L’université DePaul à Chicago s’était déjà illustrée en annulant la conférence que devaient donner les professeurs Mearsheimer et Walt à l’occasion de la sortie de leur livre sur « Le Lobby Israélien ». Finkelstein a finalement jeté l’éponge et donné sa démission de l’université.

L’affaire Finkelstein (suite)

[Le Monde Diplomatique – 06/08/2007]
Le maccarthysme nouvelle manière frappe encore aux Etats-Unis. Privé de contrat en juin, le professeur Norman G. Finkelstein (1) est désormais interdit de cours à l’université DePaul de Chicago depuis le 5 septembre – les autorités ont même exigé qu’il libère son bureau. Ces décisions obéissent aux pressions du lobby pro-israélien, et notamment d’Alan Dershowitz, qui harcèle littéralement Finkelstein depuis la polémique qui les a opposés (voir « Maccarthysme au sein de l’université américaine » ci-dessous). « J’irai à mon bureau et, si on m’en empêche, je m’engagerai dans la désobéissance civile, a déclaré Norman Finkelstein. Et si je suis arrêté, je ferai la grève de la faim. » De nombreux étudiants et certains professeurs ont pris position en sa faveur.

(1) Dernier ouvrage paru en français : Mythes et réalité du conflit israélo-palestinien. Préface de Dominique Vidal, Aden, Bruxelles, 2007.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-09-06-L-affaire-Finkelstein-suite

MACCARTHYSME AU SEIN DE L’UNIVERSITÉ AMÉRICAINE

[Le Monde Diplomatique – Jeudi 19 juillet 2007]
La protestation grandit, parmi les intellectuels américains, face au refus de l’Université DePaul de Chicago, fin juin, de nommer Norman G. Finkelstein professeur titulaire en sciences politiques — il n’est actuellement qu’assistant. Auteur de nombreux livres engagés sur le conflit israélo-palestinien, Finkelstein fait surtout les frais de la polémique qui l’oppose, depuis plusieurs années, à Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard (Cambridge, Massachussets) et pilier du lobby pro-israélien aux Etats-Unis.

Sérieusement bousculé par Finkelstein dans son livre Beyond Chutzpah : On the Misuse of Anti-Semitism and the Abuse of History (1), Dershowitz avait transmis à l’Université DePaul, à l’automne dernier, un dossier de plusieurs dizaines de pages sur les « péchés académiques » de son adversaire. Et, dans une interview, il déclarait : « Ce serait une honte pour l’Université DePaul si elle lui attribuait le poste (2). » Cette campagne explique pourquoi Noam Chomsky a pu parler, ironiquement, d’un « jihad (3) » visant à empêcher la nomination de Finkelstein. L’affaire, au-delà de ce cas, s’inscrit dans l’essor, au sein des universités nord-américaines, d’une nouvelle chasse aux sorcières.

(1) University of California Press, 2005.

(2) The Chronicle of Higher Education, Washington, 5 avril 2007.

(3) Réseau de radios Democracy Now, New York, 17 avril 2007.