juillet 2007



Les escrocs récupéraient 40 centimes par communication. Qui récupérait le reste ?
Ne cherchez pas… c’est France Télécom ! Autrement dit, l’État.

La police met fin à l’escroquerie des numéros en 08
Des milliers de victimes, pour un préjudice total estimé à 600.000 euros.
[L’Expansion – 31/07/07]
L’arnaque était aussi simple qu’astucieuse. Ces derniers mois, des milliers de personnes ont reçu sur leur téléphone mobile des appels dont le numéro débutait par 08, sans avoir le temps de répondre. A la première sonnerie, l’appel était coupé. Intriguées, ces victimes rappelaient alors dans un cas sur trois ce numéro surtaxé, à 0,83 euro la minute. Au bout du fil, un message publicitaire, une invitation pour un jeu ou… rien du tout. Saisis d’une commission rogatoire d’un juge parisien, les spécialistes de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC, de la direction centrale de la police judiciaire), viennent d’interpeller trois responsables d’une société parisienne à l’origine de l’escroquerie. Alors que ces trois hommes récupéraient environ 40 centimes sur chaque communication, le préjudice total est estimé à 600.000 euros.

http://www.lexpansion.com/art/4647.160691.0.html


« Mais avant d’établir ce qu’est le bonheur, il faut en discuter avec les principaux intéressés, les représentants de la société civile et les ONG. Le Conseil de l’Europe a conduit une étude-pilote dans des villages français : après des soirées de discussions sur la façon de mesurer le progrès chez eux, leurs habitants ont mis en avant la protection de leur vie privée, un réel besoin dans ces microcosmes où tout se sait. »

Pour le chef statisticien de l’OCDE, « le produit intérieur brut ne fait pas le bonheur »
[LE MONDE | 05.07.07 ]

Enrico Giovannini, vous êtes chef statisticien de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a organisé du 27 au 30 juin à Istanbul – avec la Commission européenne, la Banque mondiale, le PNUD et la Conférence islamique – un forum où 1 200 spécialistes se sont penchés sur la façon de mesurer le progrès des sociétés. Peut-on mesurer le bonheur ?

La mesure du bonheur n’est pas un exercice ésotérique, comme le prouvent la multiplication des données et des études sérieuses sur ce sujet. On ne se contente plus de poser la question « êtes-vous contents de votre existence ? », mais on sait quantifier la qualité de la vie, la satisfaction du présent et même le bonheur – je dirai plutôt le progrès, notion moins subjective.

Les économistes savent désormais apprécier les conséquences des politiques menées par les gouvernants. Evidemment c’est plus sérieux, mais moins journalistique que de faire la liste des pays les plus heureux du monde et de leurs mérites respectifs !

L’entreprise est complexe : si nous avions sondé les Français après la défaite des Bleus en finale de la Coupe du monde de football 2006, leur moral n’aurait pas été fameux !

Comment mesure-t-on le bonheur ?

Le produit intérieur brut (PIB) ne fait pas le bonheur. Au-delà d’un certain revenu, le niveau de richesse ne joue plus et les personnes se tournent vers l’immatériel. On s’aperçoit ainsi que l’inflation, la densité de population et la quantité d’heures travaillées sont mal ressenties.

Pourquoi, sinon à cause de facteurs culturels, le Nigeria se dit-il heureux, alors que les besoins élémentaires n’y sont pas toujours satisfaits ?

Dans le cadre du Forum d’Istanbul, Lyonpo Jigmi Y. Thinley, ministre de l’intérieur et des affaires culturelles du Bouthan, a détaillé comment était calculé le fameux « bonheur national brut » dont s’enorgueillit ce pays. Il a énoncé neuf critères dont les premiers sont la stabilité macroéconomique, l’éducation, l’emploi, etc. Comme les autres pays.

Car il n’est pas possible d’inventer un indicateur synthétique, une sorte de PIB « bonheur ». On ne peut pas agréger l’économie, l’environnement et la psychologie. En revanche, on peut mettre au point des indicateurs complémentaires qui, à côté des indicateurs économiques, mesurent les droits de l’homme ou la qualité de la gouvernance.

Mais avant d’établir ce qu’est le bonheur, il faut en discuter avec les principaux intéressés, les représentants de la société civile et les ONG. Le Conseil de l’Europe a conduit une étude-pilote dans des villages français : après des soirées de discussions sur la façon de mesurer le progrès chez eux, leurs habitants ont mis en avant la protection de leur vie privée, un réel besoin dans ces microcosmes où tout se sait.

C’est le niveau local qui confère sa pertinence à un indicateur.

Est-ce que les gouvernants accepteront cette démocratisation ?

J’ai noté des résistances, car certains n’aiment pas voir mesurer les effets de leur politique. Une façon de les contourner consisterait à ne pas utiliser des indicateurs de moyens, car ils sont faciles à manipuler, donc contestés par l’opposition ; ainsi en est-il du ratio du nombre d’étudiants par professeur. Cet inconvénient disparaît quand on utilise des indicateurs d’objectif, comme le taux de réussite des étudiants.

On pourrait aussi emboîter le pas à l’Australie, l’Irlande et les Etats-Unis, où la société civile est appelée à dire son mot avant le choix d’indicateurs.

Qu’avez-vous décidé à Istanbul pour améliorer la mesure du progrès ?

Il ne suffit pas d’améliorer la recherche statistique afin qu’elle prenne en compte la qualité de la vie et les droits de l’homme ni de publier ces chiffres sur Internet. Il faut construire un pont entre ces chiffres et le citoyen.

On a demandé aux Européens, en avril 2007, s’ils connaissaient la croissance de leur PIB : plus de la moitié ont répondu négativement. On leur a demandé s’ils pensaient que leurs gouvernements utilisaient les statistiques pour prendre des décisions : « oui », ont répondu les Nordiques, qui ont le plus confiance dans les chiffres ; « pas tant que ça », ont répondu Britanniques et Français, plus méfiants.

Je pense qu’on pourrait créer une plate-forme informatique dédiée aux statistiques, un « Wikipédia du progrès » équipé d’un système d’évaluation solide, où les citoyens confronteraient leurs demandes et leurs critiques auprès de spécialistes.

A terme, il serait possible d’obtenir par ce moyen suffisamment de contributions pour faire évoluer les Objectifs du millénaire de lutte contre la pauvreté de l’ONU, indicateurs pour l’instant réservés aux pays en développement.

Vous allez me trouver utopiste : les pays développés pourraient, un jour, partager certains critères d’appréciation du bonheur avec les pays moins bien lotis.

Propos recueillis par Alain Faujas

STATISTIQUES
PALMARÈS. Ruut Veenhoven, de l’université Erasmus de Rotterdam, a compilé les données de 95 peuples sur vingt-cinq ans. Les plus heureux sont les Danois et les plus malheureux les Tanzaniens. Les Américains se classent au 17e rang et les Français au 39e. « Les pays heureux sont ceux qui sont riches (…), démocratiques, où règnent l’égalité des sexes et la liberté de choisir son mode de vie », selon M. Veenhoven.

MÉTHODOLOGIE. « Nous essayons de déterminer non la façon dont les gens jugent les politiques gouvernementales, mais les effets que celles-ci ont vraiment sur eux », estime Richard Layard, de la London School of Economics, car l’opinion des personnes interrogées peut être à l’opposé de leur satisfaction réelle.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-931939@51-932046,0.html


[Aporismes – mercredi 11 juillet 2007]
Tout le monde ou presque a dû croiser, quelques jours après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence, la création d’un site web cruellement prémonitoire : celui du « Ministère du Civisme et de la Délation » (www.delation-gouv.fr).

Une « blague de potache » pour ses créateurs, mais qui devient de moins en moins drôle à la lumière du dernier discours public de la ministre de l’Intérieur. Le 6 juillet elle participait à la « 7ème Rencontre avec les Associations d’aide et de victimes », en présence de la Garde des Sceaux Rachida Dati, dans l’amphithéâtre de l’Ecole des officiers de la gendarmerie nationale de Melun. Elle y venait résumer les grandes lignes de sa prochaine loi de programmation sur la sécurité intérieure (LOPSI), un chantier quasi incontournable pour tout ministre de l’Intérieur qui vient d’entrer en fonction en début de quinquennat.

Verbatim de Michèle Alliot-Marie : « Le ministère de l’Intérieur est celui de l’aide et du soutien aux victimes. (…) Il leur revient de leur apporter un indispensable réconfort et soutien, mais aussi des réponses concrètes et techniques sur l’avancement des investigations notamment. Je souhaite que nous progressions encore et ce dans deux directions : l’accès aux services et l’accompagnement des victimes. En ce qui concerne l’accès aux services, je souhaite mettre en place les moyens les plus modernes pour en faciliter l’accès et pour aboutir à la manifestation de la vérité. J’ai donc prévu d’inscrire dans la future loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure, la possibilité de déposer plainte en ligne. Pour les infractions qui de manière quotidienne alimentent l’insécurité, un commissariat virtuel pourra enregistrer les dépositions des victimes. » [1]

L’envoyé spécial de l’AFP à Melun, le même jour, précise en outre : « cette nouveauté concernerait « les infractions qui de manière quotidienne alimentent l’insécurité ». Ce « signalement des faits en ligne permettra aux victimes de porter plainte à partir de chez elles », a-t-on précisé à l’AFP dans l’entourage de la ministre. Cela leur « évitera les déplacements, les attentes », a-t-on ajouté de même source, et, de la sorte, « les services de police seront à même d’apprécier les faits et, le cas échéant, de proposer à la victime une date et un lieu de convocation », a-t-on poursuivi. Cette « première évaluation des faits » donnera aux services de police et de gendarmerie une meilleure latitude pour « recevoir les victimes de façon plus utile », selon l’Intérieur. En outre, souligne-t-on de même source, « la victime pourra ainsi se faire connaître sans crainte de représailles ni contraintes matérielles ». Le système, qui « sera expérimenté dès la fin de l’année 2007 sur plusieurs sites de police, notamment celui de la Sécurité publique et dans quelques départements », devrait être « généralisé lors de l’application de la future Lopsi ». »

Entre Delation-gouv.fr et ce nouveau « service en ligne » officiel, il y a comme une consanguinité légèrement déconcertante. Alors oui, la « délation » au sens propre part du principe que le dénonciateur ne se fait pas connaître. A priori, c’est peu probable : surtout si la victime espére, plus tard, se voir « proposer (…) une date et un lieu de convocation ». Mais après tout, n’est-ce pas la liberté de la victime de rester anonyme ? Pourquoi risquer de s’identifier si l’on a, comme l’indique « l’entourage de la ministre », « crainte [des] représailles ». On n’en est pas encore au fichier TALON que les Etats-Unis voulaient instituer, et qui permettait — dans les faits — à n’importe qui de soumettre aux autorités le comportement « suspect » d’un voisin, mais on semble y arriver peu à peu.

Le parlement devra sans doute clarifier ce point et savoir si, pour être prise en compte, la personne qui déposera plainte par internet devra ou pas s’identifier, et dans quelles conditions ; car il faudra bien qu’elle s’identifie, exactement comme lors de tout dépôt de plainte (par main courante au commissariat ou lettre au procureur). Et s’il doit s’identifier, comment savoir que c’est bien lui qui est la victime, et pas un témoin ou n’importe qui. On imagine mal une identification certifiée par biométrie ou signature OpenPGP…

Voilà donc un beau sujet à traiter au 20 heures, pour une procédure qui ne verra sans doute jamais le jour telle qu’elle est présentée aujourd’hui en grande pompe. L’essentiel est ailleurs. Le but de la manœuvre est de rester en droite ligne avec la nouvelle approche « victimaire » de l’insécurité, autre tendance orwelienne implacable. Comme l’a très bien résumé le sociologue Denis Salas, interrogé par Le Monde au lendemain de la présentation du projet de loi sur la récidive par Rachida Dati :

« [L]a délinquance est regardée du point de vue de la victime ; elle est perçue comme une menace indifférenciée. Nous ne voyons plus l’individu en particulier mais la délinquance en général comme un fléau à endiguer. Cela conduit à confondre le mineur et le majeur, à ignorer l’auteur de l’acte. Deux gestes politiques témoignent de cette évolution des représentations. En 1974, à peine élu président de la République, Valéry Giscard d’Estaing va serrer la main d’un détenu de la prison Saint-Paul de Lyon. Le détenu, alors, demeure un semblable. La punition n’est pas synonyme d’exclusion. En 2007, l’un des premiers gestes de Nicolas Sarkozy devenu président est de recevoir les parents d’une jeune femme assassinée, ce à quoi fait écho l’annonce par la garde des sceaux de la création d’un « juge pour les victimes ». » [2]

Notes
[1] Intervention de Michèle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités Territoriales – 7ème Rencontre avec les Associations d’aide et de victimes – Melun, Vendredi 6 juillet 2007 (lire l’intégralité).

[2] Le Monde, 7 juillet 2007, lire l’article en ligne.

http://www.aporismes.com/spip.php?article17


« L’EFFICACITÉ DES CAMÉRAS EST EXAGÉRÉE »
[L’Humanité – 10/07/07]
Pour le sociologue Éric Charmes (maître de conférences en urbanisme et aménagement à l’Institut français d’urbanisme (université Paris-VIII) et membre du laboratoire CNRS théorie des mutations urbaines , le véritable enjeu de la vidéosurveillance réside dans le contrôle de ceux qui nous contrôlent.

Les caméras de surveillance menacent-elle notre liberté ?

Éric Charmes. Il y a effectivement des gens qui estiment que les caméras menacent nos libertés, et affirment que nous sommes entrés dans un monde orwellien dans lequel les moindres de nos faits et gestes sont observés. Cette menace n’est pas à négliger. En même temps, il ne faut pas dramatiser. Assez souvent, il n’y a personne derrière la caméra pour regarder ce qui se passe. De plus, il existe dans nos sociétés des forces de rappel qui nous protègent de Big Brother. Et c’est là qu’un organisme comme la CNIL, dans la mesure où l’État lui donne les moyens d’exercer correctement son contrôle, est essentiel.

Le gouvernement envisage l’installation de caméras pour lutter contre le terrorisme, citant la Grande-Bretagne comme référence. Ce système fonctionne-t-il aussi bien que cela ?

Éric Charmes. La Grande-Bretagne est en Europe le pays où la vidéosurveillance est la plus développée. La population anglaise n’est pas foncièrement contre ce système, puisque moins de 20 % des personnes sondées seulement s’y déclarent hostiles. Toutefois, le tapage médiatique fait sur l’efficacité des caméras pour tracer et arrêter les délinquants est quelque peu exagéré. La plupart des études sérieuses montrent que pour ce qui concerne les troubles de la vie quotidienne, l’efficacité des caméras est assez limitée, en particulier si l’on considère les coûts d’implantation et de fonctionnement de ces réseaux.

N’existe-t-il pas des moyens de surveillance plus appropriés ?

Éric Charmes. On peut souhaiter que d’autres moyens soient privilégiés. Autrefois, il y a encore deux ou trois générations, les passants, les voisins, les commerçants n’hésitaient pas à intervenir lors d’incidents dans l’espace public. Aujourd’hui, les gens ont de moins en moins envie de s’en mêler et préfèrent déléguer ce rôle aux professionnels de la sécurité, en particulier la police. Ce qui ne les empêche pas pour autant d’exiger des interventions rapides. Du coup, on a du mal à voir une autre solution que celle des caméras. Les militants contre la vidéo surveillance ont un slogan qui résume bien l’enjeu de cette problématique : Surveillez les surveillants. Finalement, le problème est peut-être moins celui de la mise en place des caméras que celui du contrôle de l’usage qui en est fait. Qui regarde les caméras, que deviennent les enregistrements, dans quelle mesure peut-on en faire usage, et qui peut en faire usage ? Voilà les vrais enjeux.
http://www.humanite.fr/2007-07-10_Societe_-L-efficacite-des-cameras-est-exageree


[Journal du Net 20/07/07]
«Le Groupe 3 Suisses a obtenu la levée de l’anonymat de 26 sites typosquattant ses marques en assignant l’Afnic en justice. Le vépéciste a souhaité envoyer ainsi un message fort aux cybersquatteurs.

Le Groupe 3 Suisses tape du poing sur la table contre les cybersquatteurs. Le vépéciste a obtenu le 21 juin dernier la levée de l’anonymat de 26 noms de domaines frauduleux typosquattant ses marques phares, 3 Suisses, Blanche Porte et Cofidis.

Dans une ordonnance de référé délivrée le 21 juin dernier, le tribunal de grande instance (TGI) de Versailles a ordonné la levée de l’anonymat des dépositaires de noms de domaine comme troisuises.fr, trois-suisses.fr ou lestroissuisses.fr.

Fait inhabituel : pour arriver à ses fins, le groupe de vente par correspondance a assigné l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic), qui gère les .fr, afin d’obtenir l’identité des cybersquatteurs.

« Nous avons voulu contacter les dépositaires de ces noms de domaines pour leur demander de nous les céder, mais l’Afnic a refusé de nous les donner », explique Béatrice Defossé, responsable juridique des 3 Suisses et de ses filiales.

Car avec l’ouverture aux particuliers des noms de domaines en .fr la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a imposé à l’Afnic de préserver l’anonymat des dépositaires.

Cette obligation de confidentialité complique la tâche des marques victimes de typosquatting (lire Page parking : comment gagner de l’argent grâce à un nom de domaine, du 07/06/07). Or à l’Afnic, on ne digère pas cette assignation.

Le gérant des .fr a en réponse, demandé 5.000 euros de dommages et intérêt pour préjudice moral. « En agissant de cette façon, le Groupe 3 Suisses a directement mis notre association en cause », explique son porte-parole, Loic Damilaville.

Il est anormal de considérer qu’il suffit de nous assigner pour obtenir de telles données. L’Afnic ne fait qu’appliquer les directives imposées par la Cnil. »»…

http://www.journaldunet.com/ebusiness/internet/actualite/0707/070720-3-suisses-declarent-guerre-typosquatteurs-assignent-afnic.shtml


[RTL Info – 20/07/07]
«Quatre-vingts pour cent de toutes les entreprises américaines et britanniques présentes en Belgique demandent à des détectives privés d’enquêter sur leurs employés avant leur engagement, rapporte mercredi « De Morgen ». Les entreprises sont terrifiées par le risque d’attentat terroriste.
Depuis les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, les budgets pour le screening des employés ont été multipliés par quatorze, selon le détective privé Michel De Kort, du bureau indépendant De Kort & Partners.
La crainte d’une fraude et d’un acte d’espionnage industriel est également grande depuis que le scandale Enron a éclaté outre-Atlantique»…
http://www.rtlinfo.be/news/article/16221/–=De+plus+en+plus+de+travailleurs+screen%C3%83%C2%A9s+par+leur+patron


Face à l’hégémonie intellectuelle de la droite :

AN 01 DE LA GAUCHE, ON ARRÊTE TOUT, ON RÉFLÉCHIT
[Jean Bricmont – Le Monde Diplomatique – Août 2007]
La défaite subie par la gauche française lors de l’élection présidentielle et, à un moindre degré, lors des élections législatives du printemps 2007 a sanctionné son absence de vision, de projet et de programme. Et pour cause : le modèle keynésien, dont la social-démocratie s’inspire encore, reposait sur l’exploitation du tiers-monde. La décolonisation ayant rendu ce mode de développement obsolète, l’Europe doit modifier de fond en comble ses rapports avec le Sud.

La catastrophe des élections de 2007 a dissipé les illusions engendrées par la victoire du « non » au référendum de 2005 et a dévoilé la profondeur de la crise de la gauche française, qui trouve sa source dans l’échec de ses propositions consécutif à la victoire de 1981. Ayant dû tourner le dos à son programme, après deux ans de gouvernement, la gauche n’a plus rien eu à proposer en matière de politiques socio-économiques. Elle a fait, au mieux, du néolibéralisme sans enthousiasme, et son discours est devenu purement moralisateur, mettant en avant des « valeurs » antiracistes, féministes, antifascistes, etc., qui sont supposées la distinguer de la droite.

Sur le plan pratique, la principale initiative de la gauche a été de se lancer dans la « construction européenne ». Laquelle a eu pour principal effet de rendre impossible toute alternative au néolibéralisme. Les socialistes et les Verts, en encourageant cette construction au nom de leurs « valeurs », principalement l’antinationalisme, ont mis en place un dispositif institutionnel visant à les prémunir contre leurs propres audaces, ou plutôt contre celles de leur base. L’idée étant d’isoler le processus politique de l’influence des citoyens, en confiant un maximum de décisions à une bureaucratie non élue et ouverte à l’influence de tous les groupes de pression privés. Les élections peuvent continuer à avoir lieu, elles n’ont que peu d’importance : aucune alternative politique sérieuse ne peut être proposée, aucun « New Deal », aucune « réforme de structure », aucun « programme commun de la gauche », aucune « voie italienne vers le socialisme ».

Il n’est pas étonnant qu’à ce jeu-là la droite la plus dure l’emporte. Elle possède son propre discours sur les « valeurs », la discipline, l’ordre, la nation, etc., qui est bien plus populaire que celui de la gauche sur les minorités. Après tout, les discours sur les valeurs ont le plus souvent pour fonction de permettre à ceux qui les tiennent de se donner bonne conscience à bon marché, sans se poser trop de questions sur la nature (…)

Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosque.
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/BRICMONT/15051

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