Human backdoors



[Jacques Cheminat – Silicon.fr – 13/05/2014]

La source ne semble pas se tarir. Si Edward Snowden est un homme très demandé, les documents qu’il a révélés continuent de fournir des renseignements sur les méthodes d’espionnage de la NSA. Les dernières révélations en date ont été faites par The Guardian et plus exactement Glenn Greenwald, un des journalistes disposant des documents confiés par « le lanceur d’alertes » et qui vient de publier un livre « No Place, to Hide ». Dans cet ouvrage, on y apprend que la NSA injecte des backdoors dans du matériel IT américain destiné à l’export. Parmi ces équipements, on retrouve des routeurs, mais aussi des serveurs. Le journaliste cite un rapport du département « Access and Target Development » de l’agence américaine de renseignement qui montre qu’il « reçoit et intercepte régulièrement des routeurs, des serveurs et d’autres équipements réseaux destinés à l’exportation pour des clients internationaux ».

A l’occasion de cette interception, « la NSA implante des backdoors dans les appareils, les reconditionne et les renvoie avec le cachet d’usine ». L’agence peut ainsi écouter et surveiller n’importe quel réseau. Selon le document, il ne semble pas que les constructeurs soient au courant de cette pratique. Au mois de décembre dernier, Der Spiegel avait publié un article sur les documents d’Edward Snowden montrant que la NSA disposait d’un catalogue de méthodes de hacking pour les équipements réseaux de Juniper, Cisco et Huawei. (suite…)

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[iShen – MacPlus  31/12/2013]

Voilà qui devrait faire du bruit, même si l’on est plus vraiment surpris par la teneur des propos du hacker/chercheur Jacob Applebaum : La NSA se serait intéressée à l’iPhone et aux moyens de contourner sa sécurité dés l’année 2008, et pourrait aujourd’hui injecter à distance des logiciels espions qui rapporteraient tout, absolument tout ce qui transite par le biais du smartphone d’Apple. Des preuves de logiciels espions sur smartphones Android avaient déjà été fournies il y a quelques mois mais c’est la première fois que l’iPhone est nommément pointé dans un document officiel.

s3222_dropoutjeep-640x828Applebaum assoit ses déclarations sur un document de la NSA (classifié top secret) publié dans Der Spiegel, document décrivant de façon précise les modes de fonctionnement du logiciel DROPOUT JEEP, celui-là même qui casse toutes les clefs de cryptage dans l’iPhone et permet d’accéder à l’intégralité des données par des portes dérobées. En 2008 néanmoins, rien ne dit que le projet était effectif puisqu’il demandait l’accès physique à l’appareil et qu’Apple n’avait pas, selon les documents de Snowden concernant le projet PRISM, de liens particuliers avec la NSA, que ces liens soient contraints ou forcés. Mais les choses semblent avoir changé depuis la mort de Steve Jobs (qui est donc celui qui a dit « non » à la NSA de son vivant, aucun autre patron d’une grande firme technologique américaine ne peut en dire autant) et la NSA indique de façon troublante qu’elle peut implémenter quand elle le souhaite et sans aucune difficulté DROPOUT JEEP dans n’importe quel iPhone, des propos qui selon Applebaum pourraient indiquer une participation active de la part d’Apple à partir du début 2012, même si aucune preuve tangible ne vient étayer ce soupçon. (suite…)


Vous ne voulez pas que la NSA vienne fouiner dans votre ordinateur et espionne vos données ? Ne vous connectez pas à Internet.

[Bruce Schneier – WIRED – 7 Octobre 2013 – Traduction: Gregor Seither – IES News Service]

Note: Bruce Schneier est un auteur spécialisé dans les questions de technologies de sécurité. Son dernier livre est paru chez O’Reilly  : « Liars and Outliers: Enabling the Trust Society Needs to Survive ».

Depuis que j’ai commencé à travailler avec les documents révélés par Edward Snowden, j’ai utilisé un certain nombre d’outils pour essayer de me mettre à l’abri des regards indiscrets de la NSA. Parmi les choses que je recommande jusqu’ici est l’utilisation de Tor, (https://www.torproject.org/) de préférer certaines méthodes cryptographiques à d’autres et d’utiliser autant que possible le cryptage du domaine public. (NdT: Tor est une des cibles prioritaires de la NSA, qui attaque directement ses nodes) 

J’ai également recommandé d’utiliser un espace tampon (« air gap« ) qui isole physiquement un ordinateur ou un réseau local d’ordinateurs du réseau Internet. (Le concept du « air gap » est antérieur à l’époque des réseaux sans-fil, il fait référence à l’espace vide qui sépare physiquement l’ordinateur du réseau Internet).

Mais un tel dispositif est plus compliqué à mettre en oeuvre qu’il n’y parait. Alors laissez moi vous expliquer. (suite…)


[Jacques Cheminat – Le Monde Informatique – 10/09/2013]

Si la NSA dépense des milliards de dollars pour casser les technologies de cryptage, des experts en sécurité estiment que, correctement mis en oeuvre, le chiffrement est encore le meilleur moyen pour garantir la confidentialité sur le web.

Le journal The Guardian et d’autres médias ont publié la semaine dernière des documents issus de l’informateur Edward Snowden montrant que la NSA travaille à casser les technologies de chiffrement par différents moyens : backdoor, attaques par force brute, interceptions légales et partenariats avec des acteurs IT. A la lecture de ces documents, il semble que l’agence de renseignement et son homologue britannique GHCQ soit capable de venir à bout de nombreux algorithmes de chiffrement utilisés pour sécuriser les communications en ligne, les services bancaires et les secrets industriels.

Steve Weis, directeur technique chez PrivateCore et titulaire d’un doctorat en cryptographie du MIT a expliqué que malgré les activités de la NSA, les mathématiques utilisées pour le chiffrement sont très difficiles à casser. Il suggère que l’agence a réussi à briser des technologies dépassées ou peu fiables. Ainsi, dans les documents publiés, il y en a un qui suggère que la NSA aurait implanté un backdoor dans une norme de chiffrement approuvée par le NIST et nommée Dual EC DRBG. Cette dernière a pour vocation de générer des nombres aléatoires. « Elle date de 6 ans et a rarement été utilisée depuis que deux ingénieurs de Microsoft ont découvert le backdoor de la NSA », explique Steve Weis. Il s’interroge sur le fait que les experts de la NSA disposent de la capacité de fracturer des technologies de cryptage plus robustes. « Jusqu’à présent, je n’ai pas constaté que l’algorithme AES (Advanced Encryption Standard) a été cassé », confie le spécialiste.

Une mise en oeuvre correcte et une saine gestion des clés

De son côté Dave Anderson, directeur de Voltage Security, société spécialisée dans le chiffrement, indique « s’il est appliqué correctement, le cryptage assure une sécurité inviolable » et d’ajouter qu’« il s’agit normalement d’une sécurité qui prendrait des millions d’années à des supercalculateurs à casser ». Il émet cependant des limites, « si la mise en oeuvre a été négligée et que le processus de gestion des clés n’est pas bon, alors le niveau de sécurité peut être mis en défaut en quelques heures par un pirate avec un PC moyen de gamme ». (suite…)


En même temps, si ma secrétaire accepte de suivre les ordres d’un « Vice-Président » au téléphone, sans même vérifier son nom dans l’organigramme et sans s’assurer que l’appel est légitime, elle dégage dans la minute… Comme disait Jesse James « It’s morally wrong to let suckers keep their money »

L’ingénierie sociale se renforce d’un cran

[Valéry Marchive – LEMAGIT –  02 sept. 201]

Les cybercriminels semblent gagner en agressivité, ajoutant un canal de communication physique à leurs tentatives de tromperie pour pénétrer les systèmes d’information de leurs cibles.

Les découvertes faites par Symantec en avril dernier, en France, montrent une escalade dans les stratégies déployées par les cybercriminels pour tromper leurs cibles. Dans un billet de blog, l’éditeur explique ainsi que, «en avril 2013, l’assistante d’un vice-président d’une multinationale française a reçu un e-mail faisant référence à une facture hébergée sur un service de partage de fichiers populaire.» Ce qui ressemble, jusque là, à une tentative de hameçonnage ciblé classique prend ensuite une tournure inédite : «quelques minutes plus tard, la même assistante a reçu un appel téléphonique de la part d’un autre vice-président de l’entreprise lui demandant de traiter ladite facture.» Une personne que Symantec décrit comme «parlant avec autorité et utilisant un français parfait.» De quoi largement tromper l’assistante.

Selon Symantec, la facture n’était autre qu’un cheval de Troie chargé de délivrer un outil de prise de contrôle à distance dès son ouverture. Outil permettant d’enregistrer les frappes au clavier, de consulter l’écran, et de ouvrir et télécharger des fichiers. (suite…)


[Gregor Seither – IES News Service – 18/05/2013]

Il ya tellement de données disponibles sur l’Internet que même les cyberespions gouvernementaux ont besoin d’un peu d’aide de temps en temps pour passer au crible toute cette masse d’informations. Pour les aider dans leur travail, la NATIONAL SECURITY AGENCY a donc produit un Guide technique afin aider ses espions a localiser les informations cachées sur le web.

[Note de L&I – la version rendu publique datant de 2007, une TRES GROSSE PARTIE des outils vraiment intéressants qui sont mentionnés, n’existe plus en 2013  –> PDF disponible dans la bibliotèque de L&I – Téléchargez le guide ici : « Untangling the Web: A Guide to Internet Research » ]

L’ouvrage de 650 pages environ, intitulé « Untangling the Web: A Guide to Internet Research » (dispo en PDF dans la Bibliothque L&I) vient d’être rendu public par la NSA suite d’une demande FOIA déposée en Avril par MuckRock, un site qui propose des services payants de traitement de données publiques pour des associations militantes et autres.

Le Guide a été publié par le « Center for Digital Content » de la NSA et regorge de conseils pour l’utilisation des moteurs de recherche, le Internet Archive et autres outils en ligne. (suite…)


Trop facile ! Le malware c’est une industrie sérieuse maintenant…

[Le Monde du cloud – 29/03/2011 –  Jean Elyan / IDG News Service]

Les cybercriminels ont entrepris de détourner le modèle de software-as-a-service des offres Cloud pour vendre des kits de piratage complets. Ils proposent même de l’hébergement et font payer les clients en fonction du temps effectif pendant lequel leurs attaques infectent les ordinateurs ciblés.

Ces kits vendus sont composés d’une variété de techniques de piratage, ou séquences de codes, capables de tirer parti des failles logicielles afin de les infecter par des programmes malveillants. Des chercheurs de Seculert ont trouvé au moins deux kits – Incognito 2.0 et Bomba – livrés avec leur propre solution d’hébergement et leur interface de gestion. « Le nouveau business model rend la tâche facile aux cybercriminels qui pouvaient avoir certaines difficultés à sécuriser leur hébergement ou à trouver des FAI prêts à héberger leurs serveurs malveillants, » dit Aviv Raff, CTO et cofondateur de Seculert. L’entreprise offre un service cloud spécialisé chargé d’alerter les clients sur les logiciels malveillants en circulation, les exploits et autres cyber-menaces.

Les offres globales sont destinées aux criminels qui souhaitent atteindre un grand nombre d’ordinateurs tournant sous Microsoft Windows. Une fois les ordinateurs piratés, les machines peuvent être utilisées pour voler des données personnelles, envoyer des spams, mener des attaques par déni de service ou à d’autres choses encore. C’est aussi moins cher. Les clients ne payent que le temps pendant lequel leurs attaques sont actives. « Autrement dit,  si pour une raison ou une autre le FAI décide de fermer les serveurs pirates, ils n’ont rien à payer, » explique le CTO de Seculert. Celui-ci a estimé que ce type d’hébergement et de service coûtait entre 100 et 200 dollars par mois. «Tout est géré par le prestataire de services, » indique Aviv Raff. « Le client ne paye que pour le temps pendant lequel ses attaques sont hébergées. Nous ne connaissons pas les tarifs exacts, mais comme pour n’importe quel autre service cloud, il est clair que cette offre revient beaucoup moins cher que l’achat séparé d’un kit et de son hébergement, » a t-il dit.

Les clients doivent fournir leurs propres malware constituant les exploits à diffuser. Ils doivent également prendre en charge le piratage des sites web à partir desquels ils veulent rediriger leurs victimes vers le serveur malveillant hébergé par les opérateurs d’Incognito. Quand une victime potentielle visite l’un des sites web infecté, une balise iframe active le transfert de contenu à partir des serveurs Incognito d’où sont menées plusieurs attaques contre les machines en vue de réussir une ou plusieurs intrusions.

Les réseaux sociaux et l’actualité comme planche d’appel

Jusqu’à présent, Seculert a dénombré qu’environ 8 000 sites légitimes avaient été piratés et touchés par des exploits hébergés par Incognito. « Certaines victimes sont infectées quand elles vont visiter ces sites selon un mode de navigation normale, » explique Aviv Raff. Les pirates ont également mené des campagnes de spam pour tenter d’attirer les internautes vers ces sites infectés. Comme l’a récemment remarqué Seculert, un de ces messages prétendait venir de Twitter, manifestant son soutien au Japon et invitant les gens à cliquer sur un lien pour voir une vidéo des réacteurs de la centrale de Fukushima endommagée par le tsunami. En réalité, le lien de ce faux message ne débouchait sur aucune vidéo. Au lieu de cela, un cheval de Troie était téléchargé et installé sur l’ordinateur, dans le cas où celui-ci présentait une vulnérabilité logicielle.

« Incognito 2.0 fournit une interface de gestion basée sur le web qui permet aux clients de vérifier combien d’ordinateurs ont été infectés et quel type d’exploit a été utilisé, » ajoute le CTO de Seculert qui a posté des captures d’écran sur son blog. Incognito 2,0 semble en pleine croissance : les chercheurs de Seculert ont pu établir après analyse de son infrastructure, qu’au moins 30 clients utilisaient la plate-forme pour installer toute sorte de malware, depuis le Trojan Zeus de piratage des comptes bancaires, jusqu’aux faux logiciels antivirus et aux chevaux de Troie génériques qui provoquent le téléchargement et l’installation d’autres logiciels malveillants sur un ordinateur infecté. Sur une quinzaine de jours en janvier, au moins 150 000 machines ont été touchées : environ 70 % de ces ordinateurs ont été infectés avec un exploit utilisant une vulnérabilité dans l’environnement d’exécution Java, et 20 % en profitant d’une faille dans Adobe Reader.

http://www.lemondeducloud.fr/lire-les-cybercriminels-vendent-des-kits-d-attaques-as-a-service-33283.html

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