janvier 2009



Le mot d’ordre cette année c’est : « ne dites surtout pas à Klaus Schwab (le fondateur du Forum économique) que je brasse de l’argent, il me croit militant alter-mondialiste ou sympathisant de l’ultra gauche allemande ».

[Philippe Béchade -La Chronique Agora – 27/01/2009]

A l’image des étoiles filantes, il n’aura fallu que quelques dixièmes de secondes (à l’échelle du capitalisme post-révolution industrielle, soit environ 250 ans) aux stars de la finance mondiale pour tomber du firmament vers les zones les plus obscures de l’horizon.

Oui, à un an de distance, c’est comme si une épidémie de virus « subprimo-dépresseur » avait frappé une typologie bien précise de participants au Forum de Davos : la majorité des financiers ayant basé leur expansion et leur munificence sur la spéculation et les effets de levier ont disparu de la liste des Maîtres du Monde.

Parmi les grands noms qui brillent… par leur absence, citons des habitués du Forum tels Richard Fuld Jr., ex-patron de Lehman Brothers, John Thain, ex-CEO de Merrill Lynch et directeur démissionnaire de Bank of America (jeudi dernier).

Parmi les survivants de la tempête d’octobre qui ont décliné l’invitation des organisateurs, nous notons la défection de Vikram Pandit et Lloyd Blankfein, les patrons de Goldman Sachs. Il y a aussi Sir Win Bischoff, le président de Citigroup, qui fera représenter la firme par Richard Parsons, l’ancien CEO du groupe Time Warner Inc.

Nous ajouterons à cette liste des absents de marque quelques milliardaires rapidement enrichis comme Ramalinga Raju, l’ex-patron de Satyam Computer (pour cause d’emprisonnement) ou Edgar de Picciotto, président de l’Union bancaire privée. Ce dernier a fait investir ses clients à hauteur de 700 milliards de dollars dans les fonds Madoff — autre figure éminente de l’élite capitaliste qui attend son placement imminent derrière les barreaux.
Le mot d’ordre cette année c’est : « ne dites surtout pas à Klaus Schwab (le fondateur du Forum économique) que je brasse de l’argent, il me croit militant alter-mondialiste ou sympathisant de l’ultra gauche allemande ».


[ Israel Valley –  Sébastien Fortin – 27 janvier 2009 ]

Le Dr Yair Amichai-Hamburger, chercheur au Research Center for Internet Psychology du Centre Interdisciplinaire d’Herzlyia, vient de publier les résultats d’une étude portant sur les contributeurs de la célèbre encyclopédie en ligne, Wikipedia.

Parue dans CyberPsychology & Behavior, cette étude révèle que les contributeurs de Wikipedia ne sont pas altruistes et cultivés mais plutôt fermés d’esprit et motivés par leur égo.

Deux questionnaires ont été soumis aux contributeurs de Wikipedia. Le premier portait sur la sociabilité et le second sur les traits de personnalité. Ces questionnaires ont été remplis par le même nombre d’internautes n’ayant jamais contribués à Wikipedia.

Les résultats sont sans équivoque. Les contributeurs de l’encyclopédie en ligne privilégient leur “moi virtuel” à leur vie réelle. Ils sont également moins ouverts d’esprit et plus introvertis que les autres internautes.

Selon le Dr. Yair Amichai-Hamburger, les contributeurs de Wikipedia compensent leurs problèmes d’ego et leur difficulté d’expression dans le monde réel.

Le Research Center for Internet Psychology du Centre Interdisciplinaire d’Herzlyia, travaille actuellement sur une étude concernant Facebook.

http://www.israelvalley.com/news/2009/01/27/21382/israel-internet-wikipedia-les-contributeurs-de-l-encyclopedie-wikipedia-sont-introvertis-et-bornes


Vous noterez que la presse n’a pas ces pudeurs quand il s’agit de reproduire les propos d’islamistes. On ne sort décidément jamais du moule de la pensée qui veut que « eux » c’est les méchants et « nous » c’est les gentils…

Une journaliste avertie pour avoir rapporté des propos racistes

[Alice GERAUD – LibéLyon – 26/01/2009]
Peut-on raconter le racisme dans un journal ? Peut-on reproduire dans un article de presse les propos de personnes tenant des propos racistes ? Comment le faire ? Chaque journaliste se retrouve un jour confronté à cette question. Pour avoir relaté, dans un reportage sur un rassemblement de soutien à Israël, les propos racistes de certains participants, une journaliste du Progrès de Lyon a été menacée de sanctions par sa hiérarchie. La société des journalistes du journal se dit très « inquiète », et demande à sa direction «l’instauration d’un débat ouvert sur la manière de traiter ces sujets d’actualité délicats

Retour sur les faits
Le dimanche 11 janvier dernier, Muriel Florin, journaliste au Progrès, est envoyée par sa rédaction  couvrir un rassemblement organisé à Lyon au parc de la tête d’Or par le CRIF (conseil représentatif de la communauté juive de France). Objet de cette manifestation : à la fois dénoncer la recrudescence des actes antisémites en France depuis la reprise du conflit au Proche-Orient, mais aussi réaffirmer la solidarité de la communauté juive avec la politique d’Israël. Muriel Florin prend en note les interventions officielles, mais va aussi prendre la température dans la foule et interviewer des participants. Il y a ce jour-là près d’un millier de personnes. La tension est palpable. LibéLyon était aussi présent à ce rassemblement. Comme Muriel Florin, nous avons pu constater qu’à côté des discours officiels apaisants, il y avait une peur et une méfiance visible et exprimée de la part de certains participants vis-à-vis de la communauté musulmane française. Sentiments qui parfois, se traduisaient par l’expression de propos racistes. Muriel Florin interviewe un groupe de quelques personnes. Elle rapporte, entre autres, les propos d’un dénommé Roland.

Extrait de l’article paru le 12 janvier dans Le Progrès :

« Ils n’ont qu’à partir. S’ils restent, c’est qu’ils veulent mourir. Les arabes sont des menteurs et des voleurs et la presse française les soutient ». «Ils sont violents, brutes et haineux », ajoute sa voisine. Qui ça ? «Les arabes » souffle-t-elle. Un jeune homme proteste. « Ne dites pas cela. Nous voulons tous la paix…»

Muriel Florin relate aussi d’autres propos qui témoignent de la diversité de points de vue des participants à ce rassemblement. Son article, comme n’importe quel article au Progrès, est relu par un responsable d’édition, corrigé par un secrétaire de rédaction. Il est censé être validé par le rédacteur en chef de permanence. En rentrant de son reportage, la journaliste avait prévenu de la dureté de la scène à laquelle elle avait assisté et expliqué qu’elle souhaitait rendre compte de cette réalité. Sans que personne n’y trouve alors à redire. (suite…)


J’ai du mal à comprendre comment le CRIF peut prétendre à la neutralité quand il organise des manifestations avec des banderoles « Les Juifs de France inconditionnellement derrière Israël ». Si les Juifs de France soutiennent inconditionnellement les massacreurs, il ne faut pas qu’ils s’étonnent que ceux qui soutiennent les victimes viennent leur demander des comptes…

Tsahal” recrute en France

[Le Post – 21/01/2009]

Le saviez-vous? L’armée israélienne, celle qui vient de massacrer 1200 personnes à Gaza, recrute des auxiliaires en France.

“Vous vivrez des moments inoubliables” est-il précisé!

Dépliant "Tsahal recrute en France"

Dépliant "Tsahal recrute en France"

Le flyer ci-dessous, avec sa belle couleur kaki-verdâtre, est diffusé sur un présentoir, à la CIS, la Communauté Israélite de Strasbourg, à côté d’informations religieuses, plus conformes à la vocation du lieu.Alors que la CIS appelle à manifester contre le racisme et l’antisémitisme, demain à Strasbourg, elle auto-détruit ces belles intentions, en laissant ce genre de propagande militaire pour un Etat étranger à la disposition du public.

Et pendant que le Préfet des Alpes Maritimes interdit une manifestation pour la Palestine, à Nice, la police des frontières d’Israël prépare son gala annuel à Paris, en un lieu tenu encore secret.

Et les autorités gouvernementales ont le culot de prêcher, avec des politiques et des religieux, “la non-importation du conflit” !

Qui importe le conflit? Qui le communautarise? Qui joue avec le feu?

http://www.lepost.fr/article/2009/01/21/1395105_tsahal-recrute-en-france.html


[Amnistia.net – Jeudi 22 janvier 2009] 

Amnistia.net est présente depuis dix ans sur le Web. Nos enquêtes ont déclenché 5 questions parlementaires en France et en Italie. Nos informations ont été reprises par des titres prestigieux comme Le Monde, Canal Plus, France 2, France 3, Libération, Il Corriere della Sera… Et, pourtant, pas plus tard que le 18 décembre dernier, le président du groupe UMP à l’assemblée de Corse a proposé une motion afin de condamner les agissements d’un « obscur organe de presse au contenu sulfureux et racoleur ». Notre faute? Avoir démontré que des terrains personnels appartenant aux présidents de l’Assemblée, de l’Exécutif et de l’Office de l’Environnement de Corse et situés dans des espaces protégés, étaient proposés au déclassement dans le nouveau projet de Plan d’aménagement, arrêté en juillet 2008 par le Conseil exécutif.

Et quel est le seul argument qu’on nous a opposé? Pas une plainte n’est venue contredire nos informations, non, le seul argument employé par nos détracteurs a été le dénigrement. Le dénigrement, en utilisant comme prétexte le fait que nous sommes une petite structure et que nous publions un journal en ligne… un journal sur le Net. « J’ai quand même été choqué par ce que j’ai lu sur l’Internet… » avait lancé sur France Bleu Frequenza Mora Joseph-Guy Poletti, le directeur du magazine Corsica, avant de qualifier de « délation » la mise en ligne d’informations compromettantes pour les trois hauts responsables UMP de la Collectivité territoriale…

La preuve? Ces informations sont publiées sur Internet! Comme si le contenu d’un article pouvait avoir une valeur différente selon le support sur lequel il a été publié. C’est étonnant comme on peut confondre, avec une malveillance manifeste, la forme avec le contenu. L’arnaque est simple, mais redoutablement efficace.

En fait, de quoi s’agit-il? Il s’agit ni plus ni moins que de marginaliser des jeunes structures de presse qui ont investi le Web. Pourquoi? Car Internet avec ses faibles coûts de publication a cassé le monopole de la diffusion de l’information, un monopole détenu, de facto, par les gros groupes de presse. Des entreprises qui ont, et ce n’est pas rare, quelques passerelles, parfois des véritables autoroutes, qui les relient au pouvoir politique.

Les petites rédactions qui ont investi le Web, peuvent donc parfois agacer aussi bien le pouvoir politique que les groupes de presse traditionnels… Elles peuvent se révéler dangereuses dans une société où l’information est de plus en plus quadrillée, et où l’autocensure devient un exercice d’une banalité affligeante.

Dernier épisode en date, le 13 janvier. Notre confrère Bakchich sort une info importante. Elle concerne, aussi, la moralité publique: Bakchich a révélé que le président du Gabon Omar Bongo a versé 817.000 euros à une société pour laquelle a bossé le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner , et l’ex-ambassadeur de France à Monaco. Ce n’est pas rien. C’est même très grave, car comme le souligne notre confrère Xavier Monnier, « le French Doctor est toujours patron de sa boîte de conseils, BK consultants… En dehors de toute légalité constitutionnelle »! Mais ce n’est pas tout: « Sitôt qu’Omar Bongo eut réglé 817.000 euros à une société pour laquelle a travaillé Bernard Kouchner, il obtenait la tête du secrétaire d’Etat à la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui agaçait au plus haut point le chef d’Etat gabonais… » Un scandale? Non. Un silence assourdissant.

Voilà comment a été accueillie par nos confrères de la presse traditionnelle l’enquête, documentée, publiée… sur Internet! Une enquête qui met en lumière un sérieux conflit d’intérêts dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Or, nos confrères de Bakchich n’ont reçu aucun coup de fil de la part des confrères de la presse traditionnelle qui, tout naturellement auraient dû, tout au moins, aller vérifier les dénonciations, lourdes, publiées par le journal en ligne. On y parle quand même d’un ministre, d’un secrétaire d’Etat, et du président d’un Etat étranger.

Il faut bien admettre que nos confrères « traditionnels » sont de plus en plus déroutants. Pas plus tard que  le 11 janvier, le président de l’Exécutif de Corse était l’invité de l’émission politique Cuntrastu, sur France 3 . Face à lui, trois journalistes. Avec la nonchalance de l’habitué, Monsieur Santini qualifiait de « calomnies » les informations concernant ses terrains personnels proposés au déclassement, des informations qui circulent « sur Internet »…

Dommage qu’aucun des trois journalistes présents n’a pas eu le réflexe de poser une question simple au président de l’Exécutif: Monsieur Santini, pourquoi n’avez-vous pas porté plainte?

Dommage, d’ailleurs, que bien de journalistes de la presse traditionnelle oublient, de plus en plus souvent, les réflexes de base du métier…

Dommage qu’ils ne se donnent même pas la peine de vérifier ce que publient leurs confrères « online ». Dommage, qu’ils se situent, de plus en plus souvent, comme des spectateurs… sourds et passifs!

http://www.amnistia.net/news/articles/corsdos/padduc/internet_117.htm


[LE MONDE 2 | 14.11.08 ]
En dix ans d’existence, Google a tellement grandi qu’il a fini par se rendre incontournable. Notre courrier, notre mémoire, bientôt notre dossier médical… chaque jour, les serveurs de l’entreprise accumulent de nouveaux détails sur notre intimité. Mais comment le géant Google gère-t-il nos données personnelles ?

Depuis plusieurs semaines, il soupçonnait si fortement sa femme d’infidélité qu’il ne parvenait plus à obtenir la moindre érection. Il s’était mis en quête d’un conseiller matrimonial, tout en cherchant le meilleur moyen de confondre son épouse. Sonoriser la voiture ? Installer des caméras de surveillance pour bébés dans l’appartement ? Pister l’activité de son téléphone portable ? Le jour où il avait découvert qu’elle le trompait bel et bien, et que l’amant était une amante, il avait sombré dans l’alcool. Au fond de sa déprime, il imaginait mettre un contrat sur les deux femmes. Ce résident de Floride avait cherché un contact auprès d’une mafia au Portugal, son pays d’origine. Désespéré, il avait fini par s’enquérir d’une aide au suicide, avant de se raviser, et de décider de quitter le continent américain.

Comment connaissons-nous autant de détails privés de cette triste histoire vraie ? Quelle autre trahison, en plus de celle de son épouse infidèle, a valu à cet homme de voir ainsi publiquement exposée son intimité ? Celle de son analyste ? D’un membre de sa famille ? D’un proche confident ? Non : de son moteur de recherche. Car ce qui fait le canevas de ce drame domestique n’est rien d’autre, ni rien de plus, que la suite de mots-clés qu’il a recherchés, jour après jour et pendant trois mois, sur le Web.

En août 2006, AOL a divulgué accidentellement un fichier contenant les logs de 658 000 utilisateurs, collectés entre les mois de mars et de mai de la même année. Les logs, c’est-à-dire l’historique des mots-clés recherchés sur Google depuis le portail d’AOL, accolés à la date et à l’heure de leur recherche. Chaque internaute n’est certes identifié que par un numéro – celui de l’époux trahi est 14162375 – mais bien vite, des journalistes et des blogueurs se sont amusés à rechercher, parfois avec succès, des identités réelles derrière les suites de chiffres…

Aux Etats-Unis, l’affaire a frappé les esprits. Car ce n’est pas seulement « une base de données d’intentions humaines », selon l’expression du journaliste américain John Battelle (La Révolution Google, éd. Eyrolles, 282 p., 19,90 €), que révèlent ces logs : c’est aussi et surtout un immense catalogue d’angoisses, de pulsions, de terribles secrets, de noirs fantasmes ou de perversions cachées… L’utilisateur 11574916 cherche « cocaïne dans l’urine ». Le numéro 1515830 se demande « comment dire à votre famille que vous êtes victime d’inceste ». Un autre, le numéro 59920, veut savoir « à quoi ressemble un cou après avoir été étranglé » et quelle « corde utiliser pour cravater quelqu’un »… (suite…)


De l’indépendance d’Indymedia
[Indymedia London le 9 novembre –  Yossarian – traduction : Borogove]

Je me présente. je vis à Londres. Je suis programmateur de profession, et je suis impliqué dans Indymedia depuis l’automne 2000. Comme beaucoup de gens, j’ai réfléchi sur la question des plateformes techniques d’Indymedia.

Quelques problèmes
Je pense que nous sommes dans une situation difficile si l’on nous compare avec les sites d’entreprises vers lesquels les militants politiques se tournent le plus souvent. On ne passe plus ses videos sur Indymedia, mais sur Youtube. Les photos sont exposées sur Flickr. Il y a eu une explosion du bon matériel militant publié sur la toile, mais pas sur nos sites, parce que souvent il est plus facile de créer un compte sur Blogger et de l’y mettre. Les mouvements politiques n’annoncent plus leurs évènements sur Indymedia, il montent un groupe MySpace. De la même manière, beaucoup de militants n’inscrivent plus leur adresse e-mail sur riseup.net ou aktivix.org (sites militants londoniens) ; ils ouvrent plutôt un compte gmail ou hotmail. Ceci est un problème général qui dépasse les cas d’Indymedia ou du militantisme de gauche, et il nous faut le confronter.

Une première réponse doit être pédagogique (‘education’). Des militants qui n’accepteraient jamais de manger de la viande ou de forcer un piquet de grève n’ont pas peur de confier toute leur infrastructure de communication dans les mains de Google, Yahoo, Microsoft et de Robert Murdoch (l’équivalent de Dassault ou de Lagardère, ici). Cela soulève d’énormes problèmes en termes de sécurité des communications, de propriété des données, de confidentialité, de censure des contenus, et de gestion des données par de grosses entreprises ou des organismes policiers. Il me semble que tout le monde, depuis les ONG progressistes aux écologistes, aux syndicats, sans parler des groupes anarchistes ou communistes, tous ont la même attitude : pas de problème. Ne t’embête pas. Calme-toi, tu es parano.

Nous devons soulever ces problèmes d’une manière consistante et efficace. Peut-être en expliquant que cela revient à organiser une réunion politique au Mac Do, en s’assurant que la police y sera et qu’elle pourra vous filmer à l’occasion ; c’est peut-être une solution. (suite…)

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