie d’Israël

[Hichem Hamsa – Oumma.com – 16/06/2010]

Mascarade. David Trimble, l’observateur étranger désigné lundi par Tel Aviv pour enquêter sur le crime israélien de neuf citoyens turcs, est en réalité un fervent partisan de l’État d’Israël. Enquête et révélations sur une personnalité sous influence.

Tel Aviv assiégé par l’opprobre du monde. Pour affronter la critique internationale, c’est à l’unanimité que le gouvernement israélien a approuvé avant-hier la nomination des membres de la commission d’enquête chargée d’examiner le déroulement de l’assaut meurtrier, commis par l’armée, contre un convoi humanitaire à destination de Gaza. But officiel de l’opération : élucider les circonstances du raid militaire afin de démontrer sa conformité au regard du droit international. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, se dit d’ores et déjà « convaincu que l’enquête prouvera qu’Israël a agi en respectant la loi ». Et peu importe le scepticisme affiché par la Turquie, État plaintif dans l’affaire, quant à la crédibilité de la commission nationale : l’ouverture d’une enquête était surtout destinée, selon le chef du gouvernement, à apporter une « réponse convaincante aux États responsables de la communauté internationale ». Aux yeux du Premier ministre , les nombreux détracteurs, à travers la planète, de ce simulacre d’investigation n‘ont aucune importance. Le secrétaire général de l’ONU aura beau se déclarer favorable à une véritable commission d’enquête, internationale et indépendante, Tel Aviv continuera de faire la sourde oreille. D’autant que Washington, Londres et Paris viennent de saluer ce qui est présenté comme une avancée, faisant fi de l’avis du Conseil de Sécurité qui avait pourtant formulé le même vœu que Ban Ki-Moon.

Outre le caractère national du comité chargé de l’enquête, d’autres aberrations ne manquent pas : ainsi, à l’exception du chef d’état-major, les militaires ayant directement participé à l’attaque ne pourront pas être interrogés et le rapport final devra être transmis au gouvernement avant sa publication. Qui sont les membres de cette commission déjà discréditée en raison de sa dépendance à l’égard du gouvernement ? Cinq hommes triés sur le volet : le président, Jacob Terkel, ancien juge à la Cour Suprême et sympathisant de la droite dure israélienne ; Shabtaï Rosen, professeur émérite de droit international qui a participé à l’organisation constitutionnelle de l’État d’Israël ; le général Amos Horev, figure héroïque de l’armée ; et deux observateurs étrangers, aux compétences réduites :le Canadien Ken Watkin, juriste militaire, et le Britannique David Trimble, prix Nobel de la Paix pour son action dans le règlement du conflit en Irlande du Nord.

Au casting de Tony Blair

La participation de ce membre, présenté par les autorités israéliennes comme impartial et indépendant, reflète à elle seule la farce que constitue cette commission d’enquête.

David Trimble, 65 ans, est d’abord une figure irlandaise historique, et controversée,au sein du Royaume-Uni. Ancien militant extrémiste de la mouvance protestante unioniste, alors violemment hostile aux catholiques indépendantistes de l’IRA, l’homme s’est peu à peu assagi avec le temps, au point d’avoir convaincu le parti qu’il dirigeait, l’UUP, à conclure un accord de paix avec la partie adverse, sous la houlette de l’ancien sénateur américain George Mitchell.

C’est cette victoire qui contribua à lui faire remettre, conjointement avec son co-signataire John Hume, le prix Nobel en 1998. Huit ans plus tard, il deviendra pair du Royaume-Uni, avec le titre de baron, avant de rejoindre par la suite le Parti conservateur. Un ralliement qui n’a pas porté ses fruits puisque David Trimble n’a décroché, contre toute attente, aucun poste ministériel à la suite de la victoire, aux dernières élections législatives, de David Cameron. Une déception qui n’aura duré que quelques semaines jusqu’à sa désignation officielle, ce lundi, par le gouvernement israélien, pour rejoindre la commission. La nomination du conservateur serait, selon le quotidien britannique The Guardian, la conséquence d’un lobbying exercé par Tony Blair, l’émissaire du Quartette (Europe, Usa, Russie, ONU) pour le Proche-Orient. L’ancien Premier ministre aurait soufflé son nom à Benjamin Netanyahu.

Une recommandation qui n’a pas dû être difficile à suivre : David Trimble est un ami de longue date de l’État d’Israël. Son dernier geste d’affection remonte au 31 mai : le jour même du crime de neuf Turcs par l’armée israélienne, le futur enquêteur-observateur était à Paris pour inaugurer l’association « L’initiative des amis d’Israël », organisation dont le but est de lutter contre la « délégitimation de l’État d’Israël ». Critère pour faire partie de ce club qui se targue d’être composé de non-Juifs tel l‘ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar : « être convaincu qu’ Israël fait partie intégrante de l’Occident et de son avenir » et s’inquiéter de « l’islamisme radical et d’un Iran nucléaire qui constituent des menaces affectant le monde entier ». (suite…)


[Le Canard Enchaîné – 16/06/2010]

Un magistrat du tribunal de Créteil, Xavier Lameyre, a été convoqué, le 11 juin, par son président pour se voir signifier qu’il était débarqué du poste de juge des libertés et de la détention. Ce courageux président, Henri-Charles Egret, se couche ainsi devant le parquet et, surtout. devant la police, appuyée par de complaisantes gazettes qui menaient depuis quelques mois une intense campagne contre ce juge.

Voir la hiérarchie judiciaire devancer les souhaits du pouvoir, ou céder aux cris de la foule, est un spectacle aussi désolant qu’ordinaire. Il est plus rare, en revanche, d’en entendre le candide aveu.

Le juge Lameyre a été viré, selon les propres termes du président Egret, non pas en raison de ses actes, sur lesquels il n’a « pas d’appréciation à porter », mais à la suite des critiques portées par la police et de « leur écho médiatique ».

Que reproche donc l’ « écho médiatique» à ce magistrat? D’avoir pris au sérieux l’article 137 du Code de procédure pénale, qui dit qu’une personne mise en examen est toujours présumée innocente, et qu’elle ne peut être placée en détention provisoire qu’« à titre exceptionnel ». Il s’est imaginé, le malheureux, qu’il était aussi juge des libertés et pas seulement de la détention. Ce qui lui a valu, chez les poulets, le charmant sobriquet de « Liberator ».

Voilà deux semaines encore, il refusait d’incarcérer quatre trafiquants, la plupart drogués jusqu’aux yeux, alors que la police avait laissé filer, à la suite d’on ne sait quel accord secret, un cinquième homme soupçonné, lui, d’être une tête du réseau.

Xavier Lameyre aurait mieux fait de se livrer à quelque cambriolage. Dans la magistrature, cela peut valoir une flatteuse promotion. La preuve? Il y a quelques semaines, deux magistrates, qui sont aussi deux inséparables soeurs, Marie-Dominique et Marie-Aleth Trapet, l’une et l’autre religieuses et H. docteurs en droit canon, ont dû quitter discrètement le ministère de la Justice, place Vendôme, où elles étaient en poste à la Direction des services judiciaires. L’une à la communication, l’autre au bureau du statut et de la déontologie.

Une ronde de gendarmerie a surpris l’une de ces pieuses personnes occupée à farfouiller dans les tiroirs d’un conseiller de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Justice. Que cherchait-elle? L’enquête ne le dira pas, puisqu’il n’y a pas d’enquête. Les soeurs ont été gentiment exfiltrées, sans la moindre procédure disciplinaire.

La première a été nommée vice-présidente à Dijon, la seconde conseiller à la cour d’appel de Paris. Des promotions dont le petit juge de Créteil se serait bien accommodé. Que diable, comme diraient les soeurs Trapet, il n’avait qu’à cambrioler, au lieu d’appliquer bêtement la loi …


Voilà ce qui vous attend… après s’être gavés d’argent publics, les grand groupes pharmaceutiques ne font pas dans le détail: si on peut plus piller les malades, alors on les laisse crever…

Va pas te faire soigner chez les Grecs
[Le Canard Enchaîné – 16/06/2010]
« Nous sommes obligés d’arrêter la vente de nos médicaments modernes en Grèce », a reconnu, peiné, un des patrons de Novo Nordisk, un gros labo danois. «Obligés », c’est le mot. Le gouvernement grec, pressé de faire des économies, ayant décidé de baisser de 25 % le prix des médicaments, il fallait faire un exemple. Imaginez que ça fasse jurisprudence en Europe et que d’autres se permettent de taquiner les marges des labos. Les Grecs seront donc privés des 17 médicaments antidiabétiques les plus récents. Les insulines les plus modernes, ils s’en passeront. De toute façon, avec le plan de rigueur imposé par le FMI, ils ne sont plus à ça près. Et quand on a la chance d’avoir si près de chez soi tous les ingrédients pour un petit régime crétois, grand éradiqueur de cholestérol, il n’y a pas de quoi en faire une maladie!


Pendant ce temps là, nos amis faux-culs de RSF hurlent contre le « dictateur » Chavez qui a osé porter plainte contre un journal qui appelait l’armée à faire un coup d’état contre lui… par contre, la mainmise totale de Sarkozy sur les grands médias français, l’asservissement de la presse à ses intérêts électoralistes, cela ne dérange aucun de nos grands « postilloneurs professionnels »…

[Jean-Luc Porquet – Le Canard Enchaîné – 16/06/2010]

Dans une démocratie irréprochable, jamais un président n’aurait osé faire ça. Et s’il l’avait fait, de toute part auraient jailli des cris indignés. Un président n’a pas à se mêler des affaires de presse. Il n’a pas à appeler au téléphone le directeur du quotidien dit « de référence », puis à le convoquer à l’ Elysée, pour le menacer sous prétexte de sauver son journal. C’est pourtant la fine manoeuvre à laquelle vient de se livrer Sarkozy avec «Le Monde ».

Ce journal existe depuis 1944. Il a longtemps été, et il l’est encore en partie, l’honneur de la presse française: il est – « Le Canard » mis à part -le seul dont la rédaction ait voix au chapitre. Par l’intermédiaire de la Société des rédacteurs associée aux sociétés de personnels, ses journalistes possèdent la minorité de blocage. Ils disposent d’un droit de regard sur la gestion de l’entreprise. Et d’un droit de veto sur le choix du directeur.

Mais « Le Monde» est aujourd’hui au bord du dépôt de bilan. On n’entrera pas ici dans les détails, on ne racontera pas la gestion calamiteuse qui, depuis vingt-cinq ans, ra mené au bord du gouffre, les crises à répétition, la dette qui gonfle, etc. Il suffit de savoir qu’il a perdu 2 millions d’euros par mois en 2009, qu’il a besoin de 10 millions d’euros immédiatement sous peine de cessation de paiement dès juillet. Et qu’il est couvert de dettes, 69rnillions d’ORA (obligations remboursables en actions) et 25 millions empruntés à la BNP. Du coup, il est à vendre, et vite.

Quatre acheteurs s’étaient mis sur les rangs: l’Italien Benedetti, qui édite« L’Espresso », s’est retiré, L’Espagnol Prisa, qui édite le quotidien de gauche « El Pais », se tâterait encore. Restent, pour l’instant, d’un côté Claude Perdriel avec son groupe « Le Nouvel Observateur»; de l’autre l’homme d’affaires Pierre Sergé, associé avec le banquier Matthieu Pigasse et Xavier Niel, le fondateur de Free. Mais voilà que mercredi 9 juin, en pleine discussion, surgit à la surprise générale un troisième larron, l’opérateur Orange, dont l’Etat est le premier actionnaire et que dirige aujourd’hui Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, un obligé de Sarkozy,

Et comme c’est bizarre, le jour même, le même Sarkozy convoque à l’Elysée Eric Fottorino, le directeur du «Monde ». Dix jours auparavant. il lui avait déjà passé un coup de fil pour lui expliquer que le trio Bergé-Pigasse-Niel, il n’en veut absolument pas. Ce dernier n’at- il pas le toupet de financer deux sites Intemet antisarkozystes. Mediapart et Bakchich? Comme Xavier Niel a commencé à faire fortune avec le Minitel rose, le très délicat Sarkoly en parle à Fottorino comme de « homme du peep-show ». C’est Bigard qui doit se marrer.

Ce mercredi-là, à l’Elysée, Sarkozy revient à la charge, déconseillant à Fottorino de vendre « Le Monde» à ce « drôle d’attelage ». Et de se livrer carrément à un chantage: si ce trio l’ emportait, alors l’Etat renoncerait à apparier, via la Caisse des dépôts et consignations, les 20 millions d’euros qu’il s’apprête à lâcher pour participer au sauvetage de l’imprimerie du « Monde» en pleine débâcle. Ça, c’est du brutal. Ça, c’est de « l’Etat irréprochable » : celui que nous a promis Sarkozy.

Dans cet Etat-là, on ne peut rien reprocher au Président. Il se croit tout permis. Il se permet tout. Personne ou presque ne moufte: silence ébouriffant des partis, des philosophes autoproclamés, des postillonneurs professionnels, des lanceurs de grands débats bidons. Sarkozy a déjà à sa botte les directions de TF1, du « Figaro », d’Europe 1, du « JDD », etc. Il a aidé à imposer le milliardaire Bernard Arnault à la tête des « Echos ». Il a fait en sorte, par l’entremise de son fidèle Guéant, que le moribond « France-Soir» atterrisse dans les mains d’un opaque oligarque russe. Il a nommé à la tête de Radio France deux joyeux zigues ennemis des humoristes qui ne rigolent pas dans le sens du poil. Il va bientôt désigner le patron de France Télévisions. Complétez la liste (avec « Le Parisien », peut-être ?) …

Bref, ça se voit comme le nez au milieu de la figure: Sarkozy prépare à sa manière le terrain pour sa réélection de 2012.

Pour lui, un bon média est un média aux ordres. Qu’en démocratie la presse soit un contre-pouvoir: impensable! Qu’une rédaction soit indépendante: intolérable ! Que les journalistes du « Monde », qui ont eu le toupet d’évincer en 2007 son bon ami Alain Minc, alors président du conseil de surveillance, décident aujourd’hui de choisir à qui ils vont confier leur journal: bolchevik!

Et pourtant, ceux-ci le savent, c’est la dernière fois qu’ils peuvent encore exercer cc pouvoir, puisqu’une fois le journal vendu la minorité de blocage leur échappera (ils ne seront plus actionnaires majoritaires).

Si Sarkozy voulait se les mettre à dos et les pousser à choisir le trio Bergé-Pigasse-Niel, il n’aurait pas agi autrement. S’il veut, en intervenant sur la désignation du repreneur du « Monde », réussir le même coup qu’avec France Inter, où désormais toutes les décisions de Val et Hees apparaissent comme téléguidées par le pouvoir, c’est bien parti. Et s’il rêve d’une rédaction aux ordres, il risque d’être déçu. Car si les entreprises de presse sont fragiles et tombent souvent sous le coup des puissances d’argent (ou du pouvoir politique), nombre de journalistes, eux, ont ceci de curieux : la liberté d’expression, ils n’y sont pas complètement indifférents …


Le boycott contre Israël s’étend jusqu’au domaine culturel
[Jean-François Larosière – Président de l’AFPS Nord-Pas de Calais]

L’éditorial du « Monde » daté du 10 juin, est ainsi titré :  « ne boycottons pas les artistes israéliens ». Cette prise de position d’un quotidien qui reste une référence pour beaucoup, en France et à l’étranger, mérite certes qu’elle soit connue, mais il est impératif que ceux qui se réclament de boycott/désinvestissement/sanctions puissent se faire entendre aussi sur la question du boycott culturel.

On notant que le réseau Utopia, en cause dans cet éditorial, qui après avoir envisagé de ne pas diffuser le film israélien « A cinq heures de Paris », le programme de façon retardée, a été victime d’attaques odieuses d’amis d’Israël il y a quelques mois pour son soutien à la résistance palestinienne.

Ce que le quotidien du soir vise ce sont les actions de boycott avec annulations de tournées d’ « artistes divers ». Un vrai mouvement s’amorce d’isolement de l’Etat israélien dans le domaine artistique. Effectivement cela va bien au delà de la programmation d’un film et c’est ce qui amène « Le Monde »  à indiquer que ce « n’est pas acceptable ». Et le quotidien de mettre en avant « des voix et des regards israéliens qui sont parmi les plus intransigeants sur leurs gouvernements » et qui seraient  fragilisées par le « boycottage ».

Ce qui a d’abord fragilisé ces voix, c’est leur silence durant les guerre menées depuis 2006 tant contre le peuple libanais que contre le peuple palestinien, par les gouvernements israéliens. Si elles veulent se faire entendre elles le peuvent. Elles peuvent même rejoindre le mouvement en cours des Palestiniens de l’intérieur qui développent les actions de boycott/désinvestissement/sanctions.

Ce mouvement de boycott n’est pas apparu « début 2009 », il résulte d’un appel de 172 organisations de la société civile palestinienne de 2005. Il est vrai que le massacre de Gaza de l’an dernier lui donne une particulière vigueur partout dans le monde comme dans notre pays. Le congrès national de l’AFPS à Saint Denis en mai 2009 se réclame d’un boycott politique, économique, sportif et culturel. Cela avait été le cas pour l’Afrique du Sud de l’apartheid. C’est ainsi que l’AFPS Nord-Pas de Calais a indiqué l’an dernier que la troupe de cirque israélienne « no problem », qui ne se dissociait pas de la politique de son gouvernement n’avait pas à jouer dans le métropole.

Israël doit être isolé à la hauteur de ses crimes. L’on notera que le domaine culturel est un des instruments de la contre offensive depuis l’été 2009 qu’il mène afin de rompre son isolement. Il se trouve des régions, ou des villes, qui se prêtent à la manœuvre : ainsi la région Centre, ainsi Paris et son festival Tel Aviv,  et l’on a noté la présence de représentants de la municipalité de Lille lors de la réunion en octobre à Paris des villes jumelées avec les villes israéliennes. La culture est ici l’instrument d’une politique d’occupation de la Palestine. Et cela dépasse, et de loin, le cas de tel ou tel artiste

Le soutien au peuple palestinien, comme à l’application de ses droits nationaux passe aussi et nécessairement  par le boycott culturel.


C’est toujours amusant de faire des comparaisons de réactions et de souligner les contradictions des défenseurs de la démocratie occidentale :  les bien-pensants comme Paranagua ou Fourest qui hurlent à la dictature chez Chavez mais ferment les yeux sur les massacres en Colombie ou légitiment le coup d’état et les escadrons de la mort au Honduras.

On voit bien à quel point ce qu’on appelle « l’opinion » n’est rien d’autre que l’expression de manipulations médiatiques aux services des multinationales et des intérêts géostratégiques de l’impérialisme.

Au Honduras, comment blanchir un coup d’Etat

[Anne Vigna – Le Monde Diplomatique – 12/06/2010]

Tenues en dehors du cadre constitutionnel par les autorités issues du coup d’Etat du 28 juin 2009 contre le président Manuel Zelaya, les élections du 29 novembre ont porté au pouvoir le candidat du Parti national, M. Porfirio Lobo. Dès le lendemain, ignorant la violence de la répression déchaînée contre l’opposition, les Etats-Unis se sont empressés de reconnaître la validité du scrutin.

Les policiers ramassent les croix noires, abandonnées au sol, dans la panique, par les manifestants. Chacune porte le nom d’une personne tuée pendant les rassemblements organisés contre le coup d’Etat (golpe) qui, le 28 juin 2009, a renversé le président Manuel Zelaya. Quelques minutes auparavant, en ce 29 novembre, jour de l’élection présidentielle, la foule avançait pacifiquement jusqu’au centre de San Pedro Sula, deuxième ville du pays. La présence de la presse internationale n’a en rien empêché la dispersion violente de la manifestation. Les policiers ont arrêté quarante-six personnes, frappé tous ceux qui tombaient à portée de leurs matraques et détruit les croix, devenues le symbole du Front de résistance contre le coup d’Etat (FRCG).

La scène n’avait rien d’inédit. A la veille de l’élection, le bilan de la répression s’élevait à trente morts, quatre mille deux cents arrestations et un nombre incalculable de blessés. Depuis, une trentaine de militants du FRCG auraient été tués dans le cadre d’une « vague de terreur planifiée », d’après le Comité pour la défense des droits humains au Honduras (Codeh) (1). A cela s’ajoutent les nombreux témoignages de femmes violées, de responsables constamment menacés de mort et d’une population terrorisée par la violence militaire. La répression a eu raison des grandes manifestations qui ont paralysé le pays pendant cinq mois. « Pour l’instant, il n’est plus nécessaire de nous exprimer dans la rue car c’est très dangereux, explique M. Rafael Alegría, représentant de Via Campesina au Honduras. Nous sommes entrés dans une nouvelle étape de la lutte. »

Cette nouvelle étape a commencé avec l’élection présidentielle, censée mettre un terme à la crise politique. Ce scrutin, remporté avec 56 % des suffrages par M. Porfirio Lobo, du Parti national, a été organisé par les autorités illégitimes, sans le rétablissement préalable du président Zelaya, comme le prévoyait l’accord Tegucigalpa – San José signé le 30 octobre, sous les auspices de M. Thomas Shannon, sous-secrétaire d’Etat américain pour l’hémisphère occidental (l’Amérique latine).

La campagne électorale s’est déroulée alors que, depuis octobre, deux décrets interdisaient aux citoyens « de participer à une réunion publique » et aux médias « d’inciter à l’anarchie sociale ». En l’absence de retour à l’ordre constitutionnel, le FRCG a appelé au boycottage du scrutin et à un « couvre-feu populaire » plutôt qu’à une démonstration de force. « Nous avons opté pour la raison. Manifester avec trente mille hommes armés qui patrouillaient ce jour-là aurait été une folie », estime M. Juan Barahona, un des coordinateurs du FRCG. (suite…)


Code barre des produits israéliens - NE PAS LES ACHETER

Code barre des produits israéliens - NE PAS LES ACHETER

Ce n’est pas très compliqué…

– Dans votre magasin et supermarché, profitez des « fiches de retour clientèle » qui sont à votre disposition pour rappeler, à chacun de vos passages, à la direction, que vous cesserez de faire vos courses chez eux s’ils continuent à vendre des produits israéliens.

– Dans les rayons, regardez l’origine des produits et si vous trouvez des produits israéliens, amenez-en un au comptoir d’information et dites à la personne que vous cesserez de faire vos courses chez eux s’ils continuent à vendre des produits israéliens.

– Regardez les codes-barre, s’ils commencent par 7, alors ne les achetez pas et signalez-les à la direction du magasin

– Eduquez vos co-consommateurs. Dans mon ED et LIDL du coin, il y avait une promo sur les pamplemousses israéliens. Une petite affiche collée sur la vitrine et quelques remarques à la clientèle qui s’arrêtait devant l’étalage, et les pamplemousses ont majoritairement pourri. A noter que le personnel de ces magasins est très généralement sympathisant vis à vis de ce genre d’initiatives, mais n’osera pas le dire en public.

– Si vous êtes sur de ne pas vous faire coincer, un petit auto-collant « Ce produit provient des colonies illégales d’Israël » ou bien « En achetant ce produit vous soutenez la politique illégale d’Israel » en dissuade plus d’un… mais attention aux vigiles…

– Rejoignez une organisation locale de soutien au peuple Palestinien et organisez des actions ciblées (tractage devant Carrefour / Leclerc / Auchan et autres soutiens à la politique israélienne…)


Commentaire de Dov Lerner : Pour comprendre la folie dans laquelle s’est enfoncée mon pays, mes concitoyens israéliens, mes amis « démocrates » américains, il faut lire les commentaires sur les forums qui ont suivi la mort de Rachel Corrie. Cela va de moqueries inhumaines (« une blonde qui se fout devant un bulldozer et qui s’étonne d’être écrasée ») aux commentaires immondes (« elle était partie là bas pour se faire limer par les Arabes ») jusqu’aux cris de joie (« une saloperie de terroriste de moins », « une juive qui défend les Arabes, elle a perdu son droit à la vie » etc. etc.).

Israël, quand je te regarde aujourd’hui, j’ai envie de vomir, quand j’entends mes étudiants parler, j’ai envie de hurler, quand je songe au rève de mes grands-parents BUNDistes, j’ai envie de pleurer…

[Vivre sans OGM – 11/06/2010]

Rachel Corrie (10 avril 1979 – 16 mars 2003) était une militante américaine juive, membre du mouvement non-violent international de solidarité (ISM), qui a voyagé en tant que militante dans la bande de Gaza, pendant l’Intifada d’Al-Aqsa.
Étudiante universitaire de 23 ans à Olympia, dans l’État de Washington, Rachel Corrie part pour les territoires occupés et Israël. Elle pénètre dans une zone controlée par l’armée israélienne et elle sera écrasée le 16 mars 2003 par un bulldozer Caterpillar D9 de l’armée israélienne à Rafah, bande de Gaza alors qu’elle essayait, avec d’autres militants de son organisation, d’arrêter pacifiquement la démolition de la maison d’un médecin palestinien.

Selon l’armée israélienne la démolition avait pour but de trouver d’éventuels tunnels servant au transport d’armes provenant d’Égypte.

Les circonstances de la mort de Corrie sont contestées. Des activistes d’ISM présents sur les lieux lors des faits, affirment que le conducteur du bulldozer, un soldat de Tsahal, aurait délibérément tué Rachel en l’écrasant deux fois avec son bulldozer. La version de l’armée israélienne est sensiblement différente. Selon son porte-parole, le conducteur de l’engin ne l’aurait pas vue, car selon lui, elle était dans un  » angle mort « .
La BBC a produit un documentaire intitulé When killing is easy qui soutient la version selon laquelle Rachel Corrie aurait été tuée volontairement par l’armée israélienne.

Rachel : Ce qui lui est arrivé est une tragédie et un meurtre.

[Dreg Sha  – Gaza – 17-03-2003]
Ce mail a été envoyé par un américain de l’Illinois, membre de l’International Solidarity Movement. Dreg Sha (nom qu’il s’était choisi lorsqu’il était à Gaza), était présent lorsque Rachel Corrie, a été écrasée par un bulldozer israélien à Rafah dans la Bande de Gaza.

Bonjour,
Je pense que vous avez probablement tous entendu parler de la mort de Rachel Corrie.
Rachel était une personne remarquable. Elle était intelligente, créative, un peu artiste. Elle avait un excellent sens de l’humour, elle aimait la vie et était incroyablement belle, physiquement et intérieurement.
Lors de ce mois que j’ai passé ici à Rafah, j’ai personnellement développé une amitié très forte avec elle.
Ce qui lui est arrivé est une tragédie et un meurtre.
Ce fut un gâchis humain injustifié et tragique.

Evidemment, ce que Rachel, les autres internationaux et moi faisons ici est incroyablement risqué. J’ai rarement passé une journée ici sans craindre d’être touché par une balle perdue parce que les Forces de Défense Israélienne tire régulièrement au hasard dans toute la ville.  Mais je n’aurais jamais pensé que l’un d’entre nous se ferait tuer par l’un de ces bulldozers lents et lourds.

Rachel se tenait devant la maison d’une famille avec laquelle elle avait des liens étroits. Elle y avait dormi plusieurs nuits et ces trois mois, différents américains ou européens y restaient chaque nuit.
Rachel était nettement visible pour le conducteur du bulldozer. Il n’y a aucune possibilité pour qu’il ne l’ait pas vue. Elle portait une veste orange fluo. Nous étions huit au total sur les lieux, quatre américains et quatre britanniques.

Il y avait deux bulldozers et un tank.
Notre groupe s’était déployé parce que les bulldozers attaquaient une grande surface qui comprenait trois maisons toujours occupées par des familles.
Rachel se tenait là, seule, parce qu’elle s’était occupée de cette famille et parce qu’elle pensait avoir raison.
Les destructions de ces maisons par les bulldozers étaient et sont illégales.

Alors qu’il s’approchait de plus en plus de Rachel, le bulldozer a commencé à pousser la terre sous ses pieds. Elle avançait péniblement pour rester sur le dessus du monticule qui grossissait rapidement. A un moment elle s’est retrouvée assez haut, presque sur la pelle.
Assez près pour que le conducteur la regarde dans les yeux.

Elle a alors commencé à s’enfoncer, avalée dans le monticule de terre sous la pelle du bulldozer.
Il ne s’est pas arrêté ou n’a même pas ralenti. Il a continué à avancer, sa pelle au niveau du sol, jusqu’à ce qu’il lui passe entièrement dessus.

Alors il s’est mis en marche arrière, la pelle toujours au niveau du sol, et lui est repassé dessus.
Pendant toute cette scène d’horreur, nous sept hurlions et criions « Arrêtez » tout en courant vers l’endroit.

Rachel gisait sur le sol, tordue de douleur et partiellement enterrée. Sa lèvre supérieure était lacérée et saignait abondamment.
Elle a dit une seule chose : « Je me suis cassé le dos ».
Après ça elle ne pouvait plus dire son nom ni même parler. Nous l’avons soutenue et lui avons dit de se détendre.
Je lui ai demandé de serrer ma main, et elle l’a fait, montrant qu’elle pouvait nous entendre.
Je lui ai demandé de respirer avec moi et elle l’a fait : inspire, expire, inspire, expire.
Nous lui avons tous dit que nous l’aimions.
Mais on pouvait voir que son état se détériorerait rapidement. Des signes indiquant une hémorragie interne à la tête ont commencé à apparaître.
Environ un quart d’heure plus tard, des ambulanciers sont arrivés et l’ont emmenée à l’hôpital.
Certains diront et disent déjà que ce que nous faisons ici est excessivement dangereux et stupide.
Je suis d’accord.
Je ne voudrais rien de plus au monde que de revoir Rachel vivante.
Mais cela ne change rien au fait que Rachel ait été assassinée.
L’armée israélienne a commis un meurtre alors qu’elle commettait le crime de la démolition illégale de maisons.
Rachel, elle, n’avait commis aucun crime.
L’IDF a déjà commencé à transformer cette histoire, en disant que Rachel avait glissé devant le bulldozer, et que la résistance tirait considérablement sur les lieux, d’où leur comportement agressif. Tout ceci est faux. Il y a sept témoins oculaires internationaux et des photos pour confirmer la vérité.
Personnellement, je suis en état de choc et je souffre. J’ai appris beaucoup plus que je n’ai jamais voulu savoir sur ce que ressent un Palestinien.
La plupart de mes amis ici ont déclaré leur désir de rester, et que d’autres encore viennent nous rejoindre.
Moi, j’ai décidé de raconter l’histoire de Rachel.
Au-delà de ça, je compte quitter cet endroit bientôt (si je le peux), car je ne pense pas pouvoir en supporter beaucoup plus.
Tout cela à la veille de la « Guerre en Irak II », bientôt dans une machine à propagande près de chez vous. Love, Dreg

A présent, vous pouvez regarder le document Power Point  « Rachel Corrie », en mémoire de cette jeune femme juive, courageuse à en mourir…
En espérant aider la paix, contre l’absurdité de certains « humains » (toutes nationalités et races confondues)… A Rachel

http://vivresansogm.org/archivesartemisi/rachel-corrie.pps


Flottille de la liberté : le détail que Netanyahu ignorait

[Thierry Meyssan – Voltaire -06/06/2010]

(…) Alors que les agences de presse avaient évoqué 16 morts, le bilan réel serait de 9 tués, sous réserve que les blessés graves ne succombent pas ultérieurement de leurs blessures. Selon la télévision publique turque, les commandos israéliens avaient une liste de personnes à éliminer, mais la résistance des passagers ayant perturbé le plan, seul le poète Raed Salah a été atteint.

Il est probable qu’au moment de donner l’ordre de l’assaut, le gouvernement Netanyahu savait que le Mavi Marmara avait été enregistré aux Comores. Les commandos croyaient donc commettre des violences en territoire comorien.
Or, les organisateurs, politiquement soutenus par les autorités turques, avaient hissé le pavillon turc et non celui des Comores. En outre, ils avaient déployé un gigantesque drapeau turc sur le flanc du cargo. Selon la jurisprudence de la Cour permanente de Justice de La Haye [10], le bateau n’était donc pas territoire comorien, mais turc. Il avait d’ailleurs déjà changé de nationalité lorsqu’il avait rejoint le reste de la flottille et la République de Chypre lui avait refusé le mouillage à cause de cela.

Tous les débats sur l’échec du renseignement israélien ne portent que sur cela : comment le Mossad a-il pu ignorer le changement de nationalité du cargo ?
Toutes les déclarations gênées de chancelleries, à Washington, à Paris et ailleurs, demandant que les faits soient établis avant qu’elles ne se prononcent sur les conséquences juridiques, portent sur ce point jamais énoncé : au moment de l’assaut, le Mavi Marmara était-il territoire comorien ou turc ?

La réponse à la question est de la plus haute importance. En effet, la Turquie est membre de l’OTAN et l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord stipule :
« Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. »

Juste avant que ne se réunisse le Conseil atlantique, la Justice turque a procédé à un nouveau coup de filet pour arrêter des personnalités accusées d’avoir fomenté un complot contre le gouvernement constitutionnel. Parmi les suspects figure l’ancien ministre de la Justice, Seyfi Oktay. Ils auraient appartenu au réseau Ergenekon, version locale actuelle du Gladio… c’est-à-dire des services secrets de l’OTAN.

La symbolique de ces arrestations est renforcée par la campagne conduite depuis deux ans par les partisans de l’AKP dans les médias. A coup de fictions télévisées et de films de cinéma, ils ne cessent de vulgariser la manière dont les services secrets de l’OTAN organisèrent quatre coups d’Etat militaires successifs dans le pays. Ils ne cessent d’expliquer que les Anglo-Saxons jouent un double jeu, alliés de façade, ils ont alimenté les problèmes kurde, arménien et chypriote pour affaiblir le pays.

A l’issue d’une longue et pénible réunion à huis clos, le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a lu une déclaration d’une phrase : « J’exige la libération immédiate des civils ainsi que des navires retenus par Israël » [11].

Bien sûr, personne n’a jamais envisagé que l’OTAN contraindrait Israël par la force, mais c’est bien là que se trouve le moyen de pression : pour préserver l’Alliance, les Etats-Unis devaient résoudre le conflit à l’amiable.

24 heures exactement après la déclaration de M. Rasmussen, le porte parole de l’administration pénitenciaire israélienne annonçait avoir libéré tous les prisonniers étrangers (il conserve en détention ses propres ressortissants impliqués) et être en cours de les acheminer vers leur Etat d’origine ou un Etat d’accueil.

Ce rebondissement révèle un problème inattendu. L’Alliance atlantique, a été constituée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec les Etats ressortissant de leur zone d’influence post-Yalta. Ils en étaient les maîtres et les autres membres étaient soumis à leur commandement. Hormis la parenthèse gaullienne, aucun membre n’a osé remettre en cause ce fonctionnement. Or, la Turquie, signe de sa montée en puissance, vient d’utiliser le Traité de l’Atlantique Nord pour forcer la main aux Etats-Unis.

http://www.voltairenet.org/article165659.html