Daniel Schneiderman



Encore une fois : si cela n’était pas sorti dans les blogs, qui en aurait parlé ? Quand on voit à quel point les grands patrons des médias et les rédacteurs s’auto-censurent pour ne pas déplaire à Sarkozy, on se dit que – malgré tous leurs défauts – heureusement qu’il y a le canal des blogs pour « sortir » les affaires qui ne vont pas tarder à arriver…Comme disait Robert Fisk : « Quand on voit de tels journaux, on ne s’étonne pas que les gens préfèrent cliquer sur Google Actualités plutot que de tourner les pages d’un journal »

[Blog PEOPLE – 11.10.2007]

Le divorce entre les époux Sarkozy, Cécilia et Nicolas, s’annonce comme plus probable de jour en jour. Cette rupture des Sarkozy enflamme les relations entre la grande presse et la blogosphère. Lire la polémique opposant Laurent Joffrin du journal Libération à Daniel Schneidermann et versac : RUMEUR DE DIVORCE AVEC CECILIA SARKOZY.

Extrait:

« Il semble que Cécilia Sarkozy et le couple présidentiel soient pris en otage d’une guerre d’information entre Internet et les médias traditionnels : qui diffusera le premier une information, vraie ou supposée, qui lui donnera la plus grande ampleur, le plus gros buzz, qui produira l’analyse la plus fine, qui effectuera le meilleur décryptage, qui se livrera le premier au contre-décryptage du décryptage…?

Au sein de cette guerre entre anciens et nouveaux médias, toutes les vérités sont approximatives : les articles cités contiennent tous des exagérations, motivées par la position de l’un ou l’autre dans cette bataille : Laurent Joffrin exagère en parlant de rumeur “reprise ensuite dans la blogosphère à l’infini”, versac exagère tout autant en étouffant la part prise par Internet à cette diffusion (le site Bakchich), et annonçant un boycott personnel de Libération, quant à Schneidermann, souvent fin analyste, malheureusement un peu aigri depuis son licenciement, il semble à son tour utiliser cette affaire pour régler des comptes avec les journalistes, se faisant le nouvel héraut du Net. Quitte à fausser sa démonstration : utilisant un indicateur “Google Actus” qui pointe davantage vers les grands sites institutionnels que vers la blogosphère, donc démontrant ce qu’il souhaite démontrer : l’implication des médias tradis plutôt que celle de la blogosphère. »

la suite sur le blog Sarkozy

http://people.blog.20minutes.fr/archive/2007/10/11/sarkozy-le-divorce-avec-c%C3%A9cilia-enflamme-les-relations-entre.html 


 

Carrément deux sites qui cognent et « déconstruisent » Daniel Schneidermann. Ben dis-donc, il a su se faire des ennemis, le Daniel.

Le site « Arrêt sur pillages » (http://rezo.net/pillages/ ) recense les multiples « emprunts » que Schneidermann a fait au travail des autres. C’est plus anecdotique qu’autre chose. Par contre le site « Arrêt sur paroles », dont je cite l’introduction ci-dessous, est nettement plus intéressant de par sa reflexion sur le journalisme d’aujourd’hui et sa relation aux pouvoirs.

 

Concentrations dans le monde des médias, perte de lectorat pour la presse quotidienne nationale, d’indépendance des journaux et des journalistes par rapport au pouvoir économique, ambiguïté des rapports avec le pouvoir politique, la presse et toute la corporation journalistique sont en crise depuis de nombreuses années. La défiance du public vis à vis des journalistes est importante, et ce (contre) pouvoir a lui même engendré son propre contre-pouvoir : la critique des médias.

Celle-ci semble s’articuler autour de deux axes différents : la critique dite « radicale » des médias qui se trouverait à la marge du système – bien qu’animée par des journalistes de profession – et une critique « de l’intérieur », qui tente de s’accommoder avec plus ou moins de bonheur aux « structures » médiatiques existantes. Les deux conceptions, si elles ne s’opposent pas, cohabitent à peine; la première regardant la seconde avec méfiance voir mépris; cette dernière, recevant les objections comme des attaques, réagissant de manière souvent corporatiste. Qu’elle vienne de simples citoyens ou de journalistes animés par des principes d’indépendance, de déontologie et tout simplement de démocratie, la critique des médias risque ce que tout mouvement dissident prenant de l’ampleur risque : la récupération.
Il convient de ne pas verser dans l’angélisme : il n’y a pas de « bons critiques des médias » d’un côté, et des « imposteurs » de l’autre. À propos de l’écrivain autrichien Karl Krauss (par ailleurs célèbre pour sa critique des médias !), Pierre Bourdieu disait qu’on a sans doute « quelque intérêt à la morale » (1)… Les garde-fous des médias, radicaux ou pas, doivent avoir les leurs. Et c’est aux lecteurs de jouer ce rôle, d’être toujours vigilant y compris envers ceux chez qui nous aiguisons notre esprit critique.

Dans cet univers, le cas de Daniel Schneidermann est très singulier. (suite…)
http://arretsurparoles.free.fr/index.php?2037/03/25/1-avant-propos


Censure de la vidéo de la dernière émission d’Arrêt sur images sur france5.fr : Odebi demande à France 5 une remise en ligne immédiate.

[ODEBI – Communiqué 04-07-2007 ]
La vidéo de la dernière d’Arrêt sur Images a disparu du site france5.fr [1]. Cette ‘dernière’ commençait par un sujet sur la vidéo de Nicolas Sarkozy au G8, présentée par une chaîne de télévision étrangère comme démontrant l’état d’ébriété du Président français. Cette vidéo de Nicolas Sarkozy avait ensuite été uploadée, puis visionnée plus de 15 millions de fois sur internet.
Le lien vers la vidéo mène à une page [2] où elle était disponible, et qui indique actuellement : »Les informations de cet article ne sont plus ou pas encore disponibles ! »

Or, par précaution, le fichier a pu être intégralement downloadé et sauvegardé. Cette façon de faire de France 5 rappelle la censure par Arlette Chabot d’une vidéo démontrant des violences policières durant les émeutes de banlieue fin 2005 : étrangement les JT de France 2 étaient disponibles en vidéo sur france2.fr, mais pas celui démontrant ces violences policières. [3]

Il semble donc que France 5 n’a pas encore compris que cette tentative d’occultation est ridiculement vouée à l’échec.

Odebi demande à France 5 la remise en ligne immédiate de cette vidéo sur france5.fr. Les anciens médias doivent comprendre qu’il n’est de toutes façons plus possible d’empêcher la diffusion d’une information sur internet, et que toute tentative de censure ne peut que donner encore plus de visibilité à ce qu’ils tentent de cacher.

http://www.odebi.org

[1] Décrypteurs sans frontières : dernière diffusion le dimanche 17 juin 2007 : http://www.france5.fr/asi/008182/38/


Daniel Schneiderman est content, il a eu ce qu’il voulait… se refaire une santé en se présentant comme un martyr de la droite. Mais la provoc Schneiderman n’excuse en rien la direction de France 5. Il est évident que l’émission Arrêt sur images dérangeait… Schneiderman a juste été assez con pour leur filer un argument pour le virer. Sa cause aurait été plus défendable s’il s’était contenté de faire son boulot… et peut être de décrypter sa propre politique médias.

[ACRIMED – Henri Maler – lundi 2 juillet 2007]
Le 1er juillet 2007, l’animateur d’« Arrêt sur images » annonce sur le Bigbangblog avoir été licencié pour faute grave. La direction de la télévision publique lui reprocherait d’avoir « tenu des propos inadmissibles », d’avoir « laissé entendre que l’arrêt de l’émission était lié à des « pressions politiques » » – de « « graves accusations » [qui] mettent non seulement en cause « l’indépendance de la direction du groupe France Télévisions et de la chaîne, mais aussi l’indépendance et la qualité du travail de certains journalistes d’autres chaines du groupe » » – et d’avoir « organisé « de façon délibérée une campagne de dénigrement à l’encontre des dirigeants de la chaine et du Groupe allant jusqu’à des attaques personnelles envers son président Monsieur Patrick de Carolis dans le but de faire pression ». »

Les syndicats de France 5 qui déploraient, eux aussi, une « campagne de dénigrement orchestrée par Daniel Schneidermann » sont-ils satisfaits ? Pour une fois que le patron leur donne raison…

L’affaire sera vraisemblablement portée devant le tribunal des prud’hommes à qui il appartiendra de juger du caractère abusif ou non de la procédure. Pour nous, c’est tout vu : légal ou pas, ce licenciement est, quelle que soit la décision du tribunal, totalement illégitime. Point.

La désinvolture, l’arrogance et la brutalité de la direction de France 5 sont révélatrices des abus de pouvoir des (petites) oligarchies cooptées aux commandes de l’audiovisuel public. Comme le confirme la récente suppression de « La bande à Bonnaud » [1] sur France Inter, ces hiérarques décident, les yeux rivés aux courbes de l’audimat, des émissions que les consommateurs doivent consommer..

Défendre l’existence d’une émission contre ces censeurs [2] , ce n’est en rien soustraire son contenu à la critique. Ni participer à la canonisation de Daniel Schneidermann, en martyr de la critique des médias. (…)

http://www.acrimed.org/article2664.html