Imaginez un instant un livre d’images vendu en vitrine de Noël et qui s’intitulerait « Bon souvenir d’Auschwitz » – ce serait le scandale ! Mais quand il s’agit de glorifier les massacres et l’exploitation de millions de Noirs et d’Arabes, les Blancs n’ont pas les mêmes pudeurs !

(Bon souvenir des colonies –  François PAIRAULT – http://www.tallandier.com/livre-978-284734-127-0.htm)


[Emmanuel Ratier – Faits-et-Documents n°387 – Novembre 2014]

Dans l’élimination politique de François Fillon (F&D 386), plusieurs services secrets voient, outre une possible manipulation politique strictement française, une plausible implication américaine visant à sortir l’ancien Premier ministre de la primaire de l’UMP pour l’élection présidentielle. Ce, en raison de ses liens très étroits avec Vladimir Poutine. Très en cours à Moscou et considéré par le président russe comme un « frère » (il le reçoit en tête à tête durant trois heures à chaque visite), Fillon s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur d’un renforcement de la coopération franco-russe, la livraison des Mistral, etc. Il ne faut pas oublier que Jean-Pierre Jouyet, notoirement pro-américain, est notamment président d’honneur de la section française de l’Aspen Institute.

http://faitsetdocuments.com/


De Sivens à Notre-Dame-des-Landes, plongée au cœur de l’extrémisme vert, ses réseaux et ses méthodes

[ATLANTICO – 29/10/2014]

Atlantico : Selon les dernières informations, Rémi Fraisse, le jeune militant engagé contre le projet de construction du barrage de Sivens, serait mort à cause de l’explosion d’une « grenade offensive » lancée par la gendarmerie. De l’autre côté, que sait-on de l’emploi de substances explosives par les groupes militants altermondialistes ?

Sylvain Boulouque : Les militants se positionnant dans une logique de guérilla urbaine, l’usage de cocktails Molotov est un moyen de repousser les forces de l’ordre. Dans ce genre de combat, les armes à feu ne sont pas utilisées, c’est donc le moyen le plus efficace qu’ils ont trouvé pour lutter contre les représentants de l’Etat.

Alain Bauer : Les environnementalistes et les écologistes radicaux utilisent depuis de nombreuses années des cocktails Molotov et autres outils de même nature. Les grands affrontements comme celui du Larzac s’étaient également soldés par des morts. Les affrontements durs et l’usage d’engins artisanaux sont connus, même si en l’occurrence, il faut encore rester prudent sur les raisons exactes de son décès.

De Notre-Dame-des-Landes en Loire Alantique à Sivens dans le Tarn, les mouvements altermondialistes occupent régulièrement la scène médiatique. Quels sont ces groupes, ainsi que les profils des personnes qui les composent ?

Alain Bauer : Il s’agit de jeunes gens radicalisés qui considèrent qu’une lutte pour l’environnement et contre le capitalisme doit être menée. Les tendances politiques vont du vert au rouge en passant par le noir de l’anarchisme, jusqu’au vert-de-gris plus récemment. Le national-socialisme avait lui aussi des tendances environnementalistes. Comme toujours, les phénomènes sont beaucoup plus complexes que l’idée qu’on s’en fait.

Sylvain Boulouque : Les rassemblements du type de Sivens sont hétéroclites. C’est ce qu’on appelle de manière très large et vague la mouvance altermondialiste, qui existe depuis le début des années 1990, et qui s’appelait avant « antimondialisation ». On l’aurait aujourd’hui appelée gauche anticapitaliste, ou gauche radicale. On retrouve dans cette mouvance des libertaires, des anarchistes, des anciens maoïstes, encore quelques très rares maoïstes, des anciens communistes ou des communistes critiques se rattachant à la tendance de Clémentine Autain au sein du Front de gauche, et bien sûr des écologistes. Parallèlement, on trouve beaucoup de paysans, de ruraux ou de néo-ruraux. Ces derniers sont d’anciens soixante-huitards partis s’installer à la campagne dans les années 1970. Voilà pour le panorama général. (suite…)


[Tim Carr – IES News Service – 26/10/2014]

Tom_Corbett_fake_black_voterEn Pennsylvanie, l’équipe du Gouverneur Tom Corbett avait un problème: la blancheur de peau de leur équipe. Dans un état où la population est à 52% Black ou Latino, ils n’avaient que des supporters blancs. Tom Corbett avait même demandé à un journaliste d’une radio Latino : « Si vous connaissez quelqu’un de bronzé qui veut bosser avec nous, faites nous signe. » 

Histoire de contrer cet absence de diversité, pour sa campagne électorale, Corbett a publié une photo le montrant en compagnie d’une femme noire… mais le site Buzzfeed a vite fait de repérer le « fake » – il s’agit en fait d’une photo libre de droits… d’ailleurs, la totalité de la photo censée prouver la popularité du gouverneur sortant est constituée de photos libres de droits… avec le gouverneur rajouté à l’aide du logiciel Photoshop…

Comme l’explique un des membres de l’équipe de campagne: « On a du mal à toucher les gens dans ces communautés, elles ne s’intéressent pas à la politique. C’est pas le même monde que nous »…

http://www.buzzfeed.com/andrewkaczynski/black-woman-photoshopped-into-group-photo-with-gop-governor


[Yves Eudes – Le Monde.fr | 27.10.2014]

Dans les smartphones saisis au cours de leurs enquêtes, les gendarmes ont appris à exploiter une nouvelle mine de renseignements : les données techniques des photos prises par les suspects et leur entourage.

Lorsque vous prenez une photo avec un téléphone, vous créez, sans le savoir, un fichier technique en mode texte qui s’intègre à l’image. Ces métadonnées, écrites dans un format baptisé EXIF (Exchangeable Image File Format), sont invisibles et inaccessibles pour l’utilisateur de base, mais il est possible de les extraire, par exemple grâce à un logiciel baptisé EXIFTool, téléchargeable gratuitement.

Le résultat est spectaculaire : le fichier EXIF d’une photo prise par un Samsung Galaxy S comporte 104 lignes, celui d’un iPhone 4S d’Apple 160 lignes. Tout y est, notamment les codes d’identification de votre appareil et ses réglages (vitesse d’obturation, longueur de focale, sensibilité, etc.). Avec en prime, en bas du tableau, le jour et l’heure, à la seconde près, où la photo a été prise, ainsi que le lieu, exprimé en coordonnées GPS (longitude, latitude et altitude), avec une précision de quelques centimètres. Ces fonctions sont activées par défaut sur tous les téléphones, et peu de gens prennent la peine de s’aventurer dans le menu « Réglages » pour les bloquer. A noter que les appareils photo numériques haut de gamme génèrent le même type de métadonnées.

Des dizaines de détails

A lui seul, le contenu visuel de vos photos raconte un peu de votre vie (vacances, travail, sorties, et fréquentations sociales, familiales, intimes…). Quand on y ajoute la date et le lieu de chaque cliché, on obtient un début de reconstitution de vos itinéraires et de votre emploi du temps.

Pour les enquêteurs de la gendarmerie nationale, les albums photo des suspects constituent un nouveau trésor. (suite…)


[Emmanuel Ratier – Faits&Documents n°385 – 24 Octobre 2014]

Journaliste depuis 25 ans à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le journaliste Udo Ulfkotte a révélé à la télévision allemande qu’il travaillait depuis des lustres pour la CIA, s’employant à faire de la propagande pro-américaine, pro-européenne et anti-russe.

Selon lui, il existe de nombreux « agents non-officiels sous couverture » comme lui, tout particulièrement en France, en Nouvelle- Zélande, en Grande-Bretagne, en Israël et en Australie, qui se contentent de signer ou de lire des articles déjà écrits par les agences de renseignement américaines.

Ils sont le plus souvent contactés en début de carrière par des organisations transatlantiques qui leur paient des voyages, les invitent, leur ouvrent les portes afin de tisser progressivement des liens de plus en plus étroits puis les soudoient et les rémunèrent.

http://www.faitsetdocuments.com


Quand on se souvient que les jeunes sionistes criaient, cet été, dans leurs manifs  « Ici comme là-bas, pas d’Arabes, pas de problèmes », il est facile de comprendre que la machine de propagande israélienne a vite fait de trouver des points communs avec des racistes comme Cassen ou Tasin et n’hésitent pas à les embaucher pour justifier la colonisation en Palestine.

La stratégie « hasbarah » est toujours la même depuis 1911 : installer dans les esprits occidentaux l’idée que les Arabes sont des dégénérés, violents et fourbes qui ne méritent pas qu’on les soutienne. Nous les Israéliens ont est les gentils civilisés, en face c’est juste des sauvages qui méritent juste qu’on leur balance des bombes à la gueule…

Et Eric Zemmour n’est rien d’autre qu’un énième avatar de cette propagande israélienne insidieuse…

Et la prochaine fois que le CRIF ou le Grand Rabbin vous clameront qu’ils sont « anti-racistes » vous pourrez leur rire au nez (encore une fois)…

[Emmanuel Ratier – Faits&Documents n°385 – 24 Octobre 2014]

Riposte laïque indique sur son site que Pierre Cassen (Le Guignol de l’Élysée), Christine Tasin (Qu’est ce qu’elle vous a fait la République ?) et Elisabeth Lalesart (Pas de voile pour Marianne) participeront au 19e Salon des écrivains du B’naï B’rith (franc-maçonnerie juive internationale) le 9 novembre dans les salons d’honneur de la mairie du XVIe arrondissement de Paris (Claude Goasguen, député-maire du XVIe arrondissement et figure majeure du Groupe d’amitié parlementaire France- Israël sera évidemment présent et interviendra aux côtés du Grand Rabbin Gilles Bernheim et du journaliste de Valeurs actuelles Michel Gurfinkiel).

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[Emmanuel Ratier – Faits & Documents – N°385 – 24 Octobre 2014]

[Le] journaliste économique Jean-Marc Sylvestre, en général très bien informé (Atlantico, 13 octobre),  [écrit] « que le couple Valls-Macron a pris l’essentiel du pouvoir sur François Hollande. Cette forme de coup d’État au sein de l’exécutif va créer une confrontation de plus en plus violente avec la majorité socialiste. Cette situation est unique dans les annales de la Ve République. Le président de la République dispose légalement de tous les pouvoirs mais n’en exerce que très peu, progressivement déclassé par le Premier ministre et le ministre de l’Économie […]

Les patrons l’ont très bien compris. […] Ils considèrent que tout se joue à Matignon et Bercy […] Tous les tenants d’une société française libérale, européenne et intégrée à la modernité mondiale ont très bien compris qu’il y a désormais une course de vitesse engagée entre ceux qui croient au progrès libéral (l’euro, l’Europe fédérale, la compétitivité et le jeu de la concurrence mondiale) et ceux qui préfèrent des options plus conservatrices, socialistes d’extrême gauche ou sociales et souverainistes. Bref, de Zemmour à Mélenchon en passant par Montebourg et Marine Le Pen. Pour le monde de l’économie et des affaires, cette coalition hétéroclite est redoutable. Il faut donc que les forces libérales dégagent des résultats et rapidement. D’où le discours sur les réformes. »

À l’image d’autres observateurs, Jean-Marc Sylvestre envisage deux scénarios : le premier prévoit un retour au calme, les députés socialistes préférant la gamelle à la dissolution. Le second, le clash. Mais de toute manière, « cette situation est d’autant plus bizarre que le Premier ministre et son ministre de l’Économie savent bien que le calendrier ne permet pas de finaliser le tiers des réformes dont ils parlent. »

D’où l’idée d’un « blocage total de l’action gouvernementale au premier semestre de l’année prochaine et la démission de Manuel Valls, qui choisirait alors de quitter le Titanic gouvernemental avant qu’il ne sombre. Il le quitterait en ayant, avec Emmanuel Macron, semé assez de petits cailloux pour indiquer le chemin d’une rénovation sociale libérale de la gauche et de la société française. Un chemin qui conduirait à une élection présidentielle. »

Ce que nous annoncions comme plausible scénario dans F&D 384, d’autant que Valls déclarait au Monde du 15 septembre (avant de démentir mollement) : « Si d’ici à six mois, la situation ne s’est pas inversée, ce sera foutu. » 

Comme l’écrit le quotidien suisse Le Temps (16 octobre), « le président de la République, incontestablement, est nu ou de moins en moins vêtu, armé, protégé. Depuis un demi-siècle, la position, le rôle et l’image du chef de l’État n’ont cessé de se dégrader. François Hollande est l’incarnation la plus aboutie de ce déclin […] François Hollande, parvenu à la moitié de son quinquennat, apparaît comme le plus faible des présidents de la Ve République. Au point de se voir comparé, au printemps et cet été, en pleine frénésie commémorative des deux guerres mondiales, à René Coty, préposé à l’inauguration des chrysanthèmes. »

Où se trouve alors le pouvoir ? Cruellement, Le Monde (8 octobre) rappelle dans un article d’anthologie (suite…)


La Poste, à la limite du bad buzz

[Les Echos – ConsoWeb – 22/10/2014]

La dernière communication de La Poste sur le réseau social Twitter est détournée par des usagers mécontents. Mais cela pourrait être pire…   Le web 2.0 est à double tranchant et les marques ne devraient jamais l’oublier. Certes, il leur permet de se rapprocher de leurs clients utilisateurs des réseaux sociaux . Il peut aussi être le point de départ d’une discussion où une entreprise en prend pour son grade. La Poste vient d’en faire l’expérience, au lancement d’une nouvelle campagne.

Tout commence par un hashtag sur Twitter  :#atoutdesuitealaposte . Autour de ce mot-clef, La Poste invite le grand public et ses clients professionnels à s’exprimer à propos des dernières innovations en agence (impression 3D, banque mobile,…). Sauf que, cela ne s’est pas passé comme prévu. Beaucoup d’utilisateurs du réseau social ont profiter de cette expression pour se moquer, ou se plaindre, de l’entreprise de courrier  : critiques sur les horaires d’ouverture, remarques désagréables à propos des facteurs qui omettent de sonner quand ils ont un colis à remettre et protestation contre la longueur des files d’attente ont occupé un fil de discussion censé valoriser la marque de l’opérateur postal. (suite…)


[Paul-Eric Blanrue – Iran French Radio (IRIB) –  20/10/2014]

À l’automne 2014, Éric Zemmour sort Le Suicide français (Albin Michel), désormais best-seller.
Il y vante au passage (page 304) le sionisme passé de Jean-Marie Le Pen, qu’il fréquente dans l’intimité depuis belle heurette, sans toutefois le dire.
De son côté, Serge Moati, qui se targue d’être un « juif et ancien franc-maçon », publie Le Pen, vous et moi (Flammarion) dans lequel il narre avec bonhommie son « amitié de 25 ans » avec le président de FN. Il en profite pour réaliser un film intitulé « Adieu Le Pen », diffusé sur France 2, sorte d’hagiographie présentée sous le masque de la rupture (à laquelle personne ne croit).
Tout ceci n’est pas le fruit du hasard. Mon enquête paraissant sous le titre Jean-Marie, Marine et les juifs(Oser dire) tombe à point nommé pour expliquer cette soudaine frénésie.
Je viens d’achever la lecture du Suicide français. Éric Zemmour y est habile. L’épaisseur du livre et sa construction non linéaire (les chapitres sont disposés comme les pièces d’un puzzle à reconstituer par le lecteur) lui permettent de multiplier les pistes et de noyer le poisson comme dans un roman policier. Son habileté est de reprendre pour l’essentiel des thèses à succès de ce qu’on appelle à tort ou à raison la dissidence, et de détourner ou minorer une grande partie des conclusions auxquelles celle-ci parvient.
Zemmour reconnaît ainsi, en quelques pages, les méfaits de BHL, Marek Halter et des autres sionistes adeptes de SOS Racisme ; en quelques lignes, mais guère davantage, il critique le pouvoir exorbitant du CRIF ; ayant compris que les esprits les plus éveillés en ont plus qu’assez de la remembrance shoatique, il la dénonce comme « religion obligatoire » et « métaphysique apocalyptique » (en prenant soin, pas folle la guêpe, de se démarquer des révisionnistes).
L’habileté de notre « juif berbère » consiste encore à rapporter sans insulte « le phénomène Dieudonné » et à raconter avec sobriété la remise du Prix de l’infréquentabilité et de l’insolence à Robert Faurisson par l’humoriste.

Subtil, malin comme un singe, le journaliste-chroniqueur a réussi à faire le buzz en reprenant la thèse d’un livre d’histoire non-conformiste sur Vichy, écrit par Alain Michel, un rabbin vivant en Israël : Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français (CLD, 2012). Puisque l’ouvrage du rabbin est préfacé par celui qui était alors président du CRIF, Richard Prasquier, le déchaînement de vitupérations que sa publicité provoque est par conséquent sans issue pour ses zoïles, qui seront un jour ou l’autre confrontés à l’autorité morale des patrons de la communauté organisée qui mettra de facto un terme à leurs débordements.

En attendant, il faut signaler le revers de l’habileté zemmourienne : la mauvaise foi ou, tout au moins, l’oubli volontaire ayant pour objectif de désigner à ses lecteurs une cible factice. Le diagnostic que Zemmour finit par poser, après mille détours, accable en effet, sans surprise aucune, l’islam.

« Pour « intégrer » l’islam, il faudrait que la France renonce à mille ans d’Histoire, renie Philippe le Bel, Richelieu, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle », écrit-il dans un roulement un tambour. Zemmour n’a-t-il pas remarqué que la France a depuis longtemps renoncé à son Histoire ? Cet abandon est précisément ce qui pose problème, comme l’avait noté Guy Debord dans un texte devenu célèbre et dans lequel il faisait remarquer que les immigrés ne pouvaient guère s’intégrer dans une société ayant implosé, détruit ses normes et perdu ses racines.

N’importe, pour Zemmour, l’islam est à la source du mal : « L’islam est à la fois le révélateur et le détonateur de la désintégration de l’État-nation », insiste-t-il.

Fichtre ! Quelle puissance aurait donc cet islam-là ! Il serait capable à lui seul d’abattre l’État-nation ? C’est bien entendu la plus énorme faille de la démonstration de Zemmour. L’auteur oublie en cours de route (c’est pour cela qu’il négocie tant de zigzags, pour s’y perdre, pour nous perdre) un point essentiel, la vérité de bon sens contenue dans cette fameuse phrase attribuée à Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer ». Chacun peut le constater : l’islam est vertement critiqué à peu près partout et par tous, de Valeurs actuelles à Charlie Hebdo, du Point à L’Express, du droitard Finkielkraut (le nouveau Maurras des identaires) au béachelien BHL.

(suite…)


[Decryptages Calédoniens – 05/06/2014]

Voir aussi : Calédosphère dévoilé !

Ce blog a été créé en 2006 par un féru d’internet, Franck Thériaux, qui a réussi avec ténacité à imposer ce média dans le paysage calédonien et à en dégager quelques revenus publicitaires. Il s’en est occupé avec assiduité, pratiquant plus ou moins la modération dans des articles assez diversifiés. Après une vingtaine d’année passée en Calédonie, Franck Thériaux est rentré en métropole où il réside depuis quatre ans environ.

Mais depuis 2013, Calédosphère n’est plus aux mains de Franck. Vente ou location ? La deuxième hypothèse est la plus probable car Franck publie un article de temps à autre pour donner le change, mais l’évolution du contenu, largement inspiré de la dialectique Calédonie Ensemble et très servile vis-à-vis de l’Etat, a complètement versé dans la manipulation de l’opinion calédonienne. On y retrouve essentiellement des articles réactionnaires pour ne pas dire extrémistes, véhiculant souvent et sciemment de fausses informations. Quelques chroniqueurs, se prenant trop au sérieux, publient régulièrement des réflexions dont l’unique objet est de pourfendre les ennemis Rump et Union Calédonienne.

Sur la base d’informations assez troublantes, des personnes « autorisées » avancent que ce blog, très visité, est pris en main par les services de renseignement de l’Etat français pour agir sur l’opinion calédonienne et l’orienter pendant cette période sensible 2014-2018. Toujours est-il qu’un certain nombre de faits démontrent une vraie proximité entre le haut-commissaire en exercice, Jean-Jacques Brot, et ce blog.

(suite…)


[Décryptages Calédoniens – 18/10/2014]

Illustration-Calédosphère-2Nous vous avions promis une suite à l’affaire Calédosphère. Hé bien le moment est arrivé : nous savons réellement qui est derrière ce pseudo site d’information. Comment nous y sommes parvenus ? C’est assez simple quand on bidouille un peu. En fait, nous avons tout simplement aspiré l’ensemble du site Calédosphère, ce qui a pris plusieurs jours car le site est assez volumineux. Ensuite, nous nous sommes livrés à la partie la plus fastidieuse du boulot en recherchant toutes les adresses IP intéressantes, c’est-à-dire celles correspondant aux auteurs d’articles les plus actifs et celles des internautes qui fréquentent et qui commentent le plus sur ce blog poubelle.

Nous n’avons pas terminé totalement le « dépouillement » des IP car il faut pouvoir remonter jusqu’à leurs propriétaires, ce qui réclame quelques tuyaux, mais nous sommes déjà parvenu à des résultats très intéressants qui prouvent sans ambiguïté que Calédosphère est complètement dans les mains du parti de Gomés, Calédonie Ensemble, et que Franck Thériaux ne sert plus que de paravent, postant de temps à autre des articles et quelques interventions pour sauver les apparences. Nous serons bientôt en mesure de produire les preuves de sommes versées à Franck Thériaux par des collaborateurs de Calédonie Ensemble et même les preuves que Philippe Gomés et Philippe Michel donnent des directives de pilotage du site… (suite…)


[Raphaëlle Karayan – L’expansion – 17/10/2014]

Le chercheur et essayiste Evgeny Morozov dénonce dans son dernier livre cette illusion, véhiculée par la Silicon Valley et érigée en système. Une prise de recul salutaire. 

A première vue, c’est un peu l’anti Rifkin. Pendant que l’économiste fait son tour d’Europe pour développer sa théorie plutôt optimiste sur la fin prochaine du capitalisme grâce à la nouvelle économie du coût marginal zéro, née d’internet, Evgeny Morozov met en garde contre l’idée qu’internet est la solution à tous les problèmes modernes. Il dénonce ce qu’il appelle le « solutionnisme », un concept qui consiste à vouloir tout améliorer grâce à internet, en traitant des symptômes sans plus jamais chercher à en comprendre la complexité des causes. Dans sa vision, pessimiste mais pas technophobe, la Silicon Valley n’est pas une solution. Elle pose un problème de fond.

L’essayiste d’origine biélorusse développe sa théorie dans son ouvrage Pour tout résoudre cliquez ici, sorti en 2013, et qui vient d’être adapté en français (FYP Editions). L’auteur, qui vit aux Etats-Unis, s’était distingué dans un premier bestseller publié après les révolutions arabes, The Net Delusion : The dark side of internet freedom (2011), qui dénonçait les « cyber-utopies » exagérant le pouvoir libérateur d’internet pour les peuples opprimés.

Internet, la « fin de l’histoire »

Chez Evgeny Morozov, la critique du solutionnisme est une critique des grands monopoles de la Silicon Valley (Google, Facebook, Apple et consorts) et de leur influence sur la politique, l’économie et la société. En France, on donne sans doute davantage d’écho à l’extrême opposé : ceux qui font peser sur le web le poids de tous les maux, de la radicalisation djihadiste à la fin de l’exception culturelle, en passant par l’abêtissement général et la fin de la vie privée. Mais ce rejet en bloc n’est que l’envers d’un même phénomène, que Morozov nomme « l’internet-centrisme ».

Il s’agit d’une nouvelle révolution copernicienne, qui tend à appréhender systématiquement les questions politiques et sociales à travers le prisme d’internet. Cette conception d’un monde qui tournerait autour d’internet s’accompagne d’une vision monolithique de ce qu’est le web, vécu comme une réalité univoque, chargée de croyances. Parmi ces croyances, celle que nous vivons une révolution inédite, définitive et exceptionnelle, contre laquelle il est inutile – et pas souhaitable, car c’est le Progrès – de vouloir lutter. C’est la « fin de l’histoire », version Silicon Valley, écrit Morozov. Internet devenu une fin en soi. (suite…)


Qui se ressemble, s’assemble…

[Gérard Davet et Fabrice Lhomme – LE MONDE | 21.10.2014]

Le député et maire UMP de Levallois-Perret, Patrick Balkany, est convoqué au pôle financier, mardi 21 octobre, en vue d’une triple mise en examen pour « blanchiment de fraude fiscale », « corruption » et « blanchiment de corruption ». Les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon disposent de documents précis pointant la responsabilité de ce très proche de Nicolas Sarkozy dans l’organisation d’un système d’évasion fiscale.

Le Monde a ainsi eu accès à trois notes, datées des 2 mai, 9 juillet et 27 septembre, émanant de Tracfin, l’organisme anti-blanchiment de Bercy. Elles évoquent un « schéma sophistiqué de fraude » et détaillent le train de vie faramineux du parlementaire et l’écheveau de sociétés écrans et comptes offshore derrière lesquels se cachent M. Balkany et son épouse Isabelle.

Le cabinet d’avocats « Claude et Sarkozy », dans lequel est associé l’ex-chef de l’Etat, paraît avoir prêté son concours juridique à ce montage illégal. Les magistrats détiennent également plusieurs témoignages, dont celui de l’industriel George Forrest, révélant les pratiques suspectes de M. Balkany en Afrique, durant la période 2007-2012.

« BALKANY A NOTÉ LE NUMÉRO DU COMPTE SUR UN BOUT DE PAPIER »

M. Forrest a permis aux juges d’instruction de mieux comprendre l’origine des fonds alimentant les divers comptes attribués au couple Balkany. Le 18 septembre, il confie au juge Van Ruymbeke, à qui il remet plusieurs documents : (suite…)


[POLITIS – 20/10/2014]

À mesure que se précise la débâcle dévastatrice du vieux système capitaliste, le citoyen responsable se devrait de prendre position. Le sociologue suisse Jean Ziegler, lui, n’y va pas par quatre chemins : « Retournez les fusils ! »

L’ouvrage initial date de 1980, mais Jean Ziegler s’est senti contraint de l’adapter aux temps présents en le réécrivant entièrement. À l’origine, explique l’auteur dans une interview au Point, le titre était repris d’un manifeste de Trotski appelant le prolétariat engagé dans la première boucherie mondialisée à retourner leurs armes contre les capitalismes plutôt que contre leurs camarades du camp d’en face.

Trente-quatre ans après, rien n’a changé, sinon en pire.

Jean Ziegler :

« Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils. »

Devant son interlocuteur abasourdi, Ziegler tempère à peine son séditieux propos. Non, non, il n’est pas question d’aller illico « flinguer son banquier », mais au moins d’empêcher par tous les moyens les capitalistes de semer la désolation sur toute la planète.

Et de donner l’exemple des cinq cents sociétés tentaculaires multinationales échappant à tout contrôle, notamment à celui des États, s’appropriant 52,8 % du produit mondial brut, coupables de maltraitances contre leurs ouvriers, comme ces quelques 1 300 victimes mortes dans les ruines de l’immeuble insalubre Rana Plaza à Dacca.

Chasser les grands prêtres des religions malfaisantes

Or, la forteresse financière néolibérale n’est désormais guère plus salubre que le bâtiment délabré de Dacca. De sinistres craquements en ont de nouveau ébranlé les fondations tout au long de la semaine passée. Les métastases du cancer systémique ont repris leurs lugubres ravages, frappant jusqu’aux derniers refuges du sanctuaire : les places boursières et financières.

Et tout retour en arrière est désormais impossible. Les lettres ouvertes indignées aux dirigeants du monde malade pour qu’ils changent de cap sont vaines et dérisoires. Comme le dit le banquier défroqué Charles Sannat dans un de ses éditos du Contrarien, il n’y a plus rien à espérer du système agonisant, ni de ses gouvernants : (suite…)


Bon sang, mais c’est bien sûr ! Si on manifeste le moindre doute sur cet avenir radieux que la technoscience nous réserve, si on ose timidement rappeler le « principe de précaution » et le fait que les scandales des 60 dernières années n’ont pas vraiment démontré le côté inoffensif du « progrès à tout va »… c’est qu’on est tout simplement un horrible réactionnaire !  Pouah !

Il est salutaire de relire, à cette occasion, le pamphlet de René RIESEL « Aveux complets des véritables mobiles du crime commis au CIRAD le 5 juin 1999 »  https://infokiosques.net/spip.php?article384

OGM_ferme_ta_gueuleJosé Bové, ultra-bioconservateur

[ Laurent Alexandre (chirurgien urologue, président de DNAVision) – LE MONDE Technologies – 13/10/2014]

La manipulation technologique de l’homme a déjà bien commencé. Une Suédoise de 36 ans née sans utérus a accouché, en septembre 2014, d’un petit garçon. Elle a bénéficié d’un greffe de l’utérus d’une amie de 61 ans, ménopausée depuis plusieurs années. Le Parlement britannique s’apprête à autoriser les bébés ayant trois parents génétiques (deux mères et un père), pour combattre les maladies liées à certaines anomalies cellulaires.

En mai 2014, l’administration américaine a autorisé les implantations de bras bioniques directement branchés sur les nerfs des amputés. Le 18 décembre 2013, le cœur artificiel électronique autonome « Carmat » était implanté sur un patient en insuffisance cardiaque terminale : le premier homme-cyborg était applaudi par la société française.

En septembre 2013, l’équipe du professeur José-Alain Sahel implantait une rétine artificielle, « Pixium Vision », à une patiente aveugle qui a recouvré ainsi une vision partielle. En 2005, Isabelle Dinoire bénéficiait de la première greffe de visage.

MOINS VIEILLIR, MOINS SOUFFRIR, MOINS MOURIR

Les innovations technologiques issues des nanotechnologies, biotechnologies, de l’informatique et des sciences cognitives (NBIC) se succèdent de plus en plus vite. Elles sont de plus en plus spectaculaires et transgressives mais la société les accepte avec une facilité croissante : l’humanité est lancée sur un toboggan transgressif. Nous devenons, sans en être conscients, des transhumains, c’est-à-dire des hommes et des femmes technologiquement modifiés.

(suite…)


[Didier Jacob – Le Nouvel Observateur – Bibliobs – 19/10/2014]

Fille de rabbin, Tova Reich dénonce l’exploitation commerciale de l’Holocauste dans un roman hilarant qui a fait hurler aux Etats-Unis. Enquête sur un scandale annoncé.

Ce sont les Laurel et Hardy de la Shoah : Maurice, le père, dirige le musée de l’Holocauste à Washington. Il est cynique, menteur, uniquement obsédé par l’appât du gain. Norman, le fils, préside une société qui attribue, contre forte rémunération, des licences officielles «Holocauste compatible». Sa boîte a pour clients tous les professionnels de l’humanitaire, qui, dans les domaines les plus divers, font commerce de la souffrance, animale ou humaine. C’est un marché fort juteux.

Comment Norman et Maurice s’y prennent-ils pour remplir leurs comptes en banque sur le dos des victimes? Ils organisent des voyages privés à Auschwitz pour milliardaires américains prêts à contribuer, au nom de la mémoire estropiée, à leur petite entreprise. Leur numéro est minable, mais, sur les lieux de la tragédie numéro un, qui ne tomberait pas dans le panneau?

D’autant que Maurice n’hésite pas à embellir son CV: il raconte volontiers comment, avec d’autres partisans juifs, il a réussi à résister aux nazis, à en tuer même. Chaque fois, Norman, son fils, rit jaune. Il craint que les gros mensonges de son père ne soient découverts et que, le scandale éclatant, ils ne soient forcés de fermer boutique. Au moins Maurice a-t-il effectivement vécu l’Holocauste. Car lui, Norman, le représentant archétypal de la deuxième génération, de quel héroïsme peut-il se prévaloir?

Qu’avaient-ils fait pour mériter tant d’honneurs, tous ces gens de la deuxième génération? Quelles étaient exactement leurs véritables souffrances? Eh bien, ils en avaient bavé, les pauvres bébés – eux aussi étaient des victimes, on ne pouvait pas leur retirer ça, et c’est ce qu’ils se répétaient régulièrement lors des réunions de groupes de soutien des 2-G Anonymes dans les sous-sols des synagogues. […] Soudain ces descendants poids plume se voyaient attribuer une gravité, une importance, tout le sérieux et les récompenses qui venaient quand on faisait de la lèche à ceux qui soufraient. Que pouvait-il y avoir de mieux? Tous les bénéfices d’Auschwitz sans avoir à en subir les atrocités – un Holocauste light.

Comme le Coca ?

(suite…)


before_nc_map[Emmanuel Ratier – Faits & Documents N°384 – Octobre 2015]

Il suffit de lire « Le Temps des décisions » (Hard Choices en américain) d’Hillary Clinton (paru en juin 2014) pour s’en convaincre. L’ancienne secrétaire d’État y révèle que, dans le but de procéder à un nouveau « partage » du Proche et du Moyen-Orient, un accord fut passé entre Washington et les Frères musulmans pour créer un État islamique:

Nous avons infiltré la guerre en Irak, en Libye et en Syrie, et tout allait pour le mieux et puis tout à coup une révolution eut lieu en Egypte et tout changea en 72 heures.

Elle poursuit ainsi:

Nous étions d’accord avec les Frères en Égypte pour annoncer l’État islamique dans le Sinaa (nouvelle région créée) et le remettre aux mains du Hamas et une partie à Israël, pour la protéger, adjoindre Halayeb et Challatine au Soudan, et ouvrir les frontières libyennes du côté de Salloum. Il était même question d’annoncer la naissance de l’État islamique le 5 juillet 2013 et on attendait l’annonce pour recon- naître, nous et l’Europe, ce nouvel État.

http://faitsetdocuments.com/


[Jacques Cheminat – Silicon.fr – 26/09/2014]

5 questions sur la faille Shell Shock visant Bash

Le monde du web tremble avec l’annonce d’une faille baptisée Shell Shock qui touche l’interpréteur de commande Bash présent dans plusieurs systèmes. Plusieurs questions se posent sur cette menace, sa définition, son exploitation, son impact, etc.

A en croire les spécialistes de la sécurité, la faille Shell Shock est pire que la vulnérabilité Heartbleed qui avait touché la librairie de chiffrement Open Source, OpenSSL. En visant l’interpréteur de commande Bash dans les systèmes Linux ou certains OS, elle ouvre la boîte de Pandore des risques et des menaces. Nous avons posé 5 questions à des spécialistes de la sécurité informatique pour en savoir plus sur cette vulnérabilité.

1-Comment a été découvert Shell Shock ?

La faille a été découverte par un français, Stéphane Chazelas, qui travaille actuellement en Angleterre pour le fournisseur de CDN Akamai. Spécialiste du monde Linux/Unix et des télécoms comme l’indique sa page personnelle, il a trouvé un bug dans Bash (Bourne-Again shell) qui est un interpréteur de lignes de commande via des scripts. Il existe depuis plus d’une vingtaine d’années années (1993) et est devenu l’interprète standard de plusieurs systèmes Unix et distributions Linux, mais aussi des systèmes d’exploitation comme Mac OS X, Android et de manière plus limitée Windows avec le projet Cygwin.

Dans un entretien accordé à FairFax Media, Stéphane Chazelas précise que la découverte s’est déroulée il y a deux semaines. Il a aussitôt alerté Chet Ramey, en charge du support du code source Bash. En parallèle, il a aussi averti des fournisseurs d’infrastructures web et des éditeurs de distribution Linux comme Debian, Red Hat,Ubuntu, SuSE et Mandriva. Le problème est que « cette découverte a été débattue rapidement sur des forums réduisant ainsi le temps pour trouver une réponse de la part de l’ensemble des acteurs », explique Thierry Karsenty, directeur technique Europe chez CheckPoint.

Concrètement, la faille Shell Shock permet de modifier des variables d’environnement et d’exécuter du code à distance par le biais de scripts Apache CGI, des options DHCP et OpenSSH en s’appuyant sur Bash. Shell Shock est souvent comparée à Heartbleed. Loïc Guezo, directeur Europe du Sud chez Trend Micro, écarte néanmoins cette analogie. « Shell Shock n’est pas une faille traditionnelle. Dans le cas de Heartbleed, la vulnérabilité concernait la collecte de données, dans le cas de Bash, il s’agit d’une prise de contrôle d’un système ou d’un équipement. » (suite…)


[Cécile Allegra – Delphine Deloget – Le Monde – 01/09/2014]

« Ils ont ouvert la porte de la prison. J’ai vu dix personnes enchaînées, debout, face contre le mur. Par terre, il y avait un garçon qui n’arrivait plus à se relever. Son dos n’était que chair et os à vif. Et cette odeur de sang, d’excréments… Une odeur de mort. » En mars 2013, Germay Berhane est jeté pour la première fois dans une maison de torture du désert du nord du Sinaï. Il va passer trois mois aux mains d’Abu Omar, l’un des trois tortionnaires les plus redoutés de la péninsule. Supplicié chaque jour, plusieurs fois par jour, sans répit.

Germay Berhane est un jeune homme mince et souriant. Il se cache désormais au Caire, dans le quartier de Fesal. Pour raconter son histoire, il lui faut du courage. Parmi les Erythréens réfugiés dans la capitale égyptienne, rares sont ceux qui acceptent de témoigner. Les blessures sont trop récentes, la peur reste omniprésente. « Rien n’a changé depuis que je suis sorti », glisse-t-il. Rien, c’est-à-dire l’exode massif des Erythréens, leur fuite éperdue par le désert, leur rapt, la séquestration dans des maisons vouées à la torture, les menaces de mort et le chantage aux parents des victimes pour leur extorquer des rançons exorbitantes.

Germay est né il y a vingt-trois ans dans la banlieue d’Asmara, capitale de l’Erythrée, un des pays les plus pauvres et les plus répressifs de la planète. Depuis l’indépendance en 1993, le président Issayas Afeworki a transformé son pays en prison à ciel ouvert et semble n’avoir qu’une obsession : lever des troupes pour préparer une nouvelle guerre contre l’Ethiopie. Quitte à imposer à son peuple un service militaire à durée indéterminée, lequel ressemble plutôt à un gigantesque camp de travail forcé. Son bac en poche, Germay intègre donc la marine et apprend à obéir sans discuter. Un jour de janvier 2013, des papiers administratifs disparaissent de la caserne. Le soupçon se porte sur son unité. Il craint le pire. « J’ai posé mon AK et marché tout droit vers la frontière. »

« UN VÉRITABLE EXODE »

Comme lui, ils sont désormais chaque mois entre 3 000 et 4 000 à fuir l’Erythrée, en direction du Soudan. La plupart sont très jeunes. « Un véritable exode, le pays se vide de sa population », selon la rapporteure spéciale des Nations unies pour l’Erythrée, Sheila B. Keetharuth. Les Erythréens représentent d’ailleurs un tiers des clandestins arrivés en Italie depuis janvier. Mais entre les chiffres de départ et ceux de l’arrivée en Europe ou en Ethiopie, au Soudan, à Djibouti, en Libye et en Egypte, il y a une différence qui a été longtemps inexpliquée. On découvre aujourd’hui qu’elle résulte d’un trafic monstrueux d’êtres humains. Une étude saisissante publiée en Belgique (The Human Trafficking Cycle, Sinai and Beyond, Myriam Van Reisen, Meron Estefanos et Conny Rijken, éditions Wolfpublishers, 2013) estime que 50 000 Erythréens seraient passés par le Sinaï ces cinq dernières années. Plus de 10 000 n’en sont jamais revenus. (suite…)


[AFP – 15/09/2014]

«Chaque mesure, qu’elle soit d’ordre social, fiscal et parfois très sectorielle, est quantifiée en termes de créations d’emplois attendues», précise le quotidien économique sur son site internet. Le document doit être présenté mercredi au cours d’une conférence de presse.

Dans une réaction à l’AFP, un porte-parole du Medef a toutefois tenu à préciser qu’il s’agissait d’«éléments de travail» qui «ne correspondent pas exactement aux propositions que fera le Medef dans les prochains jours». Pour créer 1% de croissance et 100 000 emplois, le Medef propose de supprimer deux jours fériés sur 11, selon Les Echos. Il espère aussi de 50 000 à 100 000 emplois sur cinq ans en dérogeant au Smic pour certaines catégories de demandeurs d’emploi, et sur trois ans en remontant les seuils sociaux.

Autoriser les commerces à ouvrir le soir et le dimanche permettrait par ailleurs d’engendrer à terme entre 50 000 et 200 000 emplois nouveaux dans le tourisme, et entre 40 000 et 100 000 dans le commerce et la distribution, estime-t-il.

Ces propositions «apparaîtront certainement agressives ou caricaturales à certains», reconnaît le Medef en conclusion de son document, cité par le quotidien.«Ils ont tort. Il s’agit avant tout d’animer un débat […]. Notre conviction est que nous n’avons pas « tout essayé contre le chômage », nous avons juste essayé ce qui n’a marché nulle part et oublié ce qui a fonctionné partout .»

http://www.liberation.fr/economie/2014/09/15/pour-l-emploi-le-medef-veut-supprimer-deux-jours-feries_1100680


Thomas Thévenoud n’est pas un exception, il est la règle ! C’est pour cela qu’il pensait ne pas se faire prendre…

[Emmanuel Ratier – Faits & Document – N° 382 – Septembre 2014]

Le nouveau ministre de l’Économie Emmanuel Macron réussit l’exploit de ne pas payer l’ISF alors même que :

  • il est marié à une femme (de 56 ans) héritière d’une des grandes familles bourgeoises d’Amiens,
  • il détient une villa huppée au Touquet (résidence secondaire ne bénéficiant pas d’un abattement de 30 % pour résidence principale),
  • il a été payé durant ses études à l’ENA,
  • il est inspecteur des Finances depuis 2004 (revenu minimal : 12 000 euros par mois)
  • il a été secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2012 à 2014 (14 910 € par mois, plus tous les avantages évidents qui en découlent),
  • il a entre-temps rejoint la banque d’affaires Rothschild & Cie en 2008, successivement comme banquier d’affaires (2008-2011) puis associé gérant (2011-2012).
  • À ce titre, il a reconnu avoir touché 2 millions d’euros brut, soit au moins 1 million net, pour la seule période allant de décembre 2010 et mai 2012

(Question : comment faire confiance à un ministre de l’Économie, sans enfant, fils de deux médecins, marié à l’héritière d’une grande famille bourgeoise provinciale, membre du groupe de Bilderberg, Young Leader de la French American Foundation, disposant d’énormes avantages professionnels, qui n’a pas réussi en dix ans à accumuler 1,3 million d’euros tout en gagnant chaque année entre 200 000 et 1 million d’euros brut ?).

http://www.faits-et-documents.com


[Andréa Fradin  – Slate – 25/08/2014]

«Les femmes de 18 ans et plus représentent une part significativement plus importante de la population des joueurs de jeux vidéos (36%) que les hommes de 18 ans et moins (17%)». C’est l’une des estimations établies à la suite de l’analyse annuelle de l’Entertainment Software Association, groupe de pression du secteur des jeux vidéo aux Etats-Unis, reprise ce 22 août par le Washington Post sous le titre:

«Etude: les joueurs de jeux vidéo sont davantage des femmes que de garçons adolescents

Au total, les femmes constitueraient même 48% cette population, contre 40% en 2010. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces chiffres ne laissent pas indifférents les amateurs de jeux vidéo en question.


Extrait de l’étude annuelle de l’Entertainment Software Association

Comme le rapporte le Washington Post dans son article, ces estimations ont en effet relancé le sempiternel débat qui agite la communauté des joueurs de jeux vidéo: ces femmes sont-elles vraiment des «gamers»? Une question ravivée par le fait, comme l’explique le Washington Post, que ces joueuses apprécieraient particulièrement les jeux proposés sur mobile, tels que le désormais incontournables Candy Crush. Des jeux considérés comme mineurs par la communauté de ceux qui connaissent par coeur la généalogie des différentes consoles et maitrisent sur le bout des doigts les subtilités d’une manette Xbox ou PS3.

Un avis laissé sur Reddit, où le débat a déjà été alimenté par des centaines de commentaires, résume bien l’état d’esprit des contradicteurs de l’étude:

«J’ai quelques amis qui se considèrent comme des gamers, et qui n’ont jamais joué à rien d’autre qu’à leur téléphone. Bien que techniquement ils peuvent être considérés comme des « gamers », il y a « gamers » et « GAMERS ».»

(suite…)


Ces pauvres israéliens, qui vivent dans la « terreur des bombes du Hamas » (dixit la presse française).. voici un petit graphique à transmettre à Arno Klarsfeld et tous les propagandistes de la hasbarah…

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« A terme, aucun Etat ne peut continuer à exister en vivant comme cela… en 1979, en Rhodésie, on se disait « nous sommes là pour toujours »… » (Avraham Burg)

[SAYED KASHUA ECRIVAIN ARABE ET CITOYEN ISRAÉLIEN. – Libération – 15 JUILLET 2014 – Traduit de l’hébreu par Jean-Luc Allouche]

Bientôt, je vais partir d’ici. Dans quelques jours, nous quitterons Jérusalem, nous quitterons le pays. Hier, nous avons acheté de petites valises pour les enfants. Inutile d’emporter beaucoup de vêtements, nous laisserons les habits d’hiver ; de toute façon, ils ne pourraient pas nous protéger du froid dans le sud de l’Illinois, Etats-Unis.

Juste quelques vêtements jusqu’à ce qu’on se débrouille, et si, me suis-je dit, les enfants prenaient quelques livres, deux ou trois en arabe, et quelques autres en hébreu, pour qu’ils n’oublient pas la langue ?

Mais je ne suis déjà plus si sûr de ce que je souhaite que mes enfants se souviennent de cet endroit aimé et maudit.

A l’origine, nous avions prévu de partir dans un mois pour une année sabbatique, voire moins, mais, la semaine dernière, j’ai compris que je ne pouvais plus rester ici. J’ai demandé à mon agence de voyages d’avancer notre départ : «Un aller simple, s’il vous plaît», ai-je demandé. Dans quelques jours, nous atterrirons à Chicago, et je ne sais même pas où nous irons pendant le premier mois mais nous nous débrouillerons.

J’ai trois enfants, l’aînée est déjà âgée de 14 ans, les deux garçons ont 9 et 3 ans. Nous habitons à Jérusalem-Ouest, l’unique famille arabe du quartier où nous avons emménagé il y a six ans. «Tu peux prendre deux jouets», avons-nous dit en hébreu au benjamin qui regardait sa caisse de jeux et commençait à pleurer, bien que nous lui ayons promis de lui acheter là-bas tout ce qu’il désire. (suite…)


Le lobby d’Israël et la politique Française

[Mediapart – 10 JUILLET 2014 –  JEAN-FRANÇOIS GOULON]

« Deux Poids, Deux Mesures », par Evan Jones

Article publié le 9 juillet 2014 dans CounterPunch, The Israel Lobby and French Politics. (Traduction: JFG-QuestionsCritiques)

Pascal Boniface est un spécialiste de ce que les Français appellent la « géopolitique ». Sa production a été prodigieuse, traversant une grande variété de sujets. Son dernier livre a été publié en mai, il est intitulé La France malade du conflit israélo-palestinien. Pour ses efforts littéraires dans cette arène, Boniface est passé du statut de commentateur respecté à celui depersona non grata dans les médias du courant dominant.

Cette histoire a commencé en 2001. Pascal Boniface était conseiller au Parti Socialiste, le PS étant alors dans un gouvernement de cohabitation sous le Président RPR Jacques Chirac, avec Lionel Jospin comme Premier ministre. En avril 2001, il rédigea une note de recommandation pour les responsables socialistes [téléchargeable à cette adresse : http://www.marianne.net/attachment/62105%5D. L’approche du PS vis-à-vis d’Israël était basée sur la realpolitik plutôt que sur des principes éthiques, et il était temps de faire une réévaluation.

Boniface publia dans Le Monde, en août 2001, un article qui allait dans le même sens, lequel déclencha riposte et réprimande de la part de l’ambassadeur israélien d’alors. Boniface devint ensuite une proie rêvée pour le lobby d’Israël (c’est mon terme – lui l’évite assidûment). Boniface a été accusé, au moyen d’un usage sélectif de citations, de préconiser au PS de servir cyniquement la soupe à la communauté française arabo-musulmane, plus nombreuse que la communauté juive, afin de gagner un avantage électoral. Pas plus tard qu’en janvier dernier, Alain Finkielkraut (l’agitateur sur le problème « islamiste » en France) dénonçait Pascal Boniface pour les mêmes raisons.

La note de 2001 contenant 1300 mots est reproduite dans le dernier livre de Pascal Boniface. Dans une note liminaire à cette reproduction, il observe : « Combien de fois n’avais-je pas entendu auparavant qu’on ne pouvait pas bouger sur le Proche-Orient à cause du « vote juif » (sic) qui, bien sûr, n’existe pas, mais qui semble malgré cela être largement pris en compte par les élus de tous bords ? » Et plus loin, « Ce n’est pas parce qu’il y a plus d’Arabes que de juifs qu’il faut condamner l’occupation israélienne. C’est parce qu’elle est illégale et illégitime, contraire aux principes universels et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. »

Dans cette note elle-même, Boniface fait remarquer : « Le terrorisme intellectuel qui consiste à accuser d’antisémitisme ceux qui n’acceptent pas la politique des gouvernements israéliens (et non pas l’État d’Israël), payant à court terme, peut s’avérer catastrophique à moyen terme ». Pour paraphraser Boniface : ‘ … cela aura pour résultat de renforcer et de développer une irritation à l’égard de la communauté juive française et l’isolera de plus en plus sur le plan national’. Boniface conclut :

« Il vaut certes mieux perdre une élection que son âme. Mais, en mettant sur le même plan le gouvernement d’Israël et les Palestiniens, on risque tout simplement de perdre les deux. Le soutien à Sharon mérite-t-il que l’on perde 2002 ? Il est grand temps que le PS quitte une position qui […] devient du fait de la réalité de la situation sur place de plus en plus anormale, de plus en plus perçue comme telle, et qui, par ailleurs, ne sert pas […] les intérêts à moyen terme du peuple israélien et de la communauté juive française. » (suite…)


Incroyable, une analyse lucide dans « Le Monde »  ! On parie que Benjamin Barthe ne va pas rester longtemps Chef de Desk Moyen Orient au « Monde »… le CRIF va exiger qu’on le vire !

Le compte à rebours avant la prochaine confrontation a déjà commencé  

[Benjamin Barthe – Analyse – Le Monde 16/07/2014]

 » Pluies d’été  » en 2006,  » Plomb durci  » en 2008-2009,  » Pilier de défense  » en 2012,  » Bordure de protection  » en 2014 : l’histoire des relations entre Israël et Gaza, depuis que les colons juifs ont été évacués de ce petit territoire côtier en 2005, semble se résumer à une succession d’opérations militaires. A peine un cycle de violences se termine-t-il qu’un nouvel épisode semble en préparation.

A qui la faute ? Chacun des protagonistes défend son bon droit, son récit des origines, donnant le tournis aux observateurs. La confusion du public est entretenue par les réactions des chancelleries occidentales. Quand elles ne versent pas dans un soutien quasi explicite à l’opération militaire israélienne, celles-ci se cantonnent à un parallélisme scrupuleux.

Insensiblement s’impose l’idée qu’Israéliens et Palestiniens sont prisonniers d’une moderne loi du talion. Un atavisme archaïque qui les inciterait à s’étriper à intervalles réguliers. Et dispenserait donc la communauté internationale de toute responsabilité.

Pour échapper à ce fatalisme, il faut raconter une autre histoire. L’occupation de la bande de Gaza, contrairement à ce qu’affirme Israël, n’a pas pris fin avec le départ du dernier de ses soldats, le 11 septembre 2005. Comme le rappelle opportunément l’ONG israélienne Gisha sur son site Internet, l’Etat hébreu continue de contrôler des pans entiers de la vie des Gazaouis : le registre d’état civil, les eaux territoriales, l’espace aérien et l’unique terminal commercial.

L’armée israélienne interdit à la quasi-totalité des habitants de se rendre en Cisjordanie, en violation des accords d’Oslo, qui faisaient des deux territoires palestiniens une seule et même entité juridique. Les habitants de l’enclave sablonneuse n’ont pas non plus le droit de pénétrer dans la  » zone tampon « , bande de 500 m à 1 km de large le long de la frontière avec Israël, où ils possèdent souvent des terres agricoles. Ceux qui s’y risquent se font systématiquement tirer dessus.

L’anthropologue Jeff Halper, figure du camp de la paix israélien, use d’une métaphore carcérale pour résumer l’effet paradoxal du désengagement de 2005 :  » Dans une prison aussi, les détenus contrôlent l’essentiel de l’espace, aime-t-il à dire. Ils ne sont pas libres pour autant. « 

De cet état de fait, la plupart des experts en droit international ont conclu que la bande de Gaza est toujours sous occupation. C’est la position officielle des Nations unies. Un tel statut requiert de l’occupant qu’il assure le  » bien-être  » de la population occupée. Mais à ces obligations, Israël s’est constamment soustrait. Grâce au renfort de l’Egypte du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, farouchement hostile au Hamas, et à l’apathie de la communauté internationale, le bouclage de Gaza s’est même aggravé. Selon le bureau des statistiques palestinien, le taux de chômage pour les jeunes de 15 à 29 ans y a atteint 58 % durant le premier semestre de cette année. 70 % de la population dépend des distributions d’aide humanitaire pour sa survie.

Les éruptions de violence de 2006, 2008, 2012 et 2014 étaient toutes, directement ou indirectement, liées à l’enfermement des Gazaouis. Un état qui ne remonte pas à l’élection du Hamas, en 2006, mais à la première guerre du Golfe en 1991. C’est à cette date, avant le début des attentats- suicides, que les Palestiniens de Gaza ont perdu le droit de circuler librement.

Toutes les trêves négociées par le passé ont comporté des clauses de levée ou d’allègement du blocus, comme la réouverture du terminal de Rafah, avec l’Egypte, ou l’élargissement de la zone de pêche. Et toutes ont été ignorées, partiellement ou entièrement, par Israël et son allié égyptien. Celle qui est en cours d’élaboration ne fera pas exception.

Le Hamas a sa part de responsabilité. Il a lui aussi violé les accords de cessez-le-feu, en important, via les tunnels de Rafah, tout un arsenal de missiles iraniens. Plutôt que de construire des bunkers souterrains, à l’usage exclusif de leurs responsables, les islamistes auraient mieux fait de bâtir des abris antibombes, ouverts à leurs administrés. Saigné par le blocus, le Hamas est tenté, à intervalles réguliers, de redorer son blason de mouvement de  » résistance  » en défiant Israël.

La seule manière de rompre ce cercle vicieux – et notamment de marginaliser le Hamas – consiste à relancer le processus de paix. Pas un processus d’extorsion régi par la loi du plus fort, ce à quoi la plupart des séances de négociations des vingt dernières années ont ressemblé. Mais des pourparlers sur un pied d’égalité, avec le droit international comme référence.

Or vendredi 11 juillet, en marge d’une conférence de presse consacrée à Gaza, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré qu’il était catégoriquement opposé à la création d’un Etat palestinien souverain. Un accès de franchise rare, signalé par le site d’information Times of Israel, mais passé sous silence dans les médias occidentaux. En l’absence d’un tel horizon, l’armée israélienne peut déjà réfléchir au nom de code de la prochaine opération contre Gaza.

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/07/15/le-compte-a-rebours-avant-la-prochaine-confrontation-israelo-palestinienne-a-deja-commence_4457496_3218.html

 


Blogueuse condamnée pour une critique de resto: l’exemple à ne pas suivre

[L’EXPRESS –  Ulla Majoube, publié le 10/07/2014]

La condamnation en référé d’une blogueuse pour une critique de restaurant du Cap Ferret a inquiété la blogosphère. Décryptage de l’affaire et de ses conséquences, avec Maître Eolas, avocat blogueur. 

La nouvelle a fait trembler la blogosphère française: le 30 juin, le tribunal de grande instance de Bordeaux a condamnéen référé la blogueuse L’Irrégulière à 1500 euros à titre de provision sur dommages et intérêts, ainsi que 1000 euros de frais de procédure. La raison? Une critique -retirée depuis- du restaurant Il Giardino au Cap Ferret qu’elle a publiée sur son blog, Cultur’elle. L’explication de cette affaire et des risques encourus par les blogs avec Maître Eolas, avocat blogueur qui a signalé ce jugement sur Twitter cette semaine.

L’Irrégulière critique ou insulte?

La critique a été publiée fin août 2013. L’Irrégulière raconte sa mauvaise expérience dans l’établissement Il Giardino: un accueil malheureux, une serveuse « harpie en gilet fluo », un apéritif longtemps attendu puis servi en même temps que le plat, une patronne qui « se prend pour une diva ». Contactée par le site Arrêt sur images, la gérante explique que cet article « relève plus de l’insulte que de la critique. » Pourtant, « en tant que cliente, elle a le droit de relater une mauvaise expérience, rappelle Maître Eolas. Elle explique pourquoi elle est mécontente. »

Le titre condamné, pas la critique

Selon la décision du tribunal de grande instance de Bordeaux, la critique en elle-même « relève de la liberté d’expression ». Or le titre, « L’endroit à éviter au Cap-Ferret: Il Giardino », tombe sous le coup du dénigrement (article 1382 du code Civil), dans le sens où il « jette publiquement le discrédit sur une personne ou une entreprise ». « Si elle avait titré ‘Vous, je ne sais pas, mais je ne pense pas -après mûre réflexion et sous couvert de changer d’avis- retourner un jour chez eux’, ce serait peut-être passé, ironise l’avocat. Elle n’aurait jamais dû être condamnée. La Cour de cassation est claire: pour qu’il y ait dénigrement par un particulier, il faut qu’il y ait intention de nuire. Donc soit par un concurrent, soit par intérêt de nuire caractérisé. »  (suite…)


… putain, j’espère que PLUS PERSONNE n’ira manger à « El Giardino » au Cap-Ferret ! C’est carrément incroyable cette histoire !

Une blogueuse condamnée pour la critique d’un restaurant
[Le Monde.fr | 11.07.2014 ]

Dix mois après avoir publié sur son blog une note négative relative à un restaurant du Cap-Ferret, une blogueuse culinaire a été convoquée début juin au tribunal de grande instance de Bordeaux après la plainte des restaurateurs pour dénigrement et a été condamnée en référé le 30 juin à 1 500 euros de dommages et intérêts et 1 000 euros de frais de procédure, selon Sud-Ouest vendredi.

« J’ai été surprise de recevoir une convocation tant de temps après (…) J’ai trouvé ça très violent comme procédé. Le restaurant n’a même pas cherché à me contacter », confie la jeune femme au quotidien régional. La note intitulée « L’endroit à éviter au Cap-Ferret » dénonçait le manque d’organisation de l’établissement et l’attitude du personnel. La blogueuse mentionnait dans sa note le nom du restaurant et sa localisation et a été condamnée à en changer le titre.

La gérante du restaurant explique de son côté : « Des clients nous ont montré la page de blog en nous disant qu’ils avaient hésité à venir suite à cette critique. Ce sont des commerces voisins qui les ont convaincus de venir (…) On est là depuis quinze ans, ça fait mal de se faire insulter. »

Très bien référencée sur Google, la jeune femme a retiré la totalité de la note de son blog depuis l’audience où elle a ssuré elle-même sa propre défense, mais il est toujours disponible en cache. [NdT: et comme les caches ça ne dure pas et qu’on aime pas la censure, on vous le republie sur Libertes-Internets, voir ci-dessous]

« Je comprends que l’article ait pu vexer la gérante, mais les conséquences me semblent disproportionnées », affirme-t-elle. « Si les blogueurs n’ont pas la liberté de faire des critiques négatives, les critiques positives n’ont plus aucun sens non plus. »
Stratégie payante pour l’établissement ? Pas si sûr. « Sur Trip Advisor, certains commencent déjà à dénoncer ce procès et à remettre en cause les avis positifs postés sur le site » de l’établissement concerné, rapporte ainsi Les gourmands 2.0. (suite…)


Selon une enquête de CONSUMER REPORT, les consommateurs ont classé Mc Do en dernière place du classement des hamburgers… pensez-y la prochaine fois que vous allez au fast-food…

Which Fast-Food Chain Makes the Worst Burger in the United States

 

http://www.alternet.org/food/which-fast-food-chain-makes-worst-burger-united-states


[Jacques Cheminat – Silicon.fr – 13/05/2014]

La source ne semble pas se tarir. Si Edward Snowden est un homme très demandé, les documents qu’il a révélés continuent de fournir des renseignements sur les méthodes d’espionnage de la NSA. Les dernières révélations en date ont été faites par The Guardian et plus exactement Glenn Greenwald, un des journalistes disposant des documents confiés par « le lanceur d’alertes » et qui vient de publier un livre « No Place, to Hide ». Dans cet ouvrage, on y apprend que la NSA injecte des backdoors dans du matériel IT américain destiné à l’export. Parmi ces équipements, on retrouve des routeurs, mais aussi des serveurs. Le journaliste cite un rapport du département « Access and Target Development » de l’agence américaine de renseignement qui montre qu’il « reçoit et intercepte régulièrement des routeurs, des serveurs et d’autres équipements réseaux destinés à l’exportation pour des clients internationaux ».

A l’occasion de cette interception, « la NSA implante des backdoors dans les appareils, les reconditionne et les renvoie avec le cachet d’usine ». L’agence peut ainsi écouter et surveiller n’importe quel réseau. Selon le document, il ne semble pas que les constructeurs soient au courant de cette pratique. Au mois de décembre dernier, Der Spiegel avait publié un article sur les documents d’Edward Snowden montrant que la NSA disposait d’un catalogue de méthodes de hacking pour les équipements réseaux de Juniper, Cisco et Huawei. (suite…)


[Jacques Cheminat – Silicon.fr – 4 juillet 2014]

Un média allemand a découvert que la NSA surveillait les utilisateurs du réseau d’anonymisation Tor et Tails en s’appuyant sur Xkeyscore. L’analyse du code source de l’outil d’espionnage amène à penser qu’il existe un autre Edward Snowden.

La NSA a, comme toute agence de renseignements, horreur d’avoir des services qui lui résistent. Et c’est bien le cas de Tor et de l’OS Tails. Le premier, « The Onion Router », est un réseau informatique distribué mondial et décentralisé avec des milliers de serveurs à travers le monde. Il a été promu par le Département d’Etat pour aider les dissidents politiques à éviter la censure dans leurs pays. Il sert également de repères pour les cybercriminels. Tails de son côté est une distribution Linux qui a pour but de préserver l’anonymat.

A la fin de l’année dernière, The Guardian évoquait déjà, d’après les documents d’Edward Snowden, une tentative d’espionnage du réseau d’anonymisation en passant non par le réseau lui-même, mais par des failles des navigateurs. L’objectif ne semble pas avoir été complétement couronné de succès, puisqu’une enquête des médias allemands ARD et WRD montre quel’agence américaine continue sa surveillance active du réseau Tor, mais également de l’OS Tails. (suite…)


EIIL-Etat-islamique-en-Irak-et-au-Levant-drapeau

[Jeune Afrique – 30/01/2013]

De Bahreïn à Tombouctou, en passant par l’Algérie, il est au coeur de l’actualité : le drapeau noir imprimé de caractères blancs est devenu le symbole des salafistes du monde entier. Mais que signifie-t-il ? Décryptage.

Des caractères arabes qui claquent en blanc sur fond noir, une apparence familière, celle des étendards sombres du jihad supposés similaires à la bannière que le prophète Mohammed brandissait lors de ses conquêtes.  Mais la forme de celle-ci détonne. La calligraphie basique qui le couronne, « La ilaha illa Allah » (il n’y a de dieu que Dieu), tranche avec les volutes compliquées des autres drapeaux salafistes et percute comme un « Just do it » de Nike. Il est frappé en son centre d’une sorte de cercle ovoïde barré de trois inscriptions « Allah » (Dieu),« Rasoûl » (Prophète), « Mohammed ». Un logo sobre et efficace qui évoquerait presque la pomme croquée d’Apple. Depuis 2011 cette bannière se répand dans le ciel des troupes salafistes combattantes ou militantes, des zones tribales du Pakistan aux maquis yéménites et sahéliens, des rues de Beyrouth aux places de Rabat.

« Le Sceau des Prophètes »

Quand le Prophète eut l’intention d’écrire une lettre au souverain des Byzantins, on lui dit que ces gens ne la liraient pas si elle n’était pas cachetée d’un sceau. Alors le Prophète se fit faire un anneau d’argent (…) et fit graver dessus « Mohammed, Messager d’Allah ». (HADITH RAPPORTÉ PAR BOUKHARI, (Vol.4, livre 52,189)

Ses éléments renvoient aux premiers âges de l’Hégire, ceux des pieux ancêtres contemporains de Mohammed, les salafs, dont les modernes salafistes cherchent à imiter la vie et les mœurs idéalisées. La calligraphie anguleuse, de style koufique, est celle des premiers écrits de l’Islam. Quant au « logo », ce rond blanc malhabilement tracé aux trois inscriptions, il s’agit en fait de l’empreinte du sceau de Mohammed, le Messager dont le Coran révèle qu’il est lui-même « le Sceau des Prophètes. » (Coran XXXIII.40). Bien qu’il porte les mêmes mots dans la même calligraphie, ce n’est pas celui, rectangulaire, qui est conservé avec d’autres saintes reliques au palais de Topkapi, à Istanbul. Le sceau figurant sur la bannière est plutôt celui, circulaire, que l’on retrouve au bas de rares lettres attribuées à Mohammed, et qui enjoignent d’embrasser l’islam aux grands rois voisins de l’époque, ceux de Byzance, de Perse et d’Éthiopie mais aussi au roi de Bahreïn et au gouverneur d’Égypte. Il fait référence à la bague sigillaire que portait le Prophète, évoquée par son compagnon Anas Ibn Malik dans un hadith rapporté par Boukhari (Vol.4, livre 52,189) « Quand le Prophète eut l’intention d’écrire une lettre au souverain des Byzantins, on lui dit que ces gens ne la liraient pas si elle n’était pas cachetée d’un sceau. Alors le Prophète se fit faire un anneau d’argent (…) et fit graver dessus « Mohammed, Messager d’Allah » ».

Un message aux gouvernants muslmans ?

Sous cette forme, la bannière noire est en fait apparue en Irak dans la deuxième moitié des années 2000, adoptée par les troupes d’Al-Qaïda et alliés après leur proclamation de l’État islamique d’Irak, avatar de l’« Organisation d’Al-Qaïda au pays des deux fleuves ». En 2007, ses représentants ont émis un communiqué pour justifier le choix de l’étendard et en expliquer la symbolique. Le texte au sommet du drapeau, « il n’y a de dieu que Dieu », est la shahada, premier pilier de l’islam et profession de foi des musulmans que, explique le communiqué, le Prophète arborait dans les batailles, en blanc sur fond noir et en noir sur fond blanc, et qu’il a transmise aux générations postérieures. Le cercle blanc est effectivement l’empreinte du sceau du Prophète, et il ne faut pas lire l’inscription qui y est gravée de haut en bas, ce qui donnerait « Allah, le Prophète de Mohammed ». Elle doit être lue de bas en haut « Mohammed le Prophète d’Allah » et la position « en chef » du nom de Dieu unique indique sa suprématie. En brandissant précisément le sceau dont Mohammed signait ses appels à la conversion des dirigeants voisins, les salafistes cherchent-ils à rappeler aux gouvernants de pays musulmans l’apostasie qu’ils leur attribuent, tout en enjoignant aux autres de rallier l’islam ?

Il s’agit donc à l’origine du drapeau d’Al-Qaïda en Irak que les salafistes du monde entier semblent de plus en plus adopter.

Il s’agit donc à l’origine du drapeau d’Al-Qaïda en Irak que les salafistes du monde entier semblent de plus en plus adopter. On le retrouve en grand nombre particulièrement en Tunisie : c’est d’ailleurs celui qui avait été dressé à la place du drapeau tunisien à l’université de la Manouba en mars 2012, celui que les étudiants ont découvert, le 28 janvier, flottant à la place des couleurs nationales au lycée Slimane Ben Slimane à Zaghouan… Ironie de l’histoire, l’empreinte de sceau représentée sur le drapeau est issue d’une pieuse relique, type d’objet honni par les salafistes qui y voient des supports d’idolâtrie.

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130130153052/

 


Que dit Oumma.com sur ce nouvel exemple de connerie ? On va encore nous dire « Ah mais non, l’islam c’est la religion de la tolérance, gna, gna… »  Il serait vraiment grand temps que les « penseurs islamistes » et autres Tarik Ramadan arrêtent l’hypocrisie (et aident leur religion à sortir du 14è Siècle). Les chrétiens étaient tout aussi cons il y a 500 ans, mais justement, on leur a suffisamment foutu de gnons dans la gueule à la sortie des églises pour qu’ils évoluent.  (Dov)

La chrétienne soudanaise libérée vient d’être arrêtée en tentant de quitter le pays

[LE MONDE – 24.06.2014]

A peine libérée, lundi 23 juin, Meriam Yahia Ibrahim Ishag, la chrétienne soudanaise qui avait été condamnée à mort en mai pour apostasie, vient d’être arrêtée mardi 24 juin à l’aéroport de Khartoum alors qu’elle s’apprêtait à quitter le pays, a indiqué un proche de la jeune femme, sans plus de précisions pour l’instant. « La sécurité nationale l’a arrêtée avec Daniel », a déclaré la source, en référence à son époux de nationalité américaine. Le sort de ses deux enfants, dont un nouveau-né, n’était pas connu dans l’immédiat.

Le couple a été arrêté aux environs de 11 heures GMT (12 heures, heure française) alors qu’il tentait de quitter le pays et emmené dans des locaux du puissant Service national de renseignement et de sécurité (NISS), a ajouté la source. « C’est son droit de quitter le pays », s’est insurgé ce proche, sans être en mesure de donner plus de détail.

La veille, l’annulation par une cour d’appel de sa condamnation à mortpour « apostasie » avait suscité une vague de soulagement après que la communauté internationale se fut fortement mobilisée pour sa libération. Washington s’était alors félicité de cette nouvelle, tout en demandant une nouvelle fois à Khartoum d’abroger sa loi islamique qui interdit les conversions religieuses.

L’avocat de la jeune femme qui avait annoncé sa libération, Me Mohannad Moustafa, avait précisé que les autorités de Khartoum s’expliqueraient, mardi, sur les raisons de cette libération, ce qu’elles n’ont toujours pas fait.

ACCOUCHEMENT EN PRISON

Née d’un père musulman, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a été condamnée à mort en vertu de la loi islamique en vigueur qui interdit les conversions. Mariée à un chrétien et déjà mère d’un garçon de 20 mois, qui avait été emprisonné avec elle, la jeune femme a également été condamnée à 100 coups de fouet pour « adultère », car selon l’interprétation soudanaise de la charia, toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme un adultère.

Enceinte au moment de sa condamnation, elle a accouché d’une fille en prison douze jours après le verdict. Elle avait ensuite quitté la cellule qu’elle partageait avec d’autres femmes et avait été transférée à la clinique de la prison.
M. Moustafa et quatre autres avocats spécialisés dans les droits de l’homme s’étaient alors chargés de sa défense gratuitement. Ils avaient fait appel de la condamnation, appel qui était examiné par un comité de trois juges depuis début juin.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/06/24/la-soudanaise-liberee-vient-d-etre-arretee-alors-qu-elle-tentait-de-quitter-le-pays_4444325_3212.html


La barbarie, il ne faut pas la cacher… ce n’est qu’en montrant le vrai visage que les gens comprennent l’horreur. Comme le disait si bien le regretté site Web « gore » OGRISH.COM – « Can you handle life ? »

Roma boy attacked in Paris: the picture that will shock France (graphic content)

[Daily Telegraph – UK – 19/06/2014]

François Hollande calls brutal gang assault on 16-year-old Roma boy ‘unspeakable and unjustifiable attack on all the principles on which our republic was founded’ Warning: graphic image readers may find distressing

« La photo qui va choquer la France », titre le Daily Telegraph. Choquantes, les deux photographies du jeune Rom lynché vendredi à Pierrefitte-sur-Seine, publiées mercredi 18 juin par le quotidien anglais, le sont assurément. En France, elles sont surtout interdites de publication.  Les clichés, récupérés auprès d'un des riverains qui ont découvert le corps de Darius, 16 ans, le crâne déformé par les coups, abandonné entre la vie et la mort le long de la Nationale 1 dans un chariot de supermarché, sont difficilement soutenables. Le journal Le Parisien, qui les avaient récupérés dès lundi, a décidé de ne pas les publier. L'article que le quotidien consacrait à ce fait divers sordide dans son édition de mardi débutait ainsi : « La photo est atroce... »  Le Telegraph est le plus important des journaux « sérieux » de droite en Grande-Bretagne — l'équivalent anglais du Figaro —, et, comme toute la presse anglaise, il raffole des faits divers. Le fait que ce journal de référence ait décidé de diffuser ces images dans sa version papier (qui tire à 530 000 exemplaires) comme sur son site Internet — sur lequel l'article est le plus lu et le plus partagé du jour — en dit long sur les différences de sensibilité entre presses française et anglo-saxonne.  « NOUS RESPECTONS LA LOI »  Rory Mulholland, le correspondant du Telegraph, a obtenues les deux photos mercredi auprès de ce riverain, « sans le rétribuer », précise-t-il. Avant que sa rédaction en chef lui demande de ne plus s'exprimer sur le sujet dans les médias français, il avait eu le temps de répondre à Rue89 : « Il nous a donné une photo, qui avait déjà été reprise par une chaîne de télévision roumaine, qui l'a également diffusée [mais avait choisi de la flouter]. Nous nous sommes interrogés sur le caractère authentique de la photo, mais tout concordait : la description faite par Le Parisien, les informations judiciaires, le fait qu'il portait un T-shirt rouge. »  Au siège du Parisien, la discussion avait pris une tournure très différente. Quand les deux reporters et le photographe envoyés sur les lieux du lynchage lundi soir sont rentrés avec les images, ils ont débattu avec leur rédaction en chef du conflit entre leur intérêt journalistique, leur monstruosité et l'illégalité de leur diffusion. « Dans l'excitation de ramener un document exceptionnel, on s'est posé la question, ce qui est normal. Mais on a presque immédiatement décidé de ne pas la publier », raconte l'un des deux journalistes, Timothée Boutry, avant d'ajouter : « Je constate que nous respectons la loi. »  15 000 EUROS D'AMENDE  En Grande-Bretagne, le droit à l'image est limité par une interprétation très large de « l'intérêt public ». En France, deux articles de la loi sur la presse encadrent de façon beaucoup plus stricte la dignité des victimes et l'identification des mineurs. L'article 39 bis punit de 15 000 euros d'amende « le fait de diffuser, de quelque manière que ce soit, des informations relatives à l'identité ou permettant l'identification d'un mineur victime d'une infraction ».  L'article 35 quater prévoit lui que « la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support, de la reproduction des circonstances d'un crime ou d'un délit, lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité d'une victime et qu'elle est réalisée sans l'accord de cette dernière, est punie de 15 000 euros d'amende ».  Dès le lendemain de la diffusion des ces clichés en Grande-Bretagne, la procureure de la République de Bobigny, Sylvie Moisson, chargée de l'enquête sur le lynchage de Darius, a rappelé dans un communiqué que « le droit français s'oppose à la diffusion de la photo d'une victime mineure, qui a droit à la protection absolue de son image sous peine de poursuites pénales. Je ne doute pas que le droit et la déontologie de la presse empêcheront en France toute diffusion de cette photo qui n'a de place légitime que dans la procédure de l'enquête criminelle en cours ».

« La photo qui va choquer la France », titre le Daily Telegraph. Choquantes, les deux photographies du jeune Rom lynché vendredi à Pierrefitte-sur-Seine, publiées mercredi 18 juin par le quotidien anglais, le sont assurément. En France, elles sont surtout interdites de publication.

« La photo qui va choquer la France », titre le Daily Telegraph. Choquantes, les deux photographies du jeune Rom lynché vendredi à Pierrefitte-sur-Seine, publiées mercredi 18 juin par le quotidien anglais, le sont assurément. En France, elles sont surtout interdites de publication.

 

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/10908942/Roma-boy-attacked-in-Paris-the-picture-that-will-shock-France-graphic-content.html


L’article date de 2010, la carte date de 2006… mais pas plus tard qu’hier, le « Monde » (journal atlantiste) écrivait :

« En Irak, tout comme en Syrie où le groupe est présent, l’EIIL est le premier à avoir tiré les leçons de l’explosion des frontières coloniales. Une dislocation due à l’effet conjugué des théories néoconservatrices – qui n’ont voulu voir dans le monde arabe qu’une addition de tribus et de confessions – en vogue à Washington sous l’administration Bush et des révolutions arabes qui ont affaibli la souveraineté des Etats.

Implanté dans ces deux pays, l’EIIL est en train de s’y tailler un « Sunnistan », entre le Nord kurde et le Sud chiite de l’Irak. » (http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/06/12/le-nord-sunnite-de-l-irak-aux-mains-de-l-eiil_4436797_3218.html?)

LA RECOMPOSITION GÉOPOLITIQUE PROGRAMMÉE DU MOYEN-ORIENT

[Pierre Hillard – Mecanoblog – 18 avril 2010]

Les tensions et les violences qui secouent le Moyen-Orient depuis l’intervention israélienne au Liban, le 12 juillet 2006, ne sont que la partie visible d’un immense enjeu politique, économique, religieux et philosophique opposant l’Occident aux Etats islamiques de la région. L’occupation américaine de l’Irak en mars 2003 a permis le lancement d’un projet révolutionnaire en vue de remodeler une vaste zone géographique allant du Maroc au Pakistan: le Grand Moyen-Orient. Derrière cette appellation, c’est une recomposition profonde qui attend ces pays musulmans. Beaucoup de théories et de supputations courent sur les ambitions des Etats-Unis et d’Israël au sujet de la politique poursuivie par leurs dirigeants. Cependant, des signes avant-coureurs apparaissent et permettent d’apercevoir concrètement les plans en cours. C’est tout l’enjeu des cartes ci-jointes appelant à recomposer le Moyen-Orient.

before_nc_map

 

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Ces cartes (« before » : situation en 2006 (ci-dessus) et « after » : situation après recomposition (ci-dessous)) sont parues dans une revue militaire américaine, AFJ (Armed Forces Journal), en juin 2006 sous la plume d’un lieutenant-colonel américain à la retraite, Ralph Peters. Ce dernier s’est illustré dans une division d’infanterie mécanisée à partir de 1976 pour, ensuite, poursuivre ses activités dans le renseignement militaire en 1980. Auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales, Ralph Peters s’est retiré officiellement de l’armée en 1999. Cependant, ses contacts restent étroits avec ce milieu puisqu’il fait partie de l’équipe dirigeante d’AFJ. Cette revue n’est qu’une partie d’un véritable empire de la presse militaire américaine. (suite…)


[JulieM – Infos Utiles – 11/06/2014]

Douze mois après les premières révélations du lanceur d’alerte Edward Snowden sur les méthodes de surveillance globales des autorités américaines, avec souvent l’assentiment et la complicité de ses alliés, quels ont été les principaux enseignements du point de vue des libertés individuelles et collectives ?  Un rapport indépendant publié le 10 juin analyse les mesures prises dans de nombreux pays dont le système légal interdit toute immixtion disproportionnée dans la vie intime des individus.

Tout ceux qui ont pu suivre de près les conséquences des révélations d’Edward Snowden dès le 5 juin 2013, seront pardonnés d’avoir pu penser que les divulgations allaient avoir un impact énorme pour les services de renseignement et de sécurité du monde entier.

Les États-Unis, pourtant, se sont engagé dans un débat national d’assez haut niveau pour s’attendre à ce que les organes de renseignement étasuniens devront, à l’avenir, rendre des comptes de manière plus significative — malgré le fait qu’il n’y aura que très peu d’effets tangibles pour les non-citoyens des USA.

Néanmoins, bien que la grande majorité des éléments apportés par Snowden mettent en cause les États-Unis, ce constat ne saurait être partagé dans le reste du monde. Pour illustrer au mieux la réponse-type des gouvernements occidentaux, rien de plus parlant que la réaction du gouvernement britannique — qui reste leur meilleur partenaire opérationnel et diplomatique en matière de sécurité intérieure.

Le Royaume-Uni a en effet échoué à tirer les leçons de cette affaire de manières pertinente et significative. L’intransigeance du Royaume-Uni s’est ressentie jusqu’en février 2014 — huit mois après les premières révélations — lorsque le parlement a été forcé de prendre des mesures sans précédents en envoyant une convocation formelle et comminatoire à Sir Mark Waller, le porte-parole officiel des services de renseignement (Intelligence Services Commissioner), qui avait, jusqu’ici, refusé de manière répétée de se présenter devant une commission d’enquête de la chambre des Communes (Commons Home Affairs Select Committee).

Cet épisode apparaît comme symptomatique de l’état d’esprit du gouvernement britannique confronté à l’affaire Snowden. Le mois suivant, Privacy Surgeon, avec l’aide de nombreux experts juridiques, a déposé une requête devant le Procureur général (Attorney General of England & Wales), afin qu’il use de ses prérogatives afin d’ouvrir une information judiciaire contre le service de surveillance GCHQ (General Communication Headquarters) sur ce qui apparaît comme des violations criminelles de la loi sur les interceptions de correspondances.

Cette requête n’a eu aucun effet — le bureau du procureur n’a même pas daigné y répondre. (suite…)


[Serge Leblal – Le Monde Informatique – 12/06/2014]

Depuis l’arrêt brutal de TrueCrypt qui a laissé sans voix de nombreux spécialistes de la sécurité, les alternatives fleurissent en Europe. Parmi celles-ci, VeraCrypt développée par une société française Idrix.

Depuis sa disparition entourée de nombreux mystères (failles, pression de la NSA, équipe piégée ou infiltrée…) TrueCrypt a laissé de nombreux utilisateurs totalement démunis, notamment parmi les professions libérales et les nombreuses associations/ONG qui appréciaient la sécurité et la simplicité d’utilisation de cet outil de chiffrement à la volée. Il est bien sûr possible d’utiliser BitLocker Drive Encryption livré avec les versions pro de Windows 7 et 8 mais sa mise en oeuvre est vraiment fastidieuse et beaucoup n’ont pas vraiment envie de laisser leurs petits secrets à la discrétion d’un éditeur américain.

Depuis la disparition de TrueCrypt trois forks ont vu le jour : Ciphersed.org,TrueCrypt.ch (une version développée en Suisse pour échapper aux fourchettes des autorités américaines), et enfin VeraCrypt, proposé par la société française Idrix. Cette dernière a revu le code de TrueCrypt pour renforcer sa sécurité et proposer un produit capable de mieux résister au déchiffrement brut.

On retrouve le système de conteneurs propre à TrueCrypt mais sans possibilité d’ouvrir les anciens conteneurs créés avec ce dernier. Les deux formats sont malheureusement incompatibles. VeraCrypt n’est pour l’instant disponible que pour Windows mais des versions Linux et Mac OS X sont attendues dans les prochains mois. Une condition sine qua none pour pouvoir envoyer des fichiers à un utilisateur travaillant sur une autre plate-forme OS que la sienne.

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-veracrypt-une-alternative-francaise-a-truecrypt-57737.html


[Dominique Filipponne – Le Monde Informatique – 12/06/2014]

La fin brutale du freeware Open Source TrueCrypt spécialisé dans le chiffrement de disques et de fichiers a laissé place à l’incompréhension dans le milieu de la sécurité. Entre hack massif et arrêt forcé à la Lavabit, les suppositions vont bon train.

Les développeurs à l’origine du logiciel de chiffrement Open Source TrueCrypt lancé en 2004 ont annoncé ce week-end la fin de tout développement concernant cette solution. « Utiliser TrueCrypt n’est pas sécurisé et contient des failles de sécurité qui ne sont pas corrigées », ont indiqué les développeurs sur le site de leur projet.

« Nous avons eu l’une des annonces les plus étranges de toute l’histoire de l’Open Source », a indiqué Steve Pate, architecte en chef chez HyTrust à propos de cet arrêt surprise de TrueCrypt, qui tourne sur Windows, Mac OS/X et Linux. Steve Pate indique que TrueCrypt a été développé par un groupe d’ingénieurs logiciels inconnus avec qui il n’a jamais pu entrer en contact, faute de réponses.

Des failles identifiées mais sans importance

A ce jour, TrueCrypt a été téléchargé des millions de fois ces dernières années, et jusqu’à ce jour, aucun problème de sécurité majeur n’a été publiquement identifié. Tom Ritter, ingénieur de sécurité à iSec Partners, a fait savoir de son côté que sa société a analysé les composants de TrueCrypt sans trouver de preuve de l’existence d’une porte dérobée (backdoor). « Il y avait quelques failles mais aucune d’importance », a également noté Tom Ritter. Ce dernier a aussi précisé qu’à sa connaissance il n’existait aucune alternative Open Source fiable de chiffrement de disques et de fichiers à TrueCrypt. (suite…)


[Actu Legalis.net – 10/06/2014]

Pour le TGI de Paris, la société Bêta et Compagnie qui édite le site collaboratif viedemerde.fr n’est ni titulaire de droits sur le site ni sur les anecdotes alimentées par les internautes. Dans son jugement du 22 mai 2014, le tribunal n’a donc pas considéré que l’agence de publicité Australie avait commis des actes de contrefaçon en reprenant, sans son autorisation, une anecdote figurant sur le site viedemerde.fr, pour réaliser deux publicités pour le compte de Bahlsen. En revanche, les juges ont estimé que l’agence avait commis des actes de concurrence parasitaire. Bêta et Compagnie avait cédé les droits d’adaptation du concept à la société JMD Productions. Ce format cédé correspond à une valeur économique qui a un prix sur le marché. Or, selon le tribunal, en copiant cette valeur, car elle était à la mode, Australie a voulu s’attirer un public sans en payer le prix à l’auteur de cette valeur. Elle a été condamnée à verser 5 000 € de dommages-intérêts.

Le tribunal a estimé que le site viedemerde.com ne pouvait pas être considéré comme une œuvre collective. Par conséquent, Bêta et Compagnie ne pouvait pas agir en qualité de titulaire des droits sur le site. En effet, selon l’article L 113-2 du code de la propriété intellectuelle, l’œuvre collective se définit comme l’œuvre créée à l’initiative d’une personne physique ou morale qui l’édite, la publie et la divulgue sous sa direction et son nom, et dans laquelle la contribution de chacun des auteurs participant à son élaboration se confond avec l’ensemble, de sorte qu’on ne peut attribuer à chacun d’eux un droit distinct. Or, cette définition ne correspond pas tout à fait au site viedemerde.com. D’une part, « si chaque internaute doit respecter le format élaboré par les fondateurs du site, sa contribution est publiée sous son nom, son pseudo ou en indiquant qu’elle est anonyme ce qui est encore une façon d’individualiser l’auteur. ». Et d’autre part, « les différentes contributions ne se confondent donc pas dans l’ensemble et le fait que chaque contribution ait une structure précise et similaire du fait du respect des instructions du format qui par ailleurs n’est pas original pour reprendre un site américain antérieur « the daily WTF », l’acronyme WTF signifiant en anglais : « what the fuck », interjection qui peut se traduire par « va te faire foutre » ou encore « au diable », ne peut à lui seul suffire comme instructions données aux auteurs. » [NdL&I : du gros n’importe quoi messieurs les juges, l’expression « what the fuck ? » signifie « c’est quoi ce bordel » – c’est « Go Fuck Yourself » qui signifie « va te faire foutre »]

Quant à la protection de l’anecdote en question par le droit d’auteur, le tribunal répond qu’elle n’est pas originale dans sa forme, ne révélant pas la personnalité de l’auteur ; seul l’événement relaté et l’idée qu’elle véhicule ont de l’intérêt. De toute façon, rappelle le tribunal, même si l’histoire avait été originale, le site ne pouvait prétendre bénéficier d’un droit moral puisque ce droit appartiendrait nécessairement à la personne physique qui l’a créée.
Les créateurs du site avaient formé une demande subsidiaire sur le fondement du droit d’auteur, au cas où les droits de leur société Bêta et Compagnie ne seraient pas retenus. Ils revendiquaient des droits sur le format, qui a fait l’objet d’un contrat d’adaptation, en raison du fait que les anecdotes commençaient toujours par « aujourd’hui » et finissaient par VDM. Le site est une reprise d’un site américain et le format ne répond pas à la condition d’originalité.

http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=4173


SUB-CAMANDANTE_MARCOSAu Mexique, le sous-commandant Marcos « cesse d’exister »
[ Frédéric Saliba – LE MONDE | 25.05.2014 ]
« Marcos cesse d’exister », a déclaré, dans un communiqué publié dimanche 25 mai, le sous-commandant Marcos qui était réapparu en public, la veille, après cinq ans d’absence. Porte-parole de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), le charismatique guérillero annonce quitter la direction du mouvement qui lutte, depuis vingt ans au Mexique, pour la défense des droits des indiens. Une annonce choc, justifiée par les réorientations stratégiques que connait l’EZLN.

L’homme à la pipe et au passe-montagne a créé la surprise, samedi 24 mai, en faisant une apparition lors des funérailles d’un dirigeant zapatiste dans un quartier indigène de la ville de Las Margaritas dans l’Etat du Chiapas (sud). Face à des milliers de membres et sympathisants de l’EZLN, Marcos serait arrivé « à cheval avec un bandeau de pirate sur l’œil droit et fumant son inséparable pipe », a rapporté le Pozol Colectivo, un des rares médias communautaires autorisés à assister à l’événement. Marcos aurait rendu hommage à José Luis Solis Lopez, surnommé « Galeano », tué le 2 mai au cours d’un affrontement entre l’EZLN et des membres d’une organisation ouvrière, proche du gouvernement du Chiapas et du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir). (suite…)


(Commentaire de Maria : Peu de gens connaissent l’histoire de la « Cristiada », une conséquence directe des politiques violemment anticléricales (également tombées dans l’oubli) d’une partie des gouvernements en Europe et en Amérique.  En France, la « guerre religieuse » entre « curetons » et « laïcards » n’est qu’un des nombreux aspects… en Allemagne, Bismarck dissout et interdit les congrégations religieuses, au Mexique, le gouverment interdit carrément la religion… un peu plus tard, en Russie, les bolchevicks font la guerre aux croyants… encore plus tard, lors de la guerre civile espagnole, la religion sera également au coeur des combats…

L’histoire des « Cristeros » est intéressante car elle va alimenter l’imaginaire paranoiaque de plusieurs générations catholiques du XXè Siècle et être l’un des puissants moteurs de leur basculement dans le fascisme. Les personnes élevées dans l’atmosphère réactionnaire et anti-républicaine de l’église catholique de l’époque seront abreuvés en permanence des histoires sanglantes d’horreurs commises par les « rouges » et les « franc-maçons » et le courage des « martyrs de la foi » ou encore des « guerriers de Dieu » qui assassinent les impies en criant « Viva el Cristo Rey ». Léon Degrelle, le fasciste belge (et meilleur ami de Hergé, inspirateur du personnage de Tintin) raconte ainsi à quel point cette « martyriologie moderne » aura été l’inspiration de son « combat antibolchevique ». Idem pour Pétain (ainsi que Charles De Gaulle). Après la guerre, dans le Franquisme mais aussi chez les généraux putchistes (tous catholiques) en Amérique du Sud, on retrouve cette martyriologie obsessionelle – l’idée que si on ne frappe pas le premier, les « rouges » vont revenir massacrer les croyants.

Pinochet raconte dans ses mémoires que, quelques semaines avant le coup d’état, alors qu’il hésite encore, sa femme lui montre leurs enfants et lui dit « Si tu ne fais rien, ils finiront emprisonnés, sous la botte des rouges, massacrés comme les Cristeros, c’est cela que tu veux ? »… 

Encore aujourd’hui, l’obsession anti-franc-maçonne de gens comme Emmanuel Ratier ou bien la résurgence du conspirationisme « illuminati » chez les militants anti-mariage pour tous est un écho de cette histoire vieille de cent ans…

La Vendée Mexicaine

[Herodote – André Larané – 14/05/2014]

Président de la République de 1924 à 1928, le général Plutarco Calles entreprend de consolider les acquis de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa. C’est ainsi qu’il réorganise l’instruction publique et étend la réforme agraire, distribuant plus de trois millions d’hectares aux petits paysans des coopératives (les ejidatarios). Il confirme aussi la nationalisation de l’industrie du pétrole au grand dam des États-Unis…

Mais fidèle à une tradition anticléricale vieille de près d’un siècle, le président a aussi la mauvaise idée de s’en prendre à l’Église catholique.

Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu’ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse le nonce, l’ambassadeur du Vatican, ainsi que tous les ecclésiastiques étrangers. Il interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l’article 130 de la Constitution de 1917, jusque-là resté inappliqué. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !

Exéution en 1927, au Jalisco, du père Francisco Vera, coupable d'avoir célébré la messe

Exéution en 1927, au Jalisco, du père Francisco Vera, coupable d’avoir célébré la messe

L’épiscopat se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l’administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans. Cette riposte ahurissante de la part d’un haut clergé essentiellement criollo (d’origine européenne) livre au désespoir les masses rurales, majoritairement indiennes ou métisses, attachées à une religiosité traditionnelle.

Les paysans se soulèvent sans attendre contre les autorités de la capitale, dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, en lutte contre les révolutionnaires parisiens. Leur cri de ralliement : « ¡ Viva Cristo Rey ! ¡ Viva la Virgen de Guadalupe ! » (Vive le Christ-Roi ! Vive la Vierge de Guadalupe) fait référence à la Vierge apparue à un Indien en 1531 et à la proclamation par le pape Pie XI, le 11 décembre 1925, du Christ « Roi des nations ».

Ces insurgés sont par dérision surnommés « Cristeros ». Eux-mêmes qualifient plus volontiers leur soulèvement de « Cristiada » (Christiade) mais ils sont désavoués par l’épiscopat, à deux ou trois exceptions près. Il n’empêche qu’avec 50.000 combattants, ils vont constituer la plus importante rébellion qu’ait connue le pays, lequel compte à cette époque moins de vingt millions d’habitants disséminés sur deux millions de km2.

Ils recrutent contre rémunération le général Enrique Gorostieta (38 ans), lequel est, d’après l’historien Jean Meyer, catholique, bon mari et bon père, contrairement à une légende qui en fait un franc-maçon laïc. Il va discipliner ses troupes et les conduire de victoire en victoire malgré le manque de moyens. Le soulèvement a débuté dans l’État du Jalisco, au bord de l’océan Pacifique (capitale : Guadalajara). Trois ans plus tard, l’armée des Cristeros tient plus des trois quarts de l’ouest du Mexique et la moitié des 30 États de la fédération.

Tous les habitants des campagnes concernées se montrent solidaires et les femmes ne sont pas les moins actives. Comme dans toute résistance populaire, elles servent au renseignement, à l’approvisionnement des combattants et au transport des munitions. Des brigades féminines, les Brigadas Bonitas ou Jolies brigades, combattent même sous le patronage de Jeanne d’Arc.

Cette guerre occasionne un total d’environ 90.000 tués selon l’historien Jean Meyer, dont les deux tiers dans les troupes gouvernementales, lesquelles sont en infériorité tactique face à la guérilla, malgré leur recours systématique à la terreur. (suite…)


Emmanuel Todd : « Non, je n’irai pas voter ! »

 [HERODOTE – propos recueillis par André Larané pour Herodote.net, le 12 mai 2014]
Dans un entretien exclusif avec Herodote.net, l’historien Emmanuel Todd analyse l’évolution de l’Union européenne et dit son intention de ne pas aller voter le 25 mai, pour la première fois de sa vie. Un choix raisonné et, de son point de vue, civique…

Par ses travaux sur les structures familiales, Emmanuel Todd est l’un des principaux historiens de sa génération. C’est aussi un témoin engagé de son époque qui peut se flatter de n’avoir jamais été pris en défaut dans ses nombreux essais. Volontiers provocateur, il s’est attiré quelques inimitiés par ses interventions dans la presse et à la télévision mais rares sont les contradicteurs qui s’estiment assez armés pour lui faire front.

Herodote.net : À vous lire, on peut se demander si vous avez le don de prophétie. En 1976, à 25 ans, votre coup d’essai fut un coup de maître car vous avez annoncé dans La Chute finale l’effondrement à moyen terme du système soviétique sans connaître pour autant l’URSS.

Emmanuel Todd : Je vais vous l’avouer, il n’y a rien de miraculeux là-dedans ! Je fais simplement un peu plus attention que d’autres aux chiffres qui traînent partout. Par exemple, mon intuition sur La Chute finale est venue de ce que la mortalité infantile en URSS était en train de fortement remonter. C’est un phénomène exceptionnel et j’y ai vu l’effritement du système. J’en ai conclu que le pouvoir soviétique était condamné à brève échéance.

Plus récemment, en pleine guerre froide irano-américaine, j’ai pronostiqué avec mon ami Youssef Courbage l’entrée dans la modernité de l’Iran et de plusieurs pays arabes (Le Rendez-vous des civilisations, 2007). Ce n’était pas difficile, il suffisait de regarder le nombre d’enfants par femme et le pourcentage d’étudiantes à l’université. En adoptant une rationalité familiale proche des standards occidentaux, ces peuples étaient prêts à se convertir aussi à une nouvelle rationalité démocratique et politique.

En ce qui nous concerne, c’est différent. En écrivant L’invention de l’Europe, en 1990, j’ai pris conscience de l’extrême diversité anthropologique de notre continent et j’y ai vu l’illusion de réduire l’Europe à une construction étatique. Gardons-nous de sacrifier notre diversité car elle est la clé de notre dynamisme.

Pour cette raison, bien que partisan de l’Union européenne, j’ai voté Non au traité de Maastricht qui lançait la monnaie unique et, en 1995, quand mon livre a été réédité, je me suis hasardé à écrire dans la préface : « Soit la monnaie unique ne se fait pas, et L’Invention de l’Europe apparaîtra comme une contribution à la compréhension de certaines impossibilités historiques.
Soit la monnaie unique est réalisée, et ce livre permettra de comprendre dans vingt ans pourquoi une unification étatique imposée en l’absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu’une société.  »

Herodote.net : Nous y voilà ! Vous avez donc aussi voté Non au référendum sur le Traité constitutionnel en 2005 ?

Emmanuel Todd : Eh bien, pas du tout ! Quand la monnaie unique est arrivée, j’ai voulu faire preuve d’optimisme en bon citoyen européen et j’ai voté Oui au référendum. Mais la réalité nous a tous rattrapés… (suite…)


[Cécile Chevré – Croissance & Opportunités – 13/05/2013]

Tout d’abord dans le conflit entre l’Ukraine et la Crimée. Kiev a en effet décidé le 26 avril dernier de couper les vannes du canal de Crimée du Nord, un canal qui assure à lui seul 85% des besoins en eau de la Crimée. Exemple frappant de l’utilisation de l’eau dans le cadre des conflits géopolitiques.

Comme je vous le disais quand nous nous sommes intéressés au sujet il y a quelques mois (vous pouvez retrouver l’article en question ici), il n’y a pour l’instant aucun exemple historique de guerre déclenchée à cause et uniquement à cause de l’eau. Seules les révoltes sociales, appelées justement « la Guerre de l’eau », qui ont frappé la Bolivie en 2000 pourraient constituer l’exception à cette règle.

Mais cette ressource indispensable, non seulement aux hommes mais aussi à l’agriculture, l’élevage sans oublier l’industrie, est de plus en plus utilisée comme un moyen de pression dans des conflits géopolitiques ou économiques entre pays. L’exemple de la Crimée nous le rappelle.

La composante hydrique des conflits devrait d’autant plus s’accentuer dans les années qui viennent que, selon un récent rapport de l’Unesco, deux tiers de la population mondiale souffrira de la pénurie d’eau d’ici à 2025.

La Californie se déshydrate à vue d’oeil
Si le terme de guerre de l’eau a refait surface ces dernières semaines, c’est aussi à cause des tensions grandissantes autour des réserves hydriques en Californie. L’Etat connaît une sécheresse qui concourt pour le titre peu envié de pire sécheresse de l’histoire californienne. Depuis trois ans, l’Etat est effectivement dans une situation préoccupante entre précipitations au plus bas et températures excessives. (suite…)


En même temps, vu la merde que c’est Norton, il vaut mieux le laisser mourir en effet… Peter Norton lui même a honte du produit qui porte son nom et l’a fait savoir l’an dernier…

[Gilbert Kallenborn – 01.net  – 06/05/14]

Selon l’éditeur, les antivirus laissent passer plus de la moitié des attaques informatiques. Côté technologique, mieux vaut se concentrer sur la détection d’intrusion, histoire de « sauver les meubles ».

Parfois, la vérité est dure à dire, mais parfois c’est nécessaire : le bon vieux antivirus ne sert plus à grand-chose. Et c’est l’un de principaux fournisseurs d’antivirus qui le dit. Cité par The Wall Street Journal, Brian Dye, senior vice-président chez Symantec – qui édite la suite Norton – estime que « l’antivirus est mort et condamné à l’échec ».

Créé dans les années 80, ce type de produit de sécurité s’appuie sur des bases de données de signatures pour repérer des codes malveillants sur les équipements informatiques. Mais cette parade ne fonctionne plus : selon M. Dye, les antivirus ne détecteraient plus que 45 % des attaques. « Ce n’est plus avec des antivirus que nous allons gagner de l’argent », précise-t-il.

Comment alors ? Partant du constat que l’on ne peut plus forcément éviter les intrusions, Symantec veut se concentrer à l’avenir sur les méthodes de détection d’intrusion, d’analyse comportementale et de « mitigation », c’est-à-dire l’atténuation des effets.
En somme, il ne s’agit plus vraiment d’empêcher les cybercriminels de rentrer, mais de sauver les meubles, et cela le plus rapidement possible. Symantec n’est pas la première société de sécurité informatique à faire ce constat d’échec. D’autres éditeurs, comme FireEye ou Juniper Networks, ont déjà pris ce tournant.

http://www.01net.com/editorial/619276/l-antivirus-est-mort-dit-symantec/


[Documentaire HBO – TOXIC HOT SEAT – Novembre 2013]

http://www.toxichotseatmovie.com/

 

Everyone has a fear of fire, right? No one wants to burn up in a fire.

The temperature rises and rises until suddenly everything is burning.

We have developed a method for applying a flame retardant in the home.

Every American home has flame retardants in their couch. These are chemicals measured by pounds and ounces.

Flame retardants accumulate in people and wildlife in places around the world.

They’re toxic and building up in breast milk and being past on to the next generation. (suite…)


Souvenez vous, quand la presse vous parle de « opération anti-terroriste ayant permis l’arrestation de… » que 90% des « complots terroristes » découverts aux USA ces 10 dernières années ont été « suscités » voire fabriqués de toutes pièces par la police… la « Guerre à la terreur » est un juteux marché qui permet de justifier le flicage et la répression contre toutes les formes de dissidence.

[Oumma.com – 03/05/2014]

Quand on peut fabriquer des peurs, qui frappent l’imaginaire, pour mieux les exacerber, pourquoi ne pourrait-on pas créer des terroristes de toutes pièces, histoire de crédibiliser les plus dantesques des scénarios catastrophes ?  A ce petit jeu de la manipulation, foncièrement immoral, qui brise des vies sans état d’âme au nom d’une lutte anti-terroriste qui a bon dos, les Etats-Unis font figure d’experts, même si parfois leur mystification leur explose en pleine face, comme c’est le cas de l’affaire du « terroriste du siècle », une afffaire à faire monter l’adrénaline dans les chaumières…

Derrière le portrait effrayant du « terroriste » patibulaire, qui était sur le point de laisser son empreinte sanglante dans l’Histoire en tant que plus grand criminel de tous les temps, se dissimulait Ahmed Abbassi, un malheureux étudiant tunisien de l’Université de Laval, au Canada, odieusement trahi dans sa confiance et piégé par la sombre machination orchestrée par un agent du FBI.

Au portrait-robot affreusement caricatural se sont ajoutées cent heures de conversations enregistrées, entièrement trafiquées, qui ont achevé de convaincre la police américaine de tenir là l’ennemi public n°1, l’Attila des temps modernes… Pour forcer un peu plus le trait, l’agent du FBI avait réussi à faire passer Ahmed Abbassi, ce coupable idéal, à qui il avait promis de réaliser son rêve américain et obtenu un visa en 2013, pour un dangereux meneur qui aurait «radicalisé» Chiheb Esseghaier, un autre étudiant tunisien, arrêté à Montréal en avril 2013, au motif qu’il aurait planifié le déraillement d’ un train de VIA Rail entre Toronto et New York.

«Ils ont basé leurs affaires sur rien! Mon frère voulait venir s’installer avec sa femme à Québec pour étudier et faire sa vie. Les gens doivent savoir qu’il n’a jamais été impliqué dans quoi que ce soit d’illégal», avait alors dénoncé sa soeur, comme le rapporte le site Kapitalis.  Interpellé le 22 avril, Ahmed Abbassi, s’est retrouvé pris dans une véritable souricière, accusé de terrorisme, de préparation d’actes terroristes, et de vouloir anéantir 100 000 personnes, avant d’être jeté en prison où il était menacé de croupir pendant 50 ans.

Depuis mardi dernier, date de sa comparution devant la Cour Fédérale, cette perspective cauchemardesque semble n’être plus qu’un mauvais souvenir, grâce à la plaidoirie imparable de son avocate Sabrina Shroff, qui a su démonter le mécanisme bien huilé d’un complot ourdi par un agent du FBI, réhabilitant l’honneur d’un homme et le sauvant in extremis de l’enfer.

Pour recouvrer la liberté, Ahmed Abbassi devra cependant plaider coupable mais uniquement pour la falsification d’une déclaration en vue d’obtenir une carte verte et un visa de travail. Un aveu qui le condamnera peut-être à une courte peine de prison, tout au plus six mois, puis il tentera de reprendre le cours normal de son existence, là où il l’avait laissée, avant de voir ce piège terrifiant se refermer sur lui. Le « terroriste du siècle » était un leurre grossier, mais la réalité du drame vécu par Ahmed Abbassi a dépassé la fiction…

http://oumma.com/202149/tunisien-accuse-detre-terroriste-siecle-usa-victime-d


La CIA et la Pentagone ont lourdement investi dans Hollywood pour défendeur la thèse que la torture permet de sauver des vies (cf. la participation logistique et financière à des séries comme « 24 heures » ou « Homeland »)… le rapport du Sénat confirme ce que nous disions depuis plus de 10 ans : la torture est contre-productive

[Iris Deroeux – Mediapart –  04/05/2014]

Le rapport fait près de 6 300 pages. S’il était rendu public, il constituerait certainement l’argumentaire le plus complet et le plus accablant contre les méthodes d’emprisonnement et d’interrogatoire de la CIA, dans les prisons secrètes mises en place sous l’administration Bush après les attentats du 11 septembre 2001. Certaines de ses conclusions ont déjà fuité : les méthodes dites « d’interrogatoires renforcés », assimilées à de la torture, ont été plus systématiques et plus violentes que cela n’avait été précédemment exposé ; elles se sont avérées inutiles pour collecter des renseignements, notamment lors de la traque d’Oussama Ben Laden ; et la CIA a menti pour en justifier l’usage.

De telles conclusions ne laissent personne indifférent à Washington, encore moins à la CIA. Depuis 2009 – date à laquelle la commission du renseignement du Sénat a entrepris ce travail monumental –, l’agence du renseignement s’oppose à la rédaction d’un tel document. L’agence et la commission sont de fait entrées dans une bataille qui occupe pour le moment bien plus l’espace médiatique que le contenu du rapport.

John Brennan, l’actuel directeur et vétéran de la CIA, l’a déjà présenté comme « truffé d’erreurs factuelles ». Il accuse en outre la commission d’être allée fouiller dans des dossiers censés rester confidentiels. La présidente de la commission du Sénat, la démocrate Dianne Feinstein, réfute et accuse à son tour la CIA de faits graves : l’agence se serait introduite dans les ordinateurs des assistants parlementaires chargés du rapport pour y faire disparaître des documents compromettants. L’affaire est désormais entre les mains du département de la Justice.

Mais cette guerre larvée ne devrait pas empêcher le public d’avoir un aperçu du rapport, dans le mois à venir. La majorité des quinze élus siégeant à la commission du renseignement du Sénat a en effet voté le mois dernier en faveur de sa déclassification partielle. Un résumé de quelque 400 pages doit ainsi être publié.

Reste à voir ce que ce résumé contiendra vraiment : il appartient ces jours-ci à Barack Obama de valider la déclassification de ces « morceaux choisis », et de les confier éventuellement à la CIA pour une relecture. Dianne Feinstein s’est de nouveau exprimée pour demander à Obama de ne pas confier le résumé à l’agence, auquel cas le public risquerait d’avoir droit à une version expurgée. (suite…)


[Rafaele Morgantini – Traduit pour Investig’Action par Mounia Cher – 03/05/2014 ]

« Aujourd’hui, il n’y a aucun espoir de changement au sein du système politique israélien. Ce système va tout simplement devenir de plus en plus de droite, et sera de moins en moins disposé à changer les politiques unilatérales d’Israël. » Et en même temps, le célèbre analyste israélien souligne que la résistance palestinienne et la campagne de boycott BDS font réfléchir les Israéliens et pourraient changer la donne.

Raffaele Morgantini : Nous avons suivi les dernières élections israéliennes et nous avons été surpris de voir qu’il n’y avait pas de réelles discussions sur la Palestine, il s’agissait essentiellement de questions internes. Puis, après les élections, Netanyahu a fait une déclaration concernant l’extension des colonies. Que pensez-vous de cela ?
Ilan Pappé  : Votre remarque est juste. Les électeurs israéliens pensent que le problème de la Cisjordanie a été résolu, donc ils pensent qu’il n’est ni nécessaire d’en parler, ni d’y trouver les solutions. Vous ne proposez une solution comme argument pour une élection que lorsque vous pensez qu’il y a un problème, ils pensent ne pas en avoir dans ce cas précis. Ils pensent que ce que nous avons est bon pour les Palestiniens et pour les Israéliens. Ils pensent que le monde cherche bêtement à créer un problème qui n’existe pas, et essaie d’être impliqué là où il n’y a pas besoin d’être. Ils pensent que, même s’il y a encore des missiles qui arrivent de Gaza, Israël a une armée forte qui répondra à cela. Donc, si vous discutez avec les Israéliens dans le métro, ils vous diront qu’il n’y a pas de problème entre Israël et la Palestine.
La seule chose qui fait penser les Israéliens à la Palestine c’est quand la campagne de boycott est un succès, comme ce qui s’est passé récemment avec Stephen Hawking. Savez-vous quel est le problème ? 95 % des Israéliens ne veulent même pas aller en Cisjordanie, afin de ne pas savoir ce qui se passe réellement. Ou bien ils ne sont informés de ce qui se passe que par leurs enfants qui servent comme soldats. Mais leurs enfants ne leur parlent pas des checkpoints, les arrestations à domicile et toutes les autres horribles choses. Les Israéliens pourraient savoir s’ils le voulaient- ils ont internet – mais ils ne veulent pas. Par exemple, à Tivon, mon quartier, tout le monde vote pour la gauche, mais si vous leur demandez s’ils ont déjà vu un checkpoint ou le mur de l’apartheid, ou si l’un d’entre eux veut aller en Cisjordanie pour voir ce que les soldats et colons font, ils refuseront. Ils vous diront que ce n’est pas leur problème. Ils ont d’autres problèmes – niveau de vie, les prix des maisons, la nouvelle voiture, la scolarité de leurs enfants, etc.
Yair Lapid, à la tête du ministère des Finances du nouveau gouvernement de coalition, a déclaré le 20 mai qu’Israël ne va pas arrêter la colonisation de la Cisjordanie ni les subventions des colonies illégales, qui en fait non seulement continueront mais vont augmenter. Pensez-vous que le moindre changement de partis au pouvoir pourrait vraiment avoir un impact sur cette situation ?
Non, nous n’avons pas eu de parti ou un chef différent des autres, y compris Rabin, qui est devenu un héros après son assassinat. Les Israéliens comme Lapid sont toujours occupés à exécuter des politiques pour que la terre n’ait pas de Palestiniens – et en ce sens Lapid est juste en train de continuer ce que tout le monde faisait avant lui. Le problème qu’ils ont n’est pas d’ordre technique – ils savent comment le faire, ils ont un scénario. Ils ne construisent pas de nouvelles colonies, mais ils permettent la croissance naturelle des colonies actuelles, alors que les Palestiniens ne sont pas autorisés à la croissance naturelle. Donc ils disent qu’ils ne construisent pas une nouvelle colonie mais ont besoin d’en construire une autre car la population a augmenté. Ainsi, vous pouvez voir à travers ça qu’ils n’ont pas de problème technique, c’est juste qu’ils maintiennent ce dialogue amusant avec le reste du monde : « Vous savez que nous colonisons, vous savez que nous commettons un nettoyage ethnique des Palestiniens, vous savez que nous les gardons en prison mais tout de même nous jouons à ce jeu où nous parlons d’un processus de paix « .

(suite…)


[Rafaele Morgantini – Traduit pour Investig’Action par Mounia Cher  – 24/04/2014 ]

Ilan Pappe est un universitaire et activiste israélien. Il est actuellement professeur à l’université d’Exeter (Royaume-Uni) et réputé pour être parmi les “nouveaux historiens” israéliens – qui ont réécrit le récit sioniste sur la situation palestinienne et israélienne. Il a publiquement dénoncé la politique israélienne de nettoyage ethnique de la Palestine et a condamné l’occupation israélienne et son régime d’apartheid. Il a également soutenu la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), appelant la communauté internationale à agir contre la politique sioniste d’Israel. Un membre d’Investig’Action, durant un séjour en Palestine, a eu l’occasion de discuter avec le professeur Pappe, donnant une interview en trois parties.

Raffaele Morgantini : Dans votre livre “Le nettoyage ethnique de la Palestine” (2006) et dans vos différents discours, vous avez déclaré que la politique d’Israël en Palestine pourrait être qualifiée de politique de nettoyage ethnique. Est-ce que cette stratégie a changé maintenant ou le nettoyage ethnique continue-il ? Si oui, comment continue-il ?

Ilan Pappe : Avant de choisir le titre de mon livre “le nettoyage ethnique de la Palestine”, j’ai beaucoup réfléchi, car je connaissais les implications. J’ai réalisé que pour bon nombre de personnes cela serait trop radical. Je me souviens même que mon éditeur avait des réserves sur ça. Mais après vérification sur le site du Département d’Etat américain concernant le nettoyage ethnique et la définition de ce que c’est qu’un nettoyage ethnique, cela correspondait tout à fait à ce qui s’est toujours passé en Palestine. La description ne décrit pas seulement un acte d’expulsion mais aussi ses implications légales, qui sont dans le cas présent, un crime contre l’humanité. Il est dit clairement que le seul moyen de réparer un nettoyage ethnique est de demander au peuple expulsé s’il veut retourner à ses terres ou pas.

Concernant la seconde partie de votre question, si ce nettoyage ethnique continue ou pas… Oui, je pense qu’il continue de façon différente, mais cela continue. Cependant, l’idéologie et la stratégie sionistes n’ont pas changé depuis leurs débuts. L’idée était que « nous voulons créer un état juif en Palestine mais aussi une démocratie juive ». Les sionistes ont donc besoin d’avoir sans cesse une majorité juive. Cependant vous pouvez le faire en important des émigrants juifs en Palestine, mais cela n’a pas marché, les juifs restaient une minorité. Ils espéraient que les palestiniens allaient pour certaines raisons tout simplement partir, mais ca ne s’est pas produit. Alors, le nettoyage ethnique était la seule véritable solution du point de vue sioniste, pas seulement pour avoir le contrôle sur toute la Palestine, mais aussi pour avoir une démocratie juive même avec une toute petite minorité. En 1948 ils (les leaders sionistes) pensaient avoir une unique occasion historique de régler le problème d’être une minorité dans une terre où ils voulaient être la majorité.

Le nettoyage ethnique est une immense et massive opération, qui généralement se produit en temps de guerre, par conséquent vous ne savez pas toujours comment l’arrêter. A la fin de 1948 ils (les leaders sionistes) avaient 80% des terres qu’ils convoitaient (Israël sans la Cisjordanie et la bande de Gaza), et les Juifs y représentaient 85% de la population, avec une petite minorité que nous appelons aujourd’hui les Palestiniens de 48. Ils n’ont pas expulsés ces Palestiniens, mais leur ont imposé leurs propres règles militaires. Ce qui selon moi est un autre genre de nettoyage ethnique. Vous ne vous débarrassez pas d’eux mais faites en sorte qu’ils quittent leurs maisons, vous ne leurs permettez pas de circuler librement, vous ne leur donnez pas leurs droits fondamentaux. Dans ce cas, ce n’est pas une dépossession en les déracinant mais plutôt en les faisant prisonniers, étrangers sur leur propre terre. En 1967, l’Apartheid territorial en Israël s’est propagé. A ce moment-là, ils voulaient le reste de la terre de la Palestine historique. Ils y sont parvenus avec la guerre des Six jours. Ensuite, ils ont fait quelque chose d’absurde de leur propre volonté. En 1948, ils ont expulsé environ 1 million de Palestiniens, et en 1967 ils ont intégrés environ 1 million et demi de Palestiniens (ce qui vivaient en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza). Encore une fois, ils avaient un problème avec la démocratie de la majorité juive. Les Palestiniens sont devenus une nouvelle fois une menace démographique. (suite…)