Sicko



[Michael Moore, Common Dreams, 29 septembre 2008 – Trad. Contreinfo]

Permettez-moi d’aller droit au but. Le plus grand holp-up de l’histoire de ce pays se déroule au moment même ou vous lisez ces lignes. Aucune arme à feu n’est utilisée, mais 300 millions de personnes ont été prises en otages.

Ne nous méprenons pas : Après avoir dérobé 500 000 milliards de dollars qui ont été empochés depuis 5 ans par leurs soutiens les profiteurs de guerre, après avoir garni de plus d’une centaine de milliards de dollars les poches de leurs amis les pétroliers depuis deux ans, Bush et ses potes – qui doivent bientôt quitter la Maison Blanche – sont en train de piller le Trésor américain de chaque dollar qu’ils peuvent récupérer. Ils prennent dans le coffre autant qu’ils pourront en emporter en se dirigeant vers la sortie.

Peu importe ce qu’ils disent, peu importe les mots terrifiants qu’ils emploient. Ils recourent encore une fois à leurs vieux trucs consistant à créer la peur et la confusion afin de rester parmi les 1% les plus riche. Il suffit de lire les quatre premiers paragraphes de l’article de la une lundi dernier dans le New York Times, pour comprendre la réalité du contrat proposé :

« Au moment même où les responsables politiques travaillent sur les détails d’un plan de sauvetage du secteur financier de 700 milliards, Wall Street commence à chercher le moyen d’en tirer profit.

Les entreprises financières ont exercé un lobbying afin que toutes sortes d’investissements en détresse y soient inclus, en plus de ceux qui sont liés aux prêts hypothécaires.

Dans le même temps, les firmes de gestion d’investissement intriguaient pour que leur soient confiés les actifs que le Trésor prévoit de sortir du bilan des établissements financiers, un rôle qui pourrait leur faire gagner des centaines de millions de dollars par an.

Personne ne veut rester à l’écart de la proposition du Trésor pour acheter les actifs douteux des établissements financiers.

Incroyable ! Wall Street et ses soutiens ont créé ce gâchis, et maintenant, ils prétendent faire le ménage en s’en mettant plein les poches. Même Rudy Giuliani fait pression pour que son entreprise soit retenue (et payée) pour « consulter » durant le sauvetage.

Le problème, c’est que personne ne sait vraiment ce que cet « effondrement » signifie. Le secrétaire au Trésor Paulson a admis lui-même qu’il ne connaît pas le montant exact nécessaire (il tout simplement sorti ce chiffre de 700 milliards de sa tête !). Le responsable du Congressional Budget Office a déclaré n’avoir pas trouvé de raison à ce montant et ne pouvoir l’expliquer à quiconque.

Pour autant, ils crient que la fin est proche ! Panique ! Récession ! La grande dépression ! Le bug de l’an 2000 ! La grippe aviaire ! Il faut voter le projet de loi sur le sauvetage aujourd’hui ! Le ciel nous tombe sur la tête ! Le ciel nous tombe sur la tête !

Il tombe pour qui ? RIEN dans ce plan de « sauvetage » ne fera baisser le prix de l’essence que vous mettez dans votre voiture pour aller travailler. RIEN dans ce projet de loi ne vous protégera contre la perte de votre maison. RIEN dans ce projet de loi ne vous donnera une assurance maladie.

L’assurance maladie ? Mike, pourquoi en parler ? Qu’est-ce que cela a à voir avec l’effondrement de Wall Street ?

Cela a tout à voir. Ce soi-disant « effondrement » a été déclenché par les défaillances massives et les saisies provoquées par les crédits hypothécaires. Savez-vous pourquoi tant d’Américains sont en train de perdre leurs maisons ? A en croire les Républicains, c’est parce que trop d’idiots de la classe ouvrière ont souscrit des prêts qu’ils ne pouvaient pas assumer.

Voici la vérité : La raison numéro un pour laquelle les gens sont ruinés c’est à cause des dépense de santé . Permettez-moi de l’exprimer clairement : Si nous avions eu une assurance santé universelle, cette « crise » des crédits hypothécaires pourrait n’avoir jamais eu lieu.

Ce renflouement a pour mission de protéger la masse obscène de richesses qui ont été accumulées au cours des huit dernières années. C’est pour protéger l’élite des actionnaires qui possèdent et contrôlent l’entreprise Amérique. C’est pour s’assurer que leurs demeures, leurs yachts et leur « style de vie » ne soient pas remis en causes tandis que le reste de l’Amérique souffre et se bat pour payer ses factures. Laissez les riches souffrir, pour une fois. Laissez-les payer pour ce sauvetage. Nous dépensons 400 millions de dollars par jour pour la guerre en Irak. Qu’ils mettre fin à la guerre immédiatement et nous fassent économiser 500 milliards de dollars supplémentaires !

Je dois arrêter d’écrire et vous devez arrêter de me lire. Ils organisent ce matin un « coup » dans notre pays. Ils espèrent que le Congrès agisse vite avant qu’il ne prenne le temps de réfléchir, avant que nous ayons une chance de les arrêter nous-mêmes. Alors, arrêtez de lire et faites quelque chose et faites le MAINTENANT !

http://socio13.wordpress.com/2008/10/01/par-michael-moore-le-plus-grand-hold-up-de-lhistoire-extraits/


Un employé du service de publicité en ligne de Google a présenté ses excuses aprés avoir – par le biais du blog de l’entreprise – incité les grands groupes privés d’assurance maladie à acheter des publicités attaquant le dernier film de Michael Moore, « Sicko« .

Dans son article sur le blog, Lauren Turner, agent de ventes publicitaires chez Google écrit que « Moore attaque les entreprises d’assurance maladie, les fournisseurs de soins de santé et les entreprises pharmaceutiques en les associant à des cas isolés, présentés sous un angle émotionnel et démagogique et choisis pour présenter le système sous son plus mauvais jour » . Pour Mme Turner, « le film de Moore présente l’industrie de l’assurance maladie comme mue uniquement par les lois du marché et ne s’intéressant qu’aux profits, il fait  totalement l’impasse sur la première des motivations de cette industrie qui est de fournir des soins de qualité aux malades. »

En réponse à cette « propagande« , Mme Turner suggère – toujours sur le blog de Google – aux entreprises d’investir dans le programme publicitaire Google Adwords afin de « mieux manager votre réputation » et « se servir des services de Google pour lancer des campagnes de contre-offensive informationelle : nous pouvons placer des publicités sous forme de texte, des vidéos et des contenus « rich media » dans les résultats des recherches affichés à l’utilisateur voire dans nos sites spécialisés sur notre réseau en expansion constante. »
Turner a du faire marche arrière très rapidement sous le feu des critiques des autres bloggeurs, précisant que son article ne reflétait que « mon opinion personnelle. »

Mais le magazine Forbes note, dans un dossier consacré à cet incident, « avec le développement de la mutation de Google en agence de publicité en ligne, de tels agissements mettent en lumière la relation de plus en plus étroite qui lie Google aux grandes entreprises acheteuses de gros volumes de publicité . Cela illustre aussi le mode de communication non orthodoxe utilisé par Google  pour communiquer avec le public : les blogs. Cela fait longtemps que Google utiliser les blogs comme canal de communication informelle avec ses utilisateurs, tant via son site officiel que via les sites perso de ses employés, rendant parfois difficile de distinguer entre les deux. »

http://www.prwatch.org/spin/


Il y a de cela 30 ans (et oui, je sais…) mes « grand frères » barbus et chevelus de « La Gueule Ouverte » avaient tenté de faire une affiche où l’on voyait une bite crachant un obus… le titre était « Pas d’argent pour l’école, la santé, la culture… mais quand il s’agit de tirer un coup, on trouve toujours les sous ».

L’affiche avait été interdite avant même de sortir de l’imprimerie.

Hier soir, lors de la présentation du dernier documentaire de Michael Moore, SICKO, Mike a dit grosso modo la même chose :

Il y a une scène dans « Sicko » quand le député anglais Tony Benn, dit, « Si nous avons assez d’agent pour tuer les gens (en faisant la guerre en Irak), alors nous devrions avoir assez d’argent pour aider les gens dans le besoin. » Cette phrase déclenche à chaque fois des tonnerres d’applaudissements dans les salles de cinéma.

A l’heure qu’il est les experts militaires estiment que la facture de la guerre de George W. Bush sera d’environ deux trillions de dollars (et c’est pas fini).

Laissez moi vous dire ceci : je ne veux PLUS JAMAIS entendre un politicien me dire  « nous ne pouvons pas assurer le financement » de notre système scolaire, de notre protection sociale, de notre système de soins. De toute évidence, quand il s’agit d’envahir de manière illégale un pays et nous y installer pour une occupation prolongée et aux conséquences désastreuse, alors là oui, il n’y a aucun problème pour « trouver l’argent permettant d’assurer le financement ».

A partir de maintenant, c’est notre responsabilité en tant que citoyens et électeurs, d’exiger de nos gouvernements que l’argent de nos impots soit utilisé pour des choses qui comptent, pour répondre à nos besoins et non pas pour faire de nous le pays le plus détesté au monde.

Amen !