Pour un portrait plus fouillé d’Emmanuel Ratier, lisez la « fiche » établie par le bulletin antifasciste Reflex(ES) :

Et pour lire les anciens numéros (très instructifs) de Faits & Documents, sans donner son argent à l’hydre brune, il suffit d’aller voir la Bibliothèque de Libertes-Internets (dossier Faits et Documents) : https://mega.nz/#F!vEJWARzJ!hnOl-l7WfB4QpQowLWXtOw   (attention ! Hic Sunt Leones !!!!)

[Huffington Post – Geoffroy Clavel – 20/08/2015]

EXTRÊME DROITE – Inutile de chercher une photo de lui sur Internet. Les rares clichés disponibles y sont au mieux flous, au pire ceux de quelqu’un d’autre. A l’ère d’Instagram et du selfie, Emmanuel Ratier a toujours cultivé le goût du complot et du secret, jusqu’au point d’exiger d’être filmé de dos ou dans le noir lors de ses (rares) apparitions sur des webtélés.

Cette coquetterie ne l’a pas empêché de s’imposer comme le principal journaliste d’investigation de la presse nationaliste et d’extrême droite française. Et c’est à ce titre que l’ensemble des milieux ultras, pétainistes, nationalistes et antisémites que compte la « fachosphère » lui ont rendu hommage après l’annonce de sa mort par le journal traditionnaliste Présent qui lui consacre sa une de ce vendredi.

De l’identitaire Jean-Yves Le Gallou à Egalité et Réconciliation d’Alain Soral, de l’Oeuvre française d’Yvan Benedetti à Serge « Batskin » Ayoub, ancien leader des skinheads des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, tous ont salué la disparition ce mercredi 19 août à 58 ans suite à un accident cardiaque de celui qui fut, entre autres, rédacteur en chef de Minute.

Pas de réaction en revanche au Front national de Marine Le Pen, qui n’a de cesse d’afficher sa distance avec la presse ultra-nationaliste.
Seul Jean-Marie Le Pen, retweeté par son fidèle Bruno Gollnisch, a déploré sur le réseau social « une perte immense pour la cause nationale ». Et ce le jour même où le cofondateur du FN est menacé d’exclusion.

Un influent documentaliste « maniaque »

Engagé très tôt en politique, diplômé du CFJ et de Sciences-Po Paris, Emmanuel Ratier a collaboré à plusieurs journaux étiquetés de près ou de loin à droite (Le Figaro Magazine, National Hebdo, Le Crapouillot, Valeurs actuelles…). Bien qu’inconnu du grand public, sa notoriété dans les milieux d’extrême droite tenait autant au contenu de sa librairie parisienne « Facta », où se côtoient écrits négationnistes et brûlots anti-mondialistes, qu’à sa lettre bimensuelle « Faits & Documents ».

Editée depuis 1996, cette publication résumait bien le style particulier d’Emmanuel Ratier, entre investigation pointilleuse et conspirationnisme débordant. « Maniaque du complot, Ratier bénéficie de nombreux ‘dénonciateurs’ pour alimenter son bulletin bimensuel qui consiste en une succession de dossiers et brèves très renseignés sur les personnes suspectes de défendre la démocratie et la République française », écrivent à son sujet Caroline Fourest et Fiametta Venner dans leur « Guide des sponsors du Front National ». Un « compliment » qu’Emmanuel Ratier a reporté dans le livre d’or de son site Internet.

Documentaliste obsessionnel, Emmanuel Ratier s’était fait une spécialité d’enquêter sur les « lobbys », essentiellement juifs et franc-maçons. « Mystères et secrets du B’naï B’rith : la plus importante organisation juive internationale », « Les Guerriers d’Israël : enquête sur les milices sionistes », « Au cœur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France »… Sa bibliographie, qui compte également plusieurs tomes de son « Encyclopédie politique française », parle d’elle même.

« Le vrai visage de Valls », l’ultime coup d’éclat

Animateur du « Libre journal de la résistance française » sur l’antenne de Radio Courtoisie, Emmanuel Ratier a réussi un ultime coup d’éclat avec la publication en 2014 du « Vrai visage de Manuel Valls » au moment même de sa nomination à Matignon. Devenu un best-seller dans les milieux ultras, ce pamphlet à charge détricote l’histoire officielle du premier ministre, jetant au passage le doute sur le statut d’exilé anti-franquiste de son père.

Le livre reprend et étaye la théorie populaire dans les milieux antisémites d’une « conversion » de Manuel Valls à la cause israélienne suite à son mariage avec Anne Gravoin. « Valls, c’est un bon client. Il n’a pas un profil lisse et il ment quasiment sur tout, même sur l’histoire de sa famille. Avec tous les témoignages que j’ai recueillis depuis, j’ai de quoi en écrire le double maintenant », se vantait Emmanuel Ratier àL’Express.

Ce deuxième opus ne verra probablement jamais le jour.

http://www.huffingtonpost.fr/2015/08/20/emmanuel-ratier-mort-extreme-droite-francaise-dernier-journaliste_n_8013966.html