Changement climatique



[Serge Leblal – Le Monde Informatique – 27/08/2009]
Et si le retrait de certaines substances toxiques était à l’origine des explosions d’iPhone?

Alors que le nombre d’écrans d’iPhone craquelés à la suite d’une supposée explosion ne cesse d’augmenter et qu’Apple se complait dans un silence coupable, les raisons qui expliqueraient ces mystérieux accidents se multiplient. Batterie explosive ? Ecran trop fin ? Coque fragile ? Surchauffe solaire ? Et si finalement, il fallait plutôt chercher du côté des efforts réalisés par Apple pour satisfaire les lobbies écologistes?

Régulièrement épinglé par le Guide pour une high-tech responsable de Greenpeace sur l’usage de Polychlorure de vinyle (PVC) et de retardateurs de flamme bromés (RFB) dans la fabrication de son smartphone, Apple a fini par réagir. Par la voix de son charismatique président Steve Jobs, il avait annoncé en mai 2007 que fin 2008 ses produits n’utiliseraient plus de tels produits toxiques pour la fabrication des circuits flexibles ou la protection de l’antenne intégrée (jusqu’à 10% du poids de l’iPhone). Une page web du site d’Apple recense d’ailleurs les produits toxiques supprimés dans la fabrication des produits de la marque.

Apple a supprimé les produits toxiques qui empechaient la surchauffe

Seul problème, le rôle des RFB consiste à prévenir la combustion des plastiques en cas de surchauffe. Et on ne sait pas quel substitut Apple utilise aujourd’hui pour protéger les composants électroniques des derniers iPhone de tels risques. Les explosions constatées récemment ne sont-elles pas liées à la disparition des RFB et à l’utilisation d’un matériel certes moins toxique mais également moins efficace ? Récemment pointé du doigt par Greenpeace pour son insistance à utiliser des retardateurs de flamme bromés dans ses produits, HP avait indiqué qu’il n’y avait pas à ce jour de solution de rechange suffisamment efficace pour remplacer ce produit toxique

Alors les nombreuses casses spontanées d’écrans d’iPhone en France sont-elles dues à une mauvaise conception dictée par des impératifs environnementaux mal maîtrisés ? A trop vouloir devenir green, Apple a-t-il négligé la sécurité des ses clients ?

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-et-si-le-retrait-de-certaines-substances-toxiques-etait-a-l-origine-des-explosions-d-iphone-29052.html

Publicités

[Gregor Seither – IES News Service – 26/07/2009]
Il y a environ deux semaines, l’Administration Obama a rendues publiques environ 1 000 photos prises par les satellites espions de l’Armée U.S. au-dessus de l’Arctique et jusqu’ici censurées par l’Administration précédente.

Ces photos avaient été prises dans le cadre d’un programme de recherche scientifique qui permet aux chercheurs de demander et d’obtenir des prises de vues faites par les satellites de surveillance militaire. L’Administration Bush avait autorisé les chercheurs à consulter les photos mais avait interdit leur publication.

Pour Jeff Huber, de l’Académie Nationale des Sciences, « il est probable que ces photos allaient trop à l’encontre de la vulgate préchée par les lobbies industriels à Washington, qui veut que rien n’est certain en termes de réchauffement climatique et qu’il est urgent d’attendre avant de faire quoi que ce soit qui puisse déranger les industriels… ou les frapper au portefeuille. »

L’Administration Bush est déjà accusée d’avoir fait disparaître plusieurs rapports scientifiques dénonçant l’impact environnemental d’une exploitation pétrolière et minière dans les zones du Grand Nord… une exploitation que les lobbies et amis du président Bush ne cessent de réclammer. « Ne rien faire qui pourrait facher les amis industriels et financiers qui forment l’équipe de Bush » précise Jeff Huber.

Au début du mois, la National Academy of Science a conseillé à la nouvelle administration de « déclassifier » ces photos, ce qui a été fait le jour même. L’attention de la presse a été attirée sur ces documents à cause de la publication, hier, par le Guardian, de la photo suivante, qui est assez frappante. Il s’agit des glaces au large de la ville de Barrow, en Alaska, prises lors de l’été 2006 et l’été 2007 :

Photo censurée par l'Administration Bush montrant le recul des glaces arctiques

Photo censurée par l'Administration Bush montrant le recul des glaces arctiques

Mais bien d’autres images tout aussi dérangeantes sont désormais consultables sur le site de la « Global Fiducials Library » de l’institut de recherche géologique U.S. <http://gfl.usgs.gov/ArcticSeaIce.shtml>.

Voici , par exemple, l’évolution, sur six ans, des glaces dans la Mer de Beaufort :

Photo censurée par l'Administration Bush montrant le recul des glaces arctiques

Photo censurée par l'Administration Bush montrant le recul des glaces arctiques

Ou encore, la preuve du recul important du Glacier de Béring (dont le lobby industriel veut nous faire croire qu’il avance en fait) :

Recul du Glacier de Béring

Recul du Glacier de Béring


Climat : cesser d’émettre du CO2 ou aller à la catastrophe, par George Monbiot
[Par George Monbiot, The Guardian, 16 mars 2009 – Trad. Contre-Info]
Sur cette frontière grammaticale parfois ténue qui sépare le conditionnel du futur, l’hésitation est-elle encore de mise ? Faut-il écrire que le réchauffement serait ou sera de deux degrés, si ce n’est quatre ?

Les derniers résultats de la communauté scientifique rendus publics lors de la récente conférence de Copenhague sur le climat n’autorisent plus, semble-t-il, à tergiverser. Doit-on en conclure que, le combat contre les émissions étant si mal engagé, il conviendrait désormais de consacrer tous nos efforts à l’adaptation à un futur inévitable ?

Sûrement pas, avertit Monbiot. Car si une reconfiguration immédiate de nos systèmes énergétiques peut sembler fort coûteuse et à la limite extrême de la faisabilité, le prix à payer est sans commune mesure avec celui de la catastrophe d’un emballement incontrôlable du climat. Nous n’aurions plus alors d’autre choix que de consacrer toutes nos énergies à la survie, avant que la bataille ne soit définitivement perdue, non seulement pour l’humanité, mais aussi pour la planète dans son entier.

Rarement sans doute, l’exigeante ligne de conduite résumée par la devise de la maison d’Orange ne se sera imposée avec autant de force. « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

Calmement en public, mais haut et fort en privé, les climatologues dans le monde entier disent la même chose : c’est fini. Le moment où on aurait pu éviter un réchauffement de la planète de 2 degrés est passé. Les occasions d’y parvenir ont été gâchées pour cause de déni et de retard à agir. Sur la trajectoire actuelle, nous aurons de la chance si nous en tirons avec 4 degrés. Les mesures d’atténuation, de limitation des émissions de gaz à effet de serre, ont échoué, et désormais nous devons nous adapter à ce que la nature nous réserve. Si nous le pouvons.

Tel était, en tout cas, le murmure insistant entendu durant la conférence sur les changements climatiques à Copenhague la semaine dernière (1). C’est à peu près le message que Bob Watson, le conseiller scientifique principal pour l’environnement au ministère de l’Environnement, a délivré au gouvernement britannique (2). C’est également la conclusion évidente, quoique non exprimée, que tirent des dizaines de scientifiques. Par exemple, les travaux récents menés par des chercheurs du Tyndall Centre for Climate Change Research, indiquent que même avec une réduction à l’échelle mondiale des émissions de 3% par an à partir de 2020, pourrait nous conduire à un réchauffement de quatre degrés d’ici à la fin du siècle (3) (4) . À l’heure actuelle, les émissions croissent au contraire à peu près à ce rythme. Si cela se poursuit ainsi, quelles en seront les conséquences ? Six ? Huit ? Dix degrés ? Qui sait ?

Face à de tels chiffres, je ne peux blâmer quiconque qui serait tenté par le renonceement. Mais avant de succomber à cette fatalité, permettez-moi de vous exposer les choix auxquels nous sommes confrontés. (suite…)


Si vos gosses vous demandent quel métier choisir quand ils seront grands, dites leur que paysan/marraicher c’est un métier d’avenir… Et commencez déjà à leur chercher un lopin de terre à exploiter…

[Gregor Seither – IES News Service – 21/03/2009]
Le directeur du conseil scientifique du gouvernement britannique, le Professeur John Beddington, tire la sonnette d’alarme : les effets combinés de la crise alimentaire, de la limitation d’accès à de l’eau potable et de la raréfaction des sources d’énergie risquent de provoquer des émeutes, des conflits transfrontaliers et une vague massive d’immigration de réfugiés cherchant à fuir les régions les plus affectées. Pour le professeur Beddington, ces crises deviendront aigues dès 2030.

Dans un discours devant les participants de la conférence Sustainable Development UK, organisée par le gouvernements britannique à Westminster, Beddington a expliqué que l’accroissement démographique, les succès des programmes d’amélioration de la santé et de lutte contre la pauvreté ainsi que la croissance économique des nations émergentes ont pour conséquence un accroissement exponentiel de la demande en nourriture, eau potable et ressources énergétiques. L’accroissement de cette demande, qui devrait aller en s’accélérant au cours des 20 prochaines années, survient à un moment où les pays de la planète sont confrontés à une autre urgence : modifier leurs comportements énergétiques et de consommation afin de lutter contre l’émission des gaz à effet de serre. (…)

Toujours selon le Prof. Beddington, si les prix alimentaires se sont à nouveau tassés après leur forte augmentation l’an dernier, la production mondiale de céréales telles que le blé ou le mais n’arrive toujours pas à suivre la demande. Aujourd’hui les réserves mondiales ne représentent que 14% de la demande annuelle, un taux tellement bas qu’il suffirait d’une sécheresse, d’une inondation ou d’une mauvaise récolte dans une région productrice majeure pour faire à nouveau exploser les prix.

« Une inondation comme celle qui a frappé les Etats-unis l’an dernier ou encore un été trop sec en Chine suffiraient à faire basculer la situation. Les prix grimperaient à nouveau, déclenchant des émeutes de la faim à travers le monde. Et cette fois ci la gouvernance mondiale alimentaire n’a plus les moyens de réguler les prix en mettant des réserves sur le marché » explique Beddington, « car la majorité des réserves ne sont pas stockées dans des hangars mais sont simplement des tonnages d’aliments actuellement en transit entre les différents ports« .

« Nos réserves alimentaires n’ont jamais été aussi basses depuis 50 ans, alors que nous devons accroître notre production alimentaire de 50% d’ici à 2030. Et simultanément il va nous falloir 50% de plus d’énergie et 30% de plus d’eau potable. »

« Cette situation explosive représente la plus grande menace pour la stabilité et la paix mondiale qui ait jamais existé. Des centaines de millions d’hommes et de femmes vivent dans les régions les plus exposées et n’auront pas d’autre choix que de partir pour tenter de survivre ailleurs. Les sources de conflits, d’épidémies, de guerres seront innombrables… et jusqu’à présent l’humanité n’a encore jamais apporté la preuve qu’elle savait gérer ce genre de situation. »

Avant d’occuper le poste de Conseil scientifique en chef du gouvernement, John Beddington était professeur de Biologie démographique appliquée (population biology) au Imperial College de Londres. Il est reconnu comme un expert mondial sur l’emploi durable de ressources renouvelables.


The Independent – Tim Walker, 12 octobre 2008 – Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info]

Un réchauffement planétaire se déroule et nous en sommes rendus responsables, pas vrai ? C’est certainement l’avis de presque chaque expert en la matière. Sauf qu’une bande de négateurs purs et durs tourne toujours en dérision le consensus. Sont-ils complètement à la masse ?

Jugez en par vous-même . . .


La légende l’appelle le « grand prêtre de la supercherie et de la destruction mondiale. » Son image le représente en dragon crachant le feu. Et, qui fait l’objet de cette méchante attaque personnelle ? Nul autre qu’Al Gore, celui qui a obtenu l’an dernier le Nobel de la Paix avec le Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution Climatique (GIEC), pour avoir réussi à porter à l’attention publique de la planète l’emmerdement du changement climatique.

Tout le monde ne rejoint pas Gore et ses convictions sur l’avenir de notre planète, et surtout pas Hans Schreuder, 62 ans, ancien chimiste, auteur du site ILoveMyCarbonDioxide <http://www.ilovemycarbondioxide.com/&gt; [j’adore mon CO2] qui combat Gore, (voir page 29). Schreuder est l’un de ceux qui font toujours montre de scepticisme au sujet du changement climatique, en dépit du nombre de preuves qui nous sont présentées journellement, à nous le public, malgré l’acceptation unanime de la théorie du changement climatique par chaque académie scientifique nationale du monde industrialisé

Même le Président Bush, qui a bloqué pendant si longtemps toute avancée, a reconnu que le changement climatique est réel et le fait des émissions carbonées de l’Homme. Et même Bush a essayé, sans enthousiasme toutefois, de faire quelque chose dans les derniers jours de son administration. (Bien qu’il reste la grande gageure de persuader les nouveaux grands pollueurs, la Chine et l’Inde, de signer tous les accords de réduction.)

Les sceptiques racontent que, dans les rapports du GIEC, les principales preuves d’un changement climatique régit par le carbone sont des âneries [1]. Plus précisément, la courbe en « crosse de hockey, » qui corrèle fortement la montée de la température mondiale à la forte hausse des émissions carbonées, tout comme ce que démontre Gore à l’aide d’une grue hydraulique dans son film Une vérité qui dérange. Les adversaires de Gore disent que, en réalité, les signes du début de la baisse de la température mondiale sont en là depuis l’an 2000.

En 2005, le comité sur l’économie de la Chambre des Lords a exprimé son « inquiétude » quant à l’objectivité du GIEC, suggérant que ses projections étaient « influencées par des considérations politiques. » Par la suite, les allégations du comité ont été rejetées par le gouvernement et le Rapport Stern sur les aspects économiques du changement climatique. Mais les discussions des groupes d’intérêts ont uni les sceptiques, lesquels font à leur tour l’objet de l’accusation souvent formulée d’être dans la poche de la grosse industrie pétrolière et gazière, ou du Parti Républicain étasunien.

Les incrédules viennent du monde politique, économique, de la télévision et, surtout, scientifique. David Bellamy, un professeur de botanique qui était auparavant la figure télévisuelle de l’évangélisation écologique, a été comparé à un négationniste de l’Holocauste car il ne croit pas que les rejets carbonés entraînent le changement climatique. Le climatologue Piers Corbyn (page 25) est sûr que le changement climatique est dû à l’activité solaire, pas au CO2. L’économiste Ruth Lea (page 25) prévient sur les mesures du GIEC et l’intérêt des entreprises. Martin Durkin (page 28), l’auteur du documentaire The Great Global Warming Swindle (l’escroquerie du grand réchauffement mondial), affirme que le domaine écologique est trop vaste pour que l’on puisse avoir les moyens d’en connaître les lois scientifiques. Et l’ancien Chancelier, Nigel Lawson (page 27), soutient que, si la science du changement climatique est peut-être correcte d’une façon générale, ses conséquences sont exagérées.

Devions-nous donner leurs opinions incompétentes ? Que vous soyez d’accord ou pas (et il y a des chances pour que vous ne le soyez pas), les mécréants du changement climatique n’ont pas l’intention de la boucler. (suite…)


[Gregoire Seither – IES News Service – 02/08/2008]

Au lendemain des déclarations de John McCain et de sa colistière Sarah Palin, affirmant que le réchauffement climatique est « questionable » et que « rien ne prouve que les glaces du Pôle Nord sont entrain de fondre« , le US National Snow and Ice Data Center (NSIDC) a attiré l’attention du public sur des photos satellite prises il y a deux jours et qui montrent que pour la première fois dans l’histoire humaine, il est possible de faire le tour du Pôle Nord par les passages du Nord-Ouest et du Nord-Est. Sur ces photos, publiées par le laboratoire de climatologie de l’Université de Brème, toutes les glaces fermant habituellement ces voies maritimes ont fondu.

Pour le Professeur Mark Serreze, spécialiste de la glace maritime au NSIDC, ces photos sont « historiques ». Il estime qu’elles apportent une nouvelle preuve aux craintes des scientifiques que les glaces de l’Arctique sont entrées dans une « spirale funeste » et que même des chutes de neige dans ces prochaines années ne pourront freiner la disparition du pack. Pour certains scientifiques, toutes les glaces du Pôle pourraient avoir disparues en été, d’ici à cinq ans.

Quatre entreprises de transport maritime ont déjà annoncé vouloir mettre en service une liaison commerciale maritime Europe-Asie et Asie-Amérique via les mers du Pôle. Une liaison fret existe déjà depuis quatre ans, en été, le long des côtes de la Sibérie.


[Tim Carr – IES News Service – 08/05/2008]
Le prix de l’essence à la pompe approchant les 4 dollars le gallon, de plus en plus de travailleurs aux Etats-unis laissent leur voiture au garage et optent pour les transports en commun, bus, métros, trains…

Pour William W. Millar, président de la American Public Transportation Association : « A travers tout le pays, les entreprises de transport en commun voient le nombre d’usagers augmenter considérablement, au point que les rames et bus sont bondés et que les utilisateurs doivent souvent en laisser passer plusieurs avant de pouvoir entrer. Même les lignes habituellement peu fréquentées sont désormais bondées.

Les parkings a proximité des stations intermodales sont désormais pleins dès 7h du matin… et les automobilistes prennent même le risque de se faire mettre en fourrière en occupant le moindre espace libre pour y garer leur voiture en journée. En Californie, de nombreuses villes ont ouvert des parkings supplémentaires et embauche des gardiens pour les surveiller en journée.

Pour certains usagers, convertis du « tout bagnole », prendre le bus est une expérience culturelle révolutionnaire, les systèmes de transport publics aux Etats-unis étant souvent concentrés dans les zones « pauvres et noires » des zones urbaines et attirant avant tout des usagers des classes défavorisées.

Le célèbre présentateur radio de Chicago,  J. Reynolds s’est récemment émerveillé de la « variété » des gens qu’il rencontre désormais lors de son trajet pour aller au travail (c’est vrai qu’avant, il circulait tout seul dans sa Lexus et ne devait pas voir grand monde)… Il a même décidé d’en faire une émission radio quotidienne « Les voix des gens dans le bus »… La crise du pétrole comme stimulant de la démocratie populaire, qui l’eut cru ?

« Page précédentePage suivante »