Franco Frattini



Note aux frangins de la NLA en Hollande – si l’envie vous prenait d’aller péter la gueule à ce petit connard de geek qui fabrique le prochain outil de flicage dans son garage en disant « les technologies me passionnent, c’est tout », je ne pense pas qu’on vous jetterait la pierre.Après tout, le mec qui a développé l’usage du Zyklon B était probablement « passionné de chimie, c’est tout »…

C’est vrai quoi, c’est fun les nouvelles technologies, hein ? Tant qu’on ne s’appelle pas Julien Coupat, ou que l’on n’est pas un militant altermondialiste… ou encore un dissident chinois. Car le petit projet de flicage « fun » de Alex Van Es ne devrait pas rester très longtemps cantonné au registre du repérage des copains dans la rue….

Dans 20 ans, ne pas avoir de téléphone Bluetooth sera impossible (ils seront livrés avec la fonction de traçage d’officle) ou alors ce sera suspect (comme on a déjà déclaré suspects les Neuf de Tarnac parce qu’ils n’avaient pas de téléphone portable).

Et nous vivrons alors dans une société entièrement pistée par GSM, RFID, vidéosurveillance…  ou chacune de nos activités, chacun de nos comportements seront analysés par les experts en marketing… mais aussi par les policiers et par les manipulateurs.

Et alors les bien-pensants s’écrieront  « mais comment avons nous pu laisser faire un truc pareil »

Le remarque de Alex Van Es sur le fait de repérer les téléphones portables des politiques et de voir si on les retrouve dans les quartiers « chauds » de la capitale en dit long sur sa mentalité de petit flic…

Enquête  : Alex is watching you
[Yves Eudes – LE MONDE – 29.11.08]
Un informaticien néerlandais a créé un système de pistage des appareils équipés de Bluetooth, téléphones, ordinateurs et GPS. D’autres passionnés l’ont aidé à créer un miniréseau d’espionnage amateur.

Alex Van Es, un homme grand et massif âgé de 35 ans, vit avec sa compagne dans un joli pavillon de banlieue à Apeldoorn, aux Pays-Bas. Le jour, Alex est informaticien dans une administration. Le soir et le week-end, il s’amuse à fabriquer un système automatisé capable de détecter tous les appareils dotés d’un émetteur Bluetooth, puis de traiter les informations recueillies et de les publier sur son site Web personnel, Bluetoothtracking.org : « Pourquoi je fais ça ? Les technologies de pointe me passionnent, surtout leurs usages inédits. Il n’y a pas à chercher plus loin. »

Partout en Europe, les téléphones mobiles récents sont équipés d’un émetteur-récepteur Bluetooth, pour faire fonctionner une oreillette sans fil ou échanger des photos et des fichiers avec des amis. De même, les nouveaux ordinateurs portables et les GPS de voiture utilisent le Bluetooth pour leurs connexions sans fil de proximité. Or, une fois que cette fonction a été activée, la puce Bluetooth diffuse en continu deux informations : son « adresse » (un matricule d’identification unique) et le nom de l’appareil dans lequel elle est intégrée.

En outre, de nombreux utilisateurs personnalisent leur appareil en entrant un prénom, un surnom familier ou amusant, ou encore le nom de leur entreprise ou de leur chanteur préféré -, autant d’informations permettant de les identifier, par déduction ou par recoupements. En se promenant un soir de novembre sur le site d’Alex Van Es, on découvre par exemple qu’à 17 h 42 le téléphone mobile Nokia modèle 6310-I, matricule 00.60.57.xx.xx.xx, se trouvait à Apeldoorn, au coin de la rue Hoofd et de la rue Deventer.

Ces derniers mois, ce même Nokia a été repéré par Alex Van Es 237 fois à Apeldoorn, entre 7 heures et 22 heures, mais jamais plus tard. Ce jour-là, le site a permis de suivre les déplacements de 558 appareils Bluetooth. Pour chacun d’entre eux, une page Web a été créée en temps réel, avec une carte Google interactive, un tableau récapitulatif, et un graphique ventilant les localisations par tranches horaires. L’ensemble est mis à jour toutes les dix minutes. (suite…)


Franco FrattiniEst-ce qu’il faut être débile mental pour travailler à la Commission Européenne ? En tout cas, on devrait peut-être renvoyer le Signore Frattini cultiver ses tomates, ou alors lui dire de ne pas parler de trucs qu’il ne comprend pas.

Il s’était déjà illustré l’an dernier en réagissant à chaud à une tuerie en Allemagne et en réclammant « une interdiction de la vente de jeux vidéo contenant de la violence à des mineurs ». Vous avez moins de 18 ans ? Vous jouerez à UNO ou bien à Bugdom (ah non, dans Bugdom, les fourmis sont armées de lances et les moustiques ont des gants de boxe, c’est violent !)
Aujourd’hui c’est donc aux moteurs de recherche qu’il s’attaque, notre Vice-Président de l’Europe.

Un commissaire europeen veut bloquer la diffusion sur le Web d’informations dangereuses
[Le Monde – 11/09/2007]
«A la veille d’une rencontre, mardi 11 septembre, entre des représentants du secteur Internet et des responsables de l’Union européenne lors d’un forum européen sur l’innovation et la recherche en matière de sécurité, le commissaire européen Franco Frattini a préconisé lundi le blocage des informations qui circulent sur Internet, concernant notamment la fabrication de bombes.
« J’ai la ferme intention d’entreprendre une étude avec le secteur privé (…) sur les moyens technologiques d’empêcher des gens d’utiliser et de chercher des mots dangereux comme ‘bombe’, ‘tuer’, ‘génocide’ ou ‘terrorisme’« , a expliqué Franco Frattini à l’agence Reuters.
Le commissaire européen à la justice et à la sécurité ne prône pas l’interdiction des forums, des analyses, des informations historiques ou des opinions, mais estime que les instructions opérationnelles devraient être bloquées sur le Web.»…

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-651865,36-953619@51-953620,0.html

Si on interdit les recherches dans Google sur les mots « bombe », « tuer », « génocide » ou « terrorisme », on bloque déjà 80% des sites d’actualité et 100% des sites d’histoire. Grosso modo, mis à part MySpace et FaceBook (et encore, on y trouve des « bombes » (sexuelles) et des trucs « qui tuent »), il n’y aura rien sur Internet. Sans parler du fait qu’il n’y a que des crétins comme Frattini pour croire que le terroriste lambda débute sa carrière en tapant, dans Google, « comment construire une bombe pour tuer un max de gens et réussir un génocide terroriste » (en plus, ça ne retourne rien comme résultat de recherche !)

Franco Frattini est l’exemple même de la connerie pavlovienne qui s’empare des bureaucrates et des politiques qui n’y connaissent rien quand on parle d’Internet ! Cela me rappelle les déclarations stupides sur Internet dans les années 1990, mais à l’époque il y avait l’excuse de la nouveauté… Aujourd’hui ces mêmes connards sont « Commissaire à l’innovation technologique ». Ben puréé, avec Frattini et consorts, cela promet !

Il serait temps que les Internautes soient représentés par des gens qui savent de quoi ils parlent…