Denis Gautier-Savagnac



Vous noterez que la presse compradore a passé sous silence l’info cruciale : cet argent n’a pas servi à financer les syndicats, la petite manip de Sarkozy était un pur mensonge… mais c’est pas grave, le mal est fait.

Les confessions d’un chauffeur de l’UIMM

[Le Parisien – 23/11/2007]

A qui étaient destinés les fonds en liquide – près de 20 millions d’euros – retirés entre 2000 et 2007 par Denis Gautier-Sauvagnac (DGS), ex-président de l’UIMM ? Un ancien chauffeur nous révèle le fonctionnement de cet organisme.

DE L’ARGENT en liquide pour régler des compléments de salaires, des frais de déplacement ou de représentation sans le moindre justificatif. L’opinion publique découvre aujourd’hui avec stupeur les pratiques d’une autre époque de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) qui ont perduré jusqu’à ces derniers mois.

Pour « fluidifier les relations sociales »

Pour la première fois, un ancien chauffeur de l’UIMM décrit dans le détail et de l’intérieur ce que la cellule antiblanchiment de Bercy avait signalé à la justice en septembre dernier : les retraits massifs entre 2000 et 2007 (environ 20 millions d’euros) effectués par Denis Gautier-Sauvagnac, l’ancien président de l’UIMM, et son administratrice Dominique Renaud.

« Tout le monde savait que les espèces circulaient en grand nombre », raconte Patrick Ciron, ancien chauffeur à l’UIMM. (suite…)


Oh ! Oh ! Pas bète : « Alors que, dans le cadre de la fusion ANPE-UNEDIC, le gouvernement envisage de récupérer dans le giron de l’État le recouvrement des cotisations pour l’assurance chômage en les confiant la mission aux URSSAF, il n’est pas à exclure que Nicolas Sarkozy, soucieux aussi de trouver des moyens de financer sa politique après les cadeaux offerts à travers le « paquet fiscal », lorgne aujourd’hui (…) vers les ressources inespérées que constituent les fonds de la formation professionnelle. « 

[L’Humanité 08/11/2007]
Le président pourrait bien rêver de récupérer la manne financière de la formation professionnelle. C’est l’un des mystères les plus opaques de l’« affaire UIMM » : pourquoi sort-elle aujourd’hui ?

Dès mai 2004, la BNP Paribas, présidée par Michel Pébereau, ex-condisciple de Denis Gautier-Sauvagnac à l’ENA, a saisi le service antiblanchiment du ministère des Finances (Tracfin) pour lui signaler des retraits suspects en espèces sur les comptes de la fédération patronale de la métallurgie.

Directeur de Tracfin depuis juillet 2006, François Werner a détaillé la procédure dans l’hebdomadaire Challenges : « Le cabinet de notre ministère de tutelle – celui de l’Économie et des Finances – en a été informé, explique-t-il. J’ai veillé à mettre au courant régulièrement l’équipe de Thierry Breton. Ce qui est normal pour ce type d’affaire. » Dans ces conditions, il est absolument certain que Nicolas Sarkozy, prédécesseur de Thierry Breton à Bercy, connaissait, lui aussi, tous les détails de l’affaire.

« Je n’ai reçu aucune pression de quiconque, affirme encore aujourd’hui François Werner. Ni pour agir ni pour ne pas agir. Je le répète, c’est moi qui ai choisi de transmettre, et de quand transmettre. » Le dossier a donc été transmis le 24 septembre dernier au parquet de Paris, une enquête préliminaire a été ouverte le 26 et confiée à la brigade financière. Et, quelques jours plus tard, le Figaro, propriété de Serge Dassault, publiait les premières révélations sur les opérations douteuses de l’UIMM.

Le cours normal pour une « affaire » dont on peinera plus encore, quelques semaines plus tard, à mesurer l’ampleur, avec la découverte d’une « caisse noire » antigrève évaluée à 600 millions d’euros ? Voire.

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Gautier-Sauvagnac bienfaiteur social?
[Le Canard Enchaîné 31/10/2007]
Renverser la charge de la preuve, détourner l’attention quand les faits vous accusent, c’est le propre de la communication de crise. La technique a marché à plein dans l’affaire Gautier-Sauvagnac (DGS). A peine le baron de la métallurgie est-il soupçonné d’être à la tête d’une caisse noire qu’il est aussitôt transformé en exécuteur de bonnes œuvres. L’argent, expliquent ses défenseurs, viendrait d’une caisse de charité servant à « fluidifier le dialogue social « . Et qui a profité des « largesses » de l’UIMM ? Non pas le patronat mais ses adversaires, les syndicats de … salariés! DGS et consorts étaient mus, en fait, par une incroyable philanthropie.

 » Il était de tradition (. .. ) qu’il y ait une caisse qui alimentait les syndicats « , lance Yvon Gattaz, patron des patrons dans les années 80. Et d’autres anciens ont ainsi été appelés à la rescousse par une agence de comm’ parisienne, Tilder.

Bref, Gautier-Sauvagnac n’est pas un malfaiteur mais un bienfaiteur. S’il a commis quelques irrégularités, c’était pour aider le dialogue social, et non pour « acheter des consciences ».

La police enquête sur de l’argent sorti par un ponte du Medef, et ce sont les syndicats de salariés qui se retrouvent mis en cause, sommés de s’expliquer sur l’opacité de leur comptabilité.
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Oooohhhhh, la belle affaire qui se prépare !!!! Qu’est ce que ça veut dire « fluidifier les relations sociales » ? Est-ce que c’est l’équivalent de ce que nous on appelle « Spécial Vaseline » 😉

Quelqu’un a t’il vérifié les comptes en banques de Nicole Notat ? 🙂

Nouvelles découvertes dans le dossier Gautier-Sauvagnac

[Le Monde – 13.10.07]

(…)Cette découverte, effectuée à la banque de Marseille Martin-Maurel, porte à environ 17 millions d’euros les retraits d’espèces suspects effectués entre 2000 et 2007 sur trois comptes par cette organisation patronale présidée par un des plus hauts dirigeants du Medef, son négociateur en chef Denis Gautier-Sauvagnac. Les recherches se poursuivent sur d’autres comptes bancaires de l’UIMM. « Tous les jours, on en découvre un peu plus et ça monte doucement », avait déclaré jeudi un policier à Reuters.

Vendredi, les policiers avaient aussi saisi environ deux millions d’euros dans un coffre loué dans une agence de la BNP par l’UIMM. Précédemment, lors d’une perquisition au siège parisien de l’organisation patronale, une somme de plusieurs centaines de milliers d’euros en espèces a aussi été saisie dans un coffre.

L’enquête n’a pas permis pour l’instant d’identifier la destination des fonds. Denis Gautier-Sauvagnac a parlé initialement du financement des « oeuvres sociales » de l’UIMM, évoquant l’aide aux salariés et retraités nécessiteux, puis il a dit avoir utilisé l’argent pour « fluidifier les relations sociales », sans autres précisions.

L’enquête a en revanche montré que le dirigeant du Medef faisait retirer lui-même les espèces en envoyant dans les banques une collaboratrice de confiance. La piste du financement syndical est démentie par les principaux syndicats de salariés et aucun élément ne l’a confirmée à ce jour.


Denis Gautier-Savagnac est non seulement un adversaire acharné de Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, mais il est surtout un « poids lourd » dans toute négociation sociale, avec un carnet d’adresses gros comme ça.. et même quelques solides « amis » du côté des grandes centrales syndicales (au fait, quelqu’un a t’il épluché le patrimoine de Nicole Notat entre 2000 et 2007 ?).

Et surtout, surtout, il était absolument contre la fusion ANPE-UNEDIC dont rève Sarkozy.

De là à penser que cette affaire sort à point pour plomber un « opposant interne » à l’heure où vont s’ouvrir des grosses négociations sociales… C’est comme la réouverture de l’Affaire Boulin, juste au moment ou Chirac redevient un justiciable comme les autres…

[Challenges – Jeudi 27/09/2007 ] (…) Les faits auraient été commis entre 2000 et 2007, époque pendant laquelle le président de l’UIMM aurait effectué de gros retraits de cash -jusqu’à 200.000 euros- dans une agence parisienne de la BNP. Opération qui n’aurait pas manqué d’alerter la banque, à qui Denis Gautier-Sauvagnac aurait assuré que lesdits fonds étaient destinées aux œuvres sociales de la métallurgie, notamment à ses malades ou retraités.
Les dirigeants de la BNP auraient toutefois décidé, dans le respect de leurs obligations, d’alerter Tracfin. Or cette dernière aurait découvert que les retraits se seraient poursuivis jusqu’au début de l’année. D’où le feu vert de Bercy pour que le dossier soit transmis au parquet de Paris.

L’intéressé récuse tout soupçon

Il appartiendrait donc, désormais, à la justice de vérifier les comptes de l’UIMM approuvés chaque année par des commissaires aux comptes et de déterminer les éventuels destinataires de ces 5,64 millions d’euros.
Contacté par le quotidien, Denis Gautier-Sauvagnac a récusé tout soupçon et se montre prêt à s’exprimer devant la justice. « Nous n’avons rien à voir, ni de près ni de loin, avec des malversations qui relèvent de Tracfin », a-t-il réitéré à son entrée à la réunion des partenaires sociaux sur la pénibilité au travail. « Ni l’IUMM, ni mon nom, ne sont liés à des affaires de Tracfin ». « Je ne suis pas allé en personne à la banque, cette information est totalement fausse, et je réserve toute autre information aux autorités compétentes qui me le demanderont ».
L’UIMM a affirmé, elle, que son nom ne peut « en aucun cas être mêlé à des malversations » et que « toutes les informations nécessaires seront fournies aux autorités compétentes ».

http://www.challenges.fr/20070926.CHA1016/ouverture_dune_enquete_sur_les_retraits_attribues_a_gau.html