Ni Putes Ni Soumises



Ni putes, ni soumises, mais démissionnaires

[AgoraVox – 07/11/2007]

« Il n’y a pas de crise ». C’est du moins ce que prétend Sihem Habchi, présidente par intérim de « Ni putes, ni soumises ». Il n’empêche, crise ou non, ce mercredi 7 novembre, vingt-six comités, dont ceux de Marseille, Toulouse et Grenoble, viennent de démissionner en bloc de l’association.

Et ceci quasiment à la veille de l’université de « Ni putes, ni soumises » qui se tient 9 au 11 novembre prochain à Dourdan (Essonne). Dans un communiqué commun, les vingt-six comités déclarent que « depuis l’entrée au gouvernement de Fadela Amara qui avait jeté le trouble chez beaucoup d’entre nous, l’actuelle direction menée par Sihem Habchi n’a pas été capable de définir une ligne politique claire et indépendante ».

En cause : Mohammed Abdi. Le secrétaire général du mouvement est conseiller spécial auprès de Fadela Amara. « C’est un véritable manque d’indépendance » souligne les comités. Des militants parlent même de l’association comme d’« une machine à promouvoir Fadela », érit Libération.

Ce n’est pas le seul reproche adressé à la direction par les comités démissionnaires qui évoquent aussi « un manque de transparence en ce qui concerne les finances et un fonctionnement non démocratique des institutions ».

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31271


Fadela Amara “Quand ca sera trop insupportable, je m’en irais”


Comme toujours avec « Faits&Documents », on apprend plein de trucs qu’on aurait pas appris ailleurs… et qui nous rendent Ramatou encore plus sympathique 🙂

Rama Yade – Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme.
[Lettre Faits&Documents d’Emmanuel Ratier – n°239 – Juin 2007]

«J’incarne tout ce que les hommes politiques ne sont pas : une femme, jeune, noire et musulmane

«Elle est belle. Elle est brillante. Elle est noire (Le Monde, 2 mars 2007).»

«Une déçue de la gauche dont elle attendait beaucoup (Le Monde, 2 mars 2007).»

Elle s’appelle en réalité Ramatoulaye Yade-Zimet, ayant épousé Joseph Zimet, militant socialiste (…) et chargé de mission à la communication de l’Agence française du développement (…) et fils du célèbre chanteur yiddish Ben Zimet (…).

Née le 13 décembre 1976 à Dakar (Sénégal), Rama Yade est issue de la haute bourgeoisie noire : sa mère est professeur et son père, professeur d’histoire, fut le bras droit et secrétaire particulier du président (accessoirement socialiste) Léopold Sédar Sengor.

De confession musulmane (elle est toujours pratiquante et volontiers prosélyte en cette matière), elle a été éduquée dans un collège catholique. Elle est arrivée en France en 1987, lorsque son père fut pratiquement exilé à Paris, le successeur de Senghor, le président Abdou Diouf le détestant même pas cordialement. La famille s’installe donc dans un immeuble résidentiel de Colombes (Hauts-de-Seine). Son père ayant divorcé, elle est demeurée avec sa mère et ses trois frères et soeurs. Elle continue à fréquenter des écoles privées catholiques, passant son baccalauréat en 1994.

Sa mère se rapproche du Parti communiste, via le Secours populaire français. Rama Yade s’implique dans cette organisation para-communiste, devenant monitrice pour les enfants défavorisés. Elle visite ainsi la «France profonde », en retirant un grand respect envers «ce communisme de proximité, non idéologique mais humaniste ». Elle aura ensuite sa période Black Panthers, avec portraits de Malcolm X sur les murs de sa chambre.

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Fadela s’est servi de NPNS comme d’un tremplin, dans la pure tradition clientéliste que pratique la gauche depuis 40 ans vis à vis des immigrés… avant elle on avait déjà eu Malek Boutih, Harlem Desir, Stéphane Pocrain, Azzouz Begag,Tokia Saïfi et le reste de la brochette de « bronzés faire-valoir »… Que Fadela ait choisi l’assiette au beurre de la droite plutot que celle (trés dégarnie) de la gauche n’est que logique… Si ça vous défrise, changez le système.

NPNS est une pure création médiatique montée de A à Z par le Parti Socialiste et par des structures contrôlées à 100% par l’entourage de Julien Dray (SOS Racisme, Maisons des Potes..) – Le MJS a un fait un très bon communiqué à ce sujet  : « Voilà des années que des dirigeants du PS instrumentalisent un certain nombre de responsables associatifs à des fins claniques. L’incohérence entre la morale et les actes est un des ressorts de cette trahison. » (http://www.mjsfrance.org/article.php3?id_article=931)

Fadela n’a rien trahi, elle a juste changé de parrain. C’est ce qui arrive quand on ne construit pas l’autonomie des individus, quand on produit pour les caméras des mouvements articifiels dénués de toute base locale.

Communiqué de Ni putes ni soumises en colère

http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/06/22/1663-communique-de-ni-putes-ni-soumises-en-colere

Le choc est violent. La déception est immense. La blessure est profonde. Jamais nous n’aurions cru cela possible. Fadela notre camarade, notre amie, notre Présidente, a décidé de rejoindre un gouvernement de droite, présidé par Nicolas Sarkozy. C’est à peine croyable, pourtant la réalité est bien là.

Par ce texte nous voulons sortir un instant des réactions affectives et analyser la situation le plus objectivement possible.

Pour nous, comités locaux, responsables militants, bénévoles et sympathisants, la décision personnelle de Fadela Amara d’accepter, sans aucune concertation, la nomination au secrétariat d’Etat à la politique de la ville, ne devrait impliquer normalement en aucune façon le Mouvement Ni Putes Ni Soumises. Mais soyons sérieux, cette décision individuelle porte un rude coup à notre association et à notre combat commun. Ne pas le reconnaitre relève d’une grande hypocrisie. Si Fadela s’est vu proposer ce poste c’est parce qu’elle représente un combat collectif et non pour ses seules compétences personnelles. En acceptant de rejoindre ce gouvernement, Fadela Amara exprime publiquement que, selon elle, il y aurait une cohérence entre le combat qu’elle mène depuis 15 ans et son entrée dans ce gouvernement.

Nous pensons radicalement l’inverse.

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NI PUTES NI SOUMISES, OU LA PAROLE CONFISQUÉE , FADELA AMARA, DE BADINTER À SARKOZY…
[LES MOTS SONT IMPORTANTS – Pierre Tevanian, 20 juin 2007]
À l’occasion du ralliement de Fadela Amara, responsable du PS et présidente de Ni putes ni soumises, au gouvernement de Nicolas « Karcher » Sarkozy, nous ne résistons pas à l’envie de republier le court texte qui suit, consacré à la réalité du militantisme des Ni putes ni soumises. Il date d’octobre 2004, et laisse déjà entrevoir l’orientation idéologique profondément réactionnaire de cette organisation et de ses leaders.

Il y aurait beaucoup à dire sur le groupe Ni putes ni soumises, ou plutôt sur ses leaders, et surtout sur l’écart qui existe entre le discours que portent ces leaders, un discours formaté, taillé sur mesure pour convenir à une classe politique et médiatique quasi-hégémoniquement « blanche » de peau, bourgeoise et masculine, et les discours ou les préoccupations de la base que ce mouvement est censé représenter [1]. Pour mesurer cet écart entre la parole « orthodoxe » des trois ou quatre militant-e-s PS qui animent Ni putes ni soumises et celle, diverse mais presque toujours hétérodoxe, de la majorité silencieuse des « beurettes » qu’elles prétendent représenter, il suffit de se rendre dans leurs réunions publiques et d’y observer la manière dont est distribuée la parole.

http://lmsi.net/spip.php?article321

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De la cérémonie du dévoilement à Alger (1958) à Ni Putes Ni Soumises : l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes.
[Houria Bouteldja – LES MOTS SONT IMPORTANTS – 20 juin 2007]
Y a-t-il lieu de se scandaliser du ralliement de Fadela Amara à un président de droite qui a fait campagne sur le tryptique « Travail Famille Patrie » [1], qualifié ses opposants basanés de « racailles », voté des lois « sécuritaires » liberticides et démantelé le droit des étrangers ? Sans aucun doute. Y a-t-il lieu de s’en étonner ? La réponse est moins certaine… Car si les manifestations aussi spectaculaires d’opportunisme n’étaient pas très répandues jusqu’aux récents ralliements sarkoziens d’Eric Besson ou de Bernard Kouchner, la distance idéologique qui séparait Ni putes ni soumises du néo-pétainisme sarkozien n’était pas si difficile à franchir. C’est ce que montre Houria Bouteldja dans le texte qui suit, écrit en octobre 2004, à l’apogée médiatique de Ni putes ni soumises.

http://lmsi.net/spip.php?article320


En partie seulement d’accord avec Laurent Lévy dans cet édito sur Oumma.com. On ne peut pas reprocher à Fadela d’être une arriviste… quand on n’est pas arriviste on ne fait pas de politique. Et je préfère encore avoir Fadela Amara et les NPNS au gouvernement que Lelouche ou Balkany. Si la gauche hurle parce qu’elle répond aux sirènes de Sarko, pourquoi ne l’ont ils pas embauchée quand Jospin était aux affaires ? Ca vous fait mal au coeur de voir que c’est la droite qui met des arabes et des noirs au gouvernement ? Adressez vos reproches à la gauche. Finie la parlotte médiatique Fadela, va falloir bosser maintenant, sinon tu vas finir comme ces bouffons de Malek Boutih, Azzouz Begag ou Tokia Saifi…

L’odeur de la soupe
[Laurent Lévy – Oumma.com – jeudi 21 juin 2007]
On dirait que dans certains milieux politiques, l’odeur de la soupe a quelque chose d’irrésistible.

Lorsque le résultat de l’élection présidentielle était incertain, certains rêvaient une Ségolène Royal faisant entrer dans son gouvernement la présidente de l’association « Ni Putes Ni Soumises ». Certains se réjouissaient à l’avance d’une telle perspective, d’autres y voyaient un signe de la profonde coupure entre la gauche et les populations issues de l’immigration.

Ce rêve s’est pour partie réalisé. À un détail près. Ce n’est pas Royal, mais Sarkozy, qui a fait entrer au gouvernement l’égérie du parti socialiste.

La voici donc ministre du contempteur de la « racaille ». Cela n’est pas si surprenant : la stigmatisation de la jeunesse des quartiers populaires, et singulièrement du « garçon arabe », a été l’essentiel de son activité politique depuis la création de son association.

À l’évidence, mise à part cette complicité avec le racisme ambiant, ce ne sont pas ses convictions qui étouffent l’impétrante. Pour ne parler que de la période la plus récente, après avoir fait campagne en 2005 pour le « oui » au traité constitutionnel ultralibéral pour l’Europe, elle soutient dans la « primaire » interne du parti socialiste la candidature de Laurent Fabius – le seul des trois candidats à avoir soutenu le « non ». Et de « l’aile gauche » du PS, la voilà passée à la réaction la plus brutale.

L’accueillant dans son ministère, Christine Boutin a eu le plus joli, le plus révélateur des lapsus, relayé par toutes les radios : « Tu as, lui dit-elle, commencé par créer une association de lutte contre les femmes… »

L’histoire montrera un jour comment les débats sur le « foulard », où l’on a vu Amara bras-dessus bras-dessous avec Corinne Lepage et Arlette Laguiller pour crier avec les loups aura contribué à brouiller tous les repères de la politique. Comment s’est alors accéléré le consensus raciste et sécuritaire. Notre « beurette républicaine » ne jouera sans doute pas le plus beau rôle dans cette histoire.

En attendant, elle en aura trouvé un autre, bien à sa mesure, dans la parfaite continuité de celui-là. Passant de la théorie à la pratique, la voici désormais chargée, comme secrétaire d’état chargée de la politique de la ville de mettre en œuvre ce point décisif du programme de son nouveau maître : nettoyer nos quartiers au Kärcher.

http://www.oumma.com/spip.php?article2472