avril 2010



CRISE FINANCIÈRE, LES SIX ÉTAPES D’UN DÉSASTRE

[Pierre Rimbert – Le Monde Diplomatique – 01/05/2010]

L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?

Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation.

La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de déréglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.

Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.

Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l’asphyxie.

Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.

Quatrième étape : Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de « l’attaque » spéculative sur la dette souveraine des pays « périphériques » de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Cinquième étape : Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et « réformer » les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…

D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.

Sixième étape : L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.

En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro se propageaient.

Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l’absence de stratégie d’ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les « partenaires » placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : « rassurer les marchés » – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif… D’autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.

Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire. C’est peu dire qu’il est perdu.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-04-30-Crise-financiere

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Même les plus libéraux des capitalistes (comme ici la Bible des Investisseurs) ne croient plus à  la Grèce, à l’Espagne, au Portugal ou aux Pays Baltes. Ils vont se faire un max de blé possible sur la victime du « plan d’ajustement » et se tirer en laissant les os du cadavre….Cela s’appelle « mettre son portefeuille à l’abri ».

Et si vous croyez que cela ne peut arriver qu’aux bougnoules… vous risquez un réveil brutal. Si vous avez des chasseurs dans votre famille, il est grand temps d’aller cambrioler leur armoire à fusil et de réviser vos recettes de cocktail Molotov. Trouvez vous un correspondant argentin et faites vous expliquer les « piqueteros »… et allez voir le film de Fernando Solanas « Memoria del Saqueo ».

Parce que le capitalisme ne vous fera pas de cadeaux quand il s’agira de « rembourser la dette ». Demandez aux pays du Sud, eux cela fait 50 ans qu’on leur fait le coup… La prochaine fois que vous croisez un banquier dans la rue, pendez-le  à un réverbère, ça sera toujours ça de gagné…

CE QUI ATTEND LA GRECE

[Cécile Chevré – La Quotidienne de MoneyWeek – 29/04/2010]

Ce que nous apprennent la Lettonie et l’Argentine sur l’avenir de la Grèce…

« Athènes vers une nouvelle cure d’austérité, les marchés soulagés« , nous apprend Reuters. Le plan d’aide à la Grèce devrait être annoncé avant la fin de la semaine. La Grèce n’est pas le premier pays – et de loin – à être mis au régime sec par le FMI. Par le passé, l’Argentine (en 2000) et la Lettonie (en 2008) avaient déjà découvert le menu « pain sec et eau fraîche » imposé par le Fonds en échange de son aide financière. Deux précédents dont la Grèce pourrait tirer quelques – inquiétants – enseignements…

L’Argentine, moins malade et toujours pas en convalescence…
Au début des années 2000, l’Argentine va mal, très mal même. Sa dette publique atteint 62% du PIB et son déficit public se chiffre à 6,4%. Le pays est en faillite et demande l’aide du FMI. En échange de plusieurs milliards de dollars d’aide, le FMI impose une réduction drastique des dépenses publiques.

La situation argentine de l’époque nous paraît presque brillante comparée à celle de la Grèce aujourd’hui. La Grèce affiche une dette publique atteignant les 114% du PIB et un déficit révisé à 13,6% du PIB. Soit une situation deux fois plus inquiétante que celle de l’Argentine au début des années 2000.

L’Argentine tout comme la Grèce ne sont pas libres de manipuler à leur gré leur monnaie. L’Argentine à cause de la parité fixe entre le peso et le dollar, et la Grèce à cause de l’euro.

Crise politique et morne plaine

La politique de rigueur a entraîné une récession, avec une chute vertigineuse du PIB de 4% en 1999. En 2002, l’Argentine s’est même retrouvée en situation de défaut de paiement. Conséquence immédiate de cette politique, le pays est entré dans une quasi-révolte. En 2001, quatre présidents se sont succédé à la tête du pays en moins de deux semaines… Depuis, l’économie argentine ne s’est jamais vraiment remise.

La Lettonie, un pays trop petit, un régime sans effet

Fin 2008, la Lettonie a fait appel au FMI pour faire face aux conséquences de la crise financière. Le FMI, qui a décidément ses petites marottes, lui a imposé une politique de rigueur particulièrement sévère. Le Fonds, lui-même, a reconnu que ces mesures constituaient la plus sévère politique de rigueur imposée depuis les années 70. Réduction de 20 à 40% des salaires du secteur public, augmentation vertigineuse des impôts, réduction drastique des aides aux chômeurs et suppression des budgets de la défense. Evidemment, les troubles sociaux se sont multipliés et le Premier ministre y a perdu son poste. Malgré tous ces efforts, le déficit letton ne s’est pas vraiment résorbé et continue de frôler les 8% du PIB.

Pourquoi ? Parce que l’économie lettone est trop petite pour pouvoir se sortir toute seule de la récession. Pour qu’elle sorte la tête de l’eau, il faudrait que l’Europe en entier reprenne fermement le chemin de la croissance. Ce qui n’est pas pour tout de suite…

L’équation à laquelle est confrontée la Lettonie est la suivante : effondrement de la production de richesse, donc baisse des rentrées fiscales, donc maintien du déficit à un niveau record. La Lettonie reste donc, de fait, sous le contrôle du FMI.

Et pour la Grèce ?
En acceptant l’aide de l’UE et du FMI, la Grèce fait un choix. Celui de perdre une grande partie son indépendance.

Dans tous les cas, qu’elle accepte ou pas de mettre en oeuvre les réformes voulues par le FMI, le risque de défaut de paiement sera toujours présent. Et, comme pour la Lettonie, rien ne dit qu’une politique d’austérité suffira à résorber le déficit. Certes, l’économie grecque est plus importante que celle de la Lettonie mais, comme elle, elle est extrêmement dépendante de l’étranger – via les exportations et le tourisme… Deux pans de l’économie qui souffrent d’une récession aggravée et prolongée au niveau européen et mondial.

La seule solution pour la Grèce : espérer que l’Europe continuera à fournir des aides. Mais nous savons tous que cette manne ne sera pas éternelle… Je suis prête à prendre le pari que nous n’avons pas fini d’entendre parler de défaut de paiement, de déficit ou de krach obligataire dans les mois qui viennent. N’attendez plus pour mettre votre portefeuille à l’abri.

http://www.moneyweek.fr/20100429111/actualites/actu-economie/grece-plan-sauvetage-euro/


[Numerama – 24/04/2010]

Les jeunes sont-ils dépendants d’Internet, et plus généralement des nouveaux médias et des moyens de communication ? Selon une récente étude américaine, c’est le cas. En effet, une expérience a révélé qu’un sevrage de 24 heures aux réseaux sociaux a entrainé l’apparition de symptômes assez proches de l’addiction à de l’alcool ou de la drogue.

(…)  Pour l’heure, le lien de causalité entre addiction à Internet et trouble psychiatrique n’est pas systématiquement établi. Cependant, une étude américaine récemment menée par des chercheurs de l’université du Maryland pourrait peut-être changer la donne. Afin de découvrir les éventuels symptômes liés à une privation des médias sociaux, les responsables de l’enquête ont demandé à 200 étudiants de se sevrer pendant 24 heures.

Les résultats sont a priori guère rassurants. Les étudiants sevrés ont présenté des symptômes assez proches de l’addiction à de la drogue ou de l’alcool. Beaucoup ont montré des signes évidents de manque ou d’anxiété, tandis que d’autres ont manifesté une incapacité à agir normalement. L’absence de lien social suite à cette expérience a également provoqué chez certains une envie compulsive de consommation, de la même façon qu’un drogué ou un alcoolique a besoin de sa dose.

Concrètement, le sevrage touchait ici l’ensemble des moyens modernes de communication, comme les SMS, les e-mails, la messagerie instantanée, les appels téléphoniques ou encore les réseaux sociaux, comme Facebook. L’enquête a même poussé davantage en incluant la télévision et la musique. Susan Moeller, la directrice du projet, a expliqué que beaucoup de retours ont été transmis par les élèves.

« Je suis clairement accro et la dépendance est écoeurante » a ainsi réagi l’un des jeunes ayant participé à cette expérience. « Envoyer des messages et discuter par messagerie instantanée avec mes amis me donne une constante impression de confort » a écrit un des jeunes, qui a bloggué à propos de ses réactions. « Quand je n’ai pas accès à ces deux « luxes », je me sens seul et isolé« .

La question de l’addiction aux jeux vidéo, aux réseaux sociaux ou aux nouveaux médias est diversement appréciée selon les pays. Si certains États n’ont pas de politique spécifique pour lutter contre ce nouveau genre d’addiction, d’autres ont une politique beaucoup plus rigoureuse, en fonction de la situation interne. En Corée du Sud par exemple, le gouvernement s’inquiète de la dépendance galopante des jeunes Sud-Coréens aux jeux vidéo, et en particulier aux MMORPG.

Dernièrement, c’est l’idée d’un couvre-feu qui a été proposée, afin de freiner l’expansion d’un phénomène qui affecterait de plus en plus de jeunes. Initiée par le ministère de la culture, des sports et du tourisme, cette mesure serait d’une durée de six heures afin de forcer les joueurs à sortir de leur monde virtuel.  L’autre piste serait la réduction drastique des débits, afin de ne plus rendre le jeu attrayant, et persuader le joueur à faire une pause. (NdL&I : L’Etat-Maman dans sa plus pure expression… de quel droit on me réduirait mon débit ? Au titre que c’est « pour mon bien ? » LOL ! Sans parler des difficultés techniques de la mise en oeuvre d’une telle mesure totalement liberticide…)

En France, à défaut d’étude sur l’impact du web social sur les jeunes, des réflexions ont été menées pour connaitre l’impact des jeux vidéo sur nos chères petites têtes blondes. L’année dernière, Christine Albanel – alors ministre de la culture – avait souhaité par exemple la mise en place d’une campagne d’information sur les dangers du jeu vidéo, tout en appelant à la généralisation des systèmes de contrôle parental permettant de brider l’accès ou les fonctionnalités de certains jeux.

La ministre demandait alors « une étude épidémiologique et sociologique nationale sur le phénomène de cyberdépendance et ses conséquences« , comme le préconisait un rapport remis au gouvernement en novembre 2008. Si les jeux vidéo sont suivis avec attention dans l’Hexagone, nul doute qu’une telle étude incite un jour ou l’autre les responsables politiques à se pencher sur la question de l’impact des médias sociaux , et d’Internet en général, sur les Français.

http://www.numerama.com/magazine/15585-les-jeunes-sont-accros-au-web-social-selon-une-etude-americaine.html


Aux Etats-Unis, la lettre de ces deux soldats a pour l’instant plutôt donné lieu à des commentaires du genre « c’est une honte, ils n’ont pas à s’excuser, ces garçons ne faisaient que leur boulot après tout… ».  Pour mesurer le savoureux de cette ligne de défense, remplacez le nom de Ethan McCord ou de Josh Stieber par celui de John Demjanjuk ou de Klaus Barbie….

[Bakchich – 26/04/2010]

L’onde de choc de la vidéo de Wikileaks sur le double meurtre commis par l’armée américaine en Irak se prolonge. Deux ex-soldats impliqués dans cette sanglante bavure ont écrit aux victimes.

Deux ex-soldats de l’unité responsable de la tuerie visible dans la vidéo mise en ligne par Wikileaks il y a quelques semaines et qui a fait plusieurs fois le tour du monde, viennent d’écrire une lettre ouverte aux victimes de l’attaque au cours de laquelle, en Irak en juillet 2007, deux enfants ont été gravement blessés et douze personnes tuées dont le père des enfants et deux journalistes de l’agence Reuters.

Extrait de la vidéo - JPG - 29.3 ko

Extrait de la vidéo

Pour peu que la bafouille soit reproduite par Wikileaks, elle pourrait bien créer un véritable vent de panique au ministère US de la Défense. C’est le moral des troupes et l’attitude du peuple américain envers l’engagement en Irak qui est en jeu.

Ethan McCord et Josh Stieber étaient en effet membres de la compagnie Bravo 2-16 déployée à Bagdad en 2007. Ethan se trouvait au sol sur le lieu du drame. On le voit dans la vidéo transporter l’un des enfants blessés vers un véhicule de l’armée US : « quand j’ai vu ces gamins, ma première pensée est allée vers mes propres gosses au pays » a-t-il déclaré peu de temps après la séance de ball-trap improvisée à partir d’un hélicoptère Apache. Il a demandé à bénéficier d’une assistance psychologique qui lui a été refusée par son commandement. L’état major ne va sûrement pas se priver dans les jours qui viennent de mettre en doute les facultés mentales des deux anciens combattants (« veterans » en américain) pour expliquer leur tirade.

Josh Stieber, qui est retourné dans sa famille à Laytonsville dans le Maryland, n’était pas présent ce jour là mais il a indiqué avoir été témoin des mêmes scènes au cours des 14 mois qu’il a passé à Bagdad : « les actes dépeints sur la vidéo surviennent tous les jours dans cette guerre là » a-t-il ajouté en insistant sur l’effet désastreux qu’ils produisent tant sur les civils que sur les militaires engagés.

Missive

Bien qu’ils affirment que l’unité s’est conformée aux règles habituelles dans un cas de ce genre, ils admettent leur responsabilité dans l’incident et souhaitent engager le dialogue afin d’éviter que des faits similaires ne se reproduisent dans l’indifférence générale ; en 1914, les mecs auraient sans doute été fusillés pour trahison en tenant des propos pareils ; qu’on en juge :

«  A tous ceux qui ont été blessés ou ont perdu des êtres chers pendant les tirs effectués en juillet 2007 à Bagdad et qui sont dépeints sur la vidéo titrée ‘meurtres collatéraux’ mise en ligne par Wikileaks, nous adressons cette lettre. A vous, à vos familles et à votre communauté, en étant parfaitement conscients qu’elle ne peut réparer les pertes que vous avez subies. (suite…)


A noter que les fabricants de DAB sont également les fabricants de « machines à voter »… dans les deux cas on nous dit, « ne craignez rien, c’est inviolable »…

[STÉPHANE SELLAMI – Le Parisien – 26/04/2010]

Ils pillaient les distributeurs de billets avec un ordinateur

Trois hommes soupçonnés d’avoir dérobé plusieurs dizaines de milliers d’euros en piratant des distributeurs de billets viennent d’être arrêtés. «Le Parisien» dévoile leur mode opératoire.


C’est sans doute la première affaire de ce genre identifiée en France. Trois hommes soupçonnés d’être parvenus à pirater les ordinateurs contrôlant les distributeurs automatiques de billets (DAB) de banque ont été interpellés au début du mois d’avril par les policiers de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).

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(…)  Tout commence le 18 mars 2009 dans une agence de la BNP à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). A leur arrivée, les employés constatent que le DAB, situé dans un sas, a été dégradé. Un trou d’une dizaine de centimètres de diamètre a été percé à proximité du distributeur. L’exploitation de la vidéosurveillance montre trois hommes, portant des perruques, des bonnets et des lunettes, en train de pénétrer vers 6 heures dans le local du DAB. Rapidement, les trois inconnus masquent l’objectif des caméras à l’aide d’une bombe de peinture noire.

« Le décompte de l’argent a permis de découvrir qu’il manquait près de 75 000 € dans ce distributeur, relate une source proche de l’affaire. L’ouverture du coffre du DAB n’avait pas été dégradée. Il y avait juste ce trou. » Saisis de l’enquête, les policiers de l’OCLCTIC établissent que les voleurs ont agi directement sur le système informatique de l’appareil et que seul un technicien en charge de sa maintenance pouvait en prendre ainsi le contrôle. « Trois autres tentatives de vol, selon le même mode opératoire, ont été recensées, toujours en mars 2009, dans des agences bancaires à Paris, Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et Chelles (Seine-et-Marne), ajoute la même source. Pour agir en toute tranquillité, les voleurs plaçaient des affichettes avec l’inscription “hors service” sur la porte du DAB. »

L’analyse technique de plusieurs distributeurs a permis aux policiers de déterminer la manière d’opérer des malfrats : après avoir percé un accès vers l’ordinateur contrôlant le DAB, les malfrats y connectaient un second ordinateur. Ils utilisaient ensuite un logiciel approprié pour actionner la distribution des billets.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/ils-pillaient-les-distributeurs-de-billets-avec-un-ordinateur-26-04-2010-899883.php#


Quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur le barbu et ses femmes voilées, ce qui est grave c’est qu’un Ministre de l’Intérieur, donc garant des lois de la République, se permette des déclarations dignes d’un pilier de bar, ignorantes de la loi. On est dans la propagande la plus totale, on joue sur un sentiment d’indignation et de racisme pour faire oublier les vrais problèmes… il est tout aussi lamentable de ne pas entendre les organisations progressistes réagir vivement à ce genre de procédés grossiers…

[Bruno Roger-Petit – Le Post – 24/04/2010

Brice Hortefeux a enfin trouvé le musulman de ses rêves: le mari de la porteuse de voile verbalisée au volant en Loire-Atlantique par un policier pointilleux. Et avec Brice Hortefeux, on imagine la joie des Zemmour, Estrosi, Besson, Levy, Copé, Guérin, qui tous, nous serinent depuis un an que l’Islam, c’est la fin de la France, de Rome, de l’Europe, du 13h de TF1, de la cuisine française et de la télé réalité.

Brice Hortefeux est content. Dans son petit courrier adressé à Eric Besson, il dénonce (au conditionnel) l’époux de la femme verbalisée. Selon ses informations, l’époux de cette femme «appartiendrait à la mouvance radicale du Tabligh et vivrait en situation de polygamie, avec quatre femmes dont il aurait eu douze enfants. Au demeurant, chacune de ces femmes bénéficierait de l’allocation de parent isolé (…). J’ajoute, en outre, que ces quatre femmes porteraient le voile intégral. (…) J’ai demandé au préfet de la Loire-Atlantique de faire, sans délai, toutes les diligences utiles, auprès du parquet et des services sociaux, pour réprimer, le cas échéant, les faits de polygamie et de fraude aux aides sociales qui ont été signalées. Je vous serais très reconnaissant, en outre, de bien vouloir faire étudier les conditions dans lesquelles, si ces faits étaient confirmés, l’intéressé (NDLR : l’époux) pourrait être déchu de la nationalité française ».

Première remarque: cette lettre de délation (il faut bien appeler les choses par leur nom) fait froid dans le dos pour ce qu’elle révèle de la personnalité de son auteur. Passons.

Deuxième remarque: cette lettre de délation est un modèle du genre. Jouant des astuces de l’ultra-médiatisation que son initiative ne peut manquer d’entraîner, le ministre de l’Intérieur réussit l’exploit d’amalgamer en quelques lignes Musulman-intégriste-radical-polygame-fraudeur. C’est l’équation parfaite que Jean-Marie Le Pen lui même n’était jamais parvenu à obtenir en cinquante ans de carrière. Je vous le dis: un modèle.

Troisième remarque: cette lettre de délation, si l’on s’en tient aux éléments que rapporte le ministre et si les personnes mises en cause ont respecté le droit français fait état de faits qui ne sont en rien juridiquement répréhensibles.

-L’homme vit en situation de polygamie. Non. En droit, la polygamie, c’est le fait de contracter plusieurs mariages civils. Selon ce que l’on sait de cet homme, il ne s’est marié qu’une fois sur le territoire français, avec la citoyenne verbalisée, ce qui lui a permis d’obtenir par la suite la citoyenneté française. Pour le reste, il fait ce qu’il veut de sa vie privée. Songez-y: si on commence à demander la déchéance de la nationalité française de tous les citoyens de ce pays qui ont des double, triple, voire quadruple vie, avec enfants à la clé, on sera surpris du résultat…

-Chacune de ces femmes bénéficierait de l’allocation de parent isolé: CQFD: si ces femmes en bénéficient dans les conditions requises par la loi française, c’est bien qu’elles ne sont pas mariées civilement. Donc, pas de polygamie, et une situation qui est conforme au droit français en matière de prestations sociales. Et si elles ont décidé de vivre sous le même toit, avec un couple marié, cela ne regarde qu’elles, et elles seules, dans le cadre de leur vie privée. Juridiquement, il n’y a rien d’illégal à vivre dans ces conditions. Ce qui se passe entre ces personnes ne concerne en rien Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur. Faut-il poursuivre les survivants des communautés hippies des années 70 et les déchoir de leur citoyenneté?

Cela dit, la lettre du ministre est évasive. L’épouse civile a-t-elle des enfants? Il ne le dit pas. C’est bien dommage. Car si elle perçoit une allocation de parent isolé en étant mariée et vivant sous le même toit que son mari, oui, il y a problème. Sauf que ça n’est pas son mari le fraudeur, mais elle.

-Ces quatre femmes porteraient le voile intégral: Pour le moment rien ne l’interdit dans notre beau pays. Et gageons que si l’on demande une explication à ces femmes, elles affirmeront que c’est une démarche volontaire et consciente et que leur mari ou hébergeur ne les oblige en rien. Et qui pourra leur contester? Personne.

Quatrième remarque: le code civil précise en son article 25 les conditions nécessaires requises pour déchoir un citoyen de sa nationalité. Il existe cinq motifs possibles:

1. S’il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ;

2. S’il est condamné pour un acte qualifié de crime ou délit prévu et réprimé par le chapitre II du titre III du livre IV du code pénal (chapitre inexistant, selon Légifrance, le site du gouvernement qui regroupe tous les textes de loi applicables en France) ;

3. S’il est condamné pour s’être soustrait aux obligations résultant pour lui du code du service national ;

4. S’il s’est livré au profit d’un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France ;

5. S’il a été condamné en France ou à l’étranger pour un acte qualifié de crime par la loi française et ayant entraîné une condamnation à une peine d’au moins cinq années d’emprisonnement.

Comme le note le Monde : « M. Hortefeux cite deux délits pour justifier sa requête : des « faits de polygamie » et de « fraude aux aides sociales ». Les fraudes aux aides sociales n’ayant rien d’exceptionnel, on peut supposer que le délit méritant une déchéance de nationalité dans l’esprit du ministre soit celui de polygamie. L’homme n’ayant, a priori, pas été condamné pour ce délit, quatre des cinq motifs cités par le code de la nationalité sont inopérants. Reste à démontrer qu’il s’est « livré au profit d’un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France ».

Tout cela bien considéré, la manœuvre du ministre de l’Intérieur apparaît pour ce qu’elle est: la tentative d’exploitation médiatico-politique d’un cas isolé monté en épingle, le tout au mépris le plus absolu de la vérité, du droit et des libertés publiques. Chacun en jugera selon ses dispositions d’esprit et l’idée qu’il se fait de la République.

http://www.lepost.fr/article/2010/04/24/2046161_hortefeux-et-son-musulman-polygame-et-fraudeur-du-vent-et-des-mensonges.html


Même plus besoin de faire du Warchalking — Google s’en charge !

[Guillaume Champeau – Numérama – 23/04/2010]

Un réseau Wifi installé chez soi mais visible de l’extérieur relève-t-il du domaine public, ou du domaine privé ? En Allemagne, selon The Register, le Commissaire Fédéral de la Protection des Données Peter Shaar (l’équivalent du président de la CNIL) s’est dit « horrifié » de découvrir que les véhicules parcourant les rues pour Google Street View enregistraient au passage les réseaux WiFi qu’ils croisaient, et même les adresses MAC de leurs utilisateurs. Ces adresses sont uniques, et rattachées à chaque appareil qui se connecte à un réseau. Il estime que ces collectes sont illicites, et demande à la firme de Mountain View de supprimer toutes celles déjà enregistrées.

Le garant allemand de la protection de la vie privée est déjà en croisade contre Google Street View, qu’il juge trop intrusif de l’intimité des Allemands, même s’il ne photographie et met en ligne que ce que n’importe quel passant pourrait faire dans les rues du pays. C’est d’ailleurs l’argument clé de Google, qui estime qu’il n’y pas violation de la vie privée là où les données enregistrées étaient visibles de tous à l’endroit et au moment où elles ont été capturées. Une interprétation a minima des lois sur la protection des données, qui lui permet de ne pas avoir à recueillir au préalable d’autorisation, ni même de déclarer les collectes.

La firme de Mountain View a expliqué au Spiegel que « l’acquisition de données des réseaux WiFi n’est pas quelque chose de nouveau, ni quelque chose que fait seulement Google« . « Ce type de données est collecté depuis des années par différentes sociétés, y compris allemandes« . Le journal donne l’exemple du Fraunhofer Institute, qui a décidé début 2008 de quadriller les rues de Nuremberg pour établir une cartographie des réseaux WiFi disponibles. Il cite aussi Skyhook, qui scanne les réseaux WiFi et tours GSM pour faciliter la géolocalisation par triangulation. En comparant dans un lieu donné la puissance de réception de trois émetteurs sans fil alentours dont on connaît la localisation, il est possible de déterminer relativement précisément la position où l’on se trouve.

Pour Google, les noms des réseaux WiFi et même les adresses MAC, qui sont attachées à des objets et non des individus, ne sont pas des données privées. Mais il pourrait devoir le défendre en justice si la CNIL allemande décidait d’intenter des poursuites. S’il est vrai qu’elle n’a jamais inquiété les autres sociétés, le fait que Google puisse croiser ces données avec les adresses MAC collectées par ses services en ligne accroît les craintes.`

http://www.numerama.com/magazine/15584-google-street-view-enregistre-les-reseaux-wifi-prives-et-leurs-adresses-mac.html

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