Corinne Lepage



Le simple fait qu’une outre bouffie comme Placé « ait sa place » aux Verts montre bien à quel point ce « parti » (si on peut encore parler de parti) est devenu rien d’autre qu’une boutique politique pour arrivistes qui cherchent à contourner les embouteillages dans les autres partis afin d’arriver plus rapidement en haut, là où on s’imagine avoir un quelconque pouvoir et où les assiettes au beurre sont bien garnies…

Un mec qui tire sa gloire d’avoir « casé sa meuf à la direction » et qui rève d’un groupe « Alcool, femmes et politique » serait candidat à la direction des « Verts » ? Ben putain, il est loin le temps des combats pour changer la société phallocrate et la politique de papa… Placé, c’est comme Bernard Tapie au PS, à l’époque…

Quel est le bilan de la « participation » des Verts au gouvernement ? Qu’est ce qui a changé chez les « Verts » depuis 2002 ? Quel est l’impact des Verts sur les questions fondamentales qui déterminent l’avenir de notre planète ?

Sic transit gloria bouffie…

PORTRAIT : Jean-Vincent Placé – Le «rad-soc» des Verts
[Le Monde – 21.05.08]
Il a rejoint les Verts en 2001, sans aucun passé écolo, et s’y est vite imposé. Il rêve maintenant de prendre la direction du parti, où il suscite encore des interrogations

Il est le premier à avoir sonné la charge contre Dominique Voynet, au soir de sa victoire à Montreuil, aux élections municipales du mois de mars. Jean-Vincent Placé, président du groupe Verts au conseil régional, n’aurait laissé ce rôle à personne. Même seul au milieu du concert de louanges qui a accompagné l’ancienne patronne des Verts. « Dommage qu’elle ait gagné contre un autre élu de gauche. J’espère qu’elle va s’occuper à plein temps des habitants de Montreuil », expliquait-il sur TF1, avant d’exiger que la nouvelle élue choisisse entre son mandat de sénatrice et celui de maire.La critique sans nuance marquait la reprise des hostilités internes. Mais aussi la sortie au grand jour de cet homme de l’ombre qui pèse lourd au sein du parti écologiste. Son nom est peu connu, mais sa silhouette est familière dans les négociations entre partis de gauche. Jean-Vincent Placé, 40 ans, n’a pas de fonction interne et pour seul mandat celui de conseiller régional depuis 2004. Il a su se rendre indispensable dans un parti qu’il n’a rejoint qu’en 2001.

Ce jeune auditeur financier est entré chez les Verts sans antécédent écolo, mis à part sa proximité avec Michel Crépeau, ancien ministre de l’environnement, dont il fait connaissance en 1992 dans les cercles discrets de la franc-maçonnerie. Le jeune Placé ne fait alors guère de politique. Il a milité un temps à l’UNEF-ID, puis fréquenté les réunions du PS à Caen mais semble en être revenu. Suivant son mentor, il adhère au Mouvement des radicaux de gauche et devient assistant parlementaire.

A la mort du « vieux », en mars 1999, il cherche à changer d’air. Au Parti radical de gauche (PRG), il est en concurrence avec d’autres jeunes aux dents longues. Les perspectives de carrière semblent plus ouvertes chez les Verts. Il se tourne vers Noël Mamère, qu’il croise à l’Assemblée. En vain. « Avec ses habitudes de conciliabules dans les couloirs, de bonnes bouffes de «rad-soc», c’était un ovni pour nous ! », se souvient Sergio Coronado, proche du député de la Gironde. Qu’importe ! Jean-Vincent Placé frappe à d’autres portes vertes plus accueillantes : Jean Desessard, représentant du courant environnementaliste, le prend sous son aile. (NdL&I : Aaah, c’est encore un poulain de Desessard, un des nombreux…)

Très vite, le jeune homme se retrouve à la tête du Centre d’études et de développement pour les élus écologistes et solidaires (Cedis), une réserve de subventions utile mais qui vivote. Il le développe, lance des séminaires et se construit un réseau d’obligés dans tous les courants. « En payant des formations ou en finançant des projets, il est le roi du pétrole », s’amuse un membre de l’exécutif.

Louvoyant entre toutes les sensibilités, il se fait élire deux ans plus tard comme tête de liste parisienne aux régionales. Puis à la tête du groupe qu’il parvient à imposer dans les négociations au conseil régional d’Ile-de-France. « Ce n’est pas un Khmer vert mais il défend bien les intérêts de son parti », remarque le député PS Julien Dray. « C’est un vrai homme d’influence et il tient ses troupes », confirme Jean-Paul Huchon, président de la région. Les deux hommes partagent le goût de la bonne chère et un certain sens de l’humour de fin de repas qui les amènent à se rêver, certains soirs, fondateurs et membres actifs d’un club fictif qu’ils ont baptisé « Alcool, femmes et politique ». (NdL&I : Kolossal humour… on pensait que Les Verts voulaient faire de la politique autrement que l’habituelle magouille entre cognac et cigares après un bon repas. On était naifs…)

Une fois bien installé au conseil régional, Jean-Vincent Placé s’est déployé chez les Verts et a pris une place étonnante. Sans jamais intervenir dans les débats de congrès, il négocie les alliances et propulse son nouveau courant, « Espoir en acte », au centre du jeu. « Il est toujours au milieu. C’est son fonctionnement et sa culture », admire Jean-Marc Brulé, conseiller régional.

C’est ainsi qu’au congrès de Bordeaux en 2006, Cécile Duflot, alors sa compagne, se retrouve secrétaire nationale bien que minoritaire au sein du parti. Il lance à un Bruno Le Roux, député du PS, médusé : « T’as vu qui est secrétaire nationale ? Ma meuf ! C’est moi le patron maintenant. » (NdL&I : et il ne s’est trouvé personne chez les Verts pour lui foutre un grand coup de pied dans les boules en réponse ? Putain, mais Francine, tu fois quoi ?).

Plus tard, en pleines négociations pour les législatives de 2007, bombardé « expert électoral », il exige pour les Verts une douzaine de circonscriptions éligibles. Il ne les obtiendra pas et se battra alors contre l’accord avec le PS. « Tout à ses marchandages, il n’avait pas vu que le score de Voynet à la présidentielle avait tant changé la donne », souligne M. Coronado.

Il reconnaît qu’il « a faim » et qu’il va vite. Un appétit né de la frustration au début de sa vie. Il a passé ses sept premières années, à Séoul, dans un orphelinat tenu par des protestantes hollandaises. Adopté par un couple normand, le petit Coréen se retrouve au sein d’une famille de cinq enfants « très à droite et très chrétienne », sans parler un mot de français. Il en a gardé des bons souvenirs et quelques repères : une passion pour Napoléon, un côté « un peu XIXe siècle et conservateur » et des vacances régulières en Charente-Maritime. Mais le choc lui a forgé le caractère : « Ça fait que j’aime manger plus que de ra ison », lance-t-il goguenard.

Au pays des écolos, avec sa rondeur de bon mangeur dans ses costumes bleu marine, il fait « un peu décalé », reconnaît-il. Les cadres Verts sont peu diserts sur le personnage. « Je n’ai pas envie de parler de lui », lâche le député Noël Mamère. Idem pour le conseiller de Paris Denis Baupin. Ou alors en « off », comme cette élue à l’exécutif qui avoue ne « pas se repérer dans sa manière de faire de la politique ».

Le jeune homme pressé s’est créé des inimitiés solides, mais taiseuses. On lui reproche d’avoir « importé » les méthodes apprises au PRG. Intrigues, alliances dans les couloirs, menaces sous couvert de pressions amicales, peu d’appétit pour les batailles idéologiques qui font le délice des Verts : tout pour déplaire. Et pourtant il grimpe.

« Sa force c’est que, pour lui, c’est naturel. Il agit en proprio », grince Francine Bavay, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France. Le quadragénaire ne s’en cache pas : il veut désormais le pouvoir chez les Verts. Cela fait longtemps qu’il se rêve secrétaire national, si Cécile Duflot est d’accord, sinon porte-parole. « Je n’exclus rien pour moi-même », dit-il. La victoire inattendue de Dominique Voynet pourrait chambouler ses plans. Pour Placé, pas question de la laisser faire. « Si elle remet les pieds dans le parti, ça va commencer à devenir Stalingrad pour elle », prévient-il.

Il veut « maintenir les Verts à gauche » mais pas en appendice du PS, comme il soupçonne la sénatrice de vouloir le faire. Son plan d’attaque est prêt : monter son « fortin » en Seine-Saint-Denis, autour des élus de Plaine Commune, pour « reprendre » la fédération aux voynetistes. Et « bétonner » les fédérations en faisant la tournée de ses « amis ». Objectif : un congrès de décembre où lui et Duflot pèseraient 60 %. A la rad-soc.

http://www.lemonde.fr/


Bon, d’accord, d’accord… j’arrête d’acheter des barquettes de fraises chez ED…

Qui a envie de manger des fraises d’Espagne ?

[Claude-Marie Vadrot – Politis – jeudi 12 avril 2007]

D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler « fraises » ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le goût des tomates…

Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement.

Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe. Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF-France s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu’ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché. (suite…)


[Le Figaro – 08/04/2008]
Le député UMP François Grosdidier ferraille contre le lobby pro-OGM à l’Assemblée. Il détaille pour lefigaro.fr les raisons de son combat, qui l’amène à s’opposer à des parlementaires de son parti.

François Grosdidier, député de Moselle, a fait adopter mardi soir avec Yves Cochet et le communiste André Chassaigne un amendement qui torpille celui de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée, et va dans le sens de plus de transparence en matière d’information sur les OGM. Une indépendance qu’il estime justifiée par des considérations avant tout éthiques. Entretien.

Pourquoi vous placer en porte-à-faux avec une partie des parlementaires UMP ?

J’estime que les enjeux sont énormes et importants. Les amendements adoptés par le Sénat et repris par la Commission des affaires économiques sont en contradiction avec l’esprit du Grenelle de l’environnement et avec les attentes de la société française. Certains voudraient tout faire pour mettre en place un système verrouillé et opaque, dans le but de diffuser rapidement et massivement les cultures OGM. Ce groupe d’élu est en complet décalage culturel et générationnel. Pour moi, le texte qu’ils voulaient faire passer constitue une faute morale. L’humanisme implique à mon avis de faire passer les questions sanitaires et environnementales au-dessus des autres considérations.

http://www.lefigaro.fr/politique/2008/04/08/01002-20080408ARTFIG00446-ogm-un-depute-ump-denonce-les-pressions-des-lobbies.php


Maintenant vous comprenez pourquoi il y a des émeutes de la faim… c’est pas intéressant de vendre de la farine aux pauvres du Sud, quand on peut s’en servir pour remplir le réservoir d’un conducteur de 4×4 dans le Nord…Les nécro-carburants sont l’illustration parfaite que le capitalisme, s’il peut en espérer un profit, vous vendra la corde avec laquelle vous le pendrez.

Comme des lemmings courant vers le précipice, les spéculateurs se jettent sur les bioagro nécro-carburants, ne se souciant que de leur résultat quotidien, incapable de voir plus loin que la cloture de la Bourse de ce soir… et ignorant (ou faisant mine d’ignorer) la catastrophe planétaire qu’ils préparent…

[Wall Street Journal – 04/04/2008]

Le contribuable U.S. finance à hauteur de 1 dollar chaque litre de (bio) nécro-carburant qui est fabriqué aux U.S. pour l’exportation. A l’époque, le gouvernement voulait encourager l’industrie d’agro-carburants afin de réduire la dépendance du pétrole… mais, comme le rapporte le Guardian, cette politique de subvention a eu des conséquences néfastes. (. . .)

De plus en plus, les spéculateurs négociants transportent des cargaisons d’agro-carburants depuis l’Asie et l’Europe vers les ports des Etats-unis. Là bas, ce carburant « bio » est mélangé à un peu de « vrai » diesel… ce qui le rend conforme aux politiques d’aide à l’exportation. Ce biofuel subventionné est ensuite renvoyé en Europe, où il réçoit également des subventions de la part de l’Union Européenne, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique et du développement des énergies renouvelables. Chaque litre de biofuel est ainsi subventionné deux fois.

Selon les organisations spécialisées dans les agro-carburants, entre 30 et 300 millions de dollars de subventions sont ainsi re-exportés vers l’Europe. Et les allers-retours par tanker entre l’Europe et les USA alourdissent encore le bilan écologique négatif de ces carburants.

Par ailleurs, le « dumping » de ces carburants lourdement subventionnés rend la production Européenne de bio-carburants peu compétitive et a déjà cause la fermeture de plusieurs usines de production. Et pourtant, pour des raisons politiques, l’Union européenne a beaucou investi dans cette production de carburants « écologiques ». Mais les im, despite its own efforts to ramp up production to meet political mandates. Imports are undercutting local producers on price.

http://blogs.wsj.com/environmentalcapital/2008/04/01/us-biofuels-subsidies-not-for-farmers-but-for-europeans/?mod=WSJBlog


Ceux qui se sont mobilisés à l’occasion de la marée noire de l’Erika connaissent bien Jo Le Guen, sportif qui avait tenté de traverser l’Océan Pacifique Sud à la rame pour sensibiliser le public à la pollution des océans avant de fonder « Keep It Blue », association qui se consacre aux problèmes d’indemnisation des marées noires, de la sécurité maritime et du traitement des déchets des navires dans les ports européens.

Au milieu de l’euphorie du « préjudice écologique », sa voix d’expert résonne comme un avertissement sobre et rassérénant.

 

[Jo Le Guen – Keep It Blue – 18/01/2008]

Comment peut-on se réjouir ? Comment peut-on dire aux victimes « Le groupe TOTAL paiera son imprudence ». Qu’ont gagné les victimes de l’Erika ?

Le droit d’attendre l’ouverture du procès en appel dans un an.

Et d’aller droit dans le mur.

Nous vivons le même contexte de désinformation que celui qui a prévalu dans les mois qui suivirent le naufrage.

Un petit rappel du paysage juridique semble nécessaire. (suite…)


[The Guardian – 21/12/2007]

Le rapport du European Bird Census Council, RSPB et BirdLife International révèle que près de la moitié des espèces communes d’oiseaux en Europe sont sur la voie de l’extinction sur le continent européen. Des recensements entrepris au cours de ces 26 dernières années montrent que les populations de 45% d’espèces d’oiseaux communes ont décliné de manière inquiétante, voire dramatique sur le continent européen. Dans certains cas, 95% des populations d’oiseaux ont disparu 

Le rapport « State of Europe’s Common Birds 2007 » montre que les disparitions de populations d’oiseaux sont les plus fortes en zone agricole, notamment à cause des pratiques de l’agriculture industrielle.  95% des alouettes cochevis huppées ont disparu ainsi que près de 50% des vannaux et pluviers. Le pivert cendré à disparu à 81%, la perdrix grise à disparue à 79% tandis que les populations de tourterelles ont décliné de 62%.

http://www.guardian.co.uk/environment/2007/dec/21/conservation.wildlife?gusrc=rss&feed=environment


Le développement durable, seule réponse aux trois crises de l’été
[Cap 21 – Tribune parue dans Les Echos du 23 août 2007]
La hausse du prix des matières premières agricoles, la controverse sur les conséquences en termes de santé et de pollution de la croissance chinoise, la crise financière liée aux crédits hypothécaires à risque américains (dont les crédits immobiliers) dite crise du « subprime », constituent les trois événements phares de l’été. Ils illustrent trois facettes du caractère non soutenable des orientations économiques et financières planétaires qui refusent de sortir d’un court-termisme suicidaire.

http://corinnelepage.hautetfort.com/archive/2007/08/23/le-developpement-durable-seule-reponse-aux-trois-crises-de-l.html