avril 2008



Le gouvernement kosovar et le crime organisé
[ Jürgen Roth – Voltaire – 08/04/2008]

Pour organiser des troubles au Kosovo et susciter un usage disproportionné de la force par Belgrade, l’OTAN avait fait appel à des délinquants locaux qui constituèrent le « Front de libération du Kosovo » (UÇK). Ils n’en continuèrent pas moins leurs activités criminelles. Par la suite, l’OTAN s’accommoda d’autant plus facilement de cette organisation mafieuse qu’elle ne pouvait espérer recruter des gens honnêtes pour servir des intérêts étrangers. L’élévation unilatérale du Kosovo occupé au rang d’État indépendant, en 2008, a donné l’immunité d’un gouvernement au commandement d’une organisation criminelle bien connue des services de police occidentaux ainsi que l’atteste un article de la « Weltwoche », paru en 2005, que nous reproduisons dans nos colonnes.

[Voltaire – 17/04/2008]

Dans un entretien au Los Angeles Times du 15 avril 2008, Osman Öcalan (frère du dirigeant emprisonné Abdullah Öcalan) atteste que les États-Unis fournissent un soutien logistique au PKK, alors même que l’organisation kurde est considérée comme « terroriste » par le département d’État. Depuis 2003, ils livrent des camions de matériels au PKK tous les deux ou trois mois.

Comme nous l’indiquions dans ces colonnes, la main droite du Pentagone ignore ce que fait sa main gauche. D’un côté, Washington a planifié l’attaque turque contre les bases du PKK en Irak, de l’autre il le soutient via sa branche anti-iranienne, le Pejak, pour commettre des attentats en Iran.

http://www.voltairenet.org/article156548.html


Enlèvement politique à Paris ? Kouchner a « perdu » le témoin-clé de l’enquête Hariri
[ Jürgen Cain Külbel – Neues Deutschland – Voltaire – 21/04/2008 – Trad. Grégoire Seither]

La presse internationale se passionne pour l’affaire As-Siddik, ce témoin-clé de l’affaire Hariri qui a « disparu » sur le territoire français le 13 mars. Les témoins s’interrogent sur le rôle de la France de Nicolas Sarkozy qui, en application de la résolution 1636 du Conseil de sécurité des Nations unies, avait la responsabilité de le tenir à la disposition du Tribunal spécial de l’ONU. Pourtant, cette affaire, qui pourrait être le premier enlèvement politique par la CIA sur le sol français depuis la réactivation du « stay-behind » en 2001, reste largement ignorée des Français.

Le capitalisme fabriquera et te vendra la corde avec laquelle tu veux le pendre 🙂

Selon le journal de Honkong « Mingpao », la police de Guandong, dans le Sud de la Chine, a découvert qu’une usine de fabrications de drapeaux était entrain de réaliser des bannières « Tibet Libre », commandées par une organisation de Tibetains en exil. Les ouvriers ont déclaré ne s’être rendu compte de rien, pensant qu’ils réalisaient des drapeaux colores, c’est tout.

C’est seulement quand certains ouvriers ont pu voir à la télévision les drapeaux agités par des manifestants tibetaines qu’ils ont réalisé qu’ils étaient entrain de travailler pour des séparatistes tibétains. Ils ont vérifié sur Internet et ont découvert que leur client était une organisation pro-tibetaine.

Le patron de l’usine a alors alerté la police, expliquant qu’il avait recu cette commande depuis l’étranger et qu’il ne savait pas que le drapeau symbolisait la lutte pour un Tibet indépendant.

http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/7370903.stm


[BBC – 28/04/2008]

Les rebelles congolais ont commis de nombreux massacres
Les rebelles congolais ont commis de nombreux massacres de civils

Après une enquête d’un an et demi, la BBC a obtenu la preuve que des soldats de la Monuc, la force de maintien de la paix au Congo, ont armé des milices opérant dans l’est du pays.

Selon des témoignages recueillis par la BBC, des soldats des contingents pakistanais et indiens ont profité de leurs positions pour leur échanger des armes et des munitions contre de l’or.

L’année dernière, les Nations Unies avaient ouvert une enquête sur ces accusations mais Jean Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint de l’ONU, avait affirmé que les recherches n’avaient mis en évidence aucun trafic d’armes et avait déclaré l’incident clos.

Mais il s’est avéré que l’enquête onusienne n’était pas allée au fond des choses.

La BBC a voulu en savoir plus et a envoyé une équipe de journalistes à Mongbwalu, en Ituri, où se trouvent des gisements d’or.

En quelques jours, ils ont rassemblé des preuves montrant que des armes et des munitions avaient été passées aux FNI, une milice qui contrôlait la ville et que la Monuc était supposée désarmer.

Kung Fu et Dragon, les deux commandants de la milice, en prison à Kinshasa, ont confirmé dans leurs dépositions que les casques bleus pakistanais leur avaient procuré des armes.

« Oui c’est vrai, ils nous ont donné des armes. Ils nous ont dit qu’ils le faisaient pour la sécurité de la région. Ils ne voulaient pas que les habitants s’enfuient une nouvelle fois dans la forêt. Alors, ils nous ont dit que nous les aiderions à prendre en charge cette zone.’’ a même affirmé Kung Fu par téléphone depuis sa cellule.

Joël Bisubu, de l’ONG de défense des droits de l’homme, « Justice plus », a déclaré à la BBC qu’au cours d’une mission, lui et ses collègues ont été témoins de transactions illicites à l’aéroport.

Alan Doss, le représentant spécial du Secrétaire général, reconnaît que « toute forme de corruption porte préjudice à la réputation de l’organisation et que l’Onu doit y faire face. »


Tibet, le « Grand Jeu », et la CIA
[Richard M Bennett – AFI Research – 26/03/08 – Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org]

Etant donné le contexte historique de l’agitation au Tibet, il existe une raison de croire que Beijing a été pris par surprise lors des manifestations récentes pour la simple raison que leur planification a eu lieu en dehors du Tibet et que la direction des manifestants est aussi entre les mains d’organisateurs anti-chinois, qui se trouvent en sécurité et hors de portée, au Népal et en Inde du Nord.

De même, le financement et le contrôle général de l’agitation sont liés au dirigeant spirituel tibétain, le Dalaï Lama, et par voie de conséquence à la CIA, à cause de la coopération rapprochée du Dalaï Lama avec le renseignement US depuis plus de 50 ans.

Effectivement, compte tenu de l’implication profonde de la CIA avec le Mouvement Free Tibet (Mouvement Liberer le Tibet) et son financement de Radio Free Asia suspicieusement bien informée, il semble peu probable que toute révolte puisse avoir été planifiée ou puisse avoir eu lieu sans que le National Clandestine Service ( Service National Clandestin auparavant connu sous le nom de Directorate of Opérations – Directoire des Opérations), qui se trouve aux quartiers généraux de la CIA à Langley, n’en ait eu au préalable connaissance.

L’ex haut responsable des services secrets hindou et journaliste respecté, B Raman, a fait le 21 mars le commentaire suivant : « sur la base de preuves disponibles, c’est raisonnablement possible d’affirmer avec conviction que le soulèvement initial à Lhasa le 14 mars a été pré-planifié et bien orchestré. »

Se pourrait-il qu’il y ait une base factuelle suggérant que les principaux bénéficiaires de la mort et de la destruction qui a balayé le Tibet sont à Washington ? L’Histoire suggère que c’est effectivement une possibilité. (suite…)


[Extrait du livre de Yves Bertrand – « Je ne sais rien… mais je dirai (presque) tout, Conversations avec Eric Branca », Plon, 2007, p. 120-126]

Est-il arrivé, à votre connaissance, que le gouvernement se serve des RG pour influencer l’opinion, bref, qu’on vous demande de corroborer artificiellement, au moyen d’une enquête de complaisance, une thèse qui arrangeait le gouvernement ?

La réponse doit être nuancée. L’exemple le plus grossier me paraît être l’affaire de Carpentras. Je rappelle brièvement les faits. Au matin du 10 mai 1990, on découvre que le cimetière juif de Carpentras a été profané. Et pas n’importe comment : d’une manière particulièrement atroce. Trente-quatre tombes ouvertes et le corps d’un octogénaire mort quinze jours plus tôt exhumé. Détail sordide : on a placé entre ses jambes un pic de parasol. Le sacrilège est total, l’ignominie absolue. En 1989, déjà, une cinquantaine de sépultures du cimetière chrétien voisin avaient été saccagées. Et d’autres, quelques mois auparavant, dans les villages proches de Bédouin et Caron.

Mais, dans l’histoire récente, deux profanations seulement rivalisaient d’abjection avec celle de Carpentras. L’exhumation d’une octogénaire dont le cadavre avait été retrouvé, en avril 1981, transpercé à coups de barre à mine dans le cimetière Saint-Pierre de Marseille. Et l’outrage dont eut à souffrir, en mai 1988, le Mémorial aux martyrs vendéens de la forêt de Vézins (Maine-et-Loire), saccagé et vidé de ses ossements.

Sur les lieux mêmes du drame de Carpentras : aucun indice, pas la moindre inscription. Seuls points de départ de l’enquête : la revendication téléphonique du forfait par une voix « à fort accent arabe » (piste d’abord écartée avant d’être reprise, puis de nouveau abandonnée par les enquêteurs locaux). Et le fait qu’un mois avant le crime, un « skinhead » d’origine maghrébine avait tenté de s’introduire nuitamment à l’intérieur du cimetière juif de Carpentras.

Sur place, l’émotion, on s’en doute, est énorme. Mais elle est contenue. La communauté juive de Carpentras figure, en effet, parmi les plus anciennes de la région. Je dirais même qu’elle est plus « française de souche » que beaucoup de Français – que moi-même, par exemple, qui ai des aïeuls italiens ! Placés sous la protection des papes d’Avignon, aux XIIIe et XIVe siècles, les Juifs de Carpentras n’ont eu de cesse, au cours de l’histoire, de réussir leur intégration sociale, dans la plus grande discrétion, en conservant, toutefois, leur identité et leurs pratiques religieuses. N’ayant jamais été confrontés à l’antisémitisme, ils ont donc eu comme premier réflexe de réclamer aux enquêteurs une discrétion maximale : pas de vagues tant qu’on ne connaissait pas les responsables de la profanation. Ce réflexe était la sagesse même : le pire risque dans ce genre d’affaire, c’est de provoquer un emballement médiatique qui donne des idées à d’autres fous ! En matière de racisme et d’antisémitisme, on a affaire à des gens qui fonctionnent à la fois par pulsion et émulation. Il faut donc tout faire pour éviter de stimuler leurs velléités de passage à l’acte.

En fait d’emballement, on a pourtant été servi !

Et c’est très exactement là où je voulais en venir. A peine connue la nouvelle de Carpentras, les autorités ont sciemment ignoré la crainte légitime des autorités juives. Elles ont désigné un coupable, et un seul : Jean-Marie Le Pen et le Front national !

Quand vous dites « les autorités », à qui faites-vous allusion ? A votre ministre, Pierre Joxe ?

J’ai la conviction que l’ordre venait de plus haut : de François Mitterrand en personne qui tenait là l’occasion qu’il cherchait pour diaboliser le Front national après avoir puissamment contribué à son émergence. La phase A de son plan étant accomplie – un FN à 15 % privant la droite parlementaire de plusieurs millions de voix –, il fallait passer à la phase B : rendre définitivement impossible toute alliance, même locale, entre cette même droite et les lepénistes. Le fait est que le piège a parfaitement fonctionné : après Carpentras et l’imputation de ce crime à Le Pen, les rares élus de droite qui ont osé passer le moindre accord électoral avec son parti ont été frappés du sceau d’infamie ! Plus question, dès lors, pour la droite d’accepter l’équivalent de ce que la gauche a toujours pratiqué avec le PCF et l’extrême gauche : des désistements mutuels au second tour ! (suite…)

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