En partie seulement d’accord avec Laurent Lévy dans cet édito sur Oumma.com. On ne peut pas reprocher à Fadela d’être une arriviste… quand on n’est pas arriviste on ne fait pas de politique. Et je préfère encore avoir Fadela Amara et les NPNS au gouvernement que Lelouche ou Balkany. Si la gauche hurle parce qu’elle répond aux sirènes de Sarko, pourquoi ne l’ont ils pas embauchée quand Jospin était aux affaires ? Ca vous fait mal au coeur de voir que c’est la droite qui met des arabes et des noirs au gouvernement ? Adressez vos reproches à la gauche. Finie la parlotte médiatique Fadela, va falloir bosser maintenant, sinon tu vas finir comme ces bouffons de Malek Boutih, Azzouz Begag ou Tokia Saifi…

L’odeur de la soupe
[Laurent Lévy – Oumma.com – jeudi 21 juin 2007]
On dirait que dans certains milieux politiques, l’odeur de la soupe a quelque chose d’irrésistible.

Lorsque le résultat de l’élection présidentielle était incertain, certains rêvaient une Ségolène Royal faisant entrer dans son gouvernement la présidente de l’association « Ni Putes Ni Soumises ». Certains se réjouissaient à l’avance d’une telle perspective, d’autres y voyaient un signe de la profonde coupure entre la gauche et les populations issues de l’immigration.

Ce rêve s’est pour partie réalisé. À un détail près. Ce n’est pas Royal, mais Sarkozy, qui a fait entrer au gouvernement l’égérie du parti socialiste.

La voici donc ministre du contempteur de la « racaille ». Cela n’est pas si surprenant : la stigmatisation de la jeunesse des quartiers populaires, et singulièrement du « garçon arabe », a été l’essentiel de son activité politique depuis la création de son association.

À l’évidence, mise à part cette complicité avec le racisme ambiant, ce ne sont pas ses convictions qui étouffent l’impétrante. Pour ne parler que de la période la plus récente, après avoir fait campagne en 2005 pour le « oui » au traité constitutionnel ultralibéral pour l’Europe, elle soutient dans la « primaire » interne du parti socialiste la candidature de Laurent Fabius – le seul des trois candidats à avoir soutenu le « non ». Et de « l’aile gauche » du PS, la voilà passée à la réaction la plus brutale.

L’accueillant dans son ministère, Christine Boutin a eu le plus joli, le plus révélateur des lapsus, relayé par toutes les radios : « Tu as, lui dit-elle, commencé par créer une association de lutte contre les femmes… »

L’histoire montrera un jour comment les débats sur le « foulard », où l’on a vu Amara bras-dessus bras-dessous avec Corinne Lepage et Arlette Laguiller pour crier avec les loups aura contribué à brouiller tous les repères de la politique. Comment s’est alors accéléré le consensus raciste et sécuritaire. Notre « beurette républicaine » ne jouera sans doute pas le plus beau rôle dans cette histoire.

En attendant, elle en aura trouvé un autre, bien à sa mesure, dans la parfaite continuité de celui-là. Passant de la théorie à la pratique, la voici désormais chargée, comme secrétaire d’état chargée de la politique de la ville de mettre en œuvre ce point décisif du programme de son nouveau maître : nettoyer nos quartiers au Kärcher.

http://www.oumma.com/spip.php?article2472