Philippe Val



Article intéressant mais qui oublie un point essentiel: qui sont aujourd’hui les journalistes ? La grande majorité d’entre eux est issue du même vivier que les politiques et les faiseurs d’opinion. Comme l’a montré l’excellent livre « Les petits soldats du journalisme » de François Ruffin, c’est la même caste, la même classe, qui se fréquente de jour comme de nuit, couche ensemble, s’épouse, part en ses vacances ensemble… Pour un journaliste, se fâcher avec un politique c’est se fermer des opportunités dans sa vie personnelle. Donc forcément, il va devenir un gentil toutou…

Si les journalistes étaient un peu plus de la trempe de Denis Robert, les lecteurs ne déserteraient pas les kiosques à journaux…

[OWNI – Article initialement publié sur Cross Media Consulting – 11/10/2010]

Quel est le pire ennemi de la presse ? Le web bien sûr ! Ce lieu vaguement satanique où l’information est gratuite. À en croire une bonne partie des responsables des journaux français le débat semble se résumer à l’anathème lancé sur la toile, responsable de tous les mots des journaux ou à peu près. Pour ma part, j’identifie un ennemi bien plus dangereux pour la presse : les serial-éditorialistes. La preuve avec la lecture de l’édition de ce lundi 11 octobre de Libération qui s’attaque frontalement aux bobards lancés à gauche comme à droite à propos de la réforme des retraites.

Une remise en cause de la parole des politiques de plus en plus rare dans la presse

En consacrant leur Une aux ” bobards qui faussent le débat ” sur les retraites, Cédric Mathiot et Luc Peillon pointent et remettent en cause l’impressionnante série d’approximations plus ou moins volontaires, d’erreurs voir de grossiers mensonges proférés par l’ensemble des politiques dans le débat sur les retraites. Et proposent du même coup les 4 pages les plus intéressantes que j’ai lu sur cette réforme depuis un mois.

La valeur ajoutée de ce dossier, de ce travail de remise en cause de la parole publique est évidente et justifie amplement de payer pour accéder à cette information. Ce qui n’est pas si répandu dans l’offre éditoriale des journaux français. À force de ne plus systématiquement vérifier et remettre en cause la parole publique, les journaux ont été supplanté par le web pour répondre à cette attente du public.

Dans ce dossier, deux citations ont un écho particulier dans le grand débat de la valeur de l’information. La première est de Jean Veronis, linguiste :

Avant, un politique confondu essayait de sauver la face. Ce n’est plus une catastrophe d’être pris. Il n’y a plus matière à humiliation (…) un mensonge est dénoncé mais l’élastique revient en position initiale, comme s’il ne s’était rien passé. C’est assez surprenant. Dans le même temps, il y a de plus en plus de citoyens vigilants concernés par ces questions. Sur Internet, des blogs traquent les mensonges.

Un constat révélateur. À force d’avoir trop oublié cette fonction de vérificateur de la parole publique, les journaux traditionnels ont été petit-à-petit supplantés dans ce rôle dans l’esprit du public. Et il est vrai que trop de journaux ont, si ce n’est abandonné, du moins réduit a la part congrue cette vérification factuelle de la parole publique.

Migration des journaux vers le web, à tort et à raison

Au fil du temps, le grand public a plus ou moins cessé de rechercher cette fonction dans les journaux. Quand à la partie des lecteurs les plus intéressés, qui devrait constituer le cœur de cible de la presse, elle a commencé à aller chercher ailleurs, en partie à tort mais souvent à raison.

À raison, car ils trouveront beaucoup plus d’interviews croisées (un représentant du parti A énonce sa vérité, un représentant du parti B la sienne) que de véritable travail de vérification tel que celui proposé ce lundi dans Libération.

À raison, car ils sont plus souvent abreuvés de tribunes d’éditorialistes ayant un avis général sur tout et n’importe quoi (et surtout sur n’importe quoi diront les mauvaises langues) que d’articles basés sur la vérification méthodique et systématiques des chiffres lancés par les acteurs du débat public afin de les expliquer, les mettre en perspective et les infirmer haut et fort si besoin.

À tort, car malgré tout, cette mission éditoriale de “vérificateur” subsiste, même si elle n’est pas forcément mise en valeur. On la retrouve par exemple (pas assez) régulièrement avec la rubrique intox/desintox de Libération et il existe des îlots éditoriaux de cette qualité dans la plupart des quotidiens nationaux. On peut leur reprocher de n’être ni assez nombreux ni assez mis en valeur,  mais l’on peut aussi reprocher aux lecteurs de ne pas s’y intéresser plus que cela.

À torts partagés enfin, car le public est responsable de se laisser prendre dans un piège très bien identifié par Jean-Louis Malys, secrétaire en charge des retraites à la CFDT :

Quand le Premier ministre lâche une contre-vérité devant des millions de téléspectateurs [Fillon sur M6 dimanche 3 octobre], il sait qu’il touchera un plus large public que le démenti le lendemain dans le journal.

Mais il est bien aidé par des complices qui le poussent allégrement dans ce piège : les tenants de la parole public et les serial-éditorialistes.

Des interviews sans vérification

N’ayant la plupart du temps face à eux non pas intervieweurs mais des présentateurs, les tenants de la parole publique (politiques, économistes, patrons, parfois même sportifs) n’ont pas à redouter de vérification et donc de remise en cause de leur parole. ils peuvent alors se concentrer presque uniquement sur la mise en scène de leur message.

À ce titre, les journaux télévises ont fait mille fois plus de mal a la presse papier que le web, puisqu’ils ont habitué le public a se passer de vérification. Ce ne sont plus les affirmations qui sont vérifiées et éventuellement remises en cause, mais la personne. Ne reste alors que la forme du message (le président a-t-il été “bon” le 14 juillet face à Pujadas, Eric Woerth avait-il “l’air sincère” devant Ferrari ?) et non le fond.

Des serial-éditorialistes sans valeur ajoutée

En intervenant sur tous les sujets, les éditorialistes sont aussi imprécis que les politiques et brouillent le rôle des journalistes.

Et les “grands” éditorialistes, qui se veulent bien souvent les gardiens du temple de l’information et ne ratent jamais une occasion de présenter le web comme un ramassis d’âneries (ce qu’il peut aussi être) sont peut-être les pires complices de cette dévalorisation de l’information. S’exprimant sur tous les sujets, même les plus techniques en préférant bien souvent le plaisir du débat rhétorique à la confrontation méthodique des faits, les serial-éditorialistes qui signent dans 10 journaux et participent à autant émissions de télévision et de radios nivellent par le bas.

À force de vouloir tout commenter, ils sont aussi vagues et imprécis que ceux qu’ils interrogent et n’apportent plus aucune valeur ajoutée journalistique.

Et l’on se prend à rêver d’émissions de télévision ou de radios où les tenants de la parole publique seraient confrontés à une véritable vérification en direct de leurs affirmations.
Où, quand un Premier ministre affirme à 21h10 qu’un salarié partant à la retraite après 44 ans de cotisation touchera ” une retraite plus élevée “, il pourrait être démenti à 21h35 par une équipe de journalistes ayant immédiatement vérifié cette affirmation.

Où un Olivier Besancenot expliquant qu’aujourd’hui ” il y a une toute petite minorité de salariés qui arrivent à faire les 37,5 annuités ” se verrait présenter le véritable chiffre : 60%, ce qui n’est plus vraiment une ” toute petite minorité “.

Bref, des émissions et une presse où on laisserait les journalistes faire leur boulot en vérifiant la véracité des propos, et où les éditorialistes seraient cantonnés à leur domaine, celui du débat d’idées.

http://owni.fr/2010/10/11/les-pires-ennemis-de-la-presse-les-serial-editorialistes


Didier Porte, viré de France-Inter, rejoint Arrêt sur Images… et fait grimper le nombre d’abonnés !

[Gazette d’@rrêt sur images, n° 132]

Vous le savez déjà, puisque je vous l’ai annoncé : Didier Porte, humoriste licencié de France Inter, vient de nous rejoindre. Vous le retrouverez chaque semaine, sur le site, et il a commencé dès cette semaine par une charge prometteuse contre Jean-Luc Hees et Philippe Val. Exceptionnellement, nous avons voulu que cette chronique soit en libre accès à tous, abonnés et non abonnés. Vous pouvez donc la regarder ici <http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3139>  (2).

Franchement, je ne m’attendais pas à un tel élan de votre part. Depuis que Didier Porte est parmi nous, plus de deux mille nouveaux abonnés nous ont déjà rejoints. A l’heure où je vous écris cette gazette, sa chronique, à peine en ligne depuis quarante-huit heures, a dé jà été vue trente mille fois. La preuve est faite : quand les médias traditionnels se cadenassent, les sites de presse comme le nôtre, indépendants de tout pouvoir, offrent désormais une alternative.

Mais ce n’est qu’un début. Dès la rentrée, et peut-être même avant, il faudra s’organiser pour  renforcer cette alternative, et accueillir toutes les voix censurées par le système. C’est maintenant, que nous avons besoin de vous.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3124


[AFP – 30/06/2010]

Deux mille personnes, selon les syndicats de Radio-France, ont manifesté jeudi devant la Maison de la Radio, à Paris, pour dénoncer le licenciement des humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon, ainsi que la suppression de plusieurs émissions sur France Inter.  Les manifestants étaient rassemblés à l’appel d’associations d’auditeurs et de l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, SNJ, Sud).  Stéphane Guillon (congédié par le patron de Radio France Jean-Luc Hees) et Didier Porte (renvoyé par Philippe Val à la tête de France Inter) étaient présents.

Plusieurs pancartes étaient brandies, dont: «Val, c’était mieux avant», avec une affiche de Charlie Hebdo, ou «Radio Elysée». De nombreux manifestants criaient:«Val Démission!» et «Hees démission».

100.000 mails reçus en quelques jours

«L’indépendance, ça ne se décrète pas en parole, ça se prouve, or c’est le contraire qui se passe», a commenté Marie-Hélène Elbaz (CGT), au nom de l’intersyndicale. «Nous disons stop. Guillon et Porte sont virés sans ménagement pour des raisons politiques», a-t-elle ajouté.

Stéphane Guillon s’est quant à lui livré à une imitation de Nicolas Sarkozy. En imitant le président de la République, il a dit «Hees est un ami. Val aide Carlita à écrire son nouvel album, il n’y a pas de collusion».  Plus sérieusement, il a fait état de 100.000 mails reçus en quelques jours. «En 2012, rendez-vous ici. Val et Hees repartiront avec des plumes et du goudron et nous, nous pourrons à nouveau écouter la différence», a-t-il ajouté.

Didier Porte s’est attaqué au «mépris, au cynisme et à la brutalité de Hees». «Il est temps de rendre Radio France à son seul actionnaire légitime, nous tous, n’en déplaise à Philippe Val», a-t-il ajouté.

http://www.liberation.fr/medias/0101644682-france-inter-manifestation-de-2-000-personnes-pour-soutenir-porte-et-guillon?xtor=EPR-450206


Rappelez vous que – depuis la suppression de la pub – RADIO FRANCE vous appartient, puisque c’est VOUS QUI LA PAYEZ… un petit rappel vis à vis du pouvoir serait opportun…

[Daniel Schneiderman – Arrêt sur Images – 23/06/2010]

Cette fois c’est fait, c’est clair, c’est net : virés ! Virés sans ménagements, les humoristes de France Inter, Stéphane Guillon et Didier Porte. Virés en étant traités de « petits tyrans » par leur désormais ex-patron, Jean-Luc Hees, nommé à la présidence de Radio France par le bon vouloir de Sarkozy. Mince consolation : ce double licenciement a été vécu en direct par les auditeurs.

Parce que cette journée du 23 juin, par sa brutalité, restera dans les annales de l’audiovisuel public et de la liberté d’expression, nous avons voulu que vous puissiez en voir et écouter les principaux moments. Regardez donc Stéphane Guillon dans sa dernière chronique matinale, traiter France Inter de « station de gauche qui licencie comme la pire entreprise de droite »; écoutez Didier Porte annoncer en direct au Fou du Ro i qu’il a reçu sa lettre de licenciement ; écoutez Stéphane Bern, sous le choc, prévenir qu’il prend ce vidage comme un « désaveu personnel », et annoncer qu’il en « tirera les conséquences »; écoutez enfin Jean-Luc Hees expliquer sa décision, et renvoyer Bern dans ses cordes, sur le mode « ça ne coûte pas cher de se déclarer solidaire trente secondes ».

Notre enquête complète est ici.http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3111>  (1)


Quand les lèche-culs présidentiels Jean-Luc Hees et Philippe Val parlent de « petits tyrans »,… de qui parlent ils ? Le seul à souffrir dans cette affaire, c’est l’auditeur de France Inter qui perd deux moments de rigolade irrévérencieuse.

La normalisation est en cours. La campagne de propagande pour l’élection 2010 peut commencer… Sarkozy tient les médias…

Aux USA, pays idolâtré par nos postillonneurs professionnels, un tel comportement de la part d’un président aurait soulevé des tempête d’indignation. En France… rien.

[AFP – 22/06/2010]

Dans un entretien au « Monde », le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, annonce le départ de l’humoriste Stéphane Guillon de la matinale de France Inter, jugeant que « l’humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans ». Quand à Didier Porte il a confirmé à l’AFP, que le directeur de l’antenne, Philippe Val, ne renouvellera ni sa chronique dans la tranche info du matin ni sa participation au « Fou du roi ».


Lécher le cul de Sarkozy, c’est payant ! Se faire payer des stages de leadership par la French American Foundation, c’est payant ! Maintenant au moins, Val ne pourra plus se faire passer pour un rebelle… La « normalisation néo-con » de la France est en marche…

Philippe Val pressenti pour diriger France Inter

[AFP – 03/04/2008]

Selon «Le Nouvel Obs», l’Elysée aurait adoubé le patron de «Charlie Hebdo»… Jean-Luc Hees à peine nommé, les premières rumeurs bruissent déjà sur les changements qu’il pourrait amener. Ainsi le patron de «Charlie Hebdo», Philippe Val, serait pressenti pour diriger France Inter. Il aurait été directement choisi par Nicolas Sarkozy, croit savoir le site du «Nouvel Obs».

«Le choix ne manque pas d’une certaine logique: Hees et Val sont de vieux amis et Philippe Val est aussi un ami de Carla Bruni…», souligne le site. Mais rien est encore fait et Philippe Val préfère garder la tête froide: «Ca m’intéresse, oui, mais ce n’est pas d’actualité! Ce sera à Jean-Luc Hees de décider qui sera le patron de France Inter», a-t-il déclaré, réagissant à cette nouvelle.


[George Sarre – Jeudi 23 Octobre 2008]
Georges SARRE réagit à l’entretien de Philippe Val, auteur de « Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous », dans l’Express du 23 octobre 2008.

Philippe Val chansonnier m’a fait rire ; pas toujours subtile, pas toujours léger, pas toujours si impertinent qu’il en avait l’air, il avait toutefois l’humour caustique, le verbe libre, et parfois même des paroles émouvantes. Philippe Val rédacteur en chef m’a fait réfléchir : j’ai notamment interrogé le principe de laïcité, que je garde chevillé au cerveau, pour me demander si la publication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo était pertinente ou non. A l’époque, j’ai soutenu que Val n’avait pas nécessairement eu raison mais qu’on n’avait pas le droit de lui reprocher d’avoir eu tort ; car si la laïcité est une éthique de responsabilité (et qu’à ce titre cette publication n’était peut-être pas des plus pertinentes), elle pose quoi qu’il en soit, comme consubstantiel à la séparation de l’espace public et de la sphère privée, le droit au blasphème.

Mais Philippe Val, « militant à l’ouest », m’inquiète. Son dernier entretien, dans l’Express, avec Christophe Barbier, résume bien le court-circuit intellectuel qui a frappé ce gauchiste sympathique pour en faire un avocat du néo-conservatisme. Tout est dit lorsque Val vilipende cette gauche « antieuropéenne, antidémocrate et surtout antiaméricaine qui prône les mauvais choix ». Cette gauche là, on le lit plus loin, c’est « Chevènement et Mélenchon ». Cette gauche là est « de droite ». Pourquoi ? Parce qu’elle est « républicaine avant d’être démocrate ».

Val est à ce point « à l’ouest », qu’il analyse les mots et les clivages à l’aune du paysage politique des Etats-Unis d’Amérique : les républicains à droite, les démocrates à gauche ! Il est à ce point « à l’ouest » qu’il ne voit aucun problème au « partage démocratique » entre « Occidentaux » : aucune spécificité – aucun acquis social, aucun service public, aucune vertu environnementale, aucune éducation à l’émancipation individuelle – rien, en France, ne mérite donc, selon Philippe Val, d’être défendu, et ceux qui défendent une vision française de la République sociale sont des disciples de « Maurras », pas de Jaurès : Val perd la tête.

Il perd la tête parce qu’il mélange la Nation citoyenne, ouverte, internationaliste, et la Nation ethnique et romantique. Il perd la tête car il oublie que la gauche se définit à l’aune de l’émancipation individuelle, de la justice sociale, de la fraternité républicaine, et non de « l’approbation de la mutation » pour la mutation, du « bougisme » en somme.

Il perd la tête parce qu’il est tout à son nouveau schéma : l’Occident contre les islamistes, qu’il amalgame volontiers avec les Musulmans, et avec les Arabes (on n’est pas à un raccourci près dans le cerveau en court-circuit du citoyen Val). Le choc des civilisations… Dans ce schéma, pas de place pour le débat sur le contrat social, la République, la démocratie. On est pour l’Occident, donc pour Washington, donc pour Bruxelles, ou bien on est contre. A peine concède-t-il qu’on puisse être contre parce que pro-islamiste, ou contre parce que conservateur d’un autre temps, de droite donc.

Val n’est plus à gauche, il est à l’ouest… C’est ainsi, mais c’est dangereux. Dangereux pour la gauche, qui n’est pas près, si elle suit Val, de se distinguer du sarkozysme autrement que sur la forme. Dangereux pour le monde, car le choc des civilisations pourrait finir par être une prophétie auto-réalisatrice.

http://www.georges-sarre.net/Philippe-VAL-n-est-pas-a-gauche,-il-est-a-l-ouest-!_a90.html?PHPSESSID=2051fc7e58fda05d8ed0bf435d66fa6e


Envoyez vos chèques à Editions de l’Enragé, 118-130, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Investir dans un journal qui chie dans les bégonias, c’est préserver l’avenir !!!!

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Exclusif. Catherine et Bob Sinet répondent à BibliObs

«Il n’y aura pas un mot sur Val ni sur “Charlie” dans “Siné Hebdo”»

[Le Nouvel Observateur – Bibliobs – 27/08/2008]

BibliObs était le premier à l’annoncer ce matin: après avoir quitté «Charlie Hebdo» le 12 juillet dernier – et plus de quarante ans après «Siné Massacre» – Bob Sinet , alias Siné, lancera le 10 septembre un nouvel hebdo, qui promet d’être «un canard qui ne respectera rien» et qui «chiera tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs». Son titre? «Siné Hebdo», tout simplement. Le caricaturiste et sa femme Catherine, future rédactrice en chef, ont accepté de nous donner quelques explications

BibliObs.- Créer un journal en trois semaines en plein mois d’août: c’est juste incroyable.

Catherine Sinet. C’est que tout le monde nous le suggérait: des copains, comme Willem, et un ami spécialiste du droit des sociétés prêt à nous aider. Il y a un peu plus de trois semaines, j’étais en train de faire des courses avec une amie et Bob m’appelle pour me dire: «On y va.» Je lui ai dit: «Tu es sûr que c’est raisonnable à notre âge de se remettre à travailler 15 heures par jour?» Et c’est parti comme ça.

BibliObs.- Et comment va Siné?

C. Sinet.- Bien. Tout ça l’a rajeuni de trente ans.

BibliObs.Vous vous êtes proposée d’emblée comme rédactrice en chef?

C. Sinet.- Je ne voyais pas bien qui d’autre. Tous ceux qui nous aident sont bénévoles, évidemment, et travaillent ailleurs. On n’est pas encore certains de pouvoir les payer.

BibliObs.- Qui a réuni la cinquantaine de collaborateurs qui vont travailler avec vous – dessinateurs, écrivains, personnalités de la télé?

C. Sinet.- C’est moi.

BibliObs.- Pourquoi ne donnez-vous pas encore leurs noms? Celui de Tardi circule par exemple…

C. Sinet.- C’est prématuré. L’annonce sera faite le 1er septembre.

BibliObs.- Qui sont les actionnaires?

C. Sinet.- Bob, moi (j’ai crevé mon assurance-vie), un copain, Guy Bedos, et Michel Onfray. L’Association des Mal Elevés va aussi recueillir les fonds. Et il faudra repenser la chose après le premier numéro. Nous avons déjà un premier abonné, en Irlande, qui a appris les ennuis de Siné dans «The Observer». D’ailleurs, pour s’abonner, il suffit de nous écrire aux Editions de l’Enragé, 118-130, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.

BibliObs.- Evidemment, on voudrait connaître votre version de ce qui est devenu «l’affaire Siné».

C. Sinet.- Je me sens un peu loin de tout ça maintenant… Tout a démarré pendant nos vacances en Normandie. On gardait nos petits-enfants, quand on a commencé à recevoir des coups de fil de journalistes, plein de coups de fil. La chronique de Bob était passée dans le numéro du 8 juillet – il l’avait rendu le 28 juin – et il est certain que, dix jours plus tard, Philippe Val en connaissait parfaitement le contenu. Il l’a même lue devant témoins, je l’ai su depuis. Dans un premier temps, c’est donc Charb qui nous appelle, c’est notre meilleur ami (enfin, c’était), pour suggérer à Bob de faire ses excuses à Jean Sarkozy. (suite…)


[Le Monde Diplomatique – 24/07/2008]

Cette fois, ça n’a pas marché. Depuis le début des années 1990, on ne comptait plus les adversaires de l’impérialisme, du néolibéralisme, des médias dominants…, qualifiés d’antisémites, voire de « nazis »par quelque gardien de l’ordre social. Le prétexte pouvait être léger, inexistant même. Qu’importe : écrasé par la gravité de l’imputation, l’accusé devait aussitôt exciper de ses états de service antiracistes, évoquer la liste de ses amis et parents promptement transformés en cautions de moralité, autopsier un trait d’humour plus ou moins réussi.

Rien n’y faisait. Car seul le tribunal de l’Inquisition et ses juges inamovibles (Alain Finkielkraut, Ivan Rioufol, Alexandre Adler, Philippe Val, Bernard-Henri Lévy) avaient la permission de manier l’irrespect, la provocation, de frôler (ou de franchir) la ligne jaune de la stigmatisation collective. Eux pouvaient justifier — au nom de Voltaire et du droit à la caricature — leurs dérapages sur, par exemple, la couleur des joueurs de l’équipe de France ou l’assimilation de l’islam au terrorisme.

Torquemada n’avait rien à redouter. Quadrillant les médias, il déployait les techniques décrites dans Le Barbier de Séville —« Puis tout à coup, on ne sait comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription ».

A une différence près : le « on ne sait comment » de Beaumarchais était dépassé puisque nul n’ignorait à cause de qui Edgar Morin, Pierre Péan et Philippe Cohen, Daniel Mermet, Hugo Chavez, Pascal Boniface, Jacques Bouveresse, Charles Enderlin, Pierre Bourdieu, José Bové… sans oublier Le Monde diplomatique (1) ont été tour à tour suspectés ou accusés d’antisémitisme.

En juillet dernier, un journal qui se voulut autrefois « bête et méchant » — et qui s’ingénie sur ce point à passer du second degré au premier — a entrepris d’ajouter à la liste le caricaturiste Siné. Torquemada, cette fois incarné par Philippe Val, est l’employeur du contrevenant. Il lui a fallu une semaine pour décréter que l’une des chroniques de Siné, publiée, avec son imprimatur, dans Charlie Hebdo était… antisémite. Terrible absence de vigilance ou accusation ciselée pour se débarrasser d’un gêneur, comme le soupçonnent à la fois l’auteur du « délit » et d’autres caricaturistes (Martin, Lefred-Thouron, Willem, Pétillon, Tignous) ?

Récalcitrant, le prévenu a refusé de signer la lettre d’aveux que le patron du journal, s’inspirant pour le coup d’une tradition assez peu satirique, avait rédigée pour lui. Il a été congédié. L’affaire aurait pu en rester là, et Siné demeurer au banc d’infamie, lâché par la plupart de ses anciens camarades, sa photo bientôt gommée des albums commémoratifs.

Seulement, cette fois, l’affaire semble se retourner contre ses instigateurs. En marquant leur solidarité avec le dessinateur calomnié, des milliers de personnalités, d’intellectuels, de journalistes et d’anonymes ont signifié que ce manège devait cesser. Et que l’imputation d’antisémitisme, ce « mot qui tue » du débat intellectuel français, ne saurait être utilisée comme argument de convenance ou d’autorité pour discréditer un adversaire trop remuant.

Pierre Rimbert
(1) Bernard-Henri Lévy a reproché à plusieurs reprises au Monde diplomatique de s’être spécialisé dans la dénonciation des« synarchies new-yorkaises ». Cette expression (le mot de « synarchie », qui n’a rien de répréhensible au demeurant, signifie une« autorité exercée par plusieurs personnes ou plusieurs groupements à la fois », selon le dictionnaire Robert), ne figure pas une seule fois dans la banque de données du mensuel depuis 1977…

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-07-24-Antisemitisme


Il devrait prendre ses pillules, le néo-con sous-marin…  peut-être que les lecteurs « de gauche » vont enfin finir par voir Charlie-Hebdo pour ce qu’il est vraiment devenu ? Nous ça fait 8 ans qu’on ne le lit plus que sur le stand du marchand de journaux, histoire de pas lui filer nos deux Euros.

Si Cavanna était mort, il se retournerait dans sa tombe.

[Comité de Soutien à Denis Robert – 30/07/2008]
Dans Charlie Hebdo du 25 juin, Philippe Val découpe Denis Robert en rondelles. Les mots sont d’une virulence sans précédent.
Jamais encore une telle charge ne lui avait été infligée. Même ses pires détracteurs ont jusqu’ici été plus mesurés. Amalgames, citations tronquées, références historiques passées à la machine à laver, invective, diarrhée verbale : un style, une méthode venus d’un autre temps.
Charlie Hebdo expliquera-t-il dans un prochain numéro les raisons de cette violence, et le moment choisi pour l’exprimer ?

Parmi les premières réactions, celle de Francis KUNTZ, journaliste grolandais, et celle de Jean-François DIANA, Maître de conférences à l’université Paul Verlaine – Metz

http://lesoutien.blogspot.com/2008/07/si-cavanna-tait-mort-il-se-retournerait.html

Siné rejoint le comité de soutien à Denis Robert… et se fait virer par le Conducator de Charlie-Hebdo

Charlie Hebdo, acte 2

Dans Charlie Hebdo du 2 juillet, Philippe Val revient brièvement sur Clearstream et Denis Robert. Pour dire d’abord que lui aussi a été poursuivi en justice par des puissants, et qu’il a gagné. Sous-entendant une fois de plus que Denis perd.
Pour préciser ensuite qu’il n’a jamais interdit à qui que ce soit d’évoquer Clearstream dans Charlie Hebdo. Dont acte.
Et illustration par l’exemple, quelques pages plus loin, dans la chronique de Siné. « Concernant l’édito lynchage de Philippe Val sur Denis Robert, je me contenterai, prudemment, du blanc qui va suivre :


Putain, le coup dur c’est de découvrir que, des mecs qu’on aime bien, comme Onc’ Bernard ou Charb sont également des pauvres cons, tout comme Philippe Val (qu’on adorait quand il faisait le comique avec Patrick Font.

Sont vachement courageux les mecs de la rédaction de Charlie Hebdo, dis donc… tous le petit doigt sur la couture du pantalon, se désolidarisant de la vipère lubrique, comme aux plus beaux jours du laogai…

Charlie-Hebdo mérite bien son surnom de « Journal de merde »… et hop, deux euros d’économisés chaque semaine !

[Backchich – Confidentiels – 15/07/2008]

Finalement, quinze jours après la publication de la chronique où il raillait Jean Sarkozy et qui lui a valu de se faire traiter d’« antisémite », Siné, après avoir découvert que Charlie Hebdo envisageait de publier cette semaine ce qu’il appelle « une pétition contre (lui) », a refusé de signer le mot d’excuse qu’une main amie avait confectionné pour lui. Résultat : il est viré.
Dans un courte mise au point qui paraîtra demain sous son éditorial, Philippe Val, directeur de la publication et de la rédaction de Charlie, estime que « les propos de Siné sur Jean Sarkozy et sa fiancée, outre qu’ils touchaient à la vie privée, colportaient la fausse rumeur de sa conversion au judaïsme », et que, « surtout, ils pouvaient être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale, et ce n’était ni acceptable, ni défendable devant un tribunal ». Estimant qu’il « en (allait) de l’honneur de » son hebdomadaire, Val « assume d’avoir mis » le dessinateur « en face de ce choix : s’exprimer de façon à dissiper clairement cette ambiguïté, ou ne plus écrire dans Charlie ». Val, qui parle d’un « moment pénible », estime que Siné « a préféré s’exclure ». Il ajoute : « Je le regrette ».
De leur côté, Bernard Maris (directeur adjoint de la rédaction), Gérard Biard (rédacteur en chef) et Charb (rédacteur en chef adjoint) écrivent, dans une « note aux lecteurs », que Siné a porté « atteinte » aux « valeurs essentielles » de Charlie. « Il était prévu que la rédaction (le) réprouve sobrement et qu’(il) s’en explique et s’en excuse », ajoutent-ils, mais « finalement il a refusé ». Et de conclure : « Nous regrettons la décision de Siné. Nous regretterons aussi Siné ». Pas sûr que ce soit réciproque : le dessinateur lourdé prévoit pour sa part de lancer « un nouveau canard, avec des potes, ou un blog ».

[Le Post – 15/07/2008]

Et pourquoi je dénonce cette hypocrisie médiatique.

Vous souvenez-vous du pataquès médiatique, les grands mots, sur Voltaire, les lumières, la tradition de liberté d’expression, valeur essentielle de la France, de l’Europe, de l’Occident, seul rempart aux fanatisme des barbares barbus ? Philippe Val au tribunal, soutenu par Sarkozy, l’union sacrée contre l’obscurantisme !

Il semble que la liberté d’expression soit à géométrie variable, pour Val et Cie : Siné, une figure historique de Charlie Hebdo s’est fait virer, à 80 ans, du journal satirique, pour s’être moqué de la convertion au judaïsme (suposée) de Sarkozy Jr.

Depuis le 11 septembre 2001 et la seconde Intifada, il s’est installé un état d’esprit dans le monde politico-médiatique, qui fait qu’il est normal, de fustiger l’Islam et les musulmans en des termes assez agressifs. Par exemple, Claude Imbert, directeur d’un grand hebdomadaire, peut tranquillement dire « Oui, je suis Islamophobe ». Ca ne lui pose aucun problème. Imaginez ce qu’il lui serait arrivé médiatiquement s’il avait déclaré « Oui, je suis judéophobe ! »…

Faisons un peu de fiction. Jean Sarkozy tombe amoureux d’une jeune femme de confession Musulmane, et annonce publiquement son intention de se convertir à l’Islam. Un humoriste quelconque, un éditorialiste, ironise sur cette conversion du fils du Président de la République.

Est-ce que Claude Askolovitch et Philippe Val se seraient indignés de la même façon ? Vu les antécédents des deux journalistes, permettez-moi d’en douter. (suite…)


[Geoffrey Geuens – Michel Collon.info – 04/03/2008]
4 grandes agences de presse contrôlent aujourd’hui l’essentiel de l’info internationale. En 1992, dans Attention, médias ! (pp. 208-209), nous avions analysé leur quasi-monopole mondial. Aujourd’hui, Geoffrey Geuens montre l’intégration toujours plus poussée de ces agences dites « d’information » dans les rouages du pouvoir économique et politique. (Michel Collon)

Structurellement intégrées aux dispositifs de maintien de l’ordre politique, idéologique et symbolique du capitalisme, les agences internationales de presse demeurent, aujourd’hui, l’un des principaux relais des intérêts des multinationales et le cœur même du complexe médiatico-industriel. Haut-parleur de la haute finance, « lubrifiant du capital », selon l’expression désormais célèbre de Marx, l’information est plus que jamais sous contrôle du pouvoir économique. (suite…)


[Gregoire Seither – 28/01/2008]

Vous vous rappelez de John Gibson, le commentateur de Fox News qui estimait (avec Stu Bikovsky) que ce serait bien s’il y avait un autre attentat du 11 Septembre pour rassembler à nouveau tous les américains et faire taire tous ces gauchistes ?

L’autre jour, toujours sur Fox News, ce « journaliste » s’est livré à une apologie du régime Bush digne des meilleurs lèche-culs en Corée du Nord ou sous Staline.

Je sais que les médias libéraux et les Démocrates ne veulent pas que vous sachiez cela mais je vais vous le dire…

Que dit il ? Que l’économie américaine est au sommet. Qu’aux USA il y a le plein emploi, toute personne qui veut travailler a un travail. La guerre en Irak est un succès, le « surge » a pacifié le pays et les USA auraient déjà gagné cette guerre si seulement les Démocrates voulaient bien fermer leur gueule. Et malgré le scandale des sub-prime, personne n’a perdu sa maison, au contraire, tout le monde est propriétaire… les sans-abri, aux Etats-unis, ont quasiment disparu.

Quand à la cote de popularité de Bush, elle est au sommet ! Si, si… Wilson répête plusieurs fois l’info et il faut bien écouter pour se rendre compte qu’il joue avec les mots « Bush’s *dis*-approval ratings are at an all-time high! » Evidemment, si on mesure la cote d’impopularité, on peut afficher des graphiques ascendants.

La question qui se pose est : est-ce que les gens croient à ce genre de mensonges grossiers ? Est-ce que à force de les répéter ils prennent réalité ?

FOX’s John Gibson: « Homelessness is Virtually Over » :
http://www.youtube.com/watch?v=AiqGexn8iS8


Ce qui est amusant, c’est de voir à quel point Val s’en fout, n’écoute pas les questions et invente son discours au fur et à mesure, débitant des platitudes…

Quelle déchéance !!!! Dire que je l’ai connu brillant orateur !

Philippe Val à l’université du MEDEF
http://www.indigenes-republique.org/spip.php?article989

VIDÉO SUR DAILY MOTION : http://www.dailymotion.com/video/x2v66c_philippe-val-a-luniversite-dete-du_news