décembre 2010



Suite du feuilleton de « La Secte » (http://sitedelasecte.free.fr) et de Jean-Paul Ney (entre autres)… Pour ceux d’entre vous qui ne vont pas/plus sur Usenet, c’est une histoire qui remonte à…. combien déjà ? Dix ans ?

En tout cas, c’est rassurant de constater qu’il y a encore des juges intelligents… la lecture du jugement est un vrai régal !

Hé Thierry, la prochaine fois, réfléchis..

[Legalis.net – 29/12/2010]

Quand des « usenautes » s’affrontent devant le juge après s’être étripés en ligne, cela donne une décision de justice riche en enseignement sur le droit de la diffamation et de l’injure sur internet. Le jugement du 17 septembre 2010 de la 17ème du TGI de Paris montre bien que ces infractions sont affaire de contexte. Et celui de cette espèce est particulier puisque les propos reprochés sont tenus dans le cadre d’un usenet dédié à « l’engueulade ». Le juge a donc tenu compte du genre de support en cause, un forum de discussion non modéré où une grande licence dans l’expression était de rigueur, pour rejeter les demandes de la partie civile, qui n’a pas comparue et n’a pas davantage été représentée.

Le forum.misc.enguelade, particulièrement actif entre 2002 et 2004, permettait à une « meute » d’internautes de mettre en pâture une victime, souvent une novice sur usenet qui « refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles ». La partie civile, plus vindicative et probablement plus procédurière que ses « camarades », a choisi de clore la discussion sur le terrain judiciaire en portant plainte contre neuf d’entre eux.

Le tribunal a fait une distinction entre deux internautes qui s’exprimaient dans le but d’informer les « usenautes » contre les agissements du groupe en cause. Le premier avait créé un site pour répondre, de manière rigoureuse et sérieuse, aux diffamations et injures dont il prétendait faire l’objet. Il avait également constitué une « trousse-à-outils » très documentée, destinée à être utilisée pour se défendre en justice. Le tribunal lui a reconnu le bénéfice de la bonne foi.

Quant à l’utilisation des termes « nuisibles » ou « lâches », le tribunal a estimé qu’elle ne dépassait pas, dans ce contexte, les limites admissibles de la liberté d’expression.

Le second mis en cause est un journaliste (NdL&I : Jean-Paul Ney) qui avait pris soin de ne pas désigner ou de ne pas associer la partie civile aux propos tenus. L’action a donc été reconnue irrecevable. Les autres internautes s’étaient simplement mais agressivement exprimés sur ce forum.

Le tribunal a examiné les messages en cause mais ne les a pas considérés comme diffamatoires ou injurieux, notamment en raison du comportement provocateur de la partie civile, même si les prévenus ont répondu à la provocation. Trois d’entre eux ont obtenu une indemnisation de 300 euros pour procédure abusive. La décision a été frappée d’appel.

Quelques extraits du jugement :

La plupart des messages incriminés ont été mis en ligne sur le réseau Usenet, soit l‘archéologie du réseau internet qui repose sur un protocole technique distinct du http, et offre aux internautes une arborescence de forum de discussion dont l’indexation technique révèle le thème. Les messages sur Usenet sont généralement courts et le fait d’habitués qui organisent la police de ce réseau, selon le principe un internaute une voix, en décidant par exemple de soumettre à référendum la création d’un nouveau forum, la suppression d’un forum déviant, l’exclusion de tel internaute, etc. Par nature, aucun de ces forums n’est modéré et la plus grande liberté de ton y règne ; la licence y est quasiment totale, la modération considérée comme une censure, et la plupart de ses fidèles s’y exprime sous pseudonyme. Les facilités d’échanges entre internautes comme l’idéologie libertaire qui a présidé à la naissance d’Usenet, initialement très affectionné par les universitaires et les informaticiens, en expliquent le succès d’origine.

Quoique parfaitement publics et accessibles à tous, les messages sur Usenet -dont certains forum de discussion ou “news group” sont, pour partie au moins, à internet ce que le “ça” est en psychanalyse- ont donné lieu à très peu de contentieux ou de plaintes, ses utilisateurs les plus orthodoxes répugnant ordinairement à saisir un tiers étranger à leur milieu, et ceux qui n’en sont pas familiers les tenant, à tort ou à raison, pour le fait d’addicts aux échanges interminables ou stériles.

II est cependant advenu que certains utilisateurs d‘Usenet se soient fait un nom en justice en s’attaquant les uns les autres dans d’interminables procès, à la suite d’échanges de messages sur un forum dédié, accessible à l’adresse “fr.misc.engueulades.html”, qui, comme son nom l’indique, est un défouloir auxquels les plus masochistes des internautes ne manquaient pas de se connecter dans les années 2002-2004. Les fidèles de ce forum ont coutume de le désigner sous l’acronyme FME (pour « forum misc.engueulade »).

Une parfaite compréhension des termes du litige suppose encore qu’un mot soit dit du site de « La Secte”, accessible à l’adresse http://sitedelasecte.free.fr, qui se présente en ces termes sur sa page d’accueil. Seul un choix d’extraits significatifs en sera donné :

“La charte de FME veut qu’on n‘initie pas un fil [de discussion]. Ce groupe est destiné aux engueulades, comme son nom l’indique, connard. Il se divise en deux catégories de participants : la victime, et la meute, […] On les appelle les connards de FME. Le pauvre hère de victime se voit immédiatement jeté en pâture à toute la meute féroce liguée comme un seul homme contre lui sans aucune raison valable. […] Un vote est organisé chaque mois, pour l’élection de la plus méritante victime, qui se voit décerner le Mimile d’or du mois. […] Un prix spécial est en cours d’établissement pour les petits êtres : “méprisables, haineux, lâches, veules, couards, mythomanes, calomniateurs, sans honneur, xénophobes, racistes, antisémites, homophobes, scatos, incultes, vulgaires, idiots, bêles et méchants » […] On en recense deux exemplaires sur Usenet. […] La vivacité du groupe dépend de la qualité des victimes, et parfois les fils [de discussion] sont tellement longs qu’il est impossible de les comprendre autrement qu’en lisant au moins deux fois par jour. […]

La victime est, en général novice sur Usenet et refuse catégoriquement d’en comprendre et accepter les règles. La meute possède un équipement de détecteurs à victimes personnalisés et surpuissants. […] Les menaces de violences physiques à l’encontre des spectateurs de la meute sont particulièrement appréciées, de même que les insultes envers les membres de leur famille. Les propos racistes, sexistes, homophobes, xénophobes et l’apologie de groupuscules d’extrême droite sont des plus appréciés. […]. Quelques victimes consentantes ou non (rien ne les oblige à rester) se voient vite attribuer un surnom avant que d’être sauvagement déchiquetées par “la meute des connards de fme “. […]

Le membre n°1 de la secte est Monsieur Titi “régulièrement zusurpé par d’horribles husurpateurs qui zusurpent“. On compte “certain” nombre de Monsieur Titi, qui se battent tous pour être le vrai. […] Inutile de choisir votre camp avec circonspection, le choix se fait selon de mystérieuses accointances, les nuits de pleine lune, au cours de réunions secrètes de la secte dans les forêts de bretagne ou dans le maquis corse…”

Le 1er avril 2004, “La Secte” a été remplacée par “La Neuf » (Nouvelle Eglise de l‘Usenet Francophone) dont la liste de membres affichée sous pseudonyme est très semblable. Un même trophée du “Mimille du mois” est également attribué. Enfin, à suivre la présentation qu’elle en fait elle-même, “La Neuf » comporte un “Grand Patriarche”, des “Dignitaires”, un « Clergé séculier” et un “Clergé régulier”.

http://legalis.net/spip.php?page=jurisprudence-decision&id_article=3055


Pourquoi est-ce toujours l’autre file qui avance plus vite que la mienne, devant les caisses du supermarché ?


[Faits & Documents N° 307 – 15 décembre 2010]

Rarement évoquée dans les médias, la complexe fratrie Sarközy ne manque pas d’intérêt. On y trouve en effet deux frères, Guillaume et François, mais aussi un demi-frère, Pierre-Olivier (dit Olivier) Sarközy, et une demi-soeur, Caroline Sarközy, épouse Fournier. Ils occupent, en général, des positions éminentes, voire d’exception. Voici l’étonnante saga d’une famille très cosmopolite.

À l’origine, il y a Pal Sarközy de Nagy-Bocsa (cf, avec plus de précisions, nos portraits de Nicolas Sarközy dans F&D et dans l’Encyclopédie politique française, tome II). Né le 5 mai 1928 à Budapest et déclaré comme protestant (mais sa mère était catholique), ce hobereau, issu d’une famille de petite noblesse (anoblissement le 10 septembre 1628) devait s’enfuir de Hongrie dans des circonstances mal connues. En 1948, il s’engagea dans la Légion étrangère à Baden-Baden, pour venir en France, et devait réussir à se faire rapidement exempter pour de fausses raisons médicales (grâce à un médecin hongrois, ami de son père).

Il épousa, en premières noces, Andrée (dite Dadu) Mallah, avocate au barreau de Nanterre, née à Paris, le 12 octobre 1925, civilement à Paris XVIIe, le 8 février 1950. Elle est la fille du chirurgien urologue Benedict Mallah, juif de Salonique converti au catholicisme peu avant son mariage, le 19 octobre 1917, avec Adèle Bouvier, infirmière catholique (mariée en premières noces avec un infirmier militaire, René Prost, mort pour la France le 2 mars 1916). Le mariage de Pal Sarközy et d’Andrée Mallah aurait été suivi d’un mariage religieux à St-François-de-Salles, mais il n’en a pas été retrouvé trace semble-t-il.

Pal Sarközy quitte le domicile conjugal en 1959 et le couple divorcera rapidement. Il se remariera, à une date non définie, avec Mélinda d’Eliassy, née à Budapest le 16 avril 1942 (semble-t-il), fille d’Ivan Eliassy et de Véronique Mallet (descendante des barons Mallet de Chalmassy), décédée le 15 décembre 2004. Le couple, qui n’aura pas d’enfant, divorcera également, et Pal Sarközy se remariera, en 1964 ou 1966 (les dates divergent) avec Christine de Ganay, fille de Philippe de Ganay et de Marie- Hélène Blanchy. Pal Sarközy divorcera à nouveau et se remariera une quatrième fois (il est maintenant marié avec la même femme depuis 40 ans). Après l’élection de son fils à l’Élysée, ce séducteur patenté a publié un ouvrage aussi graveleux que hâbleur sur son itinéraire, Tant de vie (Plon, 2010).

Pierre-Olivier Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Olivier Sarközy (voire Oliver Sarközy, comme souvent écrit outre-Atlantique) est un demi-frère de Nicolas Sarközy. Né en 1969, il est le fils de Pal Sarközy de Nagy-Bocsa, le père de Nicolas Sarközy, et de sa troisième épouse, Christine de Ganay. Sept ans après la naissance de Pierre- Olivier, sa mère, qui avait rapidement divorcé de Pal Sarközy, se remariera, le 28 juin 1976, avec un important diplomate américain, Frank G. (George) Wisner, qui deviendra alors le beau-père de Pierre- Olivier Sarközy.

(NdL&I: sur les relations intéressantes liant le jeune Sarkozy, souvent en vacances chez son demi-frère et sa belle-mère Christine, dans la maison d’un ponte de la CIA, il est intéressant de lire l’analyse qu’en a fait Thierry Meyssan dans « OPÉRATION SARKOZY : LES RELATIONS ANCIENNES ET INTIMES DE NICOLAS SARKOZY AVEC LA CIA… ET AVEC LA MAFIA CORSE« )

Né en 1938, Wisner fut plusieurs fois ambassadeur (Inde de 1994 à 1997, aux Philippines en 1991-1992, en Égypte de 1986 à 1991, en Zambie de 1979 à 1982), sous-secrétaire d’État à la Défense (1993-1994), membre du conseil d’administration d’Enron, du Council on Foreign Relations, de la Rand Corporation. Il était encore en poste durant les années 2000 puisqu’il fut alors le représentant spécial des États-Unis au Kosovo. Son père, Franck Wisner, fut l’un des fondateurs de l’OSS puis un haut responsable de la CIA en Europe durant la Guerre froide, qui participa notamment à la création des fameux réseaux « Stay Behind » (dont le Gladio italien fonctionna jusque dans les années 1980). (NdL&I: sa belle fille, Christine de Ganay, est d’ailleurs l’ancienne secrétaire d’Achille de Peretti, garde du corps de De-Gaulle, fondateur du SAC, homme de confiance du réseau Stay-Behind… et parrain de la mafia corse) (suite…)


[Alternet – Democracy Now – 20/12/2010]

Naomi Wolf et Jaclyn Friedman débattent  les accusations de viol contre Julian Assange

La semaine dernière, Naomi Wolf a publié une lettre ouverte à  Interpol qui a suscité la colère de certaines féministes.Sous le titre  ‘Julian Assange capturé par la police mondiale du flirt,’ elle semblait vouloir écarter les accusations contre Assange — et donc ses accustratices — comme étant une banale affaire de dispute entre deux amants . Jaclyn Friedman, directrice du groupe de pression « Women, Action and the Media », a été l’une des critiques les plus actives de cette initiative de Naomi Wolf – qui a de son côté reçu le soutien du groupe féministe « Women against Rape ». Hier matin, dans l’émission de télévision « Democracy Now! » elles ont échangé leurs arguments :

http://www.alternet.org/story/149269/naomi_wolf_and_jaclyn_friedman_debate_julian_assange

 


[Jean Tosti – CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde) – 16/12/2010]

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.

C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.

https://libertesinternets.wordpress.com/wp-admin/post-new.php


Chez Philippe de Villiers, c’est « Festen », « Santa-Barbara » et « Desperate Housewives » tous les jours… Et on admirera encore une fois la magnifique omerta de la presse française dans ce domaine… de toute évidence, le taliban du Puy-du-Fou a les moyens de faire taire les fâcheux… et faire annuler les procès.

Pour plus de détails, c’est ici : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101216.OBS4859/dans-l-hebdo-le-fils-perdu-du-clan-villiers-par-isabelle-monnin-14-10-11.html

[INTERVIEW] « Laurent de Villiers est un martyr »

[Interview d’Anne de Kervenoael, cousine de Phillippe de Villiers, par Bérénice Rocfort-Giovanni – Nouvelobs.com – 15/12/2010]

Interrogée par Nouvelobs.com, Anne de Kervenoael, est la  seule membre de la famille Villiers à soutenir Laurent de Villiers, qui accuse son frère de viol. Elle espère un renvoi de l’affaire devant les assises.

Dans quel état d’esprit se trouve Laurent de Villiers à l’approche du 17 décembre, jour où la justice va décider du renvoi ou non devant les assises des mineurs de son frère, Guillaume de Villiers ?

– Laurent est à la fois confiant et inquiet. Son père, Philippe de Villiers, a répété à l’envi qu’il y aurait un non-lieu. Mais Laurent est serein, car il y a de nombreux éléments dans le dossier : le mail de Guillaume [datant du 2 septembre 2006, dans lequel il demande pardon à son frère, NDLR], les enregistrements réalisés lors de la visite de son frère Nicolas aux Etats-Unis en 2008….

Qu’envisage-t-il de faire en cas de non-lieu ?

– On ne pourra plus rien faire. Nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer. Un non-lieu serait un grand drame pour Laurent, comme pour moi. Tout ce que veut Laurent, c’est être reconnu comme victime. C’est un martyr. Il a subi tous ces viols, et en plus, il a été trahi par sa famille.

Sa famille lui a tourné le dos. Vous êtes la seule à être restée en contact avec lui. Pourquoi le soutenez-vous ?

– Je suis la seule personne qui s’en occupe. Philippe de Villiers a voulu isoler Laurent. C’était une machination. J’ai ramassé les morceaux. Quand Philippe de Villiers a dit devant la presse que Laurent avait été manipulé par les islamistes (sic ! NdL&I) , j’ai tout de suite compris que mon cousin prenait un mauvais chemin. Soit cette histoire d’inceste était vraie, soit elle était fausse, mais dans tous les cas, il fallait aider Laurent. Or, il a été flanqué à la porte de chez lui. On lui a fait savoir qu’on ne voulait plus de lui. Cet enfant s’est retrouvé seul. Je lui ai alors tendu la main. J’étais sûre qu’il disait la vérité. Il m’a montré le mail envoyé par Guillaume. En 2009, Laurent est venu habiter chez moi quelque temps. Il faisait des cauchemars et hurlait toutes les nuits. Il ne pouvait pas jouer la comédie à ce point-là. Après la réconciliation familiale en 2007, Laurent est venu dîner avec son père. Je lui ai demandé: « Qu’allez-vous faire pour Guillaume ? » Il s’est mis en colère et a crié : « Je ne veux pas que Guillaume aille en prison ». Il a essayé de monter Laurent contre moi. Pendant un temps, nous n’avons plus été en contact. Mais finalement, Laurent est revenu vers moi et s’est reconstitué partie civile.

Avez-vous gardé des liens avec le clan Villiers ?

– Non. Tout le monde a peur de Philippe de Villiers, moi y compris. Avant que l’affaire n’éclate, j’étais pourtant très proche de lui.

De quelles natures sont les relations familiales chez les Villiers ?

– Je ne comprends pas cette famille, où règne l’hypocrisie et le mensonge. La mère de Laurent, Dominique de Villiers, dit que ce qui la tracasse le plus, c’est que Laurent n’aille pas au Paradis tant il a menti. Elle savait avant Philippe de Villiers ce qu’avait fait Guillaume. Je ne pouvais pas imaginer qu’ils gèreraient cette affaire aussi bêtement. Dès qu’on n’est pas d’accord avec eux, ils vous accusent de mythomanie. Je suis extrêmement malheureuse, car un enfant souffre au Nebraska. Il mettra très longtemps à s’en sortir.

Philippe de Villiers a donc cru son fils, lorsque celui-ci a affirmé avoir été victime d’abus sexuels de la part de son frère.

– Quand Philippe de Villiers m’a appelée en 2006 pour me parler de l’affaire, il m’a expliqué que cela faisait dix ans qu’il savait. Mais tout ce qu’il disait à Laurent, c’était : « C’est entre ton frère et toi ».

* Sollicité par Nouvelobs.com via son parti, le Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers n’a pas souhaité répondre à nos questions.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/opinion/20101216.OBS4827/interview-laurent-de-villiers-est-un-martyr.html


(Comemntaire de Diarra) Un socialiste nationaliste qui tire sur la foule des « musulmans » pour défendre son pays contre les « autres »…  ça ne peut que faire triquer des jacobinistes admirateurs de Thiers et de Gambetta… comme Mélenchon, Emmanuelli, Chevènement et Le Guen…

Une raison de plus pour leur cracher à la gueule, la prochaine fois qu’ils viendront nous faire des risettes sur les marchés…

[Antoine Sarawi – La revue Afrikinfo – 10/12/2010]

(…) Peu avant pourtant, il s’est  trouvé plusieurs membres du Parti socialiste français, Henri Emmanuelli en tête, pour venir à la rescousse du président sortant. Et ainsi implicitement avaliser la décision du Conseil constitutionnel ivoirien, dominé par ses proches, de proclamer Gbagbo élu avec plus de 51% des suffrages.

Ami personnel de ce dernier, le président du Conseil général des Landes a cru bon de fustiger « les donneurs de leçon » engagés dans « une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigée contre les autorités ivoiriennes. »  Si l’on mène à son terme la logique intellectuelle du « vrai homme de gauche » qu’ Emmanuelli a toujours prétendu être,  Alassane Ouattara le  serait donc  l’illégitime gagnant choisi, pour ne pas dire « coopté », par une sorte de  parti de l’ étranger, en clair l’Occident (Francafrique comprise bien sûr) et  les élites mondialisées. Et tant pis si rien n’est venu sérieusement étayer les accusations de fraudes dans les provinces du Nord, plutôt favorables à Ouattara,  martelées par le camp Gbagbo.

S’il faut probablement s’interroger sur les raisons profondes qui poussent plusieurs caciques socialistes (Jean-Christophe Cambadélis, Jack Lang, Jean-Marie Le Guen entre autres) à soutenir envers et contre tout un homme que François Hollande avait déclaré en son temps « infréquentable », l’angle d’attaque d’Emmanuelli risque hélas de trouver un écho bien plus dramatique sur place.

S’il entend coûte que coûte garder le pouvoir, le boulanger d’Abidjan, comme on surnomme Gbagbo pour son habileté à rouler amis comme adversaires dans la farine, pourrait bien jouer la carte du « nationalisme » et dénoncer  l’intrusion  des « puissances étrangères » dans les affaires du pays. A demi-mot, ce discours est déjà sur les lèvres de certains responsables de son parti et des « escadrons de la mort » réactivés depuis quelques jours.

Cette stratégie du pire qui désigne l’ Autre, le musulman, le demi-ivoirien aux « origines douteuses », a  longtemps exclu Ouattara de la vie politique du pays. Du temps où il était encore dans l’opposition Gbagbo l’avait dénoncée. Puis, après avoir accédé à la présidence et s’y être maintenu sans mandat pendant les cinq dernières années, il l’a reprise à son compte. Chaque fois que son trône a vacillé, Gbagbo a brandi une raison supérieure pour faire taire toute opposition :  la défense  des « intérêts supérieurs du peuple ivoirien ».

En 2004 il n’a pas hésité ainsi  à lancer ses milices et militaires  contre les soldats tricolores présents dans le cadre de l’opération de maintien de la paix et les milliers d’expatriés français lors de la crise de 2004, grandement aidé il est vrai par l’aveuglement de Jacques Chirac et Dominique de Villepin à l’époque.

Comme l’écrit François-Xavier Bourmaud :

Les socialistes connaissent Laurent Gbagbo depuis longtemps. Depuis les années 1980 en fait, lorsque, incarcéré sous Houphouët-Boigny, François Mitterrand lui rend visite en prison avant d’obtenir sa libération. Gbagbo sera ensuite expulsé vers la France où il rejoindra le PS et tissera des liens d’amitié avec de nombreux cadres du parti, Jack Lang et Henri Emmanuelli en tête, mais aussi Jean-Luc Mélenchon. À l’époque, au PS, la traditionnelle rivalité entre l’aile gauche et l’aile droite du parti se cristallise aussi autour du cas Gbagbo. 

Les socialistes se souviennent encore d’une réunion «épique» du bureau national à son sujet. Éric Besson s’était alors violemment opposé à Laurent Gbagbo et à son concept d’«ivoirité », avant de le traiter de «dictateur ». «Le ton est monté et il en est presque venu aux mains avec Mélenchon », se souvient un participant. Cette amitié de certains socialistes avec le président ivoirien perdure aujourd’hui, même si en 2004, François Hollande, alors premier secrétaire du PS, le déclare «infréquentable ».

«Garantir la paix civile»

Avant les élections de décembre, Jack Lang lui a rendu visite et lui a apporté son soutien. Hier, il l’a exhorté à quitter la présidence : «Tu te grandirais en reconnaissant les résultats», a-t-il lancé. Vendredi dernier, Henri Emmanuelli avait dénoncé dans un communiqué «les donneurs de leçons » en France, qui mènent selon lui «une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigée contre les autorités ivoiriennes ». Un soutien clair et sans faille à Laurent Gbagbo, mais qui va à l’encontre de la ligne officielle du PS, qui prend désormais ses distances.

Laurent Gbagbo «se doit de respecter le choix de son peuple », et de «tout faire pour garantir la paix civile », a tranché hier Martine Aubry. Avant le scrutin, le secrétaire national du PS aux relations internationales, Jean-Christophe Cambadélis, s’était rendu en Côte d’Ivoire pour redire la ligne officielle du parti adoptée en 2008 : «Pas d’évolution dans le statut des relations du PS avec Gbagbo sans élections. » «Je déplore aujourd’hui que l’on ne se soit pas donné les moyens pour contrôler l’élection et la rendre inattaquable », assure Cambadélis. À défaut de réussir à ramener Gbagbo à respecter les résultats du scrutin, il vient de lui écrire pour lui demander la levée des restrictions imposée à la presse.

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