Ali Abunimah



[Centre Palestinien des Droits de l’Homme – 12/04/2008 – Trad. Hichem Benabli]

Rapport hebdomadaire sur les violations des droits de l’homme par Israël dans les territoires occupés – semaine du 3 au 9 avril 2008 :

– 8 Palestiniens, dont un enfant et un agriculteur dans son champ, ont été abattus par Tsahal dans la bande de Gaza.

– 5 de ces victimes, dont un enfant et son oncle, ont été abattues lors d’un raid de cinq heures mené par Tsahal dans l’Est de Gaza.

– Un enfant Palestinien a été écrasé par une voiture conduite par un colon israélien.

– 25 Palestiniens, dont 5 enfants, ont été grièvement blessés par les raids de Tsahal en Cisjordanie et à Gaza.

– Tsahal a mené 30 attaques militaires contre des villes en Cisjordanie et 7 raids contre Gazas.

– En Cisjordanie, Tsahal a arrêté 65 civils Palestiniens, dont 7 enfants et une jeune fille, tandis que, à Gaza, l’armée israëlienne a arrêté 10 autres civils, dont 3 enfants

– Tshal a arraché des oliviers et saccagé au moins 125 donums [31 hectares] de terres agricoles.

– Tsahal a endommagé plusieurs batiments et centres vitaux civils dans le nord de la ville de Gaza.

– Tsahal a mené des attaques contre les locaux d’ONG et d’organisations caritatives à Ramallah et à al-Bireh.

– Tsahal a fouillé et saccagé des locaux d’ONG, des mosquées et des magasins à Qalqilya, et fermé les locaux et entrepôts de 4 organisations caritatives.

– La crise énergétique à Gaza s’aggrave.

– 6 civils palestiniens ont été arrêtés par des soldats israéliens sur des check-point en Cisjordanie.

– 2 colons israéliens ont attaqué et menacé de mort une famille palestinienne à Nablus.

Résumé : Les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire par Israël ont connu une importante escalade durant cette période, surtout dans les territoires occupés, notamment Gaza.  (3 – 9 April 2008):

http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/ASAZ-7DKHQM?OpenDocument


Voilà qui montre encore une fois que le « désengagement » israélien est totalement bidon. Comment peut on parler d’autorité palestinienne quand c’est l’armée israélienne qui détient les clés des portes et des fenêtres du Ghetto ?

[Hichem Benabli – IES News Service – 17/4/2008]

L’ancien président Jimmy Carter, en voyage au Moyen-Orient, s’est vu refuser l’accès à Gaza par les autorités israéliennes, qui bloquent tous les passages frontière vers ce territoire, techniquement sous contrôle Palestinien. Le passage de Rafah, aus Sud, est contrôlé par l’Egypte qui en a également fermé l’accès.  L’ancien président US est boycotté par Israël à cause de son intention de rencontrer le chef du Hamas, Khaled Meshaal, à Dams, ce vendredi.  Il est la cible d’une violente campagne de dénigrement par le Lobby-Pro-Israël au Etats-unis et en Europe pour avoir affirmé, dans un ouvrage paru en 2006, que les territoires palestiniens occupés vivaient un « régime d’apartheid » et critiquant le mur qu’érige Israël sur des terres palestiniennes en Cisjordanie.


La hantise d’un « mouvement des droits civiques », dans lequel les  Palestiniens se mettraient soudain à scander « One Man, One Vote » fait depuis longtemps peur aux politiques en Israël. Ils savent que si les Arabes abandonnaient la violence pour réclammer l’égalité, Israël perdrait l’unique justification de sa politique militariste et expansioniste… et perdrait également le soutien d’une bonne partie de la gauche juive aux Etats-unis…

C’est pour cela que Israël encourage toujours les mouvements les plus radicaux (comme le Hamas, une fabrication israélienne pour saper Arafat) et s’arrange pour maintenir toujours une certaine tension sur le terrain, afin d’encourager la violence dont elle a besoin pour justifier son existence…

Ali Abunimah ne dit rien d’autre dans « Israël a besoin de la fiction d’un Etat Palestinien pour continuer à exister »

[Miko Peled – The Electronic Intifada – 29/03/2008 – Trad. JPP]
Maintenant que le Kosovo est un Etat indépendant, émergeant des ruines de l’ex-Yougoslavie, des parallèles sont tirés entre les Balkans et le Moyen-Orient. L’une des réactions à cet évènement émane de la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tzipi Livni. Cela ne la dérange pas si les Palestiniens suivent l’exemple des Kosovars et proclament un Etat ; ce qui l’inquiète, c’est que les Palestiniens réclament les mêmes droits que les Israéliens.

Ajoutant à la crainte des Israéliens de voir surgir une demande pour des droits égaux, Ahmad Khalidi écrit, dans un article récent dans The Gardian, qu’on n’a jamais proposé, comme actuellement, un Etat aussi peu attractif aux Palestiniens et que ceux-ci pourraient faire le choix qui est le « pire cauchemar d’Olmert » : appeler à un « véritable partenariat pour le partage du territoire ». Livni et Olmert ont dit que l’éventualité d’une telle égalité les empêchait de dormir, et ils ont de bonnes raisons pour cela.Une fois que le discours passe de « l’autodétermination » à « la liberté et à la démocratie », comme Ahmed Khalidi le fait remarquer, la marque sioniste de l’apartheid n’a plus qu’à s’effacer et à laisser la place à une démocratie laïque naissante.

Trois arguments vont être avancés ici en faveur de la transformation de l’Etat de ségrégation raciale qu’est Israël en un Etat de démocratie laïque sur l’ensemble de la Palestine/Israël historique :

1 – Pour parvenir à un règlement durable au conflit israélo-palestinien, il faut mettre un terme à la domination d’Israël sur la terre, les personnes et le discours, les deux côtés doivent négocier à égalité. Dans le même temps, toute recherche de solution doit prendre en compte le fait qu’Israël n’acceptera pas de bon gré une telle parité et s’emploiera de toutes ses forces à maintenir sa domination.

2 – Aussi longtemps que l’essentiel des efforts pour solutionner le conflit se concentrera sur la partition de la Palestine/Israël historique, il n’y aura aucune solution au conflit. L’idée de partition a aujourd’hui fait faillite et la défendre ne fait que permettre à Israël de dominer le discours et d’assurer son contrôle violent sur les Palestiniens et sur leur terre.

3 – La solution connue pour un seul Etat n’est plus une option avancée par quelques-uns, elle est maintenant devenue réalité ; les actes et les débats doivent maintenant se concentrer sur la transformation d’un système raciste, ségrégationniste aujourd’hui en place, en un système démocratique laïc de gouvernement. Le règlement du conflit ne consiste pas partager la terre avec toujours plus de ségrégation, mais à couper les institutions gouvernementales de leur identité unique, pour les deux côtés. L’Etat doit être au service de tous, représenter chaque Israélien et chaque Palestinien vivant entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée.

http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2008/03/30/8528513.html 


Un état ethniquement pur ? La dernière personne qui a tenté de faire cela s’appellait Milosevic et nous l’avons noyé sous un déluge de bombes… comment Israël peut il être « démocratique » quand il traite une partie de sa population de souche comme des sous-hommes ?

[The Guardian – 29/11/2007]
Le premier ministre israélien à a averti que « l’Etat d’Israël disparaîtra » si un Etat palestinien n’est pas créé à ses côtés. Dans ces déclarations d’une candeur inhabituelle, M. Olmert estime que l’alternative est un conflit social comme celui qu’a connu l’Afrique du Sud contre l’apartheid.

M. Olmert a usé de cette dernière référence, explosive en Israël, alors qu’il est de retour dans l’Etat hébreu après la conférence sur le Proche-Orient d’Annapolis et qu’il doit tenter de préparer son opinion à de difficiles négociations avec les Palestiniens, censées aboutir à la création d’un Etat palestinien d’ici la fin 2008.

Le Premier ministre israélien estime depuis longtemps que le développement démographique ne joue pas en faveur d’Israël, mais les déclarations publiées jeudi dans le quotidien « Haaretz » sont parmi ses plus controversées. Les responsables israéliens rejettent effectivement toute comparaison avec le régime d’apartheid d’Afrique du Sud.

Ce n’est pas la première fois que Olmert compare Israël au régime blanc d’Apartheid dans l’ancienne Afrique du Sud. Il y a quatre ans, quand il était vice-premier ministre sous Ariel Sharon, il avait proposé qu’Israël se retire de la plupart des territoires envahis en 1967 afin de « créer un Israël avec un maximum d’israéliens et un minimum de palestiniens ».

Olmert a également averti que la diaspora juive ne soutiendrait plus Israël si le débat se focalisait autour de la question « un homme, une voix ».

« Les organisations juives, qui représentent notre base de pouvoir en Amérique, seront les premières à nous attaquer, » a expliqué Olmert à Haaretz, « car elles diront qu’elles ne peuvent soutenir un Etat qui n’est pas en faveur de la démocratie et des mêmes droits de vote pour tous ses résidents. Cela fait quatre ans que je le dis« .

Pour M. Olmert la création d’un Etat palestinien, but affiché de la reprise des négociations décidée à Annapolis, est dans l’intérêt d’Israël – sinon tôt ou tard Israël devra formellement annexer les territoires occupés et donner les mêmes droits aux résidents de ces territoires.

« Le jour viendra où la solution à deux Etats s’effondrera, et nous ferons face à un conflit de type sud-africain pour l’égalité du droit de vote« , a-t-il déclaré. « Dès que cela arrivera, l’Etat d’Israël disparaîtra« .

Les juifs forment la majorité des résidents au sein d’Israël, formant environ 80% de la population de 7 millions. Mais si on ajoute la Cisjordanie et Gaza, les arabes forment la moitié de la population de la région.

Les 1,5 million d’Arabes vivant en Israël ont actuellement le droit de vote, tandis que les 3,5 millions d’habitants de Gaza et de Cisjordanie n’ont ni citoyenneté ni droit de vote israéliens.

http://www.guardian.co.uk/israel/Story/0,,2219066,00.html?gusrc=rss&feed=networkfront


COMMENTAIRE DE JEFF BLANKFORT : J’attire votre attention sur ce reportage, exemplaire de par sa déontologie journalistique, tellement rare dans les médias américains. Time va non seulement recevoir des milliers de courriers de protestation des lobbyistes juifs, menaçant de se désabonner au cas où ils ne l’auraient pas déjà fait, lâchant les chiens des officines sionistes de chasse aux sorcières antisionistes comme Camera et Honesteporting et, très vraisemblablement, organisant des visites en chair et en os de certains des censeurs les plus puissants du Lobby, tel Abe Foxman de l’Anti-Defamation League ou le président tout aussi odieux, bien que moins vociférant, de l’American Jewish Congress, David Harris. Heureusement, le parlement est en vacances, sinon nous aurions assisté à l’adoption d’une résolution contre Time pour avoir apporté « assistance et réconfort à un ennemi d’Israël »… Aussi Time a-t-il besoin de vos courriers d’encouragement et de vos abonnements, si cela vous dit. Andrew lee Butters, ce journaliste qui n’a pas froid aux yeux, a besoin de notre soutien.

PS : l’adresse mél de Time est letters@time.com et son numéro de fax est le 1-212-522-8949. Vous pouvez aussi envoyer votre lettre d’encouragement à cette adresse :
TIME Magazine Letters,
Time & Life Building, Rockefeller Center,
New York, N.Y. 10020
votre lettre devra comporter votre nom complet, votre adresse et votre numéro de téléphone. Soyez bref ! ]

UNE PAIX RELATIVE A GAZA
[Andrew Lee Butters, depuis (la ville de) Gaza – Time Magazine, 2 août 2007 – Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier]

Patrouillant le quartier de Shijaiyah, le plus dur de la ville de Gaza, le lieutenant Naim Ashraf Mushtaha, trente-et-un ans, officier de la Force Exécutive du Hamas, débusque un homme en civil, portant un fusil d’assaut M-16, en train de marcher entre les étals encombrant la rue, en plein jour. Ses officiers encerclent prestement le suspect, lui demandent de décliner son identité, et de leur remettre son arme. L’homme s’avère un membre d’un des clans les plus puissants du voisinage – il refuse de remettre son flingue. « Comment que je m’appelle, déjà, les mecs ?», crie-t-il à la foule des badauds curieux, qui commence à s’étoffer. « Mohassi Abbas ! » répondent-ils tous en chœur. « Alors, vous voyez bien : tout le monde sait qui je suis ! », dit l’homme au fusil. « Je me moque de qui tu peux bien être », dit calmement Mushtaha, sans élever ni la voix, ni son arme. « Les lois sont pour tout le monde ».

L’état de droit est de retour, à Gaza. Voici encore seulement deux mois, cette languette côtière de dunes sablonneuses et de jungles de béton, abritant environ un million et demi de Palestiniens, était un des endroits les plus dangereux sur notre planète. En juin, après quelques jours de guerre intestine, le Hamas, une formation palestinienne combattante, a pris le contrôle de Gaza sur son rival, le Fatah. Depuis lors, Gaza est en état de siège. Pratiquement tous les chargements, à l’exception des fournitures humanitaires de première nécessité, sont interdits d’entrée, et presque aucune marchandise ne peut sortir. Ce blocus s’inscrit dans une stratégie israélo-américaine visant à isoler le Hamas, dans l’espoir que les Palestiniens se détourneront de ses dirigeants islamistes, qui n’ont jamais reconnu Israël, au profit du Fatah, qui est pris d’un prurit de processus de paix. Jusqu’ici, ce plan de marche pas. Ayant les coudées franches pour gouverner comme il l’entend, le Hamas conquiert le soutien populaire et acquiert une capacité militaire qui survivra très vraisemblablement au blocus international.
(suite…)


[Ali Abunimah – The New York Times – 21/06/07 – Trad. Grégoire Seither]
Il est très intéressant de noter que ce matin les quotidiens The Washington Post et The New York Times ont chacun de leur côté publié une tribune d’Ahmed Yousef, une des principaux conseillers politiques d’Ismail Haniyeh, le premier ministre démocratiquement élu de l’Autorité Palestinienne et qui a été limogé de manière unilatérale par Mahmoud Abbas pour être remplacé par un « gouvernement d’urgence » mandaté et soutenu par les Etats-unis et Israël.

Chaque tribune développe un point de vue particulier et chacune doit être lue avec attention par toute personne curieuse de connaître les stratégies et les intentions du Hamas. Il faut aussi se souvenir d’une autre tribune, écrite l’an dernier par M. Youssef, dans laquelle il affirme que « le Hamas est intéressé par une trève durable et à long terme, un état de « non-guerre » qui permettrait de dégager l’espace nécessaire pour que les peuples israéliens et palestiniens se mettent d’accord sur une paix durable. » En arabe, ce type de trève, qui ne met pas fin au conflit mais le suspend dans l’attente d’une résolution, est appelé « houdna ».

Yousef ajoute, « Un tel concept – une période de non-guerre lors de laquelle le conflit n’est pas résolu – paraît étragne aux occidentaux et a été accueilli avec beaucoup de suspicion dans les milieux diplomatiques européens et états-uniens. Pour bon nombre de mes interlocuteurs occidentaux, il semble impossible de suspendre la violence sans mettre fin au conflit.

(suite…)