juin 2007



Si RCTV avait été française, elle n’aurait pas vécu cinq minutes !
[MICHEL COLLON – 22/06/07]
J’étais au Venezuela pendant l’affaire RCTV. Une fois encore, j’ai pu mesurer l’écart entre entre les médias internationaux et la réalité…

Imaginez, en France, une chaîne qui participe activement à un coup d’Etat militaire contre le gouvernement élu, qui se rend ensuite complice d’un sabotage économique du pays par les Etats-Unis, qui appelle chaque jour à la violence et au renversement des institutions démocratiques, qui enfreint à 652 reprises en six mois les règlements audiovisuels sur la pub, la violence, les images subliminales, etc., qui refuse tout entretien de conciliation, dont les journalistes sont payés par le gouvernement des Etats-Unis… eh bien ces Messieurs de Reporters sans Frontières, du Monde, Libé et autres TF1, ne seraient-ils pas les premiers à réclamer son interdiction après cinq minutes? Mais comme cela se passe au Venezuela, ils baptisent tout cela « liberté d’expression ». (La preuve dans les articles ci-dessous)

  • Rappelons aussi que RCTV n’est pas « fermée ». En fait, elle continue à émettre sans problèmes sur le câble et par satellite.

  • Qu’elle n’était pas « la dernière chaîne d’opposition » (il en reste beaucoup).

  • Que les monopoles privés (étroitement liés aux USA) continuent à dominer de façon écrasante l’audiovisuel et la presse écrite, diffusant massivement la propagande et le modèle US si néfastes pour le tiers monde.

Signalons que, dimanche 27 mai, des groupes d’opposition ont attaqué la police, tirant même à balles (11 blessés, tous policiers), sans que la police se laisse entraîner dans la provocation : vous imaginez ça au pays de Sarkozy ou n’importe où en Europe ?

Et demandons-nous ce que cache cet écran de fumée ? Que le peuple du Venezuela est en train de se libérer de la Banque Mondiale et du FMI, qu’il invente une alternative aux multinationales et à la misère et que nous n’avons pas le droit d’en entendre parler ? Comme le montre le film Bruxelles- Caracas de Vanessa Stojilkovic. (voir ci-après)

Comme toujours, l’important n’est pas ce que disent les grands médias, mais ce qu’ils cachent…

Je vous défie, Messieurs Ménard, du Monde et de Libé, d’accepter un débat public sur tout ceci. Et je vous propose de commencer par montrer des images de cette fameuse RCTV afin que chacun puisse juger sur pièces. Oserez-vous ?

MICHEL COLLON
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-06-12%2010:50:24&log=articles

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Comme dit le gars de la CIA : «  »Ils sont vraiment à bout d’arguments si tout ce qu’ils ont trouvé pour rameuter du soutien populaire à leurs plans c’est de résusciter le vieil épouvantail Al Qaïda et tenter de faire un lien entre le 11 septembre et l’Irak »

[Jonathan S. Landay | McClatchy Newspapers – Washington – 30/06/07 – Trad. Grégoire Seither]
Confronté à l’érosion du soutien à sa politique irakienne, même au sein du Parti Républicain, le président Bush a lourdement insisté, dans un discours Jeudi dernier, sur la menace que représenterait Al-Qaïda en Irak, déclarant que le mouvement était « le principal ennemi que nous affrontons sur le terrain », une affirmation rejetée par la totalité des analystes et experts militaires de la Maison Blanche.

Lors d’un discours aux cadets de l’école navale militaire, Bush a mentionné 27 fois Al-Qaïda, tente de s’appuyer sur la colère de la population vis à vis des attaques terroristes du 11 septembre 2001 pour obtenir un soutien à la nouvelle vague d’opérations militaires en Irak, malgré tous les rapports des experts, y compris au sein de l’Administration Bush et du Pentagone, qui montrent que l’envoi de troupes supplémentaires n’a pas fait reculer la violence ni changé quoi que ce soit à la situation délétère du pays.

Le président Bush a déclaré : « Al Qaida est le principal ennemi, tant pour les Chiites, les Sunnites que les Kurdes. Al Qaïda s’est rendu coupable des pires massacres sur le sol irakien, tout comme Al Qaïda s’est rendu coupable des pires massacres sur le sol des Etats-unis. »

Les généraux et experts militaires en Irak rejettent cette analyse du Président Bush, expliquant que le groupe qui se nomme « Al Qaïda en Irak » ne représente qu’une minuscule fraction de la résistance armée à la présence des troupes américaines. De plus, le soi-disant « Al Qaïda en Irak » n’existait pas avant l’invasion de 2003 par les troupes étatsunienne et anglaises et ses membres n’ont prété allégeance à Ousama Ben Laden qu’à la fin 2004… et Ben Laden n’a aucun contact direct avec ce groupe.

La référence renouvelée à Al Qaïda par le président Bush (alors que, dans un interview en 2005 il déclarait « ne plus trop » se soucier de Ben Laden) survient quelques jours après que les sénateurs Républicains Richard Lugar (Indiana), qui préside le comité des affaires étrangères au Sénat des Etats-unis, et George Voinovich (Ohio) ont pris leur distances vis à vis de la politique irakienne de George Bush et ont appelé publiquement à un retrait des troupes.

« Ils sont vraiment à bout d’arguments si tous ce qu’ils ont trouvé pour rameuter du soutien populaire à leurs plans c’est de résusciter le vieil épouvantail Al Qaïda et tenter de faire un lien entre le 11 septembre et l’Irak, » commente Vincent Cannistraro, ancien directeur du Centre de Contre-Terrorisme de la CIA et auteur de nombreux articles très critiques des stratégies du gouvernement des Etats-unis.

http://www.mcclatchydc.com/homepage/story/17471.html


[Réseau Voltaire – 22/06/07]
En janvier 2006, les États-Unis bombardaient le Baloutchistan, une province du Pakistan frontalière de l’Afghanistan, causant la mort de nombreux civils, ce qui engendra d’importantes manifestations et des dissensions parmi les alliés du général Musharraf au pouvoir, sans parler de l’indignation internationale suite à cette violation flagrante de la souveraineté d’un État officiellement allié.

Pour pouvoir continuer à bombarder les régions hostiles au régime du général Musharraf, allié précieux dans la « guerre au terrorisme », sans toutefois s’exposer à l’ire de la population, les forces spéciales de l’US Army expérimentent actuellement une nouvelle arme. Sorte de croisement entre la roquette et le missile de croisière, le HIMARS (pour High Mobility Artillery Rockets, fusées d’artillerie à haute mobilité) est lancé depuis le côté afghan de la frontière à partir d’un véhicule tout-terrain, indispensable dans cette région montagneuse. Il peut être guidé par GPS jusqu’à sa cible et délivrer plusieurs sortes de charges, notamment des bombes à sous-munitions. Officiellement, cette arme permet d’atteindre des cibles que les frappes aériennes distinguent mal par mauvais temps, jusqu’à une distance de 300 km. Mais surtout, personne ne peut identifier d’aéronefs états-uniens sur zone.

Ainsi, le mardi 19 juin 2007, une gigantesque explosion causait la mort d’au moins 30 personnes, dont des civils, dans le Nord-Waziristan. Les autorités pakistanaises et états-uniennes affirment qu’elle était due à des munitions présentes sur place. Pourtant les témoins locaux affirment avoir vu 3 missiles en provenance de l’Afghanistan tout proche. Il s’agit de la première utilisation du HIMARS sur un théâtre d’opération.

http://www.voltairenet.org/article149375.html


En ce joli jour de Coriandre, 11 Messidor An 215

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_r%C3%A9publicain

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TURBOCAPITALISME SARKOSYSTE
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>>LE FORUM DES SDJ INTERPELLE NICOLAS SARKOZY POUR GARANTIR L’INDEPENDANCE DES REDACTIONS
[Nouvel Obs 28.06.07]
Le Forum permanent des Societes de journalistes a demandé hier dans une lettre ouverte adressee a Nicolas Sarkozy de pouvoir le rencontrer, afin de lui presenter des « propositions concretes qui permettraient de garantir l’independance des redactions sans interferer avec le pouvoir legitime des editeurs ». La federation, qui regroupe 27 SDJ, estime que « les atteintes a l’independance des redactions se sont multipliees ces derniers temps » et souhaite rencontrer « le plus rapidement possible » le president de la Republique, « en tant que garant d’une democratie impartiale » dont « le pluralisme, garantie de l’honnetete de l’information, est un element essentiel ».
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/medias/medias__pouvoirs/20070627.OBS4030/le_forum_des_sdj_demande_a_sarkozyde_garantir_lindepend.html

>>DEVEDJIAN, EMBARASSANT DERAPAGE
[JDD 29.06.07]
Patrick Devedjian s’est lache devant les cameras de TLM. L‚affaire a explose ce jeudi sur internet et met dans l‚embarras tout l‚UMP, et au premier titre Patrick Devedjian, le secretaire general du parti. L‚elu des Hauts-de-Seine s‚est en effet fendu d‚un « cette salope! » en parlant d‚Anne-Marie Comparini, dans un reportage diffuse mercredi par la chaine lyonnaise TLM, relaye par Dailymotion. Devedjian s‚est offusque de ce procede.
http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200726/devedjian-embarassant-derapage_33759.html

(suite…)


Aux Etats-unis, le très sérieux journal scientifique « Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine » vient de publier un article sur la mesure des effets de la télévision sur la réussite scolaire. Parmi les principales conclusions :
1. «Ne laissez pas des enfants de moins de deux ans regarder la télévision, cela a des effets néfastes sur leur développement cognitif et freine leurs apprentissages»

2. «Un adolescent qui regarde la télévision plus de trois heures par jour divise par deux ses chances de suivre des études supérieures, par rapport à ceux qui la regardent moins d’une heure.»

>>Children’s Television Viewing and Cognitive Outcomes
[Frederick J. Zimmerman, PhD; Dimitri A. Christakis, MD, MPH]

Results  Before age 3 years, the children in this study watched an average of 2.2 hours per day; at ages 3 to 5 years, the daily average was 3.3 hours.

Adjusted for the covariates mentioned earlier, each hour of average daily television viewing before age 3 years was associated with deleterious effects on the Peabody Individual Achievement Test Reading Recognition Scale of 0.31 points (95% confidence interval [CI], –0.61 to –0.01 points), on the Peabody Individual Achievement Test Reading Comprehension Scale of 0.58 points (95% CI, –0.94 to –0.21 points), and on the Memory for Digit Span assessment from the Wechsler Intelligence Scales for Children of –0.10 points (95% CI, –0.20 to 0 points). For the Reading Recognition Scale score only, a beneficial effect of television at ages 3 to 5 years was identified, with each hour associated with a 0.51-point improvement in the score (95% CI, 0.17 to 0.85 points).

Conclusions  There are modest adverse effects of television viewing before age 3 years on the subsequent cognitive development of children. These results suggest that greater adherence to the American Academy of Pediatrics guidelines that children younger than 2 years not watch television is warranted.

http://archpedi.ama-assn.org/cgi/content/short/159/7/619


LA VEILLE DE SA NOMINATION AU GOUVERNEMENT SARKOZY, FADELA AMARA PUBLIAIT ENCORE UNE CHRONIQUE APPELANT A « RETROUVER LA GAUCHE »

[Faits & Documents – n°239 – Juin 2007]

Fadela Amara a été nommée au gouvernement le 22 juin. La veille, Le Nouvel observateur publiait l’une de ses contributions: «Oui, la gauche doit réaffirmer ses valeurs, en France et à l’étranger! Où est donc passé le bel esprit internationaliste? […] Être de gauche aujourd’hui […] c’est au contraire affirmer les valeurs qui fondent notre République et s’engager pour de nouvelles conquêtes de liberté et de solidarité. La gauche […] est une philosophie politique libératrice et émancipatrice. Retrouvons-la!» On aura la cruauté de rappeler également qu’elle avait été à l’origine d’une campagne en faveur d’une amnistie pour les casseurs des émeutes d’octobre-novembre 2005 alors que Nicolas Sarközy était ministre de l’Intérieur…

Compagnon de la nouvelle secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara, Mohamed Abdi (dont nous avions retracé les démêlés judiciaires dans F&D 214 et 215) est toujours militant socialiste. Il a participé à la campagne présidentielle de Ségolène Royal comme conseiller pour l’islam et les relations étrangères avec les pays musulmans. Il est également à l’origine d’une note condamnant tout programme nucléaire militaire et civil [iranien] que la candidate socialiste avait exposé durant les débats de la primaire socialiste avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Ayant pratiquement rejoint le camp des «néo-cons» français favorables à la politique atlantiste, il est l’un des cofondateurs de la revue française des «néocons » Le Meilleur des mondes, où il a signé en 2007 un article extrêmement favorable à la politique israélienne (« J’ai découvert Israël, ce pays que j’avais haï. A Tel-Aviv, j’ai su ce qu’était la diversité. J’en avais les larmes aux yeux. Pas la moindre pression raciste.»).

[NDR : Mohammed Abdi est come les intellectuels de gauche qui allaient s’extasier en URSS sous Staline et ne voyaient que ce qu’ils avaient envie de voir (et ce qu’on leur laissait voir). Il n’a pas du rencontrer beaucoup de personnalités de la gauche israélienne, ni souvent décliner son patronyme ou tenté de passer un checkpoint… ne pas voir le racisme de la société israélienne, c’est un peu comme Lucette Michaux-Chevry qui, se rendant en Nouvell-Calédonie en 1984, au plus fort des « évènements », avait vanté « la paix et l’harmonie » du pays, alors que les CRS étaient entrain de matraquer des centaines de manifestants pacifiques sur la Place des Cocotiers.]


Comme toujours avec « Faits&Documents », on apprend plein de trucs qu’on aurait pas appris ailleurs… et qui nous rendent Ramatou encore plus sympathique 🙂

Rama Yade – Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme.
[Lettre Faits&Documents d’Emmanuel Ratier – n°239 – Juin 2007]

«J’incarne tout ce que les hommes politiques ne sont pas : une femme, jeune, noire et musulmane

«Elle est belle. Elle est brillante. Elle est noire (Le Monde, 2 mars 2007).»

«Une déçue de la gauche dont elle attendait beaucoup (Le Monde, 2 mars 2007).»

Elle s’appelle en réalité Ramatoulaye Yade-Zimet, ayant épousé Joseph Zimet, militant socialiste (…) et chargé de mission à la communication de l’Agence française du développement (…) et fils du célèbre chanteur yiddish Ben Zimet (…).

Née le 13 décembre 1976 à Dakar (Sénégal), Rama Yade est issue de la haute bourgeoisie noire : sa mère est professeur et son père, professeur d’histoire, fut le bras droit et secrétaire particulier du président (accessoirement socialiste) Léopold Sédar Sengor.

De confession musulmane (elle est toujours pratiquante et volontiers prosélyte en cette matière), elle a été éduquée dans un collège catholique. Elle est arrivée en France en 1987, lorsque son père fut pratiquement exilé à Paris, le successeur de Senghor, le président Abdou Diouf le détestant même pas cordialement. La famille s’installe donc dans un immeuble résidentiel de Colombes (Hauts-de-Seine). Son père ayant divorcé, elle est demeurée avec sa mère et ses trois frères et soeurs. Elle continue à fréquenter des écoles privées catholiques, passant son baccalauréat en 1994.

Sa mère se rapproche du Parti communiste, via le Secours populaire français. Rama Yade s’implique dans cette organisation para-communiste, devenant monitrice pour les enfants défavorisés. Elle visite ainsi la «France profonde », en retirant un grand respect envers «ce communisme de proximité, non idéologique mais humaniste ». Elle aura ensuite sa période Black Panthers, avec portraits de Malcolm X sur les murs de sa chambre.

(suite…)

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