Ne vous trompez pas, tout ce bruit médiatique autour du « Muslim Rage », cette publication opportune de vidéos chiffon-rouge, ces « unes » de grands magazines montrant des abrutis barbus, la bave aux lèvres et vociférants « allahuakbar »… tout cela ne sert qu’un seul but : quand les bombes se mettront à pleuvoir, l’opinion publique opposée à la guerre dira: « Bon, c’est bien triste, mais ils l’ont bien cherché quand même ».

L’argument colonial « c’est nous les civilisés, laissez nous exterminer les sauvages » est le premier outil de la politique d’agression permanente sioniste depuis 150 ans (ce qui montre bien son caractère intrinsèquement colonialiste).  Hertzl écrivait déjà dans « L’État des Juifs », (p. 95) : « Pour l’Europe, nous constituerons là-bas un morceau de rempart contre l’Asie. Nous serons la citadelle avancée de la civilisation contre la Barbarie ».

En convainquant l’opinion que les Arabes sont des sauvages violents qu’il faut mater (comme le disait encore récemment en « off » le candidat républicain à la présidence U.S. Mitt Romney) le lobby Israël nous prépare à l’expulsion des Palestiniens de l’autre côté du Jourdain et la mise sous curatelle des pays voisins d’Israel. Quand au lobby pétrolier, il se frotte les mains et prépare déjà le prochain « takeover » d’un pays producteur de pétrole réticent…

Comment des pubs racistes ont pu tapisser le métro de New York

[Sylvain Cypel – LE MONDE | 25.09.2012 ]

Alors que le monde a les yeux tournés vers New York et l’Assemblée générale des Nations unies, le métro de la ville accueille, depuis le lundi 24 septembre, une campagne publicitaire ainsi libellée : « Dans toute guerre entre le civilisé et le sauvage, soutenez le civilisé. Soutenez Israël, faites échec au djihad. » Sa promotrice, Pamela Geller, qui dirige l’Initiative américaine pour la défense de la liberté (AFDI), récuse toute offense raciste. Pour preuve, le « sauvage » n’est pas identifié. Elle-même l’est, cependant. Mme Geller patronne en effet une autre formation à l’intitulé plus explicite : « Halte à l’islamisation de l’Amérique ».
L’environnement politique – l’assassinat par des salafistes de l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, les manifestations antiaméricaines dans l’espace musulman contre un film sur Internet dénigrant le prophète Mahomet… – apparaît favorable à sa spécialité : exacerber les passions. Mais sa campagne d’affichage avait été lancée auparavant, sans doute en lien avec l’élection présidentielle.

Elle a déjà été menée, du 13 août au 4 septembre, à San Francisco (où les autorités locales du transport public ont accueilli des contre-publicités « A bas le racisme » placées à côté des affiches controversées). En revanche, la mairie de Washington a « repoussé » leur diffusion devant le risque de trouble à l’ordre public.

A New York, Mme Geller avait récemment fait placarder sur une ligne de chemin de fer des affiches clamant : « Ce n’est pas de l’islamophobie, c’est de l’islamoréalisme.  » Mais l’Autorité métropolitaine du transport public, la MTA, avait refusé de diffuser ses publicités en arguant de leur « langage avilissant ». Pam Geller a obtenu gain de cause en justice.

Le juge Paul Engelmayer a estimé que son droit devait bénéficier « du plus haut niveau de protection sous le premier amendement » de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression. Ce, a admis le juge, bien que l’on puisse « raisonnablement considérer » que les « sauvages » incriminés sont effectivement les musulmans.

Précédemment grande admiratrice du criminel serbe Radovan Karadzic – elle a beaucoup dénoncé le « mythe de Srebrenica » -, fondatrice du mouvement SION (Stop Islamization of Nations), Pam Geller est, avec David Horowitz et Robert Spencer, du site Jihad Watch, une des figures de proue aux Etats-Unis de la mouvance anti-musulmans (et/ou anti-arabes, selon les cas), dont la rhétorique, sous la protection du 1er amendement, dépasse dans l’outrance tout ce qui serait considéré comme « raisonnablement » licite en France.

M. Spencer a d’ailleurs été nommé par Anders Behring Breivik, l’auteur du massacre d’Oslo en juillet 2011, comme une de ses sources d’inspiration. Mme Geller, elle, voit en Barack Obama « Hussein, le mahométan ». Un homme qui avance masqué « fera tout pour apaiser ses suzerains islamiques » et, a-t-elle expliqué, qui « mène le djihad ».

En 2010, elle fut durant quelques mois régulièrement invitée par la première chaîne nationale américaine, Fox News, pour commenter les sujets ayant trait à l’islam, aux musulmans ou au conflit israélo-palestinien.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/09/25/des-pubs-antimusulmans-dans-le-metro-de-new-york_1765359_3222.html


[Gregor Seither – IES News Service – 20/09/2012]

Paul Ryan, le co-listier ultraconservateur du candidat républicain à la présidentielle U.S., Mitt Romney, était l’invité, en 2005, de l’association libertarienne Atlas Society pour une cérémonie « Hommage à Ayn Rand ». Sur le site de l’association, on peut écouter l’enregistrement de cette soirée. Le discours de Paul Ryan y est fort intéressant. Pour l’éventuel futur vice-président des Etats-unis, la notion même de sécurité sociale et d’assurance maladie publique relève d’une philosophie « collectiviste » et « socialisante ».

En échange, Ryan propose une solution simple : privatiser entièrement la sécurité sociale et l’assurance maladie (Medicare) afin de « forcer les gens à changer de mentalité »,  les convertir d’une philosophie de « collectivisme »  pour en faire des adeptes d’une « philosophie individualiste capitaliste ». Cela permettra d’avoir « plus de gens dans notre camp » qui « cesseront d’écouter les Démocrates ».

Ensuite, José Piñera, l’ancien ministre des affaires sociales sous la dictature de Pinochet a pris le micro pour vanter les mérites du processus ultra-capitaliste mis en place par la dictature, allant jusqu’à parler de « révolution morale » et affirmant que la privatisation de la sécurité sociale au Chili avait transformé les marxistes en capitalistes qui avaient cessé de faire de la politique pour lire l’équivalent chilien du Wall Street Journal. A ce moment là, on peut entendre Ryan approuver bruyamment en s’écriant « Yeah ! », « That’s right ! ».

Concrétisées par les « Chicago Boys« , les économistes chiliens adeptes de l’école économique libertarienne de Milton Friedman, la « révolution morale du capitalisme contre le collectivisme » fit plus de 40 000 victimes emprisonnées, torturées, assassinées au Chili. Les réformes ultralibérales furent menées à marche forcée, la police écrasant toute contestation sociale. Les « atlasiens » du Parti Travailliste néo-zélandais, qui furent de grands admirateurs de la « réforme chilienne » et mirent en place le « New Zealand Experiment » de réformes ultralibérales dans les années 1980 le disent d’ailleurs très clairement :

Si l’on veut mener une politique d’ajustement structurel, l’idéal est de pouvoir le faire dans une situation ou l’opposition politique à ces réformes peut être discréditée, handicapée par tous les moyens et, si nécessaire, réprimée. Il faut une équipe de technocrates qui ont une vue commune et cohérente de ce qui doit être fait. Cette équipe doit avoir les leviers du pouvoir exécutif en main et pouvoir orienter de manière efficace l’opinion publique par un accès privilégié aux médias. Il faut un leader qui ait une vision historique et qui n’ait pas à se soucier des retombées politiques ou électorales de ces réformes radicales et profondes. Le contrôle qu’exercera l’équipe sur l’opinion, permettra de se protéger de telles retombées. (citation)

Discours de Ryan : http://www.atlassociety.org/ele/blog/2012/04/30/paul-ryan-and-ayn-rands-ideas-hot-seat-again


[Greg Palast – TruthOut – 27/08/2012 – Traduction: Gregor Seither pour IES News Service]

La convention républicaine ouvre ses portes avec le discours d’un homme « qui devrait être en prison »

Cet article est basé sur les enquêtes publiées dans le nouveau livre de Greg Palast, « Billionaires & Ballot Bandits: How to Steal an Election in 9 Easy Steps  » (Milliardaires et Bourreurs d’urnes: Comment voler une élection en 9 étapes faciles – avec un avant-propos de Kennedy et des illustrations par le caricaturiste Ted Rall.

« Tim Griffin devrait être en prison. » C’est la conclusion de l’avocat des droits civiques Robert F. Kennedy Jr. après avoir passé en revue les preuves que je lui ai demandé d’examiner.

Mais Griffin n’est pas en prison: il est au Congrès. Et mardi, il sera le premier membre du Congrès choisi par le Parti Républicain pour ouvrir les débats lors de leur convention nationale.

On pouvait s’y attendre, je n’ai pas vu un seul article dans la presse américaine faisant mention du fait que, en 2007, Griffin a démissionné précipitamment du Ministère de la Justice, étant tombé en disgrâce, juste avant ce qui aurait pu (aurait dû) être sa mise en examen.

Selon Kennedy quelques autres personnalités devraient rejoindre Griffin dans le box des accusés: pour commencer, il y a aussi le patron de Griffin, l’homme que George W. Bush surnommé la « Fleur de Crotte » (Turdblossom) : Karl Rove.  Mais ce n’est pas la seule fleur odoriférante, il y a également Matt Rhoades, l’assistant de Griffin à l’époque.  Rhoades n’est pas en prison non plus. Il est le directeur de campagne du candidat à la présidentielle Mitt Romney.

Kennedy a analysé une enfilade d’e-mails hautement confidentiels que nous avons pu récupérer depuis l’intérieur du siège du Comité National Républicain à Washington. (Et si vous vous posez la question de savoir comment nous avons fait pour mettre la main sur les courriers électroniques privés de certaines sommités de la campagne électorale des Républicains, et bien c’est une autre histoire. Par contre, je peux vous certifier que ces mails ont été envoyés directement depuis l’ordinateur de Tim Griffin. Rove, qui est expert en informatique, se garde bien d’avoir un ordinateur qui lui soit attribué personnellement).

« Ce qu’ils ont fait est tout à fait illégal et ils le savaient mais ils l’ont fait quand même», m’a dit Kennedy.

Ce qu’ils ont fait s’appelle « voter caging », épurer les listes électorales des électeurs soupçonnés de ne pas voter dans le bon sens. Le Comité National Républicain a envoyé par milliers des lettres à des soldats, en recommandé, avec la mention « NE PAS FAIRE SUIVRE ». Quand ces lettres sont revenues sans avoir été remises au destinataire, les Républicains ont prévu d’utiliser ces enveloppes « épurées » comme preuve que l’électeur n’habite pas dans son district électoral et que donc son vote est « frauduleux » — puis ils annuleraient son vote.

Ainsi, un soldat stationné en Irak verrait son vote par correspondance invalidé — et il n’en saurait rien. (suite…)