Norman G. Finkelstein



Clémenceau disait déjà « Quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission »… Israël va plus loin et nomme des commissions dont les conclusions sont connues d’avance, vu leur composition… Mais la presse service s’extasie sur « l’impartialité » des ces experts « indépendants »…

David Trimble qu’on nous vend comme un « homme de paix », est un fait un des pires faucons Neo-Cons. Et il ne s’en cache pas. Il n’y a que les journalistes pour ne pas (vouloir) le voir.

David Trimble, ami, juge et partie d’Israël

[Hichem Hamsa – Oumma.com – 16/06/2010]

Mascarade. David Trimble, l’observateur étranger désigné lundi par Tel Aviv pour enquêter sur le crime israélien de neuf citoyens turcs, est en réalité un fervent partisan de l’État d’Israël. Enquête et révélations sur une personnalité sous influence.

Tel Aviv assiégé par l’opprobre du monde. Pour affronter la critique internationale, c’est à l’unanimité que le gouvernement israélien a approuvé avant-hier la nomination des membres de la commission d’enquête chargée d’examiner le déroulement de l’assaut meurtrier, commis par l’armée, contre un convoi humanitaire à destination de Gaza. But officiel de l’opération : élucider les circonstances du raid militaire afin de démontrer sa conformité au regard du droit international. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, se dit d’ores et déjà « convaincu que l’enquête prouvera qu’Israël a agi en respectant la loi ». Et peu importe le scepticisme affiché par la Turquie, État plaintif dans l’affaire, quant à la crédibilité de la commission nationale : l’ouverture d’une enquête était surtout destinée, selon le chef du gouvernement, à apporter une « réponse convaincante aux États responsables de la communauté internationale ». Aux yeux du Premier ministre , les nombreux détracteurs, à travers la planète, de ce simulacre d’investigation n‘ont aucune importance. Le secrétaire général de l’ONU aura beau se déclarer favorable à une véritable commission d’enquête, internationale et indépendante, Tel Aviv continuera de faire la sourde oreille. D’autant que Washington, Londres et Paris viennent de saluer ce qui est présenté comme une avancée, faisant fi de l’avis du Conseil de Sécurité qui avait pourtant formulé le même vœu que Ban Ki-Moon.

Outre le caractère national du comité chargé de l’enquête, d’autres aberrations ne manquent pas : ainsi, à l’exception du chef d’état-major, les militaires ayant directement participé à l’attaque ne pourront pas être interrogés et le rapport final devra être transmis au gouvernement avant sa publication. Qui sont les membres de cette commission déjà discréditée en raison de sa dépendance à l’égard du gouvernement ? Cinq hommes triés sur le volet : le président, Jacob Terkel, ancien juge à la Cour Suprême et sympathisant de la droite dure israélienne ; Shabtaï Rosen, professeur émérite de droit international qui a participé à l’organisation constitutionnelle de l’État d’Israël ; le général Amos Horev, figure héroïque de l’armée ; et deux observateurs étrangers, aux compétences réduites :le Canadien Ken Watkin, juriste militaire, et le Britannique David Trimble, prix Nobel de la Paix pour son action dans le règlement du conflit en Irlande du Nord.

Au casting de Tony Blair

La participation de ce membre, présenté par les autorités israéliennes comme impartial et indépendant, reflète à elle seule la farce que constitue cette commission d’enquête.

David Trimble, 65 ans, est d’abord une figure irlandaise historique, et controversée,au sein du Royaume-Uni. Ancien militant extrémiste de la mouvance protestante unioniste, alors violemment hostile aux catholiques indépendantistes de l’IRA, l’homme s’est peu à peu assagi avec le temps, au point d’avoir convaincu le parti qu’il dirigeait, l’UUP, à conclure un accord de paix avec la partie adverse, sous la houlette de l’ancien sénateur américain George Mitchell.

C’est cette victoire qui contribua à lui faire remettre, conjointement avec son co-signataire John Hume, le prix Nobel en 1998. Huit ans plus tard, il deviendra pair du Royaume-Uni, avec le titre de baron, avant de rejoindre par la suite le Parti conservateur. Un ralliement qui n’a pas porté ses fruits puisque David Trimble n’a décroché, contre toute attente, aucun poste ministériel à la suite de la victoire, aux dernières élections législatives, de David Cameron. Une déception qui n’aura duré que quelques semaines jusqu’à sa désignation officielle, ce lundi, par le gouvernement israélien, pour rejoindre la commission. La nomination du conservateur serait, selon le quotidien britannique The Guardian, la conséquence d’un lobbying exercé par Tony Blair, l’émissaire du Quartette (Europe, Usa, Russie, ONU) pour le Proche-Orient. L’ancien Premier ministre aurait soufflé son nom à Benjamin Netanyahu.

Une recommandation qui n’a pas dû être difficile à suivre : David Trimble est un ami de longue date de l’État d’Israël. Son dernier geste d’affection remonte au 31 mai : le jour même du crime de neuf Turcs par l’armée israélienne, le futur enquêteur-observateur était à Paris pour inaugurer l’association « L’initiative des amis d’Israël », organisation dont le but est de lutter contre la « délégitimation de l’État d’Israël ». Critère pour faire partie de ce club qui se targue d’être composé de non-Juifs tel l‘ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar : « être convaincu qu’ Israël fait partie intégrante de l’Occident et de son avenir » et s’inquiéter de « l’islamisme radical et d’un Iran nucléaire qui constituent des menaces affectant le monde entier ». (suite…)


[Jean-Claude Lefort – Député honoraire – 31 mars 2008]AFFAI

Le sous-préfet de Saintes, M. Bruno Guigue, vient d’être brutalement démis de ses fonctions par sa ministre de tutelle au titre qu’il aurait gravement dérogé au « devoir de réserve » qui doit marquer sa haute fonction. Cela a fait grand bruit en France mais aussi à l’étranger, il faut le savoir, notamment au Proche et Moyen-Orient.

Examinons donc successivement les faits, puis la notion de « devoir de réserve », voyons si elle a ou non un caractère « universel » et tirons les conclusions de cette « affaire ». (suite…)


Shalom et Salam

[Samuel Gutman – Tribune libre sur le site rouge-brun VoxNR – 15/03/2008]

Je ne possède pas de villa à Deauville, je ne tiens pas boutique dans le Sentier. J’achète tout au détail, je n’ai ni gourmette ni aucun goût pour l’ostentatoire. J’habite à Sarcelles, je ne connais rien de Courchevel.

Je suis juif, juif et nationaliste, nationaliste français et géopolitiquement eurasien. Logique, comme Ashkénaze je suis un fils de Khazar, mon passé c’est la steppe. J’aime les empires mais pas les impérialistes, la Rome réelle mais pas l’amérique légale. Je croirai à la bonne volonté états-unienne quand je verrai des représentants irakiens siéger à leur Sénat. D’ici là je préférerai « La guerre des Gaules » à « De la démocratie en Amérique ».

Je lis avec attention Flavius Joseph mais je conserve beaucoup de respect aux patriotes de Massada. Ne croyez pas que je me renie, que je renie ma mère, que je fais le contraire de Camus : préférer mes idées à celle qui m’a élevé. Comme le rape Kalash et la bande des quatre, je n’ai « aucun rapport avec les tarés qui cassent du juif à la sortie des lycées ». Je ne suis pas non plus « laïque », je n’approche pas d’une voiture ou d’un interrupteur à shabbat mais je ne suis pas un fanatique. Mon apparence ne diffère en rien de mes contemporains, imprenable est ma foi, imprenable est ma rébellion. Je suis un radical mais pas un marginal, beaucoup pense que pour lutter, il faut choquer. Moi je préfère ressembler aux gens simples, parce que j’en suis…

Je n’ignore pas non plus tout ce que le judaïsme a apporté au monde, notamment à travers le Christianisme et l’Islam. Même le « bouc émissaire », cette formule qui a si souvent accompagné notre malheur, vient de nos traditions les plus lointaines : à Kippour, deux boucs identiques étaient choisis, l’un était sacrifié à Dieu, l’autre était renvoyé dans le désert se perdre vers Azazel.

Spirituellement nous sommes tous des sémites a dit l’un de vos papes. J’ai du respect pour l’ère païenne mais je sais aussi que rien ne s’écroule sans raison. Je ne crois pas comme Nietzsche, le père infâme et syphilitique du nazisme comme de l’individualisme libéral, que nous vivions « par delà le bien et le mal ». Je crois au Bien, pas au bien de consommation, pas au bien américain et à son nouvel axe, mais aux Justes. Qu’ils cachent des mômes juifs en 1944 ou qu’ils soient médecins à Gaza, peu m’importe, ils sont du bon côté de la barricade…

Si je déteste les sionistes c’est d’abord comme juif. En 1945 nous aurions pu devenir ambassadeur de l’humanité, relier les hommes par notre souffrance mais Ben Gourion et sa clique nous ont jeté du côté des bourreaux.

Je hais le Betar qui défilait en chemise brune dans les rues d’Allemagne en 1938… Je lui préfère le Bund, ses juifs socialistes qui défendaient leurs frères dans l’empire russe face aux pogroms. Qu’on leur pardonne leur impiété, ils distribuaient du porc pendant shabbat.

Ecoutez les hommes en noirs de Neturei karta : « tous les juifs ne sont pas sionistes, tous les sionistes ne sont pas juifs ». Les sionistes ne sont même pas juifs, c’est Dieu qui à la fin des temps nous donnera une terre, pas les merkavah et les F-16, quel orgueil, quelle folie criminelle de la part de ces égarés!

Les rabbins sont membres de l’OLP, comme le FPLP de Georges Habache. Ce palestinien chrétien, nationaliste et marxiste, avait rompu avec cet amalgame dès les années 60… J’ai pleuré à sa mort, un jour je le promets, je voyagerai pour poser une petite pierre sur sa tombe. Kippa et keffieh pour moi et tant pis si ça scandalise mon cousin d’amérique, le massorti. Aujourd’hui certains juifs préfèrent se souvenir de l’abbé Grégoire que de Pétain. Ils déplorent Finkielkraut et regrettent Marc Bloch.

Pas de fatalité, j’ai grandi en cité avec une mère isolée mais je ne suis pas devenu pour autant un « mollusque geignard voué à la consommation et à l’illusion du principe de plaisir » (Alain Soral). Les juifs anti-sionistes sont peut-être une minorité mais les goyim, anti-sionistes ou nationalistes, le sont aussi. Tant mieux, ce sont les minorités qui font l’Histoire…

http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EkpVEuVAAATFbcUnBQ.shtml


Mise à jour : Bruno Guigue, spécialiste du Proche-Orient et préfet de Saintes, publiera une critique de cet appel sur Oumma.com le 13 mars 2008, ce qui lui vaudra d’être limogé de son poste de préfet par Michèle Alliot-Marie et Nicolas Sarkozy…

« Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière. (Bruno Guigue)« 

L’ONU contre les droits de l’homme

[Le Monde – 27.02.08]
Les démocraties doivent résister à l’offensive idéologique conjointe des pays musulmans et dictatoriaux

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l’homme, l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l’homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière « déclaration des droits de l’homme », la mise à mort de l’universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales. (suite…)


[New York Magazine – Janvier 2008 – Trad. Grégoire Seither]A 54 ans, Norman Finkelstein se retrouve dans la même situation qu’à ses débuts. L’été dernier, cet universitaire de gauche a été renvoyé de son poste de professeur assistant à l’université DePaul.

Finkelstein est devenu célèbre en 2000 avec son ouvrage « The Holocaust Industry » dans lequel il critique en termes peu amènes les dirigeants de la communauté juive aux États-Unis. Selon Finkelstein un certain nombre parmi eux n’est rien d’autre qu’une « bande répugnante de ploutocrates, de gangsters et de profiteurs » dont le principal objectif n’est pas le bien de la communauté ou la lutte contre l’antisémitisme mais simplement l’extorsion de réparations et de compensations des gouvernements et entreprises européennes.

Aujourd’hui Finkelstein se retrouve sans le sou, retiré dans le petit appartement qu’il a hérité de son père, sur Ocean Parkway. « C’est comme le fait de mourir, » dit Finkelstein. « Vous ne cessez de vous dire qu’un jour vous allez mourir, mais vous ne réalisez jamais la réalité de ce fait. Aujourd’hui je réalise que je n’aurais probablement jamais d’autre emploi comme enseignant et je n’ai pas encore vraiment réalisé ce fait. »

Il passe ses journées à lire et à poursuivre ses recherches en solitaire; ses étagères ploient sous le poids des livres de Marx, Lénine ou Trotski. Son piano est décoré de cartes postales de soutien envoyées par ses étudiants mais aussi une photo de lui et de Noam Chomsky (« mon plus proche ami ») torse nus, sur la plage de Cape Cod.

Dans sa jeunesse, Finkelstein était un révolutionnaire d’obédience maoïste. Il reconnait lui-même que sa carrière académique a été handicapée dès le départ à cause de ses orientations politiques. Il a mis 13 ans à obtenir son doctorat à Princeton, étant donné qu’aucun professeur ne voulait se charger de diriger sa thèse, une analyse (déjà) des fondements du Sionisme. Quand il a enfin réussi à soutenir sa thèse et obtenir son doctorat, aucun de ses professeurs n’a voulu le recommander pour un poste de maitre-assistant. Il a donc passé plusieurs années comme chargé de cours précaire, dans plusieurs universités – Brooklyn College, Hunter, et New York University, gagnant rarement plus de 20 000 US$ par an.

Quand il a été embauché à l’université DePaul, il y a six ans, sa situation s’est améliorée. Mais le succès de son ouvrage « The Holocaust Industry », devenu un best seller en Allemagne et traduit dans plus de 20 langues, l’a fait connaître et a mobilisé les critiques contre lui. A Harvard, Alan Dershowitz a mené une campagne féroce et violente contre lui, compilant un dossier visant à démontrer les « cas les plus clairs et les plus choquants de la malhonnêteté de Finkelstein ».

Malgré cela, son département et son université proposèrent de le titulariser. Mais la commission des promotions et titularisations de l’université vota à 4 contre 3 le non renouvellement de son contrat. Le président de DePaul aurait pu faire basculer le vote avec sa voix mais refusa de le faire.

Le coup fut dur pour Finkelstein, qui a perdu presque dix kilos depuis l’été. « Les gens m’ont vu dépérir, » dit-il. Sur le campus, les étudiants se mobilisèrent, un groupe d’étudiants organisa une grève de la faim; Chomsky et d’autres vinrent à sa rescousse. L’un de ses collègues lui offrit un CD avec une compilation de morceaux comme « I Will Survive » (je survivrais) et « What’s Goin’ On? » (qu’est ce qui se passe ?).

« J’adore depuis longtemps les Negro spirituals, » explique Finkelstein. « A la fin j’avais toujours cette chanson dans la tête, ‘Etais-tu là, quand ils ont crucifié le Seigneur ? Etais-tu là ?’ C’est comme cela que je me sentais. A la fin les attaques contre moi étaient tellement violentes et basses, que j’étais comme crucifié. »

Fils de survivants du Ghetto de Varsovie et des camps de la mort nazis, Finkelstein à grandi dans le quartier de Borough Park puis à Mill Basin, ou il fréquentait, à quelques années de différence, la même école que Chuck Schumer. Il a grandi dans un milieu athée, ses parents ayant perdu la foi après la guerre.

Le quartier où il habite et son immeuble sont à forte composante juive. Un ami du père de Finkelstein l’aborda un jour dans le hall et l’implora de se calmer : « Il m’a dit, ‘Norman, tu ne rajeunis pas et toutes les maisons de vieillards sont dirigées par des juifs. Si tu ne te calmes pas, un jour tu n’auras plus nulle part où aller’. »

http://nymag.com/news/intelligencer/41838/


Intéressant article de Davis qui retrace les différentes campagnes en cours pour protester contre la politique israélienne dans les territoires… intéressant surtout par ses omissions et par le choix de son vocabulaire. Critiquer l’occupation illégale et la politique inhumaine d’Israël dans les territoires ne peut être qu’une « névrose », une pathologie maladive qui frappe ceux qui « se haissent eux-même »… ce n’est pas étonnant que le site Guyssen, la voix du mouvement des colons et de la droite dure en Israël, ait pris la peine de traduire ce papier.Davis se garde bien de citer les noms des personnes appelant au boycott, oublie de mentionner qu’une bonne part du mouvement juif libéral et progressiste britannique soutient le mouvement et surtout que ce mouvement a des relais dans la société israélienne. C’est probablement la raison pour laquelle Davis n’arrive à caser qu’une fois son article le mot fétiche qui est censé faire revenir les égarés dans le droit chemin : antisémitisme.

Heureusement, il y a « l’action musclée d’organisations juives américaines »… L’ADL avait tenté de le faire via une campagne d’affichage « Boycotter Israël c’est de l’antisémitisme » mais avait du faire marche arrière suite à une vive campagne d’opinion qui n’appréciait pas ce genre d’amalgame mensonger dont l’unique but est de museler le débat.

[Douglas Davis, traduit par Paul Leslie pour Guysen International News – Article paru le 30 juillet sur http://www.jjri.net/articles/113-United-Kingdom-The-Hate-Game.html%5D

L’hostilité qui vise Israël prend les allures d’une névrose nationale en Grande- Bretagne. Les Britanniques s’enorgueillissent de leur capacité de résister stoïquement et de se débrouiller. Quand les terroristes musulmans se font exploser – et même quand ils n’y arrivent pas – les Britanniques font appel à «l’esprit du Blitz» et persévèrent sur leur chemin. Pour faire comme si de rien n’était.

Mais le flegmatisme des Britanniques s’en va, rapidement, dès que la question d’Israël se pose. Maintenant que Tony Blair n’est plus là et que la majeure partie du venin qui s’était répandu au cours des débats provoqués par l’intervention en Irak s’est dissipée, Israël constitue la seule question qui obsède des groupes bien divers – que ce soit au cours des tables rondes radiodiffusées et télévisées, ou des conversations auxquelles participent les convives de soirées «bon chic bon genre» – ou bien lors de congrès syndicaux.

(suite…)


Une partie non négligeable des Juifs ne veut aucun lien avec Israël, ou est très critique de ce pays. Un antisionisme juif existe. Pourquoi eux peuvent et moi pas?

Victor Ginsburgh – Professeur de l’Université Libre de Bruxelles

J’ai eu la maladresse d’écrire qu’à mon goût, mon université était insuffisamment antisioniste. Elle ne l’est pas du tout; moi je le suis. Des amis proches, Moïse R. et Philippe W. ont eu la gentillesse de me demander ce que j’entendais par là. Ils le savaient, eux, mais ils m’ont ainsi donné l’occasion d’y réfléchir. D’autres le feront peut-être aussi, pour autant qu’ils m’adressent encore la parole. Voilà, je dois à Moïse et à Philippe les quelques explications qui suivent. Quant aux autres, aucune raison de me justifier.

Je suis devenu Juif à l’âge de 35 ans, lors d’un séjour à Cracovie alors que je passais devant un cimetière juif où les herbes étaient tellement hautes que l’on ne voyait plus les pierres. Je ne savais même pas qu’Auschwitz était là, à quelques kilomètres. Auschwitz, et ailleurs, où avaient disparu, disait ma mère, 56 personnes de la famille.

C’est quoi, pour moi, être Juif?

Mendès-France à qui l’on posait la question aurait répondu: «Je suis né Juif; les antisémites me considèrent comme Juif, et mes enfants savent qu’ils sont Juifs.» Freud se décrivait comme quelqu’un «qui est complètement étranger à la religion de ses pères» – aussi bien qu’à toute autre religion – et qui ne peut partager des idéaux nationalistes, mais qui cependant n’a jamais répudié son peuple, qui sent qu’il est un Juif dans sa nature essentielle et qui n’a aucun désir d’altérer cette nature. Si la question lui était posée: «Puisque vous avez abandonné toutes ces caractéristiques communes à vos compatriotes, que vous est-il resté qui soit Juif?», il répondrait: «Enormément et probablement sa véritable essence». Voilà pour mon état de Juif. Rien de plus, rien de moins.

C’est quoi, pour moi, être sioniste ou antisioniste?

Si c’est ce qu’écrivait, en 1914, Moshe Smilansky, qui était à la tête de l’Union des agriculteurs juifs de Palestine, alors je suis sioniste: «Il n’y a pas, à mon avis, d’antagonisme entre l’aspiration nationale arabe et l’aspiration nationale juive. Il n’y en a pas, parce que la terre de notre espérance n’est qu’un petit coin au milieu des vastes pays dans lesquels le peuple arabe est de par son nombre l’élément décisif. Il n’y en a pas pour nous, parce que la perspective dans laquelle nous envisageons notre avenir, n’est pas politique, ni étatique, mais bien économique et culturelle… Et la Palestine, du fait qu’elle est économiquement et culturellement le pays des Juifs, sera un rapport substantiel à la fédération turco-arabe à venir.» Et il faut reconnaître que la réussite dans ces domaines est éclatante. (suite…)


La polémique fait rage aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. En dénonçant l’impossibilité de contester la politique de l’Etat hébreu, des intellectuels juifs de gauche, comme l’historien britannique Tony Judt, ont-ils ouvert un débat salutaire ? Ou bien attisent-ils l’antisémitisme ?

[Gaby Wood – The Observer – 12/10/2007]

Le 3 octobre dernier, l’éminent historien britannique Tony Judt s’apprête à donner une conférence sur le thème “Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine” au consulat de Pologne à New York lorsque son téléphone sonne. A l’autre bout du fil, on lui annonce de but en blanc que son intervention est annulée. Son interlocuteur lui précise qu’Abraham Foxman, directeur national de la Ligue antidiffamation [ADL, association de lutte contre l’antisémitisme], a appelé le consul polonais.

Cet appel de l’ADL est-il à l’origine de l’annulation ? La question va soulever un débat houleux dans les jours et les mois suivants. Pour Foxman, ces accusations sont “absurdes” et “relèvent de la théorie du complot”. Le consul de Pologne, Krzysztof Kasprzyk, va pourtant admettre un peu plus tard qu’il a été contacté par plusieurs organisations juives – parmi lesquelles l’ADL et le Comité juif américain (AJC) – qui se disaient préoccupées par le caractère anti-israélien des propos de M. Judt. “Ces appels téléphoniques étaient très élégants, mais peuvent être interprétés comme une façon d’exercer une pression subtile”, a reconnu M. Kasprzyk.

Il ne lui a pas fallu longtemps pour réaliser que la Pologne, au vu de son histoire, n’était peut-être pas très bien placée pour offrir une tribune à des arguments qui, dans certains milieux intellectuels américains, sont assimilés à de l’antisémitisme.

Dans la presse juive de New York, l’incident a été surnommé avec un humour contestable “l’affaire Judt”. Bien sûr, tout le monde ne voyait pas en Judt un Dreyfus de notre temps. The New York Review of Books a publié une lettre ouverte à Abraham Foxman, signée par 114 intellectuels dont beaucoup ne partageaient pas les vues de Judt sur le Proche-Orient mais qui estimaient que son droit à la liberté d’expression avait été entravé.

(suite…)


L’université DePaul à Chicago s’était déjà illustrée en annulant la conférence que devaient donner les professeurs Mearsheimer et Walt à l’occasion de la sortie de leur livre sur « Le Lobby Israélien ». Finkelstein a finalement jeté l’éponge et donné sa démission de l’université.

L’affaire Finkelstein (suite)

[Le Monde Diplomatique – 06/08/2007]
Le maccarthysme nouvelle manière frappe encore aux Etats-Unis. Privé de contrat en juin, le professeur Norman G. Finkelstein (1) est désormais interdit de cours à l’université DePaul de Chicago depuis le 5 septembre – les autorités ont même exigé qu’il libère son bureau. Ces décisions obéissent aux pressions du lobby pro-israélien, et notamment d’Alan Dershowitz, qui harcèle littéralement Finkelstein depuis la polémique qui les a opposés (suite…)