Racisme de gauche



[Paul-Eric Blanrue – Iran French Radio (IRIB) –  20/10/2014]

À l’automne 2014, Éric Zemmour sort Le Suicide français (Albin Michel), désormais best-seller.
Il y vante au passage (page 304) le sionisme passé de Jean-Marie Le Pen, qu’il fréquente dans l’intimité depuis belle heurette, sans toutefois le dire.
De son côté, Serge Moati, qui se targue d’être un « juif et ancien franc-maçon », publie Le Pen, vous et moi (Flammarion) dans lequel il narre avec bonhommie son « amitié de 25 ans » avec le président de FN. Il en profite pour réaliser un film intitulé « Adieu Le Pen », diffusé sur France 2, sorte d’hagiographie présentée sous le masque de la rupture (à laquelle personne ne croit).
Tout ceci n’est pas le fruit du hasard. Mon enquête paraissant sous le titre Jean-Marie, Marine et les juifs(Oser dire) tombe à point nommé pour expliquer cette soudaine frénésie.
Je viens d’achever la lecture du Suicide français. Éric Zemmour y est habile. L’épaisseur du livre et sa construction non linéaire (les chapitres sont disposés comme les pièces d’un puzzle à reconstituer par le lecteur) lui permettent de multiplier les pistes et de noyer le poisson comme dans un roman policier. Son habileté est de reprendre pour l’essentiel des thèses à succès de ce qu’on appelle à tort ou à raison la dissidence, et de détourner ou minorer une grande partie des conclusions auxquelles celle-ci parvient.
Zemmour reconnaît ainsi, en quelques pages, les méfaits de BHL, Marek Halter et des autres sionistes adeptes de SOS Racisme ; en quelques lignes, mais guère davantage, il critique le pouvoir exorbitant du CRIF ; ayant compris que les esprits les plus éveillés en ont plus qu’assez de la remembrance shoatique, il la dénonce comme « religion obligatoire » et « métaphysique apocalyptique » (en prenant soin, pas folle la guêpe, de se démarquer des révisionnistes).
L’habileté de notre « juif berbère » consiste encore à rapporter sans insulte « le phénomène Dieudonné » et à raconter avec sobriété la remise du Prix de l’infréquentabilité et de l’insolence à Robert Faurisson par l’humoriste.

Subtil, malin comme un singe, le journaliste-chroniqueur a réussi à faire le buzz en reprenant la thèse d’un livre d’histoire non-conformiste sur Vichy, écrit par Alain Michel, un rabbin vivant en Israël : Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français (CLD, 2012). Puisque l’ouvrage du rabbin est préfacé par celui qui était alors président du CRIF, Richard Prasquier, le déchaînement de vitupérations que sa publicité provoque est par conséquent sans issue pour ses zoïles, qui seront un jour ou l’autre confrontés à l’autorité morale des patrons de la communauté organisée qui mettra de facto un terme à leurs débordements.

En attendant, il faut signaler le revers de l’habileté zemmourienne : la mauvaise foi ou, tout au moins, l’oubli volontaire ayant pour objectif de désigner à ses lecteurs une cible factice. Le diagnostic que Zemmour finit par poser, après mille détours, accable en effet, sans surprise aucune, l’islam.

« Pour « intégrer » l’islam, il faudrait que la France renonce à mille ans d’Histoire, renie Philippe le Bel, Richelieu, Louis XIV, Napoléon, de Gaulle », écrit-il dans un roulement un tambour. Zemmour n’a-t-il pas remarqué que la France a depuis longtemps renoncé à son Histoire ? Cet abandon est précisément ce qui pose problème, comme l’avait noté Guy Debord dans un texte devenu célèbre et dans lequel il faisait remarquer que les immigrés ne pouvaient guère s’intégrer dans une société ayant implosé, détruit ses normes et perdu ses racines.

N’importe, pour Zemmour, l’islam est à la source du mal : « L’islam est à la fois le révélateur et le détonateur de la désintégration de l’État-nation », insiste-t-il.

Fichtre ! Quelle puissance aurait donc cet islam-là ! Il serait capable à lui seul d’abattre l’État-nation ? C’est bien entendu la plus énorme faille de la démonstration de Zemmour. L’auteur oublie en cours de route (c’est pour cela qu’il négocie tant de zigzags, pour s’y perdre, pour nous perdre) un point essentiel, la vérité de bon sens contenue dans cette fameuse phrase attribuée à Voltaire : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer ». Chacun peut le constater : l’islam est vertement critiqué à peu près partout et par tous, de Valeurs actuelles à Charlie Hebdo, du Point à L’Express, du droitard Finkielkraut (le nouveau Maurras des identaires) au béachelien BHL.

(suite…)


[Sébastien Fontenelle – Les Mots sont importants – 16/12/2009]

« Un Gala pour les riches », Quelques aventures de Laurent Joffrin

Ses employeurs changent, un peu : il prend le pli d’effectuer, à intervalle régulier de quelques années, des rotations entre la rédaction du Nouvel Observateur, sise place de la Bourse, à Paris, et celle de Libération, près de la place de la République. Mais qu’importe que son environnement soit boursier ou républicain : Laurent Joffrin est, assurément, l’homme d’une absolue fidélité au capitalisme. Le doute, il est vrai, le saisit parfois, comme il arrive dans toute idylle : l’amour (du capitalisme), on le sait bien, ça s’en va et ça revient – l’important étant, bien sûr, que ça revienne.

En 2001, par exemple, dix-sept ans après la parution de La Gauche en voie de disparition, il confectionne un autre essai, Le Gouvernement invisible, non moins burlesque, mais (un peu) moins hystériquement reagano-thatchérien. Sa thèse, précise-t-il dès l’abord, n’est certes pas de « réinventer l’ancien marxisme-léninisme » – on a eu chaud. Mais tout de même, l’auteur, donnant l’impression d’être frappé d’un accès de gauchisme, entrevoit que

« sous la poussée du capitalisme nouveau [qui était pourtant, dix-sept ans plus tôt, l’“avenir de la gauche”], le pouvoir s’est privatisé ».

L’ouvrage reçoit en 2002 le « prix du livre politique », d’un montant de 5 000 euros, distinction fameuse décernée par un jury de journalistes.

(Où siège, notamment, au jour où ces lignes sont écrites, un certain… Laurent Joffrin : le monde est, certaines fois, d’une rondeur qui réjouit.)

Quatre ans plus tard, en avril 2006, nouvelle publication : il s’agit d’une ambitieuse Histoire de la gauche caviar, où l’auteur semble cette fois-ci complètement oublier que lui-même n’a cessé depuis vingt ans de clamer que le capitalisme était l’avenir du socialisme et relève, étonné, que la gauche a trop largement succombé au chant des sirènes du marché, avec ce résultat que, du coup :

« À l’inverse des expériences du passé, elle a été incapable de réduire le chômage, de vaincre l’exclusion, d’assurer l’égalité des chances »…

… pour la simple et bonne raison qu’elle a, horreur…

« oublié le peuple ».

À noter que Laurent Joffrin, à ce moment-là, dirige, pour quelques mois encore, la rédaction du Nouvel Observateur. Hebdomadaire « de gauche » qui, justement, fait au mois de mai 2006, dans ses pages dédiées aux « choses de la vie », la réclame de quelques montres un peu originales, comme

- le modèle Calisson, de chez Cartier, à 32 300 euros

- ou le modèle Reflet Icare Medium, de chez Boucheron, nettement plus accessible aux smicards, puisqu’il ne coûte que 23 100 euros.

En clair : pendant que l’essayiste Laurent dénonce une gauche coupée du peuple, Joffrin, l’homme de presse, continue de confectionner un hebdomadaire que lui-même présente volontiers comme un « Gala pour les riches ». Mais que serait l’éditocratie, sans ses minimes contradictions ? (suite…)


Si vous ne connaissez pas encore la RiLI, il est temps de vous y précipiter et vous abonner (http://revuedeslivres.net/index.php) … (greg)

(Note de Dov : ) Je comprends enfin ce qui me paraissait si nauséabond dans le discours de Finkielkraut, Adler et consorts ; « Ivan Segré montre comment les polémiques biaisées d’Alain Finkielkraut et d’Éric Marty contre le philosophe Alain Badiou relèvent précisément de cette absorption de l’histoire juive singulière dans le grand récit de l’odyssée civilisatrice occidentale, en parfait accord avec l’européanisation du Juif face à l’Orient arabe dont était porteur le projet sioniste initial de Herzl. » C’est tout à fait cela, le sionisme comme dernière émanation de cette « mission civilisatrice de l’Occident Blanc » vis à vis des peuples sauvages et « inférieurs », vision qui est à la racine de toutes les horreurs du colonialisme et de la terreur stalinienne et nazie. Le romancier à succès Léon Uris le disait déjà, crument, en faisant l’apologie des juifs blancs et européens, supérieurs vis à vis des arabes basanés et dégénérés, appelés à disparaître.

Finalement Herzl est l’enfant de son époque et avait totalement intériorisé le discours qui allait mener, 30 ans plus tard, aux théories raciales des Nazies sur les « Untermenschen » et le « Lebensunwert » (qui ne mérite pas de vivre)… Finalement, le sionisme n’est rien d’autre qu’une parmi les théorie racistes « de gauche » du 19è Siècle – au même titre que le « Own State » de Rhodes, l’Apartheid de Smith, le « Volksrein » de Heydrich… Il faut la considérer comme telle, elle et tout l’artifice israélien.

Et quelle perversion des valeurs universalistes que m’enseignaient mes oncles kabbalistes, des vraies « Mensch » que ceux là, quand on entend cet imbécile pompeux de Finkielkraut (en jiddish, « ein Winkelkraut » c’est une petite personne qui végète toute seule, aigrie, dans son coin) dire : Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains (5)!»

Rien que pour cela, Finkielkraut mérite d’être relégué au placard des vieux cons obtus…

Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude

à propos de Ivan Segré, Qu’appelle-t-on penser Auschwitz ? et de La Réaction philosémite
[ Daniel Bensaïd – La Revue des Livres et des Idées – Novembre 2009]
Faut-il vraiment rapprocher le 11 septembre d’Auschwitz? Peut-on être juif sans être sioniste? À ces questions brûlantes, Ivan Segré apporte des réponses différentes de celles que défendent les tenants de la «réaction philosémite». Il redevient dès lors possible de saisir la singularité de l’histoire juive, contre sa dissolution dans une apologie militante de «l’Occident».

Les éditions Lignes ont publié en mai, en deux volumes, des extraits remaniés d’une thèse soutenue à l’université Paris 8 par Ivan Segré sous le titre «La réaction philosémite européenne à l’épreuve de l’histoire juive». Cette parution a été accueillie par un silence guère surprenant, auquel s’est ajoutée une rumeur insidieuse selon laquelle Ivan Segré ne serait que le prête-nom ou le faux-nez d’un philosophe controversé, Alain Badiou. Pourtant, Ivan Segré existe. Je l’ai rencontré, j’ai été son directeur de thèse. Dans l’envoi du premier volume, il me remercie de «l’asile institutionnel» que je lui aurais accordé «au regard des vicissitudes qui ont scandé [s]on travail de recherche, de l’indifférence et de l’hostilité rencontrées». Notre premier contact fut toutefois de surprise et de circonspection réciproques. Le chemin de la soutenance et du doctorat fut ensuite un véritable parcours du combattant, semé de tracasseries bureaucratiques sans doute inspirées par la crainte du scandale: une thèse soutenue devant un jury présidé par Alain Badiou, composé de Charles Alunni, Michaël Löwy, et moi-même, assistés de René Lévy, directeur de l’Institut d’études lévinassienne, cela sentait sans doute le souffre. Ce fut pourtant un beau moment de controverse philosophique devant une assistance passionnée où dominaient les têtes coiffées de kippas. Un beau moment d’humour juif aussi, dont, à la différence d’Ivan Segré qui en est généreusement doté, le tourmenté Finkielkraut ou l’austère Milner semblent fort dépourvus.

Pourquoi, et aux yeux de qui, la thèse d’Ivan Segré peut-elle faire scandale? Le premier volume publié reprend une discussion sur les interprétations d’Auschwitz dans le sillage de la pensée de Lacoue-Labarthe. Le second développe une critique serrée du discours philosémite européen aboutissant à dissoudre la singularité de l’histoire juive dans une apologie militante de l’Occident (qui, rappelle l’auteur, fut, il n’y a pas si longtemps, le nom d’une organisation d’extrême-droite). À lire le petit livre d’Yitzhak Laor, critique au grand journal israélien Haaretz, ce thème semble au demeurant moins tabou en Israël, où Ivan Segré lui-même se consacre désormais aux études juives et à Maïmonide, qu’il ne l’est aux yeux d’un certain establishement universitaire français1.

Ce qui fait la force tranquille et souriante de sa thèse, c’est la rigueur logique de sa lecture des textes, que j’imagine être celle d’un yeshiviste studieux. Comme l’écrit Alain Badiou dans sa préface, il «travaille presque toujours à l’échelle de la phrase», se contentant de «laisser parler les phrases avec un toucher doux, en même temps qu’une inflexibilité toute particulière de la pensée».

Déterminations du crime nazi

Le premier volume prolonge l’effort de Lacoue-Labarthe pour penser le nazisme au lieu d’en proclamer l’irréductibilité à toute pensée. Il s’agit notamment de dépasser l’interrogation quant à savoir si le crime nazi est déterminé par sa fin (l’anéantissement des Juifs) ou par ses moyens techniques (les chambres à gaz), une alternative problématique, comme le mettent en évidence les très rares références de Heidegger aux chambres à gaz. Avant la publication tardive de sa quatrième conférence de Brême en 1949, en effet, une seule de phrase de lui faisait mention «des chambres à gaz et des camps d’anéantissement». Cette publication a depuis mis au jour une seconde occurrence «des camps d’anéantissement» où Heidegger retient exclusivement de cette extermination que son caractère industriel prive «ces milliers qui meurent en masse» du sens de leur propre mort: «Meurent-ils?» [«Sterben sie?»]. Ou périssent-ils seulement, de même, ajoute-t-il en relativisant le crime, que «des millions de Chinois périssent aujourd’hui de faim en Chine».

Dans son livre de 1987, La Fiction politique, Lacoue-Labarthe reproduisait le seul passage de la conférence alors connu: «L’agriculture est maintenant une industrie alimentaire motorisée, quant à son essence la même chose que la fabrication de cadavres dans les chambres à gaz et les camps d’extermination, la même chose que la réduction de pays à la famine, la même chose que la bombe à hydrogène.». Il la jugeait «absolument juste» quant au rapport entre la technique et l’extermination de masse, mais «scandaleuse et piteusement insuffisante», en ce qu’elle réduit la détermination du crime à son moyen et omet que cette extermination fut «essentiellement» (non exclusivement) celle des Juifs. Cela fait «une différence incommensurable» avec les dégâts de l’agriculture motorisée. Selon Heidegger, l’utilisation massive des chambres à gaz comme procédé de mise à mort aurait donc seulement exigé de «penser le nazisme dans les termes spéculatifs d’une réflexion sur la technique2».

Pour Segré comme pour Lacoue-Labarthe, la question est donc de savoir «en quoi la proportion des victimes juives d’Auschwitz (plus de neuf sur dix) relève de l’observation empirique, et en tant que telle contingente, alors que le fait qu’elles furent assassinées dans des chambres à gaz relève d’une détermination essentielle, en d’autres termes saisit la nature propre et singulière du crime nazi pour la pensée». La réponse de Lacoue-Labarthe est que Heidegger a manqué, sous le nom d’Auschwitz, «l’événement», la «dimension historiale», qui «fait la différence entre l’extermination[qui fut «pour l’essentiel» celle des Juifs]et n’importe quel autre phénomène technique». Ce manquement à l’essentiel et à la pensée interdit de voir «l’événement, l’Extermination», comme la «terrible révélation de son essence à l’égard de l’Occident»3.

Souligner la singularité du crime nazi comme crime occidental ou européen en ce qu’il applique une technique de massacre industrielle essentiellement à l’anéantissement des Juifs interdit de la dissoudre dans les généralités sur les droits de l’homme ou sur le crime contre l’humanité. Cela interdit surtout de célébrer le génocide à la manière d’un Finkielkraut, pour qui «l’Amérique démocratique et l’Europe démocratique ressourcent leurs principes communs dans la commémoration de la Shoah4». Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains5!» (suite…)


LE HAMAS : LA LOI, L’ORDRE ET UNE RELATIVE LIBERTE RELIGIEUSE

[Les doigts dans la crise – Luc Delval – 21/04/2009]

Je n’ai pas l’intention de chanter les louanges du Hamas, mais pour le moins il conviendrait de s’interroger sérieusement sur la diabolisation dont il fait unanimement l’objet – à égalité avec le président iranien – en Europe.

A cet égard, je vous invite une fois de plus avec insistance à lire la « Revue Internationale des Livres et des Idées » (RILI – en vente dans toutes les bonnes librairies), dans le dernier numéro de laquelle Henry Siegman, directeur du « U.S. Middle East Project » (New-York) et professeur à la « School of Oriental and African Studies » (Londres) met salutairement les points sur quelques « i » :

[…] On ne peut pas dire qu’Israël a lancé son attaque pour protéger ses citoyens contre les roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit de pouirsuivre l’étranglement de la population de Gaza.

Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas a déclaré une fin des attentats suicides et des tirs de roquettes lorsqu’il a pris la décision de rejoindre le processus politique palestinien, et qu’il s’y est largement tenu pendant plus d’un an. Bush avait publiquement fait bon accueil à cette décision, la citant comme un exemple de succès de sa campagne en faveur de la démocratie au Proche-Orient (il n’avait aucun autre succès à mettre en avant).

Lorsque le Hamas, d’une façon inattendue a gagné les élections, Israël et les Etats-Unis ont contesté la légitimité des résultats et pris le parti de Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah. Jusque là, celui-ci n’avait pas été pris au sérieux par les dirigeants israéliens qui le tenaient pour un « poulet plumé« . Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité afin de renverser le Hamas; et lorsque le Hamas a – brutalement, certes – prévenu cette tentative violente de renverser les résultats des premières élections démocratiques honnêtes du Proche-Orient moderne, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.

Israël cherche à justifier ces faits indiscutables par l’affirmation qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon avait donné au Hamas l’occasion de se mettre en route vers la création d’un Etat, une occasion qu’il a refusée de saisir; au lieu de quoi il aurait transformé Gaza en aire de lancement pour des tirs de missiles visant la population civile d’Israël. (suite…)


Critiquer un livre de manière pavlovienne, sur la base d’opinions toutes faites, mordant à l’énoncé de mots clés standardisés… tout cela est une spécialité de l’intelligentsia de gauche depuis près de 100 ans. Orwell a brillamment documenté l’imbécilité empressée des plumitifs adorateurs de Staline… empressement servile que l’on retrouve aujourd »hui chez les penseurs de salon comme Finkielkraut, Klugman ou BHL…

Peu à peu, leur arme s’émousse, l’accusation d’antisémitisme pour faire taire quelqu’un ne fonctionne plus vraiment. Cela ne pourra que profiter à la liberté de penser par soi-même et le droit de poser des questions dérangeantes, non canalisées par la mode du moment…

Comme le dit Salomon Sand : « Si l’on a pu affirmer, un jour, que la patrie constitue l’ultime recours de l’impie, on pourrait, aujourd’hui, dire que la Shoah est devenue l’ultime recours des démagogues prosionistes ! »


[Le Monde – 04/04/2009 – Traduit de l’hebreu par Michel Bilis]

Shlomo Sand est Professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv, auteur de « Comment le peuple juif fut inventé » (Fayard, 2008) – Texte traduit de l’hébreu par Michel Bilis

Mon livre Comment le peuple juif fut inventé a été, pendant six mois, ignoré par la critique ; ce mur du silence ne l’a, cependant, pas empêché de connaître un étonnant succès en librairie, et il a donc bien fallu y faire référence ! Celle-ci n’a, hélas, pas émané d’un historien mais d’un critique littéraire : Eric Marty, qui s’est invité pour donner son point de vue (Le Monde du 30 mars), avec une véhémence digne d’un militant nationaliste.

Je ne souhaite pas réagir, ici et maintenant, à ses accusations stupéfiantes ! Je ne puis que sourire en apprenant mon statut d' »historien autodidacte » ! A cet énoncé inexact (je suis professeur d’histoire à l’université de Tel-Aviv depuis vingt-quatre ans), il me faut ajouter une seconde correction : je ne suis pas l’auteur de l’hypothèse selon laquelle les Palestiniens seraient les descendants des Judéens de l’Antiquité ; la paternité en revient à David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, et à Isaac Ben Zvi, qui en fut le deuxième président. Cette thèse a été, ensuite, formulée à plusieurs reprises par d’autres qui ont observé que la population juive en Palestine fut convertie à l’islam au VIIe siècle.

Je suis fondé à demander si Eric Marty a vraiment lu mon livre. S’il l’a lu, il aura pu mieux comprendre que les grands textes sacrés ne construisent pas des peuples ou des nations, mais donnent naissance à de grandes religions. Malheureusement pour lui, la Bible n’a pas créé un peuple juif, tout comme le baptême de Clovis n’a pas fondé un peuple français.

Dans Comment le peuple juif fut inventé, je ne traite pas directement de l’histoire des juifs mais j’analyse l’historiographie sioniste, en essayant de démontrer que le récit national juif sur le passé relève davantage d’un empilement de mythes mobilisateurs successifs que de l’écriture historique qui nous est familière depuis les trente dernières années. A cet égard, mon livre ne témoigne d’aucune originalité ; j’ai, en effet, appliqué à l’historiographie sioniste des principes théoriques développés antérieurement dans d’autres contextes historiographiques. Je n’ai mis en évidence que très peu de données réellement nouvelles ; je me suis « contenté » d’ordonner différemment un savoir historique déjà existant.

Voici un exemple de « mon manque d’originalité » : il apparaît dans tout manuel d’histoire en Israël, mais également en Europe, que le « peuple juif » a été exilé de sa patrie au premier siècle après J.-C., à la suite de la destruction du Temple. Or, très étrangement, on ne trouvera pas le moindre ouvrage de recherche consacré à cet acte d’exil ! Les Romains emmenaient, certes, des rebelles en captivité mais ils n’ont pas exilé de peuple du Moyen-Orient : la chose est connue de tout historien de métier, spécialiste de cette époque, mais demeure ignorée du grand public.

D’où viennent, dans ce cas, les juifs apparus en grand nombre, de l’époque romaine jusqu’au Xe siècle ? Il faut y voir le résultat d’un processus de conversions massives qui touchaient des individus isolés mais aussi des royaumes entiers d’où seront issues de nombreuses communautés religieuses. Faut-il les définir comme un « peuple » ?

Au Moyen-Age, ce terme était appliqué aussi aux religions : il était habituel de parler du « peuple chrétien ». Dans les temps modernes, le mot « peuple » désigne, en langage courant, des groupes humains qui partagent une même langue, des habitudes de vie et une culture laïque commune. Je recommande, à ce propos, la lecture des Mémoires de Raymond Aron – célèbre « négateur du peuple juif » ! -, qui ne craignait pas de s’interroger : « Que signifie le peuple juif ? Existe-t-il ? Peut-on parler du peuple juif comme on parle du peuple français ? Ou comme on parle du peuple basque ? La seule réponse valable me paraît celle-ci : si l’on parle du « peuple juif », on emploie la notion de peuple en un sens qui ne vaut que dans ce seul cas » (p. 502-503).

UN « ETHNOS » ERRANT

Tout historien sérieux reconnaîtra l’impossibilité conceptuelle et l’illogisme d’une telle chose que, précisément, j’ai voulu clarifier dans mon livre. Le sionisme a décrit les juifs non pas comme un ensemble religieux important mais comme un « ethnos » errant, non pas comme une race pure mais tout de même comme un groupe humain relevant d’une origine commune qui lui donne un « droit historique » à une certaine terre.

Le sionisme, encore aujourd’hui, ne voit pas Israël comme une république au service de son « démos », c’est-à-dire de tous les citoyens israéliens qui y vivent mais comme l’Etat des juifs du monde entier. Une telle situation fait planer sur l’avenir d’Israël une interrogation peut-être plus grave, encore, que la conquête des territoires en 1967.

Si l’on a pu affirmer, un jour, que la patrie constitue l’ultime recours de l’impie, on pourrait, aujourd’hui, dire que la Shoah est devenue l’ultime recours des démagogues prosionistes ! Pourquoi se priver d’assimiler mon approche à celle des négateurs de l’existence des chambres à gaz ? C’est direct, plus c’est gros et plus ça passe, et c’est la garantie de mobiliser beaucoup de monde contre mon livre.

Je tiens à souligner qu’en Israël, dans tous les débats tempétueux autour de ce livre, jamais une telle comparaison n’a été évoquée. Mais Paris n’est pas Tel-Aviv. En France, rien de plus facile, pour faire taire des contradicteurs que d’insinuer qu’ils sont antisémites, ou peut-être pire encore : qu’ils n’aiment pas suffisamment les juifs !

On a pu dire, jadis, que la France est toujours en retard d’une guerre. J’ai, aujourd’hui, l’impression que la France a plutôt tendance à être en retard d’une souffrance ! Jusqu’à quand va-t-on, en effet, continuer à dilapider l’héritage moral de la souffrance précédente qui fut, certainement, la plus terrible d’entre toutes ? Là se situe, en fin de compte, le réel danger.


Chez L&I on connait bien « Dieudo » depuis qu’on a fait la campagne de Dreux avec lui, contre le FN. On a toujours su qu’il était un « kaoui », une espèce de bouffon qui fait rire les gens avec des provocations afin de les pousser à réfléchir…

…mais ces derniers temps on a du mal à rire et on se demande ce que Dieudo veut nous raconter.

Autant le parrainage de sa dernière fille par Le Pen ne pouvait être qu’une provoc de plus, histoire de faire parler de lui et casser l’image simpliste construite par la Police de la Pensée… autant avec Faurisson on s’aventure dans des marécages bien plus glissants. Si Dieudo voulait honorer «l’infréquentabilité et l’insolence» il n’avait pas besoin d’aller chercher un négationniste virulent, David Ray Griffin ou Peter Shiff étaient bien plus actuels…

Quand à Faurisson, si nous continuons à défendre le principe de notre opposition à la Loi Gayssot c’est bien parce que nous pensons que la censure et la vérité dictée par l’Etat ne servent à rien et ne font que victimiser les néo-nazes. Ce n’est pas parce que nous défendons les thèses qui sont réprimées. C’est là toute la différence.

Les défenseurs des droits des Palestiniens vont avoir besoin de toutes leurs énergies ces prochains mois pour résister au barrage de propagande israélienne, on a pas besoin de perdre encore notre temps à expliquer que « Pro-Palestinien » n’est pas automatiquement synonyme de « Antisémite ».

{Spécial dédicace de Hiyé à Dieudo, en qualité d’ancien président du comité de soutien à Dreux : « An nga dôfô wouloudjé gnana, Ambé ta dôfô kolokoumba gninamin » – si tu grondes le chien, tu dois aussi gronder l’os.}

Dieudonné et Faurisson antisémites

[HNS INFO – 29/12/2008]

Le MRAP exprime sa consternation et sa colère après la nouvelle provocation de Dieudonné M’Bala M’Bala, qui, lors de son spectacle, a invité sur scène le négationniste Faurisson et lui a fait remettre un prix par un comparse habillé en déporté juif.

Vidéo ici :

http://video.google.com/videosearch?hl=fr&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&hs=R4c&q=dieudonn%C3%A9%20faurisson&lr=&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#

Après avoir déclaré qu’il se sentait Palestinien, Faurisson a reçu une ovation de la part des spectateurs parmi lesquels se trouvait l’amuseur Julien Lepers.

Il ne s’agit pas, de la part de Dieudonné et de Faurisson, de dérapages mais de provocations mûrement calculées

Héritier de la résistance juive et progressiste contre le nazisme, luttant aujourd’hui contre le racisme sous toutes ses formes, le MRAP réaffirme que les mensonges négationnistes tombent encore sous le coup de la loi et que les outrages faits à la mémoire des victimes du nazisme sont une insulte envers chaque citoyen épris de justice.

Notre condamnation de cette mascarade raciste est d’autant plus intransigeante que la solidarité sans faille du Mrap avec le peuple palestinien bombardé aujourd’hui à Gaza ne s’est jamais démentie.

Le Mrap rappelle qu’il a porté plainte contre le site Internet « les Ogres », lié à Dieudonné, qui héberge des textes antisémites, et il attend des pouvoirs publics qu’ils fassent, au-delà des pleurs de circonstance, le nécessaire pour mettre fin à ces publications et sanctionner leurs auteurs.

http://www.hns-info.net/spip.php?article16747


Il devrait prendre ses pillules, le néo-con sous-marin…  peut-être que les lecteurs « de gauche » vont enfin finir par voir Charlie-Hebdo pour ce qu’il est vraiment devenu ? Nous ça fait 8 ans qu’on ne le lit plus que sur le stand du marchand de journaux, histoire de pas lui filer nos deux Euros.

Si Cavanna était mort, il se retournerait dans sa tombe.

[Comité de Soutien à Denis Robert – 30/07/2008]
Dans Charlie Hebdo du 25 juin, Philippe Val découpe Denis Robert en rondelles. Les mots sont d’une virulence sans précédent.
Jamais encore une telle charge ne lui avait été infligée. Même ses pires détracteurs ont jusqu’ici été plus mesurés. Amalgames, citations tronquées, références historiques passées à la machine à laver, invective, diarrhée verbale : un style, une méthode venus d’un autre temps.
Charlie Hebdo expliquera-t-il dans un prochain numéro les raisons de cette violence, et le moment choisi pour l’exprimer ?

Parmi les premières réactions, celle de Francis KUNTZ, journaliste grolandais, et celle de Jean-François DIANA, Maître de conférences à l’université Paul Verlaine – Metz

http://lesoutien.blogspot.com/2008/07/si-cavanna-tait-mort-il-se-retournerait.html

Siné rejoint le comité de soutien à Denis Robert… et se fait virer par le Conducator de Charlie-Hebdo

Charlie Hebdo, acte 2

Dans Charlie Hebdo du 2 juillet, Philippe Val revient brièvement sur Clearstream et Denis Robert. Pour dire d’abord que lui aussi a été poursuivi en justice par des puissants, et qu’il a gagné. Sous-entendant une fois de plus que Denis perd.
Pour préciser ensuite qu’il n’a jamais interdit à qui que ce soit d’évoquer Clearstream dans Charlie Hebdo. Dont acte.
Et illustration par l’exemple, quelques pages plus loin, dans la chronique de Siné. « Concernant l’édito lynchage de Philippe Val sur Denis Robert, je me contenterai, prudemment, du blanc qui va suivre :


[Le Post – 15/07/2008]

Et pourquoi je dénonce cette hypocrisie médiatique.

Vous souvenez-vous du pataquès médiatique, les grands mots, sur Voltaire, les lumières, la tradition de liberté d’expression, valeur essentielle de la France, de l’Europe, de l’Occident, seul rempart aux fanatisme des barbares barbus ? Philippe Val au tribunal, soutenu par Sarkozy, l’union sacrée contre l’obscurantisme !

Il semble que la liberté d’expression soit à géométrie variable, pour Val et Cie : Siné, une figure historique de Charlie Hebdo s’est fait virer, à 80 ans, du journal satirique, pour s’être moqué de la convertion au judaïsme (suposée) de Sarkozy Jr.

Depuis le 11 septembre 2001 et la seconde Intifada, il s’est installé un état d’esprit dans le monde politico-médiatique, qui fait qu’il est normal, de fustiger l’Islam et les musulmans en des termes assez agressifs. Par exemple, Claude Imbert, directeur d’un grand hebdomadaire, peut tranquillement dire « Oui, je suis Islamophobe ». Ca ne lui pose aucun problème. Imaginez ce qu’il lui serait arrivé médiatiquement s’il avait déclaré « Oui, je suis judéophobe ! »…

Faisons un peu de fiction. Jean Sarkozy tombe amoureux d’une jeune femme de confession Musulmane, et annonce publiquement son intention de se convertir à l’Islam. Un humoriste quelconque, un éditorialiste, ironise sur cette conversion du fils du Président de la République.

Est-ce que Claude Askolovitch et Philippe Val se seraient indignés de la même façon ? Vu les antécédents des deux journalistes, permettez-moi d’en douter. (suite…)


A l’heure où la police ratonne les syndicalistes kanak et où la télévision diffuse deux documentaires sur le massacre d’Ouvéa en 1988, la petite-bourgeoisie blanche calédonienne et ses copains compradores multiplient les interventions pour dire que « c’est du passé tout ça » et que aujourd’hui c’est « la paix retrouvée », que nous avons un « destin commun » et que les « kanak sont au centre du dispositif »…. à les croire, aujourd’hui, à Nouméa, les choses auraient bien changé…

vraiment ? Voici un témoignage d’une nuit banale à Nouméa.

Comme le rappelle le vieux militant indépendantiste Kotra Uregei : « C’est le même genre de situation qui nous avait poussé à créer les FOULARDS ROUGES en 1969 à cause du refus du patron du restaurant « LE SYDNEY » de laisser entrer le Kanak FOTE TROLUE dans son restaurant »

Un week-end d’enfer à Nouméa,
[Mail sur la liste Kanaky Online – 4/5/2008]
Un week-end d’enfer à Nouméa,

Un groupe de pote s’est retrouvé un week-end histoire de s’éclater comme au vieux temps. Nous avons partagé les bancs du lycée ensemble jusqu’à la BTS … Tous, on est dans la vie active et exerce la même profession dans le public comme dans le privé ; La tranche d’âge 25-28 ans ! Un seul est marié avec 1 boutchou qui a 2 ans ! 5 filles et 7 garçons : 3 (F) Européennes – 1 (F)  Tahitienne – 1 (F) Javanaise 4 (G) Européens – 1 (G) antillais –  1 (G) mélanésien du sud – 1 (G) Futunien

19h30 : Dîner restaurant du centre ville – Menu chinois 22h30 : Anse VATA – BODEGA 24h00 : Devant EL CORTO MALTES –  Tous sont passés sans soucis à la rentrée de la boîte sauf nos copains : KNKY – TAMA – DOUDOU

Le premier videur : C’est une soirée privée, je suis désolé vous n’êtes pas invités ! Le deuxième videur : Vous n’êtes pas inscrits sur la liste, désolé je ne peux rien pour vous !
Nous avons tous exigé qu’un responsable vienne donner des explications : Une nana est arrivée, vous êtes dans un état d’ébriété, vous sortez ou j’appelle la Police.

Nous avons réagi pacifiquement : « Nous avons pris ensemble cette décision de sortir ce soir ! Comment avez-vous deviné nos identités pour cette fameuse liste d’invités ? Pourquoi sommes-nous autorisés et pas nos copains ? C’est de la pure discrimination ? »

Nous étions tous dégoûtés et énervés que nous avons préférés prend la route…

Une demie heure après nous sommes devant ACROPOLE – Le même film s’est répété en l’espace de quelques minutes… L’excuse pour nos trois copains : Le quota des WAILLERS et RASTA COOL sont atteints, allez voir ailleurs ! (suite…)


– Tous les médias sont-ils de droite ? – Du journalisme par temps d’élection

[Editions Syllepse – coordonné et mis en forme par Mathias Reymond et Grégory Rzepski pour Acrimed – Avril 2008 – 7 Euros]

Tous les médias sont-ils de droite ? Évidemment, non. Du moins si l’on s’en tient aux orientations politiques qu’ils affichent. Mais justement, qu’ils prescrivent des opinions ou se portent garants du consensus, les médias dominants non seulement se comportent en gardiens du statu quo, mais accentuent les tendances les plus négatives inscrites, plus ou moins en pointillé, dans le mécanisme même de l’élection. Ce sont ces tendances qui font l’objet du présent ouvrage : la primauté accordée aux jeux politiciens sur les enjeux politiques ; la personnalisation outrancière au détriment de la présentation de projets ; l’atrophie de l’espace médiatique au bénéfice des candidats du bipartisme ; la réduction du « politiquement pensable » et sa confiscation par les cercles de prétendus experts.

L’analyse proposée soulève une double question politique : jusqu’à quand les forces politiques se laisseront-elles intimider par un « pouvoir » qui repose largement sur leur soumission ou leur crédulité ? Jusqu’à quand la question des la réappropriation démocratique des médias continuera-t-elle à être considérée comme une question subalterne ? L’objectif de ce livre est de parcourir un champ de bataille. Oui, un champ de bataille.

http://www.acrimed.org/article2850.html 


L’armée colombienne est encadrée et formée par les mêmes John Negroponte  et Yaïr Klein qui ont déjà formé les autres ‘escadrons de la mort’ en Amérique Centrale, et notamment au Salvador et au Nicaragua. Il n’y a donc aucune raison pour que les ‘exactions’ (comme le dit poliment la presse) ne se renouvèlent pas… massacrer des ‘peones’ c’est presque une seconde nature pour les armées latino-américaines, surtout quand leur commandant en chef Uribe est un bon petit soldat des néocons.

Et pendant ce temps là, Uribe, la presse et l’establishment s’époumonent contre le ‘dictateur’ Chavez, qui n’a pourtant massacré personne…

[TeleSur TV – 30/03/2008 – Traduit par le blog Socio13]

La cause des éxécutions extrajudiciaires sont dus, selon le quotidien The Washington Post, aux pressions auxquels sont soumis les militaires colombiens pour en finir avec la guérilla et aussi par les stimulants – tels que paiement de soldes supplémentaire jusqu’à des jours de repos supplémentaires – que leur donne l’Armée pour accumuler les morts lors de combat.

Des milliers de paysans ont été assassinés par l’Armée colombienne en les faisant ensuite passer pour des guérilleros des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), a dénoncé ce dimanche le quotidien The Washington Post.   “Sous la pression des commandants militaires pour enregistrer des morts au combat, l’Armée a assassiné chaque fois plus durant ces dernières années, des paysans pauvres et en les faisant passer pour des guérilleros”, a dit le périodique.  

En citant un rapport d’une coalition de 187 groupes de personnes, le journal affirme que “955 civils sont morts entre mi 2002 et 2007 et sont classés comme guérilleros tombés au combat”.   Ce chiffre signifie une augmentation de 60 pour cent par rapport aux cinq années précédentes, quand 577 paysans ont été reportés comme tués par les troupes colombiennes en les faisant passer pour des guérilleros.

Cet accroissement coïncide avec l’offensive qu’a entamée le Gouvernement du président Colombien, Álvaro Uribe, il y a six ans contre la guérilla des FARC, et qui est financée dans une grande partie par les Etats-Unis qui livre annuellement des millions de dollars au gouvernement colombien dans le cadre du Plan Colombie.  En outre, l’augmentation du nombre de paysans assassinés est due aussi à l’accroissement en nombre des Forces Armées colombiennes, qui compte 270 000 membres, la seconde plus grande force d’Amérique latine.

Dans le rapport, les témoignages de familles campagnardes ou de faibles ressources ont affirmé qu’ils ont vu dans les photos des cadavres de leurs parents disparus des vêtements de camouflage que porte la guérilla.   “Les meurtres, menés à bien par des unités sous les ordres de commandants régionaux, ont toujours été un problème dans le conflit armé qui dure depuis 44 ans”, assure le Washington Post.    (suite…)


Cette contribution de Sam Smith est à rapprocher du lynchage médiatique en cours dirigé contre Jeremiah Wright par les « biens pensants » aux Etats-unis. Ce qu’on reproche à Wright, ce n’est pas de dénoncer le racisme ethnique « noir contre blanc », mais de dénoncer le « racisme social », riche contre pauvre… Comme le dit Sam Smith, la question de la classe sociale est le fruit défendu du débat politique en Amérique.

[Sam Smith – Undernews – 29/01/2008 – Traduction : Grégoire Seither]

John Edwards a quitté la course présidentielle… et soudain la majorité des analystes et commentateurs « de gauche » se retrouvent orphelins : ils n’ont plus personne sur qui exercer leurs préjugés de classe inavoués qui ont remplacé la discrimination mysogine et raciale parmi l’inteligentsia de ce pays.

L’abandon d’Edwards va permettre aux biens-pensants de choisir leur candidat en toute sérénité : quel que soit le candidat Démocrate pour qui ils opteront, ce sera un choix politiquement correct – une femme ou un noir, l’une diplomée de la Harvard Law School, l’autre diplomé de son équivalent à Yale. En bref, on va pouvoir voter pour des gens issus de notre serail.

J’ai l’impression d’être revenu aux débuts de l’admnistration Clinton. Vous l’avez probablement oublié, mais le cabinet initial de Clinton était composé de 77% de millionaires, largement plus que chez Reagan ou Bush. A Washington, les choix de Clinton passèrent comme une lettre à la poste. Clinton avait fait campagne en promettant que son équipe « aurait le visage de l’Amérique ». Et en effet, vu depuis Washington c’était le cas :  son équipe ressemblait à l’Amérique telle qu’on la voit à  Washington.

Il n’était pas nécessaire de corrompre ou de faire pression sur la presse pour cacher ce fait, la presse ne s’en était même pas rendue compte, tellement c’était normal pour elle. Pourquoi s’offusquer que Clinton prenne dans son équipe des gens que l’on fréquente tous les jours ?

L’une des principales illusions de l’intelligentsia de gauche, c’est qu’elle croit être immunisée contre les discriminations et les préjugés. Oh, oui, il est indéniable que les noirs, les femmes et les gays sont nettement mieux acceptés et pris en compte que ce n’était le cas il y a encore 40 ans. Par contre, si vous êtes pauvre, sans éducation, avec un gros bide, que vous possédez un fusil, êtes originaire du Sud et que votre principale lecture est la bible… alors là, vous verrez que la discrimination est encore là, et qu’elle est impitoyable. Les classes sociales et la culture ont remplacé la race et le genre dans la liste des cibles acceptables. (la suite) (suite…)


Ce texte est un scandale !!! Quand on a fini sa peine, on sort… là, quand on aura fini sa peine, on vous en rajoutera une. Si le criminel est malade mental, alors il faut l’interner. Mais là on ouvre la porte à la relégation, comme le faisait Fourier à l’époque du bagne. Les « relégués » qui ne mourraient pas n’avaient pas le droit de rentrer une fois leur peine terminée, le gouvernement pouvant les obliger à rester sur place, comme relégués « libres ».

Côté sécuritaire, c’est le grand retour de la droite de 1870… Sarko en Versaillais, ça ne me surprend pas.

[Reuters – 07/02/2008]
Le Parlement a adopté définitivement le projet de loi présenté par la garde des Sceaux, Rachida Dati, qui permet le maintien des criminels les plus dangereux dans des centres fermés à leur sortie de prison. Après les députés la veille, les sénateurs ont entériné jeudi le texte mis au point lundi par une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat. Le projet de loi est donc définitivement adopté par le Parlement.

L’opposition a d’ores et déjà annoncé qu’elle saisirait le Conseil constitutionnel. Elle estime que ce texte ne respecte ni la Constitution, ni la Convention européenne des droits de l’homme.

« Il s’agit d’un texte important et ambitieux« , a dit la garde des Sceaux. « Il vise à mieux protéger les Français. Il est attendu des Français. Il offre une prise en charge nouvelle aux personnes condamnées qui restent d’une particulière dangerosité à la fin de leur peine« , a-t-elle affirmé. [C’est exactement le même argument que Fourrier et les Nazis, il s’agit de ‘protéger’ les Français et donc d’extirper le délinquant du corps social… la prochaine étape c’est le bagne ou la chambre à gaz]

« Ce texte appelle de notre part nos plus expresses réserves car il porte atteinte à deux principes fondamentaux de notre droit pénal« , a pour sa part déclaré la socialiste Elisabeth Guigou, ancien garde des Sceaux.

« Passer de l’homme jugé coupable à l’homme supposé dangereux, c’est piétiner un principe fondamental de notre droit depuis la Déclaration universel des droits de l’homme et du citoyen« , a-t-elle affirmé.

Ce projet de loi reprend des engagements de Nicolas Sarkozy après plusieurs crimes intervenus durant l’été et qui ont choqué l’opinion publique.

Le texte prévoit la création de « centres socio-médico-judiciaires » dans lesquels pourront être retenus, une fois leur peine accomplie, les criminels jugés dangereux et susceptibles de récidiver. [Centres socio-médico-judiciaires qui n’existent pas encore et qui mettront des années à être construits, en nombre insuffisant, pour cause de restrictions budgétaires. Au final, les « supposés dangereux » resteront tout simplement en prison, jusqu’à leur mort]

Il reprend le principe, contesté par nombre de juristes, d’une rétroactivité de la loi, c’est-à-dire de son application aux personnes déjà condamnées.

La rétention de sûreté, qui pourra être prononcée pour une durée d’un an renouvelable, s’appliquera « à titre exceptionnel » après décision de la chambre de l’instruction. Elle devra constater « une probabilité très élevée » de récidive, la personne condamnée « souffrant d’un trouble grave de la personnalité ».

Dans sa seconde partie, le texte prévoit de remplacer le non-lieu pour raison psychiatrique par « une ordonnance d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental », le juge d’instruction transmettant le dossier à la chambre de l’instruction.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-34219247@7-37,0.html 


Comme le dit Thomas Sowell : “Même des idées « fausses » apportent leur contribution au débat quand elles provoquent des discussions ouvertes et des recherches d’arguments factuels. A la fin nous en savons plus sur nous même et nous comprenons mieux ce que nous pensions savoir ou avoir compris auparavant.  Réduire une voix au silence ou bien la censurer, ne contribue en rien à augmenter l’intelligence du débat”.

POURQUOI IL EST DANGEREUX DE VOTER DES LOIS CRIMINALISANT LES PROPOS HAINEUX, RACISTES OU NÉGATIONISTES (« HATE SPEECH »)

[Glenn Greenwald – Salon – 13/01/2008 – Trad. Grégoire Seither]

Ezra Levant est un néo-conservateur canadien d’extrème droite qui publie le journal « Western Standard », l’archétype de la feuille de chou belliciste et pro-Likoud  — une sorte de Weekly Standard du pauvre pour néo-cons canadiens. En février 2006, Levant a publié les « caricatures danoises de Mahomet », ce qui a incité l’imam d’une mosquée voisine à porter plainte contre lui devant la commission des droits de l’homme et de la citoyenneté de l’Alberta, pour « incitation à la haine raciale par voie de presse ». L’imam a par ailleurs porté plainte pour « diffamation de ma personne et celle de ma famille étant donné que nous suivons les préceptes du prophète Mahomet et sommes des descendants de sa famille. »

Plutôt que de rejeter cette plainte comme une tentative flagrante de punir la libre expression d’opinions et la liberté de parole, la « Alberta Human Rights Commission » a lançé une enquête et convoqué Levant. Devant un panel d’agents du gouvernement, Levant a du s’expliquer sur ses intentions et motivations quand il a décidé de publier ces caricatures, mais aussi sur les autres circonstances de son travail de pamphlétaire et son « comportement » général. La commission a le pouvoir légal d’imposer des amendes substantielles et de faire interdire les publications de Levant.
L’audience n’était pas publique — seul son avocat et sa femme ont pu y assister — mais Levant a obtenu le droit de filmer l’audience. Il a passé outre l’interdiction faite par la Commission de rendre publique la vidéo et l’a publiée sur Internet. . . (http://www.youtube.com/watch?v=AzVJTHIvqw8)

Une plainte similaire a récemment été déposée contre Mark Steyn, suite à la publication dans le magazine Maclean’s d’un extrait de son livre odieux, America Alone. A nouveau les plaignants sont un groupe de musulmans canadiens qui affirme que le passage publié : « difame les musulmans du Canada, leurs valeurs, leur communauté et leur religion ».

Les gens comme Mark Steyn et Ezra Levant comptent parmi les plus pernicieux des pamphlétaires actuels. Mais tout aussi pernicieux et nocifs sont ceux qui réclamment des lois pour interdire et punir l’expression politique… ainsi que ceux qui s’appuient sur ces lois pour obtenir de la puissance publique qu’elle impose des pénalités à ceux qui expriment des idées politiques « offensantes », « insultantes » ou « erronées » (c’est à dire des opinions avec lesquelles ils ne sont pas d’accord).

Le simple fait que le gouvernement se soit senti obligé de diligenter une « enquête », qu’il ait « convoqué » le « mal-pensant » pour l’interroger sur son « comportement » est un scandale… toute la procédure est un affront grotesque contre les libertés les plus élémentaires.

Et si vous vous dites « Bah, ce sont des salauds, c’est bien fait pour eux », alors prenez le temps d’imaginer la même procédure dirigée contre des opinions ou des groupes que vous soutenez. (…)

Accorder à la puissance publique le pouvoir de proscrire et de punir la libre parole est non seulement l’action la plus dangereuse qu’une société puisse accomplir, c’est aussi une action qui ne sert à rien. La censure n’a jamais atteint son but proclammé, elle ne fait pas disparaître le point de vue « dissident » ou « hérétique ». Au contraire, en le poussant dans la clandestinité elle l’affranchit de l’analyse objective et du débat démocratique. Elle empèche toute critique neutre et légitime… et pire encore, elle transforme en martyrs et en héros les défenseurs de ce point de vue . . .

Il existe de nombreuses méthodes pour lutter contre les idées rances. Mais faire appel à la force du gouvernement pour obliger des « mal-pensants » à « justifier » leurs opinions devant un tribunal officiel et risquer la punition pour délit d’opinion est la plus nuisible de toutes. Son usage est bien plus dangereux que n’importe quel appel à la haine raciale, à la violence ou au toute autre idée « condamnable ».

http://www.salon.com/opinion/greenwald/2008/01/13/hate_speech_laws/index.html


[Grégoire Seither – IES News Service – 20/12/2007]

« SUNDOWN TOWNS », l’ouvrage de James W. Loewen (Touchstone, 2007) aborde un pan totalement méconnu de l’histoire des Etats-unis, les « villes de la tombée de la nuit », ces communes qui avaient voté des lois interdisant la présence de personnes « non blanches » à l’intérieur des limites de la ville après le coucher du soleil.

Les Noirs, les Latinos, les Asiatiques, les Arabes… pouvaient venir en ville pour y travailler, mais étaient lourdement punis (voire pire) s’ils s’y faisaient interpeller la nuit. Ce phénomène ne se limitait pas aux petites villes du Sud raciste et arriéré, il couvrait tous les Etats-unis. Et il a perduré ouvertement jusqu’au début des années 1970 !

Une « sundown town » est une juridiction organisée qui, pendant près d’un siècle, depuis la fin de la Guerre de Sécession, a interdit aux Noirs ou aux personnes « Non-Blanches » de résider à l’intérieur de ses limites. C’était une ville volontairement « 100% Blanche »… même si, pour des raisons pratiques, on tolérait des exceptions, généralement sous forme de bidonvilles ou de ghettos, en périphérie de la ville. Mais les patrouilles de police et les « neighborhood watch » s’assuraient que les bronzés restaient dans leurs quartiers une fois la nuit tombée.

La loi U.S. donnant une grande autonomie aux communes, il y eut des « sundown towns » dans tous les Etats-unis, allant du village de De Land, dans l’Illinois (population 500) à des grandes villes commme Appleton dans le Wisconsin (57,000 habitants en 1970). Parfois, des districts ou comtés entiers devenaient « sundown », généralement quand le chef-lieu décidait de le devenir. Très souvent, quand les villes devenaient « sundown », elles étaient rapidement rejoint par les  « sundown suburbs, » les faubourgs et communes périphériques, augmentant encore la « zone d’interdiction » – ainsi Levittown, sur Long Island, était une commune « sundown » de 82 000 habitants tandis que Livonia dans le Michigan ou bien Parma dans l’Ohio, comptaient plus de 100 000 habitants. La commune de Warren, un faubourg de Detroit, avait une population de 180 000 habitants, parmi lesquels seulement 28 familles appartenaient à une minorité non-blanche, la majorité de ces familles vivant sur une base militaire U.S.

La plupart des personnes aux Etats-unis ignorent totalement l’existence de ces communes ou districts. Ou alors ils pensent que c’est un phénomène local, un particularisme du Vieux Sud profond… Ironiquement, le « Vieux Sud » ne comptait presque pas de « sundown towns ». Ainsi le Mississippi, dont le gouverneur s’était enorgueilli, lors de la venue de Martin Luther King, qu’il était « l’Etat le plus raciste de l’Union », et bien cet état ne comptait que 6 villages ayant interdit la résidence aux Noirs. En comparaison, l’Illinois « moderne », comptait pas moins de 456 communes que les « non-blancs » devaient avoir quitté avant le coucher du soleil. . .

Le phénomène « sundown » (qui perdure de manière souterraine à ce jour) n’est pas une petite particularité folklorique. Il joue un rôle non négligeable dans la mobilité professionnelle et sociale des membres de la communauté Noire, Asiatique ou Latino. Une étude menée par l’Université de Berkely montre que jusqu’à aujourd’hui, les membres de la communauté Noire se transmettent un savoir diffus à propos de ces « zones interdites » et notamment les « trucs » pour identifier ces communes et les éviter lors des déplacement ou bien dans la recherche d’emploi.

Ainsi, en Floride, par exemple, il était admis que toute ville ou commune ayant le mot « Palm » dans son nom avait de fortes chances de ne pas voir d’un bon oeil l’installation de Noirs sur son territoire. Dans l’Indiana, la règle voulait que les communes ayant une couleur dans leur nom (comme Brownsburg, Brownstown, Brown County, Greenfield, Greenwood, ou Vermillion County) soient « sundown ». Et en effet, toutes ces communes avaient voté une loi d’exclusion des non-blancs.

Aux Etats-Unis, le mouvement des villes « sundown » n’a commencé à décliner que vers 1968 – il y eut même une recrudescence en 1970, à la suite des émeutes dans les ghettos noirs. Mais si aujourd’hui les lois fédérales « cassent » les décisions ouvertement racistes des municipalités, le mouvement « sundown » n’a pas disparu pour autant. Il est simplement devenu plus souterrain et clandestin.

En 2001, lors de son enquête, James Loewen s’est entendu dire par les habitants de la ville de Anna dans l’Illinois, que le nom de leur ville était l’abréviation de « Ain’t No Niggers Allowed » (On veut pas de Négros chez nous)…

L’apartheid urbain existe toujours et s’est même renforcé.

Le livre est disponible sur amazon :

http://www.amazon.com/exec/obidos/ISBN=0743294483/progressiverevieA/


Je suis content que notre ami Nicolas, qui connait bien la Colombie, ait pris le temps de répondre à l’article de Thomet. Mais la Chavez-phobie des médias français est telle qu’on ne voit que Thomet dans les journaux. C’est vrai que Uribe est un bon élève de Washington, alors forcément, il est plus présentable que ce « populiste » de Chavez….

Alors faisons semblant de ne pas voir (comme le fait Libé) que le bon Uribe, aimé de son peuple et démocratiquement élu (tout comme Chavez, mais Chavez est un salaud, c’est entendu) : a une carrière « étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Intelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe Velez, alors sénateur au Congrès, comme un « politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement ». Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe Velez autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia.

Selon que vous serez dans les petits papiers de l’intelligentsia atlantiste ou pas, vous serez un « gentil » ou un « méchant »…. c’est une vieille chanson.

A noter que, sur le blog de Jacques Thomet, l’ambassade de Colombie rejette l’intégralité des accusations de Nicolas Joxe :  http://jacquesthomet.unblog.fr/2008/01/16/la-colombie-proteste-contre-larticle-de-nicolas-joxe-dans-le-monde/ 

[Le Monde – 14/01/2008]

Difficile de ne pas réagir à l’article de Jacques Thomet « La vérité sur les FARC sort enfin » (Le Monde, 9 janvier). Pour qui connaît un tant soit peu la situation colombienne, sa lecture ne peut que provoquer stupeur et colère. Dressant un portrait particulièrement élogieux d’un président colombien qui aurait tout tenté pour libérer les otages aux mains des FARC, l’auteur y lance des accusations contre la famille d’Ingrid Betancourt.

Selon cet ancien directeur de l’AFP en Colombie, le président Alvaro Uribe Velez aurait été victime d’une opération de « diabolisation » orchestrée par le gouvernement et les médias français. La famille d’Ingrid Betancourt est accusée d’avoir constamment « vilipendé » le président colombien tout en dédouanant la guérilla de sa responsabilité dans les enlèvements de civils. Qui peut croire que la famille d’Ingrid Betancourt n’a jamais condamné la cruauté et l’injustice des FARC ? Tout au long de ces années, les proches de l’ancienne sénatrice franco-colombienne ont toujours dénoncé cette pratique abjecte des enlèvements. Les FARC ont depuis longtemps perdu tout crédit politique en généralisant les kidnappings.

Personne ne conteste cette dérive criminelle de la guérilla, qui commence dans les années 1980 quand elle décide de se financer grâce à l’argent du trafic de drogue qui inonde le pays. Les FARC se coupent alors du reste de la société colombienne, leur projet révolutionnaire laisse place à une lutte purement militariste. Ce combat pour accroître leur emprise territoriale s’accompagne dès lors de violations massives des droits de l’homme. Aujourd’hui, personne ne défend sérieusement la vision d’une guérilla « romantique » en Colombie. L’épisode du petit Emmanuel est un exemple supplémentaire du cynisme dont est capable ce mouvement. Cette vérité sur les FARC n’a donc jamais été occultée, comme le prétend Jacques Thomet, qui tente de faire apparaître le président colombien comme un démocrate exemplaire, victime des mensonges des FARC relayés à l’étranger par la famille Betancourt et les autorités françaises.

Mais cette présentation de la situation colombienne, véritable panégyrique pro-Uribe, ne résiste pas à l’examen. Pour s’en convaincre, il faut revenir sur le parcours du président colombien. Car, contrairement à la thèse qu’avance Jacques Thomet, la violence politique qui ravage la Colombie ne se résume pas aux seules FARC. Depuis vingt ans, sous prétexte de lutter contre la guérilla, des milices paramilitaires d’extrême droite ont commis des crimes de masse contre la population. Ces derniers mois, des fosses communes ont été découvertes dans toutes les régions du pays. Le procureur général de Colombie a affirmé qu’elles pourraient contenir les restes de près 10 000 civils assassinés par ces groupes paramilitaires.

Leaders populaires, syndicalistes, juges, défenseurs des droits de l’homme, journalistes : les paramilitaires se sont attaqués à toute forme d’opposition politique ou sociale avec une cruauté inouïe. La presse colombienne a révélé comment les chefs paramilitaires ont généralisé la torture en formant leurs hommes à démembrer vivantes leurs victimes.

Les derniers rapports d’enquête d’Amnesty International, de Human Rights Watch ou de la FIDH montrent comment les forces de sécurité colombiennes ont encadré, coordonné, voire participé, aux massacres paramilitaires. Les témoignages des victimes sont concordants, massifs, accablants. Des officiers supérieurs de l’armée ont « sous-traité » aux milices le soin de mener cette guerre « sale » en toute impunité.

Mais les paramilitaires ne se sont pas cantonnés à ce travail de répression, ils ont bâti une redoutable organisation mafieuse qui contrôle l’essentiel du trafic de cocaïne vers les Etats-Unis et l’Europe. En s’infiltrant dans l’appareil d’Etat, les paramilitaires ont pu faire prospérer leur trafic et généraliser le détournement de fonds publics grâce à la complicité d’une partie de la classe politique au pouvoir.

Or ce qu’omet de dire Jacques Thomet dans son article, c’est que la carrière du président Uribe est étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Intelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe Velez, alors sénateur au Congrès, comme un « politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement ». Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe Velez autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia. Dans son article, Jacques Thomet écrit que le père du président colombien a été abattu par les FARC. Certes, mais pourquoi ne mentionne-t-il pas que ce dernier était lié à certains parrains de la drogue du cartel de Medellin, que l’on a retrouvé un hélicoptère appartenant à la famille Uribe dans un immense laboratoire de cocaïne ?

Pourquoi ne pas rappeler que l’ancien chef des services de renseignement, un proche du président Uribe, est actuellement détenu pour sa collaboration active avec les paramilitaires ? Pourquoi omettre le fait que les paramilitaires ont joui du soutien de larges secteurs de la classe politique colombienne ? Cette année, malgré les menaces, les juges de la Cour suprême ont ordonné l’arrestation de quatorze députés et sénateurs. Tous sont des proches du président Uribe. Ils sont accusés d’avoir truqué des scrutins électoraux, ordonné des assassinats et servi les intérêts des groupes paramilitaires depuis le Parlement.

Depuis 2005, le président Uribe a tout mis en oeuvre pour parvenir à une amnistie générale des paramilitaires en adoptant la loi dite de justice et paix. Cette législation prévoit, en effet, pour les responsables de ces crimes contre l’humanité des peines dérisoires en échange de leur démobilisation. La situation colombienne est complexe, sa violence, multiforme, parfois difficile à décrypter. Mais présenter la guérilla comme le « diable » et tenter de blanchir un président colombien compromis dans l’entreprise criminelle du paramilitarisme est quelque chose d’inacceptable. Exiger la libération d’Ingrid Betancourt et de tous les otages retenus dans des conditions inhumaines par la guérilla ne peut servir à exonérer l’Etat colombien de sa responsabilité dans le déchaînement de violence existant dans le pays.


Nicolas Joxe, réalisateur, est l’auteur du documentaire « Ils ont tué un homme. Crimes paramilitaires en Colombie ». (Diffusion Arte 2005.)http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-999190,0.html


[Faits et Documents n° 247]

L’ouvrage d’enquête de Laïd Sammari, La Tricheuse (qui faisait le point sur la véracité ou la fausseté des diplômes de Rachida Dati) a été définitivement déprogrammée par Albin Michel. Depuis lors, l’auteur, qui a fait le tour de la place de Paris, n’a trouvé aucun éditeur suffisamment courageux pour sortir son livre.

http://www.faits-et-documents.com


Sacrée Rachida ! Elle sait toujours la corde qu’il faut jouer pour décrocher le boulot.

[Faits et Document – n° 247]

Black-out complet (de la presse) sur la douzaine de lettres envoyées il y a quelques années par la jeune Rachida Dati à l’hebdomadaire Jeune Afrique. L’actuel ministre UMP de la Justice y dénonce vigoureusement la pression xénophobe à l’égard des étrangers et s’émeut de la situation des immigrés clandestins, avant de se moquer des Français, qualifiés de « racistes » qui « ne s’imaginent pas (sic) la crise qui pourrait atteindre leur pays avec le départ des “bougnoules”. » Selon Dati, le « slogan des employeurs » serait : « Tais-toi ou pars. »

A remarquer que cette lettre n’a même pas été republiée par l’hebdomadaire mais simplement placée sur le blog du rédacteur en chef. Quelques jours plus tard, il l’a précipitamment retirée, arguant du respect de la vie privée…

http://www.faits-et-documents.com


Rallié à un candidat qui avait critiqué la poignée de main entre Chirac et Poutine, le philosophe laisse transparaître son amertume : il est au bord de la rupture avec Sarkozy.

Note de Betapolitique : après Finkielkraut, c’est Gluscksman qui déchante. Ces messieurs qui font profession de philosophie devraient quand même faire l’effort de lire les discours de leurs candidats préférés, de regarder leurs actes passés, au lieu de se contenter de soutenir celui qui les a le plus souvent appelés sur leur téléphone portable. Ils devraient peut-être aussi apprendre à ne parler que de ce en quoi ils sont compétents. On espère qu’il y a quand même des sujets qu’ils travaillent…

Marianne :
C’est l’histoire d’un amour déçu. Celle d’un intellectuel de la gauche humaniste anti-totalitaire qui, séduit par les beaux discours d’un candidat de la droite se rallia à son camp. Devenu président, le candidat qui avait promis de ne jamais tomber dans les bras d’un dictateur leur fit la cour à tous. L’intellectuel de gauche s’en trouva fort dépourvu quand la bise à Poutine fut venue.

Il est des chemins politiques tortueux. Passer du col Mao au fan club de Nicolas Sarkozy en est un. En ce qui concerne André Glucksmann, la transition ne s’est certes pas faite en un jour, elle n’en fut pas moins, sans doute, précipitée. Et si l’ancien nouveau philosophe n’est pas forcément passé par la case « Rotary », les symptômes de sa conversion apparurent bien avant l’élection présidentielle de 2007.

Dès la fin des années 1980, André Glucksmann a commencé à promouvoir un atlantisme fondé sur l’anti-totalitarisme et les droits de l’homme. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’il adhérât au discours de campagne de Nicolas Sarkozy qui promettait de ne jamais aller serrer la main d’un dictateur comme Vladimir Poutine.

Devenus en six mois des « amis de trente ans », les deux chefs d’Etat se tombent désormais régulièrement et chaleureusement dans les bras. L’invitation dans la datcha du Tsar ne saurait tarder. Et peut-être même qu’entre deux signatures de contrats gazo-pétrolifères Sarkozy se mettra à la Vodka…Realpolitik quand tu nous tiens.

« Complice d’aucune dictature » En janvier 2007, dans une tribune publiée dans Le Monde, où il annonçait son ralliement au candidat de l’UMP, fondé essentiellement sur les questions internationales, André Glucksmann citait Nicolas Sarkozy : « Je ne crois pas à ce qu’on appelle la Realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat. Je n’accepte pas ce qui se passe en Tchétchénie, parce que 250 000 Tchétchènes morts ou persécutés ce n’est pas un détail de l’histoire du monde. Parce que le général de Gaulle a voulu la liberté pour tous les peuples et la liberté, ça vaut aussi pour eux… Le silence est complice et je ne veux être complice d’aucune dictature »

Le discours est beau, trop évidemment pour être sincère. Car, entre temps, le candidat de l’UMP a fait du chemin… jusqu’au Kremlin en passant, c’est à noter, par Pékin et Tripoli. Ainsi Nicolas Sarkozy s’est empressé de féliciter Vladimir Poutine pour sa victoire écrasante aux élections législatives russes. Un scrutin entaché de nombreuses fraudes, parfois jusqu’à la caricature avec une participation de 100% en Tchétchénie où Poutine aurait recueilli 99% des suffrages…

Le plus étonnant est encore qu’André Glucksmann, ancien Mao, donc tacticien s’il en est, ait cru un instant que Nicolas Sarkozy ne passe, un jour, du discours aux actes. Redoutable rhéteur, le président de la République est d’abord un sophiste qui adapte son discours à son interlocuteur du moment jusqu’à l’attirer dans sa toile. Le reste importe peu. Le pragmatisme l’emporte toujours.

« Désillusion définitive » :  Dans un entretien accordé au Corriere della Serra le philosophe ne cache pas sa déception et espère qu’elle ne sera pas définitive : « Je ne comprends pas l’attitude de Nicolas Sarkozy mais les réactions timides de l’Occident annonçaient déjà un Poutine triomphant. L’Europe doit se secouer pour affronter un président terrorisé à l’idée de perdre le pouvoir. Sarkozy, comme presque tous les leaders européens et américains depuis quelques années, Clinton compris, s’est trompé. J’espère qu’il pourra revenir sur ses positions »

André Glucksmann avait « rêvé un temps d’un ticket Kouchner-Sarkozy ». Il est des rêves qui ne devraient jamais se réaliser. Le réveil est brutal. Installé, le binôme ne fait pas que des merveilles. On le sait, la réalité n’est jamais aussi belle que le conte de fées.

Transparent plus qu’à son tour, le chef de la diplomatie française (c’est bien lui…), humaniste devant l’Eternel mais pas devant Sarkozy, semble bien résolu à avaler toutes les couleuvres qu’on saura lui présenter aimablement pour conserver une place sur la photo. Le socialiste préféré de la droite française, muet sur la dérive poutinienne, prêt à tout pour jouer les premiers rôles et désormais réduit à celui de figurant, donne quotidiennement un exemple édifiant de ce qu’est l’ouverture à tous les vents : un courant d’air…

http://www.marianne2.fr/Glucksmann-Sarkozy-s-est-trompe-!_a81763.html


Racisme : la guérilla aux portes de Paris

[Claude Ribbe – 27/11/2007]

La banlieue nord de Paris connaît actuellement un embrasement sans précédent. Il n’y a aucun précédent car, cette fois, la violence exprimée à l’égard de la police est extrême et les jeunes recherchent tous les politiciens de la région pour les lyncher. D’emblée, le commissaire de police de Sarcelles, la ville voisine, a été sérieusement frappé au visage et soixante policiers ont été blessés la nuit dernière dont cinq grièvement. Il semblerait que l’usage d’armes à feu leur interdise l’entrée de la cité. Il s’agit d’une véritable guérilla.

Je connais très bien Villiers-le-Bel puisque je viens d’y être candidat aux élections législatives – sans investiture et sans moyens – et que rien ne m’interdit d’y être à nouveau candidat – pourquoi pas avec des moyens, cette fois ? – puisque une nouvelle élection doit y avoir lieu dans quelques semaines après la démission de Dominique Strauss-Kahn, le milliardaire parisien  » de gauche » qui a été élu contre moi le 17 juin dernier.

Car personne, non personne, ne dit que l’homme politique responsable de cette zone de non droit et du climat insurrectionnel qui y règne s’appelle Dominique Strauss-Kahn et qu’il a fui sa circonscription voici deux mois pour devenir directeur général du FMI. Le fonctionnaire le mieux payé de Washington. Les jeunes «noirs» de Villiers-le-Bel, où il avait pourtant son bureau en tant que président de la communauté de communes du Val de France, désormais c’est bien loin pour lui. Strauss Kahn a passé la main à François Pupponi, maire de Sarcelles, un partisan du communautarisme qui se dit lui aussi de gauche, mais qui passe son temps à faire la fête à Paris en payant ses additions dans les restaurants et les hôtels chics avec une carte de crédit à son nom dont les factures sont réglées par la SEM Chaleur, la société chargée de chauffer les immeubles de Sarcelles…

(suite…)


On ignore et on s’en fout de savoir si une majorité de membres de la communauté juive ont voté pour Sarkozy. Mais qu’on ne vienne pas jouer les vierges effarouchées et crier au « communautarisme » quand Mohamed Chérif Abbès évoque un « lobby juif » qui aurait contribué à porter au pouvoir Sarkozy… car c’est Sarko et l’UMP eux-mêmes qui sont aller draguer ce « lobby »- et ils ne s’en cachent pa.

Sarkozy, «candidat naturel des électeurs juifs»

[Libération –  lundi 4 décembre 2006]
Il y a deux ans tout juste, Nicolas Sarkozy débarquait aux côtés de son épouse Cécilia pour une visite de quarante-huit heures en Israël. Déjà tout entier tourné vers son rêve élyséen, le tout nouveau patron de l’UMP d’alors (sans fonction ministérielle) était venu recevoir, avec des fastes dignes d’un chef d’Etat, la bénédiction des plus hautes autorités du pays, toutes sensibilités politiques confondues. Le message de Nicolas Sarkozy était simple : s’il est élu à l’Elysée, ce sera la fin du dogme gaulliste de «la politique arabe de la France» .

Rupture. A sa sortie d’un entretien avec Ariel Sharon, le Premier ministre israélien de l’époque lui avait publiquement lancé : «Je suis certain que vous avez bien conscience de faire partie de nos amis.» Une petite phrase destinée à montrer que Sarkozy, à ses yeux, incarnait bien une vraie rupture avec Jacques Chirac.

Même le dirigeant travailliste et prix Nobel de la paix Shimon Peres avait jugé «très important» de rencontrer le futur candidat de l’UMP à la présidentielle, estimant qu’à travers lui, il «faut regarder l’avenir» . En Israël, Nicolas Sarkozy était également venu tirer les dividendes de sa politique menée au ministère de l’Intérieur après une série d’actes antisémites auxquels la gauche, sous Lionel Jospin, n’avait pas su répondre avec force.

De même, il entendait montrer à la communauté juive française, qu’il travaille avec un soin tout particulier depuis le début de sa carrière, qu’Israël misait vraiment sur lui pour tourner une page de ses si complexes relations avec la France. Lors de ce voyage, il confiait à Libération , depuis l’esplanade des mosquées, vouloir «bien évidemment se rendre très bientôt dans les territoires palestiniens» . Il avançait la date de «février ou mars 2005» . Il ne s’y est finalement jamais rendu.

Aujourd’hui, les sarkozystes sont persuadés que, très majoritairement, le vote juif, si tant est qu’il existe, leur est acquis. Dans le quotidien israélien Haaretz , le ministre de l’Aménagement du territoire, Christian Estrosi, assurait, fin novembre, que «Sarkozy est le candidat naturel des électeurs juifs» .

Pour enfoncer le clou et marquer les esprits chez les juifs français, François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a insisté ce week-end sur les «fautes» de Ségolène Royal au Proche-Orient (lire page 2). Il a dénoncé sa rencontre «avec un membre du Hezbollah, organisation qui prône la destruction d’Israël, qui a provoqué et mené la guerre contre Israël» . De même, il a rappelé à propos du Hamas (que Royal a hésité à rencontrer) qu’il s’agit d’une «organisation terroriste, qui appelle à la destruction d’Israël et qui retient en outre un otage franco-israélien, le jeune Gilad Schalit» .

http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement2/221033.FR.php 


Une partie non négligeable des Juifs ne veut aucun lien avec Israël, ou est très critique de ce pays. Un antisionisme juif existe. Pourquoi eux peuvent et moi pas?

Victor Ginsburgh – Professeur de l’Université Libre de Bruxelles

J’ai eu la maladresse d’écrire qu’à mon goût, mon université était insuffisamment antisioniste. Elle ne l’est pas du tout; moi je le suis. Des amis proches, Moïse R. et Philippe W. ont eu la gentillesse de me demander ce que j’entendais par là. Ils le savaient, eux, mais ils m’ont ainsi donné l’occasion d’y réfléchir. D’autres le feront peut-être aussi, pour autant qu’ils m’adressent encore la parole. Voilà, je dois à Moïse et à Philippe les quelques explications qui suivent. Quant aux autres, aucune raison de me justifier.

Je suis devenu Juif à l’âge de 35 ans, lors d’un séjour à Cracovie alors que je passais devant un cimetière juif où les herbes étaient tellement hautes que l’on ne voyait plus les pierres. Je ne savais même pas qu’Auschwitz était là, à quelques kilomètres. Auschwitz, et ailleurs, où avaient disparu, disait ma mère, 56 personnes de la famille.

C’est quoi, pour moi, être Juif?

Mendès-France à qui l’on posait la question aurait répondu: «Je suis né Juif; les antisémites me considèrent comme Juif, et mes enfants savent qu’ils sont Juifs.» Freud se décrivait comme quelqu’un «qui est complètement étranger à la religion de ses pères» – aussi bien qu’à toute autre religion – et qui ne peut partager des idéaux nationalistes, mais qui cependant n’a jamais répudié son peuple, qui sent qu’il est un Juif dans sa nature essentielle et qui n’a aucun désir d’altérer cette nature. Si la question lui était posée: «Puisque vous avez abandonné toutes ces caractéristiques communes à vos compatriotes, que vous est-il resté qui soit Juif?», il répondrait: «Enormément et probablement sa véritable essence». Voilà pour mon état de Juif. Rien de plus, rien de moins.

C’est quoi, pour moi, être sioniste ou antisioniste?

Si c’est ce qu’écrivait, en 1914, Moshe Smilansky, qui était à la tête de l’Union des agriculteurs juifs de Palestine, alors je suis sioniste: «Il n’y a pas, à mon avis, d’antagonisme entre l’aspiration nationale arabe et l’aspiration nationale juive. Il n’y en a pas, parce que la terre de notre espérance n’est qu’un petit coin au milieu des vastes pays dans lesquels le peuple arabe est de par son nombre l’élément décisif. Il n’y en a pas pour nous, parce que la perspective dans laquelle nous envisageons notre avenir, n’est pas politique, ni étatique, mais bien économique et culturelle… Et la Palestine, du fait qu’elle est économiquement et culturellement le pays des Juifs, sera un rapport substantiel à la fédération turco-arabe à venir.» Et il faut reconnaître que la réussite dans ces domaines est éclatante. (suite…)


Outre la morgue habituelle du latino de la côté envers tout ce qui comporte ne serais-ce qu’une once de sang indien dans les veines (si vous êtes déjà allé au Pérou, vous savez de quoi je parle), cette tribune de Vargas Llosa (immense écrivain par ailleurs) est proprement hallucinante…

Imaginez un instant qu’un homme politique ait osé écrire ce genre de choses en 2002 suite à l’élection de Chirac ? Vous voyez le tollé ? Mais là, c’est contre Chavez, alors ça passe…

« Pourquoi tu ne la boucles pas ? », par Mario Vargas Llosa
[LE MONDE | 22.11.07]
(…)
L’enseignement le plus évident de ce psychodrame, c’est qu’il existe encore une Amérique latine anachronique, démagogique, inculte et barbare, et ce serait une perte de temps et d’argent de tenter de l’associer à la communauté civilisée, démocratique et modernisatrice que les sommets latino-américains aspirent à créer.

Cette aspiration sera vaine tant qu’il y aura des pays latino-américains avec des dirigeants tels que Chavez, Ortega ou Evo Morales, sans parler de Fidel Castro. Qu’ils soient ou aient été populaires et qu’ils gagnent des élections ne fait pas d’eux des démocrates. Au contraire, cela montre la profonde inculture politique, la fragilité des convictions démocratiques de sociétés capables de porter au pouvoir, lors d’élections libres, des personnages de ce genre. (suite…)


Venezuela : Au sujet de l’article « L’opportunisme humanitaire de Chávez» publié par Libération

Un relevé des contrevérités et des omissions s’impose

[Gaël Brustier et Christophe Ventura, militants altermondialistes]
Dans son édition du 19 novembre, Libération (http://www.liberation.fr/rebonds/292184.FR.php) a publié une tribune présentée par 22 universitaires, intellectuels, écrivains, philosophes, journalistes, artistes, diplomates internationaux (soutenue par 42 autres « personnalités internationales ») dénonçant la supposée dérive anti-démocratique du président vénézuélien Hugo Chávez et demandant aux « démocrates du monde de ne pas laisser mourir l’une des plus anciennes démocraties d’Amérique latine ».

Quoi que les uns et les autres pensions de la personnalité du président vénézuélien et de la nature de la « révolution bolivarienne », il convient de ne pas tricher avec les faits qui, respectés, doivent être portés au jugement du lecteur afin qu’il puisse, librement et en conscience, se forger une opinion sur un sujet concernant un pays situé à des milliers de kilomètres des rédactions parisiennes.

De la qualité de l’information dépend celle du débat démocratique. La négliger au profit d’une démarche partisane maltraite le débat d’idées. En proposant ce texte truffé de contrevérités, les auteurs – dont certains sont des intellectuels reconnus dans l’espace public français – abusent les lecteurs et le débat démocratique.

Répondons point par point :

(suite…)


Il y a encore des éditeurs de blogs qui ne filtrent pas les commentaires ? C’est suicidaire !!!! Sur ce humble blog, il y a en moyenne 600 commentaires de spam par jour… et environ trois ou quatre commentaires par semaine qui – si nous les laissions passer – nous vaudraient des ennuis devant la justice…

[Web Citoyen – 15/11/2007]
Jean-Luc Romero, conseiller régional (UMP) d’Ile-de-France, a été convoqué jeudi 18 octobre devant le Tribunal de Grande Instance de Paris et mis en examen à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée par le député (UMP) de Tourcoing Christian Vanneste.

La plainte vise un commentaire, effacé depuis, qui avait été déposé sur le blog de Jean-Luc Romero. Selon Jean-Luc Romero, le commentaire a été déposé par un internaute qu’il ne connaît pas, et qui était mineur à l’époque des faits.

Comme la condamnation de la Nouvelle République du Centre-Ouest à la suite d’une plainte déposée par le MRAP, cette affaire posera une nouvelle fois la question de la responsabilité des éditeurs de blogs par rapport aux commentaires déposés sur leur blog.

Il est surtout permis de se demander si, dans cette affaire, le blog n’est pas un prétexte à d’autres réglements de compte :  Jean-Luc Romero avait témoigné lors du procès qui a abouti en janvier dernier à la condamnation de Christian Vanneste pour « injure envers les homosexuels ». En mai dernier, il s’était déclaré « publiquement choqué » après que Christian Vanneste a été reçu à Matignon avec les autres députés UMP.

S’il est possible de faire condamner l’éditeur d’un blog en raison des commentaires déposés sur son blog, les hommes politiques et personnalités publiques, de plus en plus nombreux à bloguer, ne risquent-ils pas de se trouver sous la menace permanente de tels procès ?

Au risque de les inciter, sinon de les obliger, à fermer les commentaires de leurs blogs ou à modérer les commentaires a priori, ce qui restreindra le dialogue libre et direct entre élus et citoyens qu’a autorisé le développement des blogs.

 http://www.webcitoyen.com/2007/11/jean-luc-romero.html


Les « Conventions de Genève » démantelées par les Etats-unis.

Extrait du documentaire « un taxi pou l’enfer ». D’Alex Gibney (Etat-Unis, 2007, 1h45mn)
diffuser sur ARTE le 08 octobre 2007.

http://www.dailymotion.com/video/x3663g_les-barbares-du-21eme-siecle
Alors que les capitalistes ont intégrés les principes des droits de l’homme dans leur idéologie, nous avons tous vu les comportements abjects des soldats américains dans les prisons d’Abou Ghraïb en Irak, de Guantanamo près de Cuba, ou de Bagram en Afghanistan. Si ce ne sont pas des atteintes aux droits de l’homme, que sont donc alors les droits de l’homme ? De quel homme parle-t-on ?
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voir video Road to Guantanamo Version s-titré francaise:
http://www.dailymotion.com/decryptator/video/x28tzc_road-to-guantanamo-sous-titre-franc_news


Christine Bravo ivre de rage contre le mouvement étudiant
Henri Maler et Antoine Schwartz
Publié le jeudi 15 novembre 2007

http://www.acrimed.org/article2760.html

Émission « On n’a pas tout dit », France 2, mardi 13 novembre 2007. Laurent Ruquier a convié, pour « débattre » de la « loi Pécresse » et des mobilisations dans les Universités, Emmanuelle, une étudiante de gauche, communiste semble-t-il, qui représente le mouvement étudiant, et un étudiant de droit et de droite, dont le prénom nous a échappé, qui « représente » les « anti-bloqueurs ». Vers la fin de l’émission, Christine Bravo, déchaînée, déboule sur le plateau pour vomir sa haine du mouvement étudiant et de tout ce qui, de près ou de loin, lui rappelle les drapeaux rouges de sa jeunesse.

Christine Bravo est coutumière de ces « sorties ». Déjà, en juin 2004, elle avait assimilé à une Saint-Barthélémy, les coupures de courant qui avaient affecté le domicile de Jean-Marie Cavada lors d’une grève de l’EDF (comme on peut le lire dans l’article que nous avions publié : « Christine Bravo contre la Saint Barthélemy des compteurs EDF.) La récidive transcrite ci-dessous est tout sauf anecdotique.
(suite…)


Le plus intéressant de cet article est la phrase de Breteau : « Faire du Darfour une priorité… »

Quand on sait à quel point le Darfour est exploité par la manipulation néo-con pour affaiblir l’Europe et s’emparer des réserves pétrolières dans la région (notamment à travers le lobbying de Powell et de la Fondation Baker), il ne serait pas surprenant que Kouchner et ses amis néo-cons français aient voulu – en laissant faire les guignols de l’Arche de Zoé – monter une petite opération de communication au bénéfice de leurs amis à Washington :

Les « bons blancs » Occidentaux qui s’en vont sauver de la « barbarie islamiste » de pauvres petits noirs tous mignons…. voilà qui aurait fait une jolie couverture de Paris Match pour renforcer chez les français l’idée de guerre des civilisations et nous pousser un peu plus dans le camp des faucons US…

[Le Canard enchaîné – 14/11/2007]
La très inhabituelle discrétion de Kouchner sur l’équipée de l’Arche de Zoé s’explique peut-être par cette embarrassante lettre datée du 13 juillet et adressée à Laurent Contini, son conseiller pour l’Afrique.

Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé, y remercie son « cher Laurent» de « l’excellent accueil» qu’il a reçu au Quai d’Orsay le 4 juillet. Dans ce courrier, Breteau parle clairement d’une »opération d’évacuation des orphelins du Darfour » pour laquelle il promet – pieux mensonge – « un cadre strictement légal ».

Plus loin on comprend que le ministère émet des réserves, mais Breteau y répond par avance: « Comme évoqué lors de notre entretien, nous avons pleinement conscience des possibles répercussions de cette opération humanitaire ( … ). Faire du Darfour une priorité reste l’objectif partagé par le ministère que vous représentez et notre organisation humanitaire. » (suite…)


C’est marrant comment les pouilleux voleurs de poules suscitent nettement plus de haine que les escrocs propres sur eux qui volent des milliards. L’Italie veut jeter les roumains à la mer à cause d’un meurtre mais ferme les yeux sur les meurtres de la camorra et la corruption de Berlusconi…

Vous allez voir que bientot la bourgeoisie décomplexée va revenir aux méthodes de Fourrier du XIXè Siècle : élimination physique des pauvres dans les bagnes et les mourroirs isolés…

Pourquoi se faire chier à envoyer les Rroms dans le désert quand on peut leur appliquer la « méthode allemande » et les gazer directement ?

[LE MONDE | 07.11.07]
Le premier ministre roumain Calin Tariceanu entame, mercredi 7 novembre, une visite de deux jours en Italie destinée à apaiser les tensions que la question de l’immigration a provoquées entre Rome et Bucarest.

Ce déplacement intervient alors que les deux pays tentent de d’arrêter les actes xénophobes visant des immigrés roumains en Italie après le meurtre d’une Italienne attribué à un jeune Roumain d’origine rom, et le décret-loi pris par le gouvernement Prodi afin de pouvoir procéder à des expulsions massives (Le Monde daté 4-5 novembre). « Nous ne voulons pas que ceux qui travaillent honnêtement soient victimes de l’action de la police italienne ou des préfectures« , a déclaré M. Tariceanu avant son départ à Rome.

(…)Cette mission délicate est compliquée par les déclarations du ministre roumain des affaires étrangères, Adrian Cioroianu. Evoquant en direct à la télévision, le 2 novembre, le cas de la minorité rom, M. Cioroianu avait indiqué s’être interrogé, alors qu’il se trouvait au Caire, sur la possibilité d’acheter « un morceau du désert égyptien pour y mettre tous ceux qui nuisent à notre image ».

Des associations de défense des droits de l’homme se sont aussitôt solidarisées avec la minorité rom, et ont réclamé la démission du chef de la diplomatie roumaine, qui accompagne M. Tariceanu en Italie.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-975523,0.html


Ni putes, ni soumises, mais démissionnaires

[AgoraVox – 07/11/2007]

« Il n’y a pas de crise ». C’est du moins ce que prétend Sihem Habchi, présidente par intérim de « Ni putes, ni soumises ». Il n’empêche, crise ou non, ce mercredi 7 novembre, vingt-six comités, dont ceux de Marseille, Toulouse et Grenoble, viennent de démissionner en bloc de l’association.

Et ceci quasiment à la veille de l’université de « Ni putes, ni soumises » qui se tient 9 au 11 novembre prochain à Dourdan (Essonne). Dans un communiqué commun, les vingt-six comités déclarent que « depuis l’entrée au gouvernement de Fadela Amara qui avait jeté le trouble chez beaucoup d’entre nous, l’actuelle direction menée par Sihem Habchi n’a pas été capable de définir une ligne politique claire et indépendante ».

En cause : Mohammed Abdi. Le secrétaire général du mouvement est conseiller spécial auprès de Fadela Amara. « C’est un véritable manque d’indépendance » souligne les comités. Des militants parlent même de l’association comme d’« une machine à promouvoir Fadela », érit Libération.

Ce n’est pas le seul reproche adressé à la direction par les comités démissionnaires qui évoquent aussi « un manque de transparence en ce qui concerne les finances et un fonctionnement non démocratique des institutions ».

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31271


C’est bien connu ! Si nous critiquons Rachida c’est parce que nous sommes racistes, si nous critiquons Ségolène c’est parce que nous sommes phallocrates, si nous critiquons Bush c’est parce que nous sommes anti-américains, si nous critiquons Israël c’est parce que nous sommes antisémites….

Quand il ne vous reste plus que ça comme argument….

L’élève Rachida compromise en examen
[Le Canard enchaîné» – mercredi 31 octobre 2007]
Le document ci-dessous a provoqué un véritable branle-bas de combat, le octobre, au ministère de la Justice. Réunions, coups de téléphone, conciliabules, il ne manquait plus qu’une « cellule de soutien psychologique » pour que le tableau de la tragédie soit complet. Il ne s’agit pourtant que d’un curriculum vitae dans lequel Rachida Dati, la garde des Sceaux, semble se prévaloir d’un prestigieux diplôme, le Master of Business Administration (MBA) délivré par le groupe HEC.

Le CV traffiqué de Rachida Dati
Extrait du curriculum vitae de deux pages qui figure au dossier administratif de Rachida Dati et qui est annoté de sa main. Pour l’année 1993, il est indiqué « MBA », diplôme qu’elle n’a pas décroché. Selon la ministre, la formule « Ancienne élève …  » est censée annuler la précédente. Sur un autre document, une « fiche personnelle » manuscrite, remplie en 1999, figure la même mention. Petite ruse pour se montrer sous le meilleur profil? Elève Rachida, au piquet!

En réalité, comme « L’Express » l’a écrit dans son dernier numéro, et comme le porte-parole de Rachida Dati l’a confirmé, elle n’a pas obtenu ce diplôme. Mais, affirme encore le porteparole, jamais, au grand jamais, elle n’a prétendu le contraire. Voire – Dans deux documents qui figurent dans le dossier administratif constitué tout au long de sa carrière de magistrate, Rachida Dati fait état de ce fameux MBA. Sans dire expressément qu’elle en est titulaire. Mais en cultivant l’ambiguïté, de sorte que certains magistrats ou hauts fonctionnaires ont pu comprendre, notamment à l’occasion d’une demande d’avancement, que la jeune Rachida était bien diplômée. Maladresse? Poser la question a mis la Chancellerie sens dessus dessous … (suite…)


[Il manifesto, Los Angeles, samedi 27 octobre 2007 –   Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio]
On les appelle « reverse 911 » (comme le 15 « à l’envers ») les appels téléphoniques de la police aux résidents des zones à risque pour leur notifier l’ordre d’évacuation quand les flammes approchent de leurs quartiers.

Ces dernières semaines il y en a eu des centaines de milliers aux résidents des quartiers des faubourgs assiégés par les incendies californiens. A ceux du moins qui ont le téléphone ; à la différence des milliers d’autres qui appartiennent par contre à la population « ombre » d’une des aires les plus riches d’Amérique, ces gens invisibles qui vivent, souvent dans des campements clandestins, dans des baraques et des tentes plantées dans les canyons à l’écart des villes où ils travaillent au noir : comme gardiens, jardiniers, hommes de service et surtout comme force de travail à bas prix dans les champs de l’Etat qui a le plus florissant secteur agricole d’Amérique. Elles appartenaient aussi à cette population traquée les quatre personnes dont on a retrouvé les restes carbonisés, quelques heures après le départ de Georges Bush, avant-hier (25 octobre, ndt), au fond d’un escarpement derrière San Diego, où ils avaient désespérément cherché à se réfugier des flammes.

Quatre des deux millions de « non-personnes » qui, après le bref mouvement pour les droits des immigrés de l’an dernier, sont aujourd’hui les victimes désignées des rafales de haine qui ont soulevé une vague de xénophobie en Californie et dans tout le pays.

La chasse au sans papier, à coups de rafles nocturnes et de bile déversée sur les blogs, a rendu plus dramatique encore le « sale » secret de cette économie opulente. Pendant que les quatre, trois hommes et une femme sans noms, mouraient dans l’incendie du champ où ils avaient essayé de disparaître de la vue de la société de l’abondance, qui attend leurs services mais nie leur existence, un autre épisode de « justice ethnique » avait lieu quelques kilomètres au nord sur la côte, dans le stade de San Diego transformé en centre pour 10.000 réfugiés.

Le Qualcomm stadium a été le fleuron de ce désastre, géré par les agences de presse comme fond modèle pour les opérations de secours et pour les photos de gouverneur. Et immédiatement désigné par les journaux comme l’anti-Superdome, ce chaos infernal où, après l’ouragan Katrina, des milliers de noirs de New Orléans avaient été abandonnés à eux-mêmes. Le centre de réfugiés « de luxe » a eu à sa disposition des cappuccinos offerts par Starbucks, des revues gratuites, des menus variés et même des massages pour soulager le stress.

Du moins pour les bons réfugiés ; de fait, mercredi (24 octobre, ndt), comme le rapportait un entrefilet dans les pages intérieures des journaux, six clandestins ont été arrêtés au Qalcomm pour « vol de nourriture ». Tolérance zéro donc sur l’alimentation « illicite », et après la déportation sommaire des six, quatre adultes et deux enfants coupables d’avoir ôté la nourriture de la bouche des ayant droits, une vingtaine de familles « non anglophones » ont quitté le centre.

Episode emblématique de la guerre aux pauvres et aux autres qui désormais prévaut en Californie et dans le pays où une démagogie « nativiste », habilement instrumentalisée, est en train de porter ses fruits empoisonnés. Les « clandestins » qui ont aussi perdu dans le chaos californien ces lambeaux de vie précaire qui leur permettait de rassembler quelques sous pour construire leurs remises au Mexique, vivent un désastre caché, hors champ, jamais repris dans le champ des caméras de télés qui filment l’assistance compatissante de Bush et Schwarzenegger.

http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5632 


La campagne en cours autour de Ayaan Hirsi Ali est une opération de propagande de vaste envergure, impliquant des acteurs conscients, des « idiots utiles » et une victime : Ayaan elle même…

Ayaan Hirsi Ali a été exploitée par le parti libéral hollandais, trop content de l’utiliser comme une icône de leur « guerre des civilisations » et la diabolisation des immigrés à des fins électorales.

Et puis elle est allée se faire exploiter par son think-tank néo-conservateur aux Etats-unis, trop content de l’utiliser comme étendard dans sa lutte pour le Grand-Israël… car, derrière leur discours « voltairien » les Alan Dershowitz et David Horowitz ne défendent qu’une seule chose : l’éviction des Arabes de Palestine et la poursuite de la colonisation juive.

Aujourd’hui, les mêmes néo-cons la renvoient en mission commandée, pour attiser encore une fois la flamme de la diabolisation du monde arabe, pour servir de nouvel élément de propagande dans la conquète des ressources pétrolières, pour justifier les futurs bombardements, invasions et colonisations…

et si au passage on peut humilier un peu l’Europe, montrer qu’elle est « lâche » (comme le dit Salman Rushdie, qui ne trouve rien à reprocher à la défaillance des Etats-unis d’assurer la sécurité ‘Ayaan sur son sol) et peut-être faire un peu pression pour s’assurer de son soutien dans les prochaines guerres impériales de l’Occident… c’est tout bénef !

Aujourd’hui Ayaan est bien seule, elle se doute que ses amis néo-cons n’en ont rien à foutre de la liberté d’expression ou de sa sécurité (qui peut croire à l’excuse bidon comme quoi les USA n’ont pas les moyens d’assurer sa protection, quand ce pays dépense chaque jour des milliards de dollars pour la guerre en Irak ?) – au contraire, cela ne serait que trop bien si elle finissait comme Theo Van-Gogh, cela serait l’apogée de la campagne de propagande. Et ce serait encore mieux si le « nazislamiste » qui l’attaquerait pouvait avoir une connexion avec l’Iran ou la Syrie.

La femme Ayaan Hirsi Ali mérite notre respect, son combat personnel mérite notre respect et notre protection, indépendamment de l’exploitation propagandiste qui en est faite. Je pense que des musulmans intelligents, comme le prince Abdallah ou l’Aga Khan, qui ont les moyens, pourraient désamorcer cette opération de propagande en payant la facture de la protection rapprochée d’Ayaan, protection que le gouvernement des Etats-unis lui refuse pour une raison fallacieuse…

Si vous voulez apporter une aide financière à Ayaan, vous pouvez le faire par le biais du bouton ci-dessous. La totalité des sommes collectées sera reversée à Mme Ali.

Faire un don pour financer l’embauche d’un garde du corps pour Mme Ali

[Le Monde – 19.10.07 -propos recueillis par Annick Cojean]

Menacée de mort par des groupes islamistes pour ses prises de position critiques sur l’Islam, l’ex-députée néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali avait dû s’exiler en 2006 aux Etats-Unis.Depuis le 1er octobre, elle est confrontée au refus du gouvernement de La Haye de continuer à assurer sa protection à l’étranger. Une décision qui la rend à la fois démunie et vulnérable. Jointe par téléphone, Ayaan Hirsi Ali interpelle le gouvernement français : à la France de rappeler au reste de l’Europe les principes des Lumières.

Quelle est votre situation actuelle ?

Après un bref séjour en Hollande pour rencontrer les autorités, je suis revenue aux Etats-Unis et je me trouve actuellement dans une ville américaine où j’essaie d’organiser ma sécurité. (suite…)


A noter qu’il y a un demi-démenti : le sénateur Ivan Renar a publié un démenti et fait retirer du serveur internet du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) les propos qui lui étaient attribués par ses hôtes. Le sénateur communiste français précise que, au cours de cette réunion, il n’a pas approuvé le bombardement israélien du Liban, mais a effectivement qualifié le Hezbollah « d’organisation terroriste ». (http://www.voltairenet.org/article152651.html)

[Voltaire 19/10/2007]
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a reçu le sénateur communiste du Nord, Ivan Renar, le 10 octobre 2007. Celui-ci a déclaré qu’il « considérait le Hezbollah, non comme une organisation patriotique libanaise mais comme un groupe terroriste agissant pour le compte de la Syrie et de l’Iran et trouvait « l’action militaire israélienne durant l’été 2006, justifiée, pour faire cesser les bombardements du Hezbollah sur les villes et les villages d’Israël » », indique le site internet de l’organisation.

Le sénateur Ivan Renar était l’invité du CRIF en tant que représentant des élus locaux du Parti communiste français. Ses déclarations engagent donc son parti, bien qu’elles ne soient pas l’expression d’une délibération interne de cette formation.

Cette position individuelle, prise en nom collectif et n’ayant fait l’objet d’aucune mise au point ni de l’élu ni du Parti, illustre la dérive idéologique des responsables politiques français depuis l’élection de Nicolas Sarkozy et leur alignement progressif sur les thèses de Washington et de Tel-Aviv.

http://www.voltairenet.org/article152255.html 


Un cadre idéologique pour la « troisième guerre mondiale »

Fascisme, islam et grossiers amalgames

Alors que les Etats-Unis s’enlisent en Irak et que ce pays sombre dans la guerre civile, l’administration Bush continue de justifier ses interventions au Proche-Orient au nom de la lutte contre le « fascisme islamique ». Ce cadre idéologique permet de ranger dans la même catégorie des mouvements disparates, d’Al-Qaida au Hezbollah en passant par les Frères musulmans.

Par Stefan Durand – Le Monde Diplomatique – Novembre 2006

« Ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses. La loi, le pouvoir, le maître, le monde, la rébellion, la foi. Ils peuvent ainsi faire des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. » En cela, « ils cassent le travail consistant à “former” des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. » En 1977, Gilles Deleuze dénonçait ce qu’il appelait la « pensée nulle » des « nouveaux philosophes ».

Trente années plus tard, ces penseurs toujours « nuls » mais plus vraiment « nouveaux » et toujours pas « philosophes » se retrouvent à l’avant-garde pour propager en France, sur la base de « mélanges grotesques », le concept creux de « fascisme islamique ».

On pourrait se contenter de passer outre si ce concept n’avait pas été utilisé publiquement par le président des Etats-Unis, M. George W. Bush, le 7 août 2006, et à l’occasion d’autres discours officiels américains, dans lesquels on regroupait des organisations fort différentes les unes des autres (Al-Qaida, les Frères musulmans, le Hamas, le Hezbollah…), faisant de ces mouvements les « successeurs du nazisme et du communisme ». La requalification de la « guerre contre le terrorisme » en « guerre contre le fascisme islamique », et donc l’inscription des mouvements fondamentalistes musulmans dans la lignée de ce qu’on a appelé au XXe siècle, sans distinctions, les « totalitarismes », n’est pas innocente. Elle vise à relégitimer des politiques bellicistes, en se fondant sur des amalgames et sur les vieilles ficelles de la « politique de la peur ».

La paternité du néologisme « islamo-fascisme » a été revendiquée dans l’hebdomadaire néoconservateur The Weekly Standard par le journaliste Stephen Schwartz (1), qui collabore par ailleurs à un site Internet très controversé, FrontPage magazine, de David Horowitz.

http://www.monde-diplomatique.fr/2006/11/DURAND/14115


Affiche de la campagne suisse pour le renvoi des « étrangers criminels » (enfin, ceux qui sont pauvres)

D’après vous, quand les initiateurs de cette campagne parlent de « étrangers criminels » ils pensent aux dictateurs, oligarques et autres criminels qui sont planqués en suisse avec leur magot ? Ou bien au voleur de poules basané ?

 

Contre les moutons noirs


« Si l’amendement est confirmé, oui, je resterai. (…) Je n’ai jamais pensé à démissionner du gouvernement », a déclaré Fadela Amara sur France 2. Elle assure n’avoir « reçu aucune pression de l’Elysée ou de Matignon » pour partir.

Adopté en première lecture à l’Assemblée puis au Sénat dans une version modifiée, le projet doit maintenant passer mardi devant une commission mixte paritaire entre les deux assemblées, composée de sept députés et sept sénateurs, en vue d’une éventuelle adoption définitive et pour le choix du texte final. L’Elysée et Matignon continuent d’appuyer ce texte qui, selon eux, permet de lutter contre la fraude à l’état civil imputée aux candidats à l’immigration dans le cadre du regroupement familial.

Les déclarations de Fadela Amara qualifiant de « dégueulasse » ce qui constitue à ses yeux une exploitation du thème de l’immigration ont suscité la réprobation d’une partie de la majorité UMP et provoqué le premier incident grave dans la politique d’ouverture du gouvernement à des personnalités de gauche.

« Je quitterai ce gouvernement si jamais je sens que je ne suis pas capable de mener la responsabilité au bout des objectifs que je me suis fixés, à savoir, changer la situation en banlieue. Si j’ai cet échec, je lâche », a dit Fadela Amara.

Elle a toutefois maintenu ses réserves sur la politique du gouvernement où elle siège. « Ces derniers temps, j’en ai un peu marre qu’on dise tout et n’importe quoi à propos de l’immigration ».

Elle doit rencontrer lundi au siège de l’UMP Thierry Mariani, le député UMP à l’origine du texte et peut-être Brice Hortefeux, ainsi que Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP.

Entretemps, dimanche, au Zénith de Paris, est prévu un rassemblement d’artistes et de personnalités contre « l’amendement ADN », qui suscite l’opposition à gauche, comme à droite, où Dominique de Villepin et même Charles Pasqua ont exprimé leur hostilité. Ce dernier a toutefois voté la version modifiée du texte.


A noter que Danny Baz, vaillant traqueur de nazis, a lui même formé des « Einsatzgruppen » génocidaires, en Afrique, au service de Mengistu. Ce n’est pas la moindre des contradictions des israéliens rescapés des camps, qui ont soutenu sans sourciller les rèves racistes et sanguinaires en Afrique du Sud et en Rhodésie… tant qu’il ne s’agissait que de « Schwarze »….

 

Enfants cobayes humains à Aushwitz

[AFP – 12/10/2007]

« Aribert Heim est mort. J’ai participé à l’opération qui a conduit à son exécution en 1982« . L’homme qui s’exprime ainsi est un colonel israélien, Danny Baz, et cettte affirmation figure dans le prologue d’un ouvrage autobiographique qui paraît ce mardi en France (« Ni oubli, ni pardon. Au coeur de la traque du dernier nazi« , aux éditions Grasset). Or, officiellement, Aribert Heim est toujours en fuite et toujours recherché. Et celui qui assure avoir ainsi participé à son exécution ne fournit aucune preuve tangible.

Surnommé le « Docteur la mort« , le Dr Heim fut le bourreau du camp de concentration de Mauthausen, torturant, assassinant et faisant subir à ses « cobayes humains » les plus monstrueuses expériences. Disparu depuis 1962, il figure en deuxième position sur la liste des criminels de guerre les plus recherchés publiée par le Centre Simon-Wiesenthal, après Alois Brunner, principal assistant d’Adolf Eichmann.

« L’opération » qu’évoque Danny Baz, colonel de l’armée de l’air israélienne et spécialiste des opérations commandos, dans son livre, aurait été menée par une organisation clandestine baptisée La Chouette. Organisation qui, affirme-t-il, s’était donnée pour mission de traquer les derniers nazis réfugiés sur le continent américain. Danny Baz affirme qu’en 1982 La Chouette a capturé le Dr Aribert Heim au Canada, avant de le « juger » et de l’exécuter sur l’île de Santa Catalina, au large de la côte californienne.

Selon Danny Baz, La Chouette, qui oeuvrait dans la clandestinité et l’illégalité la plus totale, bénéficiait néanmoins de l’appui de personnalités très haut placées à la CIA, au FBI et dans les services secrets israéliens. Dans son ouvrage écrit à la façon d’un roman, il affirme que l’organisation avait été créée par un rescapé de Mauthausen qui avait fait fortune dans le pétrole en Alaska. Surnommé « Barney » dans le livre, cet homme d’affaires aurait financé l’opération par tranches symboliques de 6 millions de dollars, pour rappeler les six millions de juifs victimes de l’Holocauste. « Ce livre est le récit de faits rigoureusement véridiques. Cependant, certains épisodes ont été volontairement tus pour des raisons de confidentialité« , affirme Danny Baz dans le prologue de son livre.

Aribert Heim serait aujourd’hui âgé de 93 ans s’il était encore en vie. En 2005, la police du Bade-Wurtemberg a lancé un nouvel avis de recherche assorti d’une récompense de 130.000 euros à l’encontre du « bourreau de Mauthausen », alors supposé avoir trouvé refuge au Chili. En juillet dernier, l’Autriche a promis une prime de 50.000 euros à toute personne qui fournirait des informations pouvant conduire à le localiser ou le capturer.

« Ni Oubli, ni pardon. Au coeur de la traque du dernier nazi » par Danny Baz (éd. Grasset), 16,90 euros. A paraître le 16 octobre.


Fadela Amara “Quand ca sera trop insupportable, je m’en irais”


Quelle déchéance ! La fière Fadela… aujourd’hui non seulement elle est pute mais en plus elle est soumise…

[Vive le Feu – Sébastien Fontenelle – 09/10/2007]

Fadelarienvu, Fadelarienentendu, Fadelatendanceànousprendrepourdesbenêts

Christine Boutin et Fadela AmaraA mon avis, quand Sarkozy en campagne braconnait au printemps dernier dans les marécages, Fadelamara était à l’autre bout du monde, au trou du cul d’un trou perdu, sans radio, sans télé, sans journaux.

Sans quoi, Fadelamara aurait forcément eu vent de ce que le rodomont décomplexé dégorgeait à traits continus.

Fadelamara aurait entendu Sarkozy, quand Sarkozy fustigeait les immigrés qui dans leurs crades baignoires décapitent force moutons. Fadelamara aurait entendu Sarkozy, quand Sarkozy brandissait pour sa promotion la menace (fantôme) de 400 millions d’Africains, jeunes et déterminés à nous fondre dessus. Fadelamara aurait entendu Sarkozy, quand Sarkozy promettait, non pas une, aaaaapprochez, non pas deux, aaaaapprochez, non pas trois, venez, venez, venez, mais tout plein de lois sur (et contre) l’immigration.

A mon avis, depuis l’été, Fadelamara se bouche les yeux, les oreilles et le nez – sans quoi, nécessairement, elle aurait, fût-ce de ses hauteurs boutiniques, vu (un peu de) ce qui se passe dans nos rues ces temps-ci. Elle aurait vu les rafles, Fadelamara. Elle aurait vu les contrôles au faciès, Fadelamara. Elle aurait entendu le hurlement du Russe qui tombe d’une corniche. Elle aurait entendu le craquement que fait le crâne d’une Chinoise qui se défenestre.

Elle aurait pris la mesure de ce que devient la vie, au pays de la liberté, de l’égalité, de la fraternité.

Mais Fadelamara n’a rien vu, rien entendu, rien perçu.

Et la voilà qui soudain fait mine de se rendre compte qu’il y a dans le fond de l’air quelque chose de pourri – et qui s’offusque, la pauvrette: « Y en a marre qu’on instrumentalise à chaque fois l’immigration ». Et la voilà qui agite ses tout petits poings sous le nez de Brice Hortefeux: « Le jour vraiment où ce sera trop insupportable, le jour où ce sera trop dur, (…) je partirai! »

Mais là, pour le moment, ça va: il n’est après tout question que de rafles, et de tests ADN, et ça, franchement, ça n’a rien que de (très) supportable, hein, Fadelamara?

Je veux dire: tu vas pas « partir » pour si peu?

http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/


[Contre-Journal – 24/09/2007]
Le mot rafle est désormais couramment utilisé par les associations de soutien aux sans papiers, dans leurs tracts et leurs communiqués. (…)
Mais c’est encore un mot d’exception pour les journalistes. Un mot qu’on évite.

En interrogeant les bases de données de l’AFP, il surgit pourtant. Mais c’est le verbe. On lit qu’Angela Merkel rafle la meilleure part d’EADS, que les films de guerre ont raflé la mise à la 64ème Mostra de Venise, que François Pinault a raflé aussi un grand cru bordelais…

Le mot, le vrai, apparaît entre guillemets.  Le 22 août, les soutiens des sans papiers Lillois ont dénoncé les “rafles“ et “l’opération honteuse“ de la veille : l’interpellation de 42 grévistes de la faim. Les guillemets autorisent l’usage. Lorsque les associations l’emploient, on peut l’écrire. Sinon, c’est difficile. Trop chargé historiquement ? Démesurément polémique ? Trop explicite ? Trop accusateur ?

Le Contre journal a posé la question : pourquoi le mot rafle est-il tabou ? Mais surtout est-il légitimement tabou ?

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/09/test.html


[Contre-Journal – 8/09/2007]
Laurent Giovannoni est le secrétaire général de la Cimade (Comité intermouvements auprès des évacués). La Cimade est la seule ONG habilitée à intervenir dans les centres de rétention.

D’un point de vue d’une juste utilisation du français, rafle est le mot juste. Nous avons hésité à l’utiliser. Mais nous avons décidé de le faire de façon rare. Parce qu’il est chargé. Ce mot est très chargé parce qu’il fait directement référence dans l’histoire française au régime de Vichy et la rafle du Vel d’Hiv. Il y a effectivement une notion tabou autour de ce mot. Il a fallu soixante ans pour que soit admise la responsabilité de l’Etat français dans les arrestations et les déportations au moment de la rafle du Vel d’Hiv. Il a fallu attendre la déclaration de Jacques Chirac en 1995, pour reconnaître la responsabilité de l’Etat français, comme quoi c’est quelque chose qui est effectivement tabou.»«On a vu réapparaître des rafles à partir de 2004 et 2005. Très précisément en application de la politique du chiffre imposée par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy qui a donné à ses services un objectif chiffré en matière de reconduites à la frontière.«Chaque préfecture étant astreinte par le ministère à atteindre un nombre précis, mais à l’unité près, de personnes devant être reconduite à la frontière c’est à dire expulsées du territoire français. Pour atteindre ces objectifs, il était inévitable, on l’avait évoqué devant le ministre et les membres de son cabinet, que les services administratifs et les services de police utilisent des méthodes fort contestables, voire détestables. Ces arrestations massives, ces rafles, ont commencé en 2003-2004 quand les services de police avaient du mal à atteindre les objectifs qui leur étaient assignés.»

«Principalement, elles se sont déroulées dans deux sites distincts, d’abord Paris très fréquemment et dans les quartiers à forte population étrangère – C’est Belleville, c’est Ménilmontant, le 18ème, 19 ème arrondissement -. c’est quelques villes dans la région parisienne et aussi dans les camps de rom, une ou deux par mois, si plus parfois. La police faisait une opération massive d’interpellation pour des raisons x, y, z, soit pour évacuer des camps sur décision de la justice.»

http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2007/09/giovannoni.html


Ou alors j’ai mal compris….

Chaque fois que quelqu’un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement françaisLu dans la presse : «Super Sarkozy» n’entend d’ailleurs pas s’arrêter là. C’est ce qu’il l’a expliqué, sous les applaudissements, dans un discours sans notes, comme il en a tant fait durant sa campagne présidentielle : «Chaque fois que quelqu’un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement français».

Ce sont les milliers de sans-papiers qui vont être contents ! Eux qui sont chaque jour humiliés par les autorités, persécutés par la police, les préfets et les recteurs d’académie, opprimés par les profiteurs qui les font travailler au noir, leur font payer des taxes et des impots…

Comme il dit cela tellement mieux que moi, je me permets de citer (encore) Sébastien Fontenelle :

Il va quand même falloir qu’on lui rappelle, à Nicolas Sarkozy, qu’on n’hiberne pas, depuis le printemps dernier.

Depuis qu’il a pendant sa campagne braconné dans les marécages, fustigeant l’étranger campé sur nos marches méridionales.

Depuis qu’il a pris le pouvoir, lâchant sur l’immigré la troupe du colonel (de réserve) Brice Hortefeux.

Il va quand même falloir qu’on lui dise, à Nicolas Sarkozy, que nonobstant le médiatique ronronnement où il nous enserre, on devine un peu ce qui se passe, depuis son accession aux « responsabilités », au pays de la liberté, de l’égalité, de la fraternité.

Qu’on lui parle des humiliés, des persécutés, des opprimés, des crevards laminés par la faim qu’on refoule aux frontières.

Qu’on lui redise que c’est un certain Nicolas Sarkozy qui a mis en place une répression qui dans nos rues, jour après jour, humilie, persécute, opprime.

Et rafle.

Et contrôle au faciès.

Et renvoie pour finir la gueusaille basanée vers ses cauchemars d’origine.

Pour une seule et unique raison.

Pour la seule et unique raison que le constant souci du même Nicolas Sarkozy (et de ses fidèles féaux) est de montrer au monde que si t’es pas né blanc (depuis cinq générations) du côté de Saint-Germain-en-Laye, « devenir automatiquement français » va être vachement compliqué – dans le meilleur des cas.

Nicolas Sarkozy: « Chaque fois que quelqu’un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement français ».

Nous: « La moquerie et la menterie érigées en système de gouvernement?

On a longuement réfléchi – et ça va pas pouvoir le faire ».

http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2007/10/05/soudain-l-infamie.html


Sans prendre tout ce que dit Machover pour argent comptant, il est vrai que quand on réussit à parler d’Ernesto Guevara avec des cubains, ils sont plus prompts à se souvenir du massacreur et du petit commissaire politique hystérique que du bel héros romantique sur les murs des chambres d’adolescent(e)s. Et si vous parlez avec des Congolais de l’époque, ils vous raconteront le petit blancs raciste et donneur de leçons…

Le « Che » était d’ailleurs conscient de ses failles, il suffit de lire les quelques lettres lucides qu’il a écrit à « Tania », sa copine d’Allemagne de l’Est, dont certaines depuis le maquis bolivien où il avait compris à quel point il s’était fourvoyé. Le « Che » est somme toute assez classique du paternalisme révolutionnaire sud-américain, maintes fois décortiqué par des auteurs comme Marti, Borges ou Marquez.

Dans son livre, «La Face cachée du Che», Jacobo Machover, un exilé cubain, brise l’image héroïque et humaniste du révolutionnaire argentin. Interview…

Dans votre livre, vous détruisez le mythe de Che Guevera, décrit comme un «bourreau implacable», qui fume le cigare en regardant les exécutions. D’où vient son statut d’icône?

C’est une construction post-mortem. Deux types de personnes y ont contribué. Castro lui-même, qui en a fait un héros presque surhumain, un grand penseur et un humaniste, et les intellectuels du monde entier, en particulier français, qui le considèrent, comme l’a affirmé Sartre, comme «l’homme le plus complet de notre temps».

Il a été assassiné jeune. Cela y a-t-il aussi contribué?

Oui. Et c’était le moyen, pour Castro, de donner une image éternellement jeune à la révolution cubaine, alors que Castro vieillissait, et que la révolution elle-même devenait obsolète.

Comment expliquer l’engouement des intellectuels français pour le Che à l’époque?

C’était comme un souvenir des premières années de l’internationale communiste. Le Che incarnait l’internationaliste mort au combat, avec des réminiscences de la guerre d’Espagne. Les intellectuels français avaient besoin de croire à un demi-dieu, et le Che convenait tout à fait pour trois raisons. Parce qu’il a fait des études de médecine -sans être médecin -, parce qu’il avait une certaine culture, et parce qu’il parlait un peu français – très mal, mais cela donnait d’illusion qu’il était polyglotte. Le tout donnait l’image d’un humaniste prenant les armes malgré lui, ce qui est faux. Sa légende est une entreprise de mystification collective.

Cette image a-t-elle évolué aujourd’hui dans ces milieux?

Quand j’ai parlé du projet de mon livre, certains intellectuels m’ont dit «il ne fait pas casser tous nos rêves». Regis Debray, qui a frayé avec lui, est revenu sur ses positions et a décrit le Che comme un fanatique extrémiste. Mais Régine Deforges, par exemple, vient d’écrire un article dans l’Humanité où elle parle du «poète de la Cabana», la prison où il participait aux exécutions des anti-révolutionnaires… Dans le registre politique, Olivier Besancenot se réclame de lui. (suite…)


Le petit Nicolas a trop lu Tintin au Congo…

L’épouse de l’ex-président malien met Nicolas Sarkozy au défi
BAMAKO (Reuters) – Adame Ba Konaré, historienne et épouse de l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré, a invité dimanche les historiens africains à participer à la rédaction d’un manuel d’histoire sur leur continent destiné à « mettre à niveau » les connaissances de Nicolas Sarkozy sur l’Afrique.

L’invitation, rendue publique lors d’une conférence de presse à Bamako, fait suite aux propos tenus par le chef de l’Etat français en juillet dans l’enceinte de la prestigieuse université Cheick Anta Diop à Dakar.

L’orateur, dont c’était la première visite en Afrique sub-saharienne depuis son élection en juin, y avait affirmé que l’Afrique était à la marge de l’Histoire, qu’elle était immobile, stationnaire.

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. Le paysan africain (…) ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles », avait affirmé le successeur de Jacques Chirac devant un parterre d’intellectuels sénégalais.

Pour Adame Ba, dont l’époux préside aujourd’hui la Commission de l’Union africaine, « ce sont des affirmations qui reposent sur des poncifs, sur les théories euclidiennes sur l’Afrique, sur l’imagerie coloniale, qui disaient que l’Afrique n’avait pas d’Histoire, qu’il fallait venir admirer l’enfance du monde en Afrique, que l’Africain était installé dans l’immobilisme et qu’il n’ y avait pas de dynamisme dans les sociétés africaines… ».

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070923/tts-afrique-france-histoire-ca02f96_1.html


LES JUIFS AUSSI PEUVENT SE COMPORTER COMME DES NÉO-NAZIS
[Meron Rapoport – Haaretz, 17 septembre 2007 – Traduction de l’hébreu : Michel Ghys]
La semaine passée, quand toutes les chaînes de télévision du pays ont montré les images des jeunes « jeunes néo-nazis » attaquant des victimes prises au hasard, l’attention du public s’est portée sur les agresseurs. Cela se comprend facilement. Il est difficile d’appréhender le fait qu’un groupe néo-nazi opère chez nous, dans l’Etat des Juifs. Cette combinaison – des néo-nazis juifs – paraît inconcevable même dans d’autres pays – c’est pourquoi cette histoire a fait la une dans les quotidiens à l’étranger.

Chez nous, le débat s’est immédiatement porté sur la Loi du Retour. Comme si le phénomène devait disparaître si nous n’autorisions l’entrée en Israël que des Juifs jugés tels par la halakha [loi rabbinique]. Cet argument infondé oublie à la fois qu’une partie des membres de ce groupe néo-nazi sont juifs selon la halakha et aussi que des Juifs casher [conformes à la halakha] peuvent eux aussi, malheureusement, se comporter comme des néo-nazis.

Il s’agit sans aucun doute d’un phénomène terrifiant et il y a lieu de s’occuper des agresseurs et de l’environnement qui a engendré ce mode de comportement. Mais il vaut la peine de prêter attention aux victimes également. La plupart d’entre elles étaient des travailleurs étrangers, mais cela on le sait de la bouche des agresseurs.

Roni Singer, journaliste à Haaretz, a rapporté que la police avait multiplié les efforts pour identifier les personnes agressées, afin de renforcer le dossier d’accusation, mais en vain. Aucune des victimes ne s’est plainte à la police. Apparemment, en Israël, un travailleur étranger craint davantage la police que les voyous qui le frappent sans pitié. Le travail acharné de la police de l’immigration porte apparemment ses fruits.
(suite…)


[Sébastien Fontenelle -13 septembre 2007]

Dans « La Poudrière du Moyen-Orient » (éditions Fayard, 391 pages, 23 euros), Noam Chomsky et Gilbert Achcar débattent.

En voici un minuscule extrait – celui où le gars qui les a réunis leur demande : « Quelles sont l’importance et l’étendue du racisme antiarabe » ?

Chomsky répond : « Aux Etats-Unis, c’est vraiment la dernière forme légitime de racisme. Il n’est pas nécessaire de tenter de le cacher. Si l’on est raciste envers d’autres entités sociales, il faut faire semblant de ne pas l’être. Mais, dans le cas du racisme antiarabe, point n’est nécessaire de faire semblant. (…) »

Achcar précise : « Le racisme antiarabe est probablement la forme la plus aigüe de quelque chose d’encore plus général, l’islamophobie ».

Chomsky : « Personne ne fait cette distinction – les Arabes, les Iraniens, l’islam, tout cela, c’est la même chose ».

Achcar : « Exactement. Essaie de te mettre dans la peau d’un musulman et observe les médias. C’est consternant. On a l’impression d’être constamment assailli. Je ne parle pas d’actes concrets d’agression, de discrimination et tout le reste. Je ne parle que des médias. (…) C’est absolument horrible de voir la profusion d’absurdités anti-islamiques et de catégorisations racistes qui sont proférées par des gens qui sont, la plupart du temps, totalement ignorants. (…) (suite…)


A quoi sert Kouchner s’il est au courant de rien et se fait souffler ses réponses par la ministre des affaires étrangères israélienne ? Virons-le et embauchons carrément Tzipi Livni…

[Associated Press / NouvelObs – 12/09/2007]
Lors d’une conférence de presse commune avec son homologue israélienne Tzipi Livni à Jérusalem, il a précisé que les pourparlers entre Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas allaient dans le bon sens.

Quand un journaliste israélien a interrogé Bernard Kouchner sur les plaintes de la Syrie selon lesquelles un avion de la chasse israélienne avait pénétré son espace aérien la semaine dernière, Tzipi Livni a été vue en train de griffonner un message et de le transmettre au ministre français. Bernard Kouchner a affirmé qu’il n’était pas au courant de cette affaire.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20070912.OBS4502/kouchner_confiantpour_la_paix_au_procheorient.html


Et le plus incroyable c’est que la NAACP (Association pour l’avancement des noirs) défend ce mec ! Quelle déchéance. On est passé de la lutte pour les droits civiques à la défense raciste : « Si t’as la même couleur de peau que moi, je te défendrais quoi qu’il arrive. »

Herman Thomas

Une belle tête d’amateur de jeux sado-maso !

Une enquête administrative est en cours contre le juge Herman Thomas, du tribunal de Mobile. Il est accusé d’avoir régulièrement demandé à ce qu’on lui amène des prisoniers de la prison du comté afin qu’il puisse leur administrer la fessée dans une pièce du tribunal.

Selon des témoins, une fois dans la pièce, le juge ordonnait aux prisonniers de baisser leur pantalon et il leur administrait alors une fessée à l’aide d’un batte de cricket en bois. L’un des plaignants affirme que, préalablement à la fessée, Thomas faisait un petit discours dans lequel il expliquait que si la maman ou le papa du prisonnier lui avaient donné des fessées plus souvent, il ne serait pas en prison aujourd’hui.

Thomas nie l’intégralité des accusations. . .

http://www.al.com/news/press-register/index.ssf?/base/news/118898413810100.xml&coll=3&thispage=1


Comment Hollywood représente t’il les arabes et les musulmans dans ses films ?

Parmi les 1 000 films ayant des personnages arabes (de 1896 à 2 000) seulement 12 les montrent sous un jour positif, 52 sont neutres tandis que les plus de 900 restants les montrent sous jour négatif : fourbes, laches, violents, fous, terroristes, pervers sexuels, fanatiques, assassins d’enfants… et bien sûr, toujours inférieurs à l’héros blanc occidental qui vient leur foutre une rouste à la fin.

PLANET OF THE ARABS
Présenté au Sundance Film Festival 2005

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