George Monbiot



Claude Allègre, lui, est financé par VEOLIA… en toute indépendance 🙂

[Gregor Seither – IES News Service – 31/03/2010]

La société pétrolière Koch Industries a versé un plus de 73 millions de dollars en soutiens directs (et 10 millions supplémentaires en aides indirectes) à des groupes contestant le fait que le développement des activités humaines est responsable des changements climatiques. La majorté des groupes « climato-sceptiques » aux Etats-unis et en Europe ont été financés par cette entreprise du Kansas.

Un rapport de l’ONG Greenpeace révèle que le groupe privé Koch Industries, qui exploite des raffineries et des pipelines de pétrole, a versé plusieurs dizaines de millions de dollars à des groupes afin que ceux-ci publient et disséminent des « informations erronées et destinées à tromper le public ». Plus de 35 groupes proches de la droite conservatrice et du mouvement libertarien aux Etats-unis et en Europe ainsi que 20 députés et sénateurs des Etats-unis ont ainsi reçu d’importantes sommes en paiement de leurs services afin qu’ils défendent le développement des extractions de ressources fossiles et désarment la critique vis-à-vis des impacts de ces carburants fossiles sur l’environnement en particulier et le climat en général. Certains de ces groupes se sont présentés comme des « Groupes de chercheurs indépendants » alors que le plus gros de leurs « études » se contentaient de recopier les données fournies par les cabinets de conseil en communication payés par Koch.

Selon Greenpeace, entre 1997 et 2008, Koch Industries a versé près de 50 millions de dollars à des groupes mettant en doute le réchauffement climatique ou l’impact humain sur le climat. Entre 2005 et 2008, Koch a versé 25 millions de dollars à des groupes dénonçant la « menace des écologistes », le « mensonge du changement climatique » ou encore « la promotion d’une vision constructive du développement industriel dans les écoles ». C’est trois fois plus que les sommes versées par la société pétrolière ExxonMobil aux climato-sceptiques.

Koch a également versé 6 millions de dollars aux mouvements politiques US favorables à l’exploitation du pétrole dans les Réserves Naturelles en Alaska ou s’opposant au réchauffement climatique. Enfin, 40 millions de dollars ont été investis dans des actions de lobbying direct en faveur de l’industrie pétrolière et de l’usage des carburants fossiles.  Koch a ainsi financé un lobby anti-Transports en commun très actif aux Etats-unis au nom du slogan « La voiture individuelle, synonime de liberté. »« 


Climat : cesser d’émettre du CO2 ou aller à la catastrophe, par George Monbiot
[Par George Monbiot, The Guardian, 16 mars 2009 – Trad. Contre-Info]
Sur cette frontière grammaticale parfois ténue qui sépare le conditionnel du futur, l’hésitation est-elle encore de mise ? Faut-il écrire que le réchauffement serait ou sera de deux degrés, si ce n’est quatre ?

Les derniers résultats de la communauté scientifique rendus publics lors de la récente conférence de Copenhague sur le climat n’autorisent plus, semble-t-il, à tergiverser. Doit-on en conclure que, le combat contre les émissions étant si mal engagé, il conviendrait désormais de consacrer tous nos efforts à l’adaptation à un futur inévitable ?

Sûrement pas, avertit Monbiot. Car si une reconfiguration immédiate de nos systèmes énergétiques peut sembler fort coûteuse et à la limite extrême de la faisabilité, le prix à payer est sans commune mesure avec celui de la catastrophe d’un emballement incontrôlable du climat. Nous n’aurions plus alors d’autre choix que de consacrer toutes nos énergies à la survie, avant que la bataille ne soit définitivement perdue, non seulement pour l’humanité, mais aussi pour la planète dans son entier.

Rarement sans doute, l’exigeante ligne de conduite résumée par la devise de la maison d’Orange ne se sera imposée avec autant de force. « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

Calmement en public, mais haut et fort en privé, les climatologues dans le monde entier disent la même chose : c’est fini. Le moment où on aurait pu éviter un réchauffement de la planète de 2 degrés est passé. Les occasions d’y parvenir ont été gâchées pour cause de déni et de retard à agir. Sur la trajectoire actuelle, nous aurons de la chance si nous en tirons avec 4 degrés. Les mesures d’atténuation, de limitation des émissions de gaz à effet de serre, ont échoué, et désormais nous devons nous adapter à ce que la nature nous réserve. Si nous le pouvons.

Tel était, en tout cas, le murmure insistant entendu durant la conférence sur les changements climatiques à Copenhague la semaine dernière (1). C’est à peu près le message que Bob Watson, le conseiller scientifique principal pour l’environnement au ministère de l’Environnement, a délivré au gouvernement britannique (2). C’est également la conclusion évidente, quoique non exprimée, que tirent des dizaines de scientifiques. Par exemple, les travaux récents menés par des chercheurs du Tyndall Centre for Climate Change Research, indiquent que même avec une réduction à l’échelle mondiale des émissions de 3% par an à partir de 2020, pourrait nous conduire à un réchauffement de quatre degrés d’ici à la fin du siècle (3) (4) . À l’heure actuelle, les émissions croissent au contraire à peu près à ce rythme. Si cela se poursuit ainsi, quelles en seront les conséquences ? Six ? Huit ? Dix degrés ? Qui sait ?

Face à de tels chiffres, je ne peux blâmer quiconque qui serait tenté par le renonceement. Mais avant de succomber à cette fatalité, permettez-moi de vous exposer les choix auxquels nous sommes confrontés. (suite…)


[De-Smog Blog – 16/01/2007 – Trad. Grégoire Seither]

Des membres de l’équipe de campagne du candidat à l’investiture Republicaine Mitt Romney ont reconnu faire partie des administrateurs d’un nouveau groupe de lobbying fondé à l’automne dernier pour dénigrer les scientifiques travaillant sur le réchauffement climatique et délégitimer tout projet de « fiscalité écologique » ou « pollueur-payeur » qui pourrait gênér les industriels ou entamer leurs profits.

Ce groupe se présente comme étant la « American Environmental Coalition « avec pour but de « unir nos efforts pour une Amérique belle, forte et prospère. » Mais le site très élaboré de cette association a un seul but : dénigrer les arguments en faveur d’un changement climatique. Quand à son action politique, l’unique objectif de ce site semble être d’attaquer le principal adversaire politique de Mitt Romney, le sénateur John McCain, unique candidat Républicain proposant une véritable politique écologique et de lutte contre le changement climatique.

Le site de l’AEC a été enregistré par Gary Marx, directeur exécutif du « Judicial Confirmation Network » et directeur de la « Conservative Coalition », fondée par Mitt Romney. Jay Sekulow, vice-président de la « Faith and Values Coalition » (également fondée par Romney) fait également partie du conseil d’administration de l’AEC. La liste des membres de l’AEC est d’ailleurs un who’s who de Chrétiens conservateurs, d’idéologues du « laisser faire » économique et de défenseurs de l’industrie des énergies fossiles.

Prenez par exemple George Landrith, vice-président d’AEC et fondateur de la fondation « Frontiers for Freedom » – un groupe de pression « défenseur de la libre entreprise et de la propriété » dont le budget est abondé par des organisations philantropes comme ExxonMobil, Philip Morris et R.J. Reynolds Tobacco. On y trouve également le lobbyiste pour l’industrie du charbon, Pat Michaels ainsi que Steve Milloy, avocat mercenaire pour l’industrie du pétrole et du tabac.

En résumé, Mitt Romney fait campagne sur l’idée d’ouvrir les Parcs Nationaux ainsi que la réserve naturelle de l’Alaska à la prospection minière et pétrolière, propose de subventionner la liquéfaction du charbon pour en faire du carburant… pendant que les membres de son équipe de campagne font la promotion d’articles « scientifiques » qui « prouvent » que le changement climatique est un mythe et qu’en matière de protection environementale « il est urgent d’attendre » et de ne pas « entraver la croissance »…

http://www.desmogblog.com/romney-tied-to-global-warming-denier-group


[LE MONDE | 19.12.07]
Décrire une corrélation entre variation du magnétisme terrestre et changement climatique : publiée en janvier par la revue Earth and Planetary Science Letters (EPSL), l’étude conduite par une équipe de chercheurs français menée par Vincent Courtillot, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), n’avait pas à l’époque défrayé la chronique. Elle fait, aujourd’hui, l’objet d’une virulente passe d’armes. Dans un article posté mardi 18 décembre sur RealClimate, un blog animé par des climatologues américains, Raymond Pierrehumbert, professeur de géosciences à l’université de Chicago, pose la question de savoir si ces travaux « franchissent la ligne séparant l’erreur simple de la tromperie active ».

L’affaire n’aurait guère eu d’ampleur si les auteurs de ces travaux, en particulier Vincent Courtillot et Jean-Louis Le Mouël, proches de Claude Allègre, ne comptaient parmi les quelques rares scientifiques qui continuent d’exprimer des doutes sur la responsabilité humaine dans le changement climatique. Pour y opposer, par exemple, des explications fondées sur la variabilité naturelle de l’activité solaire ou du géomagnétisme.
(suite…)


[ 20Minutes.fr, éditions du 19/12/2007]

Le géophysicien français Vincent Courtillot et certains de ses collègues, qui contestent l’origine humaine du réchauffement climatique, sont accusés par d’autres scientifiques d’avoir publié dans une revue américaine des données tronquées pour appuyer leur thèse.

Courtillot contre le GIEC

Dans un article intitulé «Are there connections between the Earth’s magnetic field and climate?» publié en janvier dans le journal Earth and Planetary Science Letters, le géophysicien français Vincent Courtillot et son équipe de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IGP) établissaient notamment une corrélation entre les variations du champ magnétique terrestre, du rayonnement solaire et des températures. Ils jetaient notamment le doute sur le fait que l’homme puisse être le principal responsable du réchauffement actuel. Une thèse qui contredit le dernier rapport du Groupe d’experts sur le changement climatique (GIEC) qui attribue avec une quasi certitude le réchauffement aux activités humaines.

Les Français parlent aux Français

Cet article est sévèrement critiqué par les climatologues Edouard Bard et Gilles Delaygue, du Collège de France. Dans un commentaire à paraître dans Earth and Planetary Science Letters à l’article de Courtillot, les deux chercheurs reprochent au géophysicien «un certain nombre d’approximations qui sapent leurs corrélations». Puis ils attaquent, point par point, les principaux arguments de Courtillot en démontrant qu’il s’est appuyé sur des données partielles ou tronquées pour parvenir à sa conclusion. Ils relèvent notamment que dans ses calculs, le chercheur de l’IGP a utilisé une approximation qui considère que la terre est un disque et non une sphère…

Les Américains s’y mettent

Sur le blog realclimate.org, qui rassemble les contributions de nombreux spécialistes du climat de renommée mondiale, le géophysicien américain Raymond T. Pierrehumbert s’en prend lui aussi à Courtillot. Dans un billet intitulé « Les Chevaliers de l’Ordre de la Terre Plate», il expose et complète, sur un ton très polémique, l’argumentation scientifique publiée par Edouard Bard et Gilles Delaygue. Le chercheur américain, qui a enseigné à l’université de Princeton et au MIT avant d’être professeur à l’Université de Chicago, rappelle d’abord que «nous en savons beaucoup sur l’impact climatique du CO2, et aucune combine avec les rayons cosmiques ou le champ magnétique ne peut faire disparaître cette physique».

« Je-m’en-foutisme et ignorance »

«Comme la plupart des travaux du genre, celui [de Courtillot et al.] est construit sur un vide intellectuel», affirme Pierrehumbert « Je-m’en-foutisme et ignorance, est l’interprétation de loin la plus charitable que l’on puisse apporter à cet ensemble ». Selon ce chercheur, «la plupart des corrélations sur lesquelles reposent les pauvres cas de Courtillot et al. sont en fait bidons», et il s’étonne que la honte ne pousse pas son collègue français, membre de l’Académie des Sciences, «à la recherche du plus proche trou de souris pour s’y cacher».

http://www.20minutes.fr/article/202189/Sciences-Les-sceptiques-francais-du-climat-accuses-de-tricherie.php


Mc Carthy pas mort ![Ayadh Singh – IES News Service – 16/10/2007 – Trad. Grégoire Seither]

L’affaire Dimmock en Grande-Bretagne est survenue au moment où l’attribution du Prix Nobel à Al Gore et au GIEC a remis la question du réchauffement climatique au centre du débat. Cette affaire curieuse – un juge se prononcant sur la validité d’un documentaire et tranchant dans le débat scientifique – aura permis de montrer à quel point les lobbies industriels et les mouvements ultra-libéraux manipulent l’opinion en fabriquant des faux experts, des faux mouvements d’opinion et des fausses institutions scientifiques pour soutenir leurs thèses.

Il ne faut pas creuser très profond sous le cas Stewart Dimmock pour voir apparaître le lobby industriel.  Malheureusement, la majorité des journalistes n’aime pas creuser… ou alors a peur de perdre les susucres que le lobby distribue à ceux qui font le beau.

Le 10 octobre dernier, le journal télévisé de la BBC rendait compte du jugement d’un juge de la Haute Cour britannique qui avait trouvé « neuf erreurs » dans le film d’Al Gore sur le changement climatique – film quoi doit être diffusée dans les écoles dans le cadre d’une mallette pédagogique sur le changement climatique. Afin « d’équilibrer » les thèses présentées par M. Gore, le gouvernement devra donc ajouter des « notes pédagogiques » à la mallette.

L’affaire avait été portée devant les tribunaux par Stewart Dimmock, chauffeur routier de métier et directeur du conseil d’administration de l’école où vont ses enfants. M. Dimmock accusait le film de « faire du lavage de cerveau » aux enfants. Le même soir, le programme radio de la BBC ‘The World Tonight’ interviouvait Stuard Dimmock. Voici quelques extraits  fort intéressants : (suite…)


Y a pas à dire, le lobby productiviste fonctionne bien… aller jusqu’à porter plainte contre la diffusion du film d’Al Gore et pinailler sur des détails pour discréditer l’ensemble de la thèse, c’est pas mal.

Mise à jour du 16/10/2007 : Stewart Dimmock est un agent des lobbies industriels d’extrème droite – cf article de Ayad Singh, à Londres)

Je me demande ce qui se passerait si on portait plainte contre la diffusion officielle d’autres films de propagande dans les écoles, qui contiennent des ficelles encore plus grosses et des affirmations factuelles encore plus erronées… Je me souviens par exemple d’un documentaire sur le nucléaire que nous passait notre prof de physique/chimie ou d’un documentaire à la gloire du « laissez-faire », réalisé par l’OCDE, et qui passait en cours d’histoire/géo…

Mais ceci dit, c’est bien qu’on soumette la propagande d’Al Gore à une analyse factuelle. Ce serait juste intéressant d’entendre sa réponse aux critiques de la Haute Cour.

[IES News Service – 09/10/2007]
Le documentaire oscarisé d’Al Gore « Une vérité qui dérange » a été critiqué hier par un juge de la Haute Cour britannique qui a souligné que le film contient « neuf erreurs scientifiques ». Le juge Barton a reconnu que le film est « factuellement correct dans la plus grande partie de sa présentation » du changement climatique, il cite néanmoins neuf erreurs majeures dans l’argumentaire, « des erreurs provoquées par le contexte alarmiste et exagéré du film » en vue de souligner le point de vue de l’ancien Vice-président et Prix Nobel.

Le juge se prononçait suite à une plainte déposée par Stewart Dimmock, directeur d’école dans le Kent et membre d’un parti ultra-libéral, « The New Party », qui s’oppose au fait que le film d’Al Gore soit diffusé dans les écoles britanniques dans le cadre d’une mallette pédagogique sur le changement climatique, financée par le gouvernement. (suite…)


Les tenant de l’idéologie néo-libérale affirment que le seul moyen de garantir la prospérité de nos sociétés est de laisser un maximum de liberté au marché tandis qu’on restreint au maximum les interventions de l’Etat. Le rôle du gouvernement doit se limiter à la création et à la défense des marchés, la protection de la propriété privée et la défense du territoire. Toutes les autres fonctions sont mieux servies si elles sont déléguées aux entreprises privées, qui seront animées par la recherche du profit et incités par la concurrence à fournir des services de qualité. (…)

Ca, du moins, c’est la théorie. Mais, comme le démontre David Harvey dans son récent ouvrage « A Brief History of Neoliberalism » (Oxford University Press – 2005), partout où le programme néolibéral a été implanté, il a provoqué un déplacement massif des richesses, non pas vers le 1% supérieur de la société, mais vers le dixième supérieur de ce 1%. Aux Etats-unis, par exemple, l’oligarchie qui forme les O.1% supérieurs de la société a retrouvé la place qu’elle détenait au début des années 1920.

Les conditions exigées par le néolibéralisme pour « libérer les êtres humains de l’esclavage étatique » – le moins d’impôt possible, démantèlement des services publics et de la sécurité sociale, suppression des réglementations et la destruction des syndicats – sont exactement les conditions requises pour augmenter encore la richesse d’une minorité tandis que la vaste majorité doit se débrouiller, surnager ou disparaître. De fait, dans sa pratique, le néolibéralisme n’est rien d’autre qu’une manteau idéologique pour habiller l’accaparement des richesses.

Le premier atout des néolibéraux n’est pas la solidité de leurs théories mais l’efficacité de leur appareil de propagande, nourri par un flot quasi incessant d’argent. (suite…)


Robert (qui est un des rares journalistes que j’admire et dont je lis religieusement les articles) se pose plein de questions à propos du 11 septembre 2001.

Moi non.

Moi la seule question que je pose c’est : « Est ce qu’on pourrait voir les bandes vidéo non coupées des caméras de la Highway Authority et qui filmaient la circulation au dessus de l’autoroute qui passe devant le Pentagone ? Elles sont orientées directement sur le point d’impact de l’avion qui aurait frappé la facade ».

Montrez nous ces vidéos ou alors dites-nous pourquoi vous ne les montrez pas. Si vous vous contentez de répéter « No Comment », ne vous étonnez pas que les gens se posent des questions.

[Contre-Info- 27/08/07 – Traduit par HD depuis un article du Independent de Londres ]

Robert Fisk« Epargnez moi les exaltés, épargnez moi les complots. Mais comme tout le monde, j’aimerais connaître la véritable histoire du 11 septembre, à tout le moins parce qu’elle a marqué le déclenchement de la plus folle et dévoyée « Guerre contre la terreur » qui nous a conduit au désastre en Irak et en Afghanistan et dans une grande partie du Moyen Orient. »

Chaque fois que je donne une conférence à l’étranger sur le Moyen Orient, il y a toujours une personne dans l’assistance – une seule – que je nomme « l’exalté ». Toutes mes excuses à tous ceux, hommes et femmes, qui assistent à mes interventions et posent des questions éclairées et pertinentes – qui sont souvent un rappel à l’humilité pour le journaliste que je suis – et qui montrent qu’ils comprennent la tragédie du Moyen Orient bien mieux que les journalistes qui la couvrent. Mais « l’exalté » existe. Il se manifeste à Stockholm et à Oxford, à Sao Paulo et à Erevan, au Caire, à Los Angeles et, dans sa version féminine, à Barcelone. Quelque soit le pays, il y a toujours un « exalté ».

La question qu’il – ou elle – pose ressemble à ceci : pourquoi, si vous êtes un journaliste libre, ne dites vous pas ce que vous savez vraiment sur le 11 septembre ? Pourquoi ne dites vous pas la vérité – que l’administration Bush (ou la CIA, ou le Mossad, faites votre choix) a fait sauter les tours jumelles ? Pourquoi ne révélez-vous pas les secrets qui sont derrière le 11 septembre ? L’hypothèse à chaque fois, c’est que Fisk sait, que Fisk a un bureau bien réel, rempli de dossiers factuels solides et contenant les preuves décisives de ce que « tout le monde sait » (c’est en général la phrase utilisée) : qui a détruit les tours jumelles. (suite…)


Une nouvelle étude scientifique estime que nous avons grandement sous-estimé la rapidité et l’impact des changements climatiques… et que les réponses proposées sont totalement inadéquates.

Mise à jour du 18/10/2007 : le lobby industriel et les ultralibéraux s’agitent pour discréditer la théorie du réchauffement climatique afin de défendre leurs marges bénéficiaires. Ils le font d’autant plus violemment depuis l’attribution du Prix Nobel à Al Gore et au GIEC. Si encore il le faisaient dans le cadre d’un débat scientifique ouvert et honnète, pas de problème. Mais ils préferrent user des stratégies manipulatrices des « communiquants » en fabricant de faux experts et en avancant à visage masqué. Le cas Stewart Dimmock est fort instructif à cet égard.

[George Monbiot. The Guardian – 03/07/2007 – Trad. Grégoire Seither]

Ce week-end, alors que je lisais un article dans une revue scientifique dans le train qui me ramenait chez moi, j’ai soudain constaté avec surprise que mes mains s’étaient mises à trembler. Cela ne m’était jamais arrivé jusqu’ici, mais d’un autre côté je n’avais non plus jamais lu d’article similaire. Publié par l’équipe dirigée par James Hansen, expert climatique à la Nasa, le rapport dit sans détours que l’analyse – pourtant déjà très noire – du Comité Intergouvernemental sur le Changement Climatique (Intergovernmental Panel on Climate Change – IPCC) est encore bien trop optimiste (1). (suite…)