The Constitution Project



Pourquoi l’Administration Bush se cramponne t’elle tellement à son projet de « Real ID » (c’est à dire l’instauration d’une carte d’identité nationale) ? Ce n’est pas pour des raisons de lutte anti-terroriste, cela fait 250 ans que les USA se passent de carte d’identité et cela marche très bien…

Non, la raison pour laquelle les petits génies Républicains insistent pour que la « Loi Real ID / Proposition 200 » devienne obligatoire dans l’ensemble des états de l’Union avant cet été, c’est parce que cela va permettre de faire passer à la trappe, lors des élections de novembre prochain, quelques millions d’électeurs.

Dans une élection présidentielle ou la victoire se joue souvent sur 60 000 voix, ce n’est pas négligeable.

Surtout que les personnes qui se voient refuser l’accès au bureau de vote pour « absence de véritable document d’identité » (c’est à dire qu’ils ne peuvent présenter que le traditionnel permis de conduire, accepté partout ailleurs) sont majoritairement issues des ‘couches pauvres’ de la société. Dans les états comme la Floride et l’Arizona, cela signifie que ce sont des Noirs ou des Hispaniques… des gens connus pour voter fortement Démocrate. (cf. étude ACLU – citée par Greg Palast).

Ceci explique cela…

[Gregor Seither – IES News Service – 25/03/2008]

Toujours aucun compromis en vue dans le conflit qui oppose l’administration Bush à certains Etats qui refusent d’appliquer les nouvelles directives en matière de documents d’identité sécurisés, y compris les permis de conduire.

Pour les personnes vivant dans ces Etats ‘réticents’, la dispute est cruciale : si l’Administration décide de passer outre l’opposition locale, ils risquent de se voir refuser l’embarquement dans les aéroports, voire interdire l’accès à certains batiments de l’administration fédérale, pour cause de « pièce d’identité non conforme ».

La source du conflit est la loi « Real ID » qui impose des nouvelles mesures de sécurité pour la délivrance des permis de conduire (une prérogative des Etats). L’administration Bush insiste sur le fait que cette loi, votée après les attaques du 11 septembre, a pour but de lutter contre le terrorisme, les escrocs ainsi que les immigrés clandestins. (suite…)


[The Sunday Herald – 25/11/2007 – Trad. Grégoire Seither]

La vision de l’avenir fait froid dans le dos : à quoi va ressembler la Grande Bretagne dans 10 ans ? Si on en croit un rapport officiel, ce sera un univers dans lequel la Forteresse Grande-Bretagne surveillera ses citoyens à l’aide d’une escadrille de mini drones espions, où la justice est appliquée de manière préventive, comme dans le film Minority Report, où les classes inférieures sont piégées dans quartiers ghettos sous surveillance constante par l’Etat, où les travailleurs fourmis sont obligés d’adopter le mode de vie et les valeurs des méga sociétés pour lesquelles ils travaillent, et où les super riches vivent à l’abri des murs qui entourent leurs quartiers résidentiels, protégés 24/24 par des caméras de surveillance et des entreprises privées de gardiennage.

Cette vision orwellienne du futur a été compilée par le groupe d’étude Surveillance Studies Network – qui rassemble des universitaires et des spécialistes de la délinquance, de la surveillance et de la défenses des libertés publiques – à la demande du « UK Information Commissioner » – un organisme indépendant mis en place par le gouvernement britannique pour protéger la vie privée et les données personnelles des citoyens britanniques.

En Novembre 2006, le rapport, intitulé « A Report on the Surveillance Society » a été analysé et débattu par un groupe choisi de conseillers du gouvernement, d’hommes politiques, de haut gradés de la police et d’universitaires spécialisés dans les questions de sécurité intérieure. Ce panel a confirmé la conclusion qui figure en exergue du rapport : « Nous vivons déjà dans une société de surveillance. » Le président de la commission, Richard Thomas, se range entièrement derrière les conclusions du rapport « Je crains que nous nous réveillons un peu tard, et découvrons que la société de surveillance nous encercle déjà entièrement. » (Une synthèse du rapport, en français, à été publiée sur le site Privacy Conference)

Les experts qui ont dressé ce sombre tableau de notre avenir proche ne se sont pas basés sur des prévisions fantaisistes mais sur des technologies existantes déjà déployées, des outils et méthodes annoncés par les différents acteurs et constructeurs du marché de la surveillance, des déclarations faites par les autorités ainsi que de nombreuses études et propositions faites par des think tanks, législateurs, organisations professionnelles et chercheurs.

Pour les auteurs du rapport, la tendance centrale de l’avenir sécuritaire sera la « surveillance omniprésente et invisible » dont le but est de pister les citoyens, d’analyser leur comportement afin de prédire leurs actions et prévenir tout comportement déviant. Ils précisent par ailleurs qu’ils ont veillé à rester dans le domaine du « fortement probable » pour leurs hypothèses d’avenir et que la réalité « pourrait être bien plus autoritaire et dystopienne que nos prévisions« .

Voici à quoi pourrait ressembler la société britannique (et occidentale) en 2017. (suite…)


Cet article du Boston Globe qui détaille les plans de la Maison Blanche en cas d’imposition de l’état d’urgence, fait l’impasse sur l’essentiel : la Constitution des Etats-unis ne prévoit pas ce type de mesures en cas d’urgence.

Les pères fondateurs et les juristes constitutionnels des ces 250 dernières années ont eu à affronter des périls bien plus graves pour la Nation qu’un attentat de l’ampleur du 11 septembre 2001 – l’invasion par des troupes anglaises qui brûlèrent Washington, la sécession de la moitié du pays lors de la Guerre Civile par exemple…

Or la Constitution prévoit que, dans le cas d’une vraie crise menaçant le pays, le pouvoir doit revenir aux Etats formant l’Union et non à des individus sans aucune légitimité démocratique, nommés par décret Présidentiel.

C’est non seulement ce que prévoit la loi mais c’est en plus une conclusion logique. Le gouverneur d’un Etat sera toujours mieux placé pour gérer une crise au niveau local qu’un quelconque émissaire de Washington, qui ne connaît personne et n’a pas de réseaux sur le terrain, nommé parce qu est un copain du Président. La performance ‘mirobolante’ de Michael Brown, ex-directeur de FEMA lors de l’ouragan Katrina aurait au moins dû nous apprendre cela.

LA MAISON BLANCHE RÉVISE SES PLANS EN CAS DE CATASTROPHE OU D’ATTENTAT MAJEUR
[Charlie Savage – Boston Globe – 02/06/07 – Trad. Grégoire Seither]

L’administration Bush est entrain de mettre en place un programme logistique destiné à assurer le maintien du contrôle gouvernemental suite à une éventuelle attaque terroriste à très grande échelle ou une catastrophe naturelle de très grande ampleur. C’est la première fois que ce genre de plan est préparé au sein de la Maison Blanche et non pas, comme cela a été le cas ces 50 dernières années, par les experts en protection civile de l’agence FEMA (Federal Emergency Management Agency).

Le nouveau plan – dont d’importantes sections sont classées ‘secret défense’ – oblige toutes les agences et organismes publics de définir une chaîne de commande claire afin de faire face immédiatement dans le cas où des cadres dirigeants ou les directeurs seraient tués. Les agences d’Etats doivent par ailleurs implémenter une stratégie d’évacuation et de mise en place de QG provisoires dans un délai maximal de 12 heures après la catastrophe. Tous les services publics doivent « se préparer a diriger et soutenir la nation lors d’une crise » – cette mission allant de « apporter la preuve visible d’un leadership effectif, tant vis à vis des citoyens du pays que du reste du monde » jusqu’à « mettre hors d’état de nuire et traduire devant la justice les personnes s’étant rendues coupables de crimes ou d’attaques ».

Cette nouvelle politique remplace le « Plan de continuité du gouvernement » élaboré durant l’ère Clinton. Les termes exacts de l’ancien plan ne sont pas connus du grand public, pour des raison de sécurité, mais les spécialistes de la sécurité et les officiels gouvernementaux qui ont pu le consulter disent que le nouveau Plan, élaboré par l’équipe autour de George W. Bush, centralise le contrôle des opérations à la Maison Blanche et insiste beaucoup plus qu’avant sur les menaces d’ordre terroriste. « Al-Qaïda les préoccupe plus que Katrina » commente un représentant de la Maison Blanche. . .

(suite…)