Patriot Act



La « No-Fly-List » contient des centaines de milliers de noms et les autorités U.S. s’en servent pour « punir » ceux qui osent se dresser contre elles. 90% des noms sur cette liste sont ceux de militants sociaux, dissidents anti-Bush voire tout simplement de politiques n’étant pas membres du Parti Républicain… le Sénateur Ted Kennedy, par exemple, ou encore la députée US Barbara Boxer. Cela montre bien qu’il s’agit d’une liste politique, de contrôle social et non d’anti-terrorisme. Le terrorisme a toujours été l’excuse pour le pouvoir qui voulait renforcer la mise sous contrôle des populations.. c’était déjà le cas il y 21 siècles, avec les « trompettes de Crassus« 

PASSAGER INDÉSIRABLE : L’HOMME QUI MENAÇAIT LES ETATS-UNIS
[Maurice Lemoine – Le Monde Diplomatique – Mai 2009]
Samedi 18 avril 2009. Dans cinq heures, le vol Air France 438, en provenance de Paris, atterrira à Mexico. Soudain, la voix du commandant de bord annonce que les autorités américaines interdisent à l’appareil le survol de leur territoire – où il n’est nullement prévu qu’il atterrisse. Parmi les voyageurs, figure une personne qui pose problème « pour des motifs de sécurité nationale ». Le Boeing 747 est dérouté. Son nouveau trajet étant beaucoup plus long, l’avion se pose à Fort-de-France pour refaire le plein de carburant.

Après l’escale en Martinique, le copilote aborde discrètement un passager. « Etes-vous M. Hernando Calvo Ospina ? » Recevant une réponse affirmative, il l’entraîne à l’arrière de l’appareil et lui annonce qu’il est le « responsable » du « détournement ». Colombien exilé en France, journaliste, écrivain, collaborateur du Monde diplomatique, Calvo Ospina se rend au Nicaragua pour ce mensuel. Il a publié de nombreux ouvrages (1) et articles dénonçant la politique du président Alvaro Uribe, le paramilitarisme, le rôle des Etats-Unis en Amérique latine. Comme tout journaliste travaillant sérieusement sur la Colombie, il a eu l’occasion d’interviewer des membres de l’état-major des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). « Ma première réaction, témoigne-t-il, fut d’interroger le co-pilote : “Vous croyez que je suis un terroriste ? ” Il me dit : “Non, et c’est pour cela que je vous préviens.” Il me demanda de ne rien dire à personne, y compris au reste de l’équipage (2). »

Lors de l’arrivée à l’aéroport de Mexico, avec six heures de retard, Calvo Ospina est intercepté, à la demande des autorités américaines, par des fonctionnaires de police mexicains. Ayant en leur possession une douzaine de feuilles sorties d’une base de données, ceux-ci l’interrogent courtoisement, lui expliquant que, depuis le 11-Septembre, les Etats-Unis ont, dans ce domaine, multiplié leurs demandes de « collaboration ».

Le journaliste doit, entre autres choses, préciser s’il est… catholique. « Je répondis que non, mais que je n’étais pas non plus musulman, connaissant la “dimension dangereuse” qu’a pris cette croyance religieuse aux yeux de certaines polices. » S’il sait utiliser des armes ? « Je n’ai même pas fait le service militaire. Mon unique arme c’est l’écriture. » Relâché le dimanche, à deux heures du matin, il pourra repartir sans problème pour Managua.

Ce détournement paranoïaque, en plein ciel, d’un avion de ligne, au prétexte de la présence d’un passager ne présentant aucun danger – avec un coût faramineux pour Air France (carburant, heures supplémentaires de l’équipage et logement à Mexico des nombreux passagers ayant raté leur correspondance) – attire à nouveau l’attention sur l’accord Bruxelles-Washington qui fait obligation aux compagnies aériennes de permettre au Département à la sécurité intérieure américain un accès électronique à leurs données passagers (Passenger Name Records ; PNR). Beaucoup s’imaginent que cette surveillance ne concerne que les vols à destination des Etats-Unis. Il n’en est rien. Les « services » américains s’intéressent aussi, sans qu’ils le sachent, aux voyageurs de tout avion survolant – quand bien même il ne s’y pose pas – eaux territoriales et territoire américains. Big Brother is, plus que jamais, watching you !

(1) Colombie. Derrière le rideau de fumée. Histoire du terrorisme d’Etat, Le Temps des cerises, Pantin, 2008.

(2) Lire le compte-rendu, en espagnol, de Calvo Ospina : « El día en que a Air France se le prohibió sobrevolar Estados Unidos ». Article inédit — mai 2009

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEMOINE/17046


The Power of Nightmares. Al-Qaïda, pure création des services secrets américains

http://aucoursdureel.blogspot.com/2008/03/en-qute-de-donnes.html

Pour ceux qui douteraient que les vrais articles de fond sur le monde mondialisé se trouvent davantage sur Internet que dans la presse écrite formatée et alignée au Nouvel Ordre Mondial, voici un exemple. Cet article est d’un certain Morice, rédigé le jeudi 13 mars 2008.

Que j’aimerais retrouver ces débats de fond et ces informations véritables à des heures de grande écoute sur une chaîne hertzienne!(…)

LE TERRORISME A BON DOS

[Agoravox – 13/03/2008]

J’ai mis en ligne récemment dans un post lors d’une conversation sur le forum Agoravox une référence qui en a étonné plus d’un, et que j’imaginais plus connu que cela : celle d’un remarquable reportage de la BBC, intitule « The Power of Nightmares », signé Adam Curtis, qui détonne plutôt dans le paysage audiovisuel ( http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/3755686.stm ) .

Et pourtant, il n’est pas tout récent, date de 2004, a été diffusé pour la première fois par la BBC le 18 janvier 2005, et affirme sans ambages… qu’Al-Qaïda n’existe pas, tout simplement.

Evidemment ça peut en choquer certains, même trois ans après la sortie du film. Les plus incrédules d’entre nous, qui depuis 2001 gobent tout ce que la propagande gouvernementale américaine veut bien leur faire gober (il y en a, et pas mal ici même chez Agoravox !).

Dans ce remarquable reportage , les auteurs, qui ne sont pourtant ni islamistes ni illuminés, arrivent à démontrer avec brio que la « guerre au terrorisme » n’est qu’une création de l’esprit, et que son outil principal s’appelle Al-Qaïda, pure création des services secrets américains.

A voir les marchés ensanglantés de Bagdad ou les attentats revendiqués, on est en droit de crier au fou. Et pourtant. A bien y regarder, nos journalistes sont plus que crédibles dans leurs assertions, Curtis étant une sommité reconnue, et rejoignent directement des thèses comme celle développées par Webster G.Tarpley, dans sa bible de La Terreur fabriquée  (aux Editions demi-lune) dont on ne saurait trop recommander la lecture.

Dans le reportage, un ancien gradé de la CIA n’y va pas par quatre chemins : “Al Qaeda is not an organization. Al Qaeda is a way of working … but this has the hallmark of that approach.” Voilà c’est dit une bonne fois pour toutes.

Vous vous dites que ça ne tient pas debout, comme théorie ? Et pourtant. Il faut revenir aux sources de la fondation d’Al-Quaïda pour s’apercevoir du décalage énorme entre ce qui en a été dit ou ce qu’on peut encore en dire aujourd’hui, et la réalité. (suite…)


[Agoravox – 13/03/2008]

(…)

Un journaliste plus curieux que la moyenne va plus loin, beaucoup plus loin encore dans cette quête de la vérité sur ces actions horribles. Il est pourtant de la BBC, radio et télévision d’Etat, et affirme lui que des « escadrons de la mort » circulent librement à Bagdad.

On en connaît le principe : pour rejeter la faute d’un groupe sur un autre, on fait exploser quelque part une bombe qui laisse suffisamment de traces accusant l’un des deux groupes. Il ne reste plus qu’à attendre les représailles et à compter les points bien au chaud. Tout gouvernement corrompu a pratiqué un jour ce genre de sport. Un ministre irakien en place l’a même avoué « Iraq’s interior minister has admitted death squads and other unauthorised armed groups have been carrying out sectarian killings in the country. »

L’auteur apportant d’autres précisions : « The ministry of the interior in Baghdad, which is run by the CIA, directs the principal death squads. Their members are not exclusively Shia, as the myth goes. The most brutal are the Sunni-led Special Police Commandos, headed by former senior officers in Saddam’s Ba’ath Party. This was formed and trained by CIA« , dit John Pilger, qui évoque clairement une collusion entre d’anciens partisans de Saddam Hussein et les Américains !

Un comble, et bien le contraire en tout cas du langage officiel ! A deux étages, la collusion : non seulement c’est un ancien Baassiste qui aide les soldats américains, mais aussi les troupes de la mort sont sunnites et non chiites ! Une accusation gravissime !

Qui accuse des vétérans d’une bonne vieille méthode inaugurée il y a bien longtemps déjà : « According to the investigative writer Max Fuller (National Review Online), the key CIA manager of the interior ministry death squads ’cut his teeth in Vietnam before’ in Vietnam before moving on to direct the US military mission in El Salvador« … Du Vietnam à l’Irak, en passant par le Salvador. Le terrorisme a décidément souvent bon dos au pays de la liberté… A vous de vérifier davantage désormais ces informations qui fleurent tant la propagande éhontée. (suite…)


Dorénavant, lutter pour les droits des travailleurs, protester contre la destruction d’un écosystème, militer pour les droits des animaux ou tout simplement critiquer publiquement la politique du gouvernement… tout cela est équivalent à la menace que pose Al Qaïda.

Bush et sa clique néo-con ont réussi à rétablir la dictature, sous un petit manteau « légal »…

Il est bien loin, l’esprit de 1776 !!!

Le rêve américain :LA LOI DE PROFILAGE IDEOLOGIQUE DE 2007 :

[Nikki Alexander – ZMag Online – 1er février 2008 – Trad. Blackjack]
Le 23 octobre dernier, la Loi pour la prévention de la radicalisation violente et du développement du terrorisme domestique (HR 1955) a été adoptée au parlement par 404 voix contre 6. Son pendant devant le Sénat (S.1959) est en cours d’évaluation par le Comité sénatorial pour la Sécurité Intérieure et les Affaires Gouvernementales.

Cette loi étendrait le champ d’application de la Loi sur la Sécurité Intérieure de 2002 en créant une commission nationale autorisée à étudier et identifier les individus et groupes dont les valeurs sociales, les implications politiques ou les croyances religieuses << pourraient >> les mener à commettre des actes violents.

En tout état de cause, cela ne se réfère nullement aux assassinats perpétrés par la CIA, aux brutalités policières, aux meurtres de civils désarmés ni aux tortures qui ont cours dans les prisons secrètes. Cette commission cible les dissidents politiques et les activistes sociaux qui critiquent la politique étrangère des Etats-Unis, les abus du monde des affaires ainsi que les pratiques menaçant la vie sur notre planète.

Les épithètes idéologiques << radicalisation violente et terrorisme ‘maison’ >> sont l’oeuvre de la RAND Corporation, qui les utilisait en 2005 dans l’essai intitulé << Tendances en matière de terrorisme : Menaces sur les Etats-Unis et perspectives de la Loi sur l’Assurance du Risque Terroriste >>. L’intitulé de la loi qui nous occupe est littéralement tiré de cet essai.

Les porte-parole de RAND ont témoigné devant le Sous-comité du parlement pour le renseignement, le partage d’information et l’évaluation du risque terroriste, présidé par la députée Jane Harman (Démocrate), qui a parrainé ce projet.

Harman ajoute ici à une relation déjà longue et productive avec la RAND Corporation, un think-tank situé en Californie qui entretient des liens très étroits avec le complexe militaro-industriel désormais impliqué en matière de renseignement. Donald Rumsfeld l’a présidé de 1981 à 1986. Lewis Libby, ancien directeur de cabinet de Dick Cheney, et Condoleeza Rice en étaient alors administrateurs.

Le résumé introductif de ce rapport met en lumière les << terroristes domestiques >> qui << constituent une menace mouvante à l’égard des intérêts du monde des affaires… >>. En sus des menaces terroristes que représentent Al Qaeda et les groupes jihadistes radicaux, à la fois associés et autonomes vis-à-vis de cette dernière organisation, une lame de fond de radicalisme prospère sur le développement du phénomène d’Antiglobalisation (AG). (suite…)


[The Sunday Herald – 25/11/2007 – Trad. Grégoire Seither]

La vision de l’avenir fait froid dans le dos : à quoi va ressembler la Grande Bretagne dans 10 ans ? Si on en croit un rapport officiel, ce sera un univers dans lequel la Forteresse Grande-Bretagne surveillera ses citoyens à l’aide d’une escadrille de mini drones espions, où la justice est appliquée de manière préventive, comme dans le film Minority Report, où les classes inférieures sont piégées dans quartiers ghettos sous surveillance constante par l’Etat, où les travailleurs fourmis sont obligés d’adopter le mode de vie et les valeurs des méga sociétés pour lesquelles ils travaillent, et où les super riches vivent à l’abri des murs qui entourent leurs quartiers résidentiels, protégés 24/24 par des caméras de surveillance et des entreprises privées de gardiennage.

Cette vision orwellienne du futur a été compilée par le groupe d’étude Surveillance Studies Network – qui rassemble des universitaires et des spécialistes de la délinquance, de la surveillance et de la défenses des libertés publiques – à la demande du « UK Information Commissioner » – un organisme indépendant mis en place par le gouvernement britannique pour protéger la vie privée et les données personnelles des citoyens britanniques.

En Novembre 2006, le rapport, intitulé « A Report on the Surveillance Society » a été analysé et débattu par un groupe choisi de conseillers du gouvernement, d’hommes politiques, de haut gradés de la police et d’universitaires spécialisés dans les questions de sécurité intérieure. Ce panel a confirmé la conclusion qui figure en exergue du rapport : « Nous vivons déjà dans une société de surveillance. » Le président de la commission, Richard Thomas, se range entièrement derrière les conclusions du rapport « Je crains que nous nous réveillons un peu tard, et découvrons que la société de surveillance nous encercle déjà entièrement. » (Une synthèse du rapport, en français, à été publiée sur le site Privacy Conference)

Les experts qui ont dressé ce sombre tableau de notre avenir proche ne se sont pas basés sur des prévisions fantaisistes mais sur des technologies existantes déjà déployées, des outils et méthodes annoncés par les différents acteurs et constructeurs du marché de la surveillance, des déclarations faites par les autorités ainsi que de nombreuses études et propositions faites par des think tanks, législateurs, organisations professionnelles et chercheurs.

Pour les auteurs du rapport, la tendance centrale de l’avenir sécuritaire sera la « surveillance omniprésente et invisible » dont le but est de pister les citoyens, d’analyser leur comportement afin de prédire leurs actions et prévenir tout comportement déviant. Ils précisent par ailleurs qu’ils ont veillé à rester dans le domaine du « fortement probable » pour leurs hypothèses d’avenir et que la réalité « pourrait être bien plus autoritaire et dystopienne que nos prévisions« .

Voici à quoi pourrait ressembler la société britannique (et occidentale) en 2017. (suite…)


Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire

Ignominie. Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire. Les clichés, insupportables, montrent des détenus encagoulés, menacés par des chiens, tenus en laisse, nus … [Photo Karim Ben Khelifa]

[Le Monde 2 – Semaine du 19/01/2008 – Frédéric Joignot]

28 avril 2004. La chaîne CSS diffuse des photos de soldats américains torturant des prisonniers d’Abou Ghraib, en Irak. Dans la foulée, Janis Karpinski, qui dirigeait les prisons irakiennes, est rétrogradée, lâchée par ses supérieurs. Aujourd’hui retraitée, elle témoigne contre ses responsables de l’époque. En exclusivité, elle nous raconte sa descente aux enfers.

Son regard bleu ne vous lâche pas. Elle se tient droite. Martiale. Janis Karpinski a passé vingt-cinq ans dans l’armée américaine. Elle fut la première femme générale  » une étoile  » à exercer en zone de combat. C’était pendant la seconde guerre d’Irak. Elle y a connu l’enfer. Puis le déshonneur.

Elle nous reçoit chez elle, dans un lotissement du New Jersey. Aujourd’hui à la retraite, Janis Karpinski tente de faire le bilan de ces années de guerre – comme beaucoup d’Américains à l’approche de la présidentielle. Ses premiers mots:  » Mes voisins me demandent ce que les Irakiens pensent de nous. Je leur réponds: « Qu’est-ce que vous penseriez si, du jour au lendemain, des chars occupaient votre quartier, des bataillons de soldats patrouillaient dans les rues, arrêtaient les gens ? ». « 

La nuit tombe, Janis Karpinski raconte l’Irak. Aucun bruit dans la maison. Elle vit seule. Son mari, un ancien colonel, est décédé l’an dernier. Ils n’ont pas voulu d’enfant. L’ancienne générale a sacrifié la vie de famille à sa carrière de soldat. Elle voulait s’imposer dans ce monde d’hommes où, dit -elle,  » la simple présence d’une femme officier a longtemps été ressentie comme une insulte « . Elle a réussi. Elle a été la commandante en chef de la 800e brigade de police militaire, responsable des 40 000 prisonniers enfermés dans les prisons irakiennes au début de la guerre.

Aujourd’hui, après avoir été dégradée au rang de colonelle, accusée par ses supérieurs d’avoir perdu le contrôle de la prison d’Abou Ghraib où des soldats ont torturé, Janis Karpinski se défend. Elle porte plainte et témoigne contre l’ancien major général du camp de Guantanamo envoyé en Irak, Geoffrey Miller, et Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire d’Etat à la défense. Pour mise en œuvre méthodique de la torture. Son histoire éclaire de façon singulière cet épisode dramatique. Voici sa version des faits.

(suite…)


En attendant une version française (qui ne viendra peut-être jamais),
vous pouvez voir le documentaire ici :
http://www.mininova.org/tor/953637

[Gregoire Seither – IES News Service – 23/10/2007]

La droite US a relancé sa machine à mobilisation pour empécher la diffusion publique aux Etats-unis du documentaire « Taxi to the Dark Side » (Jigsaw Productions), présenté pour la première fois en Avril dernier au Tribeca Film Festival. Ce film puissant a recu de nombreux prix cet été et est nominé aux Oscars. Rien que la bande annonce vous fait sursauter :

Le film est construit autour du destin d’un chauffeur de taxi Afghan, dont on ne connait que son prénom, Dilawar, complètement innoncent de tout lien avec des terroristes, qui a été torturé à mort dans la prison secrète que les Etats-unis ont installée sur la base aérienne de Bagram en Afghanistan. « Taxi to the Dark Side » documente le parcours des politiques sécuritaires de l’Administration Bush, depuis Bagram (..) jusqu’à Guantánamo (..) et Abu Ghraib.Il montre comment les racines de ces politiques sont a chercher dans les programmes d’expérimentation du comportement humain (privations sensorielles, utilisation de drogues…) qui avaient été mis en place dans les années 1950 par la CIA pour comprendre comment fonctionne la torture.

Le documentaire retrace également l’opposition que ces politiques ont rencontrées au sein de l’administration mais aussi de l’armée et présente quelques officiels hauts-placés qui ont tenté de s’opposer : par exemple l’ancien conseiller légal de la Navy, Alberto Mora, ou encore Lawrence Wilkerson, ancien directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat Colin Powell, qui témoignent de la violence des échanges entre pro- et anti-torture. Ou encore John Yoo, un des architectes de la politique des « renditions exceptionnelles » (les prisons secrètes de la CIA dans des pays utilisant la torture) qui justifie les « choix stratégiques » de la Maison Blanche, rejoint en cela par le Vice-Président Dick Cheney.

La dernière partie du documentaire raconte la bataille au congrès des Etats-unis pour tenter de restaurer la norme des Conventions de Genève interdisant la torture (à travers les prises de position et les compromis tragiques de John McCain).

Plus intéressant, les auteurs du documentaire montrent comment la célèbre série télévisée « 24 heures chrono » (qui a été réalisée avec une assistance technique des services de renseignement US) diffusée sur Fox TV a contribué à légitimer la torture auprès de l’opinion publique, en minimisant son impact sur l’intégrité physique des personnes qui y sont soumises (« c’est juste un mauvais moment à passer ») et en martelant aux spectateurs qu’il y a urgence et qu’on ne peut s’embarasser de conventions et de droits de l’homme dans ces cas là (« le faux scénario de la bombe à retardement »).


L’Amérique fasciste, en dix mesures faciles

[Naomi Wolf – Mardi 24 avril 2007 – The Guardian – Traduction française: SOTT]

De Hitler à Pinochet et au delà, l’histoire montre qu’il y a certaines mesures que tout dictateur en puissance doit prendre pour détruire les libertés constitutionnelles. Et selon Noami Wolf, George Bush et son administration semblent toutes les prendre.

L’automne dernier, il y a eu un coup d’état militaire en Thaïlande. Les leaders du coup d’état ont pris un certain nombre de mesures, plutôt systématiquement, comme s’ils avaient une liste d’achats. En un sens, c’est ce qu’ils avaient. En quelques jours, la démocratie a été supprimée : les chefs du coup d’état ont décrété la loi martiale, envoyé des soldats en armes dans les zones résidentielles, pris en main les stations de radio et de télévision, et mis des activistes patentés en détention.

Ils ne comprenaient pas ces choses à mesure qu’elles progressaient. Si vous regardez l’histoire, vous pouvez voir qu’il y a essentiellement un plan pour transformer une société libre en une dictature. Ce plan a été utilisé à maintes reprises en versant plus ou moins de sang, de manières plus ou moins terrifiantes. Mais c’est toujours efficace. Il est très difficile et ardu de créer et maintenir une démocratie – mais l’histoire montre qu’en supprimer une est bien plus simple. Vous n’avez qu’à être disposé à prendre les dix mesures.

Aussi difficile que ce soit à contempler, si vous êtes disposé à le voir, il est clair que chacune de ces 10 mesures a déjà été initiée aujourd’hui aux Etats-Unis par l’administration Bush.

(suite…)


[Associated Press – 25.08.12007]
Le Pentagone a déclaré qu’il cesserait d’utiliser la base de données anti-terroriste TALON dont l’existence a suscité une controverse, car elle fiche des citoyens américains engagés dans le mouvement anti-guerre et autres mouvements sociaux n’ayant aucun rapport avec le terrorisme et ne s’ettant jamais rendu coupable d’actions illégales. La base sera mise hors service le 17 septembre et toutes les informations collectées à l’avenir par les agents du Pentagone seront envoyées à la base de données GUARDIAN, qui est gérée par le FBI. Le Colonel Gary Keck, porte-parole du Pentagone, a expliqué que TALON était mis hors service non pas à cause des critiques formulées par l’opinion publique mais « parce que la valeur analytique de cette base a décliné ». Le Pentagone étudie en ce moment la mise en place d’un nouveau système – pas nécessairement une base de données – pour améliorer l’efficacité de la surveillance et la détection des menaces éventuelles. Les données contenues dans la base TALON ne seront pas détruites. Elles ne seront plus utilisées par les analystes mais la base sera archivée.

http://www.breitbart.com/article.php?id=D8R5GRUO1&show_article=1


C’est pas ça qui va génér Bush ou Sarkozy….

[Le Monde 08/09/07]
Le juge fédéral américain Victor Marrero a déclaré anticonstitutionnelle une partie du Patriot Act, la principale loi antiterroriste américaine, jugeant que les cours de justice devaient être saisies lors d’une demande à un fournisseur de services Internet de donner des données personnelles sur un utilisateur sans avertir celui-ci.

Adopté en 2001, quelques semaines après les attentats du 11-Septembre, le Patriot Act stipule que les fournisseurs de services Internet ou de tout autre type de communications doivent s’exécuter lorsqu’ils reçoivent des « courriers de la sécurité nationale » du FBI, sans avoir besoin de passer par un juge. Lorsqu’ils reçoivent une de ces lettres, les banquiers, fournisseurs d’accès Internet, compagnies de téléphone, organismes de crédit, bibliothécaires ou agents de voyages sont tenus de fournir à la police des renseignements sur leurs clients tels que leur adresse personnelle, un relevé de leurs appels téléphoniques, le contenu de leurs courriels, ou encore les sites Web qu’ils ont visités. La remise d’informations s’effectue dans le secret.

Cette loi fait l’objet de vives critiques, notamment de la part des organisations de défense des droits de l’homme et des juristes qui considèrent qu’elle porte atteinte aux libertés individuelles.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-952303@51-952306,0.html