septembre 2008



[Grégoire Seither – IES News Service – 24/09/2008]

Combien va coûter au contribuable américain l’opération de rachat des actifs pourris initiée par le Trésor ? On ne sait pas. Certains des détails les plus basiques, y compris le chiffre de 700 milliards de dollars avancé par les représentants du « Treasury » sont encore vagues. Hier mardi, une porte parole du Trésor américain a déclaré :   « Ce n’est pas un chiffre qui se base sur une quelconque analyse exacte des données, nous voulions simplement choisir un chiffre très élevé, »

Hmm… les analyses de la Fed et du Trésor sont « not based on any particular data point »…  si moi je gérais mon compte CCP de cette façon, ça ferait longtemps que je serais fiché aux interdits bancaires

http://www.forbes.com/home/2008/09/23/bailout-paulson-congress-biz-beltway-cx_jz_bw_0923bailout.html


Je ne sais pas qui à fait ce truc, reçu par mail, mais c’est assez pertinent pour une introduction à la question…

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La crise des subprime expliquee aux nuls
La crise des subprime expliquee aux nuls
La crise des subprime expliquee aux nuls
La crise des subprime expliquee aux nuls
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Désolé les copains, le Grand Soir ne va pas vous tomber tout cuit dans la bouche… revenant de 15 jours épuisants au Forum Social Européen de Malmö, je peux vous assurer que, si un projet « alter » de société existe, ce n’est certainements pas là-bas qu’il faut le chercher. Le ronron de la gauche, le psychodrame théatralisé des gauchistes… tout cela vous donne plus envie de sortir votre révolver que de croire que la chute du néolibéralisme est proche…

Si vous voulez un « autre monde », va falloir aller le chercher entre les griffes des capitalistes et ne pas croire que la « crise » va faire le boulot à votre place.

LA FABLE DE LA CRISE FINALE

[DENIS SIEFFERT – Politis – jeudi 25 septembre 2008]
L’évocation de la grande crise de 1929 sème toujours l’effroi, tant dans les milieux financiers que dans l’opinion. Elle avait précipité des millions de femmes et d’hommes dans la misère, et favorisé indirectement l’avènement du fascisme en Europe. On ne peut donc guère imaginer calamité plus épouvantable. Et cependant la tourmente n’a pas emporté le système. Elle n’a même pas eu raison de l’idéologie qui le soutenait. Sans jouer les grands clercs, nous savons déjà que la crise actuelle – quels que soient ses prolongements – n’achèvera pas davantage le système capitaliste, ni même sa variante néolibérale. Il n’y a pas de dépassement mécanique du capitalisme, tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’erreurs qu’il faudrait corriger mais d’intérêts qui ne disparaissent pas avec les crises. Comme en 1929, ce sont donc les petites gens qui cette fois encore vont payer. Ce sont ceux qui sont les plus éloignés du monde de la finance, ceux qui ignorent tout des techniques spéculatives, ou qui, tout au plus, ont eu la naïveté d’acheter à crédit sans en avoir les moyens, ce sont ces citoyens à qui on va demander d’assurer la pérennité du système.

La grande différence avec 1929, c’est que cette fois la catastrophe ne sera pas subie comme la conséquence du chaos ; elle sera anticipée et organisée. C’est ainsi que le président idéologiquement le plus hostile à l’intervention de l’État n’a pas hésité, jeudi, à prendre les mesures les plus antilibérales qui soient.

Deux jours après avoir décidé de nationaliser le géant des assurances AIG, promis sans cela à une faillite certaine, George W. Bush a annoncé le rachat par l’État fédéral de toutes les créances pourries. Ce gigantesque mistigri dont les financiers redoutent d’hériter au gré de transactions devenues par trop incertaines. En annonçant à la nation qu’il allait créer un organisme chargé de racheter les « actions toxiques », il a usé d’un argument stupéfiant : « Il s’agit, a-t-il dit, de protéger votre argent. »

Dans le langage cru dont on use généralement de ce côté-là de l’Atlantique, le président américain n’a pas esquivé la vérité : « Nous allons engager une masse considérable de dollars du contribuable. » Entre parenthèses, si l’on doit trouver une vertu à ce discours, c’est aussi sa brutale franchise. Chez nous, jamais nos politiques n’auraient tenu ce langage de vérité. D’ailleurs, on nous raconte cette fois encore que la crise sera pour nous indolore (lire à cet égard la démonstration du contraire par Dominique Plihon). Mais laissons là cet hommage tout relatif à la tradition politique américaine. Car, sur le fond, les chiffres sont effrayants. On parle de mille milliards de dollars à la charge du contribuable pour réparer les frasques d’un système financier sans scrupules. Et de managers qui, eux, sortent de la crise indemnes, voir enrichis par de confortables« golden parachutes ». Ce sont donc les victimes de l’ultralibéralisme, celles qui paient déjà au quotidien la doctrine de l’effacement de l’État, par la destruction du système de santé, par les conséquences sociales des déréglementations et des privatisations, qui sont convoquées pour renflouer les banques.

Deux autres arguments iront droit au cœur du citoyen américain. Le secrétaire d’État au Trésor, Henry Paulson, a fait observer que cette saignée est moins préjudiciable pour le contribuable que ne l’aurait été l’effondrement de tout le système financier. Façon d’avouer que ce sont toujours les mêmes qui paient. Enfin, des commentateurs bien intentionnés ont noté que ces « mille milliards » de dollars ne représentaient jamais que huit années de guerre en Irak. On ne sait s’il s’agit, dans leur esprit, de critiquer la guerre ou au contraire de minimiser la ponction opérée par l’État sur les ménages américains. Quoi qu’il en soit, tous ces discours relèvent de la même vision du monde. Une vision qui ne peut pas se projeter hors d’un système perçu comme aussi immuable que la succession des jours et des nuits.

Ce qui nous ramène à notre point de départ. Un capitalisme qui se régénère sur le dos des peuples n’a guère de limites. La crise finale est une fable. Et, sans même parler ici de la chute du capitalisme (vaste sujet !), même le néolibéralisme a la vie dure. Il ne meurt ni de honte ni de la répétition de ses échecs. Il s’accommode parfaitement des interventions étatistes qui résolvent artificiellement ses crises sur le dos des gens. Seule la politique peut proposer d’autres solutions. Ce qui nous renvoie à des sujets qui nous sont familiers. Mais où est donc l’autre projet de société crédible ? Quelle force politique est susceptible de le faire entendre ? À part quelques aimables remarques sur la nécessité d’une « plus grande régulation », le silence de la gauche est assourdissant. Même cette critique destinée à banaliser le caractère systémique de la crise, c’est Nicolas Sarkozy qui l’a formulée. C’était mardi, à la tribune des Nations unies. Preuve par l’absurde que le discours de la gauche doit aller beaucoup plus loin. Et ouvrir de véritables alternatives.

http://www.politis.fr/La-fable-de-la-crise-finale,4499.html


On est à fond dans la stratégie annoncée par Greg Palast, dans son livre l’an dernier (ARMED MADHOUSE – quelques chapitres ont été traduits ici). Le but de l’opération n’est plus de bourrer les urnes ou de traffiquer les résultats (trop visible) mais tout simplement d’empécher un maximum d’électeurs du camp adverse de se rendre aux urnes. A la fin, l’élection se joue sur une poignée de voix… commme dans l’Ohio, en 2004, ou la victoire de Bush a été décidée sur une avance de moins de 45 000 voix (pour un pays de 300 millions d’électeurs

[Gregoire Seither – IES News Service – 12/09/08]

L’Etat du Michigan est un « swing state », un Etat où le basculement même infime de la majorité des votes pourrait bien décider du résultat de l’élection présidentielle US de 2008. Le comté de Macomb est lui même un levier important pour décider du résultat de l’élection. Les électeurs Démocrates y sont nombreux, mais aussi les indécis. La victoire se jouera donc sur quelques milliers, voire quelques centaines de voix.

Dans le comté de Macomb, comme ailleurs, la crise du « subprime » a surtout frappé des familles pauvres, noires, dont les faibles revenus ne permettent pas la poursuite du paiement de traîtes immobilières qui ont triplé par endroit. Des milliers de personnes ont perdu leurs maisons, saisies pour non paiement des traites. Aujourd’hui, grace au Parti Républicain, ces personnes vont également perdre leur droit de vote.

Comme par hasard, la majorité de ces personnes vit dans des districts électoraux traditionnellement acquis au Parti Démocrate.

James Carabelli, premier secrétaire du Parti Républicain dans le comté de Macomb, Michigan, a compilé une liste de maisons saisies et des noms de leurs propriétaires, afin de contester la participation de ces personnes à l’élection de Novembre prochain. « Si leur maison a été saisie, c’est donc qu’ils n’habitent plus ici… et donc ils ne devraient pas avoir le droit de voter ici. »

‘Nous avons compilé les listes des maisons saisies et nous allons être vigilant que personne ne puisse utiliser ces adresses pour prétendre voter dans les bureaux de vote que nous supervisons. » Pour Carabelli, il s’agit simplement de respecter la loi.

La législation électorale de chaque Etat permet aux partis politiques de désigner des ‘superviseurs électoraux’ qui ont le pouvoir d’empécher une personne de voter. Les superviseurs ne se contentent pas de surveiller le bon déroulement du vote, ils peuvent également contester le droit de vote d’une personne « pour laquelle ils ont de bonnes raisons de penser que cette personne n’est pas en droit de voter dans ce bureau de vote ». Il peut s’agir d’une personne tentant de voter alors qu’elle est privée de droits civiques (felon), il peut s’agir d’un étranger en situation irrégulière… ou tout simplement une personne qui ne réside pas vraiment dans la circonscription électorale.

Le Parti Républicain du Michigan compte apparemment s’appuyer sur ce dernier point pour empécher de voter des personnes « qui ne sont plus résidentes du district, puisque leur maison a été saisie ».

De nombreux experts juridiques mettent en doute la légalité d’une telle démarche. Pour Gerald Hebert, ancien expert électoral pour le Ministère de la Justice U.S. et directeur du Campaign Legal Center à Washington : « vous ne pouvez pas empécher un citoyen d’user de son droit de vote, sans élément concret à présenter. Une note de saisie n’est pas une preuve suffisante que la personne ne réside plus dans le district, la plupart des personnes ne quittent pas immédiatement leur maison, même quand elle a été officiellement saisie par la banque. »

Pour Hebert, « cette tactique est de toute évidence une manoeuvre mesquine pour écarter des urnes des gens dont on soupçonne qu’ils ne voteront pas pour le candidat McCain. On n’est plus en Floride, ils ne trafficotent plus les bulletins de vote et les machines à voter, ils empèchent simplement un maximum d’électeurs Démocrates de se rendre aux urnes. Soit par des méthodes légales comme celle-ci, soit par du harcèlement, soit par du sabotage de l’élection, en provoquant des embouteillages dans les bureaux de vote, obligeant les gens à faire la queue pendant longtemps… toujours dans le but de les décourager d’aller voter. « 

L’exploitation de la crise du subprime à des fins électorales est une nouvelle illustration de l’étroite implication de la campagne de John McCain avec les milieux financiers engagés dans la saisie de centaines de milliers de maisons à travers le pays. Ainsi, dans le comté de Macomb, le bureau de campagne du Parti Républicain est installé dans les locaux de l’entreprise Trott & Trott, spécialiste de la saisie immobilière. Le fondateur de la société David A. Trott, a collecté près de 250 000 dollars pour la campagne de John Mc Cain.


[Tim Carr – IES News Service – 10/09/2008]
Dans les grands centres urbains du Nord du continent américain, le nombre de maisons infestées par la punaise de lit Cimex lectularius a doublé ces trois dernières années. Ainsi, à Vancouver, les propriétaires affectés ont investi en moyenne 30 000 CA$ pour lutter contre cet insecte nuisible – sans grand succès.

Les déplacement plus fréquents, la densité urbaine, l’absence de sensibilisation publique mais surtout une résistance grandissante aux pesticides ont rendu la lutte contre les punaises presque impossibles. Pour Maria Abulel, des services de dératisation municipale de Vancouver : « Vous ne pouvez pas faire la guerre aux punaises. On ne peut pas les vaincre. »


Oh la vache, ça me rappelle le caté !!!!

http://www.youtube.com/watch?v=7-NOZU2iPA8


Si vous comprenez l’anglais, c’est hilarant !

http://www.youtube.com/watch?v=Vt_tv7t79WY

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