Pour un portrait plus fouillé d’Emmanuel Ratier, lisez la « fiche » établie par le bulletin antifasciste Reflex(ES) :

Et pour lire les anciens numéros (très instructifs) de Faits & Documents, sans donner son argent à l’hydre brune, il suffit d’aller voir la Bibliothèque de Libertes-Internets (dossier Faits et Documents) : https://mega.nz/#F!vEJWARzJ!hnOl-l7WfB4QpQowLWXtOw   (attention ! Hic Sunt Leones !!!!)

[Huffington Post – Geoffroy Clavel – 20/08/2015]

EXTRÊME DROITE – Inutile de chercher une photo de lui sur Internet. Les rares clichés disponibles y sont au mieux flous, au pire ceux de quelqu’un d’autre. A l’ère d’Instagram et du selfie, Emmanuel Ratier a toujours cultivé le goût du complot et du secret, jusqu’au point d’exiger d’être filmé de dos ou dans le noir lors de ses (rares) apparitions sur des webtélés.

Cette coquetterie ne l’a pas empêché de s’imposer comme le principal journaliste d’investigation de la presse nationaliste et d’extrême droite française. Et c’est à ce titre que l’ensemble des milieux ultras, pétainistes, nationalistes et antisémites que compte la « fachosphère » lui ont rendu hommage après l’annonce de sa mort par le journal traditionnaliste Présent qui lui consacre sa une de ce vendredi.

De l’identitaire Jean-Yves Le Gallou à Egalité et Réconciliation d’Alain Soral, de l’Oeuvre française d’Yvan Benedetti à Serge « Batskin » Ayoub, ancien leader des skinheads des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, tous ont salué la disparition ce mercredi 19 août à 58 ans suite à un accident cardiaque de celui qui fut, entre autres, rédacteur en chef de Minute. (suite…)


160 000 Euros par moi, ça fait combien en putes ?

[Emmanuel Ratier – Faits et Documents n°364 – Octobre 2013]

L’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn multiplie les contrats juteux. L’ancien directeur exécutif du FMI va notamment devenir, avec l’aval du président de la République, le principal conseiller du vice-Premier ministre nationaliste Alexsandar Vucik afin de faciliter le rééchelonnement de la dette de la Serbie avec la Banque mondiale, le FMI et les grandes banques mondiales. S’il a indiqué qu’il travaillerait gratuitement les trois premiers mois par « amour de la Serbie » (mais avec prise en charge de tous ses frais), rien n’a filtré sur le pourcentage qu’il touchera sur les futurs accords avec les banques étrangères (outre la nationalité serbe qui devrait lui être accordée rapidement). Seule la presse serbe a indiqué qu’il arriverait avec de dix à quinze auditeurs qui, eux, seront payés dès le premier jour.

L’opération serbe aurait dû être menée pour le compte de la banque Arjil & Associés (c’est Wladimir Mollof, président d’Arjil, qui s’est beaucoup entremis, mais DSK était également soutenu par le Fonds russe des investissements publics, très implanté dans l’ex-Yougoslavie, dont il est membre du conseil de surveillance depuis juillet 2013) dont Dominique Strauss-Kahn était jusqu’alors un consultant de luxe.

Mais celui qui aurait dû être le candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 va très certainement donner cette affaire (comme les autres qu’il a en portefeuille tels un consortium de banques marocaines ou un fonds souverain et une compagnie d’assurance russe) au très discret conglomérat financier Anatevka, installé au Luxembourg, dont il deviendra, le 18 octobre, président du directoire. Comptant une centaine de professionnels haut de gamme, le groupe va être rebaptisé Leyne, Strauss-Kahn & Partners.

À la tête de sa propre EURL Parnasse, qui a déclaré la bagatelle de 630 000 € de chiffre d’affaires pour quatre mois d’activité en 2012, DSK devrait largement doubler, voire tripler, ce montant en 2013, d’autant qu’il est très présent dans les pays émergents: conseils aux dirigeants du Sud-Soudan, conférences allant de 50 000 à 150 000 € au Maroc (en particulier dans les grandes banques où il sert aussi d’intermédiaire avec le FMI), en Corée du Sud, en Ukraine à l’occasion du Yalta European Forum, organisé par son disciple Stéphane Fouks, ou en Chine chez le géant de l’Internet NetEase. Il se rend par ailleurs chaque mois à Moscou au conseil de surveillance du fonds et de la banque russe. Ses revenus actuels avoisineraient les 160 000 € par mois.

DSK va donc par ailleurs développer la division « banque d’affaires » Anatevka, qui s’ajoutera à la gestion d’actifs via Assya Asset Management implanté à Bruxelles, Bucarest, Genève, Luxembourg, Monaco et Tel-Aviv, l’assurance avec Firstcaution (Suisse), le capital-risque, le conseil aux pays émergents et asiatiques et l’intermédiation financière. Singularité: Anatevka est la ville fictive, située dans la Zone de résidence russe, où se déroule la comédie musicale Un Violon sur le toit de Joseph Stein, inspirée du roman yiddish Tewje, der Milchmann (Tewje, le laitier) de Cholem Aleikhem.

Le président d’Anatevka, Thierry Leyne, 47 ans, est un multi-millionnaire (voire milliardaire) israélo-français passé par le Technion d’Haïfa puis l’Université libre de Bruxelles. Ingénieur en génie civil, il a effectué toute sa carrière dans la finance. Il a lancé en 1996, avec Brice Moatti et Yves Naccache, Axfin (société d’investissement et transactions financières par internet), introduit en Bourse en 1999 et racheté par le courtier allemand ConSors (puis revendu à Paribas). Il lance également Assya Capital, coté sur le marché libre d’Euronext en 2001 (65,5 millions de capital). L’ensemble fusionnera avec Global Equities en 2010, avant une séparation à l’amiable en 2012 (Leyne en détient encore 30 %).

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Comment ne pas croire à la synarchie quand même un canard branchouille comme « les Inrocks » se permet d’écrire des textes qui auraient pu être écrits par Julius Streicher en 1930 – comment encore croire à la démocratie quand on est confronté à de tels tireurs de ficelles et éminences grises : « Le grand public ignore leurs visages : on ne les voit jamais à la télé, on ne les entend pas à la radio, on ne les lit guère dans la presse. Pourtant ils pèsent sur tous les médias. Leur obscurité sert leur éclat, leur sous-exposition médiatique illustre leur surexposition stratégique […] Ils ne revendiquent certainement pas le terme de “gourou”, ni celui de “magicien”, ni celui de “faiseur de rois” : les termes “conseiller” ou “codécideurs” leur vont mieux, mais restent trop euphémiques pour éclairer la dérive de leur pouvoir opérationnel. On ne vote pas pour eux mais ce sont eux qui décident ! » (Commentaire de Dov)

[Emmanuel Ratier – Faits & Documents n° 357 – Mai 2013]

Après les affaires Dominique Strauss-Kahn et Jérôme Cahuzac, l’incontournable « Mazarin de l’influence », co-président d’Havas Worldwide, qui a tissé depuis trente ans une incroyable toile d’araignée, vient de se faire taper sur les doigts, pour la première fois, par son patron Yannick Bolloré, qui lui a demandé de ne plus signer aucun contrat avec des ministres en exercice. Avec Anne Méaux et Michel Calzaroni, cet ashkénaze multimillionnaire est l’un des trois gourous qui « disposent d’un immense pouvoir d’influence sur la vie politique et économique française ». Un « vrai décideur installé dans l’ombre de notre système démocratique » (Les Inrockuptibles, 23 mars 2011).

« Tout en vitupérant “le capitalisme consanguin et protégé”, Stéphane Fouks cultive soigneusement son réseau de relations politiques […] Adversaire du mélange des genres (une connerie affirme-t-il sans rire), Stéphane Fouks vit de troublants dédoublements. Par exemple lorsqu’il remporte des marchés auprès d’élus que par ailleurs il conseille bénévolement. » Le Canard enchaîné, 31 janvier 2001.

« Il est en mouvement constant, donc assez bordélique mais il est rapide, ça le sauve. » Jacques Séguéla, Stratégies.

« Ce fut un des pince-fesses les plus courus de la capitale : le 25 novembre 2008, dans un salon du ministère du Travail, Stéphane Fouks, se faisait remettre la Légion d’honneur (NDA : sur proposition de l’UMP Laurent Wauquiez) des mains de Xavier Bertrand (NDA : ministre du Travail UMP), sous le regard admiratif de vingt-trois patrons du CAC 40 et de nombreux politiques de tous bords. Près de 300 invités au total ! À 49 ans, cet homme-là est un véritable réseau à lui tout seul […] Mais l’entregent de cet ancien rocardien devenu multimillionnaire ne se limite pas à son portefeuille de clients, loin de là ! Le coeur du système Fouks, c’est d’abord un triangle constitué avec deux copains rencontrés sur les bancs de la fac Tolbiac : le criminologue Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de France, et le député socialiste Manuel Valls. S’y ajoutent d’autres fidélités, comme celle qui le lie à Arnaud Lagardère ou à Dominique Strauss-Kahn, dont il a embauché plusieurs très proches collaborateurs. Recaser les amis, en détacher d’autres… La méthode a permis d’essaimer dans les cercles qui comptent. » Le Nouvel observateur, 21 mai 2009 (1).

« Sa proximité avec Dominique Strauss-Kahn l’a fait passer du statut envié de spin doctor d’un futur président à celui de conseiller complaisant – voire complice – de l’homme qui scandalise […] Il tente de transformer pour la galerie le pire danger qui ait menacé sa carrière en expérience édifiante de communication de crise […] Il y a encore quelques semaines, il alimentait volontiers la thèse du “complot” dans l’affaire du Sofitel. Les révélations sur les prostituées du Carlton l’ont saisi par surprise. » Le Monde, 6 novembre 2012.

« Chez Euro RSCG, on adore les remaniements ministériels. Un nouveau ministre qui s’installe, c’est un nouveau marché qui s’ouvre ? Chaque fois, la maison incite ses consultants à accepter les offres d’embauche. “C’est devenu Manpower” […] Dans le gouvernement Fillon, on trouve des petits Fouks un peu partout. Entre autres ministres, Valérie Pécresse, Bernard Kouchner et Frédéric Mitterrand ont chacun à leur côté un expert en relations presse issu de l’agence. » Le Point, 19 novembre 2009.

« Fouks s’est même offert des implants capillaires dans la clinique d’un de ses clients, le député socialiste Jérôme Cahuzac. » Le Nouvel observateur, 21 juin 2011.

En raison des remous provoqués par les affaires Strauss-Kahn et Cahuzac, Yannick Bolloré, vice-président du groupe Havas, certainement en accord avec son père Vincent, a décidé de cesser la signature de contrats avec des ministres en exercice. Il faut dire que le spécialiste de la communication de crise avait personnellement pris en main le « cas » Cahuzac, afin d’épauler la conseillère du ministre, Marion Bougeard, « détachée » de l’agence de lobbying dès la nomination à Bercy du député PS du Lot-et-Garonne. Un « placement » dans le plus pur style de Fouks. Un sévère avertissement pour le lobbyiste socialiste affairiste Stéphane Fouks, patron d’Havas Worldwide, qui travaillait, en sous-main ou indirectement, pour sans doute un tiers des membres de l’actuel gouvernement (mais aussi pour Nathalie Kosciusko-Morizet, dans sa « bataille de Paris »). Il faut dire qu’après l’affaire DSK (on a déjà oublié qu’Euro RSCG avait la communication du FMI pour l’Europe), l’affaire Cahuzac commence à faire désordre et Stéphane Fouks en est désormais réduit à se sauver lui-même. Inventer sa propre com de crise et ses fameux « éléments de langage » qu’il avait jusqu’alors l’habitude de vendre très chers à ses clients. Et ne pas perdre les contrats avec les entreprises qui pensaient d’abord avoir acheté une assurance DSK en prenant un ticket Fouks, puis un ticket Cahuzac en remettant au pot Fouks…

Stéphane Fouks est né le 6 avril 1960 à Paris XVIIe. Il est d’une extrême discrétion sur sa biographie véritable et a oeuvré pour empêcher la parution de sa biographie sur Wikipedia (il n’y en a pas). Il est le fils d’un sous-directeur à la Sécurité sociale né à Odessa, Moïse (indiqué comme Maurice au Who’s Who) Fouks, militant du Parti communiste qui finira mendésiste social-démocrate. Dans sa lettre d’information du 17 juillet 2002, Pierre de Villemarest, généralement très au fait de l’espionnage soviétique, le présentait comme un « cadre du PC d’Odessa aux temps soviétiques ». Sa mère, fille de déportée, est comptable dans une entreprise de maroquinerie. « La famille maternelle est originaire de Pologne et la famille paternelle d’Odessa. Installée dans le Jura puis dans le Lyonnais, celle-ci sera cachée par des habitants durant la Seconde Guerre mondiale […] On assure surtout un judaïsme oecuménique et laïque, plus culturel que cultuel. Le jeune Stéphane ne fait pas Kippour et esquive le rabbin mais il n’échappe pas en revanche aux cornichons Molossol et au pikelfleish (Le Figaro, 2 juin 2001). » Il a épousé le 6 juillet 1985 Véronique Dutrou, fille des imprimeurs d’art Robert et Lydie Dutrou, propriétaires du centre d’art graphique La Métairie Bruyère (Yonne), dont elle est cogérante. (suite…)