Presse aux ordres



Vous êtes allés chez le coiffeur ces derniers temps ? Non ? Alors on vous tient au courant… allez, ne niez pas que le sujet vous passionne 🙂 Mais VOICI oublie une 6è hypothèse : que c’est Sarkozy le père de l’enfant. C’est  encore la plus plausible…

[Voici – 10/12/2008]

pourquoi elle ne dira rien

Rachida Dati et son bébé : pourquoi elle ne dira rien


[Arrêt sur Image – 12/12/2008]

Les siècles passent, et la presse française reste imprégnée par ses origines balzaciennes: les feuilles de chantage. La chute de l’article de couverture du Point sur « l’extravagante Madame Dati » (la dissection de l’article complet est ici) est à cet égard dans la meilleure tradition française. Après avoir consciencieusement lynché la ministre sur huit pages, jusqu’au dernier caillou, le journaliste de l’hebdo de Giesbert, Denis Demonpion, écrit: « des âmes charitables affirment qu’à l’heure de la curée, Rachida Dati, qui connait bien les histoires de famille et du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée pendant quelque temps, en 2005, du secteur sensible des marchés publics, saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur« .

On peut lire et relire ces lignes dans tous les sens, elles ne peuvent signifier qu’une chose: Dati détient des informations de nature à lui permettre de faire chanter Sarkozy. Elle le « tient ». Cette magnifique insinuation finale, dont il est d’ailleurs difficile de voir qui elle sert, laisse rêveur. Sur Dati, évidemment, mais surtout sur l’hebdo de Giesbert. Soit Le Point sait ce que sait Dati, et pourquoi ne l’écrit-il pas ? Soit il n’en sait rien, et pourquoi l’écrit-il

Dans bien d’autres pays, (comme le remarquait ce matin Thomas Legrand sur France Inter) des journalistes feraient immédiatement le siège des deux intéressés, pour leur faire apporter les précisions nécessaires. Mais nous sommes en France, où il est tellement délicieux de rire de tout. La revue de presse matinale d’Europe 1 cite donc en passant ces lignes du Point, et glisse immédiatement à l’article d’un autre journal, sur la « coach » de jogging de Sarkozy, qui « n’a pas besoin de lui faire peur pour le faire transpirer« .

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1477


[Arrêt sur Image – 12/12/2008]

Etonnant journalisme français ! A la fin d’une longue enquête, Le Point glisse incidemment que Rachida Dati détiendrait, à propos des marchés publics des Hauts de Seine, des informations qui pourraient lui permettre de faire chanter Sarkozy, au cas où ce dernier souhaiterait se débarrasser d’elle. On croit avoir mal lu. Mais non. Le Point ne précise pas ce que sait Dati. Ni ce qu’il sait lui-même. Insinuez, insinuez ! Le lendemain, les revues de presse radiophoniques glisseront pudiquement sur le sujet <http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1477>  (1).

Pour la suite, les citoyens sont priés d’attendre…le bon vouloir de Dati, ou des journalistes. Décidément, la disgrâce très annoncée de la ministre de la Justice promet d’être un festival de pathos et de manipulation, c’est pourquoi nous avons créé un dossier sur le sujet <http://www.arretsurimages.net/dossier.php?id=124>  (2).

D’ores et déjà, nous vous expliquons comment lynche la presse <http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1476>  (3), armée de ses titres, de ses intertitres, de ses photos, de ses légendes, quand elle a décidé de lyncher.


L’Affaire du licenciement d’Alain Genestar avait été le premier signal que, dans l’Ere Sarkozy, les journalistes sont priés de rester dans les limites du « storytelling » dictées par l’Elysée. Un certain nombre d’autres affaires, moins médiatisées, et de harcèlements de journalistes sont autant de messages indirects envoyés par Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie aux médias. Ne vous avisez pas de contester le pouvoir, si vous ne nous léchez pas le cul, on vous considèrera comme des ennemis et on viendra vous humilier devant vos gosses à 6 heures du mat’ :

Ce qui est rigolo, dans cet article, c’est de constater que – à Libération – ils en sont encore à se demander « dans quel pays on vit »… tu vis dans le pays de Sarkozy camarade. Circulez, y a rien à voir…

Journaliste et « pire que la racaille »

[Le Monde – Pascale Santi – 30/11/08]

Cela se passe en France, au petit matin, quand la police vient arrêter un journaliste à son domicile. Il s’agit de Vittorio de Filippis, journaliste à Libération, membre de la direction du journal, qui a été PDG et directeur de la publication de juin à décembre 2006. Interpellé chez lui à l’aube, vendredi 28, il a été menotté, humilié, insulté devant ses enfants. Motif de cette mesure d’extrême urgence : le site de Libération a hébergé un commentaire d’internaute contesté.

M. de Filippis a été interpellé sur réquisition de la juge d’instruction Muriel Josié, vice-présidente du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, saisie d’une plainte en diffamation de Xavier Niel, fondateur du fournisseur d’accès à Internet Free.

Le récit des conditions de cette interpellation a provoqué la stupeur au sein du journal, qui consacre une page à cette affaire dans son édition de samedi 29 novembre. « C’est une attaque de la maréchaussée à l’aube, fouille au corps et enfermement temporaire. Tout ça pour quoi ? Pour un procès en diffamation dans lequel nous avons déjà obtenu gain de cause à deux reprises », écrit Laurent Joffrin, PDG de Libération.

L’affaire est racontée sur le site de Libération : « Vendredi matin, à 6 h 40, j’ai été réveillé par des coups frappés sur ma porte d’entrée. Je me suis trouvé face à trois policiers », raconte M. de Filippis. Ils lui lancent : « Habillez-vous, on vous emmène. »

Le journaliste proteste. « Réveillé par le bruit, mon fils aîné, qui a 14 ans, assiste à toute la scène. Son frère, 10 ans, ne sort pas de sa chambre, mais j’apprendrai qu’il était réveillé et qu’il a très mal vécu ce moment. Je dis aux flics qu’il y a peut-être d’autres manières de se comporter. Réponse devant mon fils : « Vous, vous êtes pire que la racaille ! » » Les policiers lui signifient qu’il est sous le coup d’un mandat d’amener au TGI.

Vers 7 h 15, les policiers emmènent le journaliste au commissariat du Raincy (Seine-Saint-Denis), où il réside. Il demande la présence des avocats du journal. En vain. Il est menotté, puis emmené à Paris dans les sous-sols du TGI. « On me demande de vider mes poches, puis de me déshabiller (…) Je me retrouve en slip, ils refouillent mes vêtements, puis me demandent de baisser mon slip, de me tourner et de tousser trois fois. » Le journaliste s’exécute et se rhabille. Les policiers l’enferment dans une cellule. Interrogé vendredi par Le Monde, le commissariat de Raincy a répondu : « Nous ne pouvons vous passer aucun gradé. Nous ne pouvons rien vous dire. »

Deux gendarmes viennent ensuite chercher le journaliste et lui demandent une deuxième fois de se déshabiller complètement. Autre vexation : « Je leur signale que j’ai déjà été fouillé d’une manière un peu humiliante et je refuse de baisser mon slip à nouveau. Bien que comprenant l’absurdité de la situation et mon énervement, ils me répondent que c’est la procédure. » Rhabillé, on l’emmène, menotté, dans le bureau de la juge Muriel Josié. Le journaliste lui demande une nouvelle fois de pouvoir parler à ses avocats. Sans succès. Il refuse de répondre aux questions. Interrogé vendredi soir, le cabinet de la juge Muriel Josié nous a répondu : « Nous n’avons rien à dire sur le sujet. »

M. de Filippis est mis en examen, puis relâché près de cinq heures après son interpellation. Il est 11 h 30. Il appelle son journal, ses avocats et arrive à Libération, pâle, choqué, fatigué, outré, avec la trace des menottes au poignet encore visible.

Quel est l’objet du délit ? Une affaire de diffamation. L’article 42 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881 stipule que le directeur de publication d’un journal – M. de Filippis à l’époque – est « l’auteur principal » du délit de diffamation publique envers un particulier, le journaliste auteur du papier incriminé n’étant que « complice ».(…)

Des juristes avancent : « Il n’est pas acquis qu’un directeur de publication soit responsable des commentaires des internautes. » « C’est la stupeur », confiait vendredi Fabrice Rousselot, directeur adjoint de la rédaction. Lorsqu’il était responsable du site, il se souvient avoir vu débarquer les huissiers il y a un an et demi. « Je necomprends pas un tel acharnement. »

Initialement confiée à la juge Emmanuelle Ducos, cette affaire a été transmise en mai à la juge Muriel Josié. Cette dernière a, selon M. de Filippis, fait procéder à des vérifications de son domicile, alors que son adresse, celle du journal et de ses avocats, sont dans l’annuaire et dans le dossier…

« Je suis l’avocat de Libération depuis 1975 et c’est la première fois que je vois un directeur de publication faire l’objet d’une interpellation et d’un mandat d’amener« , a constaté Me Jean-Paul Lévy. « Il suffisait d’envoyer une convocation par courrier au siège de Libération ou de nous appeler pour convenir d’un rendez-vous : cela n’a pas été fait« , ajoute-t-il. « C’est invraisemblable et inacceptable, si on permet des perquisitions et des interpellations de cette nature, on contourne la loi« , ajoute Me Yves Baudelot, avocat du Monde. D’autant plus qu’il s’agit d’un délit qui n’est pas passible de prison.

La Société civile des personnels de Libération (SCPL, actionnaire du journal) dénonce, dans un communiqué, « des méthodes judiciaires intolérables » et « inadmissibles« . La SCPL demande « qu’une enquête soit ouverte sans délais sur ces méthodes« .

« C’est l’aboutissement d’un climat délétère, au moment où se tiennent les états généraux de la presse« , regrette Jean-Michel Dumay, président du Forum des sociétés de journalistes.  » On se demande dans quel pays on vit« , dit M. de Filippis.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/29/journaliste-et-pire-que-la-racaille_1124889_3224.html#xtor=EPR-32280154&ens_id=1124857


MANIPULATIONS DES MEDIAS,

[Daily Motion – compilation vidéo de al-fred]

Compilation intéressante de la manipulation quotidienne de l’information.

http://www.dailymotion.com/video/x6yf7h_manipulations-des-medias_news


Val, Cornevin et maintenant Askolovitch… les fins de mois sont dures chez les scribouillards, il faut bien manger. Alors on sort sa langue et on lèche les pompes…

<< Seuls les plus naïfs s’étonneront du fossé existant entre l’article signé Claude Askolovitch, qui décrit un Nicolas Sarkozy abattant un boulot fou, se taillant la part du lion et bousculant ses partenaires pour mieux changer l’ordre des choses, et la réalité, celle d’un président français qui s’agite de toutes parts sans être écouté et qui se montre bien incapable de respecter le moindre de ses engagements à « moraliser le capitalisme ».

Seuls les plus naïfs, disais-je, car pour tous les autres Claude Sarkolovitch est déjà depuis longtemps synonyme du plus vil des journalismes de cour.>>

[Article 11 – 17/11/2008]

C’est titré : « Sarkozy en maître du monde ».

Et j’ai bêtement pensé que c’était de l’ironie, comme une grosse blague du Journal du Dimanche à ses lecteurs.

Mais non : c’est signé Claude Askolovitch.

Et Marx sait si ce journaliste ne plaisante pas.

Non plus qu’il n’ironise depuis qu’il s’est affirmé avec l’affaire Siné comme celui qui défait les réputations (des petits) et tresse les lauriers (des puissants).

Lui qui y a sans doute gagné ses galons d’éditorialiste politique à Europe1 et de rédacteur en chef du Journal du Dimanche, comme une juste récompense de Lagardère envers un journaliste qui sait servir le sarkozysme

Donc, « Sarkozy en maître du monde ». (suite…)


[ EHESS – Actualités de la Recherche en histoire visuelle – André Gunthert, lundi 17 novembre 2008 ]

Il y a dans chaque régime ce moment pathétique où le dirigeant perd pied avec le réel. Ce moment où tout lui échappe et où il préfère se réfugier dans la fiction de son règne. Ce moment vient d’arriver pour Nicolas Sarkozy. C’est l’historien officiel du régime, Claude Askolovitch, qui nous le révèle dans les colonnes de l’indispensable JDD. Dans un récit halluciné du G20, intitulé sans la moindre ironie: « Sarkozy en maître du monde« , le conteur dépasse l’habituel journalisme de cour pour nous faire pénétrer directement dans le cerveau du président.

Dans le monde réel, depuis l’élection d’Obama, Sarkozy a perdu la main. L’ex-coqueluche des sommets internationaux a trouvé son maître. La version française du mythe Kennedy fait désormais pâle figure devant Barack et Michelle. Le déplacement est si violent que son entourage se voit contraint de nous le dépeindre en Obama bis. Plus encore que l’absurdité de cet éloge de la négritude sarkozienne, nous avons bien perçu l’inversion du schéma. Jadis incomparable, mesure de toute chose, voilà le modèle de la modernité politique chassé de la première marche du podium.

D’où l’importance du G20. Bientôt déshabillé de la présidence tournante de l’Europe, Sarkozy a vu là sa dernière fenêtre pour jouer les vedettes sur la scène internationale. Dans le monde réel, en l’absence d’Obama, ce raout inutile ne pouvait déboucher que sur du vent. Mais c’est un tout autre film qu’a vu Askolovitch. Un film d’aventure, à mi-chemin de Independance Day et du Louis II de Bavière de Visconti: «ce Français en chemise, débordant d’adrénaline, qui lui donne du « George », qui a couru ce matin à l’aube dans les rues de Washington, qui étale sa forme physique. (…) Sarkozy a gagné la bataille des mots. Une étape de plus dans le sprint marathon entamé depuis le début de la crise financière. (…) Ce vendredi, Sarkozy fait un cadeau au Russe. Il réclame en vain une réunion sur la sécurité globale en Europe. « Tu la veux vraiment? lui demande Sarkozy en tête à tête. On la fait ! »»

Ce film, ce n’est pas Askolovitch qui l’invente. Branché en permanence sur les neurones élyséens, ce que le fin chroniqueur nous dévoile n’est autre que la perception du sommet par son principal acteur. Oui, nous dit-il, Sarkozy se voit en maître du monde. En athlète surentraîné qui va arrêter la crise comme Superman arrête un train. En stratège de génie, capable d’imposer à tous sa vision de l’univers. A ce point perdu dans sa fiction qu’il demande au futur ex-président: «Si tu permets, George, nous ne devons pas nous séparer sans fixer la date, le lieu, l’ordre du jour de notre prochaine rencontre.»

Un tel moment de vérité crue doit être mis au crédit du journalisme français. Laissons aux mauvais esprits l’indignation ou le sarcasme. Car il y a plus d’information dans cet article que dans tous les comptes rendus du sommet. Riches en bouleversements majeurs, les mois qui viennent seront décisifs pour le chef de l’Etat. Grâce au JDD, il y aura toujours une fenêtre ouverte pour voir à l’intérieur de sa tête.

http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/11/17/864-je-suis-le-roi-du-monde


Notez la date !!! Un mois avant le coup de filet contre la « mouvance anarcho autonome », la Ministre de l’Intérieur bombait le torse et se mettait en valeur (à un moment où Sarkozy parlait ouvertement de la virer au prochain remaniement)…

Michèle Alliot-Marie et la menace terroriste

[Alain Gresh – Le Monde Diplomatique – 1er Octobre 2008]

Dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde du 1er octobre, et intitulée « Les démocraties face au terrorisme », Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, développe sa pensée. Et, pourrait-on dire, tous les poncifs de la doxa sécuritaire face à l’islamisme et au terrorisme.

« Le terrorisme est l’ennemi commun des démocraties. L’islamisme radical n’est certes pas le seul en cause, il demeure toutefois une priorité. Depuis plus de six ans, comme ministre de la défense puis de l’intérieur, j’en ai suivi les modalités, les évolutions et hélas les manifestations. Certaines réalités ne sont pas inutiles à rappeler. »

Le terrorisme, « un ennemi commun » ? Qu’y a-t-il de commun entre Al-Qaida, l’ETA basque, les Tigres tamouls ? En réalité, le seul ennemi, dans l’esprit de la ministre, c’est bien l’islamisme radical.

« La première est que la France est une cible potentielle, car ses valeurs : liberté, tolérance, respect des femmes, laïcité, droits de l’homme, sont en opposition avec celles de l’intégrisme. Elle n’est pas plus menacée que d’autres : ces dernières années ont vu plus d’attentats dans les pays musulmans qu’en Europe. Elle ne l’est pas moins : le démantèlement de réseaux et les arrestations d’islamistes sur notre sol le montrent. »

C’est une reprise sans aucune nuance du discours du président Bush : « ils » nous haïssent non pas à cause de notre politique, mais à cause des valeurs que nous représentons. A quoi Oussama Ben Laden répondait en substance que, si sa haine était dirigée en priorité contre la démocratie et les libertés, son principal objectif serait la Suède, et non les Etats-Unis. Ce type de raisonnement américain, repris par la ministre, a pour avantage (si l’on peut dire) qu’il dispense de toute réflexion sur les effets de la politique américaine ou occidentale dans le monde musulman. (suite…)


Cet article du plumitif du Figaro est un chef d’oeuvre de désinformation et de manipulation de l’opinion. Il se trouve que nous connaissons certains des interpellés de Tarnac et nous ne les reconnaissons absolument pas dans le portrait « tremblez braves gens » qui est dressé ici… Outre la soupe qu’il sert complaisamment à Alliot-Marie, le journaliste utilise tous les petits procédés rhétoriques pour faire croire à un vaste complot de fous nihilistes s’apprétant à faire sauter l’Etat… tout est bon pour faire peur au populo et lui faire accepter encore plus de surveillance… et détourner son attention des mesures gouvernementales en cours…

Sabotages de la SNCF : la piste de l’ultragauche

[ Christophe Cornevin – LE FIGARO – 12/11/2008 ]

Susceptibles d’être violents, ces nihilistes clandestins voulaient s’attaquer à un symbole de l’État.

Les saboteurs du rail auraient presque pu être interpellés en flagrant délit tant ils étaient surveillés depuis des mois par les services de renseignements.

(NdL&I : Ils étaient surveillés et malgré cela ils ont pu réaliser une opération à la logistique aussi lourde, au nez et à la barbe de leurs surveillants ? Et ce alors que la majorité du groupe n’a pas quitté Tarnac aux dates où les sabotages ont eu lieu ? Soit ces mecs sont très forts, soit les flics sont très cons)

Il aura donc fallu une enquête éclair d’à peine 48 heures avant de démanteler le groupuscule d’ultragauche qui a posé dans la nuit de vendredi à samedi dernier cinq pièges d’acier sur les caténaires du réseau SNCF enfin d’en perturber le trafic.

Mardi, pas moins de dix personnes – cinq hommes, quatre de leurs compagnes et la mère d’un dernier – ont été interpellées par la sous-direction antiterroriste (SDAT) et les gendarmes à Rouen, Paris, Limoges, dans la région de Nancy ainsi qu’à Tarnac. C’est d’ailleurs dans ce petit village corrézien que les gendarmes ont appréhendé, retranchés dans une ferme isolée, le «cerveau» et deux femmes membres présumées du réseau.

(NdL&I : Le « cerveau » est un « deep ecologist » de 33 ans qui cultive ses propres légumes et a participé aux blocages des trains CASTOR aux côtés de dangereux terroristes comme Dominique Plancke, élu du Nord. Il a aussi manifesté contre le CPE, a signé des pétitions contre EDVIGE et lit le journal « La Décroissance ». Avec un profil pareil, il est bon pour Guantanamo… tout comme un paquet d’autres gens en France )

Présentés comme «appartenant à l’ultragauche, mouvance anarcho-autonome», les suspects, en totale rupture de ban avec la société, vivaient en communauté. «Leur vie autarcique, qui n’avait aucune connotation sectaire, garantissait leur clandestinité», précise un policier. Embarqués dans un mode de vie altermondialiste, vivotant pour certains du négoce de produits agricoles, fuyant le regard des rares riverains qui les entouraient, ces apprentis terroristes de la gauche ultra présentaient un profil bien particulier. Âgés de 25 à 35 ans pour le plus âgé, ces nihilistes considérés comme «potentiellement très violents» étaient articulés autour d’un petit «noyau dur» d’activistes déjà fichés pour divers actes de violences et de dégradation.

(NdL&I : Ils étaient tellement clandestins qu’ils avaient un site Web !!!! Et ils fuyaient tellement le regard des riverains qu’ils habitaient à côté de la mairie et tenaient une épicerie… et jouaient aux boules avec le Maire !!!

Quand au fichage, pour actes de violence, il s’agit des classiques interpellations pour barbouillage de panneaux de pub… et le traditionnel « outrage » qui accompagne désormais toute arrestation de militants lors d’une manif quelconque…

Mais le plumitif veut nous faire croire qu’il s’agit d’une version moderne de la Bande à Bonnot. Ca tombe bien, il y a un film sur la Bande à Baader au cinoche !)

Aucun ne travaillait

Deux d’entre eux avaient notamment été repérés à la fin de janvier pour des troubles à l’ordre public provoqués en marge d’une réunion anarchiste se tenant à Times Square à New York. Avec une rare véhémence, ils protestaient alors devant un centre de recrutement de l’armée américaine qui, d’ailleurs, a été frappé par un attentat le mois suivant. En France, le groupuscule s’était distingué lors des manifestations lycéennes de décembre 2007 ou, plus récemment, parmi les associatifs appelant à la disparition du fichier de police Edvige.

(NdL&I : Des chomeurs terroristes qui réussissent à se payer un billet d’avion pour New York, au plus fort de l’hystérie sécuritaire US ? Tu nous prends pour des cons Christophe ? Quand aux manifestations anti-CPE ou anti-EDVIGE, le Figaro est trop content de servir la soupe à sa copine Alliot-Marie et de réduire les manifestants à des « terroristes en puissance ».)

A priori, aucun d’entre eux ne travaillait. «Cela ne correspondait pas à leur philosophie», lâche un enquêteur.

(NdL&I : On aimerait savoir qui est cet « enquêteur ». Si par « ne pas travailler » il entend que ces personnes n’étaient pas des salariés « metro-boulot-dodo », alors en effet… mais dans ce cas là il y a des millions de personnes – agriculteurs, commercants, artisans – qui « ne travaillent pas » en France. Probablement parce que cela ne « correspond pas à leur philosophie »… Encore une fois, le plumitif tente de nous dresser un tableau de nihilistes oisifs et tarés, vivant aux crochets de la « bonne société ». Tremblez braves gens ! )

Les femmes de la bande, (NdL&I :Notez l’élégance toute phallocratique de l’expression, « les femmses de la bande ». ) quant à elles, sont plus volontiers dépeintes sous les traits de «filles de bonne famille issues de la bourgeoisie de province». Un profil somme toute guère étonnant au regard de la jeune fille chic en Burberry qui répondait au nom de Joëlle Aubron à l’époque d’Action Directe.

(NdL&I : Aaaah, en 30 ans, aucun des arguments de la droite n’a changé. Les radicaux sont toujours des fils de bourgeois dégénérés et des petites jeunes filles écervelées… un grand classique. Or dans le cas présent, les membres du groupe sont issus de familles RMIstes, enseignants, petits-fonctionnaires, agriculteurs… on est loin de la bourgeoisie dégénérée qui fréquente les écoles de journalisme et les cafés du Boulevard Hausmann )

Dès son arrivée au ministère de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, très sensible aux «risques de résurgence violente de l’extrême gauche radicale», a demandé à ses services de renforcer les surveillances.

(NdL&I : C’est bien Christophe, bon toutou, tu n’oublies pas de citer ta patronne… mais il fallait nous le dire tout de suite que tu bossais pour le Service d’information du Ministère de l’Intérieur. )

Les agents de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, ex RG-DST), qui avaient secrètement déployé leurs antennes, ont ciblé et identifié avec patience les «objectifs» appréhendés mardi. Olivier Besancenot, le leader trotskiste, a affirmé que les actes de sabotage «ne sont pas et ne seront jamais ceux de la LCR», tandis que SUD-Rail a mis en garde «ceux qui frisent la diffamation en voulant confondre terrorisme et action syndicale».

Déjà confondus par des éléments techniques, dont de l’ADN, les saboteurs du rail devront expliquer la présence de matériel d’escalade confisqué en perquisition à leur domicile. «Nous commençons à imaginer comment ils ont fixé les fers à béton sur les caténaires, confiait mardi après-midi une source proche de l’enquête. En revanche, nous tentons toujours de comprendre comment ils ont pu intervenir sur des câbles dans lesquels courent 25 000 volts…»

(NdL&I : Aucune mention du fait que la plupart des appréhendés ont été relachés avant même le découlement du délai légal… quand aux « confondus par des éléments techniques », on brûle de connaître le dossier !!! )

Dans la mesure où aucun cheminot ne figure parmi les suspects, reste à déterminer s’ils ont bénéficié d’une aide extérieure. «Ces gens ont voulu s’attaquer à la SNCF, car c’est un symbole de l’État et ils savaient que leurs actes auraient un fort retentissement médiatique», a affirmé Michèle Alliot-Marie.

(NdL&I : Elle en sait des choses Michelle dis donc. Pour notre part, il s’agissait plutot d’opérations de répétition en vue de blocages de trains nucléaires. La technique du crochet à catenaire est abondamment décrite dans la « Direkte Aktionen Fibel » publiée par les anti-nucléaires allemands et librement en vente dans la moindre boutique « radikal » de Berlin. Le PDF est disponible sur tous les réseaux P2P. )

Mais mardi, alors qu’un dernier suspect était recherché, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) s’attendait à ce que les suspects ne soient guère loquaces pendant les 96 heures que doit durer leur garde à vue. Ils encourent trois à dix ans d’emprisonnement et jusqu’à 75 000 euros d’amende.


Tandis que Christine Ockrent s’extasie sur « l’incroyable rigueur et le professionalisme des journalistes » de la chaîne de Murdoch, des milliers de « Fox-watchers » aux Etats-unis traquent chaque jour les mensonges, la manipulation, la mauvaise-foi de cet outil de propagande au service du lobby militaro-industriel… Regarder « Fox News » est hallucinant, on croirait une télévision nord-coréenne.

Mais en plus subtil, car comme disait Vaclav Havel : »L’avantage de la propagande, comparée aux médias modernes, c’est que la propagande, tout le monde savait que c’était des mensonges. Avec les médias modernes, les mensonges sont encore plus gros, mais on s’en rend pas compte, parce qu’on est aveuglé par les paillettes et l’illusion démocratique ».

[Tim Carr – IES Media Cooperative – 5/11/2008 – Trad. Gregor Seither]

La chaîne ultra-conservatrice « Fox News » de Ruppert Murdoch aime bien se présenter comme l’unique média « équitable et objectif » (fair and balanced). Or la réalité est loin du compte : l’une des caractéristiques de sa couverture de la campagne, notamment dans les derniers jours avant l’élection, a été l’insistance constante sur le fait que « l’écart entre les deux candidats est minime » et que John McCain « remonte nettement dans les sondages ». L’assurance et la fréquence avec laquelle les présentateurs de la chaîne ont répété cette mantra a fini par lui donner réalité – au point que les médias français, dont le Monde et le Figaro s’en sont fait écho – alors qu’aucun sondage ne permettait à aucun moment de vérifier l’information

De fait, la totalité des grands instituts de sondage indiquaient l’inverse, seuls quelques petits instituts, généralement partisans ou bien concentrés sur des régions géographiques bien précises donnaient des résultats contraires… mais c’est sur ceux là que Fox News a choisi de se concentrer, comme si elle était plus intéressé par faire de la propagande Pro-Républicains que par son métier de journaliste…

Voici une brève chronologie de cette manipulation médiatique à grande échelle :

(suite…)


[George Sarre – Jeudi 23 Octobre 2008]
Georges SARRE réagit à l’entretien de Philippe Val, auteur de « Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous », dans l’Express du 23 octobre 2008.

Philippe Val chansonnier m’a fait rire ; pas toujours subtile, pas toujours léger, pas toujours si impertinent qu’il en avait l’air, il avait toutefois l’humour caustique, le verbe libre, et parfois même des paroles émouvantes. Philippe Val rédacteur en chef m’a fait réfléchir : j’ai notamment interrogé le principe de laïcité, que je garde chevillé au cerveau, pour me demander si la publication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo était pertinente ou non. A l’époque, j’ai soutenu que Val n’avait pas nécessairement eu raison mais qu’on n’avait pas le droit de lui reprocher d’avoir eu tort ; car si la laïcité est une éthique de responsabilité (et qu’à ce titre cette publication n’était peut-être pas des plus pertinentes), elle pose quoi qu’il en soit, comme consubstantiel à la séparation de l’espace public et de la sphère privée, le droit au blasphème.

Mais Philippe Val, « militant à l’ouest », m’inquiète. Son dernier entretien, dans l’Express, avec Christophe Barbier, résume bien le court-circuit intellectuel qui a frappé ce gauchiste sympathique pour en faire un avocat du néo-conservatisme. Tout est dit lorsque Val vilipende cette gauche « antieuropéenne, antidémocrate et surtout antiaméricaine qui prône les mauvais choix ». Cette gauche là, on le lit plus loin, c’est « Chevènement et Mélenchon ». Cette gauche là est « de droite ». Pourquoi ? Parce qu’elle est « républicaine avant d’être démocrate ».

Val est à ce point « à l’ouest », qu’il analyse les mots et les clivages à l’aune du paysage politique des Etats-Unis d’Amérique : les républicains à droite, les démocrates à gauche ! Il est à ce point « à l’ouest » qu’il ne voit aucun problème au « partage démocratique » entre « Occidentaux » : aucune spécificité – aucun acquis social, aucun service public, aucune vertu environnementale, aucune éducation à l’émancipation individuelle – rien, en France, ne mérite donc, selon Philippe Val, d’être défendu, et ceux qui défendent une vision française de la République sociale sont des disciples de « Maurras », pas de Jaurès : Val perd la tête.

Il perd la tête parce qu’il mélange la Nation citoyenne, ouverte, internationaliste, et la Nation ethnique et romantique. Il perd la tête car il oublie que la gauche se définit à l’aune de l’émancipation individuelle, de la justice sociale, de la fraternité républicaine, et non de « l’approbation de la mutation » pour la mutation, du « bougisme » en somme.

Il perd la tête parce qu’il est tout à son nouveau schéma : l’Occident contre les islamistes, qu’il amalgame volontiers avec les Musulmans, et avec les Arabes (on n’est pas à un raccourci près dans le cerveau en court-circuit du citoyen Val). Le choc des civilisations… Dans ce schéma, pas de place pour le débat sur le contrat social, la République, la démocratie. On est pour l’Occident, donc pour Washington, donc pour Bruxelles, ou bien on est contre. A peine concède-t-il qu’on puisse être contre parce que pro-islamiste, ou contre parce que conservateur d’un autre temps, de droite donc.

Val n’est plus à gauche, il est à l’ouest… C’est ainsi, mais c’est dangereux. Dangereux pour la gauche, qui n’est pas près, si elle suit Val, de se distinguer du sarkozysme autrement que sur la forme. Dangereux pour le monde, car le choc des civilisations pourrait finir par être une prophétie auto-réalisatrice.

http://www.georges-sarre.net/Philippe-VAL-n-est-pas-a-gauche,-il-est-a-l-ouest-!_a90.html?PHPSESSID=2051fc7e58fda05d8ed0bf435d66fa6e


Envoyez vos chèques à Editions de l’Enragé, 118-130, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Investir dans un journal qui chie dans les bégonias, c’est préserver l’avenir !!!!

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Exclusif. Catherine et Bob Sinet répondent à BibliObs

«Il n’y aura pas un mot sur Val ni sur “Charlie” dans “Siné Hebdo”»

[Le Nouvel Observateur – Bibliobs – 27/08/2008]

BibliObs était le premier à l’annoncer ce matin: après avoir quitté «Charlie Hebdo» le 12 juillet dernier – et plus de quarante ans après «Siné Massacre» – Bob Sinet , alias Siné, lancera le 10 septembre un nouvel hebdo, qui promet d’être «un canard qui ne respectera rien» et qui «chiera tranquillement dans la colle et les bégonias sans se soucier des foudres et des inimitiés de tous les emmerdeurs». Son titre? «Siné Hebdo», tout simplement. Le caricaturiste et sa femme Catherine, future rédactrice en chef, ont accepté de nous donner quelques explications

BibliObs.- Créer un journal en trois semaines en plein mois d’août: c’est juste incroyable.

Catherine Sinet. C’est que tout le monde nous le suggérait: des copains, comme Willem, et un ami spécialiste du droit des sociétés prêt à nous aider. Il y a un peu plus de trois semaines, j’étais en train de faire des courses avec une amie et Bob m’appelle pour me dire: «On y va.» Je lui ai dit: «Tu es sûr que c’est raisonnable à notre âge de se remettre à travailler 15 heures par jour?» Et c’est parti comme ça.

BibliObs.- Et comment va Siné?

C. Sinet.- Bien. Tout ça l’a rajeuni de trente ans.

BibliObs.Vous vous êtes proposée d’emblée comme rédactrice en chef?

C. Sinet.- Je ne voyais pas bien qui d’autre. Tous ceux qui nous aident sont bénévoles, évidemment, et travaillent ailleurs. On n’est pas encore certains de pouvoir les payer.

BibliObs.- Qui a réuni la cinquantaine de collaborateurs qui vont travailler avec vous – dessinateurs, écrivains, personnalités de la télé?

C. Sinet.- C’est moi.

BibliObs.- Pourquoi ne donnez-vous pas encore leurs noms? Celui de Tardi circule par exemple…

C. Sinet.- C’est prématuré. L’annonce sera faite le 1er septembre.

BibliObs.- Qui sont les actionnaires?

C. Sinet.- Bob, moi (j’ai crevé mon assurance-vie), un copain, Guy Bedos, et Michel Onfray. L’Association des Mal Elevés va aussi recueillir les fonds. Et il faudra repenser la chose après le premier numéro. Nous avons déjà un premier abonné, en Irlande, qui a appris les ennuis de Siné dans «The Observer». D’ailleurs, pour s’abonner, il suffit de nous écrire aux Editions de l’Enragé, 118-130, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.

BibliObs.- Evidemment, on voudrait connaître votre version de ce qui est devenu «l’affaire Siné».

C. Sinet.- Je me sens un peu loin de tout ça maintenant… Tout a démarré pendant nos vacances en Normandie. On gardait nos petits-enfants, quand on a commencé à recevoir des coups de fil de journalistes, plein de coups de fil. La chronique de Bob était passée dans le numéro du 8 juillet – il l’avait rendu le 28 juin – et il est certain que, dix jours plus tard, Philippe Val en connaissait parfaitement le contenu. Il l’a même lue devant témoins, je l’ai su depuis. Dans un premier temps, c’est donc Charb qui nous appelle, c’est notre meilleur ami (enfin, c’était), pour suggérer à Bob de faire ses excuses à Jean Sarkozy. (suite…)


[Le Monde Diplomatique – 24/07/2008]

Cette fois, ça n’a pas marché. Depuis le début des années 1990, on ne comptait plus les adversaires de l’impérialisme, du néolibéralisme, des médias dominants…, qualifiés d’antisémites, voire de « nazis »par quelque gardien de l’ordre social. Le prétexte pouvait être léger, inexistant même. Qu’importe : écrasé par la gravité de l’imputation, l’accusé devait aussitôt exciper de ses états de service antiracistes, évoquer la liste de ses amis et parents promptement transformés en cautions de moralité, autopsier un trait d’humour plus ou moins réussi.

Rien n’y faisait. Car seul le tribunal de l’Inquisition et ses juges inamovibles (Alain Finkielkraut, Ivan Rioufol, Alexandre Adler, Philippe Val, Bernard-Henri Lévy) avaient la permission de manier l’irrespect, la provocation, de frôler (ou de franchir) la ligne jaune de la stigmatisation collective. Eux pouvaient justifier — au nom de Voltaire et du droit à la caricature — leurs dérapages sur, par exemple, la couleur des joueurs de l’équipe de France ou l’assimilation de l’islam au terrorisme.

Torquemada n’avait rien à redouter. Quadrillant les médias, il déployait les techniques décrites dans Le Barbier de Séville —« Puis tout à coup, on ne sait comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription ».

A une différence près : le « on ne sait comment » de Beaumarchais était dépassé puisque nul n’ignorait à cause de qui Edgar Morin, Pierre Péan et Philippe Cohen, Daniel Mermet, Hugo Chavez, Pascal Boniface, Jacques Bouveresse, Charles Enderlin, Pierre Bourdieu, José Bové… sans oublier Le Monde diplomatique (1) ont été tour à tour suspectés ou accusés d’antisémitisme.

En juillet dernier, un journal qui se voulut autrefois « bête et méchant » — et qui s’ingénie sur ce point à passer du second degré au premier — a entrepris d’ajouter à la liste le caricaturiste Siné. Torquemada, cette fois incarné par Philippe Val, est l’employeur du contrevenant. Il lui a fallu une semaine pour décréter que l’une des chroniques de Siné, publiée, avec son imprimatur, dans Charlie Hebdo était… antisémite. Terrible absence de vigilance ou accusation ciselée pour se débarrasser d’un gêneur, comme le soupçonnent à la fois l’auteur du « délit » et d’autres caricaturistes (Martin, Lefred-Thouron, Willem, Pétillon, Tignous) ?

Récalcitrant, le prévenu a refusé de signer la lettre d’aveux que le patron du journal, s’inspirant pour le coup d’une tradition assez peu satirique, avait rédigée pour lui. Il a été congédié. L’affaire aurait pu en rester là, et Siné demeurer au banc d’infamie, lâché par la plupart de ses anciens camarades, sa photo bientôt gommée des albums commémoratifs.

Seulement, cette fois, l’affaire semble se retourner contre ses instigateurs. En marquant leur solidarité avec le dessinateur calomnié, des milliers de personnalités, d’intellectuels, de journalistes et d’anonymes ont signifié que ce manège devait cesser. Et que l’imputation d’antisémitisme, ce « mot qui tue » du débat intellectuel français, ne saurait être utilisée comme argument de convenance ou d’autorité pour discréditer un adversaire trop remuant.

Pierre Rimbert
(1) Bernard-Henri Lévy a reproché à plusieurs reprises au Monde diplomatique de s’être spécialisé dans la dénonciation des« synarchies new-yorkaises ». Cette expression (le mot de « synarchie », qui n’a rien de répréhensible au demeurant, signifie une« autorité exercée par plusieurs personnes ou plusieurs groupements à la fois », selon le dictionnaire Robert), ne figure pas une seule fois dans la banque de données du mensuel depuis 1977…

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-07-24-Antisemitisme


[Marc Olmix sur Alterinfo – 18/07/2008]
(…) Toutsaufsarkozy.com nous ayant habitué à des méthodes passablement litigieuses… l’auteur de ces lignes peut en témoigner : un de ses articles, initialement publié il y a quelques mois sur alterinfo, intitulé “le songe d’Attali : un gouvernement mondial” s’étant retrouvé sur ledit site transformé en “le songe d’Attali (le juif Süss de Sarkozy): un gouvernement mondial”; ce qui ne correspondait, en l’occurrence, ni à l’intention du propos, ni à la mentalité du personnage, infiniment plus sinueuse dans ses velléités d’influence que le sieur Joseph Süss Oppenheimer.

Mais son origine douteuse n’implique pas pour autant l’inexactitude de son contenu. “Greg”, nous oriente dans son avertissement sur la piste d’Emmanuel Ratier, en raison de l’insistance judéophobique du texte et d’une certaine particularité typographique propre à l’éditeur de “Faits & Documents”. Et que cette conjecture soit vraisemblable ou non (aux dernières nouvelles, elle semble ne pas l’être), elle ne discrédite en rien la thèse proposée.

La réduire à une bonne petite lecture conspirationniste, comme si le complexe réseau mis en place par nos termites mondialistes se résumait à un aimable divertissement de librairie, relève d’une argumentation passible d’une invitation chez Guillaume Durand ou d’une place d’éditorialiste à Charlie-Hebdo. (NdL&I : ce à quoi le Greg en question répond « touché, M’sieu Olmix » et je paye ma tournée lors de la prochaine rencontre de L&I-ens).

Nous ne voyons pas non plus en quoi l’extrême-droitisme de Ratier devrait inciter à la “méfiance”. S’il n’avait pas été, voici plus d’une vingtaine d’années, en tant que continuateur d’Henry Coston, l’éditeur des ouvrages du journaliste (un des tout derniers, en France, digne de cette appellation) Yann Moncomble, nombre d’entre ceux qui prétendent à s’aventurer dans ce pénombral labyrinthe n’en aurait pas même aperçu l’entrée. Si Ratier est l’auteur de ce texte, on se fout pas mal de savoir s’il porte des caleçons à fleurs ou s’il préfère les strings léopard, la question est de savoir si ses informations sont crédibles et si sa petite théorie tient la route. Essayons donc d’en examiner la substance d’un peu plus plus près… (suite…)


Note de L&I : cette version est celle récupérée sur le site du Réseau Voltaire. Elle est donc l’unique véritable. Toutes celles circulant sur les sites d’extrème droite comme TOUT SAUF SARKOZY, VOX NR ou sur les sites d’extrème gauche comme INDYMEDIA, OPERATIONSARKOZY etc. sont fausses et traffiquées pour nuire à Thierry Meyssan.
[Thierry Meyssan – Voltaire – 10/07/2008]
NOTE DU RÉSEAU VOLTAIRE : Les informations contenues dans cet article ont été présentées par Thierry Meyssan lors de la table ronde de clôture de l’Eurasian Media Forum (Kazakhstan, 25 avril 2008 ) consacrée à la peopolisation et au glamour en politique.

L’intérêt suscite par ces informations a conduit l’auteur à rédiger le présent article qui a été publié par Profile, le principal news magazine russe actuel.

Plusieurs versions et traductions non autorisées de cet article ont été diffusées alors que le site du Réseau Voltaire était hors service. Nous vous prions de considérer le présent article comme le seul valide.

—————-

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.

Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.

Secrets de famille

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force .

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat . Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger. (suite…)


Il devrait prendre ses pillules, le néo-con sous-marin…  peut-être que les lecteurs « de gauche » vont enfin finir par voir Charlie-Hebdo pour ce qu’il est vraiment devenu ? Nous ça fait 8 ans qu’on ne le lit plus que sur le stand du marchand de journaux, histoire de pas lui filer nos deux Euros.

Si Cavanna était mort, il se retournerait dans sa tombe.

[Comité de Soutien à Denis Robert – 30/07/2008]
Dans Charlie Hebdo du 25 juin, Philippe Val découpe Denis Robert en rondelles. Les mots sont d’une virulence sans précédent.
Jamais encore une telle charge ne lui avait été infligée. Même ses pires détracteurs ont jusqu’ici été plus mesurés. Amalgames, citations tronquées, références historiques passées à la machine à laver, invective, diarrhée verbale : un style, une méthode venus d’un autre temps.
Charlie Hebdo expliquera-t-il dans un prochain numéro les raisons de cette violence, et le moment choisi pour l’exprimer ?

Parmi les premières réactions, celle de Francis KUNTZ, journaliste grolandais, et celle de Jean-François DIANA, Maître de conférences à l’université Paul Verlaine – Metz

http://lesoutien.blogspot.com/2008/07/si-cavanna-tait-mort-il-se-retournerait.html

Siné rejoint le comité de soutien à Denis Robert… et se fait virer par le Conducator de Charlie-Hebdo

Charlie Hebdo, acte 2

Dans Charlie Hebdo du 2 juillet, Philippe Val revient brièvement sur Clearstream et Denis Robert. Pour dire d’abord que lui aussi a été poursuivi en justice par des puissants, et qu’il a gagné. Sous-entendant une fois de plus que Denis perd.
Pour préciser ensuite qu’il n’a jamais interdit à qui que ce soit d’évoquer Clearstream dans Charlie Hebdo. Dont acte.
Et illustration par l’exemple, quelques pages plus loin, dans la chronique de Siné. « Concernant l’édito lynchage de Philippe Val sur Denis Robert, je me contenterai, prudemment, du blanc qui va suivre :


Putain, le coup dur c’est de découvrir que, des mecs qu’on aime bien, comme Onc’ Bernard ou Charb sont également des pauvres cons, tout comme Philippe Val (qu’on adorait quand il faisait le comique avec Patrick Font.

Sont vachement courageux les mecs de la rédaction de Charlie Hebdo, dis donc… tous le petit doigt sur la couture du pantalon, se désolidarisant de la vipère lubrique, comme aux plus beaux jours du laogai…

Charlie-Hebdo mérite bien son surnom de « Journal de merde »… et hop, deux euros d’économisés chaque semaine !

[Backchich – Confidentiels – 15/07/2008]

Finalement, quinze jours après la publication de la chronique où il raillait Jean Sarkozy et qui lui a valu de se faire traiter d’« antisémite », Siné, après avoir découvert que Charlie Hebdo envisageait de publier cette semaine ce qu’il appelle « une pétition contre (lui) », a refusé de signer le mot d’excuse qu’une main amie avait confectionné pour lui. Résultat : il est viré.
Dans un courte mise au point qui paraîtra demain sous son éditorial, Philippe Val, directeur de la publication et de la rédaction de Charlie, estime que « les propos de Siné sur Jean Sarkozy et sa fiancée, outre qu’ils touchaient à la vie privée, colportaient la fausse rumeur de sa conversion au judaïsme », et que, « surtout, ils pouvaient être interprétés comme faisant le lien entre la conversion au judaïsme et la réussite sociale, et ce n’était ni acceptable, ni défendable devant un tribunal ». Estimant qu’il « en (allait) de l’honneur de » son hebdomadaire, Val « assume d’avoir mis » le dessinateur « en face de ce choix : s’exprimer de façon à dissiper clairement cette ambiguïté, ou ne plus écrire dans Charlie ». Val, qui parle d’un « moment pénible », estime que Siné « a préféré s’exclure ». Il ajoute : « Je le regrette ».
De leur côté, Bernard Maris (directeur adjoint de la rédaction), Gérard Biard (rédacteur en chef) et Charb (rédacteur en chef adjoint) écrivent, dans une « note aux lecteurs », que Siné a porté « atteinte » aux « valeurs essentielles » de Charlie. « Il était prévu que la rédaction (le) réprouve sobrement et qu’(il) s’en explique et s’en excuse », ajoutent-ils, mais « finalement il a refusé ». Et de conclure : « Nous regrettons la décision de Siné. Nous regretterons aussi Siné ». Pas sûr que ce soit réciproque : le dessinateur lourdé prévoit pour sa part de lancer « un nouveau canard, avec des potes, ou un blog ».

[Le Post – 15/07/2008]

Et pourquoi je dénonce cette hypocrisie médiatique.

Vous souvenez-vous du pataquès médiatique, les grands mots, sur Voltaire, les lumières, la tradition de liberté d’expression, valeur essentielle de la France, de l’Europe, de l’Occident, seul rempart aux fanatisme des barbares barbus ? Philippe Val au tribunal, soutenu par Sarkozy, l’union sacrée contre l’obscurantisme !

Il semble que la liberté d’expression soit à géométrie variable, pour Val et Cie : Siné, une figure historique de Charlie Hebdo s’est fait virer, à 80 ans, du journal satirique, pour s’être moqué de la convertion au judaïsme (suposée) de Sarkozy Jr.

Depuis le 11 septembre 2001 et la seconde Intifada, il s’est installé un état d’esprit dans le monde politico-médiatique, qui fait qu’il est normal, de fustiger l’Islam et les musulmans en des termes assez agressifs. Par exemple, Claude Imbert, directeur d’un grand hebdomadaire, peut tranquillement dire « Oui, je suis Islamophobe ». Ca ne lui pose aucun problème. Imaginez ce qu’il lui serait arrivé médiatiquement s’il avait déclaré « Oui, je suis judéophobe ! »…

Faisons un peu de fiction. Jean Sarkozy tombe amoureux d’une jeune femme de confession Musulmane, et annonce publiquement son intention de se convertir à l’Islam. Un humoriste quelconque, un éditorialiste, ironise sur cette conversion du fils du Président de la République.

Est-ce que Claude Askolovitch et Philippe Val se seraient indignés de la même façon ? Vu les antécédents des deux journalistes, permettez-moi d’en douter. (suite…)


[Tim Carr – IES News Service – 11/05/2008]

Comme tous les jours, je me suis retrouvé dans la conférence de rédaction de mon employeur « USA Today » (où je ne suis que simple fournisseur pigiste de matière première)… la principale question qui animait la discussion était : « Qu’est ce qu’on va mettre à la Une » ?

En Birmanie, le nombre de victimes dépassait déjà les 25 000, avec près d’un million de personnes sans maison ni nourriture et une junte militaire qui refusait de laisser entrer des secours étrangers.

Un rapport du Pentagone avait été publié la veille et établissait que – faute de combattants – l’Armée U.S. avait du renvoyer au front environ 43 000 soldats qui avaient pourtant été déclarés « inaptes au combat » par la médecine militaire.

En Philadelphia, six officiers de police avaient été suspendus suite à des actes de torture contre des suspects appréhendés.

En Russie, un nouveau président prenait ses fonctions.

Il y avait donc largement de quoi faire une « Une »… mais les rédacteurs en chef savent ce qui intéresse vraiment le public américain : une grande photo, sur trois colonnes, de Jenna Bush, la fille du Président George W. Bush, qui venait d’annoncer qu’elle allait se marier sous peu.

La seule raison pour laquelle USA Today n’avait pas consacré sa « Une » du week-end à un évènement aussi important était que le journal ne parait pas le weekend. Par contre le reste de la presse U.S. s’en était donné à coeur-joie, quasiment la totalité des titres « ouvrant » sur la photo du rejeton présidentiel.

C’est vrai quoi, ils nous font chier ces niakoués à habiter dans des pays où il y a des cyclones, des tremblements de terre, des guerres et des famines…. au bout d’un moment, par la seule quantité de morts, leur destin devient lassant… c’est bien plus sympa de se consacrer au futur bonheur conjugal d’une blonde qui a pour principale mérite d’être née dans la famille Bush…


[Gregoire Seither – IES News Service – 2/5/2008]
Jean Palfrey la « tenancière de bordel de Washington » a été retrouvée morte, pendue dans la maison de sa mère, à Tampa (Floride). Sa mère affirme que sa fille n’avait jamais donné la moindre preuve d’un comportement suicidaire et la police a indiqué qu’il n’y avait pas de preuve d’usage d’alcool ou de drogues. Jean Palfrey aurait laissé plusieurs notes de suicide a déclaré la police, sans en publier le contenu.. . .

L’an dernier, Palfrey – qui dirigeait un service de prostitution de luxe pour les hommes politiques de Washington et disposait d’un carnet d’adresses de plus de 10 000 noms influents – avait publié les enregistrements téléphoniques de certains de ses clients, dans le cadre du procès qui lui était intenté. Elle avait menacé d’en publier bien d’autres :

Vous pouvez me croire, la prison c’est l’enfer et je n’y retournerais pas un jour, et encore moins 4 à 8 ans juste pour protéger la bonne réputation d’un vice-président ou d’un conseiller à la Maison Blanche… Je n’hésiterais pas une seule seconde et si le juge me le demande, je lui donnerais tous les documents que j’ai en ma possession. »

Il suffit de se souvenir de la descente aux enfers du Gouverneur Eliot Spitzer quand il a été révélé qu’il utilisait un service d’escorte semblable à celui de Palfrey, pour se douter que l’élite de Washington n’était pas « amused » par les menaces de Mme Palfrey.

Bine sûr, cela ne veut pas dire que Palfrey ne s’est pas suicidée, seulement qu’il est probable que sa mort va aller allonger la liste des personnes dont on ne saura jamais vraiment comment elles sont mortes.

Dans le paysage politique états-unien, cette liste est longue. Dans l’entourage des Clinton, par exemple, au moins neuf personnes directement impliquées dans les affaires du couple se sont « suicidées » dans des conditions douteuses. 30 autres personnes ont été assassinées du temps où les Clinton étaient au pouvoir dans l’Arkansas. A chaque fois les meurtres ont été classés par la police comme étant sans motif évident et sans témoignage, ce que la presse appelait à une époque « Le Syndrome de la Mort Subite en Arkansas ».

Ce que nous savons par contre, sur Jean Palfrey, c’est que son business comportait plus de 10 000 clients et que aucun d’entre eux n’a jamais été inquiété ni interrogé par la police. Les deux femmes responsables du réseau de prostitution, Jean Palfrey et Brandy Britton se sont toutes les deux « suicidées » par pendaison. En 2007, quand le journaliste Alex Jones a demandé à Palfrey : « Et vous n’avez pas l’intention de vous suicider, n’est-ce pas, » elle a répondu, « Non, je n’ai aucune intention de me suicider. »

Les soupcons sont encore renforcés par l’ampleur de la campagne légale contre Palfrey – sans commune mesure avec le « délit » dont on l’accuse. La prostitution n’est même pas un crime fédéral; pour pouvoir l’atteindre, le FBI a du l’inculper de détournement de fonds. Quand le FBI a fouillé sa maison, en 2006, les policiers ont fouillé le moindre placard mais ont étrangement ignoré 46 boites d’archives contenant des fiches sur ses clients.

Ce qui est également intéressant c’est que la campagne policière contre Palfrey a commencé quand elle a fermé son agence d’escortes et annoncé vouloir se retirer des affaires. De fait, elle était en Allemagne (où elle voulait s’installer) quand la police a tenté illégalement de fouiller sa maison aux US en prétendant être des acheteurs interessés.

Toutes ces petites pièces mises bout à bout soulèvent la question de savoir si l’affaire Palfrey ne va pas bien au-delà d’une simple histoire de prostitution. Est-ce que Palfrey était menacée parce qu’elle avait déclaré vouloir quitter la bande et se retirer – avec toutes les petites histoires que l’on collecte dans ce genre de milieu ? Est-ce qu’elle était un pion dans une opération de chantage plus importante ? Est-ce qu’elle a été « purgée » maintenant qu’on avait plus besoin de ses services ? Est-ce que c’est elle qui s’est passé la corde en nylon autour du cou ou bien est ce que quelqu’un s’en est chargé à sa place ?

Bien sur, rien ne sert de se précipiter vers une théorie conspirationiste. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut accepter la conclusion que l’establishment a immédiatement crié sur tous les toits – une conclusion qui l’arrange bigrement. Dans le cas de Palfrey, il y a au moins 10 000 personnes à Washington qui ont un intérêt immédiat à ce qu’on ne s’attarde pas trop sur la mort de cette « Madam ».

Dans l’affaire Palfrey, tous les acteurs – juges, procureurs, la presse et les hommes politiques – se sont donnés un mal de chien pour freiner au maximum la diffusion d’informations relatives à cette histoire (qui aurait pourtant du faire saliver le moindre journaliste stagiaire) . A ce jour, leur efforts ont été couronnés de succès.


Le Pentagone affirme qu’il ne s’agit là que d’un ‘exercice intellectuel’… mais il suffit de regarder autour de soi pour voir que toutes ces méthodes sont déjà en usage sur Internet. La revue « Le Meilleur des Mondes » en est un parfait exemple…

UNE ÉTUDE DU PENTAGONE PROPOSE D’INTERFÉRER DE MANIÈRE ILLÉGALE AVEC LES BLOGS, Y COMPRIS EN RECRUTANT DE BLOGGEURS INFLUENTS, EN CRÉANT DE FAUX BLOGS, EN HACKANT ET EN MODIFIANT LEUR CONTENU, VOIRE EN « ÉLIMINANT » PUREMENT ET SIMPLEMENT DE SITES « CONTRAIRES AUX INTÉRÈTS DES ETATS-UNIS »

[Grégoire Seither – IES News Service – 03/0/2008]

Depuis le début de la guerre en Irak, la question des blogs suscite un vif débat au sein de l’armée des Etats-unis – surtout quand ce sont des soldats et des officiers qui veulent les tenir. Au sein de l’Etat-major, certains pensent que les blogs posent un danger à la sécurité et sont une perte de temps pour les soldats, tandis que d’autres, comme le Gen. David Petraeus et le Lt. Gen. William Caldwell, estiment que les blogs sont une précieuse source d’information et une manière, pour des soldats ordinaires, de « gagner les coeurs » en façonnant l’opinion, tant aux Etats-unis qu’à l’étragner.

Mais il existe une troisième approche, illustrée par une étude réalisée en 2006 pour l’académie militaire des forces spéciales (Joint Special Operations University) et intitulée « Blogs and Military Information Strategy ». Des stratéges de la « guerre de l’information » au sein du Pentagone proposent de recruter des bloggeurs et de faire grimper leur cote en créant du buzz, puis de les utiliser comme outils de propagande. « Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte, » écrivent les auteurs du rapport, James Kinniburgh et Dororthy Denning.

Le rapport précise un certain nombre de méthodes à travers lesquelles l’armée des Etats-unis – et notamment les unités chargées des relations publiques, mais aussi le renseignement ainsi que les équipes d’action psychologique (PsyOps) – peuvent tirer profit du phénomène des blogs (suite…)


– Tous les médias sont-ils de droite ? – Du journalisme par temps d’élection

[Editions Syllepse – coordonné et mis en forme par Mathias Reymond et Grégory Rzepski pour Acrimed – Avril 2008 – 7 Euros]

Tous les médias sont-ils de droite ? Évidemment, non. Du moins si l’on s’en tient aux orientations politiques qu’ils affichent. Mais justement, qu’ils prescrivent des opinions ou se portent garants du consensus, les médias dominants non seulement se comportent en gardiens du statu quo, mais accentuent les tendances les plus négatives inscrites, plus ou moins en pointillé, dans le mécanisme même de l’élection. Ce sont ces tendances qui font l’objet du présent ouvrage : la primauté accordée aux jeux politiciens sur les enjeux politiques ; la personnalisation outrancière au détriment de la présentation de projets ; l’atrophie de l’espace médiatique au bénéfice des candidats du bipartisme ; la réduction du « politiquement pensable » et sa confiscation par les cercles de prétendus experts.

L’analyse proposée soulève une double question politique : jusqu’à quand les forces politiques se laisseront-elles intimider par un « pouvoir » qui repose largement sur leur soumission ou leur crédulité ? Jusqu’à quand la question des la réappropriation démocratique des médias continuera-t-elle à être considérée comme une question subalterne ? L’objectif de ce livre est de parcourir un champ de bataille. Oui, un champ de bataille.

http://www.acrimed.org/article2850.html 


L’armée colombienne est encadrée et formée par les mêmes John Negroponte  et Yaïr Klein qui ont déjà formé les autres ‘escadrons de la mort’ en Amérique Centrale, et notamment au Salvador et au Nicaragua. Il n’y a donc aucune raison pour que les ‘exactions’ (comme le dit poliment la presse) ne se renouvèlent pas… massacrer des ‘peones’ c’est presque une seconde nature pour les armées latino-américaines, surtout quand leur commandant en chef Uribe est un bon petit soldat des néocons.

Et pendant ce temps là, Uribe, la presse et l’establishment s’époumonent contre le ‘dictateur’ Chavez, qui n’a pourtant massacré personne…

[TeleSur TV – 30/03/2008 – Traduit par le blog Socio13]

La cause des éxécutions extrajudiciaires sont dus, selon le quotidien The Washington Post, aux pressions auxquels sont soumis les militaires colombiens pour en finir avec la guérilla et aussi par les stimulants – tels que paiement de soldes supplémentaire jusqu’à des jours de repos supplémentaires – que leur donne l’Armée pour accumuler les morts lors de combat.

Des milliers de paysans ont été assassinés par l’Armée colombienne en les faisant ensuite passer pour des guérilleros des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), a dénoncé ce dimanche le quotidien The Washington Post.   “Sous la pression des commandants militaires pour enregistrer des morts au combat, l’Armée a assassiné chaque fois plus durant ces dernières années, des paysans pauvres et en les faisant passer pour des guérilleros”, a dit le périodique.  

En citant un rapport d’une coalition de 187 groupes de personnes, le journal affirme que “955 civils sont morts entre mi 2002 et 2007 et sont classés comme guérilleros tombés au combat”.   Ce chiffre signifie une augmentation de 60 pour cent par rapport aux cinq années précédentes, quand 577 paysans ont été reportés comme tués par les troupes colombiennes en les faisant passer pour des guérilleros.

Cet accroissement coïncide avec l’offensive qu’a entamée le Gouvernement du président Colombien, Álvaro Uribe, il y a six ans contre la guérilla des FARC, et qui est financée dans une grande partie par les Etats-Unis qui livre annuellement des millions de dollars au gouvernement colombien dans le cadre du Plan Colombie.  En outre, l’augmentation du nombre de paysans assassinés est due aussi à l’accroissement en nombre des Forces Armées colombiennes, qui compte 270 000 membres, la seconde plus grande force d’Amérique latine.

Dans le rapport, les témoignages de familles campagnardes ou de faibles ressources ont affirmé qu’ils ont vu dans les photos des cadavres de leurs parents disparus des vêtements de camouflage que porte la guérilla.   “Les meurtres, menés à bien par des unités sous les ordres de commandants régionaux, ont toujours été un problème dans le conflit armé qui dure depuis 44 ans”, assure le Washington Post.    (suite…)


La grosse impression de Déja-Vu ! On se croirait il y a 8 ans, au moment de l’affaire Altern…

[TF1 – 25/03/2008 – putain, vlà qu’on se met à citer TF1 maintenant !!!!]

Presse-citron.net est l’un des tous premiers blogs français, selon le classement Wikio. L’avocat d’Olivier Martinez attaque un blogueur accusé d’avoir mis en ligne un lien vers un blog évoquant la vie privée de son client. Les internautes sont en effervescence.

L’avenir du web 2.0 en France pourrait se jouer mercredi au tribunal de grande instance de Nanterre, en région parisienne. Eric Dupin, l’un des blogueurs les plus influents du moment, est assigné en référé par un cabinet d’avocats parisiens représentant les intérêts d’Olivier Martinez.

Motif : le blogueur a mis en ligne un lien vers un blog qui évoquait la vie privée de l’acteur. Pour ce « grave préjudice », à la suite duquel le plaignant est « particulièrement choqué, blessé (…) », le cabinet réclame près de 35.000 euros de dommages et intérêts à Eric Dupin, explique ce dernier sur son blog, Presse-Citron.net (1). (suite…)


Cette contribution de Sam Smith est à rapprocher du lynchage médiatique en cours dirigé contre Jeremiah Wright par les « biens pensants » aux Etats-unis. Ce qu’on reproche à Wright, ce n’est pas de dénoncer le racisme ethnique « noir contre blanc », mais de dénoncer le « racisme social », riche contre pauvre… Comme le dit Sam Smith, la question de la classe sociale est le fruit défendu du débat politique en Amérique.

[Sam Smith – Undernews – 29/01/2008 – Traduction : Grégoire Seither]

John Edwards a quitté la course présidentielle… et soudain la majorité des analystes et commentateurs « de gauche » se retrouvent orphelins : ils n’ont plus personne sur qui exercer leurs préjugés de classe inavoués qui ont remplacé la discrimination mysogine et raciale parmi l’inteligentsia de ce pays.

L’abandon d’Edwards va permettre aux biens-pensants de choisir leur candidat en toute sérénité : quel que soit le candidat Démocrate pour qui ils opteront, ce sera un choix politiquement correct – une femme ou un noir, l’une diplomée de la Harvard Law School, l’autre diplomé de son équivalent à Yale. En bref, on va pouvoir voter pour des gens issus de notre serail.

J’ai l’impression d’être revenu aux débuts de l’admnistration Clinton. Vous l’avez probablement oublié, mais le cabinet initial de Clinton était composé de 77% de millionaires, largement plus que chez Reagan ou Bush. A Washington, les choix de Clinton passèrent comme une lettre à la poste. Clinton avait fait campagne en promettant que son équipe « aurait le visage de l’Amérique ». Et en effet, vu depuis Washington c’était le cas :  son équipe ressemblait à l’Amérique telle qu’on la voit à  Washington.

Il n’était pas nécessaire de corrompre ou de faire pression sur la presse pour cacher ce fait, la presse ne s’en était même pas rendue compte, tellement c’était normal pour elle. Pourquoi s’offusquer que Clinton prenne dans son équipe des gens que l’on fréquente tous les jours ?

L’une des principales illusions de l’intelligentsia de gauche, c’est qu’elle croit être immunisée contre les discriminations et les préjugés. Oh, oui, il est indéniable que les noirs, les femmes et les gays sont nettement mieux acceptés et pris en compte que ce n’était le cas il y a encore 40 ans. Par contre, si vous êtes pauvre, sans éducation, avec un gros bide, que vous possédez un fusil, êtes originaire du Sud et que votre principale lecture est la bible… alors là, vous verrez que la discrimination est encore là, et qu’elle est impitoyable. Les classes sociales et la culture ont remplacé la race et le genre dans la liste des cibles acceptables. (la suite) (suite…)


[Rue 89 – 16/02/2008]

Arte a diffusé l’enquête de Marie-Monique Robin sur Monsanto. Nous republions ci-dessous l’interview de la journaliste.

Pressions sur les scientifiques, les politiques et les médias: une enquête dévoile les méthodes du géant de l’agriculture.

Elle se dit inquiète, mais prête à aller jusqu’au bout de cette enquête. Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, a pourtant l’habitude des reportages périlleux. Mais elle avoue que celui-ci dépasse tout ce qu’elle attendait.

Le documentaire qu’elle en a tiré, intitulé « Monsanto, une entreprise qui vous veut du bien », fait froid dans le dos. Rythmé comme un thriller sur la santé publique, il fait songer au film Erin Brokovich, de Steven Soderbergh, mais sans Julia Roberts pour tout arranger à la fin.

Leader mondial des OGM, Monsanto est à l’origine de bien d’autres produits controversés, depuis sa création en 1901. La liste est longue. La firme est le principal producteur de PCB (le pyralène, polluant organique persistant aujourd’hui interdit et responsable de nombreuses pollutions), de l’agent orange, herbicide utilisé pendant la guerre du Vietnam et fortement cancérigène, et d’hormones de croissances bovine et laitière interdites en Europe.(Voir la vidéo.)

Dans son livre, Marie-Monique Robin livre des exemples de pressions exercées sur des scientifiques, qui seront licenciés ou discrédités pour avoir critiqué les produits Monsanto. Elle donne également la parole à des experts remettant en cause les expériences sanitaires menées par la multinationale. En exclusivité, Rue89 vous en livre quelques extraits…

A voir  sur le site d’origine en raison des nombreuses vidéos et extraits sonores:
http://www.rue89.com/2008/02/16/ogm-quand-monsanto-seme-la-terreur 


[Blog Changement de société – 18/03/2008]

Divina Frau-Meigs [*] Le journalisme aux Etats-Unis, une profession sous influence

1- L’examen des sources d’information auxquelles recourent les journalistes dans l’exercice de leur profession est révélateur de la tension dans laquelle ils se trouvent entre sphère politique et sphère marchande. Plus des deux tiers de leurs sources proviennent de milieux officiels, alors que l’utilisation d’experts et de témoins, si nécessaire à la contre-vérification des données, constitue un petit tiers du travail d’enquête. Par rapport aux sources officielles traditionnelles (que sont la Maison-Blanche, le Pentagone et le Congrès), trois nouvelles sources, de type semi-officielles se sont imposées au cours des dernières décennies : les groupes de pression, les relations publiques et les comités d’experts. Ils ont pour caractéristique commune de partager certaines pratiques et procédures propres au journalisme, sans pour autant appartenir à la profession. Ils jouent sur ces frontières adjacentes et poreuses pour opérer leur filtrage et leur cadrage des événements, selon leurs agendas politiques et économiques.

2- Ces différents acteurs ne cachent pas leur volonté, soit d’influer sur le contenu de l’information, soit de contrôler les journalistes eux-mêmes, voire dans certains cas de se substituer à eux. C’est particulièrement vrai depuis les années 1980, avec la montée de la Nouvelle droite, qui a instrumentalisé les infrastructures de l’information, cadré les sujets à traiter et prescrit leur compatibilité et leur tolérance culturelle avec le programme du mouvement néo-conservateur : déréglementation, dévolution, démantèlement des politiques de l’identité. Les réseaux de formation politique sont ainsi inextricablement liés à ceux de l’information politique : de groupes de pression, ils sont devenus des groupes d’impressions. Leur poids croissant explique que les médias américains soient dans un cycle de stratégies partagées avec le pouvoir, loin des stratégies oppositionnelles du cycle antérieur (années 1960), marqué par le Watergate, qui manifesta leur rôle comme quatrième pouvoir. (suite…)


[Agoravox – Paul Villach – 21/03/2008]

Comme il est loin le temps où le journal Le Monde promettait à ses lecteurs d’avoir « la quasi-certitude que toute information publiée (dans ses colonnes) (serait) exacte. » (12-13.02.1993) ! L’article que viennent de publier deux de ses journalistes, Y. Bordenave et I. Mandraud, sur le livre de Jean-Michel Beau, « L’Affaire des Irlandais de Vincennes, l’honneur d’un gendarme – 1982 -2008 » (1) (2), en est l’exacte démonstration du contraire avec en prime la suffisance que nourrissent les esprits infatués d’eux-mêmes.

C’est bien simple : ces journalistes ne s’intéressent même pas aux faits : ils préfèrent jouer aux psychiatres, même si leur savoir en la matière, se limitant à celui de feu les commissaires du peuple, tient en un seul postulat : puisque les faits dérangent, celui qui les rapporte, est dérangé ! Pardon du dérangement ! Mais avec une telle logique, on voit tout de suite qui des deux camps est le plus dérangé. (suite…)


Si on peut comprendre une certaine lassitude de la part de Devoucoux, les arguments avançés pour justifier l’arrêt du « Perroquet libéré », un site salutairement critique (et qui – au vu du rythme de publication des articles – ne devait pas prendre trop de temps) sont un peu faibles…

– « faire le boulot de l’opposition à sa place » : jusqu’à preuve du contraire Devoucoux fait partie de l’opposition.

– « las du verrouillage médiatique » : bien sûr, les articles du Perroquet n’étaient pas repris par la page « Débats » du « Monde », mais ils n’étaient pas trop mal classés dans « Google Actualités ». 3 000 lecteurs quotidiens, c’est plus que ce dont peut réver un éditeur de pamphlet oppositionnel.

– « L’insécurité juridique des sites internet » : faut pas éxagérer, il suffit de regarder où l’on met les pieds et au pire de faire comme le Réseau Voltaire et aller mettre ses serveurs à l’abri.. Si tous les sites oppositionnels fermaient parce qu’ils ont peur de l’insécurité juridique, il n’y aurait plus que de la publicité sur Internet.

Sans parler du fait que Devoucoux n’est pas tout seul. Contrairement aux Valentin Lacambre, Tsin et autres éditeurs de Samizdat, lui peut s’appuyer sur un réseau efficace d’avocats UMP…

Bref, il est regrettable de voir un  Devoucoux du Buysson tenter de justifier ce qui n’est rien d’autre qu’un « abandon de poste face à l’ennemi » – la noblesse n’est plus ce qu’elle était, Ventre Saint Gris ! 🙂

On est curieux de voir en quoi va consister ce « travail en amont »…

[Le Perroquet libéré –  21/03/2008]

Parce que nous ne voulons pas nous cantonner dans le registre de la critique, parce que nous en avons assez de faire le boulot de l’opposition à sa place, parce que nous sommes las du verrouillage médiatique qui caractérise le débat parisien, parce que l’insécurité juridique des sites internet nous place à la merci des puissants (cf. affaire « delanoe2008 »), nous préférons mettre un terme à l’expérience du Perroquet Libéré.

Cette décision tient compte du fait que le danger de voir un jour Bertrand Delanoë, ce Sarkozy de gauche, accéder un jour à la présidence de la République s’est éloigné. Elu comme en 2001 grâce à la nullité de ses adversaires plutôt que sur une véritable vague d’enthousiasme (forte abstention, non-basculement des arrondissements de droite), le maire de Paris n’est qu’un présidentiable socialiste parmi d’autres (Ségolène Royal, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et d’autres plus jeunes et plus talentueux) et nous sommes bien placés pour savoir que les livres sur Bertrand Delanoë ne suscitent guère d’intérêt au-delà du périphérique…

Depuis que nous l’avons rencontré, nous savons aussi que derrière l’image flatteuse construite sur la base d’une communication habile et de la complaisance médiatique se cache un apparatchik orgueilleux et méchant fuyant le contact avec la population et dont la vraie nature ne tardera plus à apparaître au grand jour. De quoi prémunir le peuple français de tomber derechef dans le panneau du « Je vais faire pour la France ce que j’ai fait pour Paris ».

Convaincus que c’est le manque de culture, notamment historique, qui explique à la fois la médiocrité des discours des élus parisiens et le glissement du travail journalistique de l’information vers la communication, nous voulons désormais travailler en amont pour contribuer à remédier à cette carence (n’en disons pas plus pour l’instant).

Nous tenons à remercier tous nos lecteurs pour leur fidélité, tout particulièrement ceux qui nous ont soutenus dans les difficultés. Au-delà du triste spectacle offert par la politique parisienne, nous nous sommes bien amusés et nous espérons avoir convaincu nos lecteurs du ressort comique que recèle la scène politique locale. Fiers d’avoir contribué à sauver un malheureux oiseau innocent d’un destin affreux, nous nous retirons avec la satisfaction du devoir accompli.

Que nos détracteurs ne se réjouissent pas trop vite : les centaines d’articles du Perroquet Libéré resteront disponibles gratuitement sur internet pour continuer à éclairer les citoyens un tantinet curieux.

Pour finir sur une note positive, nous soumettons à la réflexion des élus et des citoyens de Paris et d’ailleurs une charte faite de 20 mesures simples et concrètes dont l’adoption serait de nature à améliorer sensiblement la démocratie locale.

François Devoucoux du Buysson et Max Dupré – (Fondateurs du Perroquet Libéré)

http://www.leperroquetlibere.com/Le-Perroquet-Libere-tire-sa-reverence_a467.html?preaction=nl&id=633887&idnl=33056&


[Amnistia.net – Bernard Jouanneau, avocat à la Cour – 20/03/2008]

Le désistement de Nicolas Sarkozy ne règle pas le sort des poursuites pénales pour faux et usage de faux engagées par le parquet, à la suite de la plainte déposée par le président de la République. Par l’effet de cette plainte, le ministère public s’est trouvé dans l’obligation d’exercer l’action publique….

Aujourd’hui c’est Carla qui a porté un coup fatal à la poursuite pour faux et usage de faux en écrivant dans Le Monde “Le problème n’est pas non plus l’existence elle-même du SMS”. Le problème pour elle c’est “La Calomnie”.

La calomnie… c’est la diffamation par essence. C’est elle que le Président aurait choisie comme avocate, en même temps qu’il l’épousait.

A l’entendre plaider, son mari, “ne s’en prend pas à la liberté de la presse, en attaquant le site du Nouvel Observateur… c’est la liberté de chacun qu’il protège”. Sauf que celle du journaliste c’était d’écrire, en conscience, ce qu’il croyait vrai et qu’il disait avoir vérifié de source sûre, et de se défendre devant le tribunal dans le cadre d’un débat de presse, sans être contraint d’écrire sur ordre une lettre d’excuse.

S’il y en a bien un qui est diffamé par la première Dame de France c’est bien M. Airy Routier!!

http://www.amnistia.net/news/articles/multdoss/sms-cecilia/sms-cecilia_202.htm


Un tract UMP en page 2 du « Monde »

[Le Blog des rédacteurs de Politis – 15/03/2008]

Dans l’édition du quotidien Le Monde de ce jour (daté du 15 mars), Patrick Jarreau s’inquiète de la possibilité de voir le Parti socialiste diriger, lundi, « un nombre écrasant d’exécutifs locaux ». Dans sa chronique politique, ce rédacteur en chef se demande si l’électeur « mesure » bien « que, après les élections municipales et cantonales, la France des territoires va vivre dans un régime – osons le mot – de parti unique » (sic). Pour oser le ridicule d’une telle outrance, il n’y avait jusqu’ici que Jean-Pierre Elkabbach…

Mais le plus croustillant, si l’on peut dire, est dans le tableau du cauchemar auquel nous condamnerait ce régime de « parti unique » :

« L’administré est cerné par le boboïsme gestionnaire, l’usager est condamné à ne connaître qu’un seul prestataire de services, le contribuable est livré à la voracité fiscale du socialisme municipal, départemental et régional ! »

Un tel digest de pensée Umpiste sous la plume d’un chantre de la probité et de la neutralité journalistique laisse pantois, à la veille d’un scrutin embarrassant pour Nicolas Sarkozy. Même Le Figaro n’oserait pas concentrer de façon aussi caricaturale son credo libéral conservateur : la stigmatisation de la gauche bobo – la seule que connaisse le chroniqueur faute d’avoir constaté qu’il existe une vie au-delà du périphérique -, la revendication d’une libéralisation des services publics, et la dénonciation du fiscalisme [1] forcément socialiste.

Une propagande mensongère

Car le dernier point soulevé, qui ne doit vraisemblablement rien au hasard, est précisément l’axe de riposte choisi par François Fillon et Patrick Devedjian, cette semaine, pour tenter désespéremment d’enrayer la perte de nombreuses collectivités locales. Le Premier ministre, à Tarbes mercredi, a accusé le PS d’avoir augmenté en trois ans les impôts dans les régions « de plus de 38% ». Le même jour, le secrétaire général de l’UMP interpellait le PS, dans Le Figaro sur « l’explosion de la fiscalité locale ».

Après ses déménagements successifs, l’ancien quotidien de la rue des Italiens aurait-il décidé de s’installer au 55 rue de la Boétie ?

http://www.pour-politis.org/spip.php?article515


[Fluctuat.net – 16/03/2008]

Artiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l’article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d’être mis en ligne.
A la lecture et à l’écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l’époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s’occuper de ces affaires personnellement… si les faits étaient vérifiés. [Le compte-rendu de l’émission par un militant UMP sur ce site en faisait d’ailleurs largement mention.]

A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non. Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en « on dit » et le témoin en menteur.

Aujourd’hui pourtant, avec l’affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples « racailles de banlieue » molestées et humiliées, mais des artistes d’un côté, et des étudiants de l’autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu’une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont.

On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l’ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s’agit là d’artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori.
Mais qu’en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d’être de bonne foi a priori ?
Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c’est bien la principale question qui serait à débattre aujourd’hui.


Rachida Dati avait déjà fait expulser les caméras lors d’un précédent meeting, à Meaux afin d’éviter des manifestations anti-Sarko…

DATI EXPULSE LA TELE LIBRE
[La Télé Libre – 06/03/2008]
VIDEO: http://latelelibre.fr/index.php/2008/03/dati-expulse-la-tele-libre/

Dans le VIIème arrondissement, on empêche la presse de filmer et on la sort de force, mais on reste chics. Alors que La Télé Libre couvrait une réunion de campagne publique de Rachida Dati dans une école élémentaire, les jeunes militants UMP du VIIème ont décidé que nous ne filmerions pas, et nous ont fait expulser.

Mercredi 5 mars, réunion publique de Rachida Dati, candidate à la Mairie du VIIème, dans une école élémentaire de l’arrondissement. La salle est comble, des manteaux de fourrure, des sacs Vuitton, et La Télé Libre.

« Jeunes populaires »
D’autres caméramans sont présents, sympathisants UMP ou bloggeurs, et nous filmons depuis plus d’une heure, quand quatre jeunes militants commencent à entourer le caméraman de La Télé Libre, Adrien Rappoport, et à lui boucher délibérément l’objectif. Il s’écarte, cherche un autre endroit pour filmer, mais les « jeunes populaires du VIIème » (sic) reviennent devant lui, et donnent de petits coups dans la caméra, de sorte qu’aucun plan ne soit exploitable. Interrogés sur leur comportement, ils nous disent de nous taire, et d’arrêter de perturber la réunion.

« Elle veut pas »
Nous tentons péniblement de trouver un autre emplacement sans faire de vagues, pour ne pas justifier une expulsion, quand un garde du corps se place à son tour devant la caméra, un grand sourire aux lèvres. « Elle veut pas », nous murmure-t-il. Pas d’autre explication, mais un « On en parlera tout à l’heure » plein de promesses.

Quand la ministre parle, on se tait et on ne filme pas
Comprenant bien qu’ils nous rendront le tournage impossible, nous faisons le choix, à tort peut-être, de ne pas crier au scandale. Nous voulons filmer, coûte que coûte, puisqu’ils ont décidé de nous en empêcher. Dans la salle bondée, constamment entourés par les jeunes militants UMP et bousculés par le garde du corps, nous cherchons en vain un coin tranquille. Le colosse nous bouscule, toujours avec le sourire, et nous ordonne de nous taire. « On ne vous a jamais appris qu’il fallait se taire quand la ministre parle ? »

Expulsion
Pris à témoins, plusieurs personnes nous répondent que nous sommes les fauteurs de trouble. Rachida Dati jette vers nous un regard inquiet. Mais les jeunes populaires ont bien fait leur travail : la salle nous regarde comme des perturbateurs, et personne ne sourcille quand nous sommes expulsés par des agents. Huit personnes, dont on ne sait s’ils sont de la police ou de la sécurité, à l’exception d’un seul qui sort une carte de police. Ils nous laissent le choix entre la fuite ou le poste de police. Aucune raison à notre expulsion ne sera donnée.

Peur de la « petite phrase » ?
Pourquoi nous a-t-on empêché de filmer ? La peur de la « petite phrase » est certainement grande à l’UMP depuis que les dérapages de Rama Yade, Françoise de Panafieu, Jean Marie Cavada, et Nicolas Sarkozy se sont retrouvés joués en boucle sur Internet et les chaînes d’information. Mais mercredi soir, aucune autre caméra que la notre n’a été bousculée. Nous filmions pourtant exactement comme les autres. La seule différence, c’était l’autocollant Télé Libre.


[ ALAIN BROSSAT – Les Mots sont Importants – 10/02/2008]

Introduction
Le texte qui suit est extrait du dernier livre d’Alain Brossat, Bouffon Imperator, consacré aux deux-cents premiers jours du nouveau président.

Vers la cent-vingtième journée de son règne, Bouffon eut cette formule mémorable : le premier des droits de l’homme, c’est celui des victimes. Jamais sans doute – en ce pays, du moins – un homme politique n’avait jusqu’alors donné à voir aussi distinctement la relation qui s’établit entre le nom ré-enchanté de « la victime » et le désir d’État fort, de gouvernement autoritaire. Désir obscur assurément partagé entre une partie du corps social et autorité politique, mais auquel donne bel et bien voix ici le plus autorisé des dirigeants. En donnant à cette aspiration désastreuse statut de maxime de gouvernement, Bouffon ouvre en effet aux corps répressifs de l’État un crédit de violence et d’arbitraire illimité. Il instaure une modalité de gouvernement qui, jusqu’à présent, n’existait qu’en pointillés : le gouvernement au fait divers, le temps des lois sur mesure alignées sur les affects réactifs du public et destinés à enchaîner clause d’exception sur clause d’exception. (suite…)


[Geoffrey Geuens – Michel Collon.info – 04/03/2008]
4 grandes agences de presse contrôlent aujourd’hui l’essentiel de l’info internationale. En 1992, dans Attention, médias ! (pp. 208-209), nous avions analysé leur quasi-monopole mondial. Aujourd’hui, Geoffrey Geuens montre l’intégration toujours plus poussée de ces agences dites « d’information » dans les rouages du pouvoir économique et politique. (Michel Collon)

Structurellement intégrées aux dispositifs de maintien de l’ordre politique, idéologique et symbolique du capitalisme, les agences internationales de presse demeurent, aujourd’hui, l’un des principaux relais des intérêts des multinationales et le cœur même du complexe médiatico-industriel. Haut-parleur de la haute finance, « lubrifiant du capital », selon l’expression désormais célèbre de Marx, l’information est plus que jamais sous contrôle du pouvoir économique. (suite…)


Ce n’est pas un très gros sacrifice… depuis sa nomination, Kouchner n’a rien fait et n’a servi à rien. Aucun des dossiers majeurs de politique étrangère (infirmières bulgares, arche de zoé, tchad…)  n’est passé par lui. Il ne perd donc pas grand chose (mis à part ses émoluments) en démissionnant…

[CB Newsletter 04.03.08]
Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner a estimé hier que la nomination de sa compagne Christine Ockrent à la direction de l’audiovisuel public extérieur était « un bon choix ». D’ailleurs, il trouve le choix tellement bon qu’il pourrait démissionner « s’il y avait conflit d’intérêt, je serai le premier à le reconnaître, je ne me mêlerai pas du tout d’audiovisuel extérieur, j’en fais le serment », a déclaré le ministre des Affaires étrangères à France Inter. Et le ministre des affaires étrangères d’ajouter : « Je ne vois pas pourquoi c’est toujours les femmes qui devraient démissionner ». « Je pense que ça se passera très bien », a-t-il affirmé. La nomination annoncée par l’Elysée de Mme Ockrent, 63 ans, a suscité une polémique, les syndicats de journalistes s’inquiétant « d’un conflit d’intérêt » et y voyant une menace pour la « crédibilité » de la nouvelle holding France Monde chapeautant France 24, RFI et TV5Monde.
En savoir plus :
http://www.cbnews.fr/articles/medias/kouchner-pret-a-demissionner-pour-ockrent


« Casse-toi » : le mea culpa de Sarkozy rajouté par l’Elysée

[NOUVELOBS.COM | 26.02.2008 ]

« J’aurais mieux fait de ne pas lui répondre », reconnaît Nicolas Sarkozy au sujet de son comportement au salon de l’Agriculture. Une phrase qui a été insérée par l’Elysée après relecture. Selon Le Parisien, il n’a pas exprimé de regret lors de l’entretien.

Des regrets du chef de l’Etat qui ont en fait été insérés par l’Elysée, a déclaré Dominique de Montvalon, directeur de la rédaction du quotidien, interrogé sur Canal+.

« J’aurais mieux fait de ne pas lui répondre », explique Nicolas Sarkozy dans cet interview, qui a été « amendée et corrigée » et transmise au journal lundi en fin de soirée par l’Elysée.

« Cette phrase n’a pas été prononcée » devant le panel de lecteurs du Parisien qui a interrogé le chef de l’Etat, a expliqué Dominique de Montvalon. « Ils retrouvent dans le journal quelque chose que le président n’a pas dit, qu’ils n’ont pas entendu. »

Selon ce journaliste, qui a assisté à l’entretien, le président « n’avait pas exprimé le moindre regret » dans la matinée.

« En substance », le président « a exprimé qu’il a été victime d’une véritable provocation », et que « quand on le cherche, on le trouve », selon Dominique de Montvalon.
« Je pense que les choses ont mûri – on va dire ça gentiment – au cours de l’après-midi et en soirée à l’Elysée, en se disant qu’il fallait quand même aller jusqu’à exprimer des regrets », a estimé le responsable du Parisien.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080226.OBS2289/cassetoi__le_mea_culpa_de_sarkozy_rajoute_par_lelysee.html 


Une affiche de Courrier international sur Sarkozy refusée par la régie pub de la RATP

[AFP 22/02/2008]
Métrobus, régie publicitaire de la RATP, a refusé une affiche du dernier numéro de Courrier international, où figure le titre « Vue de Madrid : Sarkozy, ce grand malade », a indiqué vendredi à l’AFP le directeur du magazine, confirmant une information du site Rue89, en évoquant des raisons « politiques ».

Contactée par l’AFP, la direction de Métrobus a confirmé avoir refusé cette affiche, invoquant un devoir de neutralité lié à sa mission de service public.

« A la RATP, nous avons des règles spécifiques liées à notre mission de service public. En tant que tel nous devons respecter une stricte neutralité sous peine de poursuites, et nous sommes soumis à une certaine prudence », a expliqué Gérard Unger, le président de Métrobus.

« Nous ne pouvions pas nous permettre de diffuser des propos polémiques comme ceux qui figuraient sur cette affiche, et c’est uniquement pour cela que nous avons été amenés à prendre cette décision », a-t-il ajouté.

L’affiche proposée reproduisait la une du numéro de l’hebdomadaire publié jeudi sur laquelle on pouvait lire en bandeau : « Vue de Madrid : Sarkozy, ce grand malade ». Il s’agissait en fait de la traduction d’un titre du journal espagnol El Pais, le magazine Courrier international étant spécialisé dans la traduction d’articles de la presse étrangère.

Selon le directeur du magazine Philippe Thureau-Dangin, l’affiche n’avait pas été soumise à un contrôle préalable, car le magazine n’y voyait « pas malice ».

M. Thureau-Dangin précise qu’il a proposé « des changements » après avoir essuyé un premier refus, proposant notamment de remplacer « grand malade » par « malade de l’ego ».

« Il y a eu un blocage total, parce que, visiblement, tout le monde était prévenu à Métrobus. Métrobus estimait qu’en tant qu’afficheur, il risquait d’être accusé de diffamation », a expliqué le directeur de Courrier International.

« Mes nouvelles propositions, qui n’étaient absolument pas diffamatoires, ont été rejetées par Métrobus comme partisanes », a-t-il ajouté, estimant qu' »à ce moment-là, on était plus proche de la censure que du respect des usagers ».

« On est dans l’ordre de la censure politique si on ne peut plus critiquer le gouvernement », a encore souligné Philippe Thureau-Dangin, pour qui il n’y aurait eu aucun problème si l’affiche avait porté les mots « Bush, ce grand malade ».


Le SMS de Sarkozy à Cécilia est-il une information bassement people que nous aurions du rejeter en fronçant le nez ? Non, absolument pas, « puisqu’elle nous révèle des choses sur le caractère du président, encore plus adolescent qu’on ne le pensait, et sur l’aspect de simple « mise en scène » de son nouveau mariage. »

Encore une fois, on n’en a rien à foutre d’avoir un queutard à l’Elysée, par contre s’il s’avère que c’est un psychopathe narcissige et imature, alors on est en droit de s’inquiéter. Et si la majorité des électeurs français ont voté pour Sarkozy, on peut – à la lumière de ces derniers mois – s’interroger s’ils n’ont pas voté pour une « illusion », pour un « mirage fabriqué par la pub »….

[Claude Soula – le blog du Nouvel Observateur – 08/02/2008]

7f1ff84a777d5bf88eaa68b43636afa6.jpg Si c’est dans l’adversité que se révèlent nos qualités, alors, le gouvernement actuel est inquiétant. On ne sait pas très bien cette semaine qui a le plus perdu son sang froid, du Président, ou de sa ministre Rama Yade, transformée en vrai pitbull. Une fois de plus, les journalistes sont accusés d’être la cause de tous les maux, comme s’ils étaient à l’origine de la fièvre qui commence à gangrener le pouvoir. »On a l’impression de voir des charognards qui ont humé l’odeur de leur proie, qui fondent sur lui, qui s’acharnent. Je trouve que c’est une véritable chasse à l’homme. Il n’y a plus de retenue, plus de morale, personne ne recule devant aucune bassesse, aucun scrupule. Ces gens qui veulent la peau de Nicolas Sarkozy sont des gens qui veulent leur revanche parce qu’ils n’ont pas accepté qu’il préside aux destinées de ce pays. Ce qu’on lui fait subir aujourd’hui, on ne l’a fait subir à aucun autre président, même personnalité politique, depuis très longtemps. Quand on attaque à ce point l’honneur d’un homme, on va trop loin » a dit Rama Yade sur RTL.

Mais non, madame Yade, les journalistes ne sont pas des vautours, ils ne font que témoigner de l’air du temps, qui se rafraîchit pour le pouvoir.

Certes, Rama Yade a raison sur un point: jamais un président n’a subi un tel traitement…mais il y a une raison à cela : jamais aucun président ne s’est conduit de la sorte, mélangeant un narcissisme exacerbé avec un égotisme consommé, le tout nappé de cynisme extravagant.

Par contre, on signalera à madame la ministre, que d’autres présidents et ministres ont été traités au moins aussi durement dans le passé : Pompidou, Messmer, Giscard, Mitterrand ont subi des attaques très violentes au cours de leur vie politique ; ç’est le jeu démocratique.

Ce qui a changé, c’est qu’on commente désormais les histoires de fesses du président comme on parlait avant des relations franco soviétiques. Ce ne sont pas les « charognards » qui ont transformé le clan Sarkozy en chair pour presse people, ce sont eux qui ont transformé tous les journalistes, mêmes les plus sérieux, en commentateurs saint-simoniens de leur vie privée. Le Président est tombé de son piédestal, mais ce ne sont pas les charognards qui l’en ont fait descendre : c’est lui qui est allé se promener à Disneyland avec sa maîtresse et qui a commenté leur vie amoureuse lors de ses vœux.

Si madame Yade nous voit comme des charognards, c’est donc qu’elle pense que le président est déjà mort, puisque seuls les corps en putréfaction attirent les hyènes, vautours et autres chacals, que sont les journalistes.

Le président mort politiquement ? Blessé sérieusement tout au plus. Celui-ci s’affole en attaquant au pénal le site du Nouvel Obs. Airy Routier, le journaliste qui a révélé que le Président aurait envoyé un SMS de réconciliation à son ex épouse quelques jours avant son 3eme mariage, risque carrément la prison, et c’est sans aucun doute une menace conçue pour lui faire avouer quelles sont ses sources ( alors qu’on attend pour ce printemps une loi qui garantira enfin aux journalistes le secret sur leurs informateurs). Airy Routier ayant l’air fort sur de lui sur cette affaire, on peut lui faire crédit de son information.

Celle-ci est elle alors une information bassement « people », faite seulement pour Closer, ou présente t elle un intérêt national, digne d’un des grands magazines français d’information ? Je penche pour la deuxième solution, puisqu’elle nous révèle des choses sur le caractère du président, encore plus adolescent qu’on ne le pensait, et sur l’aspect de simple « mise en scène » de son nouveau mariage.

Nul doute que le Président n’aurait pas porté plainte si les newsmagazines ne lui étaient pas tous tombés dessus cette semaine. Même ses fidèles supporters du Point, qui célébraient ses fastes, semaine après semaine, ont fini eux aussi par réaliser que quelque chose clochait quelque part à l’Elysée. Et ce n’est sûrement pas en traitant les journalistes de charognards, ni en portant plainte contre eux, que la situation va évoluer dans le bon sens.

http://claude-soula.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/02/08/nous-les-charognards.html


Aaaah, un café, un rayon de soleil et une brève comme celle-là, et tout de suite la journée démarre bien…

[Le Monde.fr – 07/02/2008]

Sa baisse dans les sondages est devenue un dévissage. A ces erreurs de communication, s’ajoutent d’inhabituels faux-pas tactiques. Ainsi le rapport Attali est devenu un boomerang. Initialement prévu pour dérouter la gauche, il plonge la droite dans le doute. Les parlementaires paniquent. Les ministres n’en mènent pas large. Les conseillers s’épient. A quelques semaines des municipales, chacun joue sa carte personnelle.

http://www.lemonde.fr


[Backchich – 30/01/2008]

Désignant à l’opinion l’identité du trader indélicat, le patron de la Société générale a permis aux médias de sortir l’artillerie lourde pour nous raconter les dessous d’une affaire très complexe.

On n’avait jamais vu ça : les grandes chaînes de télévision ont découvert ces derniers jours l’économie et ont consacré de longues minutes de leur JT à ce qu’il est convenu d’appeler « L’affaire Société Générale ». On veut parler bien sûr de cette annonce ahurissante d’une perte de 4,9 milliards d’euros qui serait liée à une fraude organisée par un trader solitaire qui aurait investi la bagatelle de 50 milliards d’euros en quelques mois sur les principales places boursières européennes sans que personne ne s’en rende compte !

Des placements en produits dérivés ? Quoi de moins télévisuel alors que les Français ont déjà du mal à acheter de simples actions des entreprises cotées en bourse ! Et pourtant, PPDA, MéméDA, Pujadas et consorts ont fait donner l’artillerie lourde pour nous raconter les dessous de cette affaire. Les montants en jeu le justifieraient. Mais, pour un patron de chaîne, il y a mieux : il y a un visage. Car les dirigeants de la Société Générale ont offert un cadeau en or aux medias en leur offrant un « coupable » : le désormais célèbre Jérôme Kerviel. Le très sympathique P-DG Daniel Bouton, qui pond des rapports sur la « corporate governance » (la meilleure façon de gérer une entreprise pour les incultes qui ne parlent pas anglais) entre deux parties de golf et quelques réunions de comité de direction justifiant un salaire annuel de 3,3 millions d’euros sans compter les stock-options, n’a pas hésité à charger la barque. Ce Kerviel, a-t-il expliqué aux journalistes, est un « escroc », un « fraudeur », un « terroriste ». Tout juste s’il ne l’a pas lié à Al Qaïda.

Pour faire bonne mesure, Bouton avait lâché, l’air de rien, qu’il ne savait pas où se trouvait le trader, manière de suggérer qu’il pourrait être en fuite. C’était pain béni pour les médias. Enfin, on pouvait mettre un visage sur un scandale du capitalisme financier. Des meutes de journalistes ont ainsi été lancées sur les traces du jeune trader. À la suite des quotidiens britanniques, premiers à sortir son CV, les médias ont fouillé dans la vie de l’homme le plus recherché de France. Bien vite, on a appris qu’il habitait Neuilly-sur-Seine, que sa famille vivait en Bretagne. Les appréciations sur Jérôme Kerviel ont été dans un premier temps élogieuses. Ainsi Le Parisien a présenté un « introverti aux tendances suicidaires » et « lèche-bottes avec sa hiérarchie ». Surtout, la plupart des quotidiens et les chaînes de télévision ont souligné qu’il avait obtenu un Master en finance dans une université lyonnaise et qu’il n’était donc « pas un génie ». Certains l’ont même qualifié de « médiocre » insistant sur le fait qu’il avait démarré sa carrière à la Société Générale au « back office », c’est-à-dire dans un service administratif, avant de devenir trader. Les journalistes sont d’autant plus à l’aise pour mettre en doute les compétences professionnelles de Jérôme Kerviel que les salles de rédaction françaises sont peuplées d’authentiques génies. N’est-ce pas Jean-Pierre Elkabbach, Jean-Pierre Pernault, Patrick Poivre d’Arvor pour ne citer que quelques cas emblématiques ?

Heureusement pour Jérôme Kerviel que les boursiers n’ont pas cru un instant à la fable racontée par les dirigeants de la Société Générale. Comment imaginer qu’un homme médiocre ait pu engager 50 milliards d’euros sans que personne ne s’en aperçoive ? Se pourrait-il que les cadors de la grande banque soient eux aussi des médiocres ? En tout cas, la Société Générale a fait taire rapidement les supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel. Du coup, les médias ont pu reprendre une activité normale, à savoir attendre docilement que le parquet et les avocats leur donnent des informations sur le déroulement de l’enquête.

http://www.bakchich.info/article2493.html


[Gregoire Seither – 28/01/2008]

Vous vous rappelez de John Gibson, le commentateur de Fox News qui estimait (avec Stu Bikovsky) que ce serait bien s’il y avait un autre attentat du 11 Septembre pour rassembler à nouveau tous les américains et faire taire tous ces gauchistes ?

L’autre jour, toujours sur Fox News, ce « journaliste » s’est livré à une apologie du régime Bush digne des meilleurs lèche-culs en Corée du Nord ou sous Staline.

Je sais que les médias libéraux et les Démocrates ne veulent pas que vous sachiez cela mais je vais vous le dire…

Que dit il ? Que l’économie américaine est au sommet. Qu’aux USA il y a le plein emploi, toute personne qui veut travailler a un travail. La guerre en Irak est un succès, le « surge » a pacifié le pays et les USA auraient déjà gagné cette guerre si seulement les Démocrates voulaient bien fermer leur gueule. Et malgré le scandale des sub-prime, personne n’a perdu sa maison, au contraire, tout le monde est propriétaire… les sans-abri, aux Etats-unis, ont quasiment disparu.

Quand à la cote de popularité de Bush, elle est au sommet ! Si, si… Wilson répête plusieurs fois l’info et il faut bien écouter pour se rendre compte qu’il joue avec les mots « Bush’s *dis*-approval ratings are at an all-time high! » Evidemment, si on mesure la cote d’impopularité, on peut afficher des graphiques ascendants.

La question qui se pose est : est-ce que les gens croient à ce genre de mensonges grossiers ? Est-ce que à force de les répéter ils prennent réalité ?

FOX’s John Gibson: « Homelessness is Virtually Over » :
http://www.youtube.com/watch?v=AiqGexn8iS8


[Huffington Post – 21/01/2008 – Trad. Dominique Larchey-Wendling pour Contre Info]

« D’après des sources au sein de services de renseignement à Washington, le Vice Président a recommencé à exhorter Bush à agir contre l’Iran avant la fin de sa présidence. » Philip Giraldi.

Après la publication du rapport NIE 2007 des services de renseignements américains sur l’Iran qui affirme que Téhéran a arrêté son programme nucléaire depuis 2003, contredisant toutes les affirmations de plus en plus alarmistes de l’administration Bush, le monde entier a poussé un soupir de soulagement. L’Amérique ne se lancerait finalement pas dans une troisième guerre au Moyen Orient, avec tous les risques d’extension incontrôlable pouvant déboucher sur un embrasement généralisé.

Curieusement, ce n’est semble-t-il pas l’affirmation de l’arrêt du programme nucléaire militaire iranien qui a soulagé les chancelleries.

Philip Giraldi, un ancien agent de la CIA, qui s’est déjà distingué en 2005 pour avoir révélé les plans de Cheney de préparation d’une attaque nucléaire contre l’Iran, analyse l’évolution récente des discours et de Bush et dépeint une situation bien plus inquiétante.

Loin de l’avoir dissuadé d’attaquer l’Iran, le rapport NIE 2007 a surtout vexé Bush et l’a conforté dans ses certitudes guerrières. A en lire cet extrait d’un article du Monde, les va-t-guerre américains ont malheureusement aussi leurs relais en France : « La diplomatie piétine aussi parce que, ces dernières semaines, l’administration Bush, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, se sont consacrés à réparer les dégâts causés par le rapport des agences de renseignement américaines, publié le 3 décembre 2007. »

Dominique Larchey-Wendling

Le retour de Dick Cheney

par Philip Giraldi, Huffington Post, 21 janvier 2008

Il y a là une forme d’ironie toute particulière : les rencontres qui sont ostensiblement dédiées à la cause de la paix sont fréquemment utilisées pour préparer la guerre. La visite que le président George W. Bush vient de terminer au Moyen Orient en est un exemple précis. L’objectif affiché de pousser les Palestiniens et les Israéliens à faire la paix a rapidement été dilué dans un agenda plus vaste de confrontation avec l’Iran devenant le point d’orgue des rencontres avec les amis Arabes de l’Amérique lors des étapes en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes qui ont suivit les trois jours passés en Israël. L’agenda de Bush visait les alliés présumés de l’Iran dans la région, tout particulièrement la Syrie, le Hezbollah et le Hamas ; ils ont tous été critiqués pendant et après cette tournée.

Depuis son retour à Washington, les attaques verbales contre l’Iran et la dénonciation de ses prétendues « ingérences » dans le golfe Persique ont continué de plus belle. La révélation de nombreux aspects de « l’incident du détroit d’Ormuz » du 6 janvier qui montrent qu’il s’agissait d’une histoire largement fabriquée par le Pentagone n’a pas diminué la fureur contre Téhéran de l’administration et des candidats à la présidence du parti républicain, l’un d’entre eux ayant même suggéré que si les iraniens s’étaient approché un peu plus des navires US, il les aurait envoyé directement au paradis comme martyrs afin qu’ils puissent essayer les vierges qui leur ont été promises.

Certaines de mes sources à Washington pensent que lorsqu’il était en Israël, Bush a donné son feu vert au premier ministre Ehud Olmert et à l’autorité Palestinienne pour attaquer et détruire le Hamas dans la bande de Gaza, en utilisant tous les moyens nécessaires. Israël n’avait guère besoin d’encouragement et a seulement été restreinte dans son action parce qu’il craignait qu’un nombre important de victimes civiles ne vienne ternir son image publique. En outre, Mahmoud Abbas, le président de l’autorité Palestinienne, était lui aussi heureux de pouvoir se débarrasser du Hamas, d’autant plus qu’il était parfaitement conscient d’être dans l’incapacité de résoudre ce problème avec ses propres moyens. Il en résulte une série de frappes aériennes israéliennes majeures sur Gaza qui ont tué vingt sept palestiniens dans les dix derniers jours ; bon nombre d’entre eux étaient des civils. En novembre, après la conférence de paix d’Annapolis, il y eut également une escalade similaire pendant laquelle trente deux palestiniens ont été tués par les israéliens. Aucun signe ne montre que l’accumulation des cadavres n’ait affaibli le Hamas d’une quelconque manière.

La suite…. (suite…)


Les braves petit gars de Reopen 911 ont réalisé une version sous-titrée française du documentaire de Robert Kane Pappas « Orwell rolls in his grave »qui se base sur les concepts Orwelliens de « double langage » et de « guerre sans fin » pour décrypter la situation actuelle. A voir absolument !

Documentaire de Robert Kane Pappas, 2004.
1h 45mn

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=126 


[Agoravox – 26/01/2008]
Depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le Liban assiste à un phénomène qui a été auparavant limité et relativement contrôlé, il s’agit du communautarisme confessionnel.
Il y a un rapport étroit entre le communautarisme et l’état de la presse dans le pays. Il faut savoir que la notion d’un média national n’existe pas dans le pays et c’est le média communautaire. Depuis la formation du Liban, c’est la féodalité communautaire qui est le facteur déterminant dans la construction de l’Etat, et aucune communauté ou parti politique n’a cherché à construire une culture nationale.

Le paysage médiatique libanais est caractérisé par la mainmise des partis politiques sur les médias. En fait, la télévision et la radio de l’Etat, sous des prétextes économiques, ont été quasiment liquidés par les gouvernements successifs dont les membres disposent, selon leur appartenance politique, de leurs propres organes de presse. Ce monopole empêche l’émergence d’une société civile dans un pays de plus en plus communautarisé, et dont le repli sur soi a remplacé le vivre ensemble, à la base du consensus libanais.

Cette configuration complexe a le mérite d’empêcher toute tentative d’atteinte à la liberté d’expression, mais elle bloque toute tentative de construction d’une société démocratique. L’ancien Premier ministre, Salim Al-Hoss disait : « Au Liban, il y a trop de libertés et pas assez de démocratie ». Aucun parti politique ne pourrait attaquer un média, parce que celui-ci représente une communauté : dans une démocratie consensuelle et confessionnelle, ce genre d’attaque peut provoquer une crise grave qui peut dégénérer en guerre civile et, c’est pour cette raison, porter atteinte à la liberté de la presse au Liban est tout simplement interdit.
(suite…)


Premier livre critique sur TF1,  écrit de l’intérieur.

[Backchich – 20/01/2008 ]

Informer c’est déjà compliqué, alors informer sur l’information, voilà qui relève de l’exploit pour un journaliste.

Il paraît que le boulot des journalistes, c’est d’informer. Le public, lui, y croit de moins en moins. Selon un sondage TNS-Sofres (publié dans La Croix) réalisé en février 2007, à la question « Pensez-vous que les journalistes résistent aux pressions politiques ? », 63 % des sondés répondent NON. « Pensez-vous qu’ils résistent aux pressions de l’argent ? », 60 % de NON.

Mais du côté coulisse de la scène médiatique, on s’entête à désinformer. Les chefs obéissent aux chefs et les petits copient ou se plient. L’argent, les honneurs, la fierté d’en être. Jusqu’à un certain point. Le 16 janvier 2008, paraît enfin un livre qui démonte la fabrique de l’info à TF1, écrit par ses acteurs, un collectif ( ?) réunis sous un pseudo évocateur, Patrick Le Bel. (« Madame, Monsieur, Bonsoir… » Les dessous du premier JT de France, aux éditions Panama).

A TF1, « un bon sujet est d’abord un sujet qui arrive on time » (p. 80). Quant au contenu, il doit être à la mesure des vraies gens selon TF1, c’est-à-dire vide. Exemple, en septembre dernier, PPDA annonçait que « les téléspectateurs ne savent pas ce qu’est un cabinet (ministériel) » (p. 107). Inutile donc de traiter « à la mesure de ses confrères » des récents « déboires de la ministre de la Justice » avec certains de ses collaborateurs.

Ah, on râle, on râle, chez les journalistes et les grands reporters de TF1, pourtant, ils ont cette chance considérable de pouvoir réaliser un reportage en une grosse demi-journée. L’avantage avec la grosse demi-journée, c’est que ça ne laisse pas le temps de penser. « On ne pense pas ici, on fabrique un journal » (PPDA, cité p. 27). Et parfois pas le temps de vérifier ce qu’on va pourtant crier devant des millions de téléspectateurs (en 2007, TF1 a réalisé en moyenne 30,7 % des parts d’audience) : « Eh bien oui Patrick, les forces de l’ordre semblent enfin venir à bout de l’émeute (tout en priant que cela soit vrai)… » (p. 45).

Que les choses soient claires, « un salarié de TF1, ça ferme sa gueule ou ça s’en va » (p.159). Surtout quand Nicolas est là. Une belle histoire d’août 2006 : Sarkozy « éructe », « il n’en peut plus de voir les sans-papiers de Cachan, femmes et enfants entassés dans un hangar, émouvoir la France tous les soirs ». Il demande que « cela cesse ». Il doit s’y prendre à trois reprises, et la rédaction lève le pied. « Quelques semaines plus tard, le rédacteur en chef du journal incriminé est présent au Club de l’info : l’invité s’appelle… NICOLAS.

Tiens, vous tombez bien ! », l’apostrophe publiquement (vouvoiement rare) Nicolas Sarkozy. « C’est une honte d’avoir laissé passer ce sujet… »

Je n’ai pas de leçon à recevoir d’un homme politique, réplique le journaliste. Le ton monte. “Vous ne savez pas faire votre boulot !” » (pp. 40-41).

Le boulot c’est simple, c’est bien faire ce qu’on vous demande de faire.

Mais c’est fini de se plaindre ? Mardi 8 janvier, lors de sa conférence de presse à l’Elysée, Président Sarkozy a promis pour cette année un texte sur la protection des sources des journalistes. Un premier pas vers l’indépendance des journalistes. On y croit !

http://www.bakchich.info/article2374.html 


Ceux qui se sont mobilisés à l’occasion de la marée noire de l’Erika connaissent bien Jo Le Guen, sportif qui avait tenté de traverser l’Océan Pacifique Sud à la rame pour sensibiliser le public à la pollution des océans avant de fonder « Keep It Blue », association qui se consacre aux problèmes d’indemnisation des marées noires, de la sécurité maritime et du traitement des déchets des navires dans les ports européens.

Au milieu de l’euphorie du « préjudice écologique », sa voix d’expert résonne comme un avertissement sobre et rassérénant.

 

[Jo Le Guen – Keep It Blue – 18/01/2008]

Comment peut-on se réjouir ? Comment peut-on dire aux victimes « Le groupe TOTAL paiera son imprudence ». Qu’ont gagné les victimes de l’Erika ?

Le droit d’attendre l’ouverture du procès en appel dans un an.

Et d’aller droit dans le mur.

Nous vivons le même contexte de désinformation que celui qui a prévalu dans les mois qui suivirent le naufrage.

Un petit rappel du paysage juridique semble nécessaire. (suite…)


Comme le dit Thomas Sowell : “Même des idées « fausses » apportent leur contribution au débat quand elles provoquent des discussions ouvertes et des recherches d’arguments factuels. A la fin nous en savons plus sur nous même et nous comprenons mieux ce que nous pensions savoir ou avoir compris auparavant.  Réduire une voix au silence ou bien la censurer, ne contribue en rien à augmenter l’intelligence du débat”.

POURQUOI IL EST DANGEREUX DE VOTER DES LOIS CRIMINALISANT LES PROPOS HAINEUX, RACISTES OU NÉGATIONISTES (« HATE SPEECH »)

[Glenn Greenwald – Salon – 13/01/2008 – Trad. Grégoire Seither]

Ezra Levant est un néo-conservateur canadien d’extrème droite qui publie le journal « Western Standard », l’archétype de la feuille de chou belliciste et pro-Likoud  — une sorte de Weekly Standard du pauvre pour néo-cons canadiens. En février 2006, Levant a publié les « caricatures danoises de Mahomet », ce qui a incité l’imam d’une mosquée voisine à porter plainte contre lui devant la commission des droits de l’homme et de la citoyenneté de l’Alberta, pour « incitation à la haine raciale par voie de presse ». L’imam a par ailleurs porté plainte pour « diffamation de ma personne et celle de ma famille étant donné que nous suivons les préceptes du prophète Mahomet et sommes des descendants de sa famille. »

Plutôt que de rejeter cette plainte comme une tentative flagrante de punir la libre expression d’opinions et la liberté de parole, la « Alberta Human Rights Commission » a lançé une enquête et convoqué Levant. Devant un panel d’agents du gouvernement, Levant a du s’expliquer sur ses intentions et motivations quand il a décidé de publier ces caricatures, mais aussi sur les autres circonstances de son travail de pamphlétaire et son « comportement » général. La commission a le pouvoir légal d’imposer des amendes substantielles et de faire interdire les publications de Levant.
L’audience n’était pas publique — seul son avocat et sa femme ont pu y assister — mais Levant a obtenu le droit de filmer l’audience. Il a passé outre l’interdiction faite par la Commission de rendre publique la vidéo et l’a publiée sur Internet. . . (http://www.youtube.com/watch?v=AzVJTHIvqw8)

Une plainte similaire a récemment été déposée contre Mark Steyn, suite à la publication dans le magazine Maclean’s d’un extrait de son livre odieux, America Alone. A nouveau les plaignants sont un groupe de musulmans canadiens qui affirme que le passage publié : « difame les musulmans du Canada, leurs valeurs, leur communauté et leur religion ».

Les gens comme Mark Steyn et Ezra Levant comptent parmi les plus pernicieux des pamphlétaires actuels. Mais tout aussi pernicieux et nocifs sont ceux qui réclamment des lois pour interdire et punir l’expression politique… ainsi que ceux qui s’appuient sur ces lois pour obtenir de la puissance publique qu’elle impose des pénalités à ceux qui expriment des idées politiques « offensantes », « insultantes » ou « erronées » (c’est à dire des opinions avec lesquelles ils ne sont pas d’accord).

Le simple fait que le gouvernement se soit senti obligé de diligenter une « enquête », qu’il ait « convoqué » le « mal-pensant » pour l’interroger sur son « comportement » est un scandale… toute la procédure est un affront grotesque contre les libertés les plus élémentaires.

Et si vous vous dites « Bah, ce sont des salauds, c’est bien fait pour eux », alors prenez le temps d’imaginer la même procédure dirigée contre des opinions ou des groupes que vous soutenez. (…)

Accorder à la puissance publique le pouvoir de proscrire et de punir la libre parole est non seulement l’action la plus dangereuse qu’une société puisse accomplir, c’est aussi une action qui ne sert à rien. La censure n’a jamais atteint son but proclammé, elle ne fait pas disparaître le point de vue « dissident » ou « hérétique ». Au contraire, en le poussant dans la clandestinité elle l’affranchit de l’analyse objective et du débat démocratique. Elle empèche toute critique neutre et légitime… et pire encore, elle transforme en martyrs et en héros les défenseurs de ce point de vue . . .

Il existe de nombreuses méthodes pour lutter contre les idées rances. Mais faire appel à la force du gouvernement pour obliger des « mal-pensants » à « justifier » leurs opinions devant un tribunal officiel et risquer la punition pour délit d’opinion est la plus nuisible de toutes. Son usage est bien plus dangereux que n’importe quel appel à la haine raciale, à la violence ou au toute autre idée « condamnable ».

http://www.salon.com/opinion/greenwald/2008/01/13/hate_speech_laws/index.html


Je suis content que notre ami Nicolas, qui connait bien la Colombie, ait pris le temps de répondre à l’article de Thomet. Mais la Chavez-phobie des médias français est telle qu’on ne voit que Thomet dans les journaux. C’est vrai que Uribe est un bon élève de Washington, alors forcément, il est plus présentable que ce « populiste » de Chavez….

Alors faisons semblant de ne pas voir (comme le fait Libé) que le bon Uribe, aimé de son peuple et démocratiquement élu (tout comme Chavez, mais Chavez est un salaud, c’est entendu) : a une carrière « étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Intelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe Velez, alors sénateur au Congrès, comme un « politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement ». Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe Velez autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia.

Selon que vous serez dans les petits papiers de l’intelligentsia atlantiste ou pas, vous serez un « gentil » ou un « méchant »…. c’est une vieille chanson.

A noter que, sur le blog de Jacques Thomet, l’ambassade de Colombie rejette l’intégralité des accusations de Nicolas Joxe :  http://jacquesthomet.unblog.fr/2008/01/16/la-colombie-proteste-contre-larticle-de-nicolas-joxe-dans-le-monde/ 

[Le Monde – 14/01/2008]

Difficile de ne pas réagir à l’article de Jacques Thomet « La vérité sur les FARC sort enfin » (Le Monde, 9 janvier). Pour qui connaît un tant soit peu la situation colombienne, sa lecture ne peut que provoquer stupeur et colère. Dressant un portrait particulièrement élogieux d’un président colombien qui aurait tout tenté pour libérer les otages aux mains des FARC, l’auteur y lance des accusations contre la famille d’Ingrid Betancourt.

Selon cet ancien directeur de l’AFP en Colombie, le président Alvaro Uribe Velez aurait été victime d’une opération de « diabolisation » orchestrée par le gouvernement et les médias français. La famille d’Ingrid Betancourt est accusée d’avoir constamment « vilipendé » le président colombien tout en dédouanant la guérilla de sa responsabilité dans les enlèvements de civils. Qui peut croire que la famille d’Ingrid Betancourt n’a jamais condamné la cruauté et l’injustice des FARC ? Tout au long de ces années, les proches de l’ancienne sénatrice franco-colombienne ont toujours dénoncé cette pratique abjecte des enlèvements. Les FARC ont depuis longtemps perdu tout crédit politique en généralisant les kidnappings.

Personne ne conteste cette dérive criminelle de la guérilla, qui commence dans les années 1980 quand elle décide de se financer grâce à l’argent du trafic de drogue qui inonde le pays. Les FARC se coupent alors du reste de la société colombienne, leur projet révolutionnaire laisse place à une lutte purement militariste. Ce combat pour accroître leur emprise territoriale s’accompagne dès lors de violations massives des droits de l’homme. Aujourd’hui, personne ne défend sérieusement la vision d’une guérilla « romantique » en Colombie. L’épisode du petit Emmanuel est un exemple supplémentaire du cynisme dont est capable ce mouvement. Cette vérité sur les FARC n’a donc jamais été occultée, comme le prétend Jacques Thomet, qui tente de faire apparaître le président colombien comme un démocrate exemplaire, victime des mensonges des FARC relayés à l’étranger par la famille Betancourt et les autorités françaises.

Mais cette présentation de la situation colombienne, véritable panégyrique pro-Uribe, ne résiste pas à l’examen. Pour s’en convaincre, il faut revenir sur le parcours du président colombien. Car, contrairement à la thèse qu’avance Jacques Thomet, la violence politique qui ravage la Colombie ne se résume pas aux seules FARC. Depuis vingt ans, sous prétexte de lutter contre la guérilla, des milices paramilitaires d’extrême droite ont commis des crimes de masse contre la population. Ces derniers mois, des fosses communes ont été découvertes dans toutes les régions du pays. Le procureur général de Colombie a affirmé qu’elles pourraient contenir les restes de près 10 000 civils assassinés par ces groupes paramilitaires.

Leaders populaires, syndicalistes, juges, défenseurs des droits de l’homme, journalistes : les paramilitaires se sont attaqués à toute forme d’opposition politique ou sociale avec une cruauté inouïe. La presse colombienne a révélé comment les chefs paramilitaires ont généralisé la torture en formant leurs hommes à démembrer vivantes leurs victimes.

Les derniers rapports d’enquête d’Amnesty International, de Human Rights Watch ou de la FIDH montrent comment les forces de sécurité colombiennes ont encadré, coordonné, voire participé, aux massacres paramilitaires. Les témoignages des victimes sont concordants, massifs, accablants. Des officiers supérieurs de l’armée ont « sous-traité » aux milices le soin de mener cette guerre « sale » en toute impunité.

Mais les paramilitaires ne se sont pas cantonnés à ce travail de répression, ils ont bâti une redoutable organisation mafieuse qui contrôle l’essentiel du trafic de cocaïne vers les Etats-Unis et l’Europe. En s’infiltrant dans l’appareil d’Etat, les paramilitaires ont pu faire prospérer leur trafic et généraliser le détournement de fonds publics grâce à la complicité d’une partie de la classe politique au pouvoir.

Or ce qu’omet de dire Jacques Thomet dans son article, c’est que la carrière du président Uribe est étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Intelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe Velez, alors sénateur au Congrès, comme un « politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement ». Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe Velez autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia. Dans son article, Jacques Thomet écrit que le père du président colombien a été abattu par les FARC. Certes, mais pourquoi ne mentionne-t-il pas que ce dernier était lié à certains parrains de la drogue du cartel de Medellin, que l’on a retrouvé un hélicoptère appartenant à la famille Uribe dans un immense laboratoire de cocaïne ?

Pourquoi ne pas rappeler que l’ancien chef des services de renseignement, un proche du président Uribe, est actuellement détenu pour sa collaboration active avec les paramilitaires ? Pourquoi omettre le fait que les paramilitaires ont joui du soutien de larges secteurs de la classe politique colombienne ? Cette année, malgré les menaces, les juges de la Cour suprême ont ordonné l’arrestation de quatorze députés et sénateurs. Tous sont des proches du président Uribe. Ils sont accusés d’avoir truqué des scrutins électoraux, ordonné des assassinats et servi les intérêts des groupes paramilitaires depuis le Parlement.

Depuis 2005, le président Uribe a tout mis en oeuvre pour parvenir à une amnistie générale des paramilitaires en adoptant la loi dite de justice et paix. Cette législation prévoit, en effet, pour les responsables de ces crimes contre l’humanité des peines dérisoires en échange de leur démobilisation. La situation colombienne est complexe, sa violence, multiforme, parfois difficile à décrypter. Mais présenter la guérilla comme le « diable » et tenter de blanchir un président colombien compromis dans l’entreprise criminelle du paramilitarisme est quelque chose d’inacceptable. Exiger la libération d’Ingrid Betancourt et de tous les otages retenus dans des conditions inhumaines par la guérilla ne peut servir à exonérer l’Etat colombien de sa responsabilité dans le déchaînement de violence existant dans le pays.


Nicolas Joxe, réalisateur, est l’auteur du documentaire « Ils ont tué un homme. Crimes paramilitaires en Colombie ». (Diffusion Arte 2005.)http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-999190,0.html


L’heure est enfin venue pour nous, Sabotage, d’évoquer le cas d’une institution d’aujourd’hui que l’on ne sabotera jamais assez et qui porte le doux nom d’OpinionWay.

[Sabotage – 24/11/2007]

Il suffit de taper Opinion Way sur le moteur de recherche du gratuit Métro. Les résultats ? « Les Français plebiscitent la majorité » ; « Le gouvernement Fillon 2 plaît aux Français » ; « Les Français satisfaits à 64% de l’action de Sarkozy », etc.

Tentons la même opération au Figaro. « Les Français demandent à l’exécutif de ne pas céder » ; « Les Français plebsicitent le style et l’action de Sarkozy » ; « Politoscope : la nomination de François Fillon approuvée » ; « Politoscope : Sarkozy plus crédible que Royal » ; « Sarkozy creuse l’écart avec Royal », etc.

Réitérons, parce qu’on comprend vite mais qu’il faut nous expliquer longtemps, l’opération sur LCI, autre client d’Opinion Way. « Trois quarts des Français convaincus par Sarkozy » ; « Les réformes, il faut les faire ! » ; « Débat : Sarkozy jugé « le plus convaincant » » ; « Sarkozy convaincant, même à gauche » ; « L’ouverture, les Français aiment ça » ; « Sarkozy grand gagnant de la semaine », etc.

Opinion Way bouffe du Sarkozy tous les jours, à toutes les sauces. C’est également Opinion Way qui a établi que « les Français » n’étaient pas choqués par les vacances sur le yacht de Bolloré ; ou qu’ils approuvaient en masse le fameux « Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale » et les bienheureux tests ADN (relire notre article sur ce sujet).

Le sondage est une technologie de maîtrise symbolique des opinions et des représentations médiatiques de la politique. Nicolas Sarkozy l’a bien compris, qui, en plus de consommer plus de sondages et d’enquêtes qu’aucune autre bête politique, s’est tout simplement créé un institut de sondage bien à lui – c’est pratique.

La société de sondage Opinon Way est dirigée par Hugues Cazenave. Celui-ci travaillait précédemment à Infométrie, boîte de conseil en communication politique qui a déjà eu pour client l’ancêtre de l’UMP : le RPR. « Quand je rencontre mes clients du RPR ou du CDS, explique Hugues Cazenave, directeur général d’Infométrie (conseil en communication politique), je dois montrer que j’appartiens au même monde qu’eux », explique l’homme à l’Expansion – c’est Sabotage qui souligne.

Quel était exactement le « coeur de métier » d’Infométrie ? « Cette dernière société a été créée vers 1980 par deux universitaires, Jean-Marie Cotteret (qui fut membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de 1985 à 2001), et Gérard Ayache, actuel président […]. Infométrie semble maintenant plutôt spécialisée en optimisation de sites web, mais elle était à l’époque « conseil en communication politique ». Il semble que M Cazenave ait été un « coach » de l’UMP concernant la « lexicologie », c’est à dire le bon langage à utiliser pour toucher les foules. » peut-on lire ici.

Quant au Canard Enchaîné, il révèle que Cazenave a tout simplement commencé sa carrière au cabinet de Gérard Longuet en 1986 (source). Gérard Longuet est un RPR-UMP, ancien d’Occident (le groupuscule d’extrême droite où était également Devedjian et quelques autres), et accessoirement beau-frère de Bolloré himself.

Comme tout homme de droite, Cazenave dispose de beaucoup d’amis à droite. Au sein de la société Novosphère, qu’il codirigeait, on compte parmi les administrateurs Thierry Laurens et Alexandre Basdereff, proches de Jacques Chirac, ou encore un conseiller municipal UMP du 17ème arrondissement (source, 25/05/2007).

Bref. Un homme de droite, travaillant avec la droite : jusque là rien de choquant. Le cas de Cazenave est assez répandu. Les instituts de sondage sont des entreprises à but lucratif, on voit mal pourquoi leurs dirigeants seraient de grands déontologues au coeur gros comme ça. Quand bien même le chef de l’institut est également « lexicologue » pour l’UMP ? Quand on dirige une entreprise médiatique, on tente un minimum de se donner une apparence d’indépendance. Visiblement, Cazenave s’en tape. De même que Lagardère ne nie pas être le « frère » de Sarkozy.

Les méthodes d’Opinion Way, qui donnent de si (d)étonnants résultats, sont il est vrai légèrement spécifique. Car ces sondages, qui sont éructés en Une du Parisien, de Métro ou du Figaro, ou bien assénés dans quelques journaux télévisés ; et bien ces sondages se font, tenez-vous bien, par internet. En échange de cadeaux. Un procédé on ne peut plus scientifique et objectif (quand on pense que même les sondages traditionnels, faits in vivo et sans cadeaux sont à peu près aussi scientifiques que la méthode de relaxation par ouverture des Shakras, ça prête à sourire). (suite…)

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