Sam Smith



[Gregor Seither – IES News Service – 18/06/2012 ]

Entrée dans la légende, le scandale du Watergate est une affaire d’espionnage politique qui a entraîné la démission du président des États-Unis Richard Nixon. L’affaire avait débuté avec l’arrestation, dans la nuit du 17 juin 1972, de cinq « cambrioleurs » repérés par un agent de sécurité dans l’immeuble du Watergate, au siège du Parti démocrate. Les hommes arrêtés transportaient du matériel d’écoute ; ils ressemblent plus à des agents secrets qu’à des cambrioleurs. Sur des carnets d’adresses retrouvés en leur possession, on trouve des documents impliquant un certain Howard Hunt et des numéros de téléphone de la Maison Blanche. L’un des cambrioleurs, James McCord, attire particulièrement l’attention : c’est un colonel réserviste de l’armée de l’Air, un ancien du FBI et de la CIA, et surtout un membre du Comité pour la réélection du Président (CRP)

Or, comme le montrent les archives de la police de Washington D.C. déterrées par Sam Smith (Progressive Review), la matin du 17 juin le chef de le police pour le district en question avait passé un savon à l’équipe de policiers en civil, les accusant d’être des jean-foutre qui se la coulaient douce. Il leur avait conseillé d’être un peu plus réactifs, sinon il les reverserait tous dans les patrouilles en uniforme et en voiture de police.

Ce soir là, quand l’agent de sécurité a téléphoné à la police pour signaler qu’il avait repéré des gens à l’allure suspecte dans le Watergate, la police a d’abord voulu envoyer une voiture de patrouille affectée à ce secteur. La voiture ne répondant pas à l’appel radio (les policiers étaient entrain de manger)  l’équipe de policiers en civil a décidé de faire preuve de dynamisme et d’aller voir ce qui se passait au Watergate. Ils ont donc débarqué dans une voiture banalisée et en civil, surprenant les cambrioleurs sur le fait…  si la voiture de patrouille avec des policiers en uniforme avait répondu à l’appel, le guetteur situé de l’autre coté de la rue aurait eu le temps d’alerter ses complices… et l’affaire du Watergate n’aurait jamais eu lieu.

Source:  Wikipedia et Sam Smith, Progressive Review, 2005 http://www.prorev.com


La différence entre la gauche et la droite, c’est que la droite ne cède jamais rien, elle…

[Sam Smith – Undernews – 11/04/2011 – Trad. Gregor Seither]

Monsieur le Président, je suis vraiment désolé d’avoir été aussi obtus de par le passé. Maintenant, je comprends ce que vous vouliez dire. Jusqu’à l’accord obtenu de justesse sur le budget dans la nuit de vendredi dernier, je n’avais jamais vraiment compris l’importance de concepts que vous avez mis en avant pour défendre les amendements apportés au budget de la Nation. C’est vrai, comment pouvais-je ne pas saisir l’importance d’une stratégie privilégiant le débat poli entre adultes censés, le soutien bipartisan, la modération ou encore le simple fait de calmer les ardeurs d’une bande de brutes haineuses en renonçant à tout ce que vous avez promis à vos électeurs.

Je vais essayer de m’amender à l’avenir. A partir de maintenant, je vais me contenter de défendre des politiques qui ont au minimum un soutien majoritaire dans le peuple américain. J’espère que le président Obama, et les médias qui admirent tant sa capacité à s’élever au-dessus de la mêlée, se joindront à moi.

En conformité avec cette décision, je propose pour commencer que nous placions tout en haut de l’ordre du jour les points suivants, dont toutes les enquêtes d’opinion prouvent qu’une majorité d’Américains les soutiennent:

– Le droit des homosexuels à se marier
– Un retrait rapide de nos soldats du bourbier en Afghanistan
– La légalisation du cannabis
– L’abolition du statut légal permettant à une entreprise de se déclarer personne morale (et donc verser des contributions politiques)
– Une plus forte taxation des riches
– L’arrêt des coupes dans la budget de la sécurité sociale.
– L’abolition de la peine de mort.

Monsieur le Président, voulez vous vous joindre à nous, simples citoyens Américains, pour « avoir un débat poli entre adultes censés » sur ces questions?

Et si vous ne voulez pas, est-ce que vous pourriez nous indiquer quels sont les programmes que nous devons menacer d’abolition pour que enfin vous daignez nous prêter attention ? Désolé, nous ne sommes pas encore habitués à ce concept de « débat poli entre adultes censés », on fait de notre mieux pour comprendre…

http://prorevnews.blogspot.com/2011/04/morning-line-mending-my-ways.html


Cette contribution de Sam Smith est à rapprocher du lynchage médiatique en cours dirigé contre Jeremiah Wright par les « biens pensants » aux Etats-unis. Ce qu’on reproche à Wright, ce n’est pas de dénoncer le racisme ethnique « noir contre blanc », mais de dénoncer le « racisme social », riche contre pauvre… Comme le dit Sam Smith, la question de la classe sociale est le fruit défendu du débat politique en Amérique.

[Sam Smith – Undernews – 29/01/2008 – Traduction : Grégoire Seither]

John Edwards a quitté la course présidentielle… et soudain la majorité des analystes et commentateurs « de gauche » se retrouvent orphelins : ils n’ont plus personne sur qui exercer leurs préjugés de classe inavoués qui ont remplacé la discrimination mysogine et raciale parmi l’inteligentsia de ce pays.

L’abandon d’Edwards va permettre aux biens-pensants de choisir leur candidat en toute sérénité : quel que soit le candidat Démocrate pour qui ils opteront, ce sera un choix politiquement correct – une femme ou un noir, l’une diplomée de la Harvard Law School, l’autre diplomé de son équivalent à Yale. En bref, on va pouvoir voter pour des gens issus de notre serail.

J’ai l’impression d’être revenu aux débuts de l’admnistration Clinton. Vous l’avez probablement oublié, mais le cabinet initial de Clinton était composé de 77% de millionaires, largement plus que chez Reagan ou Bush. A Washington, les choix de Clinton passèrent comme une lettre à la poste. Clinton avait fait campagne en promettant que son équipe « aurait le visage de l’Amérique ». Et en effet, vu depuis Washington c’était le cas :  son équipe ressemblait à l’Amérique telle qu’on la voit à  Washington.

Il n’était pas nécessaire de corrompre ou de faire pression sur la presse pour cacher ce fait, la presse ne s’en était même pas rendue compte, tellement c’était normal pour elle. Pourquoi s’offusquer que Clinton prenne dans son équipe des gens que l’on fréquente tous les jours ?

L’une des principales illusions de l’intelligentsia de gauche, c’est qu’elle croit être immunisée contre les discriminations et les préjugés. Oh, oui, il est indéniable que les noirs, les femmes et les gays sont nettement mieux acceptés et pris en compte que ce n’était le cas il y a encore 40 ans. Par contre, si vous êtes pauvre, sans éducation, avec un gros bide, que vous possédez un fusil, êtes originaire du Sud et que votre principale lecture est la bible… alors là, vous verrez que la discrimination est encore là, et qu’elle est impitoyable. Les classes sociales et la culture ont remplacé la race et le genre dans la liste des cibles acceptables. (la suite) (suite…)


[Sam Smith – Editorial Undernews – Juillet 2007 – Trad. Grégoire Seither]

Finalement, il n’a pas tort Bill O’Reilly, le présentateur d’extrême droite sur Fox News, quand il dit que la blogosphère « libérale » (de gauche) est constituée des groupes qui prèchent la haine. Si on prend la peine d’écouter les militants et sympathisants du Parti Démocrate ou des mouvements politiques plus à gauche, on se rend compte que ces gens se définissent bien plus par ce qu’ils haïssent que par ce pourquoi ils se battent.

La gauche aux Etats-unis se berce d’une mythologie dangereuse : l’idée qu’il suffit de se débarrasser de George W. Bush, Dick Cheney, Scooter Libby et Bill O’Reilly pour que tout aille mieux. Le problème c’est que, si vous suivez leurs conseils et votez dans ce sens, vous vous retrouvez avec des dirigeants comme Harry Reid et Nancy Pelosi.

En conséquence, les conversations et discussions des militants de gauche tournent essentiellement autour de leur haine de certains individus. Vous ne les entendrez pas souvent discuter de sujets plus importants pour leur pays, comme par exemple la sécurité sociale, la question des retraites ou l’usure pratiquée par les sociétés de cartes de crédit. Non, ça ne les intéresse pas ça. C’est bien plus important de mettre Scooter Libby en prison.

La « gauche » n’a pas toujours été comme ça dans ce pays. (suite…)