STIC



[Ariane Beky, SILICON.FR – 13 octobre 2016]

Des clés de chiffrement de 1024 bits utilisées pour sécuriser les sites Web, les VPN et les serveurs Internet peuvent inclure des « trappes » indétectables, selon des chercheurs.

Des clés de chiffrement de 1024 bits utilisées pour sécuriser les échanges et les communications sur Internet (sites Web, VPN et serveurs), peuvent utiliser des nombres premiers munis de « trappes »indétectables. L’exploit permettrait à des pirates de déchiffrer plusieurs millions de communications chiffrées, et d’identifier les propriétaires des clés. C’est ce qui ressort des travaux d’une équipe de chercheurs : Joshua Fried et Nadia Heninger, de l’Université de Pennsylvanie, Emmanuel Thomé et Pierrick Gaudry, de l’équipe projet CARAMBA (Inria-CNRS-Université de Lorraine).

« Nous démontrons dans nos travaux que la création et l’exploitation de trappes des nombres premiers (trapdoored primes) pour les standards d’échange de clés Diffie-Hellman et du DSA (Digital Signature Algorithm) est faisable pour les clés de 1024 bits avec des ressources informatiques universitaires modernes », déclarent les chercheurs dans leur article technique. Ils disent avoir « effectué un calcul de logarithmes discrets dans une trappe des nombres premiers, en deux mois sur un cluster académique ».

Traffic HTTPS et VPN déchiffrés

Les standards internationaux de cryptographie reposent sur des nombres premiers dont l’origine devrait être vérifiable. Mais, aujourd’hui, trop de serveurs communiquent en s’appuyant sur des nombres premiers dont l’origine est invérifiable : 37% des sites en HTTPS (parmi le million de sites les plus visités du top Alexa) et 13% des VPN IPsec, rappelle Inria.

Pour son propriétaire, une clé de chiffrement dotée d’une trappe ressemble à toute autre clé fiable. Pour les attaquants qui exploiteraient la trappe, en revanche, la sécurité de la clé peut être brisée à travers la résolution plus rapide du problème du logarithme discret. Selon les chercheurs, l’échelle de difficulté pour un pirate deviendrait « très facile » pour une clé de 768 bits, « facile » pour une clé de 1024 bits, mais hors de portée pour du 2048 bits…. pour le moment.

Chaque échange sécurisé par le standard Diffie-Hellman, qui utiliserait le nombre premier p, par exemple, pourrait être déchiffré par un attaquant ayant résolu le logarithme discret pour p. Des documents exfiltrés par Edward Snowden ont montré que la NSA américaine a utilisé cette approche.

http://www.silicon.fr/trappes-millions-cles-chiffrement-160064.html


[Yves Eudes – Le Monde.fr | 27.10.2014]

Dans les smartphones saisis au cours de leurs enquêtes, les gendarmes ont appris à exploiter une nouvelle mine de renseignements : les données techniques des photos prises par les suspects et leur entourage.

Lorsque vous prenez une photo avec un téléphone, vous créez, sans le savoir, un fichier technique en mode texte qui s’intègre à l’image. Ces métadonnées, écrites dans un format baptisé EXIF (Exchangeable Image File Format), sont invisibles et inaccessibles pour l’utilisateur de base, mais il est possible de les extraire, par exemple grâce à un logiciel baptisé EXIFTool, téléchargeable gratuitement.

Le résultat est spectaculaire : le fichier EXIF d’une photo prise par un Samsung Galaxy S comporte 104 lignes, celui d’un iPhone 4S d’Apple 160 lignes. Tout y est, notamment les codes d’identification de votre appareil et ses réglages (vitesse d’obturation, longueur de focale, sensibilité, etc.). Avec en prime, en bas du tableau, le jour et l’heure, à la seconde près, où la photo a été prise, ainsi que le lieu, exprimé en coordonnées GPS (longitude, latitude et altitude), avec une précision de quelques centimètres. Ces fonctions sont activées par défaut sur tous les téléphones, et peu de gens prennent la peine de s’aventurer dans le menu « Réglages » pour les bloquer. A noter que les appareils photo numériques haut de gamme génèrent le même type de métadonnées.

Des dizaines de détails

A lui seul, le contenu visuel de vos photos raconte un peu de votre vie (vacances, travail, sorties, et fréquentations sociales, familiales, intimes…). Quand on y ajoute la date et le lieu de chaque cliché, on obtient un début de reconstitution de vos itinéraires et de votre emploi du temps.

Pour les enquêteurs de la gendarmerie nationale, les albums photo des suspects constituent un nouveau trésor. (suite…)


[Jacques Cheminat – Silicon.fr – 4 juillet 2014]

Un média allemand a découvert que la NSA surveillait les utilisateurs du réseau d’anonymisation Tor et Tails en s’appuyant sur Xkeyscore. L’analyse du code source de l’outil d’espionnage amène à penser qu’il existe un autre Edward Snowden.

La NSA a, comme toute agence de renseignements, horreur d’avoir des services qui lui résistent. Et c’est bien le cas de Tor et de l’OS Tails. Le premier, « The Onion Router », est un réseau informatique distribué mondial et décentralisé avec des milliers de serveurs à travers le monde. Il a été promu par le Département d’Etat pour aider les dissidents politiques à éviter la censure dans leurs pays. Il sert également de repères pour les cybercriminels. Tails de son côté est une distribution Linux qui a pour but de préserver l’anonymat.

A la fin de l’année dernière, The Guardian évoquait déjà, d’après les documents d’Edward Snowden, une tentative d’espionnage du réseau d’anonymisation en passant non par le réseau lui-même, mais par des failles des navigateurs. L’objectif ne semble pas avoir été complétement couronné de succès, puisqu’une enquête des médias allemands ARD et WRD montre quel’agence américaine continue sa surveillance active du réseau Tor, mais également de l’OS Tails. (suite…)


[Etienne Wery – Droit & Technologies – 08/04/2014]

C’est un vrai coup de tonnerre. La directive qui constitue le pilier pour tout ce qui touche aux enquêtes judiciaires et à la lutte contre le terrorisme est invalidée : elle comporte une ingérence d’une vaste ampleur et d’une gravité particulière dans les droits fondamentaux au respect de la vie privée. Le système s’écroule.

Nous nous étions fait l’écho de l’avis très critique de l’avocat général ; l’arrêt rendu ce jour est de la même veine.

La directive en cause

La directive sur la conservation des données a pour objectif principal d’harmoniser les dispositions des États membres sur la conservation de certaines données générées ou traitées par les fournisseurs de services de communications électroniques accessibles au public ou de réseaux publics de communication. Elle vise ainsi à garantir la disponibilité de ces données à des fins de prévention, de recherche, de détection et de poursuite des infractions graves, comme notamment les infractions liées à la criminalité organisée et au terrorisme.

Ainsi, la directive prévoit que les fournisseurs précités doivent conserver les données relatives au trafic, les données de localisation ainsi que les données connexes nécessaires pour identifier l’abonné ou l’utilisateur. En revanche, elle n’autorise pas la conservation du contenu de la communication et des informations consultées.

Cette directive est ancienne (2006) et a depuis lors été transposée dans les Etats membres ou la loi est en vigueur depuis longtemps. En vigueur mais contestée. (suite…)


Quand on est au pouvoir, on nomme des juges « copains » qui ensuite se chargent de vous protéger… ça marche comme ça la politique !

Placé sur écoute, Nicolas Sarkozy menacé par une nouvelle affaire

[Gérard Davet  – Fabrice Lhomme  – LE MONDE | 07.03.2014]

L’affaire est sans précédent. Un ex-président de la République et deux de ses anciens ministres de l’intérieur placés sur écoutes téléphoniques. Gilbert Azibert, l’un des plus hauts magistrats français, suspecté de renseigner discrètement Nicolas Sarkozy sur l’affaire Bettencourt, en échange d’une sinécure à Monaco. La Cour de cassation, plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, accusée d’être sous influence, ses principaux membres susceptibles d’être interrogés par les policiers. Tous les ingrédients d’un scandale d’Etat sont réunis.

Sarkozy placé sur écoutes
Le point de départ de l’affaire remonte au 19 avril 2013, lorsqu’une information judiciaire pour « corruption » est ouverte à Paris. Confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman, elle vise un éventuel soutien financier de la Libye à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. Discrètement, les magistrats prennent une décision forte : ils mettent l’ancien président sur écoute ainsi que deux de ses anciens ministres de l’intérieur, Claude Guéant et Brice Hortefeux.

En décembre 2013, plusieurs conversations enregistrées entre M. Hortefeux et l’ancien patron de la police judiciaire de Paris, Christian Flaesch, fuitent dans Le Monde. Elles révèlent une proximité gênante entre l’homme politique et l’enquêteur, entraînant la mise à l’écart du policier. L’épisode inquiète les sarkozystes. M. Sarkozy lui-même devient laconique sur son téléphone « officiel ». Les juges s’interrogent, et finissent par découvrir que l’ex-chef de l’Etat dispose d’un second portable, enregistré sous un nom fictif. A son tour, cet appareil est placé sous surveillance. Les écoutes révèlent des échanges avec un autre téléphone mobile acquis avec une identité d’emprunt: il s’agit du portable acheté par Me Herzog pour échanger en toute confidentialité avec son client. (suite…)


five_stages_NSA

NSA_Scandal(adaptation française – Gregor Seither – IES News Service)


La majorité des photos grand public prises avec un appareil numérique et que l’on trouve aujourd’hui sur Internet contiennent des données de géolocalisation…. trop pratique pour les services de renseignement ! Et avec EXIF Viewer, c’est aussi simple qu’un clic-droit !

[Read-Write-Web – 27 juillet 2010 par Fabrice Epelboin et Sarah Perez]

L’International Computer Science Institute (ICSI), une orga­ni­sa­tion sans but lucra­tif rat­ta­chée à l’université de Berkeley en Californie, devrait publier sous peu ses der­niers tra­vaux concer­nant le «cyber­ca­sing», un terme uti­lisé par les cher­cheurs pour dési­gner la façon dont les textes, pho­tos et vidéos conte­nant des don­nées de géo­lo­ca­li­sa­tion peuvent être uti­li­sées à des fins criminelles.

En uti­li­sant des sites tes que Craigslist, Twitter et Youtube, les cher­cheurs ont été en mesure de croi­ser des infor­ma­tions conte­nus dans des conte­nus acces­sibles à tous en ligne pour déter­mi­ner avec pré­ci­sion l’adresse pos­tale de vic­times poten­tielles, dont celles d’individus ayant publié leurs conte­nus de façon ano­nyme. L’expérience n’a pas duré des semaines, ni même quelques jours ou quelques heures, les adresses ont toutes été obte­nues avec une pré­ci­sion redou­table en quelques minutes.

Les consom­ma­teurs ne réa­lisent pas à quel point il est facile de les localiser

La pre­mière étude de l’ISCU, «Cybercasing the Joint: On the Privacy Implications of Geotagging», écrite par Gerald Friedland et Robin Sommer, a été publiée en mai der­nier et sera pré­sen­tée en aout au work­shop de l’USNIX dans le cadre d’une thé­ma­tique dédiée aux sujets bru­lants concer­nant la sécu­rité.

L’étude passe en revue la rapide popu­la­ri­sa­tion des ser­vices en ligne uti­li­sant la géo­lo­ca­li­sa­tion, liée à l’explosion du mar­ché des smart­phones. Les objets numé­riques nomades d’aujourd’hui font un usage inten­sif des sys­tèmes GPS embarqués ou de la tri­an­gu­la­tion par WiFi pour ajou­ter des don­nées de géo­lo­ca­li­sa­tion aux conte­nus qu’ils aident à pro­duire et à dif­fu­ser, que ce soit un sta­tut sur Twitter, une photo pla­cée sur Flickr ou une vidéo envoyée sur YouTube.

Le pro­blème cen­tral avec ce type d’application, selon les cher­cheurs, repose sur le fait que la plu­part des uti­li­sa­teurs ne sont pas conscients que de telles infor­ma­tions sont par­ta­gées, en par­ti­cu­lier auprès d’un public aussi large, voir du monde entier. L’iPhone, par exemple, inclue une geo­lo­ca­li­sa­tion par­fois supé­rieure en pré­ci­sion à ce qu’un GPS ordi­naire est en mesure de faire, à toutes les pho­tos qu’il prend, pré­viennent les scien­ti­fiques, une pré­ci­sion qui peut même être de l’ordre du mètre quand les condi­tions sont favo­rables, révé­lant ainsi l’adresse pos­tale d’une pho­to­gra­phie prise en intérieure.

Mais le fait de publier sur le web des don­nées géo­lo­ca­li­sées aussi pré­cises dans des textes, des pho­tos et des vidéos par­ta­gées n’est qu’une par­tie du pro­blème. La dis­po­ni­bi­lité auprès du grand public d’outils de recherche dédiés à la géo­lo­ca­li­sa­tion est tout aussi trou­blant. Il est aisé pour qui­conque désor­mais de lan­cer des recherches de façon auto­ma­ti­sées pou­vant mener à une fuite de don­nées per­son­nelles, et fai­sant pla­ner un réel risque en matière de vie pri­vée. Qui plus est, des ser­vices comme Google Street View et d’autres «cartes anno­tées» aident à sim­pli­fier le tra­vail en per­met­tant de croi­ser les don­nées issues de dif­fé­rentes ressources.

A titre d’exemple, lors de l’enquête que nous avions effec­tué concer­nant les pseudo-islamistes sur Facebook, c’est à par­tir d’une vidéo publiée sur Youtube – et se vou­lant ano­nyme – du chef de l’un de ces groupes isla­mistes, que nous avions pu le loca­li­ser à Oakland, avec une pré­ci­sion telle que nous avions pu obte­nir son adresse pos­tale pré­cise en uti­li­sant Google Street View, et du coup, son iden­tité à l’aide d’un simple annuaire, puis à tra­vers d’autres outils, celle de son asso­ciée, de ses entre­prises, ainsi qu’une mul­ti­tude de détails sur sa vie pri­vée nous per­met­tant d’affirmer que son mode de vie était en telle contra­dic­tion avec l’islam radi­cal qu’il prê­chait qu’il ne pou­vait s’agir que d’une opé­ra­tion d’intox, ce qui fut confirmé par la suite.

En d’autres termes, le fait que des don­nées géo­lo­ca­li­sées soient dis­po­nibles en ligne n’est que la par­tie émer­gée de l’iceberg, sous la sur­face, il existe une mul­ti­tude d’outils qui per­mettent de les ana­ly­ser avec une pré­ci­sion redoutable.

Des exemples de Cybercasing via Craiglist, Twitter et Youtube

Pour démon­trer à quel point il est facile de déter­mi­ner l’adresse pos­tale d’un inconnu, Friedland et Sommer ont com­mencé par une visite sur Craigslist, un site de petites annonces très popu­laire aux Etats-Unis. Ils y ont trouvé des pho­tos geo­tag­gées qu’ils ont com­paré à l’aide de Google Street View, ce qui leur a per­mit de déter­mi­ner l’adresse pos­tale de celui qui avait publié l’annonce. Plus utile encore, dans le cas d’une uti­li­sa­tion cri­mi­nelle de tels outils, la men­tion au sein de l’annonce d’horaires durant lesquels le ven­deur pré­fé­rait qu’on l’appelle, révé­lant les heures auxquelles sont domi­cile avait toutes les chances d’être inoccupé.

Dans d’autres démons­tra­tions, les cher­cheurs sont par­tis de Twitter, qui per­met à ceux qui l’utilisent depuis un mobile de geo­tag­ger leurs tweets. Des appli­ca­tions tierces uti­li­sées cou­ram­ment en conjonc­tion avec Twitter, comme Twitpic, qui per­met d’y publier des pho­tos, publient égale­ment des don­nées de géo­lo­ca­li­sa­tion. Un simple plu­gin Firefox appelé Exif Viewer per­met en un clic droit sur l’image de révé­ler la loca­li­sa­tion pré­cise de l’endroit d’où a été emis le tweet, placé sur une carte (au cas où vous sou­hai­te­riez vous y rendre).

Une troi­sième expé­rience, pro­ba­ble­ment la plus per­tur­bante, a mon­tré com­bien il était facile d’automatiser ce type d’atteinte à la vie pri­vée. Alors que les expé­ri­men­ta­tions pré­cé­dentes révèlent l’emplacement des uti­li­sa­teurs en quelques minutes, la tâche reste manuelle. Pour Youtube, cepen­dant, les cher­cheurs ont écrit un script très simple qui recon­nait auto­ma­tique­ment les vidéos tour­nées à une cer­taine dis­tance d’un empla­ce­ment ini­tial, en l’occurrence, celle du domi­cile d’une vic­time poten­tielle. Une dis­tance «de vacances», selon leur ter­mi­no­lo­gie, a été fixée à 100km (pour la dis­tin­guer d’une dis­tance de trajet domicile-lieu de tra­vail). Le script a ainsi trouvé 106 cor­res­pon­dances révé­lant qui était en vacances dans une zone de test à Berkeley. En regar­dant de près les résul­tats affi­chés par le script, les cher­cheurs ont trouvé, entre autre, la vidéo d’une per­sonne qui était clai­re­ment dans les Caraïbes avec sa famille, poin­tant ainsi un domi­cile inoc­cupé, cible idéale pour un cambriolage.

Un pro­blème qui va bien au delà des usages criminels

Pour aller au delà du « cyber­ca­sing », qui se foca­lise exclu­si­ve­ment sur les usages à des fins cri­mi­nelles de la géo­lo­ca­li­sa­tion, il convient de poin­ter de poten­tiels usages qu’il serait bon d’appréhender au plus vite si l’on veut pou­voir les abor­der avec un mini­mum de sérénité.

Dans un cadre fami­lial, le télé­phone mobile est déjà lar­ge­ment uti­lisé pour géo­lo­ca­li­ser les enfants, et là encore, il s’agit pour l’instant (sauf dans le cas de cer­taines tech­no­lo­gies dédiées et encore peu répan­dues), d’une pro­cé­dure manuelle, repo­sant la plu­part du temps sur l’appel d’un parent inquiet et le fait que l’adolescent, à l’autre bout du fil, ne men­tira pas quant à son empla­ce­ment. Cela pour­rait chan­ger rapi­de­ment. Des logi­ciels espions per­mettent dès à pré­sent de pla­cer sur une télé­phone mobile un pis­teur, qui peut poten­tiel­le­ment rap­por­ter en temps réel l’emplacement du télé­phone (et par exten­sion de son usa­ger), ainsi que d’en sto­ker un his­to­rique à des fins de consul­ta­tions ulté­rieures par des parents deve­nus surveillants.

Une atteinte à la vie pri­vée des ado­les­cents qui pour­rait avoir des impacts non négli­geables, la mai­trise du men­songe étant – si l’on s’en réfère à Piaget -, une phase cri­tique dans le déve­lop­pe­ment de la per­son­na­lité. La pan­op­tique vir­tuelle pour­rait avoir des conséquences qu’il serait bon d’étudier avec sérieux auprès de spé­cia­listes de la psy­cho­lo­gie de l’enfant avant de se retrou­ver devant le fait accomplit.

Dans le monde du tra­vail, où il est cou­rant de voir les employeurs four­nir à leurs sala­riés un équi­pe­ment mobile de type smart­phone, on pour­rait égale­ment assis­ter à de grave dérives, d’autant que la géo­lo­ca­li­sa­tion n’est pas ici une nou­veauté, elle est uti­lisé dans les trans­ports rou­tiers, par exemple, depuis très long­temps, pour pis­ter et sur­veiller, et opti­mi­ser le tra­vail des employés. Mais la géné­ra­li­sa­tion du géo-monitoring à une large part du sala­riat pour­rait, là aussi, poser des pro­blèmes qu’il serait bon de trai­ter de façon pré­ven­tive, le cor­pus légis­la­tif n’étant pas for­cé­ment adapté a cette nou­velle donne technologique.

Quelles solu­tions peut-on imaginer ?

Le but de l’étude n’est pas de pro­po­ser des solu­tions à ce nou­veau pro­blème apporté par l’ère du numé­rique, mais de per­mettre au plus grand nombre de sai­sir l’ampleur du pro­blème. A l’heure où le légis­la­teur se foca­lise sur Google Street View, il est bon d’apporter des éléments de réflexion qui pour­raient per­mettre au moins obtus d’entre eux de réa­li­ser que le pro­blème va bien au delà de Google et que la mise au pilori sys­té­ma­tique d’un bouc émis­saire du numé­rique n’aura comme effet que de lais­ser le pro­blème pros­pé­rer. Street View n’est que l’arbre qui cache la forêt, c’est un écosys­tème tout entier qui est en train de prendre place autour de la géo­lo­ca­li­sa­tion, un écosys­tème qui pour­rait par ailleurs par­fai­te­ment se pas­ser de Google si celui-ci était poussé à s’en retirer.

La régu­la­tion d’un écosys­tème aussi com­plexe ne sera pas chose aisée, mais elle s’avère indis­pen­sable, et deman­dera une étroite col­la­bo­ra­tion entre cher­cheurs, experts, et légis­la­teurs, faute de quoi elle sera inef­fi­cace, au mieux, et atten­ta­toire aux liber­tés numé­riques, au pire.

L’obligation de faire men­tion et de per­mettre un opt-out lors de la trans­mis­sion de don­nées geo­lo­ca­li­sées est une piste à étudier, ainsi que celle d’une pos­si­bi­lité lais­sée à l’utilisateur de mai­tri­ser la pré­ci­sion de la geo­lo­ca­li­sa­tion qu’il publie. Il y a, d’un point de vue tech­nique, pro­ba­ble­ment beau­coup de choses à implé­men­ter au niveau même des APIs, mais dans l’immédiat, la seule chose qu’il soit pos­sible de faire est de sen­si­bi­li­ser le plus grand nombre  à ces enjeux, en pre­nant soin de pré­ci­ser qu’un mou­ve­ment conser­va­teur consis­tant à inter­dire tout sim­ple­ment la géo­lo­ca­li­sa­tion serait un frein consi­dé­rable à l’économie numé­rique liée à l’internet mobile, dont la plu­part des experts s’accordent à dire que son poten­tiel est plus grand encore que celui apporté par le web depuis une quin­zaine d’années.

Dans l’immédiat, et à moins de mai­tri­ser l’outil tech­no­lo­gique que vous avez dans les mains (ce que très peu de gens sont en mesure de faire et que beau­coup s’imaginent être en mesure d’effectuer), il est pru­dent de ne pas publier ses pho­tos de vacances à par­tir de votre lieu de vil­lé­gia­ture, et d’attendre patiem­ment votre retour pour les par­ta­ger avec vos amis. L’alternative consiste à mai­tri­ser l’outil, mais si ce billet vous a appris quoi que ce soit que vous igno­riez jusqu’ici, c’est que vous en êtes loin.

http://fr.readwriteweb.com/2010/07/27/a-la-une/des-chercheurs-mettent-en-garde-sur-les-dangers-du-gotagging/


Et pour poursuivre cette excellente réflexion… « les petits cons parlent aux vieux cons« 

Le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance

[JM Manach – BugBrother – 30/06/2010]

Réagissant à la diffusion de l’enregistrement pirate des conversations privées de Liliane Bettencourt, au fait que la jurisprudence actuelle considère que les informations acquises de manière illicites ont “valeur probante“, et à la banalisation des technologies de surveillance, qui ne sont plus l’apanage des seuls services secrets, l’avocat Daniel Soulèze Larivière publie dans Le Monde une tribune dénonçant le “dangereux mirage de la transparence à tout prix“, et dresse un parallèle avec le cauchemar des écoutes systématiques de la Stasi, en ex-RDA.

De même que les journalistes ne sont pas des espions, ou que le fait de bronzer les seins nus n’est pas un blanc-seing pour mettre la main sur les poitrines de ces dames, il me semble, a contrario, très important de faire le distingo entre ce qui relève de la transparence, et ce qui relève de la surveillance, entre ce qui relève de la liberté d’expression et ce qui rélève de l’atteinte à la vie privée. En démocratie, le problème, ce n’est pas la transparence, c’est la surveillance.

Daniel Soulèze Larivière propose de projeter “La vie des autres” dans toutes les écoles (”y compris de journalisme“), et rappelle que “ce qui est en cause, c’est la différence qui doit rester irréductible entre le public et le privé. La ” transparence ” n’est en aucun cas un concept vertueux susceptible de briser cette barrière. Une société qui n’accepte pas ce principe frustrant est perdue” :

Comment mettre un terme à cette dégringolade ? Il ne s’agit plus d’un mur à détruire à Berlin comme dans l’ex-République fédérale d’Allemagne (RFA), mais d’un mur à reconstruire dans l’esprit des médias, des juges, des avocats et des citoyens pour qu’on cesse de se noyer dans le mirage de la transparence. Que les difficultés majeures que connaît notre société facilitent de telles brèches ne justifie pas qu’on ne fasse rien pour freiner cette course au suicide collectif.

Personne n’est innocent. L’Inquisition le savait déjà, et chacun d’entre nous va le redécouvrir avec la démultiplication de moyens que permettent les nouvelles technologies. Peu de gens comprennent qu’il ne faut pas regarder par le trou de la serrure et fouiller les poches de ses proches, non plus qu’écouter aux portes. Jadis on l’apprenait aux enfants. C’est ce que les adultes ignorent aujourd’hui. Il faut se souvenir que la transparence absolue, c’est la mort, car il n’y a plus rien à voir, donc on voit tout ! La société transparente est la société de la mort, morte et mortifère.

On ne peut que souscrire à ce type d’appel à la protection de la sphère privée. A ceci près que le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance et que cette confusion est typique de ceux qui amalgament, à tort, la montée en puissance, et la banalisation, de la société de surveillance, avec la montée en puissance de l’internet et des technologies de l’information. Ce que j’ai tenté de démontrer lorsque le blog du modérateur m’a longuement interviewé à l’occasion de la publication de deux e-books, L’identité numérique en question, puis Identité numérique, enjeux et perspectives.

A rebours du bruit médiatique ambiant, qui tend à amalgamer Facebook et les fichiers policiers, les réseaux sociaux et Big Brother, je pense que l’internet est plus du côté de la solution que du côté du problème, parce qu’on ne peut pas le censurer, mais qu’on peut, a contrario, apprendre à s’y protéger. Voir aussi, à ce titre, Comment contourner la cybersurveillance ?, mon Petit manuel de contre-espionnage informatique, ainsi que Gorge profonde, le mode d’emploi, qui explique comment garantir la confidentialité de ses sources, un devoir professionnel pour tout journaliste, avocat, médecin et autre professionnel tenu au secret professionnel. (suite…)


Génial… vu la sécurité totalement foireuse de ces box, vu la tendance des utilisateurs à choisir des mots de passe (quand ils en choisissent) totalement bidons… on va avoir droit à des séquences de « caméra cachée » involontaires sur Youtube. Et les flics se frottent les mains… un coup de hack et hop, surveillance sans mandat juridique !

[PCInpact – 26/04/2010]

Darty propose gratuitement la vidéo surveillance à ses clients. Et l’accès à distance en plus…

DartyBox, malgré un niveau de recrutement de nouveaux abonnés très faible comparé à ses concurrents, n’abandonne pas pour autant. De nouveaux services gratuits sont ainsi désormais proposés à ses clients, pour certains depuis quelques semaines :

Par exemple :

* Un service de vidéo-surveillance grâce à une caméra IP Wi-Fi branchée chez-vous. Il sera alors possible de visualiser ce que verra cette caméra que ce soit via un autre ordinateur ou votre smartphone, puisque Darty annonce qu’une application iPhone et iPod Touch sera mise à disposition (gratuitement) dans les prochaines semaines.

« La caméra possède une fonction de détection de mouvements couplée à un service gratuit et illimité d’alertes emails comprenant une capture photo de l’évènement ayant déclenché cette alerte » explique le FAI.

« Une fonction de sauvegarde de la séquence vidéo est également proposée. L’installation a été simplifiée grâce à l’utilisation du WiFi WPS permettant une connexion en WiFi en quelques minutes. »

http://www.pcinpact.com/actu/news/56450-dartybox-video-surveillance-acces-distance.htm


Le fantasme sécuritaire, dans sa plus simple expression…

[Alexander Lehmann – Vidéo -Soustitres de Mecanopolis]

Le site de Alexander Lehmann fourmille de petites vidéos géniales : http://alexanderlehmann.net/

http://www.dailymotion.com/video/x9t6ek_tu-es-un-terroriste_news


Les policiers municipaux dans ma commune, je leur fais vachement confiance. L’idée qu’ils pourront – les soirs d’ennui – aller se balader sur les fiches du STIC pour le compte du politicard en campagne local, ça me rassure moyen. La tentation « calomnie Ali Soumaré » elle est loin d’être un cas unique, en France… Sans parler du fait que bon nombre de policiers municipaux sont recrutés par favoritisme politique local et n’auront donc pas de scrupules à ce servir de ces informations pour des opérations politiques… ou bien pour se faire un petit pécule.

Balkany inspire une circulaire qui permet aux policiers municipaux d’accéder au STIC

[ La Lettre du cadre – dimanche 21 mars 2010 –  Geneviève Koubi ]

Circ. 25 févr. 2010. Communication aux services de police municipale d’informations contenues dans les traitements de données à caractère personnel

Une question posée au ministre de l’intérieur, repérée au 6 février 2010 par la Lettre du cadre, a reçu rapidement une réponse par un autre biais que la classique réponse ministérielle. Cette réponse se présente en une circulaire administrative, la circulaire du 25 février 2010 relative à la communication aux services de police municipale, pour les besoins de l’accomplissement de leurs missions, d’informations contenues dans les traitements de données à caractère personnel, du ministre de l’Intérieur, de l’outre mer et des collectivités territoriales [1]. (suite…)


Les « centres de fusion » de Big Brother font partie de l’appareil de renseignement et de surveillance intérieur
Budget astronomique : 75 milliards, 200,000 employés

[ Tom Burghardt – Mondialisation.ca – 5 octobre 2009]

Les centres de fusion auront accès aux renseignements militaires classifiés

Lors d’une allocution le 15 septembre au Commonwealth Club de San Francisco, le directeur du renseignement national, l’amiral Dennis C. Blair, a révélé que l’actuel budget annuel pour la « communauté du renseignement » (CR)de 16 agences se chiffre 75 milliards de dollars et emploie 200 000 personnes à travers le monde, incluant des contractuels de l’entreprise privée.

En dévoilant une version non classifiée de la Stratégie de renseignement national (National Intelligence Strategy, NIS), M. Blair soutient qu’il cherche à abolir « cette vieille distinction entre le renseignement militaire et non militaire », en affirmant que la traditionnelle « ligne de faille » séparant les programmes militaires secrets de l’ensemble des activités de renseignement n’est plus pertinente.

Comme pour souligner la nature radicale des propos de M. Blair, Federal Computer Week rapportait le 17 septembre que « certains officiels non fédéraux ayant les autorisations requises et qui travaillent aux centres de fusions des données du renseignement partout au pays auront bientôt un accès limité à de l’information classifiée liée au terrorisme se trouvant dans le réseau d’information classifiée du département de la Défense » . Selon la publication :

Dans le cadre de ce programme, les officiels étatiques, locaux ou tribaux autorisés pourront accéder à des données pré-approuvées sur le Secret Internet Protocol Router Network. Ils n’auront pas la capacité de téléverser des données ou d’éditer du contenu existant, ont déclaré les officiels. Ils n’auront pas non plus accès à toutes les informations classifiées, mais seulement à celles que les officiels fédéraux mettront à leur diposition.

Les officiels non fédéraux auront accès par le Réseau de données de niveau secret du département de la Sécurité intérieure (Homeland Security, DHS). Selon le DHS, ce réseau est actuellement déployé dans 27 des plus de 70 centres de fusion partout au pays. Des officiels de divers niveaux du gouvernement partagent de l’information liée à la sécurité intérieure par le biais des centres de fusion. (Ben Bain, « DOD opens some classified information to non-federal officials, » Federal Computer Week, 17 septembre 2009)

Depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001, le gouvernement fédéral a encouragé la croissance explosive des centres de fusion. Comme l’envisageaient les sécuritaristes, ces institutions hybrides ont élargi la collecte d’informations et les pratiques de partage à une grande variété de sources, incluant les bases de données commerciales, entre les autorités policières locales et étatiques, le secteur privé et les agences fédérales de sécurité, y compris le renseignement militaire.

Toutefois, les centres de fusion, à l’instar des fameuses « brigades rouges » des années 1960 et 1970, se sont rapidement métamorphosés en galeries marchandes de sécurité nationale, où les officiels surveillent non seulement les présumés terroristes, mais aussi les activistes de gauche et les militants écologistes, considérés comme une menace à l’ordre corporatif existant.

On ignore à ce jour le nombre d’analystes du renseignement militaire dans les centres de fusion, en quoi consiste leur rôle et s’ils se consacrent ou non à la surveillance intérieure. (suite…)


[AFP – 23/09/2009]
Une nouvelle application pour le téléphone portable d’Apple, l’iPhone, offre aux méfiants ou aux déçus des relations amoureuses de tout savoir sur leurs amants ou futurs partenaires. L’application baptisée « DateCheck » (Vérification de rendez-vous galant) a été conçue par l’entreprise américaine Intelius, spécialisée dans la collecte d’informations destinées aux personnes et entreprises, et présentée mardi lors du salon DEMO en Californie (ouest).

Avec un simple nom ou un numéro de téléphone, les utilisateurs de DateCheck peuvent fouiller la gigantesque base de données d’Intelius pour savoir si leur rendez-vous amoureux a oublié de mentionner son passé criminel ou son statut d’homme ou de femme marié(e) par exemple. La recherche de base est gratuite, mais les analyses plus poussées peuvent coûter jusqu’à 40 dollars.

« DateCheck est plus sévère avec mes soupirants que mon propre père ne l’était« , a relevé une responsable d’Intelius, Katherine Herman, en présentant l’application.
DateCheck met en évidence les violences sexuelles, les arrestations liées aux stupéfiants ou encore les condamnations pour conduite en état d’ivresse, selon Intelius. Mais l’application peut aussi utiliser une adresse pour révéler si une personne vit seule et connaître la superficie et le prix de son domicile.

DateCheck passe également en revue les principaux sites de socialisation comme Facebook, MySpace ou Flickr, et créé un résumé de ce qu’y fait la personne scrutée, fournissant des liens vers ses pages personnelles.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/09/23/01011-20090923FILWWW00605-application-iphone-pour-les-mefiants.php


La NSA étatsunienne sait de quoi elle parle, en 1995, dans le cadre de la préparation des lois CDA et Network Surveillance, elle avait obtenu de Microsoft qu’ils intègrent une « porte dérobée » dans leur système d’exploitation afin de que les services secrets U.S. puissent venir fouiller dans l’ordinateur à distance et que la NSA puisse décoder la clé d’encryptage utilisée par l’utilisateur pour protéger ses communications. A l’époque cette mesure était – déjà – justifiée au nom de la lutte contre le terrorisme… on traquait alors les « groupes miliciens » qui avaient soi-disant fait sauter le batiment fédéral de Oklahoma-City et voulaient assassiner Bill Clinton.

En 1998, à la conférence Crypto98, un groupe de chercheurs avait révélé que les DLL intitulés ADVAPI et NSAKEY, installés par défaut dans toutes les copies de Windows, étaient en fait un « rootkit » de la NSA.

http://www.theforbiddenknowledge.com/hardtruth/nsa_backdoor_windows.htm

[Silicon.fr – 20/11/2009]

Après la faille non-patchée découverte sur Windows 7, cette fois un chercheur en sécurité de la très sérieuse NSA (National Security Agency) américaine explique que l’OS de Microsoft n’est pas totalement sécurisé.

Microsoft a donc réagi dans les colonnes de Computerworld en réfutant l’idée de la présence de portes dérobées (backdoor). Une position qui n’étonne aucunement l’ensemble des chercheurs en sécurité. Cela étant, il serait plus qu’étonnant que Microsoft ait délibérément caché cette porte et engagé ainsi sa réputation.

Pour information, les portes dérobées sont un des moyens les plus utilisées par les cyber-espions. Ces derniers utilisent des chevaux de Troie appelés trojans qui permettent d’ouvrir des «portes de service» qui donnent accès aux données de l’ordinateur depuis l’extérieur.

Selon Mikko Hyppönen, directeur des laboratoires de recherche de F-Secure, il s’agit là du moyen principal de piratage. « La porte de service se lance immédiatement et se cache dans le système, souvent à l’aide de techniques de rootkits. Il établit une connexion depuis l’ordinateur infecté vers une adresse réseau spécifique située quelque part dans le monde. Avec l’aide de cette porte de service, le cybercriminel accède aux informations situées sur l’ordinateur cible, ainsi qu’aux informations situées dans le réseau local auquel la cible accède. »

Ainsi la position extrême s’avère être celle de se déconnecter du Web, certains postes contenant des informations critiques. Une solution radicale… mais inapplicable aujourd’hui face à la réalité des besoins de communication en ligne.

http://www.silicon.fr/fr/news/2009/11/20/windows_7_embarque_t_il_une_porte_derobee_


Avec la crise, la société capitaliste renoue avec les fondamentaux de l’Ordre Moral bourgeois qui veut que – en dehors de la petite synarchie d’entre-nous qui gouverne le monde – la population est un ensemble grouillant et dangereux qu’il faut surveiller en permanence « afin de prévenir l’acte criminel avant même sa conception par le malfrat » comme le théorisait déjà Victor Hugo à travers le personnage de Javert.

Et comme tout le monde est suspect au regard de l’Autorité et que Brice Hortefeux reprend sur le site Web de son Ministère le mot d’ordre inventé par Feliks Dzierżyński, fondateur du KGB  – si vous n’avez rien à vous reprocher, alors pourquoi voudriez vous nous cacher quelque chose ? – vous comprendrez qu’il n’y a aucune raison pour laquelle l’Autorité vous accorderait encore la moindre vie privée.

« La vie privée, c’est pour les gens qui ont quelque chose à cacher. Les citoyens honnêtes n’ont pas de rideaux à leurs fenêtres. L’Ordre Social repose sur le contrôle par le regard social sur les activités de chacun » cette phrase qui ne déparerait pas dans la bouche d’Alain Bauer, provient en fait d’un Ministre du gouvernement Taliban en Afghanistan, dans les années 1990.

Londres veut ficher 11 millions d’adultes en contact avec des enfants

[Sonia Delesalle-Stolper – Libération – 16/09/2009]

Le projet du gouvernement travailliste provoque une énorme polémique, y compris parmi les associations de protection de l’enfance

Pris dans la tourmente d’une vague de critiques sans précédent, le gouvernement britannique opère depuis quelques jours un rétropédalage en accéléré. En cause ? L’introduction début octobre d’un nouveau système de contrôle du casier judiciaire de toutes les personnes en contact régulier avec les enfants dans le cadre d’activités diverses.

Ce système est né d’un drame. En 2002, deux fillettes d’une dizaine d’années étaient violées et tuées par Ian Huntley, qui travaillait comme homme à tout faire dans l’école où les enfants étaient scolarisés. Ian Huntley avait déjà fait l’objet de poursuites pour abus sexuels sur des mineurs, mais son dossier s’était perdu dans les méandres de l’administration.

Une commission a donc travaillé trois ans pour élaborer un nouveau système supposé renforcer la sécurité des enfants. Ce programme prévoit que quiconque travaillant avec des enfants ou des adultes vulnérables, que ce soit pour un salaire ou sur la base du volontariat, devra désormais se soumettre à une vérification de son casier judiciaire.

En l’état, ce système s’appliquerait à tout adulte participant à une activité avec des enfants de manière « fréquente » (une fois par mois) ou « intensive » (au moins trois fois par mois). En bref, tous les entraîneurs et parents volontaires qui participent aux activités de différents clubs de sports, les parents volontaires pour venir faire lire les enfants à l’école, une activité très répandue au Royaume-Uni, mais aussi les opticiens, dentistes, médecins et professeurs particuliers seraient concernés. Le contrôle s’appliquerait même aux parents recevant un enfant étranger dans le cadre d’un échange linguistique organisé par l’école.

Le refus de se soumettre à ce contrôle serait puni d’une amende de 5.000 livres et d’une mention dans le casier judiciaire. Au total, 11,3 millions de personnes seraient concernées par ces nouveaux contrôles, soit un Britannique sur cinq ! (1) (suite…)


[Gilles J. Guglielmi – Guglielmi.fr – 06/07/2009]
Une proposition de création présentée par la Commission européenne

Big Brother est en gestation. C’est en fait Big Sister, puisqu’il s’agit d’une agence de régulation fondée par l’Union européenne. Orwell ne nous avait pas prévenu que le risque totalitaire viendrait de Bruxelles. Voilà ce que comporte la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil présentée par la Commission européenne le 24 juin 2009, COM(2009) 293 final qui a pour objet de créer une agence chargée de la gestion opérationnelle des systèmes d’information SIS2, VIS et EURODAC.

La Commission européenne présente une proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2009, COM(2009) 293 final, ayant pour objet de créer une agence qui sera chargée de la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle en application du titre IV du traité CE et, potentiellement, « d’autres systèmes d’information dans le domaine de la liberté, de la sécurité et de la justice ». (suite…)


Et encore, la STASI de l’Allemagne de l’Est avec leurs fiches et leurs classeurs, c’était des petites mains comparé à la puissance des systèmes informatiques d’aujourd’hui. Mais on va encore nous dire qu’on est des conspirationistes, paranos et pas cool…

Quand on sait le nombre de « retraités de l’Armée » qui pantouflent dans les « directions sécurité » des entreprises françaises, qu’est ce qui vous garantit que ces messieurs (voir l’Affaire Canal Plus) ne profiteront pas de leurs contacts pour consulter le fichier sur vous, à l’occasion d’un entretien d’embauche ? Et votre CV finira à la poubelle parce que, il y a 10 ans, quand vous étiez lycéen, vous avez écrit « Sarko facho » sur votre Skyblog.

Alors… toujours cool ?

(Note de copinage : on adore tout ce qu’écrit Jean-Marc Manach et son blog BugBrother vaut largement l’abonnement RSS)

[BugBrother – 19/08/2009]

Cybersurveillance : la DGA nie, mais ment

L’armée française, et ses services de renseignement, disposeront, en 2010, d’un système de surveillance des télécommunications leur permettant d’identifier très précisément toutes les fois où, dans une vingtaine de langues et par exemple, « Nicolas Sarkozy » aura été cité, à la radio, la TV ou sur l’internet, qu’il ait été qualifié de « le nouveau président français », « Monsieur Sarkozy », « le Président », « il », « celui-ci », ou « Sarko », ainsi que toutes les photos et vidéos où il apparaîtra (y compris caricaturé). Mais à en croire les ministères de la Défense et de l’Intérieur, il ne s’agit aucunement d’un système espion de surveillance.

En juillet 2008, un internaute anonyme postait, en commentaire d’un billet que j’avais consacré aux problèmes posés par les fichiers des services de renseignement, une information que je regrette de n’avoir pu alors recouper :

On peut également se demander ce qu’il adviendra des innombrables données collectées par le HERISSON (Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées), un outil informatique commandé par le Ministère de la Défense et la DGA (Délégation Générale pour l’Armement) afin de “pomper” tout média imaginable (des émissions de télévision aux transferts P2P en passant par les réseaux sociaux, les moteurs de recherche ou les tracts sur papier), en extraire les informations pertinentes (identification photographique et vocale de personnes, traduction automatisée…) et les croiser.

Suivait un lien vers l’appel d’offres. Faute de pouvoir accéder au cahier des charges du projet, je n’en faisais rien.

Mars 2009, mon (excellent) confrère Marc Rees met la main dessus, et publie sur PC Inpact un article truculent, qui “laisse entrevoir un système de collecte automatisée, de recherche d’informations et de surveillance de tout ce qui transite sur les réseaux” (radio, TV et internet), et fait le parallèle avec le système de surveillance anglo-saxon Echelon des télécommunications :

Exemple piquant, « Le système offre la possibilité de reconnaître l’entité elle-même de plusieurs manières différentes: Soit par mention explicite. Exemple : « Nicolas Sarkozy », Par mention relative (« le nouveau président français »), par mention partielle (« Monsieur Sarkozy », « le Président »), par anaphore (« il », « celui-ci »), par surnom (« Sarko ») ».

Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) détaille ainsi comment Herisson doit être capable de glaner à peu près tout ce qui passe sur les réseaux, qu’ils transitent sur les chats IRC, mailings listes, forums, réseaux sociaux, newsgroups, flux RSS, blogs, podcasts, flux vidéo, systèmes P2P, FTP… Il doit également être “calibré pour accéder à n’importe quel contenu (texte, image, son et vidéo), quels que soient les langages utilisés (HTML, PHP, ASP, javascript, Flash…), et en prenant en compte la problématique des liens cachés“. (suite…)


Elle a fait un an de prison pour avoir taillé une pipe à son petit copain de 15 ans !!! Ma voisine a 23 ans, elle est enceinte de son 4è enfant, l’aînée a 7 ans 1/2… si elle vivait aux USA, son copain serait en tôle depuis longtemps. Et on va encore me traiter d’antiaméricain primaire !!!! (tim)

[BugBrother – 11/08/2009]

Aux Etats-Unis, les fichiers de délinquants sexuels sont publics, et accessibles sur l’internet. The Economist, qui prend partie contre les dérives que cela entraîne, y revient en détail au travers de l’histoire édifiante d’une jeune Américaine de 29 ans, fichée depuis 13 ans pour corruption de mineur : à 17 ans, elle avait été surprise en train de faire une fellation à un camarade de classe de 15 ans.

En 1996, Wendy Whitaker avait 17 ans. Un jour, en classe, le professeur éteint la lumière pour y diffuser une vidéo, et son voisin lui propose de profiter du noir pour lui faire une fellation. Le garçon allait avoir 16 ans trois semaines plus tard…

Wendy Whitaker fut donc accusée de “sodomie” (en Georgie, c’est ainsi que l’on qualifiait les fellations). Wendy a rencontré son avocat 5 minutes avant l’audience. Il l’a incitée à plaider coupable. Elle ne comprenait pas trop ce qui lui arrivait.

Wendy a été condamnée à 5 ans de prison avec sursis, et a été incarcérée un an. Elle est inscrite au registre des délinquants sexuels, de Georgie, consultable sur l’internet (y compris via Google Maps), où n’importe qui peut trouver son nom, sa photographie et son adresse, ainsi que le motif de sa condamnation pour pédophilie : il y est inscrit “sodomie“, sans autre explication. (suite…)


La reprise de l’article de Yves Eudes sur le service AKA-AKI nous a valu un paquet de commentaires et courriers. Une bonne partie d’entre eux disent en substance : « Ne soyez pas paranos, ce service est cool, on s’en fout d’être pistés, ça craint rien… ». Profitant d’une rare occasion où la majorité des membres du réseau L&I était rassemblée autour d’un excellent cassoulet, nous avons pondu la réponse suivante :

Dernier commentaire en date, déposé ce matin par « BigBrother » :

Mais…
je ne saisi pas le malaise… certains l’ont déjà signalé mais j’ai personnellement cette appli sur mon téléphone parce que je l’ai voulu, si je ne l’avais pas installé je ne l’aurais pas…
De plus il n’y a qu’un pseudo, éventuellement un âge et éventuellement encore une photo mais rien de personnel (pas de lieu de travail pas de domicile, pas d' »historique de déplacement », pas de nom de famille, pas de numéro de téléphone)…
En plus le bluetooth n’est pas utilisé par cette appli elle utilise uniquement les coordonnées GPS du téléphone ou de la BTS (l’antenne du reseau 3g).
Je pense qu’il faudrait tester les applis avant de crier au loup.
A mon sens il faut vraiment avoir des choses à ce reprocher pour avoir peur de ce genre de chose…
Une société commerciale s’interresse à mon historique web? Et alors? S’il n’ont que ça à faire.
Quelqu’un (on ne sait qui) serait suffisement désoeuvré pour s’interresser à mes déplacements et jubile parce qu’il sait que je suis allé sur les champs elysées entre midi et deux? Super et alors, s’il cette personne n’a que ça a faire…
Vous pensez sincerement qu’il y a une société secrète composée d’une armée de nolife derrière des écrans qui s’interresse à nos vies?

« – Oh regarde j’ai kikou92 qui va acheter du pain.
– Bien joué Crucho note-le ça m’en fait 54422 aujourd’hui.
– Pichar! j’en ai un qui retourne au supermarché, c’est « bebe75″ il y est déjà allé ce matin
– Génial j’le note c’est le 521e aujourd’hui qui oubli un truc en faisant ces courses »

C’est vraiment se donner de l’importance 🙂

Je suis d’accord avec vous pour que les données privée des fichiers administratifs soient contrôlées (EDVIGE etc) parce que les données sont administrative et policières… mais là… AKA AKI… il faut se destresser.

Keep Cool

Réponse : Oui, on peut aborder la question comme ça, en se disant « Ne soyons pas paranos », ou bien (comme le disaient nos mamans) « Si on a rien à se reprocher… ».

Le seul problème – et c’est là la clé de tout le débat sur la protection de la vie privée – c’est que on a toujours quelque chose à se reprocher et que ce quelque chose peut être utilisé contre vous, quand vous vous y attendez le moins, de manière parfois disproportionnée et sans que vous ayez la moindre occasion de vous justifier.

C’était déjà le débat avec les photos sur MySpace qui se retrouvaient dans les entretiens d’embauche des RH (https://libertesinternets.wordpress.com/2009/04/03/nos-vies-sur-internet-a-perpete/), les mails « pas sérieux » qui sont versés au dossier d’un salarié pour un futur chantage au licenciement  (https://libertesinternets.wordpress.com/2009/08/17/un-tiers-des-responsables-informatiques-espionnent-leur-collegues/) , ou encore l’application des hollandais qui piste les téléphones portables des hommes politiques et des people pour voir qui se ballade dans le quartier des putes (cf: https://libertesinternets.wordpress.com/2009/04/16/encore-pire-que-aka-aki-le-flicage-sauvage-par-bluetooth/).

Compte tenu du niveau trash de la presse caniveau et des méthodes de plus en plus dégueu de la politique (regarde le niveau de la campagne des Républicains aux USA), tu vois tout ce qu’on peut tirer de ce genre d’infos. « Le député Machin a été repéré dans une rue où il y a des sex-shops – expliquez vous Monsieur Machin !« .

On peut même aller chercher des exemples plus sinistres: si tu as un nom de bougnoule et que ton téléphone portable te flique comme étant allé dans un pays « suspect », tu peux te retrouver en enfer quand tu rentres chez toi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Murat_Kurnaz.

Et si tu choisis un mode de vie alternatif et que tu as le malheur de faire l’amour au mauvais endroit avec ta copine, le flicage de ta vie privée t’enverra en prison pour six mois (https://libertesinternets.wordpress.com/2009/05/29/tarnac-enquete-sur-un-fiasco-qui-en-dit-long-sur-la-france-de-sarkozy/) .

Ou encore le débat avec Google Street View qui ne floutait pas les visages des passants, causant par exemple le licenciement d’un coursier à vélo, surpris entrain de pisser contre un arbre. (http://maps.google.com/maps?f=q&hl=en&q=San+Bruno,+California,+United+States&ie=UTF8&ll=37.625041,-122.482667&spn=0.022331,0.038109&z=15&om=1&layer=c&cbll=37.617952,-122.485275&cbp=1,228.978817071945,0.56251897101312,3)

Avec les données numériques, ce n’est pas compliqué de compiler des milliards de données de déplacements individuels et d’en établir des profils. Les programmes qui font cela existent et sont en usage depuis des années.

Le profil commercial est le Saint Graal de toute l’industrie publicitaire. Tu es bien naif(ve) si tu crois que « les gens ont mieux à faire que… » – non, justement, ils dépensent des millions pour savoir ce que tu fais, ce que tu achètes, où tu vas, combien de temps tu t’arrêtes devant une vitrine… etc. etc. C’est le fluide vital de toute l’industrie du commerce.

Et une fois que tu es « profilé », qu’on sait ce que tu achètes, ce que tu regardes, ce que tu lis, sur quoi tu bandes (ou mouilles), dans quels endroits tu vas, où tu te trouves en ce moment… quand toute cette information est rassemblée et ordonnée par des entreprises commerciales comme Google ou Clickpoint et bien où est ta vie privée ? Et surtout, qui va la contrôler ? Et surtout de quel droit ces entreprises archivent-elles ces données, sans aucun contrôle du législateur ? Facebook conserve les archives de tes données, même si tu as fermé ton compte. Idem pour Google.

Et tu crois que le simple fait d’anonymiser les données ne permettra pas de te retrouver ? Va donc demander à « Marc L. » ce qu’il en pense (https://libertesinternets.wordpress.com/2009/04/16/3909/).

Qui empêchera ta compagnie d’assurance d’aller acheter ces données chez Clickpoint pour te faire payer des primes plus élevées (parce que ton profil indique que tu achètes des clopes et ne fais pas assez de sport) – voire te refuser un remboursement de soins parce que, sur ton profil MySpace ou Facebook, on te voit entrain de faire du vélo sans casque ? Ce n’est pas de la science-fiction, c’est déjà arrivé.

Et qui va empêcher un avocat de divorce ou bien l’avocat de ton employeur d’exiger de consulter ton Historique Web sur Google ou bien ton historique de déplacements sur Aka-Aki afin de prouver que tu te masturbes tous les jours sur Youporn ou bien que tu n’étais pas au boulot alors que tu étais censé y être (c’est ce qui est arrivé à un commercial à Paris, pisté via son téléphone portable d’entreprise. Il avait fait un détour hors de son secteur pour faire une course personnelle, lors de ses heures de boulot).

On te dira « Si vous êtes innocent, vous n’avez rien à cacher, alors donnez nous votre mot de passe pour consulter votre Historique Web et savoir ainsi qui vous êtes et si vous correspondez bien aux valeurs de notre Entreprise« . Si tu dis non, tu peux être certain que t’auras pas le job.
C’est déjà ce que fait la ville de Bozeman (https://libertesinternets.wordpress.com/2009/06/21/tu-veux-un-job-chez-nous-donne-nous-ton-mot-de-passe-facebook-twitter-gmail/)

Tu penses que nous sommes paranos ?

Peut-être, mais avant de diffuser des milliards d’informations privées sur nous, même si « nous n’avons rien à nous reprocher », on devrait au moins avoir la possibilité d’en débattre – voire de pouvoir avoir le moyen de contrôler et gérer nos propres données. Or, à ce jour, on a rarement vu les gouvernements (avec leurs faibles moyens, demande un peu à Alex Türk de combien de budget dispose la CNIL) aller faire la loi chez les grosses multinationales comme Google, Yahoo, FaceBook ou ClickPoint…

Voilà, nous espérons t’avoir convaincu que – en tant que consommateur – tu as une importance pour ces gens là, et que tes données ne t’appartiennent plus. Si cela ne te dérange pas, alors c’est ton affaire. Mais le droit le plus élémentaire c’est celui d’avoir une vie privée. Et ce droit, nous avons à coeur de le défendre…. sans nous faire moquer par des gens qui nous traitent de paranos et conspirationistes à cause de cela.

Amicalement

L’équipe de veilleurs d’info de Libertés-Internets


Facebook appartient-il à la CIA ?
[Ernesto Carmona – Argenpress – Traduit par Karen Bellemans et corrigé par Olivier Vilain pour Investig’Action.]

Les grands médias ont célébré Mark Zuckerberg comme l’enfant prodige qui, à l’âge de 23 ans, s’est transformé en milliardaire multimillionnaire grâce au succès de Facebook, mais ils n’ont pas prêté attention à “ l’investissement de capital -risque ” de plus de 40 millions de dollars effectué par la CIA pour développer le réseau social.

(…) La CIA a investi dans Facebook bien avant qu’il ne devienne l’un des réseaux sociaux les plus populaires d’Internet, selon une enquête du journaliste britannique Tom Hodgkinson publiée en 2008 dans le journal  britannique The Guardian (3) et commentée par quelques médias indépendants de langue anglaise, mais sans aucune répercussion dans la grande presse. (suite…)


Réseaux sociaux : l’anonymat ne garantit pas le respect de la vie privée

Reconstituer l’identité d’un internaute à partir des informations disponibles sur les réseaux sociaux est un jeu d’enfant. Un programme brise sans difficulté toutes les défenses mises en place contre ces attaques.

[L’Atelier -23 Mars 2009]

Les données privées des utilisateurs sont une précieuse information, notamment pour les publicitaires ou les développeurs d’applications. Mais lors de sa navigation, un utilisateur est théoriquement anonyme, grâce à un système de protection fourni par son opérateur. Par exemple, les informations liées au nom sont supprimées. Pourtant, une équipe de l’université d’Austin au Texas a réussi à créer un algorithme de re-identification. Ils ont pour cela agrégé les informations disponibles sur les réseaux sociaux visités par l’utilisateur. L’objectif : démontrer – uniquement par la topologie, la structure du réseau – que sur les réseaux sociaux, les données privées peuvent facilement être retrouvées par recoupement.

12% de réussite

Sans avoir besoin de créer d’attaque Sybil, qui force l’accès à l’identité, l’algorithme a réussi à briser les défenses existantes. Lors de son expérimentation, l’équipe a pu, ré-identifier 12% des internautes étudiés, en utilisant leurs informations publiées sur Flickr et Twitter. Ce, alors même que l’équipe n’a travaillé que sur un nombre ténu d’informations disponibles. Avec un nombre plus grand d’informations, les risques d’attaques contre la vie privée seraient encore plus efficaces. L’étude insiste sur la différence à effectuer entre suppression des informations d’identification personnelle et la suppression de toutes les informations « auxiliaires » disponibles, susceptibles d’aider à retrouver l’identité de l’internaute.

L’anonymat n’est pas suffisant

Les chercheurs citent l’exemple de l’Union Européenne, pour qui les données personnelles ne concernent par uniquement le nom, mais également les données sur son identité physique, physiologique, mentale, économique, culturelle ou sociale. Selon les chercheurs, l’anonymat n’est donc pas équivalent de respect de la vie privée. Plus, ils affirment que l’anonymat n’est pas suffisant pour préserver l’identité des internautes sur les réseaux sociaux. Les chercheurs préconisent l’adoption de lois et de pratiques claires quant au respect de la vie privée.

http://www.atelier.fr/securite/10/23032009/reseaux-sociaux-reseau-social-anonymat-vie-privee-donnees–38010-.html


Un espion qui tient dans la main
[Le Nouvel Observateur – 12/06/2009]
Il est désormais possible de télécharger par connexion sans fil dans n’importe téléphone mobile un programme permettant de le mettre sur écoute. Cet article a été publié dans Newsweek, le 8 juin 2009.

Ne parlez pas : votre téléphone mobile vous écoute peut-être secrètement.
Grâce à de récents développements dans le domaine des logiciels de « spyphone », ou espionnage téléphonique, un barbouze improvisé peut aujourd’hui télécharger par connexion sans fil dans n’importe téléphone mobile un programme permettant de le mettre sur écoute.

Ces logiciels sont peu couteux, et le transfert ne requiert aucune formation particulière. L’apprenti espion doit pouvoir accéder à votre téléphone afin de presser les touches autorisant le téléchargement, ce qui ne prendra que quelques minutes …” autant environ que de télécharger une sonnerie.

Cette nouvelle génération, plus simple d’emploi, de logiciels d’espionnage sur mobile est depuis l’an dernier disponible à grande échelle …” et ouvre des possibilités stupéfiantes.

Les derniers logiciels peuvent discrètement activer le microphone intégré de l’appareil, quand bien même aucun appel n’est passé, ce qui permet à un espion d’écouter ce qui se dit dans une pièce se trouvant à l’autre bout du monde.

La cible n’en saura pas plus : les données transmises en secret n’apparaissent ni sur les listes d’appels ni sur les factures téléphoniques.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/medias/multimedia/20090612.OBS0337dans_newsweek__un_espion_qui_tient_dans_la_main.html


[Gregor Seither – IES News Service – Juin 2009  ]

La semaine dernière, notre collègue Brendon Boshell de  « Making The Web » a fait une démonstration de page espion dans laquelle il récupérait à leur insu l’historique Web des visiteurs de son site. Cet exploit a suscité pas mal de commentaires, plein de gens disant qu’il suffisait d’être équipé de NoScript, pour bloquer cette tentative d’espionnage. Il revient donc cette semaine avec une version qui fonctionne même si vous avez activé NoScript. Si vous n’avez pas été choqué par sa démonstration antérieure, celle-ci devrait vous choquer.

Cliquez simplement sur « Start Scan » et regardez la liste des sites que vous avez visités s’afficher. Et encore, Brendon ne vous montre que le minimum, il pourrait pousser la chose plus loin et vous dire exactement ce que vous êtes allé regarder sur ces sites : autrement dit, si vous aimez les brunes ou les blondes, les petits nichons ou les gros lolos, les petits garçons ou les nymphettes…

La technique est des plus simples — plus simple encore que la version Javascript. Lors de l’accès à la page, une Iframe cachée charge une autre page qui contient un certain nombre de liens. Si un lien est visité, une image de fond (qui n’est pas vraiment une image de fond) est chargée, conformément au CSS. Cette « image de fond » enregistre les informations, les stocke (et, sur la page de Brendon, vous les affiche dans le champ log).

Normalement, ceci devrait vous mettre mal à l’aise : les sites Web que vous visitez au cours de votre journée ne sont pas censés connaître toutes ces informations sur vous. Cette fonction a le potentiel de permettre à quiconque, et particulièrement les publicitaires ou les agences gouvernementales, de vous pister et d’établir un profil à votre insu.

Si vous vous baladez sur les forums des saboteurs de caténaires et qu’ensuite vous allez sur un site gouvernemental, la police risque de venir défoncer votre porte peu de temps après…

http://www.making-the-web.com/misc/sites-you-visit/nojs/


[Bakchich – 129 – 8/05/209]
Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, vient d’être désavouée par le tribunal administratif siégeant en référé. Lequel, dans sa grande sagesse, a cassé la décision de mise à la retraite d’office prise à l’encontre du commandant de Police Philippe Pichon.

Celui-ci avait été sanctionné, sans même attendre la décision sur le fond des tribunaux ordinaires, pour avoir communiqué à notre site Bakchich.info deux fiches Stic, concernant Johnny Hallyday et Djamel Debbouze et qui, malgré la législation en vigueur, n’avaient pas été nettoyées par les services de police.

Le juge administratif a contesté l’urgence qu’il y avait à mettre ainsi à pied un fonctionnaire de police et a mis en cause le bien fondé de la décision de la hiérarchie policière. Cerise sur le gâteau, le ministère de l’intérieur est condamné à verser 2 000 euros de dommages et intérêts au policier

http://www.bakchich.info


La « défense des artistes » et des gros sous des majors n’est qu’un prétexte. Le but est bien de pouvoir créer un maillage de surveillance des citoyens afin de pouvoir alimenter le vieux phantasme sécuritaire bourgeois : attraper le dissident avant même qu’il passe à l’acte.

[Marc Resse – PcInpact – 28/04/2009]

Hier en commission des lois, où l’ambiance fut, dit-on de multiples sources, très tendue, le projet Création et Internet a révélé une facette encore méconnue. Celle du filtrage des e-mails. Voire plus en raison du caractère extrêmement vaste des termes employés. dans le texte que doivent voter les parlementaires Une pièce de plus à rajouter à la liste des points noirs de ce fameux projet de loi.

Subrepticement glissée dans le texte au fil des discussions, est apparue la mention de « communication électronique » lors des débats parlementaires. Dans plusieurs endroits du texte qui a été confirmé hier en Commission des lois, on retrouve cette fameuse mention. Exemples :

« Art. L. 331-30. – Après consultation des concepteurs de moyens de sécurisation destinés à prévenir l’utilisation illicite de l’accès à un service de communication au public en ligne ou de communications électroniques, des personnes dont l’activité est d’offrir l’accès à un tel service ainsi que des sociétés régies par le titre II du présent livre et des organismes de défense professionnelle régulièrement constitués, la Haute Autorité rend publiques les spécifications fonctionnelles pertinentes que ces moyens doivent présenter pour être considérés, à ses yeux, comme exonérant valablement de sa responsabilité le titulaire de l’accès au titre de l’article L. 336-3. » (alinéa 110 article 2)

« La suspension s’applique uniquement à l’accès à des services de communication au public en ligne et de communications électroniques. Lorsque le service d’accès est acheté selon des offres commerciales composites incluant d’autres types de services, tels que services de téléphonie ou de télévision, les décisions de suspension ne s’appliquent pas à ces services » (alinéa 104)

« Art. L. 336-3. – La personne titulaire de l’accès à des services de communication au public en ligne ou de communications électroniques a l’obligation de veiller à ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d’oeuvres ou d’objets protégés par un droit d’auteur ou par un droit voisin sans l’autorisation des titulaires des droits prévus aux livres Ier et II lorsqu’elle est requise » (alinéa 2 article 6)

Comment interpréter ce terme de « communication électronique » d’apparence si anodine ? Pour le faire, on peut se référer à ce schéma qui nous a été transmis par un juriste qualifié, dans l’après-midi.
communication électronique

On découvre ainsi que la « communication électronique » possède deux branches : d’une part la correspondance privée soit les emails, la messagerie instantanée, etc. d’autre part, la communication au public par voix électronique. Celle-ci se subdivise elle-même en deux sous-branches, la communication au public en ligne, mais également la communication au public par voix audiovisuelle, laquelle embrasse depuis la loi sur l’audiovisuelle les services de médias à la demande (SMaD), dont font partie les Youtube, Dailymotion mais également les sites de streaming.

On le voit, utiliser « communication électronique » permet de taper sur bien d’autres secteurs que le monde du P2P et avanttout sur les emails !  Ces questions sont très techniques et il n’est pas certain que les signataires de la pétition SACEM aient été éclairés de ce chapitre. Mais développons et tentons de simplifier. (suite…)


Comment on est passé du « surveiller et punir l’infraction » au « prédire et intercepter » par le biais de l’analyse de toutes les données possibles. On en revient toujours au modèle du Panoptique, phantasme sécuritaire bourgeois contre les déviants…

[François-Bernard Huyghe – 24/04/2009]
Tous tracés ! Tous fichés ! Tous observés ! Tous surveillés!
Tel est le sentiment que nous éprouvons à énumérer les moyens techniques qui servent à rassembler des « données personnelles » sur nous, voire à anticiper nos comportements. Vidéo-surveillance, interceptions de télécommunications, balises, puces RFID, multiples fichiers (dont celui des empreintes génétiques), logiciels intrusifs et plus ou moins espions, mais aussi les traces numériques que laissent nos doubles au cours de nos transactions et de nos navigations sur Internet. Les objets les plus familiers comme une laissez-passer dans le métro ou une caisse de pharmacie semblent en savoir sur nous plus que nous ne le soupçonnions.

Dans la société de l’information qui devait être celle de l’instantanéité, notre passé nous poursuit, tout laisse empreinte, toute information est stockée, documentée, rapprochée et, dans tous les cas, susceptibles de réapparaître, y compris à notre insu ou contre notre gré.

Derrière la question technique (ce que peuvent faire les machines à enregistrer et traiter les données), il y a, bien sûr, un débat politique : quelles libertés individuelles et quel droit à l’intimité – deux notions complémentaires mais différentes – nous laissent les pratiques administratives et commerciales ? Les premières touchent à un pouvoir qui pourrait s’exercer sur nous (savoir certaines choses permettrait de nous menacer pour nous contraindre). Le second à un pouvoir que nous désirions exercer librement : permettre à certains et non à d’autres de savoir des choses sur nous.

La notion d’intimité avec toutes ses gradations – toi je t’autorise à savoir mes maladies, toi, ma sexualité, toi, mes angoisses métaphysiques, toi, mes opinions politiques – est d’ailleurs largement remise en cause par des dispositifs comme les blogs où chacun vient se dévoiler mais où il veut, quand il veut, créant ainsi une intimité « extérieure » (ce qui est à la fois intime et extérieur, « extime » pour le psychanalyste Serge Tisseron).

On voit s’entrecroiser trois logiques : politicio-administrative ( y compris dans sa composante sécuritaire ou policière), économique, mais aussi sociale : réseaux sociaux, présentation publique de soi et de son image, demande incessante d’informations sur son réseau et sur son environnement contribuent à rendre chaque vie de plus en plus « documentée ».

On peut considérer la chose de manière plus historique et dire que trois modèles de surveillance. (suite…)


[SILICON.FR – 23/04/2009]

Le moteur de recherche permet de se créer un compte incluant ses recherches. Les internautes peuvent ainsi contrôler leur identité numérique, promet-on.

Google essaie de fidéliser ses utilisateurs en permettant aux internautes la création de profils incluant dans les résultats d’une recherche sur un nom. La firme de Mountain View explique que désormais les internautes ont leur mot à dire.

Un point important est donc de voir comment vont s’articuler les résultats de recherche en incluant les noms et prénoms de personnes. Google lance donc la possibilité pour un internaute de se créer une identité numérique afin de pouvoir être vu sur le Web.

Le moteur de recherches offre la possibilité de créer son « profil » qui apparaîtra aux côtés des résultats d’une recherche sur son nom. Le module est alors accessible par la page google.fr/profiles. Chaque internaute peut alors insérer des informations sur son identité, ses motivations, une courte biographie ainsi que, s’il le désire, une photo. Une orientation très Web 2.0 semble t’il même si le vœu de la firme est de pouvoir contrôler ses propres informations présentes sur le Net.

L’intérêt pour Google est ici de favoriser les recherches sur les noms réalisées par des éventuels employeurs mais aussi par des personnes parfois mal intentionnées. Car si cette nouvelle option ne semble pas avoir de véritables caractères révolutionnaires, il apparaît que Google a bien saisi le nouvel attrait généré par les sites de réseaux sociaux pour la recherche de personnes.

C’est ce qu’explique, dans un communiqué, Brian Stoler, le concepteur de l’application pour Google : « En faisant une recherche sur soi-même pour voir ce que les autres trouveraient, les résultats peuvent être variés, et ce n’est pas toujours ce que vous vouliez que les gens voient. Nous voulons améliorer cela et vous offrir plus de choix« . Il oublie de préciser que bien souvent le premier résultat est celui d’un site de réseau social. Le bon référencement de ces sites expliquerait la volonté de Google de mettre une touche de 2.0 dans son moteur.

Subsiste la question de la sécurité du module « profil ». Rien n’empêche quelqu’un de créer un profil en empruntant le nom d‘ un autre et d’y vilipender n’importe quoi puisque les deux seuls moyens de contrôles proposés sont  la vérification du nom et de l’adresse mail. Pour le nom, il faut être inscrit à Google Knol pour qu’il apparaisse comme vérifié.

Pour l’adresse, la certification peut poser problème dans la mesure où  les webmails de type Gmail, Hotmail ou encore Yahoo ne sont pas encore certifiables. Etonnant.

http://www.silicon.fr/fr/news/2009/04/22/google_lance_la_creation_de_profils


Je vois déjà les ratés possibles, d’une telle application « ludique »… Comme dit la fliquette : tout le monde est exhibitioniste, pourquoi se faire chier à fliquer les gens quand ils se livrent tous seuls…

GOOGLE PRÉSENTE UN SERVICE DE LOCALISATION DES INDIVIDUS
[Reuters 04/02/2009]
Le premier moteur mondial de recherche sur internet, Google, a dévoilé mercredi un logiciel permettant aux utilisateurs de téléphones portables et autres appareils sans fil d’indiquer automatiquement à leur entourage où ils se trouvent.

Les utilisateurs de Google Latitude pourront, dans 27 pays, transmettre en permanence leur localisation aux personnes qu’ils auront sélectionnées, explique la firme californienne sur son site, précisant qu’ils pourront à tout moment se déconnecter du service.

« Hormis l’aspect ludique, nous reconnaissons la sensibilité de ce type de données, aussi avons nous intégré à l’application des droits de contrôle sur la vie privée « , indique Google dans un blog annonçant le service. « Non seulement vous contrôlez précisément qui a accès à votre position, mais vous décidez également quels endroits peuvent être vus. »

Latitude permet d’être localisé sur une carte Google, accessible depuis un combiné mobile ou un ordinateur personnel.

Ce nouveau service de Google est similaire à celui proposé par la société Loopt. Plusieurs opérateurs dont Verizon Wireless, filiale de Verizon Communications et de Vodafone, offrent le service de Loopt, compatible avec l’iPhone d’Apple.

Latitude sera compatible avec le BlackBerry de Research In Motion et les appareils fonctionnant avec les systèmes d’exploitation Symbian S60, Windows Mobile de Microsoft ou quelques téléphones mobiles T-1 dotés du logiciel Android de Google. L’application pourrait ultérieurement fonctionner avec l’iPhone et l’iTouch de la firme à la pomme et les appareils de Sony Ericsson.

http://www.01net.com/article-actualites/google-presente-un-service-de-localisation-des-individus-high-tech-reuters.-01net.html


[Police – le blog d’un(e) flic(esse) – 15/04/2009]

Le blogueur est un flic qui s’ignore. Le blogueur aime bien les chiffres, les statistiques et les classements. Les entrailles d’un blog, c’est un peu la planète du businessman, celui qui compte, qui compte tellement qu’il ne sait même plus ce qu’il compte et pourquoi il compte. Celui dont le Petit Prince dit qu’il raisonne comme un ivrogne. Saoulé de chiffres… Et de la sainte statistique.

Un blogueur, c’est un attentif, un curieux dit-il. Il aime savoir. Sans arrière-pensée, bien sûr. Savoir quoi ? Mais qui tu es, pardi ! Et d’où tu viens. Et ce que tu viens faire chez lui. Et le temps que tu y restes. Et si tu reviens. Et combien de fois. Etc. Parce que si tu passes chez certains sans laisser ta carte de visite sous le paillasson, tu les plonges dans une angoisse vertigineuse. C’est terrible, tu sais.

Alors le blogueur a tout un tas de petits outils sophistiqués pour mettre en œuvre son flicage domestique. Il a des compteurs, des géolocalisateurs, et toutes sortes de mouchards. Quand il a un doute, et que son enquête doit avancer, il prélève l’IP de son visiteur (mais qui c’est qui c’est qui c’est !?) avec soin, sans la toucher pour pas y laisser ses empreintes, et il la reverse sur un de ces sites capables d’affiner l’identification et la localisation.

Quand il repère un nom de domaine qui finit par gouv.fr, il écrit un billet en rouge vif sur son blog, et il est fier d’en appeler à la liberté d’expression. Ou de hurler comme un damné à la dictature des écoutes liberticides. Même si c’est agriculture.gouv.fr aux heures de ménage.

Le blogueur est un obsessionnel. Le blogueur ne voit plus le jour, il stagne dans son bouzin comme un flic dans un sous-marin à observer la tronche des passants. Le blogueur est un fonctionnaire des blogs. Façon Vichy. Il aime la surveillance en loucedé, il traque les corbeaux avec des méthodes de taupe. Ou l’inverse. J’en ai même repéré un qui cherche les récidivistes sur son blog. Bonjour le vocabulaire… ça craint. Ça pue sévère. Il doit dormir dans le CSS de son blog celui-là, pour être sûr de ne rien louper.

Ensuite, le blogueur aime bien les hiérarchies. On avait rêvé du monde libre d’internet, de l’homme libre deux point zéro, mais il n’en est rien. La grande messe œcuménique de l’internet et des blogs n’a jamais eu lieu, et il a fallu réinventer des castes, des gourous, des chefs et des soi-disant maîtres à penser… en classant les gens et leurs blogs.

Le blogueur a loupé son pari originel, il a refait sur le ouèbe le monde qu’il conspue dans sa vie sociale. Il est resté un courtisan, un lèche-cul, et ne répugne pas à ramer derrière des autorités illégitimes, incompétentes, ou des élites autoproclamées.

Moi flic, je n’aime pas le chiffre, les statistiques et les chefaillons. Je n’aime pas la hiérarchie non plus. J’ai rêvé de m’en passer, j’ai rêvé de non-grades. Je n’en démordrai pas.

À propos de police, vous me faites bien marrer, tiens, à hululer à propos des renseignements inquisiteurs que pourrait bien contenir la p’tite Edvige, laquelle Edvige ne s’intéressera probablement jamais aux normopathes que vous êtes.

Vous êtes les champions du strip-tease internaute, la plupart des blogs intimes font penser à de pauvres peep-show, où on aurait l’obligation compassionnelle d’applaudir le premier gros tas, le moindre boudin qui montre son cul. Vous dévoilez avec application tout le croustillant de votre intimité ou de vos opinions, vous êtes traçables sur internet via Google, qui se charge mieux que n’importe quel fichier de police de compiler tout ce qui vous concerne, et vous faites les vierges effarouchées à l’idée que des policiers assermentés (dont les faits et gestes sont tout aussi traçables soit dit en passant) puissent avoir accès à des renseignements utiles à la sécurité. La vôtre en l’occurrence. C’est amusant.

Personnellement, je ne sais d’Edvige que ce qui est paru au JO dans sa version béta [1] et dans sa version remaniée-mais-pas-tant-que-ça [2]. Le reste, je m’en fous à peu près complètement.Mais jetez-y donc un petit œil, ça vous évitera de colporter n’importe quoi.

Pour le colportage, l’inquisition et le renseignement sauvage, retournez plutôt vers vos outils habituels, vos divers instruments de décryptage et vos compteurs.Si ça ne suffit pas, complétez l’arsenal par facebook et twitter, vous savez, ces inventions récentes qui vous font approcher le degré zéro de la communication.

Continuez à tout dire et tout montrer, une société bien portante a besoin de spectacles. Surtout du comique et du mélo. Et comptez toujours sur Google qui a une mémoire infinie. Edvige n’est qu’une amatrice sous contrôle…

Sales flics. Que vous êtes.

http://police.etc.over-blog.net/article-29724206-6.html


[PC Inpact – Vincent Hermann 06/01/2009]
Il y a un tout petit peu plus d’un mois, nous vous avions parlé du plan européen de lutte contre la cybercriminalité. Plusieurs mesures étaient présentées pour un vaste programme qui doit s’étaler sur cinq ans. En première ligne de cette coopération, le partage des informations entre les instances gouvernementales concernées et la collecte des informations à distance. C’est sur cette dernière précisément que le Royaume-Uni présente une force de frappe qui fait déjà frémir les associations de défense des libertés civiles.

Pêcher et partager
Michèle Alliot-Marie avait parlé récemment de la future possibilité de capter des informations à distance. Sans autre détail, on pouvait évidemment se demander ce que recouvrait l’expression, tant les interprétations peuvent être larges et quelque peu angoissantes pour certaines. Le gouvernement anglais vient de poser les premières fondations d’un plan qui permettra à la police nationale d’aller chercher les fameuses informations sur les machines d’à peu près tout le monde, le tout sans aucun avertissement.

Terrorisme, pédophilie, fraudes à l’identité, ventes frauduleuses, infractions financières ou encore les divers trafics illicites, comme celui des armes, sont bien entendu dans la ligne de mire. Cela étant, l’encadrement européen et l’application par le Royaume-Uni rendent certaines possibilités très réelles. Ainsi, la France ou encore l’Allemagne pourront demander au Royaume-Uni des informations sur la machine d’un résident anglais suspecté. Capter et partager les informations, tout est là.

Du feu vert européen à l’exploitation anglaise
Si au niveau européen les ministres se sont surtout attachés à la création d’une plateforme d’échange pour accélérer la traque des cybercriminels, les pays membres sont libres de transcrire les décisions de Bruxelles en accord avec leurs propres lois. Et comme les États-Unis au lendemain du 11 septembre via divers « Acts » axés sécurité, le Royaume-Uni va se doter d’un outil permettant de fouiller des ordinateurs à distance et de collecter des données sans passer par un tribunal et sans avertir les utilisateurs.

Il ne s’agit finalement « que » d’élargir et de simplifier ce qui était déjà possible. Mais le feu vert officiel de l’Europe remet le sujet sous les feux des projecteurs et certains n’hésitent pas à s’engouffrer dans la « brèche ». Et c’est bien ce qui inquiète sur le sol anglais, car ce qui était considéré comme une exception peut devenir très simplement un processus habituel de recherche d’informations, comme si l’on passait de l’artisanat à l’industrialisation.

Des craintes sur un engrenage et une automatisation
Shami Chakrabarti, présidente de l’association Liberty de défense des droits de l’homme, jette un regard sévère sur ce plan. Elle indique ainsi que cette faculté donnée à la police revient à donner le droit à des personnes d’entrer n’importe quand dans un domicile et d’y fouiller en toute impunité, sans demander l’avis de qui que ce soit. Elle a ajouté en outre que sans une véritable loi d’encadrement et une autorisation délivrée par l’instance juridique adéquate, ce sera un « coup dévastateur pour la plus petite notion de vie privée ».

Il existe tout de même un garde-fou : le « responsable » donnant l’autorisation pour une telle traque des données doit justifier dans sa décision que celle-ci est proportionnée. Les méthodes employées sont diverses mais ne sont pas nouvelles pour ceux qui connaissent déjà le petit monde de la sécurité informatique. La police peut envoyer par exemple un courrier électronique contenant un malware qui va dès lors servir d’enregistreur de frappes au clavier et/ou transmettre des informations de manière automatique.

Rien n’est encore tout à fait joué, car le Royaume-Uni, et plus particulièrement le Home Office (justice, sécurité, immigration, science, recherche et contre-terrorisme), doit accorder ses violons avec le reste de l’Europe. D’autant que le projet étant maintenant public et provoquant bien des réactions, beaucoup attendent des explications beaucoup plus poussés sur les mécanismes qui seront mis en action.

http://www.pcinpact.com/actu/news/48227-royaume-uni-police-collecte-donnees.htm


J’ESPIONNE LES TÉLÉPHONES POUR 23 EUROS
[CNIS Mag – 05/01/2009]
Moins médiatisée –et pourtant considérablement plus dangereuse !- cette communication faite à l’occasion du 25C3 par MM Erik Tews, Ralf-Philipp Weinmann et Andreas Schuler, le hack des communications DECT. Les transparents de cette passionnante causerie ainsi que le Wiki consacré à ces recherches fourmillent de détails sur l’art d’écouter les combinés sans fil de son prochain. Comme pour confirmer l’inutilité relative des travaux de Sotirov (voir article précédent), les certificats du serveur du CCC sont invalides… les plus curieux devront se faire violence et accepter ladite ouverture de cession.

Que nous apprend ce piratage attendu par certains depuis quelques lustres ? Tout d’abord qu’il n’existe aucune communication sans fil qui ne puisse faire l’objet d’une écoute, d’un risque de démodulation par logiciel ou d’un spoofing (injection de fausses informations).

L’on retrouve ici encore la plateforme « Software Defined Radio » de Matt Ettus, qui servit en son temps à hacker les principaux outils de transmission radio : de bluetooth à Wifi, des CPL à la télévision HD « chifrée », en passant par l’interception des signaux RFID ou des réseaux de signalisation RDS. Mais plutôt que d’enrichir le thésaurus des développements GNU Radio, ces hackers du combiné sans fil ont utilisé de biens plus simples accessoires : de vulgaires cartes PCMCIA Com-On-Air, vendues aux environs d’une vingtaine d’Euros.

La portée du hack est incalculable. A part quelques antiques TPV (Terminaux Point de Vente), qui utilisent les liaisons infrarouges, la quasi-totalité des terminaux mobiles de payement par carte de crédit utilise une liaison DECT. On estime, compte-tenu de la baisse des prix atteints en ce domaine, que la grande majorité des foyers français se sert également de terminaux DECT en remplacement des vieux postes téléphoniques S63 des P&T d’autrefois. Les entreprises elle-même sont de grandes consommatrices d’appareils à la norme DECT, et particulièrement les TPE et PME.

C’est donc un véritable « manuel du petit plombier » qu’offrent ces trois chercheurs, manuel augmenté d’un add-in logiciel sous la forme d’une extension spécifique de Kismet, le sniffer « sans fil » le plus connu des passionnés des communications radio.

Certes, le hack nécessite de solides connaissances. Mais le « retour sur investissement » est prometteur. Usurpation de poste et d’identifiant, écoute à distance sans lien physique, « empoisonnement » des données, récupération de mots de passe ou de hashs de codes PIN… il y a des trésors cachés dans cet algorithme de chiffrement DSC originellement déposé par Alcatel.

Et contrairement au monde WiFi, dans lequel la course au débit a peu à peu joué en faveur du renouvellement de parc « vieux Wep » en faveur d’un « nouveau WPA », il n’y a pas, ou très peu, de budget pour changement d’équipement dans l’économie des ménages.

En outre, s’il est parfois possible de mettre à jour, pour un usager aguerri, les outils et firmwares de sécurité d’un appareil Wifi, ce n’est pas le cas sur un équipement téléphonique destiné à une clientèle « non technique ».

http://www.cnis-mag.com/fr/jespionne-les-telephones-pour-23-euros/actualite.html


Note aux frangins de la NLA en Hollande – si l’envie vous prenait d’aller péter la gueule à ce petit connard de geek qui fabrique le prochain outil de flicage dans son garage en disant « les technologies me passionnent, c’est tout », je ne pense pas qu’on vous jetterait la pierre.Après tout, le mec qui a développé l’usage du Zyklon B était probablement « passionné de chimie, c’est tout »…

C’est vrai quoi, c’est fun les nouvelles technologies, hein ? Tant qu’on ne s’appelle pas Julien Coupat, ou que l’on n’est pas un militant altermondialiste… ou encore un dissident chinois. Car le petit projet de flicage « fun » de Alex Van Es ne devrait pas rester très longtemps cantonné au registre du repérage des copains dans la rue….

Dans 20 ans, ne pas avoir de téléphone Bluetooth sera impossible (ils seront livrés avec la fonction de traçage d’officle) ou alors ce sera suspect (comme on a déjà déclaré suspects les Neuf de Tarnac parce qu’ils n’avaient pas de téléphone portable).

Et nous vivrons alors dans une société entièrement pistée par GSM, RFID, vidéosurveillance…  ou chacune de nos activités, chacun de nos comportements seront analysés par les experts en marketing… mais aussi par les policiers et par les manipulateurs.

Et alors les bien-pensants s’écrieront  « mais comment avons nous pu laisser faire un truc pareil »

Le remarque de Alex Van Es sur le fait de repérer les téléphones portables des politiques et de voir si on les retrouve dans les quartiers « chauds » de la capitale en dit long sur sa mentalité de petit flic…

Enquête  : Alex is watching you
[Yves Eudes – LE MONDE – 29.11.08]
Un informaticien néerlandais a créé un système de pistage des appareils équipés de Bluetooth, téléphones, ordinateurs et GPS. D’autres passionnés l’ont aidé à créer un miniréseau d’espionnage amateur.

Alex Van Es, un homme grand et massif âgé de 35 ans, vit avec sa compagne dans un joli pavillon de banlieue à Apeldoorn, aux Pays-Bas. Le jour, Alex est informaticien dans une administration. Le soir et le week-end, il s’amuse à fabriquer un système automatisé capable de détecter tous les appareils dotés d’un émetteur Bluetooth, puis de traiter les informations recueillies et de les publier sur son site Web personnel, Bluetoothtracking.org : « Pourquoi je fais ça ? Les technologies de pointe me passionnent, surtout leurs usages inédits. Il n’y a pas à chercher plus loin. »

Partout en Europe, les téléphones mobiles récents sont équipés d’un émetteur-récepteur Bluetooth, pour faire fonctionner une oreillette sans fil ou échanger des photos et des fichiers avec des amis. De même, les nouveaux ordinateurs portables et les GPS de voiture utilisent le Bluetooth pour leurs connexions sans fil de proximité. Or, une fois que cette fonction a été activée, la puce Bluetooth diffuse en continu deux informations : son « adresse » (un matricule d’identification unique) et le nom de l’appareil dans lequel elle est intégrée.

En outre, de nombreux utilisateurs personnalisent leur appareil en entrant un prénom, un surnom familier ou amusant, ou encore le nom de leur entreprise ou de leur chanteur préféré -, autant d’informations permettant de les identifier, par déduction ou par recoupements. En se promenant un soir de novembre sur le site d’Alex Van Es, on découvre par exemple qu’à 17 h 42 le téléphone mobile Nokia modèle 6310-I, matricule 00.60.57.xx.xx.xx, se trouvait à Apeldoorn, au coin de la rue Hoofd et de la rue Deventer.

Ces derniers mois, ce même Nokia a été repéré par Alex Van Es 237 fois à Apeldoorn, entre 7 heures et 22 heures, mais jamais plus tard. Ce jour-là, le site a permis de suivre les déplacements de 558 appareils Bluetooth. Pour chacun d’entre eux, une page Web a été créée en temps réel, avec une carte Google interactive, un tableau récapitulatif, et un graphique ventilant les localisations par tranches horaires. L’ensemble est mis à jour toutes les dix minutes. (suite…)


[Antoinette Rouvroy interviewée par Sylvestre Huet –  Libération du 18 novembre 2008] 
Entretien avec Antoinette Rouvroy, de l’université de Namur (Belgique), qui s’interroge sur la reconfiguration radicale de l’espace public induite par cette possibilité technologique.

Antoinette Rouvroy est chercheuse au Centre de recherche informatique et droit (Crid) à l’université de Namur.

Quelle est votre première réaction devant ce projet d’une webcam mondiale, fenêtre ouverte, et actualisée chaque semaine, sur tout endroit de la Terre?

Ces nouvelles possibilités technologiques favorisent et témoignent d’une reconfiguration de notre conception de l’espace. Et confirment l’actualité de l’analyse de Michel Foucault (1) quant au fait que «l’espace lui-même, dans l’expérience occidentale, a une histoire». Alors qu’au Moyen-Age, cette expérience passait par des notions de hiérarchies de lieux caractérisées par leur caractère sacré ou profane, d’accès ouvert ou restreint, cette possibilité d’une vision de l’espace global de la Terre met cette dernière, en quelque sorte, «à plat».

Dans le nouveau paradigme, la qualité profane ou sacrée des lieux importe moins: l’espace géographique «s’éprouve comme un réseau qui relie des points», tous équivalents, tous potentiellement signifiants. Et, étant moi-même un point dans ce réseau, je veux savoir où je suis, où je vais. De la hiérarchie des lieux, on passe à un système où tous sont comme juxtaposés dans une simultanéité. C’est alors toute l’intelligibilité du réel qui est transformée. La Terre et son image appartiendront, en apparence, à tout le monde. Mais à qui vont-elles appartenir réellement? Cela suscite un énorme intérêt… et un malaise tout aussi grand.

Pourquoi ce malaise?

A l’idée de savoir que l’on est peut-être en train de m’observer, de là-haut, même si je suis difficile à identifier, ma première idée est de m’abriter sous un toit… Surtout si l’on imagine que le croisement entre cette information spatiale et d’autres, comme le signal d’un mobile, peut permettre de savoir que je fais partie de tel groupe visible sur l’image, à tel endroit, même si je reste non identifiable parmi ce groupe.

On imagine sans peine le potentiel que représente ce type d’information pour les gouvernements, la politique sécuritaire, le marketing… Le malaise est d’autant plus grand que n’importe qui peut voir. Le contrôleur est invisible, potentiellement lointain, et je ne connais pas son interprétation de ce qu’il voit. Un tel contrôle invisible reconfigure l’architecture de l’espace public et risque d’inciter à des formes d’autocensure ou de conformisme d’autant plus strictes qu’elles s’opèrent à l’aune de normes inconnues des personnes observées. Et non plus seulement de celles, prévisibles, qui sont propres à un contexte familier.

Quels problèmes juridiques et politiques poserait une telle capacité d’observation, aussi précise et récurrente?

Il est malaisé de prévoir a priori tous les cas de figure, surtout que la technologie peut évoluer vers des images plus définies et plus souvent réactualisées. Elles exacerberaient les problèmes de protection de la vie privée dans les relations entre les personnes et l’Etat. L’Etat de droit ne suppose pas une transparence totale envers les citoyens, mais un principe de proportionnalité. S’il est légitime que l’Etat ait accès à certaines informations personnelles lorsque cela est nécessaire à la préservation d’un intérêt collectif prépondérant, cet accès doit être prévu par la loi et proportionné. Or, là, l’information semble constante et non discriminée et, bien sûr, recueillie sans le consentement des personnes. Un problème amplifié par le fait que la technique spatiale transcende les frontières politiques et juridiques. La surveillance satellitaire peut gêner la liberté d’exprimer ses opinions par une manifestation.

Comme ses images seront d’accès libre, la protection de la vie privée vis-à-vis d’autres personnes privées est en jeu. Les entreprises peuvent y voir un moyen efficace d’espionnage industriel. Quant aux relations internationales, elles seront affectées par la «transparence» auxquels seront soumis les actes des gouvernements en cas de crise, de guerre. Mais pas nécessairement dans le bon sens. Nous faisons une trop grande confiance aux images. Or leur sens réel, pour être intelligible, suppose souvent la connaissance du contexte, elles ne sont qu’une partie de l’information. Le flux d’images peut ainsi revêtir l’apparence de la transparence au service de l’opacité.

Que faire?

Les projets de ce type prennent de vitesse nos capacités à imaginer et à réguler leurs enjeux sociétaux. Personne ne dispose de la boîte à outils juridique adaptée. Il en résulte que les forces (politiques, économiques) qui déterminent l’orientation des technologies disposent d’un pouvoir immense qui échappe au contrôle démocratique. Cette dépolitisation est accentuée par l’érosion de l’attachement à la vie privée que les technologies provoquent (Internet, caméras de surveillance…). Plus on est habitué à être observé, et moins on est sensible aux atteintes à la vie privée. Les gens acceptent maintenant qu’une grande part de leur vie privée puisse faire l’objet d’une surveillance constante, allant jusqu’à exposer eux-mêmes leur vie intime sur Internet. Une question s’impose: arrive-t-on à une situation où, tant que les citoyens ne protestent pas, il ne faut pas freiner ces technologies? Faut-il les protéger sans, voire contre eux-mêmes? Cela nous oblige à repenser les rapports entre droit et technologie et, surtout, à affirmer la nécessité que ces enjeux éthiques, juridiques et politiques puissent être prises en compte dès le stade le plus précoce du design technologique. Les concepteurs ont à rendre compte de leur impact sur l’effectivité des droits et des libertés fondamentales qui conditionnent la vitalité démocratique.

(1) Michel Foucault, Dits et écrits, Architecture, Mouvement, Continuité N°5 (1984).

http://www.ecrans.fr/Plus-on-est-habitue-a-etre-observe,5712.html


[Hubert Guillaud – InternetActu – 21/10/2008]
Comme on le constate avec nos mobiles, savoir où nous sommes permet de rapidement comprendre le contexte. Dans toutes les conversations distantes, la réponse à la question « où es-tu ? » devient aussi importante que la raison de l’appel. Tant et si bien que la localisation de chacun est devenue un enjeu technologique majeur, un Eldorado où chacun espère trouver le levier qui actionnera le jackpot de la localisation.

Nos téléphones mobiles ont commencé à embarquer un GPS permettant de les géolocaliser facilement par satellite. Reste que le rythme de développement du GPS est encore faible : Nokia prévoit que seulement la moitié de son parc de mobiles sera doté de GPS d’ici 2012. Le GPS est également imparfait : lent (il faut en moyenne 45 secondes pour que la position soit validée), il n’est pas toujours accessible en intérieur et il consomme trop d’énergie pour qu’un téléphone soit localisable toute une journée sans vider sa batterie… C’est pourquoi, dans le domaine du mobile, on utilise plus souvent la technologie de la triangulation via les antennes de téléphonie mobile pour localiser les appareils, en se servant de l’intensité du signal reçu par les antennes.
(suite…)


Corée du Sud : une vérification du nom réel des internautes dès 2009, en réaction à la net-mobilisation ?

[Citizen-L – 17/11/2008]

Il est toujours utilise de regarder ce qui se passe en Corée du Sud, car ils ont généralement 6 mois d’avance sur ce qui concerne les nouveaux médias.

Cette fois-ci, c’est la liberté individuelle, ou plus globalement les questions de “privacy” qui sont en jeu :

Korean user generated content (UGC) service providers with a certain traffic volume will have to comply with the Real Name Verification requirement, starting from 2009.

Real Name Verification asks all users to verify their real-world identity before making any user content on the web – blogs, wikis, photos, videos, or even comments. Users won’t be required to use their real names as their IDs, but still they have to verify their particular online ID is mapped onto their real name.

So it’s like this: If you are lonelygirl15, and if you want to upload your videos on Youtube, you can still appear as lonelygirl15 but you gotta tell Youtube that you are actually Jane Doe (or whatever is your real world name) and your actual social security number is 123-45-678. “Hi lonelygirl15, would you mind if we check your real name and social security number before you proceed with the video clip upload?”

La conséquence de la mobilisation organisée en ligne sans précédent du printemps dernier contre l’enjeu sanitaire (affaire US Beef) ?

“La mobilisation s’est concentrée online, via la plateforme Agora. La discussion contre le Président a été extrêmement suivie, reprise sur de nombreux blogs personnels et sur une plateforme d’échange de vidéos qui est devenue en quelques jours numéro 1 : Afreeca qui a laissé ses utilisateurs livecast -er en direct des manifestations. 700 000 personnes ont manifesté. Welcome to the real world. IRL.”

L’argument du gouvernement coréen est de mettre un cadenas aux phénomènes de rumeurs :

Despite the positive side of young people’s passion on the Internet, we still should be cautious about irrationalism in cyberspace that may threaten online democracy (as I mentioned in my last post). Yesterday, South Korean President Lee warned that “the spread of false and incorrect information through the Internet and spam email is threatening the people’s rational thinking and mutual trust.”

En clair, reprendre la main en organisant une information “officielle” qui dénierait le droit de détracteurs-citoyens d’exprimer des avis contraires.

La Corée donnera-t-elle des idées pour notre cher fichier Edvige ?

http://citizenl.hors-sujet.com/?p=569


Aaaarghh ! Et dire qu’on s’excite à cause de EDVIGE, du STIC ou de la Base-Elèves….

Ca va encore plus vitte que prévu ! Je sens que la puce géolocalisatrice implantée sous la peau avec profil détaillé de l’individu et historique des 20 dernières années de connexions, réseaux sociaux, fréquentations et achats réalisés dans les magasins… n’est pas loin !!!  Même plus besoin de miradors, un gros ordinateur et un réseau Bluetooth suffisent… Et ce truc est un rève pour les obsédés…

Je vous garantis que peu de temps après, des journalistes comme Christophe Cornevin écriront : « Les membres du groupe terroriste ont été repérés par leur comportement suspect. Ils n’avaient pas de puce implantée sous la peu et n’étaient pas inscrits à Aka-Aki…. probablement parce qu’ils avaient des choses inavouables à cacher. »

A quand la création d’un Front de libération de la vie privée qui fera sauter les antennes relais pour créer des « zones non pistées » ?

Mise à jour  #1 : Il y a pire que Aka-Aki… il y a les bricoleurs dans leur garage qui s’amusent à capter et identifier les appareils Bluetooth et à en localiser les déplacements dans la ville. C’est « fun » et ça ouvre la voie à toutes sortes d’utilisations… et de chantages. Lisez par vous même…

MISE A JOUR #2 : Les utilisateurs de Aka-Aki étant virulents dans la défense de leur gadget qui est si cool, nous avons pondu une réponse. A lire ici.

TOUS AMIS, TOUS PISTÉS

[Yves Eudes – Le Monde – 06/04/2009]
Un quartier animé de Berlin, par un soir printanier. Thomas, 31 ans, artiste peintre encore méconnu, s’installe dans son bar habituel et sort son téléphone mobile, un « smartphone » connecté à Internet. Aussitôt, son mini-écran affiche la page d’accueil de Aka-Aki, le nouveau réseau social « géolocalisé » permettant à ses membres de détecter tous les autres membres se trouvant dans les parages, et de communiquer avec eux en temps réel.
D’un coup d’oeil, Thomas constate que des centaines de Berlinois inscrits sur Aka-Aki sont connectés en ce moment, dont dix-sept à moins de dix minutes de marche. Leur nom et leur photo défilent automatiquement. D’un geste, il peut consulter leur profil, contenant toutes sortes de renseignements : ils habitent le quartier, ou y travaillent, ou sont venus pour dîner. Presque tous ont pris l’habitude de coller sur leur profil des stickers (étiquettes) pour expliquer en images leurs goûts et leurs préférences dans tous les domaines. Même ceux qui ne font que passer près du bar, à pied ou en tramway, sont recensés et archivés.

Le système précise que, sur les dix-sept personnes présentes dans le quartier, trois se trouvent à quelques dizaines de mètres de Thomas. La première s’appelle Zina, une jolie brune. Sans hésiter, Thomas lui envoie un message. Zina répond qu’elle habite en face du bar, mais qu’elle n’a pas le temps de venir boire un verre, car elle révise un examen : « Pas grave, se console Thomas, je la retrouverai facilement. » Aka-Aki a enregistré la date et l’heure de la rencontre entre les mobiles de Thomas et de Zina, et a inscrit l’événement sur leurs profils respectifs. S’ils se croisent à nouveau, dans un jour ou dans un an, ils recevront un message d’alerte.

Thomas affirme qu’il a fait plusieurs rencontres grâce à Aka-Aki : « La première fois, je me suis fait draguer par un homosexuel qui ne l’avait pas indiqué sur son profil. Moi, je suis hétéro, dès le lendemain, je l’ai mentionné sur le mien. » Il a aussi fait connaissance avec un autre jeune artiste : « Un matin de bonne heure, j’ai remarqué que son profil était apparu près de chez moi. Même chose les jours suivants, alors je lui ai demandé s’il venait d’emménager dans le secteur. C’était le cas, nous avons très vite sympathisé. »

Soudain, le smartphone de Thomas émet un jingle indiquant qu’un nouveau membre vient de pénétrer dans sa zone de proximité : « C’est un ami à qui j’avais donné rendez-vous plus tard, pour dîner. Lui aussi a vu que j’étais ici plus tôt que prévu, il arrive. »

Thomas et sa bande ont adopté Aka-Aki comme mode de communication principal. Quand deux membres signalent au système qu’ils sont officiellement « amis », chacun est mis au courant en temps réel de tout ce que fait l’autre. Et lorsque deux membres qui ne se connaissent pas encore se croisent par hasard, le système leur envoie la liste de leurs amis communs, directs et indirects – un premier sujet de conversation possible.

Peter, 28 ans, l’un des copains d’enfance de Thomas, aujourd’hui instituteur en maternelle, est devenu un inconditionnel d’Aka-Aki : « Je mets mon profil à jour aussi souvent que possible, toutes les dix minutes parfois. Quand je fais quelque chose d’intéressant, j’aime bien partager avec mes potes. » Récemment, Peter faisait la queue devant une discothèque, quand il a vu sur son mobile que deux de ses amis étaient déjà à l’intérieur : « Ils m’ont dit que l’ambiance était nulle et la bière trop chère. Nous nous sommes donné rendez-vous ailleurs. Ce qui est vraiment nouveau, c’est qu’on se retrouve spontanément sans être obligés de planifier ni de prendre des rendez-vous contraignants. »

Pour les utilisateurs, Aka-Aki est simple et instinctif, mais en coulisses le système est complexe. Les téléphones se trouvant à moins de 30 m les uns des autres se repèrent grâce à leurs émetteurs Bluetooth – installés pour faire fonctionner les oreillettes sans fil et échanger des photos. Au-delà de 30 mètres, Aka-Aki localise les appareils en interrogeant les nombreux réseaux Wi-Fi qui quadrillent la ville. Il peut aussi capter les signaux GPS, indiquant la longitude et la latitude des smartphones qui en sont dotés. Quand aucun autre système n’est disponible, Aka-Aki repère les mobiles connectés au même relais de téléphone GSM, ce qui fournit une localisation approximative. Si un membre se promène avec un vieux mobile non connecté à Internet, il est quand même inclus dans le réseau : à chaque fois qu’il croise un autre membre, il reçoit un SMS d’alerte.

Après des débuts incertains, Aka-Aki comptait plus de 100 000 membres en mars, surtout en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Mais rien n’empêche le reste du monde de se connecter : l’interface est en partie en anglais, et des versions en diverses langues sont en préparation. L’idée est née en 2006 : il s’agissait au départ d’un projet de fin d’études imaginé par cinq étudiants du département publicité de l’Ecole des beaux-arts de Berlin. Le succès de leur invention fut tel auprès de leur entourage qu’ils décidèrent d’interrompre leurs études et de créer une start-up.

Aujourd’hui, la société Aka-Aki, un nom facile à retenir, qui ne veut rien dire (¡joder, chico ! en espagnol, ça veut dire « ici et là » et ça se dit aussi d’un gamin qui a la bougeotte) , compte 17 salariés, tous jeunes et branchés, installés dans un immeuble agréable au centre de Berlin. Son avenir à court terme est assuré grâce à une société allemande de capital-risque. Cela dit, son business model reste flou. Ses jeunes patrons essaient d’imaginer plusieurs scénarios : publicités géolocalisées ultraciblées, promotion d’événements, partage des recettes avec les opérateurs Internet… Ils ont déjà passé un accord avec la compagnie de télécom allemande E-Plus, pour que le trafic Aka-Aki reste gratuit. Aka-Aki pourrait aussi devenir un outil de travail. Roman Haensler, 29 ans, l’un des cofondateurs, lance une piste : « Dans un Salon professionnel, tous les téléphones vont s’échanger des cartes de visite et des CV numériques, ça va décupler le maillage. »

La puissance de Aka-Aki semble illimitée, car un mobile doté de son logiciel ne repère pas seulement les autres membres, il recense tous les appareils émettant un signal Bluetooth : téléphones mobiles ordinaires, ordinateurs, imprimantes, GPS de voiture… Till, 29 ans, chercheur en biologie, fait une démonstration dans un café fréquenté par des étudiants. Dès qu’il entre, son mobile affiche une liste de 22 mobiles, 1 GPS et 7 ordinateurs portables. Le plus souvent, le signal Bluetooth diffuse simplement la marque et le modèle de l’appareil, mais parfois, le propriétaire a entré un pseudo, ou même son vrai nom. Le serveur central de Aka-Aki crée un profil pour chaque appareil et note qu’ils ont été « découverts » par Till en indiquant le jour et l’heure : « C’est comme un jeu de piste, tous mes amis savent que je suis passé par ici, puis par là, et combien de fois. C’est étrange, mais sur Aka-Aki, les objets acquièrent une vie propre. » L’ordinateur du gérant du bar, installé dans une arrière-salle, possède bien sûr son profil depuis longtemps. Il affiche la liste de tous les membres de Aka-Aki ayant fréquenté le lieu, avec pour chacun d’eux le nombre de visites et la date du dernier passage. (suite…)


Une petite piqure de rappel grand public, ça ne fait pas de mal… Merci à l’équipe de Linux Manua pour ce travail de vulgarisation indispensable !

[Linux Manua – 17/03/2009]
En ces temps obscurs de surveillance généralisée et de répression, être anonyme sur le Net devient essentiel – Alors voilà la méthode pour avoir temporairement une adresse IP du Canada, de Russie, des Seychelles et même de Chine (un comble) puis, par exemple :

  • dénoncer les lois liberticides visant à surveiller le Web et réprimer les internautes,
  • critiquer les puissants sans retenue et sans risquer la répression,
  • riposter aux satrapes qui traitent les internautes de terroristes ou de criminels
  • télécharger des fichiers interdits par des législations locales dictées par des lobbys mercantiles,

Bien entendu, ces fictions invraisemblables ne concernent pas la France, pays de la Liberté. Mes propos se veulent aussi universels et apolitiques. Plus modestement, vous pouvez avoir envie d’écrire à votre apparatchik local, en donnant le lien vers mon Blog, afin de lui expliquer que tous les efforts ringards pour limiter la Liberté sont vains car les antidotes sont déjà en place : (suite…)


Au même titre que vous fermez la porte des cabinets quand vous coulez un bronze.. quand vous êtes sur les réseaux sociaux, réfléchissez à ce que vous donnez à voir. Richard Stalmann disait : « La règle est toujours la même : si c’est quelque chose dont tu n’aimerais pas que ta maman l’apprenne, alors ne le mets pas sur le Net »…

[ Libération 09/03/2009 ]

Comment le Net a bouleversé la pratique de la profession, réunie en Etats généraux vendredi à Paris.

«Vous n’imaginez pas tout ce qu’on peut savoir en quelques clics de souris… Donnez-moi deux heures, et je saurai tout sur vous». Le Nestor Burma moderne, costard cravate et iPhone, vous épie avant tout via la Toile. «C’est comme tout, notre métier évolue avec le temps. Avant on faisait des filatures à vélo, maintenant on utilise Internet et les satellites… Il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans», assure Goolam Monsoor, détective privé – ou plutôt, comme on dit dans le métier, «ARP» pour agent de recherches privées. Vendredi, il participait aux Etats généraux de la profession organisés par les trois principaux syndicats pour dépoussiérer l’image du métier.

«95% des infos sont en accès libre»
Premier conseil (de débutant) d’Yves Conversano, directeur de la principale école de détectives privés en France (IFAR): «Consulter les pages blanches.» Plus besoin de stocker les botins de tous les départements français pour rechercher par exemple l’adresse de la maîtresse du mari. «C’est tout bête, parfaitement légal et d’une efficacité redoutable», poursuit le détective qui forme une quinzaine d’étudiants chaque année. «Pourquoi prendre le risque d’enfreindre la loi, alors que 95% des informations sont accessibles facilement et en toute légalité», renchérit Alain Juillet, haut responsable de l’Etat chargé de l’intelligence économique depuis 2003. «C’est un peu comme si toutes les informations étaient servies sur un plateau», résume un agent, vingt ans de métier dans les bottes.

Par exemple, pour connaître le nom d’un gérant d’entreprise, «plus besoin de se taper quatre heures de queue au greffe du tribunal de commerce. On consulte Infogreffe.fr, et c’est une matinée de travail de gagnée». Et tout est à l’avenant : archives de presse, état civil… Internet accélère et simplifie les recherches, même si «le Minitel nous avait déjà bien simplifié la vie», tient à rappeler Alain Bernier, le président du principal syndicat (le CNSP-ARP). Il avoue au passage s’en servir encore un peu aujourd’hui.

Les détectives adorent Facebook
Le GPS améliore aussi «sacrément» le quotidien des détectives. «Quel progrès! Plus besoin de rester planquer des heures dans la voiture pour surveiller la femme d’un mari jaloux. Avec le GPS tracking (intégrés dans de plus en plus de téléphones, ndlr), on peut suivre ses déplacements», souffle un spécialiste des affaires de couple, iPhone à la main.

Mais la dernière révolution dans le métier vient des réseaux sociaux, comme Facebook ou Copains d’avant. «C’est un outil de travail. Quand on commence une enquête, on vérifie si la personne recherchée a un profil sur Facebook, c’est le b-a ba…», assure un jeune détective, fraîchement sorti d’école. Un autre, installé à Lille depuis quinze ans : «Les gens racontent toute leur vie en détail. Et le plus fou: les informations sont exactes, la plupart ne mentent même pas

Mais, par «professionnalisme», il assure aller toujours vérifier sur le terrain les informations trouvées sur le Net. Question de principe et d’habitude. «Je préfère le contact humain. On en apprend beaucoup en allant chez les gens. Le classique “Bonjour, je viens pour le recensement” est une valeur sûre».

«Il n’empêche, Facebook est très efficace, bien plus utile que les fichiers policiers comme Edvige. La Cnil ne nous met pas des bâtons dans les roues», s’enflamme Alain Juillet, soulevant des rires (un peu pincés) parmi la grosse centaine d’agents de recherche présents vendredi sur les 1.500 qui exercent sur le territoire.

Facile de créer une adresse mail…
Ils ont beau dire, on peine à comprendre comment ces détectives trouvent tant d’informations privées, en toute légalité, sur le Web. Comment, par exemple, forcer le passage sur Facebook, alors que les utilisateurs peuvent limiter l’accès à une communauté d’amis.

Première réponse, officielle, du directeur de l’école de détectives privés: «Toutes les techniques apprises aux élèves sont parfaitement légales.» Deuxième réponse, plus énigmatique (sourire en coin, certainement un héritage des vieilles séries américaines), du genre «un bon agent, c’est comme un magicien. Il a plein de tours dans son sac. Si on dévoile les ficelles, il n’y a plus de magie…»

Après plusieurs tentatives, on en apprend un peu plus : «N‘importe qui peut créer de faux comptes Facebook… Il suffit de se faire passer pour une vieille connaissance, et les portes s’ouvrent. On peut aussi se créer autant d’adresses mail que nécessaire», en utilisant le nom des amis repérés sur un réseau. Ou alors en utilisant des noms passe-partout qui rassurent : «On a tous des adresses, type M. Dupont ou Mme Durand, hyper efficaces: les gens tombent dans le panneau à chaque fois. Ils nous disent tout ce que l’on veut savoir.»

http://www.liberation.fr/societe/0101553055-les-detectives-prives-a-l-heure-de-facebook



C’est l’inverse qui serait surprenant…

Par contre il est significatif que le seul média francophone qui se soit donné la peine de traduire et publier l’interview de Russell Tice soit le site REOPEN 911. A force de se balader sur le Net, nous – les veilleurs d’IES – constatons de plus en plus que les sites méprisés par la grande presse, traités de « blog-pops » ou de « conspirationistes », hébergent souvent des pépites (bon, pas mal de fumier aussi, il faut fouiller) que la presse « mainstream », toute imbue de sa « respectabilité » (lire, déférence vis à vis du pouvoir) et obnubilée par la pensée unique n’a pas vues, ou a délibérément écarté, parce que n’entrant pas dans le moule de leur vision du monde…

La presse, quand elle veut ridiculiser ces sites, ne cite que les plus loufoques ou les plus délirants… mais même chez RENSE ou chez PRISON PLANET on trouve des infos intéressantes, si on sait les analyser à la lumière d’autres infos.

Au contraire, il y a fort longtemps que je n’ai pas trouvé une info originale ou intéressante dans « Le Point », « L’Express » ou « Libération »..

[Bug Brother 23 février 2009]
La “gorge profonde” qui avait révélé que l’administration Bush avait espionné les télécommunications de citoyens américains vient de révéler que si tous les Américains étaient potentiellement écoutés, les journalistes l’étaient tout particulièrement. Russel Tice a passé 20 ans à la NSA, avant d’en être chassé lorsqu’il commença à enquêter, de l’intérieur, sur cette gigantesque opération d’espionnage.

Fin 2005, quand le New York Times avait révélé cette histoire, Bush avait rétorqué que seuls quelques centaines d’Américains avaient été espionnés.  Il a fallu attendre le lendemain meme du départ de Bush de la Maison Blanche pour que Russell Tice se décide à en dire plus sur ce qu’il savait, sur MSNBC : officiellement, il était chargé de surveiller les télécommunications des journalistes, afin… qu’elles ne soient pas écoutées.

Dans les faits, elles l’étaient bien évidemment, et même, selon Tice, un peu plus particulièrement que ne l’étaient celles des autres Américains.  Etonnament, alors que le “scoop” du New York Times avait fait grand bruit (les services US n’ont pas le droit d’espionner les Américains, et encore moins sans mandat), les révélations de Tice sur MSNBC ne semblent guère mobiliser les médias.  Peut-être parce qu’à l’époque, il s’agissait de décrédibiliser George Bush. Peut-être aussi parce que les gens, ou les journalistes, se sont habitués à la possibilité des écoutes massives et généralisées. Ce qui serait bien triste.

Ainsi, le seul site en français à s’être intéressé à l’interview de Russel Tice, au point de la traduire, est ReOpen911 qui, comme son nom l’indique, émet des doutes quant à la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Sa traduction n’est pas des plus brillantes, et je n’ai nullement envie que l’on glose, ici, sur ce qui s’est passé ce jour-là. Je me contente de le citer parce qu’il a traduit l’interview que Russell Tice a accordé à MSNBC.

Il faudra attendre des années encore pour avoir d’autres témoignages, d’autres sources, viennent confirmer, relativiser ou infirmer ce qu’il explique du mode de fonctionnement de la NSA, le plus puissant des services de renseignement, accusé, depuis des années, d’espionner les télécommunications dans le monde entier.

Mais ce qu’il explique recoupe ce que Duncan Campbell, le journaliste anglais à l’origine de la révélation de l’existence du programme anglo-saxon Echelon d’écoutes des télécommunications, avait d’ores et déjà expliqué il y a quelques années, et qui avait entraîné l’Europe à critiquer cette façon toute particulière qu’ont les anglo-saxons d’espionner leurs alliés… et leurs concitoyens.

Extraits :
RUSSEL TICE : La NSA a accès à toutes les communications des Américains, aux fax, aux appels téléphoniques et aux communications passées via leur ordinateur. Et que vous soyez au Kansas, au centre du pays, et que vous n’ayez jamais passé de communication, aucune communication vers l’étranger, cela n’avait pas la moindre importance. Ils surveillaient toutes les communications.

OLBERMANN : Jusqu’à quel point est-il plausible de vouloir de véritables écoutes et une vraie surveillance ? Autrement dit, si tout n’a pas été vraiment lu ou surveillé par la NSA, tout a été collecté, enregistré, archivé par la NSA, non ? Jusqu’à quel point l’information en elle-même a-t-elle été examinée ? Avez-vous une idée ?

TICE : Eh bien, en réalité, même pour la NSA, c’est impossible de collecter réellement toutes les communications. Les Américains ont tendance à être une collectivité bavarde. Nous avons les meilleurs ordinateurs à l’agence, mais ils ne sont certainement pas bons à ce point.

Mais ce qui est fait, c’est en quelque sorte une capacité de regarder les méta-données, l’information sémantique des communications, et de fouiller cette information afin de déterminer quelles communications seraient collectées au final. C’est fondamentalement du filtrage, une sorte de balayage total avec ces méta-données pour sélectionner au final ce que vous allez regarder et ce qui va être collecté, et ce que par la suite un analyste étudiera. Et ce qui peut être intéressant, vous savez, se résume à quelques aiguilles dans une botte de foin.

OLBERMANN : Est-ce qu’il y a quelque part un fichier avec tous les courriels envoyés par tous les reporters du « New York Times » ? Y a-t-il quelque part un enregistrement de toutes les conversations que j’ai eues avec mon petit neveu au nord de New York ? C’est comme ça ?

TICE : Si c’était inclus dans cette branche particulière de la collecte, ce serait la totalité. Oui. Ce serait la totalité.

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/02/23/la-nsa-a-acces-a-toutes-les-communications-des-americains-et-surtout-celles-des-journalistes/


[Newssoft – dimanche 27 juillet 2008 ]
Un récent article au titre racoleur prétend qu’il existe des backdoors dans Skype, permettant aux forces de police d’écouter les conversations. Au delà du FUD, il me semble évident (compte-tenu des informations disponibles publiquement) qu’il est possible d’écouter une conversation Skype.

Parmi les arguments qui plaident en faveur de cette hypothèse:

* La présence de failles exploitables à distance dans le logiciel. Dont la nôtre 🙂
Ceci dit, même si les polices française et allemande (entre autres) ont des velléités de « piratage légal », un ex-français travaillant dans la sécurité informatique offensive pourrait confirmer que les « services » sont encore loin du « remote 0day dans Skype » …

* Le mécanisme d’authentification, basé sur une signature RSA, repose sur le jeu de clés Skype.
Il a déjà été démontré (cf. slides 101+) que le remplacement de ces clés dans un client Skype « malveillant » (par exemple, via la fonction de mise à jour automatique[*]) permettait de faire tourner un réseau totalement indépendant du réseau « officiel ». Le point de connexion entre le réseau « officiel » et le réseau « parallèle » simule un client Skype et peut avoir accès à toutes les communications en clair (attaque en homme du milieu).

Bien entendu si Skype coopère en donnant accès à ses clés privées, c’est encore plus simple.

* Le système de plugins permettant d’étendre les fonctionnalités du logiciel n’est pas sûr.
En effet, lors de l’ajout d’un nouveau plugin, une confirmation utilisateur est demandée. Mais cette confirmation ne fait qu’ajouter une entrée dans la liste des plugins, authentifiée par un « code de validation ». Ce code n’est en aucun cas une signature, et n’importe qui connaissant l’algorithme peut le recalculer. Un malware pourrait donc installer silencieusement un plugin Skype.

Compte-tenu des conférences passées présentant les méthodes de travail de la police, la solution du piégeage semble être la plus couramment utilisée.

* Enfin, de nombreux pays imposent aux opérateurs télécom la mise en place d’un mécanisme de Lawful Interception. On ne voit pas pourquoi une société américaine aussi importante (Skype est une société du groupe eBay) pourrait décider de se soustraire à cette obligation.

Maintenant chacun fait ce qu’il veut. Mais vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

La question qui reste en suspens est: y a-t-il une bonne vieille backdoor dans Skype, permettant de prendre le contrôle de n’importe quel client à distance ? Un simple netstat -an devrait permettre de répondre à cette question 😉

http://news0ft.blogspot.com/2008/07/les-backdoors-dans-skype.html


[Claude-Marie Vadrot, Politis.fr – 19 novembre 2008]

Après les sabotages de lignes TGV le 8 novembre dernier, neuf personnes, bien vite présentées comme des « anarchistes d’ultra-gauche » par les médias et la police, ont été placées en garde à vue. Mais aucun élément n’est venu prouver leur culpabilité et de nombreuses questions restent en suspens.

Dimanche 16 novembre, neuf membres présumés d’une « cellule invisible » qualifiée « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » par la ministre de l’Intérieur, ont été mis en examen pour « destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Quatre d’entre-eux ont été mis en liberté sous contrôle judiciaire et cinq incarcérés. Sans qu’il existe, en l’état actuel de l’enquête, la moindre preuve qu’ils aient de près ou de loin participé aux actes de malveillance qui avaient perturbé une semaine plus tôt le trafic des TGV Nord, Est et Sud-Est. Ce qui n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence d’un « groupe de terroristes », basé à Tarnac en Corrèze, en train de préparer des sabotages. Quelques informations méritent pourtant d’être examinées de plus près, d’autant qu’elles n’ont pas été répercutées par la presse.

Le groupe cellule invisible existe-t-il ?
Pour la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et pour la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la réponse est positive depuis au moins sept mois, depuis qu’elles ont reçu instructions de « trouver des terroristes français ». Mais ce groupe n’a jamais existé comme structure et le mot choisi à dessein par la police et la justice pour les désigner n’a été inspiré que par la signature collective d’un livre, « L’insurrection qui vient » (éditions La Fabrique). Livre théorique plutôt fumeux qui n’a rien d’un « manuel de sabotage ». Il n’a fait l’objet d’aucune procédure depuis sa parution, le 22 mars 2007, et reste en vente libre pour 7 euros. Une seule réalité : une partie des résidents de Tarnac participaient systématiquement à des manifestations depuis leur installation progressive en 2002.

Le rôle des services spéciaux américains
Le couple « principal » des accusés aurait été repéré en janvier 2008 dans une manifestation organisée devant le bureau de recrutement de l’armée américaine qui se trouve depuis des années sur Times Square, à Manhattan. Ni la première ni la dernière des manifestations dans ce lieu symbolique de New York. Quelques jours plus tard, le couple aurait été interpellé avant la frontière canadienne pour « défaut de papiers ». Premier mystère : ce serait bien la première fois, depuis septembre 2001, que des policiers américains laissent filer des étrangers avec des papiers suspects. Deuxième incohérence : dans leurs premières distillations « d’informations » aux journalistes, les policiers français expliquent que ce couple était soupçonné d’avoir participé à une dégradation du bureau de recrutement. Jusqu’à ce que l’on apprenne que « l’attentat » a eu lieu en avril, Julien et Yldune étant à cette époque revenu en France depuis des mois. La version officielle française dit pourtant que les services spéciaux américains ont (auraient) signalé le couple deux jours après « l’attentat ».

Un groupe sous surveillance ?
Oui. Selon nos informations, au moins depuis deux ans et demi, comme la plupart des groupes ou des individus participant régulièrement à des manifestations. La mise en fiche particulière, avec suivi par des officiers de police, des manifestants considérés comme « actifs » ou « récidivistes » a été ordonnée le 25 mars 2006 par Nicolas Sarkozy lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur, au lendemain des premières manifestation anti-CPE. Michèle Alliot-Marie a pris le relais en étendant le système de suivi.

Le groupe était-il infiltré ?
La question se pose : à en croire ceux qui ont approché des membres du groupe, dans le XXe à Paris et en Corrèze, il n’aurait jamais été question, au delà des discours, du moindre passage à l’acte. Si la pose des fers à béton sur des caténaires est prouvée, ce qui n’est pas encore le cas, il se dit dans l’entourage du groupe que parmi les personnes relâchées (il y a eu 21 interpellation le 9 novembre au matin) figurerait un personnage qui a beaucoup insisté, il y a trois mois, pour un passage de la théorie à la pratique, idée qui rencontrait des résistances. L’histoire des milieux anarchistes est riche d’inflitrations-provocations dans lesquelles la police n’intervient qu’après l’acte illégal « suggéré ». Soupçons à rapprocher d’un témoignage accusateur sous X (anonymat donc garanti) fait « spontanément » jeudi dernier par un membre du « groupe » dans une brigade de gendarmerie du Puy-de-Dôme.

La ministre de l’Intérieur réinvente le délit d’opinion
Le 13 novembre, un représentant du Parquet de Paris a déclaré : « Les éléments recueillis ne permettent pas de les présenter comme coupables, le délit d’opinion n’est pas criminalisé en France ». Le procureur de Paris, sur instructions, a estimé le contraire. Au début de l’enquête, le 8 au matin, les gendarmes ont annoncé disposer d’empreintes et de traces ADN. Dimanche, elles n’existaient plus. Les mises en examen, comme l’expliquent les avocats, ont donc été essentiellement faites sur des présomptions puisqu’en l’état actuel de l’enquête, il n’existe aucune preuve. Mais il est vrai que des policiers ont confié aux journalistes à propos de Julien : « Vous savez, il est très intelligent ». Ce qui constitue sans aucun doute une circonstance aggravante.