Les diététiciens U.S. estiment qu’il n’est pas possible d’exiger de quelqu’un qu’il perde plus de 10 Kilos… c’est dire l’ampleur du phénomène d’obésité !

[Grégoire Seither – IES News Service – 06/04/2008]

Alors qu’il est illégal de discriminer une personne en raison de sa couleur de peau, son appartenance ethnique ou son genre, il est toutefois parfaitement admis d’avoir des préjugés contre des personnes en surpoids ou obèses.

Une étude menée par le département d’étude de la santé publique de l’université de Yale montre que – dans une société qui idolâtre la « forme », les personnes en surpoids connaissent des discriminations croissantes… et quand elles demandent au législateur de pouvoir bénéficier des mêmes garanties d’équité que les autres groupes sociaux, elles ne rencontrent que l’incompréhension, voire la dérision.

Publiée dans la dernière édition du International Journal ofObesity, l’étude affirme que « la discrimination contre les gros est quotidienne tant au travail que dans les relations interpersonnelles, et elle survient à un rythme beaucoup plus fréquent que les discriminations en raison de la couleur de peau, de l’âge ou du genre. » Les femmes en surpoids sont deux fois plus victimes de cette discrimination et elles commencent à la subir beaucoup plut tôt dans leur vie que les hommes.

« C’est une forme de préjugé qui est encore tout à fait acceptable dans notre culture, » explique la chercheuse Rebecca Puhl, principale auteure de l’étude. ( . . .) Selon Puhl, qui a travaillé pendant neuf ans sur les discriminations que rencontrent des personnes en surpoids, « notre culture nous forme dès notre plus jeune âge à mépriser et ridiculiser les personnes en surpoids. Le meilleur exemple est Hollywood, avec des acteurs comme Wayne Knight, qui ne jouent que des rôles de gros, lâches et fourbes qui sont les premiers à se faire dévorer par les monstres. »

Pour Donnald Nigaata, avocat pour l’association de défense des droits civiques ACLU, « nous avons réussi à faire comprendre aux gens qu’il n’est pas acceptable de discriminer quelqu’un sur la base de la couleur de sa peau, ses origines, son genre, ses orientations sexuelles ou ses convictions… par contre personne ne protestera si je mets quelqu’un à la porte de mon entreprise simplement parce qu’il est ‘trop gros’. »

Pour Rebecca Puhl « Nous vivons dans une société ou le fitness en est venu à symboliser un certain nombre de valeurs culturelles très importantes. Avoir un corps athlétique est devenu synonyme d’effort, de discipline et d’ambition. Malheureusement, si une personne n’est pas mince, ou si elle est en surpoids, ou obèse… alors on en déduira qu’elle n’a pas de volonté, pas d’ambition, qu’elle est paresseuse et gourmande…toutes choses qu’on pourra lui reprocher, à la lumière de son aspect physique. » .

« Or, après avoir mené des centaines de test médicaux contrôlés et d’études cliniques, nous savons maintenant que les méthodes de régime qui sont proposées de nous jours rendent très difficile une perte de poids durable. Cela a conduit un certain nombre de groupes d’experts, comme par exemple le National Institute of Health, de conclure qu’on ne peut pas vraiment exiger d’une personne d’être capable de perdre plus de 10% de son poids total et de se maintenir à ce nouveau poids ». . .

Mais pour Puhl, le coeur du problème réside dans le fait que l’obésité est un facteur de discrimination sociale et une source de stéréotypes dévalorisants. Une personne en surpoids se voit renvoyer une image d’elle-même qui ne l’aide pas à s’en sortir. Au contraire, la stigmatisation du surpoids peut mener à la dépression nerveuse, voire à une compensation par la nourriture, ce qui ne fait qu’aggraver le problème.

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