mars 2009



Algérie, Indochine, Vietnam, Irak… les guerres coloniales ne changent pas.

[Gregor Seither – IES News Service – 30/03/2009]

Au camp militaire « Rose Barracks » de la US Army, à Vilseck, se tient le tribunal militaire appelé à juger les auteurs d’un quadruple meurtre commis en Irak, à Bagdad, au printemps 2007.  Hier, la cour a entendu le témoignage du Sergeant chef Joseph P. MAYO, 27 ans, qui a raconté comment son unité avait raflé ces 4 hommes a proximité du lieu où un attentat avait tué deux soldats U.S.. Aucune preuve n’ayant pu être retenue contre ces quatre civils, la patrouille avait reçu l’ordre de les relacher.

C’est alors que le Sgt. chef Mayo et ses hommes ont pris les quatre hommes, qui avaient les mains menotées dans le dos et un bandeau sur les yeux, et leur ont tiré à chacun une balle dans l’arrière de la tête, avant de jeter les cadavres dans un canal d’irrigation. On avait au début attribué leur mort à résistance irakienne.  Mayo a reconnu le meurtre, affirmant ; « Je pensais que c’était dans le meilleur intérêt de mes hommes de tuer ces prisonniers, en envoyant un message aux terroristes, je pensais protéger mes soldats« .

Un autre inculpé dans la même affaire a témoigné de l’atmosphère « de frustration et de peur » qui régnait parmi les soldats. Selon lui, les soldats ne sont « pas entraînés de manière adéquate » pour affronter les conditions de terrain en Irak, où les auteurs des attaques qui visent les soldats U.S. sont rarement identifiés. Il a affirmé que ce type de « vengeance » était courant chez les soldats U.S., les enquêtes sur les morts civiles n’aboutissant que rarement. « Si on lâche une rafale sur un groupe de gens, sans témoins, ou bien qu’on fait disparaître un prisonnier avant de rentrer au camp, personne ne va aller voir ce qui s’est vraiment passé ».

Sept militaires américains sont jugés dans cette affaire de meutre. Si le sergent-chef Mayo a été condamné à 35 ans de prison, son adjoint, le sergent Michael P. Leahy, médecin, a lui été condamné en février à la prison à perpétuité. 5 autres militaires sont en cours de jugement, l’un deux, le sergent-chef John E. Hatley est impliqué dans un autre « incident ». Un autre militaire, jugé dans le Kentucky, risque d’être condamné à mort pour ce quadruple meurtre.


[Message de Patrice Hénin – 31/03/2009]

Je suis convoqué pour un blog considéré comme diffamatoire et déjà interdit, demain 1er avril, à la PJ, 122-126 rue du Chateau des Rentiers 75013. A 15h.

C’est d’ailleurs le même jour et même endroit que Rue89 est convoqué aussi pour sa vidéo off :
http://patricehenin.over-blog.com/article-21292690.html

ma convocation :
http://patricehenin.over-blog.com/article-29470639.html

résumé de cette affaire kafkaïenne :
http://patricehenin.over-blog.com/article-20701426.html

(Note de L&I : comme par principe nous n’aimons pas les interdictions de sites Web pour délit d’opinion – nous avons fait nous aussi une copie de l’article « interdit » ci-dessus. Si jamais le lien ne répondait plus, n’hésitez pas à nous le demander…)

C’est l’histoire d’un ex-PDG de Bouygues Immobilier, qui a le pouvoir d’ordonner aux flics d’écrire des faux, à la justice de bien vouloir condamner son vieux frère à être interné en psy.

Vous conseillez de ne pas rester isolé, j’y vais seul malgré les mises en garde de personnes qui pensent que je serai arrêté pour trouble à l’ordre public qu’ils inventeront (article L-3213-2)

Pour ceux qui s’ennuient demain…

Ave, Caesar, morituri te salutant !


Ca peut aussi servir pour plus tard… Ce document existe également sous forme de livret et de fichier PDF ( http://www.autonome-antifa.org/IMG/pdf/2009-anti-nato-guide-juridique-fr.pdf) à télécharger

GUIDE JURIDIQUE

Que faire en cas d’arrestations ? Garde ton sang-froid et réfléchis ! N’oublie pas que l’arbitraire est la seule ligne de conduite pour les flics et la justice …

Le peu de liberté d’expression, de droit de manifestation et de rassemblement accordé par l’État capitaliste est constamment restreint par des nouvelles lois. Des tentatives d’intimidation et des stratégies de criminalisation n’auront aucun succès si on arrive collectivement à éviter tout isolement des personnes. Dans une situation critique, la première règle est la confiance en tes camarades qui s’occupent de toi si tu es dans la merde comme tu le ferais pour eux !

ABC DE MANIF

Il y a bien sûr d’énormes différences entre une manif et une manif. On se dit souvent, pour se rassurer, que rien ne va se passer et on a raison. On doit quand même respecter certains conseils lors d’une manif, même tranquille, car elle peut toujours faire l’objet d’une répression policière.

Habille-toi de manière appropriée : des vêtements pas trop amples (car trop facile à attraper) avec des chaussures confortables et dans avec lesquelles tu peux courir. Sois en mesure de cacher ton visage avec un foulard ou autre (ce n’est pas formellement interdit en France) tout au long de la manif ou lors de situations qui pourraient donner lieu à des inculpations (bombages, collages ou autres…). Soit aussi en mesure de changer de vêtements ou d’apparence rapidement, surtout si tes vêtements portent des traces d’actions criminalisables (traces de peintures par exemple) : les dispersions de manifs peuvent ensuite donner lieu à des chasses au faciès ou sur simple description vestimentaire, et à des arrestations quelques heures après ou dans les rues adjacentes.

Prends ta carte d’identité ou un document qui comporte ton nom et une photo d’identité (permis de conduire, passeport, etc). Si tu es européen : ta carte d’identité. Si tu es non-européen, tu dois toujours avoir sur toi le titre ou les documents autorisant à circuler ou à séjourner en France (une carte de séjour, un passeport avec un visa datant de moins de 3 mois, un récépissé de demande de titre de séjour ou encore une convocation à la préfecture etc…) : la police peut à tout moment, contrôler la régularité de leur séjour en France des étrangers.

Ecris-toi sur le bras le numéro de la Legal Team.

Prends aussi : Une carte téléphonique et de l’argent liquide (ça peut toujours aider), Un stylo et du papier sur lequel tu peux noter des détails importants (utiles à la Legal Team). N’oublie pas tous les médicaments que tu dois prendre régulièrement.

Evite de prendre des produits (alcool, drogues…) qui modifient le comportement : Atténuation de ton sens du repérage dans l’espace (souvent utile en cas de précipitation !), Dilatation des vaisseaux ce qui peut entrainer des complications en cas de plaie. En cas d’arrestation, les avoir consommé ou les détenir sont des facteurs aggravants qui peuvent alourdir la peine au tribunal (ex : du sursis au ferme). Tu dois garder ton sang froid et être capable de prendre des décisions à tout moment.

Ne prends pas de couteau ou tout ce qui peut passer pour une « arme par destination » (ce qui aggrave également ton cas lors d’une arrestation car c’est une infraction : « port d’arme prohibé »). Gaz lacrymogène : préfère des lunettes à des verres de contacts . Ne prend pas ton portable ou supprime toutes les informations stockées et enlève la carte SIM quand tu ne téléphones pas. Bref, laisse tes notes chez toi, surtout tes carnets d’adresses : Merci pour tes camarades !

Ne donne pas d’autocollants de ton orga aux inconnus. Cependant, les flics n’ont pas le droit de te demander de retirer un autocollant collé sur toi, idem pour un drapeau ou une banderole car c’est une atteinte à la liberté d’expression.

Saches que les photos et les caméras, autant que le relevé de traces ADN sur les lieux de l’action (pour les cas de détérioration), peuvent servir de preuves contre toi ou contres les autres.

Avant de partir en manif : Laisse à quelqu’un ton nom, prénom, ta date de naissance et ta nationalité avant de partir, et crie à quelqu’un en cas de problème pendant la manif.

Si possible, ne vas jamais seul à une manif : Ce n’est pas seulement plus amusant d’y aller avec des camarades auxquels tu fais confiance, c’est aussi plus sûr. Dans le meilleur des cas, vous y allez ensemble, pendant la manif essayez de rester ensemble et vous la quittez ensemble. C’est aussi judicieux de discuter et d’envisager ensemble des différentes réactions à avoir dans différentes situations, d’écouter les peurs et les craintes de chacun.

Apprend à reconnaître les différents types de flics, en uniforme ou non : (suite…)


En direct de la « Zone Autonome » du Neuhof, on peut vous certifier que pour l’instant il n’y a aucune trace de l’aréopage de barbares rouges et noirs appelés par Cornevin (vous vous souvenez, celui qui avait fabriqué la menace ultragauche lors de l’affaire de Tarnac, créateur de la légendaire ‘épicerie tapie dans l’ombre’) pour faire peur au bourgeois.

Tout l’attirail est là, il ne manque que Action Directe ou la RAF, ou encore Ben Laden… on résuscite même les « black blocks », création policière à Gènes et Rostock. 90% des soi-disant Black-Block dans les cortèges compacts à Rostock ont été identifiés comme étant en fait des ‘V-Mann’ – flics infiltrés. Et quand on analyse les vidéos, on voit que ce sont généralement les flics infiltrés qui sont les premiers à lancer des projectiles et guider le mouvement…

Intéressant par contre la partie sur la « guerre des images » à laquelle va se livrer le Ministère de l’Intérieur. C’est vrai qu’aux Etats-unis les « dashboard cams » dans les voitures de police ont permis de faire la lumière sur pas mal de dérapages policiers. Mais dans le cas présent, cela permettra surtout d’alimenter les médias en images de vilains casseurs « de la mouvance anarcho-autonome »…

Vous noterez d’ailleurs que la boucle est enfin bouclée chez Alliot-Marie et que les manifestants sont désormais des « adversaires » qui ont pris les armes « contre l’autorité de l’Etat ». Face à cette menace contre l’ordre et la propriété privée, il importe de défendre « la légitimité » de la répression. La France est toujours en 1870, on n’en sort pas… quand la crise hante le pays, le Parti de l’Ordre nous ressort toujours l’anarchiste au couteau entre les dents…

[Christophe Cornevin – le fabricant d’épouvantails – Le Figaro – 30/04/2009]

Cinq à six mille «casseurs» attendus

«Tout le monde est concentré sur le sommet, dont la vitrine médiatique risque d’aimanter des manifestants violents venus de l’Europe entière», confie-t-on au ministère de l’Intérieur. Les manifestants allemands et français pourraient voir leurs divisions décuplées par l’arrivage de militants des PCEr-Grapo espagnols, de la lutte révolutionnaire (EA) grecque, de la Federazione dei comunisti anarchici d’Italie, de Zabalaza Anarchist Communist Front d‘Afrique du Sud, de l’Union communiste libertaire du Canada ou encore du North-Eastern Federation of Anarchist Communists des États-Unis. Parmi eux, 5 000 à 6 000 «casseurs» devraient converger vers Strasbourg, selon la police. Proche de l’ultra-gauche et des anarcho-autonomes, ils auraient prévu de se fondre aux coordinations anti-Otan. Officiellement répertoriées, elles organisent déjà un dantesque contre-sommet entre le 1er et le 5 avril.

Surfant sur l’anti-impérialisme, l’antimilitarisme, le retrait des troupes en Afghanistan, l’antiglobalisation, voire la lutte contre le réchauffement climatique, ce front contestataire s’installera dans un «village autogéré». S’étendant sur une dizaine d’hectares à l’extrémité sud de la ville, sur les terrains d’une ferme éducative au Neuhof, il devrait abriter 10 000 protestataires . «Dans un premier temps, ils pensaient camper de part et d’autre du fleuve , affirme une source renseignée. Mais, lorsque les autorités allemandes ont voulu faire payer leur emplacement plusieurs milliers d’euros, ils se sont repliés sur la rive gauche française. »

Pour haranguer et mobiliser la foule contestataire, Internet bruisse de messages évocateurs. Brocardant la «phobie sécuritaire» de l’Otan, des libertaires trouvent soudain des accents gaulliens avec le pastiche «Strasbourg outragée, Strasbourg brisée, Strasbourg martyrisée, mais…». Strasbourg y est réduit à un «territoire occupé» et le sommet à une grand-messe atlantiste juste célébrée pour «préparer les futures guerres pour le contrôle des ressources de la planète». Comme l’ONU, le FMI, le G8, le G20, l’OMC, l’Otan est assimilée à un «instrument du capitalisme pour renforcer l’exploitation des travailleuses, des travailleurs et des peuples». Réchauffée mais toujours efficace, la dialectique pourrait fédérer jusqu’à 70 000 participants lors d’une manifestation unitaire prévue samedi 4 avril.

Face à cette assemblée en rouge et noir qui n’aura rien du jamboree, la Direction centrale de la sécurité intérieure (DCRI) tend ses «grandes oreilles» depuis des semaines. Et le ministère de l’Intérieur prévoit l’un des plus imposants dispositifs jamais imaginés. Selon nos informations, pas moins de 85 escadrons de gendarmerie mobile et Compagnies républicaines de sécurité seront mobilisés pour former un « cataplasme bleu» sur Strasbourg et ses environs. Il faut remonter au soixantième anniversaire du Débarquement et à la protection des plages normandes en 2004 pour voir un tel branle-bas de combat. Otan oblige, une armada de 10 000 hommes quadrillera donc le siège du Parlement européen, sécurisera les sites classés Seveso ou encore les gazoducs traversant le secteur, tandis que les vedettes de la gendarmerie fluviale sillonneront le Rhin, embarquant sonars et plongeurs pour déjouer la moindre menace subaquatique.

Redoutable effet de loupe médiatique

Dans le même temps, unités en scaphandres nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques resteront en réserve et une flotte de curieux blindés équipés de treuils et de chasse-neige ronronneront à proximité pour dégager d’éventuels obstacles. Enfin, quelque 500 gardes du corps français issus du Service de protection des hautes personnalités et des CRS veilleront sur les cortèges et les sites d’hébergements de treize délégations, dont celle de la France, bien sûr, mais aussi des États-Unis.

En alerte maximale, les Allemands, qui ont prévu de déployer pour leur part 15 000 hommes, dont leurs experts de la Bundeskriminalamt (BKA), prendront en charge l’autre moitié des officiels. En cas de coup dur, militaires d’élite du GIGN et homologues policiers du Raid ont fait le voyage. «Nous ne sommes jamais à l’abri d’une prise d’otages ou d’un détournement aérien», souffle un officier sous le couvert de l’anonymat. Le chef des services de renseignement intérieurs allemands Heinz Fromm, président de l’Office fédéral pour la protection de la constitution, craint pour sa part un «potentiel activiste de quelque 3 000 personnes».

«La forte mobilisation de l’ultra-gauche et des anarcho-autonomes, en France comme en Allemagne, nous fait craindre des modes d’expression violents, comme lors de la réunion du G8 à Gênes en 2001», grince un policier de haut rang. Dès juin dernier, un rapport «confidentiel défense» des services de renseignement français affirmait que ces militants «intégrant les “black blocs” de toutes les grandes contestations altermondialistes européennes» ont décidé de mettre en place une «force organisée transnationale de subversion destinée à commettre des actions violentes dans les prochains mois ». «Strasbourg 2009 pourrait être ce lieu de rendez-vous», craint un autre policier de haut rang.

Persuadés que «les plus déterminés déclencheront des émeutes pour ensuite filmer ce qu’ils présenteront comme de la répression policière», les stratèges de la Place Beauvau ont imaginé une parade : embarquer des caméras dans chaque unité d’intervention afin de filmer leur propre version des incidents. Pour les livrer à la presse, s’il le faut. «Nos adversaires ont pris l’habitude de se servir de la communication comme d’une arme contre l’autorité de l’État, confie-t-on dans l’entourage de Michèle Alliot-Marie. Nous emploierons les mêmes méthodes pour défendre la légitimité de notre action…»

Outre de nouveaux «éléments violents», se protégeant de plus en plus avec des équipements de hockey sur glace, les spécialistes du maintien de l’ordre ont vu émerger depuis dix ans une nouvelle génération de manifestants. Altermondialistes, pacifistes et écologistes, ils s’illustrent lors de sommets internationaux par de très audacieux happenings visant à paralyser des cérémonies. «Très entraînés, déroulant des trésors d’ingéniosité, ces militants non-violents s’entravent à des poids lourds, s’enchaînent à des tubulures d’acier dans des arbres, s’accrochent aux lampadaires ou sur des grues parfois hautes de 60 mètres , constate le lieutenant-colonel Francis Mézières, responsable de la division ordre public au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier. Plusieurs heures sont parfois nécessaires avant de libérer les gens contre leur gré…» — NdL&I : hé Claire, on parle de toi 🙂

Une cellule de huit instructeurs gendarmes experts en la matière a été projetée sur les bords du Rhin début avril avec des disqueuses thermiques et des tronçonneuses. Ces manifestants de l’extrême se verront proposer casque antibruit et lunettes de protection lors de leur désincarcération. Là encore, les scènes seront toutes filmées. Plus que jamais, le moindre incident au sommet de Strasbourg, où 2 500 journalistes sont attendus, connaîtra un redoutable effet de loupe médiatique. Garant de la paix dans le monde, le rendez-vous de l’Otan sera le théâtre d’une originale guerre des images.


Les phantasmes habituels des sécuritaires… et là c’est encore aggravé par les pétoches des Préfets dans les zones visitées par Sarko. Il suffit désormais que le notre Roi Hyperactif soit incommodé par la vue de manifestants (ou de drapeaux pacifistes) pour que le Préfet et le chef de la police se retrouvent mutés d’office à Saint-Pierre-et-Miquelon ou alors aux Iles Kerguelen…

Vous pensiez vivre en République ? C’est plutôt Versailles 1788…

Sommet de l’Otan à Strasbourg : drapeaux pacifistes s’abstenir

A quelques jours du sommet de l’Otan qui se tiendra dans la capitale alsacienne du 3 au 5 avril, les mesures de sécurité se font de plus en plus drastiques. Outre l’instauration controversée de « zones rouges » limitant la liberté d’aller et venir dans certains périmètres géographiques de la ville (nécessité de présenter un badge), plusieurs Strasbourgeois ont ainsi fait l’objet de tentatives d’intimidation de la part de policiers et de gendarmes.

Alors que l’organisation s’apprête à fêter son 60e anniversaire, le collectif anti-Otan mène une campagne d’opposition au retour annoncé de la France dans le commandement intégré de l’Otan.

Parmi ses actions, la vente cette semaine de pas moins de 350 drapeaux arborant l’inscription « Pace – No to Nato » (« Paix – Non à l’Otan »). Les militants étant invités à arborer ces bannières à leurs balcons.

« Les policiers m’ont demandé ce qui était inscrit sur les drapeaux »

Ce geste, pourtant pacifique, a fait réagir les autorités. Deux policiers se sont ainsi rendus au domicile de Christian Grosse, membre du secrétariat local du PCF et du collectif anti-OTAN (comme, selon lui, au moins cinq autres Strasbourgeois). Son fils, qui les a reçus en son absence, témoigne :

« Ces agents se sont présentés dans le hall de mon immeuble, invoquant des “consignes reçues de leur supérieur”. Ils m’ont demandé si ces drapeaux étaient les miens, ce qu’il y avait inscrit dessus ( !) et m’ont exhorté à les décrocher, affirmant qu’en cas de refus d’obtempérer, ils devraient intervenir.

Je ne sais pas bien ce qu’ils entendaient par là, mais cela ressemble fort à une tentative d’intimidation… » (Voir aussi son témoignage recueilli par StrasTV)

Le fils s’est exécuté… Avant que son père ne hisse de nouveau le drapeau, dès le lendemain matin. Christian Grosse est proprement scandalisé par ce qu’il considère comme une atteinte à la liberté d’expression :

« On a clairement affaire ici à un déni de démocratie. C’est inadmissible, d’autant que nous menons une action pacifique. »

L’affaire embarrasse la préfecture

L’identité des policiers reste à ce jour inconnue, et la préfecture dément toute implication dans un court communiqué. Son rôle dans cette affaire reste incertain, et nos tentatives de joindre leurs services se sont révélées infructueuses.

L’avocate Nohra Boucara s’interroge :

« A-t-on affaire à des policiers trop zélés ou l’ordre vient-il vraiment “d’au-dessus”, comme ils le prétendent ? D’après ce que je sais, ces interventions n’ont pas été systématiques, il n’y a eu que quelques incidents.

Dans certains cas, les agents se « contentaient » de s’enquérir de l’identité de certains détenteurs de drapaux auprès du voisinage, dans d’autres ils demandaient le retrait pur et simple de « l’objet du délit ».

Lorsqu’un policier intervient, cela implique qu’il y ait eu une interdiction préalablement dictée. Or à en croire la préfecture, il n’y aurait rien eu de tel ».

Cette intervention fait en tous les cas bondir le juriste et blogueur Maître Eolas, qui s’interroge :

« Sur quelles bases légales peut-on ordonner à des citoyens de retirer des drapeaux pacifistes de leur balcon, sous couvert de menaces à peine voilées ?

Je suis estomaqué. Affirmer son opposition à l’Otan via un message pacifique fait partie du droit de manifestation le plus strict et entre d’autant plus dans le champ de la liberté personnelle lorsqu’ils le font chez eux. » (suite…)


C’est un type dangereux cet « Arsène »… il vivrait pas dans une ferme du côté de Tarnac, ce mec là ? Je suis sûr que la police va venir voir s’il planque pas des crampons dans sa cheminée…

L’Autre Réseau tire le rideau

[Le Monolecte – Agnès Maillard le mardi 17 mars 2009]Nous avions été nombreux à nous réjouir de l’arrivée d’un nouveau portail d’information au côté du bon vieux Rezo des copains. Nous avions apprécié les sélections du taulier et nous nous étions habitués assez rapidement à compter sur lui pour nous dénicher de la bonne info bien pertinente de derrière les fagots.
Puis, le 6 mars dernier, c’est le mur et l’incompréhension. Pour tous ceux qui avaient leur rond de serviette à l’Autre Réseau, je transmets ce message de l’aubergiste.

Merci de prendre de mes nouvelles, et mes excuses pour cette réponse tardive, mais il se trouve que depuis le jour où j’ai fermé L’Autre Réseau pour cause de désertion, j’ai aussi résilié dans la foulée mon abonnement à Internet, fais un petit voyage loin de tout et je n’ai pas consulté mes mails jusqu’à aujourd’hui.

Alors je vais essayer de répondre à votre question : qu’est-ce qui se passe ? Cela fait maintenant 12 ans que je suis connecté sur Internet quotidiennement, et si vous connaissez mon identité, vous savez sans doute que j’ai essayé, dans la mesure de mes moyens, de soutenir Rezo depuis le jour de son ouverture. L’aventure de L’Autre Réseau aura été fulgurante : aux 10 années de Rezo, je n’ai à opposer que 8 petits mois. Mais ce que j’ai compris de choses pendant ces 8 mois !

En faisant tourner L’Autre Réseau, je me suis rendu compte, jour après jour, de la difficulté de tenir cette position : on veut soutenir, par exemple, les Indigènes, et l’on soutient du même coup certaines formes de positions identitaires, on veut soutenir les luttes des femmes, et l’on soutient la haine des hommes, on veut soutenir la lutte contre les discriminations, et l’on soutient le retour des discriminations dans leur forme la plus sordide (regardez par exemple la mention « non-mixte » dans le chapeau de cet article : http://lmsi.net/spip.php?article826 ) on veut soutenir la lutte contre l’homophobie, et c’est la haine des hétéros que l’on soutient, on veut publier tout ce qui sort dans les luttes syndicales, on espère la grève générale, et c’est encore les cadres syndicaux bien planqués qui font le bénéfice de notre militantisme anonyme, généreux et bénévole. On veut soutenir la cause palestienne, et l’on soutient du même coup la religion, celle-là même à propos de laquelle Sade écrivait : On évalue à 50 millions le nombre de morts des guerres de religions. En est-il seulement une qui vaille le sang d’un oiseau ?.

Bref, cette immersion de quelques mois dans le web militant m’aura convaincu qu’il faut absolument chercher d’autres moyens d’agir, d’autres moyens de militer. Pendant un certain temps, je m’étais fais une raison, en me disant : Eh bien soit ! publions tout, chacun reconnaîtra ce qui le concerne !. Et là encore, ce fut une erreur : une telle position ne fait que valider la victoire totale du communautarisme, la victoire du chacun-pour-soi, qui est la vraie victoire du libéralisme, et qui est la vraie raison de la victoire d’un Sarkozy. J’avais naïvement, lorsque ce dernier a été élu, pensé comme beaucoup, que c’était une victoire « pétainiste », « poujadiste », etc. Certes, il y a du vrai là-dedans. Mais cela n’est que la partie visible de l’iceberg, et elle n’est pas si déterminante que ça. Au contraire, je crois que la victoire de Sarkozy, la victoire des néo-libéraux, c’est la victoire du chacun-son-combat, du chacun-pour-soi, la victoire du « non-mixte » : et je ne voulais pas aider cette extrême-droite, ces identitaires-là, même si elle prenait chez nous la cosmétique de l’extrême gauche.

Et puis, il y a encore une chose : même lorsque je faisais (rarement) un bilan positif de mon action sur le web, je réalisais à quel point, toute cette histoire de web, de révolution internet, etc. de réseau présenté comme une fenêtre sur le monde, m’apparaissait maintenant comme un leurre, une arnaque de grande ampleur, un immense mur (c’est pourquoi j’ai choisi l’image d’un mur de briques pour fermer L’Autre Réseau : pour dire, regardez, ce que vous avez en face de vous, toute la journée, cet écran, ce n’est pas un outil de libération, c’est un mur, un mur qui bloque toute communication sensible). Je ne pense pas qu’on puisse « résister » sous le regard inquisiteur de Big Brother, je ne pense plus que l’on arrivera à quelque chose, en s’exprimant 10 fois plus mais pour être espionné 1000 fois plus.

Alors, j’ai eu cette impulsion, j’ai lâché, j’ai résilié mon abonnement, filé mon ordinateur à une amie qui en avait besoin, décidé que je ne me connecterai accessoirement depuis des cyber-cafés ou chez des amis et dans tous les cas très rarement (comme c’est le cas ce matin). Et que je voulais passer à autre chose. Tout autre chose.

Il y a dix ans, j’étais musicien, j’écrivais, je jouais de la musique tous les jours avec mes amis, jusqu’au bout de la nuit. Peu de temps avant de « déserter », j’avais installé sur mon ordi un petit plug-in qui donne une moyenne de mon temps quotidien passé en ligne. Résultat (hors-boulot, et je bosse 35 h/semaine) : 300 minutes par jour ! Je n’en reviens même pas : où ai-je pris tout ce temps ? Mais c’est assez clair : je l’ai pris sur mon temps de lecture, sur mon temps de promenade, sur mon temps d’écriture, de musique, sur le temps que je passais avec mes amis et même sur mon temps d’ennui. Bref : le message dit tout : maintenant, c’est fini tout ça pour moi.

(…) J’espère que vous ne serez pas un jour piégé dans les contradictions dont je n’ai pas su sortir, ou peut-être je vous souhaite à vous aussi d’en sortir ? je ne sais pas. En tout cas cela me ferait très plaisir un jour de vous rencontrer. Mais, de grâce, dans la vraie vie, par sur ce *$§=#^% de web.

Arsène


On a beau être des bouffeurs de curés chez L&I, on sait reconnaitre une manipulation médiatique quand on la voit… à commencer par sondage cité en boucle et établi à partir d’un échantillon de 600 personnes. Un cas d’école…

Le Pape et le Sida – Petit exercice pratique
[Centre d’éducation à la foi – Nanterre – Mars 2009]
(…)Puisqu’il est dit que la parole du pape est incompréhensible, voici un exercice pédagogique et non polémique qui permet de mieux la comprendre.

ETAPE 1 : LISEZ CETTE PHRASE :

“ (…) on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. ”

ETAPE 2 : LISEZ CE TEXTE DE BENOIT XVI :

Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades…

Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème.

On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels.

Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les malades.

Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font. Source : salle de presse du Saint-Siège (traduction La Croix)

ETAPE 3 : REPONDEZ A CES DEUX QUESTIONS :

  1. Recevez-vous les propos du pape exactement de la même manière après la 1ère étape et après la 2ème étape?
  2. Qu’arrive-t-il lorsqu’on isole un morceau de phrase d’un propos global ?

http://catholique-nanterre.cef.fr/IMG/pdf/Urgence_Pape_Sida_v2.pdf


Près de mille pièces ont déjà été cotées, mais aucune preuve matérielle ni aveux, malgré une surveillance très ancienne du groupe…. parce que le but de l’opération Tarnac n’était pas d’intercepter un groupe terroriste mais de faire un coup médiatique et de réveiller un épouvantail bien pratique à un moment où la contestation sociale s’amplifie.

L’état sécuritaire a toujours besoin d’une menace pour effrayer le bourgeois, faire rentrer dans le rang le populo et criminaliser la contestation.

Ce que contient le dossier d’instruction de l’affaire Tarnac

[ Isabelle Mandraud –  LE MONDE | 25.03.09 ]
L’ensemble atteint déjà la hauteur de sept à huit Bottin. Le dossier de l’affaire Tarnac, que Le Monde a pu consulter, près de mille pièces et procès-verbaux numérotés, peut être scindé en deux. D’un côté, sept mois de filatures, d’écoutes, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 16 avril 2008; de l’autre, quatre mois d’instruction, toujours en cours depuis la mise en examen, le 15 novembre 2008, de neuf personnes accusées de terrorisme et pour certaines, de sabotage contre des lignes SNCF en octobre et en novembre 2008.

Bertrand Deveaux, 22 ans, Elsa Hauck, 24 ans, Aria Thomas, 27 ans, Mathieu Burnel, 27 ans, puis Gabrielle Hallez, 30 ans, Manon Glibert, 25 ans, Benjamin Rosoux, 30 ans, et Yildune Lévy, 25 ans, ont tous, depuis, recouvré la liberté sous contrôle judiciaire. Seul, Julien Coupat, 34 ans, considéré comme le chef, reste incarcéré.

Le dossier a beau être dense, il ne contient ni preuves matérielles ni aveux, et un seul témoignage à charge, sous X, recueilli le 14 novembre. Les rares confidences lâchées lors des gardes à vue ont été corrigées depuis. « Ils [les policiers] ont tout fait pour me faire dire que Julien Coupat était un être abject, manipulateur« , affirme le 22janvier Aria Thomas à Yves Jannier, l’un des trois juges instructeurs du pôle antiterroriste. « Pour que les choses soient claires, poursuit-elle, je n’ai jamais pensé, ni cru ou eu le sentiment que Benjamin Rosoux ou Julien Coupat soient prêts à commettre des actes de violence. » Suit cet échange, le 13février, entre le juge Thierry Fragnoli et Julien Coupat, dépeint par le témoin sous X comme un «gourou quasi sectaire», enclin à la violence politique.

« UNE ESPÈCE DE CHARLES MANSON DE LA POLITIQUE »

– Le juge: « Pensez-vous que le combat politique puisse parfois avoir une valeur supérieure à la vie humaine et justifier l’atteinte de celle-ci?
– Julien Coupat: « Ça fait partie (…) du caractère délirant de la déposition du témoin 42 [sous X] tendant à me faire passer pour une espèce de Charles Manson de la politique (…) Je pense que c’est une erreur métaphysique de croire qu’une justification puisse avoir le même poids qu’une vie d’homme. »
Il arrive parfois que le juge tâte le terrain à ses dépens. – « J’imagine que votre ami Coupat et vous-même, de par vos formations et vos goûts, vous vous intéressez à l’histoire (…) des grands mouvements révolutionnaires. Est-ce le cas? », demande-t-il le 8 janvier à Yildune Lévy, la compagne de Julien Coupat.
– « Pour ce qui me concerne, je m’intéresse plus à la préhistoire« , rétorque l’étudiante en archéologie. (NdL&I : Bravo Yldune, ça c’est envoyé !)

Séparément, le couple Lévy-Coupat livre une même version pour justifier, au terme de multiples détours, leur présence, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à proximité d’une des lignes SNCF endommagées. Elle: « On a fait l’amour dans la voiture comme plein de jeunes. » Lui: « On s’est enfoncés dans la campagne pour voir si nous étions suivis et nous n’avons eu aucun répit, puisque, où que nous allions, 30 secondes après s’être arrêtés, même dans les endroits les plus reculés, il y avait des voitures qui surgissaient. » (suite…)


Il faudra un jour qu’un théologien musulman m’explique la vision étriquée du caractère humain qui prévaut  – semble t’il – dans l’Islam (mais aussi chez les Chrétiens et les Juifs).

Ces mollahs sont ils tellement frustrés et coincés vis à vis de leur corps et de leur sexualité  que la simple vision d’une nana à la télévision les met mal à l’aise ? Si c’est le cas, ce n’est pas de la religon, c’est de la maladie mentale ?

Les « bons musulmans » sont ils tellement éloignés de la vie qu’ils ne peuvent supporter d’entendre de la musique ?

Comme le dit Mircea Eliade : Quel genre d’humanité est-ce là ? Comment croire un seul instant à un pareil dieu ? Alors que la nature bouillone de vie et plaisir, ce dieu des descendants d’Abraham (juifs, chrétiens et musulmans) est une invention imaginée par des gardiens de chèvres qui ne connaissent que le désert aride. Cruel, jaloux, colérique, psychopathe, ces nomades étriqués se sont donnés une divinité qui leur ressemble…

[Gregor Seither – IES News Service – 24/03/2009]

Un groupe influent de théologiens musulmans en Arabie Saoudite a adressé une pétition à Abdel Aziz Khoja, le nouveau ministre de l’information du royaume, lui demandant d’interdire toute représentation de femmes à la télévision, dans les journaux et les magazines.

Ces 35 autorités islamiques exigent également l’interdiction de la musique ou de spectacles de musique ou de danse à la télévision.

« Nous avons grand espoir que vous mettrez enfin en oeuvre cette réforme des médias de notre pays, déclarent les théologiens islamiques. « Le moindre observateur peut constater à quel point la perversité a envahi le Ministère de l’information et de la culture et s’étale quotidènnement à la télévision, la radio, dans la presse, dans les évènements culturels et les librairies ».

Source  :  http://news.yahoo.com/s/ap/20090322/ap_on_re_mi_ea/ml_saudi_hardline_clerics;_ylt=ApfF1bnRZTR0WRkzU.ezMdALewgF


Vous pensiez que la « moralisation » du capitalisme était à l’origine de l’attaque du G20 contre le secret bancaire ? Détrompez vous ! C’est juste parce que les grands trusts n’en ont plus besoin… ça va permettre de récupérer quelques peanuts chez les petits contribuables tandis que les miliards iront s’off)shoriser ailleurs…

Les multinationales n’ont plus besoin du secret bancaire suisse ou luxembourgeois

[Bakchich – Ian Hamel – 24 mars 2009]

Le Groupe des 20 (ou G20), qui se réunit le 2 avril prochain à Londres, cherche à faire croire à l’opinion publique qu’il est sur le point d’assainir la finance internationale et que les paradis fiscaux vivent leurs derniers jours. En fait, les grandes puissances ne s’attaquent qu’aux petits fraudeurs du fisc, mais surtout pas aux magouilles des multinationales.

Depuis quelques semaines, les médias du monde entier font leurs gros titres sur la mort des paradis fiscaux. Sous la pression des Américains, des Français et des Allemands, la Suisse, l’Autriche, le Luxembourg, l’Andorre ont promis de collaborer. C’est juré, ils n’accueilleront plus les horribles fraudeurs du fisc. C’est une excellente nouvelle. Dorénavant, le notaire de Lyon et le boucher de Munich paieront leurs impôts comme les autres contribuables.

Les paradis fiscaux européens n’ont pas accepté de gaieté de cœur la mort (partielle) du secret bancaire. On estime, par exemple, que les petites banques suisses gèrent 80 % de fortunes non déclarées. Les grandes banques privées, autour de 60 %. Mais les paradis fiscaux n’ont pas eu le choix : c’était ça ou figurer sur la liste noire du Groupe des 20 (ou G20), un forum économique qui réunit le 2 avril à Londres les chefs d’Etat des plus grandes puissances du monde et certains pays émergents, comme l’Inde, le Mexique ou la Turquie.

Désignée comme un pays « non coopératif » depuis 2007, la principauté du Liechtenstein a perdu en quelques mois toute crédibilité. Plus personne ne veut de leurs « Anstalt », une structure juridique qui permet aux véritables bénéficiaires de sociétés de ne pas apparaître officiellement. Le notaire de Lyon n’ose plus déclarer à son inspecteur des impôts que sa belle villa avec piscine, qu’il occupe depuis deux décennies, ne lui appartient pas. Et que l’heureux propriétaire serait une vague société, baptisée d’un nom d’oiseau ou de fleur, domiciliée à Vaduz, capitale du Liechtenstein…

189 filiales de la BNP dans des paradis fiscaux

Grâce à ces pressions sur les paradis fiscaux, les finances publiques vont récupérer plusieurs milliards d’euros de la part de contribuables indélicats. Nous pouvons nous en réjouir. Mais ne nous faisons pas pour autant de grandes illusions. Les multinationales ne sont pas concernées et continueront à planquer leurs économies dans des zones de non-droit. Le mensuel Alternatives Economiques vient de révéler que « toutes les entreprises françaises du CAC40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers du type “paradis fiscaux“. Avec pratiquement 1500 filiales offshore ». (suite…)


Si vos gosses vous demandent quel métier choisir quand ils seront grands, dites leur que paysan/marraicher c’est un métier d’avenir… Et commencez déjà à leur chercher un lopin de terre à exploiter…

[Gregor Seither – IES News Service – 21/03/2009]
Le directeur du conseil scientifique du gouvernement britannique, le Professeur John Beddington, tire la sonnette d’alarme : les effets combinés de la crise alimentaire, de la limitation d’accès à de l’eau potable et de la raréfaction des sources d’énergie risquent de provoquer des émeutes, des conflits transfrontaliers et une vague massive d’immigration de réfugiés cherchant à fuir les régions les plus affectées. Pour le professeur Beddington, ces crises deviendront aigues dès 2030.

Dans un discours devant les participants de la conférence Sustainable Development UK, organisée par le gouvernements britannique à Westminster, Beddington a expliqué que l’accroissement démographique, les succès des programmes d’amélioration de la santé et de lutte contre la pauvreté ainsi que la croissance économique des nations émergentes ont pour conséquence un accroissement exponentiel de la demande en nourriture, eau potable et ressources énergétiques. L’accroissement de cette demande, qui devrait aller en s’accélérant au cours des 20 prochaines années, survient à un moment où les pays de la planète sont confrontés à une autre urgence : modifier leurs comportements énergétiques et de consommation afin de lutter contre l’émission des gaz à effet de serre. (…)

Toujours selon le Prof. Beddington, si les prix alimentaires se sont à nouveau tassés après leur forte augmentation l’an dernier, la production mondiale de céréales telles que le blé ou le mais n’arrive toujours pas à suivre la demande. Aujourd’hui les réserves mondiales ne représentent que 14% de la demande annuelle, un taux tellement bas qu’il suffirait d’une sécheresse, d’une inondation ou d’une mauvaise récolte dans une région productrice majeure pour faire à nouveau exploser les prix.

« Une inondation comme celle qui a frappé les Etats-unis l’an dernier ou encore un été trop sec en Chine suffiraient à faire basculer la situation. Les prix grimperaient à nouveau, déclenchant des émeutes de la faim à travers le monde. Et cette fois ci la gouvernance mondiale alimentaire n’a plus les moyens de réguler les prix en mettant des réserves sur le marché » explique Beddington, « car la majorité des réserves ne sont pas stockées dans des hangars mais sont simplement des tonnages d’aliments actuellement en transit entre les différents ports« .

« Nos réserves alimentaires n’ont jamais été aussi basses depuis 50 ans, alors que nous devons accroître notre production alimentaire de 50% d’ici à 2030. Et simultanément il va nous falloir 50% de plus d’énergie et 30% de plus d’eau potable. »

« Cette situation explosive représente la plus grande menace pour la stabilité et la paix mondiale qui ait jamais existé. Des centaines de millions d’hommes et de femmes vivent dans les régions les plus exposées et n’auront pas d’autre choix que de partir pour tenter de survivre ailleurs. Les sources de conflits, d’épidémies, de guerres seront innombrables… et jusqu’à présent l’humanité n’a encore jamais apporté la preuve qu’elle savait gérer ce genre de situation. »

Avant d’occuper le poste de Conseil scientifique en chef du gouvernement, John Beddington était professeur de Biologie démographique appliquée (population biology) au Imperial College de Londres. Il est reconnu comme un expert mondial sur l’emploi durable de ressources renouvelables.


Le coup de gueule de Dailymotion contre NKM
[Samuel Laurent – Samuel Potier (lefigaro.fr) 18/03/2009]
Dans une lettre à la secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, dont lefigaro.fr s’est procuré une copie, la plateforme française de vidéos lui reproche de laisser un «courant de pensée anti-internet» se développer dans la majorité.

«Madame la ministre, chère Nathalie». Ainsi commence la lettre musclée envoyée le 24 février à Nathalie Kosciusko-Morizet («NKM») par Martin Rogard et Guiseppe di Martino, respectivement directeur France et directeur juridique de Dailymotion, plateforme française de vidéos et numéro deux mondiale derrière YouTube.

Les deux entrepreneurs prennent la plume pour dénoncer «l’absence de communication» de la secrétaire d’Etat suite à la proposition émise fin février par le député Frédéric Lefèbvre de créer une commission d’enquête sur les plateformes vidéo. Une proposition qui répondait aux accusations du réalisateur Luc Besson contre une autre plateforme bien plus petite, BeeMotion, qui diffusait illégalement ses films.

«Tu as une idée, je la taxe, je te régule !»

Pour Martin Rogard et Guiseppe di Martino, en ne corrigeant pas l’initiative de Frédéric Lefèbvre, NKM a laissé un «courant de pensée anti-Internet prospérer», sans donner «une image de notre industrie plus proche de la réalité». Des accusations que les net-entrepreneurs (des fournisseurs d’accès aux patrons de start-up) reprennent de plus en plus souvent.

Les deux dirigeants de Dailymotion vont plus loin : «Ces temps-ci, il est facile de résumer l’atmosphère dans laquelle nous évoluons en France, à la différence de ce que peut connaître notre société dans le cadre de son expansion à l’étranger […] : tu as une idée, je la taxe, je te régule ! Vous créez, je taxe, nous vous régulons ! C’est cela la «grammaire des affaires» ? Pour nous entrepreneurs du Net, c’est là une conjugaison bien malheureuse, déconnectée du temps numérique, celui des nouvelles générations».

Des accusations qui font référence entre autres à la loi Hadopi sur le téléchargement illégal. Outre la répression plus active du téléchargement via les logiciels de peer-to-peer comme eMule ou les différents logiciels utilisant le protocole Bittorrent, la question des sites proposant des vidéos directement visionnables en ligne a été posée et une commission chargée d’étudier la question d’ici l’été. Dailymotion, avec 900 millions de visionnages sur sa plateforme, est concerné au premier chef.

De quoi inquiéter un secteur lui aussi touché par la crise. «Alors que les Etats-Unis cherchent des solutions pour aider les PME du secteur, en France nous en sommes toujours à parler de légalité, de droits d’auteur et à diaboliser Internet », explique Martin Rogard au figaro.fr. Contacté, le cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas répondu pour le moment à nos sollicitations.

Nadine Morano, «une plainte pour intimider» ?

Au-delà, l’industrie du web en France est lassée de faire les frais de cette «pensée anti-Internet». Après Frédéric Lefèbvre, c’est ainsi Nadine Morano qui a porté plainte contre Dailymotion suite à des commentaires insultants laissés par des anonymes sur des vidéos de la ministre de la Famille.

Martin Rogard estime lui que «ce n’est pas une plainte contre Dailymotion, mais contre des internautes dont la justice veut les adresses IP ». Et de s’interroger : «Cette affaire comporte un caractère bizarre. Quelle est la stratégie de la ministre (Nadine Morano, NDLR) derrière cette action qui implique la police ? Est-ce pour faire de l’intimidation ? Il aurait pourtant suffi d’un simple mail du ministère, plutôt qu’un déballage public, et les propos injurieux auraient été retirés comme cela se passe toujours pour ce type de faits ».

http://www.lefigaro.fr/medias/2009/03/18/04002-20090318ARTFIG00574-le-coup-de-gueule-de-dailymotion-contre-nkm-.php


Londres négocie avec Paris un nouveau centre pour migrants à Calais

[AFP 17.03.09]

Londres est en négociations avec Paris pour établir un nouveau camp de détention dans les environs de Calais (nord de la France) pour les migrants tentant de se rendre illégalement en Grande-Bretagne, a indiqué mardi le ministre britannique de l’Immigration Phil Woolas. Les migrants devraient être détenus dans ce centre s’ils échouent à satisfaire aux contrôles de l’immigration britannique avant d’être renvoyés dans leur pays par des vols charters organisés par le ministère britannique de l’Intérieur, a expliqué M. Woolas.

« Nous voulons donner plus de publicité aux expulsions parce nous voulons envoyer le message jusqu’en Afghanistan et en Irak que la Grande-Bretagne n’est pas la Terre promise », a-t-il déclaré. Le projet de centre de détention et de vols charters qui pourraient rapatrier des centaines de migrants illégaux vers Kaboul en Afghanistan et Erbil dans le nord de l’Irak, fait partie d’un ensemble de mesures étudiées par la France et la Grande-Bretagne et destinées à combattre l’immigration illégale à travers la Manche. « Nous sommes dans une guerre 24h/24 avec les trafiquants » d’êtres humains, a souligné le ministre.

Selon lui, le projet n’en est encore qu’au stade des discussions, Londres espérant parvenir à un accord vers la fin avril, avant un sommet franco-britannique prévu à la mi-mai.

Des centaines de candidats à l’immigration en Grande-Bretagne, pour la plupart des réfugiés irakiens et afghans, vivent dans des conditions très précaires dans les environs de Calais dans l’espoir d’embarquer clandestinement sur un ferry pour la Grande-Bretagne. M. Woolas a souligné que ce camp ne ressemblerait pas au camp de réfugiés de Sangatte, où la Croix-Rouge offrait hébergement et alimentation aux migrants, et qui a été fermé en 2002. « Nous ne cherchons pas à obtenir une situation parallèle à celle de Sangatte », a-t-il déclaré, expliquant que c’était le renforcement des frontières britanniques qui était avant tout recherché


Neuf ans plus tard, ce texte n’a pas pris une ride… et à l’heure ou le fasciste Avigdor Lieberman est au gouvernement, il ne faut pas hésiter à mettre le nez des pro-israéliens dans leurs contradictions…

[ LE MONDE | 07.12.01 | Traduit de l’hébreu par Catherine Neuve-Eglise]

Disons-le sans détour, la question du sionisme est dépassée. Pourtant l’amalgame systématique entre antisionisme et antisémitisme est devenu la nouvelle arme d’intimidation des « amis d’Israël ».

Les accusations d’antisémitisme lancées par les institutions juives de France à l’encontre des médias français, la violence passionnelle des réactions et l’opprobre jeté sur toute attitude critique à l’égard d’Israël témoignent de la confusion et de l’échauffement des esprits. Confondant non-sionisme et antisémitisme, ces réactions se multiplient depuis que la guerre coloniale en Palestine-Israël redouble de violence. Ainsi, les institutions juives de France font peser aujourd’hui un danger sur les juifs et le judaïsme, et plus particulièrement sur la cohabitation entre Français juifs et musulmans au sein de la République.

Que des juifs en France se sentent aujourd’hui concernés par le sort des Israéliens qui ont élu avec une large majorité un premier ministre d’extrême droite et sont aujourd’hui piégés dans une situation politique et identitaire à laquelle ils ne voient pas d’issue, c’est légitime. Mais que la communauté juive de France et son grand rabbin s’enferment dans un soutien inconditionnel à la situation coloniale et meurtrière qui prévaut depuis plus de cinquante ans en Israël-Palestine, c’est inacceptable.

On en est arrivé à confondre la signification mystique que revêt la terre d’Israël dans le judaïsme avec une revendication territoriale qui n’a plus rien à voir avec la sécurité. Israël est aujourd’hui le seul endroit du monde où les juifs sont menacés physiquement en tant que tels. Le CRIF déclare pourtant que les juifs de France, « inquiets de voir les jeunes musulmans transporter en France le conflit du Proche-Orient », sont prêts à envisager d’émigrer en Israël pour s’y réfugier.

Une minorité de juifs de France prend au sérieux la grande angoisse de la société juive israélienne face à l’évolution démographique favorable aux Arabes et émigre en Israël. Pour la plupart religieux intégristes, ils choisissent de s’installer dans les colonies de peuplement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Si la majorité des juifs de France (de loin la plus grande communauté d’Europe) restent attachés à une République qui leur permet de vivre leur judaïsme dans toutes les nuances qu’on lui connaît aujourd’hui, ils représentent pourtant, selon les propres termes de l’Agence juive, le « dernier réservoir » d’immigration vers Israël.

Dans les synagogues et les centres communautaires juifs, le drapeau israélien et la collecte d’argent au bénéfice d’Israël ont tendance à prendre la place des symboles religieux traditionnels. Les fonctionnaires de « l’office israélien de l’explication » et de l’ambassade d’Israël en France comme des officiers de l’armée israélienne accompagnent des dirigeants communautaires. Quant à la sécurité des institutions juives, elle est assurée par les services d’ordre des mouvements de jeunesse sionistes, secondés et entraînés par des membres de la sûreté israélienne.

C’est ainsi que s’opère le déplacement du domaine politique vers le religieux. Identifiés comme des institutions de soutien à Israël, les synagogues et centres commu nautaires deviennent, dans cette confusion, des cibles d’attaques criminelles, qui, par ailleurs, doivent êtres punies en tant que telles.

Mais, en qualifiant d’antisémites les positions non sionistes et critiques portées à l’égard de la politique israélienne et, délégitimant un point de vue politique en le confondant avec un propos raciste, les institutions juives communautaires françaises jouent aux apprentis sorciers et deviennent elles-mêmes vecteurs de violence.

Pour les juifs pratiquants, le judaïsme n’est pas une question. Pour des juifs laïques, en revanche, tiraillés entre universalisme et crispation identitaire, le sionisme est devenu une religion de substitution. De ces juifs en mal d’identité, Yeshayahu Leibowitz, le philosophe israélien, religieux et sioniste, disait : « Pour la plupart des juifs qui se déclarent tels, le judaïsme n’est plus que le bout de chiffon bleu et blanc hissé en haut d’un mât et les actions militaires que l’armée accomplit en leur nom pour ce symbole. L’héroïsme au combat et la domination, voilà leur judaïsme. »

Le génocide des juifs est identifié comme un holocauste et un terme biblique lui a été attaché, « Shoah ». Ce transfert dans le registre du sacré arrache l’événement à sa gravité politique. La culture victimaire devient un pilier de l’identité juive laïque. Les autres, et en premier lieu les Palestiniens, sont sommés de prouver leur souffrance, car ils ne seraient que les victimes des victimes…

En 1990, pendant la première Intifada, le même Leibowitz constatait : « Rien de plus confortable que de se définir par rapport à ce que les autres nous ont fait. Nous nous sentons ainsi dispensés de nous poser la question “Qui sommes-nous?” et de tout examen de conscience. »

En votant à l’ONU en 1947 le partage de la Palestine qui attribuait environ 60% du territoire à la minorité juive et 40% à la majorité arabe, le monde occidental voyait là un moyen de se racheter après la catastrophe du génocide. A cela s’ajoutaient la mentalité coloniale de l’époque et son mépris à l’égard des populations indigènes. Le monde occidental semblait faire sienne l’idée sioniste selon laquelle les juifs sont partout en transit, à l’exception de ce bout de terre qu’ils revendiquaient et qui leur était désormais attribué. Les Arabes refusèrent ce partage inégal. Contrairement à ce qui est fréquemment affirmé, ils ne s’en tinrent pas à un simple rejet. Le représentant du Haut Comité arabe pour la Palestine avait proposé le projet d’un Etat binational. Et la communauté des nations est restée sourde à diverses propositions d’un plan pour un Etat fédéré.

Le territoire de la Palestine historique (Israël, territoires occupés et zones autonomes) comporte aujourd’hui environ 4 millions de Palestiniens et 5 millions de juifs. La question du droit au retour des réfugiés palestiniens expulsés en 1948 ajoute une complexité supplémentaire au dénouement du conflit. Comment faire accepter à un Palestinien né à Jaffa qu’il n’a pas le droit d’y revenir, alors qu’un juif né à Paris peut, lui, s’y installer? Dans cette logique, le partage de la terre et la séparation entre Israéliens et Palestiniens semble s’imposer. Mais, à moins d’envisager un nouveau transfert de populations, il semble impossible de dessiner des frontières vivables entre des communautés aussi imbriquées sur le terrain. Le partage est aussi illusoire que la croyance, pour « corriger » la donne démographique, en une grande vague d’immigration juive qui serait provoquée par la résurgence de l’antisémitisme en Occident.

Pourtant les apprentis sorciers continuent à jouer la carte de la panique en brandissant le spectre de l’antisémitisme. Ils montrent ainsi leur incapacité à sortir d’une vision manichéenne et archaïque des rapports de force.

Pour rompre le cercle vicieux de la haine et de la vengeance, il convient, au contraire, de faire appel à l’intervention des nations qui furent à l’origine de l’erreur historique de 1947. Il est temps d’en appeler à la raison et d’abandonner des conceptions nationalistes et théocratiques dont l’Histoire du XXe siècle a largement démontré les limites et le coût humain.

Seule une vision républicaine, démocratique et laïque persuadera les peuples israélien et palestinien qu’ils peuvent vivre – et pas seulement mourir – sur le même territoire.

S’ils souhaitent sincèrement favoriser une solution au conflit du Proche-Orient et voir leurs amis ou parents israéliens vivre enfin en paix, les Français juifs ont bel et bien un rôle à jouer. Premiers dans l’Histoire à bénéficier des bienfaits des principes républicains, pourquoi n’encouragent-ils pas les Israéliens à s’engager dans une voie similaire? Pourquoi ne s’appliquent-ils pas à développer en France des relations harmonieuses avec la communauté musulmane au lieu de l’accuser d’importer en France le conflit du Proche-Orient? Leur exemple serait une vraie contribution à la paix et servirait plus le judaïsme que le drapeau israélien.

Eyal Sivan, cinéaste israélien, réside en France.


Hot-Line : Bonjour.
Utilisateur : J’ai un problème avec Windows…
Hot-Line : Qu’avez-vous sur l’écran ?
Utilisateur : Euh… des photos, un cactus….
Hot-Line : Non, je veux dire « qu’est-ce qui est écrit ? »…
Utilisateur : Ah d’accord…euh…Sony…


Utilisateur : Vous me dites « pas de majuscules pour le mot de passe » , c’est bien ça ?
Hot-Line : Exact.
Utilisateur : Et, les chiffres, je les mets en minuscule aussi ?


Client : Je n’arrive pas à faire marcher votre CD-ROM d’anglais.
Hot-Line : Mettez le CD dans le lecteur… il démarre ?
Client : Non !
Hot-Line : Alors faites « Démarrer ».
Client : Non, ça ne marche pas, il ne se passe rien…
Hot-Line : Euh, sous quel système d’exploitation êtes-vous ?
Client : Vous voulez parler de la marque de ma chaîne hi-fi ???…


Client : Bonjour, je n’arrive pas à me connecter chez vous…
Hot-Line : D’accord, on va régler tout ça, tout d’abord, j’ai besoin de savoir si vous êtes sur 3.11, 95, 98 ou Linux.
Client : Non monsieur, je suis sur Paris, 75 !…


Client : Je suis en train de m’inscrire sur votre site, mais je ne comprends pas tout…
Hot-Line : D’accord, on va voir ça ensemble.
Client : On me demande de saisir les coordonnées de l’endroit d’où j’appelle, un numéro de téléphone… Je mets quoi ?
Hot-Line (pédagogue) : Vous mettez le numéro de téléphone de l’endroit d’où vous vous connectez… De chez vous quoi…
Client : D’accord… Voila… Ensuite, on me demande une ville…
Hot-Line : Vous mettez les coordonnées de l’endroit d’où vous appelez.
Client : Donc, je mets ma ville…
Hot-Line : Oui…
Client : Voila… Et maintenant on me demande un code postal…
Hot-Line : ..
Client : Allô ? je mets quoi ?
Hot-Line (agace) : Votre code postal !
Client (sincèrement désolé) : Excusez-moi si je vous embête, mais je ne connais pas grand-chose à l’informatique, vous savez…


Client : Je ne trouve plus l’endroit où j’ai installé votre produit.
Hot-Line : Double-cliquez sur le Poste de Travail, s’il vous plait.
Client : C’est où, ça ?
Hot-Line : A l’écran, avez-vous une icône « Poste de Travail » ?
Client : Je ne comprends rien du tout, pourquoi me parlez-vous de poste de travail ?
Hot-Line : Vous n’avez pas de poste de travail ?
Client : Non monsieur ! Je suis retraité, moi…



[Emceebeulogue – 14/03/2009]

Keith Harmon Snow est un enquêteur indépendant sur les droits humains et un correspondant de guerre qui a travaillé pour « Survivors Rights International » (2005-2006), pour Genocide Watch (2005-2006) et pour les Nations Unies (2006) afin de recueillir des informations concernant le génocide et les crimes contre l’humanité au Soudan et en Ethiopie. Il a travaillé dans 17 pays d’Afrique, et récemment en Afghanistan. Son site <http://www.allthingspass.com/>  .

La guerre secrète d’Africom au Soudan

[Keith Harmon Snow, Africom’s Covert War in Sudan -Dissident Voice – 6 mars 2009 – Trad: EMCEE]

J’ai reçu récemment un coup de téléphone d’un Australien qui m’a expliqué qu’il enquêtait pour le compte du procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye, aux Pays Bas. L’enquêteur et son collègue avaient lu mon livre (« Merchant’s of Death: Exposing Corporate Financed Holocaust in Africa” <http://www.dissidentvoice.org/2008/12/merchants-of-death-exposing-corporate-financed-holocaust-in-africa/>  ) et voulaient que je leur donne davantage d’informations sur les seigneurs de guerre responsables des massacres de Bogoro au Congo que j’avais brièvement décrits dans mon livre.

Au bout de quelques semaines d’échanges où je reprenais mes notes et les photos que j’avais, pour rassembler les informations en ma possession, je leur ai envoyé un mail au moment même où il était prévu qu’ils recevraient de ma part une brève documentation sur l’affaire en question (qui, m’avaient-ils assuré, « avait soulevé beaucoup d’intérêt » à la CPI).

Je leur ai alors avoué que je n’étais plus sûr qu’il soit éthiquement correct de ma part de collaborer avec une cour de justice internationale qui ne poursuivait que des noirs africains.

J’ai fait part de mes inquiétudes pour « Sandrine », une jeune fille dont je parlais dans mon livre qui avait livré les noms de chefs de guerre, les dates des exécutions, et qui avait, elle-même, manié la machette au cours d’un massacre ethnique et avait été violée par des miliciens.

Je leur ai fait remarquer que les témoins cités à comparaître devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda  avaient été assassinés ou avaient disparu mystérieusement, précisé que j’avais conscience de l’injustice qu’avaient constituée les Tribunaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, et exprimé ma consternation devant la ligne que la CPI avait choisie.

Je leur ai dit que je ne pouvais pas en conscience collaborer avec eux si la CPI n’arrêtait pas les criminels de guerre en col blanc qui s’égayaient en toute liberté aux quatre coins de la planète.

J’ai compris que j’avais pris la bonne décision quand j’ai appris qu’ils avaient à nouveau porté des accusations contre un noir, et arabe, avec ça. C’était un choix d’orientation fort stupide, faisait remarquer quelqu’un. Le 4 mars 2009, le procureur général de la CPI annonçait qu’ils avaient enfin pris la décision de poursuivre al-Bashir, le président arabe du Soudan, une inculpation que la cour avait longtemps menacé de mettre à exécution, et une première à l’encontre un chef d’état en exercice.

Dans la même période, des « pirates » somaliens au large de l’Afrique orientale libéraient un navire ukrainien immatriculé au Panama, avec un équipage ukrainien et sous pavillon du Belize. Le cargo, qui transportait des tanks, des roquettes et des munitions destinées au Darfour, appartient à Vadim Alperin, ‘homme d’affaires » israélien, et agent du Mossad reconnu.

Il est difficile de comprendre ce qui se passe au Darfour – surtout si on part de l’idée qu’il s’agit d’un « génocide » unilatéral commis actuellement par des Arabes sur des Noirs par le régime d’al-Bashir – mais ainsi va la propagande de l’establishment. La véritable version de l’histoire est bien plus longue et bien plus complexe que cela, et tourne autour de personnages plus ou moins connus mais troubles.

Ce qui suit est un résumé bref mais imparfait des réalités géopolitiques bien plus profondes qui sous-tendent la lutte pour le Soudan.
(suite…)


C’est rien de nouveau. Le lobby nucléaire français a toujours été très fort en comm’… Et je confirme que ça marche ! Mon fils de 8 ans veut accrocher le poster Areva dans sa chambre !!!! Pour un papa qui a fait ses premiers pas en politique dans la lutte contre Neupotz et Fessenheim, dans les années 1970, c’est une hérésie… 🙂

Quand à la défense des magazines incrimés, prétendre qu’il s’agit d’une « erreur involontaire » c’est carrément risible… si les rédacteurs font des dossiers de publireportage « involontaires » en reprenant la maquette du journal, c’est qu’ils ne savant pas faire la différence entre la publicité et les articles de journal. Dans ce cas, ils ne connaissent pas leur métier et il faut les virer !

Mauvaise presse pour Areva ?

[JDD.fr – Vendredi 06 Mars 2009]
Le Jury de déontologie publicitaire examine vendredi plusieurs plaintes déposées par le réseau Sortir du nucléaire contre Areva. Le groupe français est accusé d’avoir diffusé une série de publicités masquées en faveur de l’énergie nucléaire dans des journaux pour adolescents. L’éventuelle sanction, morale, est attendue dans une semaine.

Les jeunes ont-ils été trompés par leurs journaux préférés? C’est ce dont le Jury de déontologie publicitaire (JDP) doit décider vendredi. Celui-ci examine plusieurs plaintes déposées par le réseau Sortir du nucléaire contre Areva. Le groupe français est accusé d’avoir diffusé une dizaine de vraies fausses publicités dans la presse jeunesse. Le premier contentieux remonte au mois de novembre 2008. Science&Vie Junior (groupe Mondadori) publie un grand « jeu-concours » sur le nucléaire qui ne porte pas la mention publicité. Les lecteurs sont invités à trouver les réponses aux questions dans des « articles »… qui sont eux aussi des encarts publicitaires disséminés dans le journal.

Sortir du nucléaire alerte le JDP. Sciences &Vie junior reconnaît avoir fait « une grave erreur de communication », involontaire et publie dans ses colonnes les lettres de lecteurs, eux aussi offusqués. Pour le Jury de déontologie, c’est suffisant. La plainte de Sortir du nucléaire est classée.

Mais dans son numéro de décembre, Sciences&Vie Junior publie quatre pages qui entretiennent à nouveau la confusion, estime Sortir du nucléaire. Il s’agit d’un dossier réalisé par Areva, proposant un « Voyage au coeur de l’énergie nucléaire », surtitré « Publi info -Science&Vie Junior ». Pour Stéphane Lhomme, porte parole de l’association, « cette mention est trompeuse puisque les jeunes ne savent pas ce qu’est une publicité, contrairement aux adultes ».

Sanction morale
Le procédé est quasiment le même dans les dossiers sur le nucléaire que proposent en décembre les hebdomadaires Les Clés de l’actualité et Les Clés de l’actualité Junior (Milan presse). Ils reprennent en outre de façon troublante la maquette de la publication. « Une façon de plus d’induire le lecteur en erreur« , pour Stéphane Lhomme. La charte graphique du magazine est également copiée dans un second cahier de huit pages offert en décembre par L’Actu (à partir de 14 ans) « en collaboration avec EDF ».
(suite…)


[Jean-Pierre Garnier – Le Monde Diplomatique – Janvier 2009]
Les anarchistes – Appellations peu contrôlées

Pendant longtemps, les termes « anarchiste » et « libertaire » ont été indissociables aux yeux des militants, qui les revendiquaient pour définir leur positionnement dans le champ politique, ou, plus exactement, en dehors et en rupture avec lui dès lors qu’il était confondu avec la scène politicienne. Il en allait de même pour ceux qui les combattaient ou les réprouvaient : outre les gardiens officiels de l’ordre bourgeois, les membres des autres partis, de gauche ou de droite, les journalistes de toutes obédiences et l’« opinion publique » formatée par les uns et les autres s’accordaient à mettre anarchistes et libertaires dans le même sac.

De nos jours, cette association de mots n’a rien perdu de sa pertinence pour les intéressés, même s’ils tiennent à préciser, comme ils l’ont toujours fait, en quoi et pourquoi ces dénominations ne sont pas pour autant synonymes. L’anarchisme, rappellent-ils, a pour dynamique et horizon l’auto-émancipation collective des travailleurs vis-à-vis des pouvoirs qui les oppriment et les exploitent, laquelle implique l’auto-libération des individus — c’est le versant libertaire — à l’égard des institutions, des normes et des croyances qui les aliènent. Mais le distinguo ainsi opéré entre les deux notions n’en fait que mieux ressortir la complémentarité sémantique et politique. C’est pourquoi l’hebdomadaire français de la Fédération anarchiste a gardé son intitulé : Le Monde libertaire.

En revanche, à l’extérieur des cercles restreints pour qui l’existence de l’Etat demeure plus que jamais attentatoire aux libertés qu’il est censé garantir, il semble que, depuis quelque temps déjà, le couplage anarchiste-libertaire n’aille plus de soi. Mieux encore : à lire ou à entendre ce qui s’écrit et se dit communément sur le sujet, on aurait affaire à une alliance de mots saugrenue. Il est devenu courant, parmi les politiciens, les intellectuels à gages ou dans la presse de marché, d’opposer de manière dichotomique anarchiste et libertaire. D’un côté, l’anarchisme tend maintenant à remplacer, « lutte contre le terrorisme » aidant, le communisme défunt — ou plutôt ce qu’on tenait pour tel — comme figure du Mal aux côtés de l’intégrisme islamiste ; de l’autre, l’épithète « libertaire » en est venue à constituer un label culturel et médiatique très prisé par toutes sortes de rebelles de confort pour enrober d’un vernis anticonformiste leur adhésion à l’ordre établi (1). (suite…)


Au même titre que vous fermez la porte des cabinets quand vous coulez un bronze.. quand vous êtes sur les réseaux sociaux, réfléchissez à ce que vous donnez à voir. Richard Stalmann disait : « La règle est toujours la même : si c’est quelque chose dont tu n’aimerais pas que ta maman l’apprenne, alors ne le mets pas sur le Net »…

[ Libération 09/03/2009 ]

Comment le Net a bouleversé la pratique de la profession, réunie en Etats généraux vendredi à Paris.

«Vous n’imaginez pas tout ce qu’on peut savoir en quelques clics de souris… Donnez-moi deux heures, et je saurai tout sur vous». Le Nestor Burma moderne, costard cravate et iPhone, vous épie avant tout via la Toile. «C’est comme tout, notre métier évolue avec le temps. Avant on faisait des filatures à vélo, maintenant on utilise Internet et les satellites… Il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans», assure Goolam Monsoor, détective privé – ou plutôt, comme on dit dans le métier, «ARP» pour agent de recherches privées. Vendredi, il participait aux Etats généraux de la profession organisés par les trois principaux syndicats pour dépoussiérer l’image du métier.

«95% des infos sont en accès libre»
Premier conseil (de débutant) d’Yves Conversano, directeur de la principale école de détectives privés en France (IFAR): «Consulter les pages blanches.» Plus besoin de stocker les botins de tous les départements français pour rechercher par exemple l’adresse de la maîtresse du mari. «C’est tout bête, parfaitement légal et d’une efficacité redoutable», poursuit le détective qui forme une quinzaine d’étudiants chaque année. «Pourquoi prendre le risque d’enfreindre la loi, alors que 95% des informations sont accessibles facilement et en toute légalité», renchérit Alain Juillet, haut responsable de l’Etat chargé de l’intelligence économique depuis 2003. «C’est un peu comme si toutes les informations étaient servies sur un plateau», résume un agent, vingt ans de métier dans les bottes.

Par exemple, pour connaître le nom d’un gérant d’entreprise, «plus besoin de se taper quatre heures de queue au greffe du tribunal de commerce. On consulte Infogreffe.fr, et c’est une matinée de travail de gagnée». Et tout est à l’avenant : archives de presse, état civil… Internet accélère et simplifie les recherches, même si «le Minitel nous avait déjà bien simplifié la vie», tient à rappeler Alain Bernier, le président du principal syndicat (le CNSP-ARP). Il avoue au passage s’en servir encore un peu aujourd’hui.

Les détectives adorent Facebook
Le GPS améliore aussi «sacrément» le quotidien des détectives. «Quel progrès! Plus besoin de rester planquer des heures dans la voiture pour surveiller la femme d’un mari jaloux. Avec le GPS tracking (intégrés dans de plus en plus de téléphones, ndlr), on peut suivre ses déplacements», souffle un spécialiste des affaires de couple, iPhone à la main.

Mais la dernière révolution dans le métier vient des réseaux sociaux, comme Facebook ou Copains d’avant. «C’est un outil de travail. Quand on commence une enquête, on vérifie si la personne recherchée a un profil sur Facebook, c’est le b-a ba…», assure un jeune détective, fraîchement sorti d’école. Un autre, installé à Lille depuis quinze ans : «Les gens racontent toute leur vie en détail. Et le plus fou: les informations sont exactes, la plupart ne mentent même pas

Mais, par «professionnalisme», il assure aller toujours vérifier sur le terrain les informations trouvées sur le Net. Question de principe et d’habitude. «Je préfère le contact humain. On en apprend beaucoup en allant chez les gens. Le classique “Bonjour, je viens pour le recensement” est une valeur sûre».

«Il n’empêche, Facebook est très efficace, bien plus utile que les fichiers policiers comme Edvige. La Cnil ne nous met pas des bâtons dans les roues», s’enflamme Alain Juillet, soulevant des rires (un peu pincés) parmi la grosse centaine d’agents de recherche présents vendredi sur les 1.500 qui exercent sur le territoire.

Facile de créer une adresse mail…
Ils ont beau dire, on peine à comprendre comment ces détectives trouvent tant d’informations privées, en toute légalité, sur le Web. Comment, par exemple, forcer le passage sur Facebook, alors que les utilisateurs peuvent limiter l’accès à une communauté d’amis.

Première réponse, officielle, du directeur de l’école de détectives privés: «Toutes les techniques apprises aux élèves sont parfaitement légales.» Deuxième réponse, plus énigmatique (sourire en coin, certainement un héritage des vieilles séries américaines), du genre «un bon agent, c’est comme un magicien. Il a plein de tours dans son sac. Si on dévoile les ficelles, il n’y a plus de magie…»

Après plusieurs tentatives, on en apprend un peu plus : «N‘importe qui peut créer de faux comptes Facebook… Il suffit de se faire passer pour une vieille connaissance, et les portes s’ouvrent. On peut aussi se créer autant d’adresses mail que nécessaire», en utilisant le nom des amis repérés sur un réseau. Ou alors en utilisant des noms passe-partout qui rassurent : «On a tous des adresses, type M. Dupont ou Mme Durand, hyper efficaces: les gens tombent dans le panneau à chaque fois. Ils nous disent tout ce que l’on veut savoir.»

http://www.liberation.fr/societe/0101553055-les-detectives-prives-a-l-heure-de-facebook



[Numéro Lambda – 07/03/2009]
Il y a un mois le député PS René Dosière, poil à gratter du budget de l’Élysée et du train de vie du Président, racontait à quel point [Nicolas Sarkozy], lorsqu’il n’était que simple scarabée parlementaire, avait été un bien piètre représentant (en terme de présence et d’intervention). Au moment où l’ex-président Chirac était taxé de “président fainéant” par son successeur, l’info avait fait mouche. Après vérification, en fouillant dans les archives de l’Assemblée, c’est même plus lamentable que ce qui a été raconté jusqu’ici.

Le 14 janvier, Dosière affirmait, dans un mémo intitulé «Les exploits parlementaires de Nicolas Sarkozy», que le chef de l’Etat n’a pas siégé 20 ans à l’Assemblée nationale comme il l’avait affirmé lors des voeux aux parlementaires mais seulement «12 ans», sur les périodes 1988-1993 et 1995-2002. Il n’a en outre participé à «aucun débat parlementaire», «n’a déposé aucun amendement» et «sa présence à l’Assemblée se résume à 10 interventions brèves: deux questions au gouvernement, soit quatre minutes, huit interventions de cinq à dix minutes, soit au total moins d’une heure de parole en 12 ans de vie parlementaire!». «Pendant de nombreuses années, en 1988, 1991, 1992, 1993, 2000, 2001, 2002, on ne trouve aucune trace de sa présence à l’Assemblée. C’est dire à quel point son expérience parlementaire est faible, pour ne pas dire plus.»

Cependant, comme l’a rectifié le lendemain le Parisien, il était injuste et quasi diffamatoire de dire que Sarko député «n’a déposé aucun amendement». Car c’est faux. Il en a déposé un. Un seul en 12 ans de vie parlementaire. Lequel? Un amendement à la loi sécurité quotidienne (LSQ), lors des débats d’avril 2001 — soit bien avant que les attentats du 11 septembre ne transforment ce texte, pensé par la gauche plurielle, en petit Patriot Act à la française — une loi ouvertement anticonstitutionnelle (cf archives 2001 du bulletin lambda). (suite…)


[Perpignan Tout Va Bien – 19/02/2009]

Georges Frêche : «J’ai toujours été élu par une majorité de cons»

Voici les extraits d’un enregistrement fait lors d’un cours du professeur Georges Frêche devant ses étudiants, à Montpellier en 2008. Certifié conforme (enregistré par un étudiant sur son téléphone portable). Mitterrand, le pape, les harkis… Les propos outranciers de Georges Frêche lui collent à la peau. Personne ne trouve grâce aux yeux de ce personnage boursouflé d’orgueil. Même pas les électeurs et surtout pas ceux qui votent pour lui.

Ecoutez l’enregistrement.

« …On ruine les paysans africains en vendant nos produits subventionnés par l’Europe, mais c’est pas les agriculteurs qu’il faut subventionner, Blair a raison c’est les chercheurs. On s’en fout des agriculteurs, on s’en fout. D’ailleurs aujourd’hui avec 5 % d’agriculteurs en France, on produit autant qu’avec 40 % en 1945 et avec 2 % on produira aussi bien qu’avec les 5 % actuels, donc on peut encore en perdre les trois cinquièmes.

Oui, Ce que je vous dis c’est l’évidence. Ah, mais si les gens fonctionnaient avec leur tête, mais les gens ils ne fonctionnent pas avec leur tête, ils fonctionnent avec leurs tripes. La politique c’est une affaire de tripes, c’est pas une affaire de tête, c’est pour ça que moi quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse.

Enfin, aujourd’hui je fais ce qui m’intéresse, comme Président de Région, j’aide les lycées, j’aide la recherche et quand je ferai campagne, dans deux ans pour être de nouveau élu, je ferai campagne sur des conneries populaires, pas sur des trucs intelligents que j’aurai fait. Qu’est ce que les gens en ont à foutre que je remonte les digues, les gens s’occupent des digues quand elles débordent, après ils oublient, ça les intéresse pas, les digues du Rhône, les gens ils s’en foutent, ah à la prochaine inondation, ils gueuleront qu’on n’a rien fait. Alors moi je mets beaucoup d’argent sur les digues du Rhône, mais ça ne me rapporte pas une voix, par contre si je distribue des boites de chocolat à Noël à tous les petits vieux de Montpellier, je ramasse un gros paquet de voix. Je donne des livres gratuits dans les lycées. Vous croyez que les connards me disent merci, ils disent non ils arrivent en retard, comme si c’était ma faute parce que l’appel d’offres n‘avait pas marché et que donc il y avait quinze jours de retard dans la livraison.

Les gens, ils disent pas merci, d’ailleurs les gens ils disent jamais merci. Les cons ne disent jamais merci. Les cons sont majoritaires, et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue parce que je sais comment les « engraner », « j’engrane » les cons avec ma bonne tête, je raconte des histoires de cul, etc… ça un succès de fou, ça a un succès fou. iIs disent, merde, il est marrant, c’est un intellectuel mais il est comme nous, quand les gens disent « il est comme nous », c’est gagné, ils votent pour vous. Parce que les gens ils votent pour ceux qui sont comme eux, donc il faut essayer d’être comme eux. (suite…)


[PageTutor.com – Adapt. Gregor Seither – commentaires de Tim Carr qui est une brèle en maths]

Dans les médias, on n’entend plus que ça : sauvetage des banques, plans d’aide à l’industrie, coût de la guerre en Irak… et à chaque fois les chiffres pleuvent : un million de dollars, un milliard de dollars, cent milliards de dollars, un billion de dollars. On finit par avoir le tournis… mais surtout, on n’a plus du tout la notion de ce que cela représente.

Note de traduction : Attention : faux ami : billion n’a pas le même sens en Anglais US et en Français (et en Allemand ou en Angleterre non plus). En effet, quand les états-uniens parlent de « billion« , nous nous parlons de « milliard » (1 000 000 000) et quand ils parlent de « trillion« , nous nous parlons de « billion » (1 000 000 000 000). Si Obama vous propose un trillion de dollars pour sauver votre banque… c’est nettement moins que ce que vous croyez 🙂

Je me suis donc emparé de Google Sketchup pour tenter de vous donner une idée de ce que représentent un BILLION de dollars, soit un 1 suivi de 12 zéros.

Commençons par un billet de 100 US$. C’est la plus grande dénomination en circulation en ce qui concerne la monnaie états-unienne.

$100

Un paquet de CENT billets de 100 US$ (soit 10 000 US$) ne mesure que 1,27 centimètres d’épaisseur. Ça tient aisément dans votre poche…

$10,000

Voilà qui va vous paraître incroyable, mais le petit paquet riquiqui ci-dessous représente 1 million de dollars US (100 paquets de de 10,000 US$ – 1 suivi de 6 zéros). Moins gros qu’un pack de bière, ça tient dans un sac en plastique.

$1,000,000 (one million dollars)

Si 1 millions US$ est riquiqui, la somme de 100 millions US$ a un peu plus de gueule. Cela équivaut en gros à une palette industrielle standard…

$100,000,000 (one hundred million dollars)

Si vous décidez de devenir milliardaire, va falloir prévoir de la place dans votre cave.  Voici ce que représente un milliard de dollars US (dix fois cent millions, ou mille millions, 1 suivi de neuf zéros – également appelé billion chez les états-uniens, à ne pas confondre avec notre billion à nous, voir plus bas)…

$1,000,000,000 (one billion dollars)

On arrive enfin au BILLION. Ce chiffre on vous le sort tout le temps, mais c’est quoi ? Et bien, c’est un million de millions. Ou bien mille milliards. 1 suivi de 12 zéros. (également appelé trillion chez les états-uniens)

Et voici donc la place qu’occuperait dans votre cave la somme de 1 billion de dollars… (visez l’échelle humaine, en bas à gauche – et notez que les palettes sont empilées en double-hauteur)

$1,000,000,000,000 (one trillion dollars)

Maintenant, la prochaine fois que vous entendrez les politiques et les médias balancer des milliards et des billions à tout va, vous saurez de quoi il est question.


Le « Grenelle de l’environnement » était une foutaise dans le plus pur style Sarkozyste. Plein de poudre aux yeux, l’important c’est de se faire mousser devant les caméras, et ensuite plus rien…

Alors que le « Contre-Grenelle » peut être l’occasion de proposer quelque chose de vraiment constructif !

[La Décroissance – Mars 2009]
Le samedi 2 mai 2009 à Lyon se tiendra le Contre-Grenelle 2, rassemblement pour refuser la politique de Sarkozy et plus largement toutes les politiques productivistes.

Organisé par le journal La Décroissance, qui avait déjà rassemblé en 2007 lors d’un Contre-Grenelle près de 800 personnes pour dénoncer la tentative de récupération de l’écologie menée dans l’opération dite « Grenelle de l’environnement ».
Le 2 mai prochain, prendront la parole Paul Ariès (Sarkophage), des représentants du NPA, du PG, d’Utopia ainsi que des acteurs du mouvement social et associatif.
Tous les renseignements, le poster, sont disponibles sur le site :
http://www.contre-grenelle.org/

La présentation et l’affiche de cet événement sont encartés dans La Décroissance n°57 en kiosque le mercredi 4 mars 2009.
http://www.ladecroissance.net/


enfin, si par « honnête » on comprend : dire les choses comme elles sont… Parce que, tout comme le « temps de cerveau disponible », les propos de Frêche ne choquent que par leur sincérité…

Pour l’intégralité des propos de Frêche (avec audio) : https://libertesinternets.wordpress.com/2009/03/08/georges-freche-jai-ete-elu-par-des-cons-integrale/

[Faits et Documents n°270]

Le président du conseil régional de Languedoc- Roussillon, l’ex-membre du PS Georges Frêche, vient de faire une série de sorties tonitruantes, lors d’un cours dispensé aux élèves de la faculté de droit de Montpellier, scrupuleusement rapportées dans le journal Perpignan, Tout va bien :

« On s’en fout des agriculteurs, on s’en fout […] Quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents […] Je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse.

Dans deux ans, pour être de nouveau élu, je ferai campagne sur des conneries populaires, pas sur des trucs intelligents que j’aurai fait {…]

Si je distribue des boites de chocolat à Noël à tous les petits vieux de Montpellier, je ramasse un gros paquet de voix […] Les cons sont majoritaires et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue parce que je sais comment les “engrener”, “j’engrene” les cons avec ma bonne tête, avec des histoires de cul, etc. Ça a un succès fou […] les cons sont de plus en plus cons et en plus ils sont bien dans leur connerie […]

Là, les Catalans me font chier, mais je leur tape dessus parce qu’ils m’emmerdent, mais, dans deux ans, je vais me mettre à les aimer, je vais y revenir, je vais leur dire, “mon Dieu, je me suis trompé, je vous demande pardon”, et ils diront ” qu’il est intelligent”, ils me pardonneront, ils en reprendront pour six ans. »