Manuel Valls



[Par Pierre Col pour Infra | Net | Samedi 06 Décembre 2014]

Technologie : Quand la justice ordonne le blocage d’un site web comme The Pirate Bay (ou bien, plus récemment, de sites jihadistes), celui-ci est effectué au niveau du système DNS, car c’est le plus simple. Et du coup ce blocage est aussi très simple à contourner 🙂

ZDNet vous en a parlé hier, la justice de notre pays vient d’ordonner aux principaux FAI français de bloquer le site The Pirate Bay. Et le site de partage de torrents T411, auquel j’avais naguère consacré un billet, est aussi dans le collimateur des ayants droit.

Cette décision a été rendue suite à la plainte déposée par une société d’ayants droit, la SCPP – Société Civile des Producteurs de Phonogrammes – dont le président, Pascal Nègre, s’est évidemment réjoui dans un communiqué.

Voici le texte intégral de ce jugement du Tribunal de Grande Instance de Paris :

Pour autant, je suis enclin à penser que le triomphe de Pascal Nègre et de la SCPP sera de bien courte durée…

En effet, la solution technique la plus simple pour bloquer l’accès à un serveur situé sur Internet est de « faire mentir le système DNS », et notamment les serveurs de résolution DNS des fournisseurs d’accès Internet, mis à disposition de leurs abonnés. Et c’est exactement ce qui a été émis en place par les FAI français pour bloquer The Pirate Bay.

Mais des résolveurs DNS ouverts, on en trouve pléthore sur Internet… et il suffit d’un paramétrage très simple de votre ordinateur, tablette ou smartphone pour faire appel à un résolveur DNS, à l’étranger ou même en France, qui ne perturbera nullement l’accès à The Pirate Bay :

Si vous êtes équipés d’un Mac sous Mac OS X ou d’un système Unix, le fichier à modifier est/etc/resolv.conf. Sous Mac OS X vous pouvez aussi effectuer ce paramétrage via Préférences Système / Réseau :

DNSsousMacOS

Si vous êtes sous Windows, vous devez aller modifier les paramètres de votre connexion TCP/IP pour changer les résolveurs DNS primaire et secondaire. Le moyen diffère selon votre version de Windows, mais je suis sûr que vous allez trouver. Pour Windows XP qui équipe encore un de mes vieux PC, c’est dans Panneau de configuration / Configuration Réseau / Réseaux TCP/IP et cela ressemble à ceci :

DNSsousWindows95

Ensuite vous pouvez paramétrer l’un des résolveurs DNS suivants :

Celui de Google :

# Google Public DNS IPv4
nameserver 8.8.8.8
nameserver 8.8.4.4

Il est disponible aussi en IPv6 :

# Google Public DNS IPv6
nameserver 2001:4860:4860::8888
nameserver 2001:4860:4860::8844

Celui d’OpenDNS, qui propose un résolveur présenté comme « professionnel et sécurisé » :

# OpenDNS
nameserver 208.67.222.222
nameserver 208.67.220.220

Vous pouvez aussi utiliser les résolveurs DNS de l’association French Data Network, fédération de FAI associatifs qui, bizarrement, n’a pas été citée dans la décision de justice amenant au blocage de The Pirate Bay. En effet, cette décision ne concerne explicitement que Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR, et pas Numericable et les autres FAI, notamment régionaux ou associatifs. Du coup les responsables de FDN ont communiqué sur Twitter au sujet de leur résolveur ouvert :

# FDN DNS IPv4
nameserver 80.67.169.12

# FDN DNS IPv6
nameserver 2001:910:800::12

Vous pouvez aussi, mais c’est un peu plus compliqué, disposer localement sur votre ordinateur de votre propre résolveur DNS, par exemple en installant le logiciel unbound.

Bref, on le voit, tenter de bloquer des sites en agissant au niveau du système DNS est totalement inefficace. Et c’est risqué, car toucher au système DNS peut perturber le fonctionnement d’Internet au-delà de ce qui était souhaité… comme on l’a vuen Allemagne en 2009 ou pour le quotidien Le Monde en 2011.

Espérons que les autorités judiciaires comprendront enfin que la technique du blocage DNS est aussi risquée qu’inefficace !

http://www.zdnet.fr/actualites/pour-contourner-le-blocage-des-sites-web-il-suffit-de-changer-de-resolveur-dns-39810881.htm


[Emmanuel Ratier – Faits et Documents n°320 – 15/09/2011]

« La gauche Prada, c’est lui ! […] Voici le bellâtre du PS qui veut rendre sexy la gauche : col mao, cravates roses et vacances en Toscane. » Technikart, septembre 2009.

« Le socialisme, ça a été une merveilleuse idée, une splendide utopie, mais c’était une utopie inventée contre le capitalisme du 19e siècle […] C’est juste devenu un mot-prison qui empêche d’avancer. » Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche.

« C’est minuit moins le quart avant la mort clinique du Parti socialiste […] Le mot “socialiste” ne veut plus rien dire. » 10 juin 2009

« Nous sommes au bout d’un cycle : une grande partie des idées de gauche se sont épuisées. Pour que le PS retrouve une crédibilité, il doit être porteur d’un projet vraiment différent. Cela demande du temps et beaucoup de travail. » Valeurs actuelles, 2007.

« Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos… » Film projeté à Politiquement parlant, Direct 8, 10 juin 2009.

« Manuel Valls est un des symptômes de la nécrose intellectuelle et progressiste du Parti socialiste. » Jean-Luc Mélenchon (Libération, 5 janvier 2011).

Né le 13 août 1962 à Barcelone (Espagne) – donc dans l’Espagne franquiste, Manuel Valls n’a pas grand-chose à voir avec le fils d’immigré classique, besogneux mais monté à la force du poignet. Issu de la bourgeoisie catholique, il est en effet le petitfils d’un journaliste, enseignant et traducteur, qui figure parmi les grands intellectuels espagnols. Son père est rédacteur en chef d’un journal républicain et catholique (sic), il cacha des religieux, notamment des prêtres, durant la guerre civile, alors que ces derniers risquaient d’être tués par les trotskistes, les communistes et les anarchistes. Son père est aussi le fils d’un artiste peintre catholique catalan, réputé, Xavier Valls, né le 18 septembre 1923 à Horta (Espagne) et décédé en 2003.

Son père effectue donc sans aucun problème ses études artistiques durant la guerre civile (École Massana), avant de travailler dans le vitrail, l’orfèvrerie, l’architecture. Fondateur en Espagne du Cercle Maillol, créé au sein de l’Institut français de Barcelone, il s’installe à Paris en 1949 (tout en exposant régulièrement en Espagne), se lie avec Henry de Montherlant, Fernand Léger, Jean Genet, Hugo Pratt, Vladimir Jankélévitch, etc.

Il remporte de nombreux prix en Espagne, en France et dans les pays sud-américains. Ses tableaux, très cotés, figurent dans de nombreux musées internationaux, notamment français (un portrait du jeune Manuel Valls a même été exposé au Musée de l’Orangerie en 2010 !).

Son père se rend très régulièrement en Espagne et c’est là que naîtra Manuel Valls.

Il faut donc très certainement mettre au compte de la légende les sorties régulières sur « l’ambiance de plomb du régime franquiste » qui aurait poussé son père à « émigrer » outre-Pyrénées. (suite…)