Maroc



[Grégoire Seither – IES News Service – 25/10/2007]

Nicolas Sarkozy a annoncé lors de sa visite au Maroc que la France allait aider le pays à se doter de l’énergie nucléaire. Cet accord est, selon Sarkozy, « aussi pour moi une façon de dire à l’Iran qu’une coopération est possible et que nous ne somme pas condamnés à la confrontation ».

Coopération, le mot est lâché.
Pourtant l’occident n’a pas apporté la preuve de sa volonté de coopération ave l’Iran. Selon les termes du Traité de Non-Prolifération Nucléaire (TNP), la coopération est obligatoire entre membres, or les pays occidentaux, emmenés par les Etats-unis, ont lancé leur campagne contre l’Iran en violant ouvertement leurs obligations au sein du Traité et en adoptant tout de suite une attitude menaçante. On développe le nucléaire marocain mais on menace le nucléaire iranien.

Certes, cette approche clairement illégale a depuis été atténuée par des déclarations reconnaissant le droit de l’Iran à se doter de l’énergie nucléaire. Mais l’occident n’a pas pour autant changé son fusil d’épaule. L’Iran est autorisé à s’équiper de l’énergie nucléaire mais uniquement s’il abandonne le processus d’enrichissement.

Non seulement une telle condition ne figure nulle part dans le TNP mais elle y est en outre spécifiquement interdite. L’enrichissement est partie intégrante du processus de fabrication nucléaire, l’interdire revient à maintenir un pays en situation de dépendance du point de vue de son approvisionnement en combustible. L’Iran a ses propres mines d’uranium. Pourquoi devrait il acheter son combustible ailleurs ?

La clé de l’attitude occidentale vis à vis du nucléaire iranien est encore une fois à chercher ailleurs : du côté d’Israël – un pays détenant l’arme nucléaire et qui n’a jamais ni signé ni respecté le Traité de Non-Prolifération.

Au début de la semaine, à Londres, le Premier Ministre israélien Ehud Olmert a tenu une conférence de presse commune avec le Premier Ministre britannique Gordon Brown. Il a demandé que des sanctions soient mises en place contre Téhéran jusqu’à ce que l’Iran mette totalement fin à son programme nucléaire. Sarkozy, rejoint Israël dans cette attitude maximaliste. Lors de la récente visite d’Olmert en France, Sarkozy a affirmé que la position de la France vis à vis du nucléaire iranien était « identique » à celle du gouvernement israélien.

Le contrat nucléaire passé avec le Maroc est une nouvelle preuve du double langage de l’occident. Le Maroc, qui occupe illégalement le Sahara Occidental depuis 30 ans mais ne gène pas Israël, reçoit la technologie nucléaire. L’Iran par contre, qui n’a pas commis la moindre guerre d’agression en dehors de ses frontières depuis 150 ans et se contente de refuser d’accepter l’hégémonie israélienne sur la région se voit menacer de bombardements massifs s’il adopte la même technologie.

Le message de l’Occident au Moyen-Orient est clair : abandonnez les palestiniens, alignez vous avec Tel-Aviv et vous serez considéré comme fréquentable. Toute autre  attitude sera impitoyablement bombardée.


« Surprise au Maroc » titre « Le Monde ». Les « islamistes » du Parti Justice et Développement ne sont pas majoritaires et c’est le parti conservateur qui formera le gouvernement.

La surprise cela aurait été que le PJD remporte la majorité des voix. Quand on sait que ces élections ont été chapeautés par Madeleine Albright et son ONG financée par George Soros, le fabricant de révolutions colorées, on se dit que le PJD n’avait aucune chance.

Des islamistes au pouvoir ? Schocking ! Si le peuple a mal voté (comme en Palestine pour le Hamas ou en France pour le TCE) et bien on se débrouille pour que son vote ne soit pas pris en compte. Comme le disait déjà un grand pourfendeur d’islamistes, Josef Vissarionovich Dzhugashvili : « Les gens qui déposent le bulletin dans l’urne ne décident de rien. Mais les gens qui comptent les bulletins décident de tout. »