DateCheck



Et pour poursuivre cette excellente réflexion… « les petits cons parlent aux vieux cons« 

Le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance

[JM Manach – BugBrother – 30/06/2010]

Réagissant à la diffusion de l’enregistrement pirate des conversations privées de Liliane Bettencourt, au fait que la jurisprudence actuelle considère que les informations acquises de manière illicites ont “valeur probante“, et à la banalisation des technologies de surveillance, qui ne sont plus l’apanage des seuls services secrets, l’avocat Daniel Soulèze Larivière publie dans Le Monde une tribune dénonçant le “dangereux mirage de la transparence à tout prix“, et dresse un parallèle avec le cauchemar des écoutes systématiques de la Stasi, en ex-RDA.

De même que les journalistes ne sont pas des espions, ou que le fait de bronzer les seins nus n’est pas un blanc-seing pour mettre la main sur les poitrines de ces dames, il me semble, a contrario, très important de faire le distingo entre ce qui relève de la transparence, et ce qui relève de la surveillance, entre ce qui relève de la liberté d’expression et ce qui rélève de l’atteinte à la vie privée. En démocratie, le problème, ce n’est pas la transparence, c’est la surveillance.

Daniel Soulèze Larivière propose de projeter “La vie des autres” dans toutes les écoles (”y compris de journalisme“), et rappelle que “ce qui est en cause, c’est la différence qui doit rester irréductible entre le public et le privé. La ” transparence ” n’est en aucun cas un concept vertueux susceptible de briser cette barrière. Une société qui n’accepte pas ce principe frustrant est perdue” :

Comment mettre un terme à cette dégringolade ? Il ne s’agit plus d’un mur à détruire à Berlin comme dans l’ex-République fédérale d’Allemagne (RFA), mais d’un mur à reconstruire dans l’esprit des médias, des juges, des avocats et des citoyens pour qu’on cesse de se noyer dans le mirage de la transparence. Que les difficultés majeures que connaît notre société facilitent de telles brèches ne justifie pas qu’on ne fasse rien pour freiner cette course au suicide collectif.

Personne n’est innocent. L’Inquisition le savait déjà, et chacun d’entre nous va le redécouvrir avec la démultiplication de moyens que permettent les nouvelles technologies. Peu de gens comprennent qu’il ne faut pas regarder par le trou de la serrure et fouiller les poches de ses proches, non plus qu’écouter aux portes. Jadis on l’apprenait aux enfants. C’est ce que les adultes ignorent aujourd’hui. Il faut se souvenir que la transparence absolue, c’est la mort, car il n’y a plus rien à voir, donc on voit tout ! La société transparente est la société de la mort, morte et mortifère.

On ne peut que souscrire à ce type d’appel à la protection de la sphère privée. A ceci près que le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance et que cette confusion est typique de ceux qui amalgament, à tort, la montée en puissance, et la banalisation, de la société de surveillance, avec la montée en puissance de l’internet et des technologies de l’information. Ce que j’ai tenté de démontrer lorsque le blog du modérateur m’a longuement interviewé à l’occasion de la publication de deux e-books, L’identité numérique en question, puis Identité numérique, enjeux et perspectives.

A rebours du bruit médiatique ambiant, qui tend à amalgamer Facebook et les fichiers policiers, les réseaux sociaux et Big Brother, je pense que l’internet est plus du côté de la solution que du côté du problème, parce qu’on ne peut pas le censurer, mais qu’on peut, a contrario, apprendre à s’y protéger. Voir aussi, à ce titre, Comment contourner la cybersurveillance ?, mon Petit manuel de contre-espionnage informatique, ainsi que Gorge profonde, le mode d’emploi, qui explique comment garantir la confidentialité de ses sources, un devoir professionnel pour tout journaliste, avocat, médecin et autre professionnel tenu au secret professionnel. (suite…)


[AFP – 23/09/2009]
Une nouvelle application pour le téléphone portable d’Apple, l’iPhone, offre aux méfiants ou aux déçus des relations amoureuses de tout savoir sur leurs amants ou futurs partenaires. L’application baptisée « DateCheck » (Vérification de rendez-vous galant) a été conçue par l’entreprise américaine Intelius, spécialisée dans la collecte d’informations destinées aux personnes et entreprises, et présentée mardi lors du salon DEMO en Californie (ouest).

Avec un simple nom ou un numéro de téléphone, les utilisateurs de DateCheck peuvent fouiller la gigantesque base de données d’Intelius pour savoir si leur rendez-vous amoureux a oublié de mentionner son passé criminel ou son statut d’homme ou de femme marié(e) par exemple. La recherche de base est gratuite, mais les analyses plus poussées peuvent coûter jusqu’à 40 dollars.

« DateCheck est plus sévère avec mes soupirants que mon propre père ne l’était« , a relevé une responsable d’Intelius, Katherine Herman, en présentant l’application.
DateCheck met en évidence les violences sexuelles, les arrestations liées aux stupéfiants ou encore les condamnations pour conduite en état d’ivresse, selon Intelius. Mais l’application peut aussi utiliser une adresse pour révéler si une personne vit seule et connaître la superficie et le prix de son domicile.

DateCheck passe également en revue les principaux sites de socialisation comme Facebook, MySpace ou Flickr, et créé un résumé de ce qu’y fait la personne scrutée, fournissant des liens vers ses pages personnelles.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/09/23/01011-20090923FILWWW00605-application-iphone-pour-les-mefiants.php