Hugo Chavez



[Primitvi – Lundi 21 septembre 2009]

L’ancien président américain, Jimmy Carter, a déclaré ne pas avoir de doutes sur le fait que le gouvernement de son pays a été impliqué dans le coup d’état perpétré au Vénézuela en avril 2002.

Dans un entretien accordé au quotidien colombien El Tiempo, Carter a soutenu que la réclamation permanente de Chávez vers l’ex-président des États-Unis, George W. Bush est légitime, et de signaler que l’administration Bush avait, au moins, une pleine connaissance des plans des putschistes au Vénézuela.

« Je crois qu’il n’y a pas d’aucun doute qu’en 2002, les États-Unis eussent au moins une pleine connaissance ou ont pu être impliqué directement dans le coup d’Etat. De telle manière qu’il (Chávez) a une réclamation légitime contre les États-Unis », a dit Carter, Prix Nobel de la Paix en 2002.

Il a assuré que, grâce à la participation du Centre Carter, qu’il dirige, dans les processus électoraux réalisé au Vénézuela, il a pu remarquer que les résultats électoraux qui ont maintenu Chávez à la tête de la présidence du pays ont reflété la volonté populaire. (suite…)


[Maria Carmen Sarmiento – Ligue des Droits de l’Homme d’Amérique centrale – 18/07/09 – Trad. Gregor Seither]

Le 10 juillet, dans un article du Los Angeles Times se voulant « raisonnable et raisonné » Miguel A. Estrada parle d’un « non-coup d’état » au Honduras, et justifie le renversement militaire du président Zelaya par des arguments constitutionnels. Cet avis « informé » a été repris par de très nombreuses publications favorables aux putchistes et est depuis systématiquement citée comme étant « la preuve » ou « la référence » que le coup d’état était légal. Il a encore été cité hier soir par un commentateur de droite sur la chaine de télévision MSNBC afin de clouer le bec à une personne soulignant le caractère antidémocratique du coup d’état.

Estrada s’abrite derrière le paravent linguistique en conseillant aux détracteurs des putschistes de lire la Constitution du Honduras ainsi que d’autres textes légaux avant de juger la situation. L’intelligentsia U.S. (et les contributeurs aux forums de droite aux U.S.) n’étant pas très versée dans la langue espagnole, personne n’a pris la peine de se coltiner ces textes difficiles et préfère s’appuyer sur l’avis « informé » d’Estrada. Après tout, s’il le dit, c’est que ça doit être vrai, non ? Inutile d’aller vérifier.

Pour notre part, dans notre équipe, nous sommes hispanophones et avons fait des études de droit. Alors nous sommes allés consulter les documents de la Cour Suprême justifiant le coup d’état, la constitution du Honduras ainsi que les articles du code pénal et de la législation traitant des référendums et autres consultations populaires. Nous nous sommes également mis en contact avec plusieurs experts latino-américains sur la question ainsi que des collègues journalistes.

La conclusion qui s’impose est que, sur la base des informations publiées par la Cour Suprême elle même, l’argument légal justifiant le renversement de Zelaya est si tenu, tellement basé sur une manipulation linguistique, qu’il ne résiste pas à une étude approfondie.

Sur la base légale, ni la Cour Suprême ni le Congrès hondurien n’avaient le pouvoir de renverser le président élu, par contre ils auraient eu le pouvoir d’ordonner son arrestation pour conduite criminelle et de le juger par une cour spéciale composée de magistrats de la Cour Suprême. Au lieu de cela, les juges ont autorisé les putschistes à mettre Zelaya dans un avion et à le déporter, en contradiction avec le mandat d’amener qu’ils avaient eux-mêmes édictés. De toute évidence, la Cour Suprême n’avait aucune envie de juger Zelaya, elle voulait simplement qu’il débarrasse le plancher, au mépris du droit le plus basique.

MAIS VOYONS LES ARGUMENTS EN DÉTAIL :

Pour commencer, le président Zelaya n’a pas, comme l’affirme un peu partout la presse, convoqué un référendum. Il a ordonné une « encuesta« , une « enquête d’opinion publique » en vue de savoir si la population était d’accord pour qu’une convention constitutionnelle soit convoquée. Le titre officiel de cette consultation était d’ailleurs « Encuesta de Opinión Pública Convocatoria Asamblea Nacional Consituyente » et elle avait été confiée à l’Institut National de la Statistique par le biais d’un questionnaire. Il ne s’agissait donc pas d’un référendum avec urnes et bulletins de vote.

Dans son article souvent cité, M.A.Estrada prétend que le décret instituant ce « referendum » était illégal étant donné qu’il faut « une majorité des deux tiers du congrès pour convoquer un référendum« . Cet argument est faux, le congrès n’a pas autorité sur la convocation d’un référendum, uniquement sur les modalités de son organisation. La règle des deux tiers ne s’applique qu’à certains amendements « protégés » par la Constitution et qui ne peuvent être changés autrement.

La « Loi de Participation Citoyenne » votée en 2006 (entre autres par le putschiste Micheletti) donne tout pouvoir au président Zelaya avait tout pouvoir pour convoquer un référendum. L’opposition au Congrès en était d’ailleurs pleinement consciente : moins d’une semaine avant le démarrage de l’enquête d’opinion publique, le Congrès a passé une loi interdisant les référendums et plébiscites dans une période de 180 jours précédant une élection. Mais la loi ne mentionne nulle part les enquêtes d’opinion (« encuestas ») et pour cause, étant donné qu’une telle interdiction violerait la liberté de la recherche scientifique, qui fait partie des secteurs protégés dans la Constitution. Zelaya n’était donc nullement dans l’illégalité.

M.A. Estrada poursuit en affirmant que “l’article 239 stipule clairement que tout président qui entreprend une action pour assurer sa réélection doit immédiatement cesser ses fonctions« . Cet argument est tellement fantaisiste que les documents de la Cour Suprême en faveur du putsch ne mentionnent nulle part l’article 239… et à aucun moment dans le débat politique qui a précédé le putsch le président Zelaya n’a fait référence à sa réélection.

Saisissant la faiblesse de son argumentation, le camp des « pro putschistes », y compris certains grand quotidiens occidentaux, affirme que “la motivation probable derrière ce référendum était de modifier la constitution et donc de s’en prendre aux libertés du peuple hondurien.” Si le fait de vouloir modifier la constitution est attentatoire aux libertés, comment se fait il que ce document ait été modifié plus de 150 fois ces 22 dernières années, la dernière version officielle datant de 1982. Parmi les supporters de Micheletti, nombreux sont ceux qui ont voté ces modifications.

De toute façon, la question de l’extension de la durée du mandat présidentiel et de la réélection n’aurait pu être soulevée lors de la convention constitutionnelle éventuellement convoquée, étant donné que – au moment de la convocation – l’ancienne constitution aurait toujours été en vigueur.

Par ailleurs – et encore une fois, la presse occidentale fait systématiquement l’impasse sur ce point – le président Zelaya n’aurait même plus été en fonction au moment de la convention, étant donné que son mandat s’achève en Novembre 2009.

Dans le cas où le referendum proposé aurait exclu les articles qui – comme le souligne correctement M.A. Estrada – ne peuvent être modifiés, alors ce referendum aurait été parfaitement légal. Or rien dans le documents et déclarations de Zelaya ne laisse penser le contraire.

Il est intellectuellement malhonnête de justifier le coup d’état en accusant Zelaya d’actions qu’il n’a jamais engagées et dont il n’existe aucune preuve qu’il les ait même seulement envisagées.

Qu’un propagandiste partisan se permette ce genre de pirouette n’est pas surprenant, mais quand il s’agit de juristes et des garants des libertés constitutionnelles, la chose est plus grave. On s’interroge sur les motivations véritables derrière ce genre d’arguments fallacieux.

Ainsi, à la page 80-81 du dossier de la Cour Suprême on lit une argumentation assez hallucinante. Sans proposer la moindre référence constitutionnelle, la Cour affirme que – au moment de son arrestation par les militaires putschistes encagoulés, il était « communément admis » que Zelaya avait forfait son titre de Président et qu’il ne pouvait donc prétendre à la protection que lui confère ce titre. L’article 416 du code pénal hondurien prévoit en effet que, en cas de « conduite criminelle », le président de l’état peut être arrêté et amené devant une cour spéciale, composée de magistrats de la Cour Suprême, où il pourra défendre son cas avec toutes les protections légales requises. Aucune de ces garanties légales ne sera accordée à Zelaya étant donné que – par ses actions supposées – il se serait lui même « auto-destitué »… on croit réver !

Se débarrassant de leur responsabilité par une pirouette digne du meilleur casuiste, les magistrats de la Cour Suprême ont ordonné son arrestation secrète et ont confié son cas à un tribunal pénal courant, l’accusant de trahison, usurpation de pouvoirs, non-respect des décisions de la cour ainsi que d’autres crimes. L’armée a ensuite violé le mandat d’amener du tribunal et – au lieu de le livrer à un juge –  a fourré Zelaya dans un avion, le forçant à l’exil – et l’aidant en quelque sorte à fuir la justice. Cette dernière action est en elle-même déjà un crime. L’un des généraux putschistes l’a reconnu plus tard mais a expliqué que « l’urgence du moment le commandait ». L’urgence du moment ? Le but n’était donc pas de « sauver l’ordre constitutionnel » mais tout simplement de se débarrasser de Zelaya au plus vite.

Inutile de jouer avec les mots, le putsch n’a pas d’autres motivations que politiques. Manuel Zelaya est devenu un troublion dans le jeu politique Hondurien. Il a augmenté le salaire minimum contre l’avis de l’oligarchie qui l’a mis au pouvoir. Il est allé faire ami-ami avec Hugo Chàvez et Rafael Correa, deux noms qui sont vomis par la bourgeoisie latina de son pays. Et quand il est entré en conflit avec l’armée – qui est totalement sous l’influence du « Southern Command » de l’Armée U.S. – il a osé les remettre à leur place et envoyer le chef d’état major à la retraite. Enfin il a fait un doigt d’honneur à l’armée U.S elle même en insistant pour réaliser son projet d’aéroport civil sur la base militaire de Soto Cano, une base qui est une des pièces maitresses du dispositif d’intervention militaire des Etats-unis dans la région. Tout cela en faisait un candidat au renversement. Quand on est président d’un pays qui vit à 80% de l’aide U.S. et des transferts de la diaspora du « Norte », on regarde où on met les pieds… c’est aussi cela l’erreur d’Hugo Chavez, que d’avoir poussé son « ami » Zelaya à y aller franchement. Un peu plus de tact aurait probablement été plus constructif… mais le tact et Hugo Chavez, cela fait deux.

La seule surprise provient pour une fois de Washington. Il est probable que le renversement de Zelaya a été envisagé par la bourgeoisie hondurienne au moins depuis 2006 et que les néo-conservateurs au pouvoir à Washington ont plus ou moins approuvé l’opération – obsédés qu’ils le sont par l’influence grandissante de Chavez dans la région et prêts à tout pour le stopper. Mais entre temps l’administration a changé, et Barack Obama n’est clairement pas ravi d’avoir à soutenir, tout de go, une opération politique qui va totalement à l’encontre de sa stratégie affichée. En même temps, il ne peut ignorer l’appareil politico-militaire qui l’entoure et son obsession anti-chaviste. Cela explique la timidité de sa réaction, alors que, en 2002, Washington avait été parmi les premiers à féliciter les putschistes qui avaient – brièvement – renversé Hugo Chavez.

Aujourd’hui le Honduras est au bord de la guerre civile. Seuls les Etats-unis peuvent trouver une issue à cette situation. En attendant, cessons de justifier l’injustifiable à l’aide de manipulations médiatiques et d’arguties juridiques.


[Michel Collon – Investig’Action – 07/04/2009]

Aux associations et groupes intéressés par l’organisation d’un débat sur Chavez, le rôle du pétrole au Venezuela et au Moyen-Orient, le rôle des médias, la politique générale des USA… à l’occasion de la sortie prochaine du livre de Michel Collon « Les 7 péchés d’Hugo Chavez »

Les 7 péchés d’Hugo Chavez
Ce livre de Michel Collon traite quatre grands problèmes du monde actuel:

  • C’est l’Histoire inconnue du pétrole. Comment il a déterminé notre Histoire. Comment il déterminera les grands conflits des années à venir.
  • C’est un résumé de l’Histoire de l’Amérique du Sud. Révélant les mécanismes de pillage du tiers monde, qu’occultent les manuels et les médias officiels.
  • C’est une analyse de la stratégie des Etats-Unis pour dominer le monde. Exposant les mécanismes et les lieux de pouvoir des multinationales. Que préparent-elles ?
  • Mais c’est aussi le récit, par un observateur privilégié, de la formidable aventure du Venezuela, qui suscite craintes et espoirs en Amérique latine et dans le monde entier. La « Solution Chavez » fonctionne-t-elle ? Peut-on vaincre la pauvreté ?

Chers amis,

Investig’Action a le plaisir de vous annoncer la sortie début mai du livre « Les 7 péchés d’Hugo Chavez », écrit par Michel Collon.

Les thèmes ? Pétrole au Venezuela, au Moyen-Orient et dans la politique internationale, Amérique latine, multinationales, stratégie des USA pour dominer le monde, relations Nord-Sud, rôle des médias, causes de la pauvreté, alternatives et espoirs pour le Moyen-Orient, l’Afrique ou l’Europe, solidarités entre les résistances… Tous nos lecteurs recevront bientôt un message qui présentera le contenu de ce livre et comment se le procurer.

Pour l’instant, ce message s’adresse seulement aux associations et groupes qui souhaitent organiser avec Michel Collon un débat sur ces questions. Une tournée de débats aura lieu en mai et juin en France, en Suisse et en Belgique.  Si votre association est intéressée, veuillez le signaler dès que possible à contact@investigaction.info
Merci pour votre intérêt !
L’équipe Investig’Action


[de T.M. – 02/07/2008]

La liberation d’Ingrid Betancourt est une excellente nouvelle, mais la manière dont elle nous est racontee est bien mysterieuse.

1) Mourante il y a quelques semaines au point que l’on du affreter un avion médicalisé, elle se porte comme un charme aujourd’hui (jusqu’a pouvoir porter son sac a dos). Isolee au fond de la jungle, elle semble soudain tout connaitre de la realite internationale et du moindre detail des actions conduites en sa faveur.

2) Surtout, rien ne permet de verifier la relation des evenements par les autorites colombiennes, alors meme que celle-ci est contredite par le temoignage de la principale interessee. Ingrid Betancourt a parle d’hommes avec des badges representant une ONG qu’elle ne connaissait pas, tandis que l’armee colombienne parle uniquement d’une infiltration des FARC.

De source sure et certaine, si l’operation a ete éxécutée par l’armée colombienne, sa planification et son encadrement etaient exclusivement israéliens. (NdL&I – ce qui n’est pas étonnant, l’armée colombienne a depuis des années un contrat avec la boite de mercenaires israélienne Hod He’Hanitin)


Les FARC prêts à libérer des otages dont Betancourt, selon Bogota

[ATS – 28/05/2008]

Les autorités colombiennes ont confirmé samedi la mort de Manuel Marulanda, fondateur et commandant en chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). L’homme est décédé après plus de quarante années de lutte passées dans la jungle.

Toutefois, il reste difficile de prédire les conséquences de ce décès sur le sort des dizaines d’otages que retiennent les FARC. De sont côté, le président colombien Alvaro Uribe a annoncé publiquement samedi soir que des chefs de la guérilla étaient prêts à se démobiliser et à libérer des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

L’ex-candidate à la présidentielle, est otage de la guérilla colombienne des FARC depuis plus de six ans. Ses conditions de santé sont alarmantes, selon des témoignages concordants.

Le chef des FARC, âgé de 80 ans et vétéran de la guérilla, est mort le 26 mars. Son remplaçant à la tête du mouvement devrait être Alfonso Cano, considéré comme l’actuel responsable idéologique.

Les circonstances de son décès ne sont pas encore confirmées, a précisé le ministère, qui n’a présenté aucune photographie ou document prouvant la disparition du chef guérillero surnommé « Tirofijo » (en plein dans le mille).

De son côté la France, accueillerait la confirmation de la mort du chef des FARC Manuel Marulanda avec « une grande joie », a déclaré dimanche la secrétaire d’Etat Rama Yade.

http://www.romandie.com/infos/ats/display.asp?page=20080525143035714172194810700_brf032.xml&associate=phf0564


[Amnistia.net – 6/04/2008]

Le maître mot est: silence. Contrairement a ce qu’a été colporté par plusieurs médias, le message, mis en ligne jeudi 3 avril 2008 sur le site de l’Agence bolivarienne de presse, indiquant que les Farc ne relâcheront aucun prisonnier sans avoir obtenus du pouvoir colombien la libération des guérilleros détenus, n’a jamais existé. Plus précisément: ce message, qui a été attribué à Rodrigo Granda, l’un des principaux responsables des FARC, ne date pas du 4 avril mais… du 19 mars. Presque un mois de décalage.

“Le texte est une pure copie du message qu’avait rédigé Rodrigo Granda le 19 mars dernier, à la suite de la mort de Paul Reyes”, a d’ailleurs déclaré, vendredi 4 avril, le Comité de soutien à Ingrid Betancourt.

Dans un communiqué, celui-ci s’interroge: « Y a-t-il manipulation? Et si tel est le cas, à qui profite-t-elle? » La question est pertinente…


L’armée colombienne est encadrée et formée par les mêmes John Negroponte  et Yaïr Klein qui ont déjà formé les autres ‘escadrons de la mort’ en Amérique Centrale, et notamment au Salvador et au Nicaragua. Il n’y a donc aucune raison pour que les ‘exactions’ (comme le dit poliment la presse) ne se renouvèlent pas… massacrer des ‘peones’ c’est presque une seconde nature pour les armées latino-américaines, surtout quand leur commandant en chef Uribe est un bon petit soldat des néocons.

Et pendant ce temps là, Uribe, la presse et l’establishment s’époumonent contre le ‘dictateur’ Chavez, qui n’a pourtant massacré personne…

[TeleSur TV – 30/03/2008 – Traduit par le blog Socio13]

La cause des éxécutions extrajudiciaires sont dus, selon le quotidien The Washington Post, aux pressions auxquels sont soumis les militaires colombiens pour en finir avec la guérilla et aussi par les stimulants – tels que paiement de soldes supplémentaire jusqu’à des jours de repos supplémentaires – que leur donne l’Armée pour accumuler les morts lors de combat.

Des milliers de paysans ont été assassinés par l’Armée colombienne en les faisant ensuite passer pour des guérilleros des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), a dénoncé ce dimanche le quotidien The Washington Post.   “Sous la pression des commandants militaires pour enregistrer des morts au combat, l’Armée a assassiné chaque fois plus durant ces dernières années, des paysans pauvres et en les faisant passer pour des guérilleros”, a dit le périodique.  

En citant un rapport d’une coalition de 187 groupes de personnes, le journal affirme que “955 civils sont morts entre mi 2002 et 2007 et sont classés comme guérilleros tombés au combat”.   Ce chiffre signifie une augmentation de 60 pour cent par rapport aux cinq années précédentes, quand 577 paysans ont été reportés comme tués par les troupes colombiennes en les faisant passer pour des guérilleros.

Cet accroissement coïncide avec l’offensive qu’a entamée le Gouvernement du président Colombien, Álvaro Uribe, il y a six ans contre la guérilla des FARC, et qui est financée dans une grande partie par les Etats-Unis qui livre annuellement des millions de dollars au gouvernement colombien dans le cadre du Plan Colombie.  En outre, l’augmentation du nombre de paysans assassinés est due aussi à l’accroissement en nombre des Forces Armées colombiennes, qui compte 270 000 membres, la seconde plus grande force d’Amérique latine.

Dans le rapport, les témoignages de familles campagnardes ou de faibles ressources ont affirmé qu’ils ont vu dans les photos des cadavres de leurs parents disparus des vêtements de camouflage que porte la guérilla.   “Les meurtres, menés à bien par des unités sous les ordres de commandants régionaux, ont toujours été un problème dans le conflit armé qui dure depuis 44 ans”, assure le Washington Post.    (suite…)


Ingrid Betancourt : le double jeu de Nicolas Sarkozy

[Flagrants Délits – Voltaire – 24/03/2008]

Selon le président équatorien, Rafael Correa,le président de Colombie, Alvaro Uribe, aurait plusieurs fois fait échouer la libération des otages des FARC, en tentant de profiter de ces moments pour lancer des opérations militaires au mépris de la parole donnée.

Selon la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, la France avait offert aux FARC un téléphone satellitaire pour conserver un contact permanent lors des négociations pour la libération d’Ingrid Betancourt. Mais lors d’une opération conjointe franco-états-uno-colombienne, les services français ont utilisé cet appareil pour localiser le négociateur et numéro 2 de la guérilla, Raúl Reyes, la CIA a tiré un missile guidé, et les forces spéciales colombienne ont nettoyé le campement.

Des victimes du leader neo-fasciste Mario Sandoval affirment l’avoir reconnu parmi les membres de la délégation officielle française chargée des négociations.

Selon la Comisión Nacional sobre Desaparición de Personas (Conadep), organisme argentin chargé d’enquêter sur les crimes de la junte, M. Sandoval aurait été à la fin des années 70 professeur à l’école de police et aurait commis divers crimes (dossier d’instruction 1076/1163).

Selon El Tiempo de Bogota, repris par de nombreux quotidiens latino-américains, Mario Sandoval prodiguerait désormais ses conseils à l’état-major militaire de l’Élysée. Cependant, selon un communiqué de l’ambassade de France à Bogota, M. Sandoval n’exerce aucune fonction officielle auprès de M. Sarkozy.

http://www.voltairenet.org/article156107.html 


Pas un mot sur le fait qu’Uribe avait affirmé que le cadavre exhibé était celui d’un dirigeant des FARC (alors qu’ils savaient que c’était faux). Pas un mot non plus sur les exécutions sommaires commises par les soldats colombiens, qui ont assassiné tous les blessés du camp…

[AFP – 24/03/2008]

La Colombie a reconnu, dimanche 23 mars, avoir provoqué la mort d’un ressortissant équatorien lors du raid mené le 1er mars contre un groupe des FARC stationné en territoire équatorien. Le président équatorien, Rafael Correa, avait prévenu, la veille, que les tensions diplomatiques s’aggraveraient s’il se révélait qu’un ressortissant de son pays figurait parmi les victimes de l’attaque.

Ce sont des membres de la famille de la victime qui avaient affirmé cette semaine que l’homme avait été tué dans le raid. M. Correa a alors ordonné une enquête, promettant que « ce crime ne resterait pas impuni ».
« Il était équatorien », a déclaré dimanche le ministre de la défense colombien, Juan Manuel Santos, à des journalistes, mettant fin aux rumeurs. Dans un communiqué, son ministère a émis l’hypothèse que l’homme était membre des FARC et qu’il aidait la guérilla à passer la frontière pour se réfugier en Equateur. « Je demande aux autorités équatoriennes de ne pas se laisser abuser par des criminels », a déclaré M. Santos.

L’Equateur a rompu ses liens diplomatiques avec Bogota après ce raid, qui a fait plus de vingt morts, dont le numéro deux des FARC, Raul Reyes. Le président colombien, Alvaro Uribe, a lui aussi diffusé un communiqué dimanche pour justifier l’attaque transfrontalière, nécessaire selon lui pour protéger son pays d’attaques « terroristes ».

Bogota a par ailleurs reconnu avoir bénéficié d’informations émanant des services de renseignement américains pour mener cette attaque. « On n’a pas utilisé de bombes ‘intelligentes’ mais on a bénéficié de renseignements que les Etats-Unis nous ont fournis », a indiqué un responsable du ministère de la défense colombien, qui a requis l’anonymat.


Alvaro Uribe est un bon élève de ses mentors néo-cons U.S. : il ment déjà aussi bien qu’eux.

Les autorités colombiennes affirment que le corps qu’elles ont emmené avec celui de Raúl Reyes était celui de Julián Conrado, membre du secrétariat des FARC.

Après avoir appris que la personne côtoyant Raúl Reyes sur une photographie diffusée à la réunion de l’OEA et présentée comme le ministre Equatorien Gustavo Larrea était en réalité un dirigeant socialiste Argentin, on découvre aujourd’hui une nouvelle preuve des mensonges du gouvernement Colombien.

Cela s’ajoute aux informations de témoins de l’attaque du campement des FARC qui affirment que les troupes colombiennes achevèrent les blessés en leur tirant le coup de grâce.

L’Association Latino-américaine des Droits de l’Homme (Aldhu) assure ce vendredi que le cadavre que les forces colombiennes prétendent être celui du guérillero des FARC Julián Conrado extrait du territoire équatorien après l’attaque du 1er mars est en réalité celui d’un citoyen équatorien, Franklin Guillermo Aisalia Molina.

L’ONG attribue l’identification de Aisalia Molina à des sources en provenance d’Interpol.

Dans un bulletin de presse daté de ce vendredi à Quito, l’organisation assure que les forces militaires colombiennes et le gouvernement d’Álvaro Uribe ont falsifié l’identité du second cadavre présenté avec celui du numéro deux des FARC, Raúl Reyes, après l’attaque dans laquelle moururent au moins 24 personnes. (suite…)


The Power of Nightmares. Al-Qaïda, pure création des services secrets américains

http://aucoursdureel.blogspot.com/2008/03/en-qute-de-donnes.html

Pour ceux qui douteraient que les vrais articles de fond sur le monde mondialisé se trouvent davantage sur Internet que dans la presse écrite formatée et alignée au Nouvel Ordre Mondial, voici un exemple. Cet article est d’un certain Morice, rédigé le jeudi 13 mars 2008.

Que j’aimerais retrouver ces débats de fond et ces informations véritables à des heures de grande écoute sur une chaîne hertzienne!(…)

LE TERRORISME A BON DOS

[Agoravox – 13/03/2008]

J’ai mis en ligne récemment dans un post lors d’une conversation sur le forum Agoravox une référence qui en a étonné plus d’un, et que j’imaginais plus connu que cela : celle d’un remarquable reportage de la BBC, intitule « The Power of Nightmares », signé Adam Curtis, qui détonne plutôt dans le paysage audiovisuel ( http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/3755686.stm ) .

Et pourtant, il n’est pas tout récent, date de 2004, a été diffusé pour la première fois par la BBC le 18 janvier 2005, et affirme sans ambages… qu’Al-Qaïda n’existe pas, tout simplement.

Evidemment ça peut en choquer certains, même trois ans après la sortie du film. Les plus incrédules d’entre nous, qui depuis 2001 gobent tout ce que la propagande gouvernementale américaine veut bien leur faire gober (il y en a, et pas mal ici même chez Agoravox !).

Dans ce remarquable reportage , les auteurs, qui ne sont pourtant ni islamistes ni illuminés, arrivent à démontrer avec brio que la « guerre au terrorisme » n’est qu’une création de l’esprit, et que son outil principal s’appelle Al-Qaïda, pure création des services secrets américains.

A voir les marchés ensanglantés de Bagdad ou les attentats revendiqués, on est en droit de crier au fou. Et pourtant. A bien y regarder, nos journalistes sont plus que crédibles dans leurs assertions, Curtis étant une sommité reconnue, et rejoignent directement des thèses comme celle développées par Webster G.Tarpley, dans sa bible de La Terreur fabriquée  (aux Editions demi-lune) dont on ne saurait trop recommander la lecture.

Dans le reportage, un ancien gradé de la CIA n’y va pas par quatre chemins : “Al Qaeda is not an organization. Al Qaeda is a way of working … but this has the hallmark of that approach.” Voilà c’est dit une bonne fois pour toutes.

Vous vous dites que ça ne tient pas debout, comme théorie ? Et pourtant. Il faut revenir aux sources de la fondation d’Al-Quaïda pour s’apercevoir du décalage énorme entre ce qui en a été dit ou ce qu’on peut encore en dire aujourd’hui, et la réalité. (suite…)


[Greg Palast – 08/03/2008 – Traduction : Le Grand Soir]

C’est dingue, non ?

Le semaine dernière, la Colombie a envahi l’Equateur, a tué un chef de la guérilla dans la jungle, puis a ouvert son ordinateur portable et… devinez ce que les Colombiens ont trouvé ? Un message à Hugo Chavez selon lequel il aurait envoyé 300 millions de dollars aux FARC pour acheter de l’uranium et fabriquer une bombe !

C’est ce que Bush nous raconte. Et il le tient de son copain, l’étrange président d’extrême droite de la Colombie, Alvaro Uribe.

Donc : une fois l’acte accompli, la Colombie justifie sa tentative de provoquer une guerre des frontières comme un acte destiné à éliminer la menace d’une Arme de Destruction Massive ! Hum… on a déjà entendu ça, quelque part…

La presse étasunienne a repris l’histoire des « 300 millions de dollars de Chavez aux terroristes » en moins de temps qu’il n’aurait fallu au jeune Bush pour sniffer un rail de poudre colombienne.

Ce que la presse étasunienne a omis de faire [pas que cette presse là, d’ailleurs – NDT] c’est de vérifier l’information fournie par un courrier électronique trouvé dans un ordinateur portable magique. (On suppose que les dernières paroles du dirigeant des FARC furent, « et mon mot de passe est … »)

J’ai lu ce courrier. Et vous aussi vous pouvez le lire, ici : http://www.gregpalast.com/farc-docu…

Vous pouvez lire tout le document en espagnol, mais voici la traduction du seul et unique passage qui fait mention des prétendus 300 millions de Chavez :

« … en ce qui concerne les 300, que nous désignerons désormais comme le « dossier », des efforts sont déployés sur instructions du chef au « cojo » (terme d’argot pour « handicapé »), que j’expliquerai dans un autre courrier. Appelons le patron « Angel » et le handicapé « Ernesto » ».

Vous avez compris ? Où est Hugo ? Où sont les 300 millions ? Et de quels 300 parle-t-on ? En fait, remis dans le contexte, la note parle de l’échange d’otages avec les FARC sur lequel Chavez travaillait à l’époque (le 23 décembre 2007), à la demande du gouvernement colombien. (suite…)


[Daniele Bleitrach – Oulala.net – 7/03/2008]

J’avais perçu le coup fourré dans le cadre des négociations autour d’Ingrid Bétancourt. Il faut dire que quand on connaît un peu la région et ce dont est capable cette crapule d’Uribe et jusqu’où peuvent aller les médias dans la désinformation quand j’avais vu EL PAIS attaquer Nicolas Sarkozy (voir l’article de EL PAIS… ) je m’étais dit “qu’est-ce qu’ils ont à lui reprocher ? ” et j’avais émis l’hypothèse que notre agité du bocal s’était, aux yeux des Etats-Unis et de leur chien Uribe, un peu trop engagé aux côtés de Chavez. Vous pouvez relire l’article tout y est…

El Païs c’est comme Le Monde chez nous un radis un peu rosé à l’extérieur mais blanc de chez blanc à l’intérieur, tenu en laisse par les USA… Il appartient au groupe de communication PRISA qui rayonne en Amérique latine et singulièrement au Venezuela où ses titres sont dans une opposition virulente au président Chavez. Alors on donne dans l’humanisme de gôche mais c’est pour mieux mettre en pièce les ennemis du parrain étasunien ou simplement ceux qui tirent sur la laisse.

(suite…)


[Libération mardi 4 mars 2008]
La mort du porte-parole international de la guérilla colombienne, tué dans la nuit de vendredi à samedi, a permis d’en apprendre sur les relations houleuses d’Ingrid Betancourt, otage depuis six ans, avec ses ravisseurs. Avec le corps de Raúl Reyes, un des sept membres de la direction des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), abattu dans la nuit de vendredi à samedi au cours d’une incursion en Equateur, l’armée colombienne a saisi et rapatrié deux ordinateurs et des documents, que les autorités colombiennes ont commencé à rendre publics dimanche soir.

Dans sa dernière missive, adressée à ses collègues du secrétariat des Farc, Raúl Reyes s’inquiétait vendredi de «la pression croissante sur Ingrid Betancourt» : l’un des anciens parlementaires libérés mercredi, Luis Eladio Pérez, venait de révéler que les guérilleros «s’acharnent sur elle».

«Que je sache, cette dame a un tempérament volcanique, elle est grossière et provocatrice avec les guérilleros chargés de s’en occuper», se défend le porte-parole. «En prévision des plaintes de l’émissaire français [l’ex-consul à Bogotá Noël Saez, ndlr], je dois l’informer de cette situation.» Quelques heures plus tard, il tombait sous les bombes et les balles de l’armée. Le reste de sa correspondance, s’il est authentifié, est explosif : les lettres rendent compte d’entrevues avec le ministre de la Sécurité équatorien, Gustavo Larrea, un des proches du président Rafael Correa. Ils auraient envisagé «l’échange d’informations pour le contrôle de la délinquance» dans la zone de frontière. Larrea, conscient qu’Uribe, pion de la «Maison Blanche et de l’oligarchie», est «dangereux pour la région», aurait aussi demandé à Raúl Reyes des «cours d’organisation de masse» pour la population locale.

«Quel est l’état de la relation entre le gouvernement équatorien et un groupe terroriste comme les Farc ?» a réagi le directeur de la police colombienne, Oscar Naranjo. La révélation survenait au meilleur moment pour Bogotá. A Quito, le président socialiste Rafael Correa avait dénoncé samedi une violation «délibérée de la souveraineté équatorienne», puis annoncé l’envoi de troupes à la frontière avant d’expulser, dimanche soir, l’ambassadeur de Colombie. Le même jour, le puissant allié «révolutionnaire» de Correa, le Vénézuélien Hugo Chávez, ordonnait la fermeture de son ambassade, et demandait en direct l’envoi de «dix bataillons de chars» pour prévenir toute incursion du même genre. «Ne t’avise pas de venir faire ça chez nous», a-t-il prévenu son homologue colombien Alvaro Uribe.

http://www.liberation.fr/actualite/monde/313498.FR.php


Uribe préfère jouer la carte « éradicatrice » dictée par Washington.

Les U.S.A. l’encouragent a foutre le bordel dans la région afin de renforcer la pression sur Chavez.

Les otages, et même les FARC, à Washington on s’en fout. C’est Chavez qu’il faut abattre.

Uribe sait bien que – si Betancourt devait mourir dans la jungle – la « communauté internationale » a moins de pouvoir de nuisance dans la région que les U.S. Alors il fait son choix en conséquence…

(citation) « Enfin s’il restait encore quelques espoirs de négociation pour obtenir la libération des otages aux mains des Farc, cette opération semble les éliminer pour longtemps. Non seulement les éventuels négociateurs ont perdu avec la mort de Reyes l’un de leurs principaux contacts, mais, de plus, il est difficile d’imaginer Marulanda, le chef des Farc, revoir à la baisse ses exigences pour ouvrir un dialogue politique. Affaiblie et vexée, la guérilla ne pourra que durcir le ton. Cet affaiblissement a été confirmé, vendredi, par la capture d’un dirigeant de moindre importance des Farc, Lucio Gomez Brinez, ancien geôlier de l’actuel ministre des Affaires étrangères, Fernando Araujo. »

[Le Figaro – 03/03/2008 ]

Après le Venezuela, l’Équateur a décidé dimanche de l’envoi de troupes à sa frontière avec la Colombie. Une conséquence du raid mené samedi dans la jungle équatorienne et qui a conduit à la mort du numéro deux des Farc.

La tension monte entre la Colombie et ses voisins, le Venezuela et l’Équateur. Après le président vénézuélien Hugo Chavez, c’est au tour de son homologue équatorien Rafael Correa de décider de l’envoi de troupes à la frontière entre son pays et la Colombie. Un geste de protestation après le raid mené samedi par l’armée colombienne dans la jungle équatorienne et qui a conduit à la mort du numéro deux des Farc, Raul Reyes. L’Équateur a également ordonné l’expulsion immédiate de l’ambassadeur de Colombie et convoqué une prochaine réunion du Conseil de sécurité nationale. La mission diplomatique équatorienne en Colombie a été fermée et l’ambassadeur équatorien rappelé.

De son côté, le gouvernement colombien a accusé le président d’Équateur Rafael Correa de «compromis» avec les Farc. Selon le porte-parole présidentiel Cesar Velasquez, la saisie des ordinateurs de Raul Reyes, lors de l’assaut de samedi, a prouvé que le président Rafael Correa avait (établi) «un contact» et (passé) «des compromis» avec la guérilla marxiste. Le directeur de la police, le général Oscar Naranjo, a d’ailleurs annoncé qu’il rendrait public un document appartenant à Raul Reyes afin de prouver ces accusations.

Dans l’un des documents, daté du 18 janvier, Reyes évoquerait une réunion avec le ministre de l’intérieur équatorien Gustavo Larrea. Toujours selon ce document, le président Correa y ferait part, indirectement, «de son intérêt à officialiser les relations avec la direction des Farc» afin de jouer un rôle dans les échanges d’otages colombiens contre des prisonniers guérilleros.

«Un motif de guerre»

Dimanche, le président vénézuélien Hugo Chavez a ordonné à l’armée de déplacer dix bataillons (environ 6.000 soldats) à la frontière entre le Venezuela et la Colombie et décidé de rappeler son ambassadeur en Colombie à Bogota. Il a également mis en garde la Colombie contre une action similaire au Venezuela, qu’il interpréterait comme «un motif de guerre». «Que l’aviation militaire se déploie, nous ne voulons pas la guerre, mais nous ne permettrons pas à l’empire, ni à son petit chien, de venir nous affaiblir», a lancé Chavez, en allusion aux États-Unis et au président colombien Alvaro Uribe.

Face au risque d’escalade, la France a appelé tous les acteurs à «la retenue». Quant aux États-Unis, ils ont jugé «étrange» la réaction du Venezuela «contre une organisation terroriste» qui détient plusieurs de leurs ressortissants.

Enfin s’il restait encore quelques espoirs de négociation pour obtenir la libération des otages aux mains des Farc, cette opération semble les éliminer pour longtemps. Non seulement les éventuels négociateurs ont perdu avec la mort de Reyes l’un de leurs principaux contacts, mais, de plus, il est difficile d’imaginer Marulanda, le chef des Farc, revoir à la baisse ses exigences pour ouvrir un dialogue politique. Affaiblie et vexée, la guérilla ne pourra que durcir le ton. Cet affaiblissement a été confirmé, vendredi, par la capture d’un dirigeant de moindre importance des Farc, Lucio Gomez Brinez, ancien geôlier de l’actuel ministre des Affaires étrangères, Fernando Araujo.

http://www.lefigaro.fr/international/2008/03/03/01003-20080303ARTFIG00369-vives-tensions-entre-la-colombie-et-ses-voisins.php


Depuis le départ, Alvaro Uribe fait tout pour faire capoter les libérations d’otages, car – outre le fait qu’il préfère la solution éradicatrice – il n’a aucune envie de voir revenir Ingrid Bétancourt, qui risque d’être un challenger politique… sans parler du fait que Uribe déteste Chavez et ne veut surtout pas lui offrir un pareil succès médiatique. Tant à Bogota qu’à Washington (où se prennent toutes les décisions concernant la politique sécuritaire colombienne) on a déjà assez mal digéré les libérations récentes (et les déclarations politiques des ex-otages)… alors pas question de laisser Chavez « faire un coup » en ramenant Ingrid Bétancourt.

Bombarder un camp des FARC et liquider le numéro deux du mouvement – Raul Reyes était très impliqué dans les négociations avec Caracas –  au moment où des voix légitimes s’élèvent pour dire que « la solution est politique »… c’est tout sauf innocent. Au pire, c’est une grosse connerie. Mais Alvaro Uribe ne fait pas les choses à la légère.

Si Ingrid Bétancourt meurt dans la jungle, ce sera la faute des pratiques inhumaines des FARC, mais Alvaro Uribe aura également son sang sur les mains.

Et tout le monde versera des larmes de crocodile…

Bogota annonce la mort du numéro deux des FARC
[Le Monde 01/03/2008]
Le ministre de la défense colombien a annoncé samedi la mort de Raul Reyes, porte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie, dans un bombardement de l’armée.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/03/01/le-numero-deux-des-farc-a-ete-tue-par-l-armee-colombienne_1017856_3222.html#ens_id=941502

Vidéo : Les ex-otages à Alvaro Uribe : « La solution est politique »
[Le Monde 01/03/2008]
http://www.lemonde.fr/web/video/0,47-0@2-3210,54-1017523@51-941502,0.html


Je suis content que notre ami Nicolas, qui connait bien la Colombie, ait pris le temps de répondre à l’article de Thomet. Mais la Chavez-phobie des médias français est telle qu’on ne voit que Thomet dans les journaux. C’est vrai que Uribe est un bon élève de Washington, alors forcément, il est plus présentable que ce « populiste » de Chavez….

Alors faisons semblant de ne pas voir (comme le fait Libé) que le bon Uribe, aimé de son peuple et démocratiquement élu (tout comme Chavez, mais Chavez est un salaud, c’est entendu) : a une carrière « étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Intelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe Velez, alors sénateur au Congrès, comme un « politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement ». Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe Velez autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia.

Selon que vous serez dans les petits papiers de l’intelligentsia atlantiste ou pas, vous serez un « gentil » ou un « méchant »…. c’est une vieille chanson.

A noter que, sur le blog de Jacques Thomet, l’ambassade de Colombie rejette l’intégralité des accusations de Nicolas Joxe :  http://jacquesthomet.unblog.fr/2008/01/16/la-colombie-proteste-contre-larticle-de-nicolas-joxe-dans-le-monde/ 

[Le Monde – 14/01/2008]

Difficile de ne pas réagir à l’article de Jacques Thomet « La vérité sur les FARC sort enfin » (Le Monde, 9 janvier). Pour qui connaît un tant soit peu la situation colombienne, sa lecture ne peut que provoquer stupeur et colère. Dressant un portrait particulièrement élogieux d’un président colombien qui aurait tout tenté pour libérer les otages aux mains des FARC, l’auteur y lance des accusations contre la famille d’Ingrid Betancourt.

Selon cet ancien directeur de l’AFP en Colombie, le président Alvaro Uribe Velez aurait été victime d’une opération de « diabolisation » orchestrée par le gouvernement et les médias français. La famille d’Ingrid Betancourt est accusée d’avoir constamment « vilipendé » le président colombien tout en dédouanant la guérilla de sa responsabilité dans les enlèvements de civils. Qui peut croire que la famille d’Ingrid Betancourt n’a jamais condamné la cruauté et l’injustice des FARC ? Tout au long de ces années, les proches de l’ancienne sénatrice franco-colombienne ont toujours dénoncé cette pratique abjecte des enlèvements. Les FARC ont depuis longtemps perdu tout crédit politique en généralisant les kidnappings.

Personne ne conteste cette dérive criminelle de la guérilla, qui commence dans les années 1980 quand elle décide de se financer grâce à l’argent du trafic de drogue qui inonde le pays. Les FARC se coupent alors du reste de la société colombienne, leur projet révolutionnaire laisse place à une lutte purement militariste. Ce combat pour accroître leur emprise territoriale s’accompagne dès lors de violations massives des droits de l’homme. Aujourd’hui, personne ne défend sérieusement la vision d’une guérilla « romantique » en Colombie. L’épisode du petit Emmanuel est un exemple supplémentaire du cynisme dont est capable ce mouvement. Cette vérité sur les FARC n’a donc jamais été occultée, comme le prétend Jacques Thomet, qui tente de faire apparaître le président colombien comme un démocrate exemplaire, victime des mensonges des FARC relayés à l’étranger par la famille Betancourt et les autorités françaises.

Mais cette présentation de la situation colombienne, véritable panégyrique pro-Uribe, ne résiste pas à l’examen. Pour s’en convaincre, il faut revenir sur le parcours du président colombien. Car, contrairement à la thèse qu’avance Jacques Thomet, la violence politique qui ravage la Colombie ne se résume pas aux seules FARC. Depuis vingt ans, sous prétexte de lutter contre la guérilla, des milices paramilitaires d’extrême droite ont commis des crimes de masse contre la population. Ces derniers mois, des fosses communes ont été découvertes dans toutes les régions du pays. Le procureur général de Colombie a affirmé qu’elles pourraient contenir les restes de près 10 000 civils assassinés par ces groupes paramilitaires.

Leaders populaires, syndicalistes, juges, défenseurs des droits de l’homme, journalistes : les paramilitaires se sont attaqués à toute forme d’opposition politique ou sociale avec une cruauté inouïe. La presse colombienne a révélé comment les chefs paramilitaires ont généralisé la torture en formant leurs hommes à démembrer vivantes leurs victimes.

Les derniers rapports d’enquête d’Amnesty International, de Human Rights Watch ou de la FIDH montrent comment les forces de sécurité colombiennes ont encadré, coordonné, voire participé, aux massacres paramilitaires. Les témoignages des victimes sont concordants, massifs, accablants. Des officiers supérieurs de l’armée ont « sous-traité » aux milices le soin de mener cette guerre « sale » en toute impunité.

Mais les paramilitaires ne se sont pas cantonnés à ce travail de répression, ils ont bâti une redoutable organisation mafieuse qui contrôle l’essentiel du trafic de cocaïne vers les Etats-Unis et l’Europe. En s’infiltrant dans l’appareil d’Etat, les paramilitaires ont pu faire prospérer leur trafic et généraliser le détournement de fonds publics grâce à la complicité d’une partie de la classe politique au pouvoir.

Or ce qu’omet de dire Jacques Thomet dans son article, c’est que la carrière du président Uribe est étroitement liée à cette expansion du narco-paramilitarisme. Dans un rapport de la DIA (Defense Intelligence Agency) datant de 1991, les services de renseignement militaire américains présentaient Alvaro Uribe Velez, alors sénateur au Congrès, comme un « politicien collaborant avec le cartel de Pablo Escobar aux plus hauts niveaux du gouvernement ». Quelques années plus tard, en tant que gouverneur de la région de Medellin, Alvaro Uribe Velez autorise la formation de coopératives de sécurité privée servant en réalité de couverture légale à des groupes paramilitaires peuplés de tueurs de la mafia. Dans son article, Jacques Thomet écrit que le père du président colombien a été abattu par les FARC. Certes, mais pourquoi ne mentionne-t-il pas que ce dernier était lié à certains parrains de la drogue du cartel de Medellin, que l’on a retrouvé un hélicoptère appartenant à la famille Uribe dans un immense laboratoire de cocaïne ?

Pourquoi ne pas rappeler que l’ancien chef des services de renseignement, un proche du président Uribe, est actuellement détenu pour sa collaboration active avec les paramilitaires ? Pourquoi omettre le fait que les paramilitaires ont joui du soutien de larges secteurs de la classe politique colombienne ? Cette année, malgré les menaces, les juges de la Cour suprême ont ordonné l’arrestation de quatorze députés et sénateurs. Tous sont des proches du président Uribe. Ils sont accusés d’avoir truqué des scrutins électoraux, ordonné des assassinats et servi les intérêts des groupes paramilitaires depuis le Parlement.

Depuis 2005, le président Uribe a tout mis en oeuvre pour parvenir à une amnistie générale des paramilitaires en adoptant la loi dite de justice et paix. Cette législation prévoit, en effet, pour les responsables de ces crimes contre l’humanité des peines dérisoires en échange de leur démobilisation. La situation colombienne est complexe, sa violence, multiforme, parfois difficile à décrypter. Mais présenter la guérilla comme le « diable » et tenter de blanchir un président colombien compromis dans l’entreprise criminelle du paramilitarisme est quelque chose d’inacceptable. Exiger la libération d’Ingrid Betancourt et de tous les otages retenus dans des conditions inhumaines par la guérilla ne peut servir à exonérer l’Etat colombien de sa responsabilité dans le déchaînement de violence existant dans le pays.


Nicolas Joxe, réalisateur, est l’auteur du documentaire « Ils ont tué un homme. Crimes paramilitaires en Colombie ». (Diffusion Arte 2005.)http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-999190,0.html


Les accusation de Jacques Thomet contre la famille d’Ingrid Betancourt sont assez dégueulasse – même si Thomet a pour lui le fait de bien connaître le pays et d’avoir mené une enquête solide sur « l’affaire Bétancourt »… Ce qui est dommage c’est que son article est une « hit piece », un papier dont le premier but de défendre Alvaro Uribe, enfant chéri de Washington, et de dégommer (encore !!!) Chavez.

Nicolas Joxe répond à Jacques Thomet, quelques jours plus tard, toujours dans « Le Monde »

[Jacques Thomet – Le Monde – 09/01/2008]

Les révélations de l’ADN sur le petit Emmanuel donnent raison au président colombien sur les otages

[Jacques Thomet est l’ancien directeur de l´Agence France-Presse à Bogota, auteur de « Ingrid Betancourt, histoire de coeur ou raison d´Etat ? » (Ed. Hugo et Cie, 2006)]

Le diable en Colombie, c’est désormais la guérilla, et non plus Alvaro Uribe, pour le public français. Une page se tourne enfin. Vilipendé jour après jour depuis six ans par la mère, la soeur, la fille et l’ex-mari d’Ingrid Betancourt, avec l’aide de Dominique de Villepin et de Jacques Chirac, le président de Colombie a fait d’un coup échec et mat aux narcoterroristes des FARC et à ceux qui épousaient leurs mensonges. Non pas après une offensive armée de grande envergure, mais par la grâce d’un enfant, Emmanuel.

Ingrid Betancourt et son chef de campagne pour la présidentielle de mai 2002 pour le parti Oxygène en Colombie, Claraleti Rojas, ont été enlevées le 23 février de cette année-là par les FARC, pour rejoindre le lot tragique des 3 000 otages d’une guérilla qui ne vit que du trafic de cocaïne et du rançonnement des civils séquestrés, pour un revenu à hauteur de 400 millions de dollars par an. Paris n’avait jamais éprouvé le moindre intérêt pour cette effrayante injustice jusqu’à la captivité d’Ingrid.

En Colombie, Ingrid n’a jamais été que l’un des 3 000 Colombiens aux mains des rebelles, et nul n’ignore qu’elle s’était jetée dans la gueule du loup en refusant d’obéir aux objurgations des services secrets de son pays qui l’avaient incitée, en vain, à ne pas poursuivre son chemin vers le repaire de la guérilla le 23 février 2002 (je garde par-devers moi un document secret qui le prouve). L’intervention publique de Jacques Chirac en sa faveur, sous la pression de Dominique de Villepin, a réussi à déformer la vision des médias français sur la tragédie colombienne. La scène y a longtemps opposé un méchant, Alvaro Uribe, à une guérilla « romantique » méprisée par le chef de l’Etat. Dans cette intrigue répétée sans relâche par la famille Betancourt, le président colombien endossait le rôle d’accusé.

Ni la famille Betancourt ni les médias français n’ont jamais reconnu les concessions faites par Alvaro Uribe, incapable il est vrai de s’assurer les services d’un organe de communication compétent. Ce président, élu au suffrage universel en 2002 avec 54 % des voix, a été réélu en 2006 avec 64 %, sur une plate-forme de « gant de fer contre les terroristes » (les FARC sont ainsi qualifiées officiellement par l’Union européenne). Contre tous ses engagements initiaux « de ne pas libérer un millimètre du territoire national au profit de la guérilla », cet ancien gouverneur de Medellin a accepté de négocier avec ces mêmes FARC qui avaient abattu son père, Alberto, en 1983, dans leur ferme. Le 13 décembre 2005, Uribe accepte même d’offrir 180 km2 de la Colombie aux FARC pour négocier un échange humanitaire sous l’égide de la France, de l’Espagne et de la Suisse. La guérilla rejette l’offre, et invoque son « refus de négocier avec le président colombien ». Les médias français n’évoquent jamais cet épisode.

En 2007, les FARC paraissent en mesure de mettre à genoux Alvaro Uribe. Sous la pression internationale de pays dont la France, il avait déjà accepté en juin de libérer un commandant de cette guérilla, Rodrigo Granda, sur la demande expresse de Nicolas Sarkozy, puis 152 rebelles, mais sans aucune contrepartie connue. Le président colombien fait un nouveau pas sur son chemin de Canossa. Il accepte alors en décembre 2007 de laisser son homologue du Venezuela – haï en Colombie pour ses relations avec le régime castriste – recevoir les trois otages que la guérilla veut libérer pour les lui confier à Caracas : Claraleti Rojas, son fils Emmanuel (conçu en captivité avec un guérillero), et une parlementaire, Consuelo de Perdomo. Ce « geste » des FARC confirme les relations étroites entre Hugo Chavez et les rebelles, qui disposent de centaines de camps de repli au Venezuela sur les 2 300 km de frontière commune entre les deux pays.

Un véritable cirque médiatique est alors monté par le président vénézuélien, avec la complicité d’une sénatrice colombienne d’extrême gauche, Piedad Cordoba. Huit pays dont la France envoient des délégués de haut rang : ambassadeurs, ministres, ou ex-président comme l’Argentin Nestor Kirchner. Le CICR de Genève attend comme eux la libération des otages. Le suspense se prolonge pendant cinq longues journées.

La désillusion est totale. Les FARC annoncent le 31 décembre 2007 leur refus de libérer les deux femmes et l’enfant Emmanuel, sous un prétexte fallacieux. La vérité sort alors de son puits. Emmanuel n’était plus chez les FARC, annonce dans la soirée Alvaro Uribe. Sous le faux nom de Juan David Gomez Tapiero, souffrait de malnutrition, paludisme et leishmaniose quand il avait été confié par les rebelles à un certain José Cristiano Gomez en juillet 2005. Quand les FARC ont voulu récupérer le bébé en décembre dernier, ils ignoraient qu’Emmanuel avait été transféré dans la capitale.

Les révélations du président colombien suscitent aussitôt la suspicion de la guérilla et de ses complices. Fabrice Delloye, l’ex-mari d’Ingrid Betancourt, dénonce le « machiavélisme » d’Alvaro Uribe le 3 janvier. Depuis près de six ans, il n’a cessé de vouer le chef de l’Etat aux gémonies, pour son refus des diktats de la guérilla. Hugo Chavez accuse son homologue colombien d’avoir « dynamité » la libération des otages par ses assertions.

La fourberie des FARC a renforcé Alvaro Uribe, déstabilisé Hugo Chavez – muet depuis ces révélations – et, hélas, ridiculisé tous les pays qui avaient oublié d’imiter Ulysse en ne se faisant pas attacher au mât pour échapper à l’appel de sirènes encore plus dangereuses que dans la mythologie : la sanglante guérilla colombienne.


Venezuela

Citation : « Chávez est qualifié de marxiste et de socialiste. Il n’est ni l’un ni l’autre. Son programme est réformiste, coopérativiste et redistributionniste ; et sa gestion de la richesse pétrolière est tout à fait ‘‘norvégien-iste’’. Chávez appelle ses réformes de type norvégien la ‘‘Révolution bolivarienne’’. Apparemment ça rend fou à Washington quand des gens de couleur demandent des privilèges de Nordiques. »

[Venezuelanalysis, lundi 3 juillet 2006.]

Voici un extrait du dernier livre de Greg Palast « Armed Madhouse », qui sort ce 1er juillet 2006. Vous pouvez vous procurer « Armed Madhouse » à l’adresse www.GregPalast.com .

Le 26 août 2005 le Seigneur a parlé a Son serviteur à la télévision puis Son serviteur a dit à ses fidèles qui regardaient depuis la terre de la télévision : « Hugo Chávez pense que nous essayons de l’assassiner. Je pense que nous devrions effectivement y aller y le faire. »

Le Révérend Pat Robertson peine à se faire à l’idée de la séparation de l’église et de la haine. Mais Pat Robertson n’est pas fou. Il est, en fait, l’un des plus ingénieux non-fou que je n’aie jamais rencontré. Et des plus calculateurs et des plus perfides. Ceux qui le décrivent comme une sorte de fanatique s’agitant la Bible à la main l’on dangereusement sous-estimé ainsi que son impact dans les centres de pouvoirs, politiques et financiers, à Washington et ailleurs.

Il ne parle jamais pour lui-même. Peut-être qu’il parle pour Dieu, je ne saurais dire, mais il est sûr que le Docteur Robertson utilise son espace télévisuel pour prêcher l’évangile des élites auxquelles il appartient. Son père, le Sénateur états-unien Absalom Willis Robertson, était le mentor du Sénateur Prescott Bush [grand-père du président actuel]. « Je ne suis pas un télévangéliste, m’a-t-il déclaré. Je suis un businessman ».

Et lorsqu’il parle d’en finir avec le Président vénézuélien Hugo Chávez Robertson est complètement dans le business. L’opération proposée par le Révérend était calculée sur la base des risques et des bénéfices, comme pour tout investissement : « C’est beaucoup plus économique que de commencer une guerre, et je ne crois pas que le moindre transport de pétrole serait arrêté. Il s’agit d’un dangereux ennemi sur notre flan sud qui contrôle une énorme quantité de pétrole et qui pourrait nous nuire terriblement… Nous n’avons pas besoin d’une autre guerre à 200 milliards de dollars… C’est beaucoup plus facile de faire organiser une opération secrète pour réaliser ce travail et ainsi nous débarrasser de lui ».

Lorsque j’ai rencontré le Président Chávez à Caracas en avril 2002, il m’a offert d’écrire l’introduction à la traduction en espagnol de mon dernier livre. Je ne suis pas fana des parrainages de journalistes par les politiciens, mais j’ai donné mon accord, au demeurant à la condition qu’il respecte le délai : il devait l’écrire avant sa mort. Chávez n’était pas inquiet outre mesure. « C’est un jeu d’échec, Monsieur Palast, et je suis très fort aux échecs ». Il est davantage que cela. Il est, comme le dit Robertson, un homme dangereux. Mais dangereux pour qui ? Monsieur Beale, les Arabes ont pris des milliards de dollars à ce pays, et maintenant ils doivent les rendre. C’est la loi d’airain du flux et du reflux.

En octobre 2005 Hugo Chávez a défié la gravité et a retiré 20 milliards de pétrodollars de la Réserve Fédérale des Etats-Unis et il a déposé cet argent sur un compte de la Banque de Dépôts Internationale pour l’Investissement en Amérique latine. Il n’y a pas de Tiers Monde, il n’y a pas de pays, Monsieur Beale, il n’y a qu’IBM et Exxon. Peut-être.

Au début de 2001 le Venezuela a adopté une nouvelle Loi des Hydrocarbures. A partir de là, Exxon, British Petroleum et Shell Oil, les plus grands extracteurs de pétrole au Venezuela, en auraient été réduits à ne percevoir que 70% des revenus du pétrole brut vénézuélien qu’ils vendent. Les grandes entreprises pétrolières ont grandi habituées à une part plus importante : 84%.

Après cette réduction de la part des grandes entreprises pétrolières dans le gâteau vénézuélien la réaction a été immédiate : Otto Reich, secrétaire d’Etat assistant pour les affaires hémisphériques, a rencontré les « dissidents » milliardaires vénézuéliens et peu après, en avril 2002, Chávez a été kidnappé. Le président de la fédération patronale vénézuélienne s’est déclaré Président du pays – offrant un sens nouveau au terme « corporate takeover » [« prise de contrôle par l’entreprise »]. (suite…)


[Oulala.net – Comaguer – 30 novembre 2007]
Du temps de l’URSS, il a coulé beaucoup d’encre sur la façon dont les chars russes favorisaient l’établissement ou le maintien des démocraties populaires. Les interventions occidentales dans les mêmes pays étaient beaucoup moins médiatisées. Pourtant elles ont constitué une solide école de formation pour tous les spécialistes étasuniens qui aujourd’hui poursuivent cette activité qui n’a jamais cessé et qu’il faut bien reconnaître comme consubstantielle à la Démocratie à spectre limité made in USA qui ne peut plus être considérée que comme l’exemple à ne pas suivre pour tous les peuples qui veulent échapper à la dictature du CAPITAL TRANSNATIONAL (émanant principalement de la Triade : USA, JAPON, UNION EUROPEENNE)

Un nouvel exemple nous en est fourni en direct par les menées étasuniennes pour faire tomber le régime Vénézuelien au moment où il s’apprête à donner à la Constitution du pays une orientation résolument socialiste en combinant le rétablissement de la souveraineté économique nationale et l’extension des pouvoirs politiques délégués aux pouvoirs de base.

La chaîne de télévision TV POR VENEZOLANA, une des rares qui n’appartienne pas à la grande bourgeoisie vénézuelienne, a diffusé le 26 Novembre des extraits d’un rapport expédié le 20 Novembre par un membre de l’Ambassade des Etats-Unis à Caracas au Directeur de la CIA dans lequel il fait le point sur l’OPERATION TENAZA (tenaille) destinée faire échouer le référendum constitutionnel du 2 Décembre, à faire tomber le gouvernement vénézuélien et à si possible éliminer physiquement le Président CHAVEZ.

Voici quelques extraits de ce rapport « Confidentiel » heureusement divulgué
(suite…)


Courrier international fait de la propagandePoutine et Chavez, de drôles de démocrates
Les deux coups d’ état du 2 décembre.
(Courrier International, N° 891, 29 novembre 2007)

[Maxime Vivas – Oulala.net – Mardi 5 décembre 2007]
Hugo Chavez emportant avec un pourcentage croissant toutes les élections au Venezuela depuis 1998 dans un climat médiatique hostile, chacun avait prévu qu’il emporterait ce référendum du 2 décembre.

Patatras ! il le perd, ne conteste pas le résultat (serré), félicite aussitôt l’opposition, l’invite à jouer désormais le jeu de la démocratie qui peut lui profiter.

Imprimé trop tôt, Courrier International donne le ton de ce qui allait être, s’il avait gagné, le bourrage de crâne musclé et planétaire contre le nouveau dictateur brandissant une Kalachnikov fournie par la Russie de Poutine (en arrière plan car moins dangereux pour l’humanité).

En page intérieure, sous le titre musclé « Des coups d’Etat en forme de plébiscites », Philippe Thureau-Dangin (retenons le nom de ce visionnaire objectif et sagace observateur) écrit notamment :

«  L’occasion était trop belle. Que deux dirigeants, Poutine et Chávez, peu connus pour leur goût de la démocratie, choisissent un 2 décembre pour organiser des scrutins en forme de plébiscites, cela relève bien de l’ironie de l’Histoire ».

Puis, vient l’amalgame tiré par les cheveux avec le coup d’état du 2 décembre 1851, qui porta au pouvoir Louis-Napoléon Bonaparte. Après quoi, une petite leçon d’expert est donnée :

«  Quant aux élites vénézuéliennes, elles n’ont guère pris au sérieux jusqu’à tout récemment ce militaire métis au verbe haut… ». Chávez étant « métis », il eut fallu ajouter, pour bien nous informer, l’origine des « élites » qui parlent bas. Passons et revenons à nos moutons.

« Chacun à sa manière, ils musellent la presse, en exilant (Napoléon III), en s’emparant des groupes de médias (Poutine) ou en ne renouvelant pas la concession accordée à une puissante chaîne d’opposition (Chávez)… » Il eut fallu dire : la concession « hertzienne », pour que le lecteur sache bien que RCTV existe toujours.

Pour finir, l’éditorialiste éclairé nous explique comment Chávez a réussi son golpe du 2 décembre 2007 : « Et comme nous sommes au XXIe siècle, on ne fait plus de coups d’Etat baïonnette au canon ; on se contente de les faire avaliser, tout à fait légalement, par des peuples subjugués ».

C’était notre rubrique : « Pourquoi tu n’achètes plus de journaux ? »

Maxime Vivas


Rejet de la réforme de la Constitution au Venezuela : un « camouflet » ? par Christophe Ventura.3 décembre 2007.Le projet de réforme de la Constitution de 1999 soumis par référendum aux Vénézuéliens le 2 décembre par le président Hugo Chávez et l’Assemblée nationale n’a pas été approuvé. Les médias parlent d’un « camouflet » pour le président vénézuélien. Qu’en est-il ?

Les électeurs étaient appelés à se prononcer sur deux « blocs ». Le « Bloc A » contenait l’essentiel des propositions faites par le président. Le « Bloc » B, lui, contenait celles élaborées par l’Assemblée nationale.

D’après les chiffres publiés par le Conseil national électoral portant sur plus de 90 % des votes dépouillés, le Bloc A a été rejeté par 4 504 354 personnes, soit 50,70% des votes exprimés, et approuvé par 4 379 392 personnes, soit 49.29 % des votes exprimés. Environ 125 000 voix ont donc séparé le « Oui » du « Non ».

Pour sa part, le Bloc B a été rejeté par 4 522 332 personnes, soit 51,05% des votes exprimés, et approuvé par 4 335 136 personnes, soit 48,94% des votes exprimés. Environ 187 000 voix ont, dans ce second bloc, séparé le « Oui » et le « Non ».

L’abstention est la grande gagnante de cette consultation. En effet, elle a concerné 44, 11 % des électrices et électeurs. [1]

S’il est encore trop tôt pour tirer tous les enseignements de ce vote dont l’issue s’est jouée, comme nous le voyons, à très peu de voix, certains éléments peuvent néanmoins être analysés.

(suite…)


L’acharnement médiatique contre Chavez, distillé jour après jour dans la presse « de référence » finit par être grotesque. Surtout qu’il n’est jamais argumenté de manière rationelle… et qu’on tombe dans le délire quand « Le Monde » critique des décisions politiques prises au Vénézuéla qui sont monnaie courante en France.Ainsi, en France, personne ne parle de dictature quand le président de la république peut se présenter un nombre infini de fois aux élections. Et personne ne crie aux lois liberticides quand on parle de la loi sur l’état d’urgence en France – alors que le texte vénézuélien s’en inspire directement. Enfin, la presse ne s’offusque pas des pressions exercées par Sarkozy sur les médias ni ses connivences avec les grands patrons de presse… et garde le silence quand la police découvre à Caracas une bande de mercenaires lourdement armés, payés par Washington, qui tentent de fomenter des troubles pour justifier une intervention militaire extérieure… Deux poids, deux mesures ? Non, application de consignes venues d’outre-Atlantique.

Le cas du Vénézuéla nous aura permis de voir comment les officines de la désinformation à Washington fonctionnent quand elles veulent nous convaincre de l’importance d’éliminer un leader politique qui leur barre la route des plus grandes réserves mondiales de pétrole. Cf l’article « Pourquoi Chavez sera assassiné » de Greg Palast.

[ Salim Lamrani –  Oulala.net ]

Reporters sans frontières ne sait plus quoi inventer dans sa guerre de désinformation contre le gouvernement démocratique et populaire du président vénézuelien Hugo Chávez. Alors que l’organisation parisienne est censée s’occuper uniquement de la « liberté de la presse », elle mène en réalité un combat politique acharné contre le gouvernement bolivarien. Moins de dix jours après avoir distillé de nombreuses contrevérités dans une lettre ouverte1, RSF revient à la charge et se prononce ouvertement contre la réforme constitutionnelle soumise à référendum le 2 décembre 2007.

« A la veille du scrutin, Reporters sans frontières manifeste son inquiétude concernant deux articles du nouveau texte, dangereux pour la liberté de la presse », assène l’organisation dirigée par Robert Ménard. La « réforme actuelle dénature dangereusement l’intitulé initial et menace la liberté de la presse, à travers ses articles 337 et 338 », certifie RSF3. Voyons ce qu’il en est réellement. (suite…)


[Bakchich TV – 23/11/2007]

Lors de son passage éclair à Paris, le 20 novembre dernier, Hugo Chavez a terminé sa journée au select Hyatt Hotel. La conférence de presse était consacrée à Ingrid Betancourt, mais « el Presidente » s’est quand même offert quelques apartés sous forme de tirs à longue portée contre son cher ami Bush. Comme les médias n’en n’ont pas fait grand cas, Bakchich vous en a gardé un petit florilège : Bombes atomiques, pétrole et coup d’état, tout un programme !

http://www.bakchich.info/article2032.html


[Greg Palast – « Armed Madhouse » – 2007 – Traduction par Grégoire Seither]

extrait de l’indispensable ouvrage « Armed Madhouse » (nouvelle édition 2007) de Greg Palast, dont il serait urgent que paraisse une édition française.

Palast vous y explique notamment en détail comment les Républicains vont s’y prendre pour falsifier une troisième fois le résultat des élections présidentielles US en 2008… avec la bénédiction des Démocrates.

Le documentaire de la BBC « The Assassination of Hugo » réalisé par Greg Palast et Rick Rowley est disponible en DVD sur le site de Palast.

(page 183)
Il est temps de faire revenir Guy Caruso, ancien expert consultant de la CIA sur les questions pétrolières et aujourd’hui directeur de l’information pour le Département de l’Energie de l’Administration Bush. C’est lui qui avait briefé Paul Wolfowitz et le Pentagone sur la situation « réaliste » de l’industrie pétrolière en Irak, contredisant les rêves les plus fous des néocons et de leur amis pétroliers. Les chiffres étaient tellement réalistes que les néo-cons avaient préféré ne pas les montrer au public américain et privatiser quand même l’Irak.

En Juin 2005, Guy Caruso s’était envolé pour Kuala Lumpur, en Malaisie, afin de présenter une série de graphiques à une assemblée triée sur le volet de grands patrons de l’industrie pétrolière. (…) Parmi les graphiques présentés figurait une estimation des réserves pétrolières mondiales existantes…

Mais Caruso ne se contente pas d’estimer la quantité de « crude » (pétrole liquide) qui peut encore être extraite. Il y ajoute également les « pétroles lourds », c’est à dire du pétrole « dont la viscosité dépasse 10 000 centpoise », soit des goudrons, des boues pétrolifères et des pétroles bitumineux.

Les chiffres présentés sont impressionnants. Le Canada détient 80% des réserves mondiales de « sables bitumineux ». Mais plus au Sud se trouve une gisement pétrolier encore plus important : les pétroles bitumineux super-lourds du Venezuela. Et il y en a une quantité astronomique : 1,36 trillions de barils, (…)

Caruso fit remarquer à l’assemblée que le Venezuela détient 90% des réserves mondiales de pétrole lourd. Quatre-vingt dix pour cent des réserves. Bien sûr, ce chiffre n’apparaît nulle part dans les statistiques pétrolières tant que le prix du pétrole rend leur exploitation peu rentable. Mais à partir de 28 dollars le baril de pétrole, les réserves du Venezuela deviennent intéressantes à exploiter.

Caruso n’a pas eu besoin de faire traduire ses petits graphiques en arabe. Les représentants des monarchies pétrolières dans la salle étaient au courant depuis longtemps de cette réalité.

(suite…)


Outre la morgue habituelle du latino de la côté envers tout ce qui comporte ne serais-ce qu’une once de sang indien dans les veines (si vous êtes déjà allé au Pérou, vous savez de quoi je parle), cette tribune de Vargas Llosa (immense écrivain par ailleurs) est proprement hallucinante…

Imaginez un instant qu’un homme politique ait osé écrire ce genre de choses en 2002 suite à l’élection de Chirac ? Vous voyez le tollé ? Mais là, c’est contre Chavez, alors ça passe…

« Pourquoi tu ne la boucles pas ? », par Mario Vargas Llosa
[LE MONDE | 22.11.07]
(…)
L’enseignement le plus évident de ce psychodrame, c’est qu’il existe encore une Amérique latine anachronique, démagogique, inculte et barbare, et ce serait une perte de temps et d’argent de tenter de l’associer à la communauté civilisée, démocratique et modernisatrice que les sommets latino-américains aspirent à créer.

Cette aspiration sera vaine tant qu’il y aura des pays latino-américains avec des dirigeants tels que Chavez, Ortega ou Evo Morales, sans parler de Fidel Castro. Qu’ils soient ou aient été populaires et qu’ils gagnent des élections ne fait pas d’eux des démocrates. Au contraire, cela montre la profonde inculture politique, la fragilité des convictions démocratiques de sociétés capables de porter au pouvoir, lors d’élections libres, des personnages de ce genre. (suite…)


Venezuela : Au sujet de l’article « L’opportunisme humanitaire de Chávez» publié par Libération

Un relevé des contrevérités et des omissions s’impose

[Gaël Brustier et Christophe Ventura, militants altermondialistes]
Dans son édition du 19 novembre, Libération (http://www.liberation.fr/rebonds/292184.FR.php) a publié une tribune présentée par 22 universitaires, intellectuels, écrivains, philosophes, journalistes, artistes, diplomates internationaux (soutenue par 42 autres « personnalités internationales ») dénonçant la supposée dérive anti-démocratique du président vénézuélien Hugo Chávez et demandant aux « démocrates du monde de ne pas laisser mourir l’une des plus anciennes démocraties d’Amérique latine ».

Quoi que les uns et les autres pensions de la personnalité du président vénézuélien et de la nature de la « révolution bolivarienne », il convient de ne pas tricher avec les faits qui, respectés, doivent être portés au jugement du lecteur afin qu’il puisse, librement et en conscience, se forger une opinion sur un sujet concernant un pays situé à des milliers de kilomètres des rédactions parisiennes.

De la qualité de l’information dépend celle du débat démocratique. La négliger au profit d’une démarche partisane maltraite le débat d’idées. En proposant ce texte truffé de contrevérités, les auteurs – dont certains sont des intellectuels reconnus dans l’espace public français – abusent les lecteurs et le débat démocratique.

Répondons point par point :

(suite…)


Oscar Lucien, on le connaît bien à Paris… ses déclarations en faveur des séries « soap » valent leur pesant de cacahouètes. C’est amusant que les journaleux de Télérama, pourtant si prompts à vouer aux gémonies, ne cessent de filer la parole à cet histrion… aveuglement anti-Chavez, sans aucun doute. Idéologie, quand tu nous tiens…

[Thierry Deronne – 6 juillet 2007]
Caracas, juillet 2007. La chaîne commerciale RCTV revient sur le câble avec sa programmation habituelle. La “fermeture de la dernière télévision indépendante par Chavez” vaut donc ce que valait le “Salvador Allende ennemi de la liberté d’expression” de 1973. Le lecteur du [journal français] « Le Monde » ne le saura jamais.

Au Venezuela, en juillet 2007, l’opposition possède l’écrasante majorité des médias et le quotidien français n’est que le calque de ce monopole. Les “enquêtes” et les “preuves” du journal « Le Monde » sur la corruption de Chavez fleurissent depuis huit ans dans le moindre kiosque á journaux. Le dénigrement de la démocratie participative et la dénonciation de la “militarisation du régime” sont retransmis du matin au soir par des centaines de radios commerciales. L’exclusion par « Le Monde » des trois quarts de la population reproduit le racisme de Globovision, Venevision, Televen, RCTV et autres chaînes qui occupent 80 % des ondes.

(suite…)


Si RCTV avait été française, elle n’aurait pas vécu cinq minutes !
[MICHEL COLLON – 22/06/07]
J’étais au Venezuela pendant l’affaire RCTV. Une fois encore, j’ai pu mesurer l’écart entre entre les médias internationaux et la réalité…

Imaginez, en France, une chaîne qui participe activement à un coup d’Etat militaire contre le gouvernement élu, qui se rend ensuite complice d’un sabotage économique du pays par les Etats-Unis, qui appelle chaque jour à la violence et au renversement des institutions démocratiques, qui enfreint à 652 reprises en six mois les règlements audiovisuels sur la pub, la violence, les images subliminales, etc., qui refuse tout entretien de conciliation, dont les journalistes sont payés par le gouvernement des Etats-Unis… eh bien ces Messieurs de Reporters sans Frontières, du Monde, Libé et autres TF1, ne seraient-ils pas les premiers à réclamer son interdiction après cinq minutes? Mais comme cela se passe au Venezuela, ils baptisent tout cela « liberté d’expression ». (La preuve dans les articles ci-dessous)

  • Rappelons aussi que RCTV n’est pas « fermée ». En fait, elle continue à émettre sans problèmes sur le câble et par satellite.

  • Qu’elle n’était pas « la dernière chaîne d’opposition » (il en reste beaucoup).

  • Que les monopoles privés (étroitement liés aux USA) continuent à dominer de façon écrasante l’audiovisuel et la presse écrite, diffusant massivement la propagande et le modèle US si néfastes pour le tiers monde.

Signalons que, dimanche 27 mai, des groupes d’opposition ont attaqué la police, tirant même à balles (11 blessés, tous policiers), sans que la police se laisse entraîner dans la provocation : vous imaginez ça au pays de Sarkozy ou n’importe où en Europe ?

Et demandons-nous ce que cache cet écran de fumée ? Que le peuple du Venezuela est en train de se libérer de la Banque Mondiale et du FMI, qu’il invente une alternative aux multinationales et à la misère et que nous n’avons pas le droit d’en entendre parler ? Comme le montre le film Bruxelles- Caracas de Vanessa Stojilkovic. (voir ci-après)

Comme toujours, l’important n’est pas ce que disent les grands médias, mais ce qu’ils cachent…

Je vous défie, Messieurs Ménard, du Monde et de Libé, d’accepter un débat public sur tout ceci. Et je vous propose de commencer par montrer des images de cette fameuse RCTV afin que chacun puisse juger sur pièces. Oserez-vous ?

MICHEL COLLON
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-06-12%2010:50:24&log=articles