Diebold Election System



[Greg Palast – TruthOut – 27/08/2012 – Traduction: Gregor Seither pour IES News Service]

La convention républicaine ouvre ses portes avec le discours d’un homme « qui devrait être en prison »

Cet article est basé sur les enquêtes publiées dans le nouveau livre de Greg Palast, « Billionaires & Ballot Bandits: How to Steal an Election in 9 Easy Steps  » (Milliardaires et Bourreurs d’urnes: Comment voler une élection en 9 étapes faciles – avec un avant-propos de Kennedy et des illustrations par le caricaturiste Ted Rall.

« Tim Griffin devrait être en prison. » C’est la conclusion de l’avocat des droits civiques Robert F. Kennedy Jr. après avoir passé en revue les preuves que je lui ai demandé d’examiner.

Mais Griffin n’est pas en prison: il est au Congrès. Et mardi, il sera le premier membre du Congrès choisi par le Parti Républicain pour ouvrir les débats lors de leur convention nationale.

On pouvait s’y attendre, je n’ai pas vu un seul article dans la presse américaine faisant mention du fait que, en 2007, Griffin a démissionné précipitamment du Ministère de la Justice, étant tombé en disgrâce, juste avant ce qui aurait pu (aurait dû) être sa mise en examen.

Selon Kennedy quelques autres personnalités devraient rejoindre Griffin dans le box des accusés: pour commencer, il y a aussi le patron de Griffin, l’homme que George W. Bush surnommé la « Fleur de Crotte » (Turdblossom) : Karl Rove.  Mais ce n’est pas la seule fleur odoriférante, il y a également Matt Rhoades, l’assistant de Griffin à l’époque.  Rhoades n’est pas en prison non plus. Il est le directeur de campagne du candidat à la présidentielle Mitt Romney.

Kennedy a analysé une enfilade d’e-mails hautement confidentiels que nous avons pu récupérer depuis l’intérieur du siège du Comité National Républicain à Washington. (Et si vous vous posez la question de savoir comment nous avons fait pour mettre la main sur les courriers électroniques privés de certaines sommités de la campagne électorale des Républicains, et bien c’est une autre histoire. Par contre, je peux vous certifier que ces mails ont été envoyés directement depuis l’ordinateur de Tim Griffin. Rove, qui est expert en informatique, se garde bien d’avoir un ordinateur qui lui soit attribué personnellement).

« Ce qu’ils ont fait est tout à fait illégal et ils le savaient mais ils l’ont fait quand même», m’a dit Kennedy.

Ce qu’ils ont fait s’appelle « voter caging », épurer les listes électorales des électeurs soupçonnés de ne pas voter dans le bon sens. Le Comité National Républicain a envoyé par milliers des lettres à des soldats, en recommandé, avec la mention « NE PAS FAIRE SUIVRE ». Quand ces lettres sont revenues sans avoir été remises au destinataire, les Républicains ont prévu d’utiliser ces enveloppes « épurées » comme preuve que l’électeur n’habite pas dans son district électoral et que donc son vote est « frauduleux » — puis ils annuleraient son vote.

Ainsi, un soldat stationné en Irak verrait son vote par correspondance invalidé — et il n’en saurait rien. (suite…)


Le PDG de Diebold, Walden O’Dell, est un des plus gros collecteur de fonds pour la campagne électorale du Parti Républicain, notamment dans l’Etat de l’Ohio, une circonscription électorale qui, aux dires de tous les experts, a été le pivot de l’élection 2004 et risque de jouer le même rôle en 2008. Il n’est donc pas surprenant que les ordinateurs de vote dans cet Etat connu pour son fort taux de sympathisant Démocrates, se mettent à « perdre » des voix…

[Grégoire Seither – IES News Service – 30/08/2008]
Premier Election Solutions, anciennement connu sous le nom de Diebold, qui fabrique des ordinateurs de vote utilisé dans 34 Etats des USA a reconnu que son système informatique contient de graves erreurs de programmation qui provoquent la perte de votes lors du transfert électronique depuis la mémoire de l’appareil vers la centrale de décompte des voix.

Le problème a été identifié dans l’Ohio (un Etat qui jouera un rôle crucial dans la victoire ou la défaite du candidat Démocrate) suite à une plainte d’agents électoraux lors des primaires du mois de Mars dernier. Mais l’erreur existe en fait au coeur du système depuis plus de dix ans, a reconnu Chris Riggall, porte parole de la société

Le logiciel défectueux est présent tant sur les ordinateurs de vote à écran tactile que sur les appareils à lecture optique fabriqués par Premier et le problème du décompte des votes affecte surtout les bureaux de vote importants qui transfèrent de nombreuses cartes mémoire vers la base de données centrale, où les voix sont comptées.

Riggall a expliqué qu’il était « certain » que les assesseurs des bureaux de vote ont, ces dernières années, remarqué l’erreur quand ils comparaient leur fiche de décompte avec les résultats affichés et qu’ils l’ont réparé d’eux mêmes en transférant une deuxième fois les données, afin de ne pas perdre de voix exprimées. Jennifer Brunner, Secrétaire d’Etat de l’Ohio a précisé que dans les neuf comtés où le problème a été découvert, aucun vote n’a été perdu car l’erreur a été identifiée à temps et les cartes mémoires transférées une deuxième fois.

Mais la moitié des ordinateurs de vote de l’Ohio utilise ce logiciel, il est donc probable que de nombreuses erreurs n’ont pas été repérées ou ont été ignorées et que de très nombreux bulletins de vote électroniques ont été perdus.

L’entreprise a annoncé un plan d’action en urgence afin de résoudre le problème avant l’élection de Novembre prochain. Les près de 2 000 juridictions qui utilisent ce type de machine seront prévenues. Ces ordinateurs sont également utilisés dans le Maryland et dans la Virginie (la Virginie est un autre « swing state » qui peut décider du résultat final de l’élection présidentielle).

Le problème se produit lors du transfert des voix enregistrées sur le cartes mémoire de chaque ordinateur de vote, vers la base de données centrale (le « vaisseau mère ») où les votes sont comptés. Une erreur de programmation fait que, en cas d’engorgement du transfert, les votes dans la file d’attente sont effacés par les nouvelles données arrivant à ce moment là. L’erreur se produit en quelques millièmes de secondes, explique le communiqué de Premier Inc.

L’erreur n’est pas immédiatement détectable a expliqué Riggall. Elle ne peut être identifiée qu’au moment où les assesseurs comparent leurs fiches d’émargement avec le compte-rendu de transfert renvoyé par la base de données.

Mais pour la Secrétaire d’Etat Brunner, une opposante de longue date aux ordinateurs de vote, « cette sécurité n’en est pas une, car très souvent les assesseurs font confiance à l’ordinateur et ignorent les différences avec, les mettant sur le compte de l’erreur humaine.« 


Pourquoi l’Administration Bush se cramponne t’elle tellement à son projet de « Real ID » (c’est à dire l’instauration d’une carte d’identité nationale) ? Ce n’est pas pour des raisons de lutte anti-terroriste, cela fait 250 ans que les USA se passent de carte d’identité et cela marche très bien…

Non, la raison pour laquelle les petits génies Républicains insistent pour que la « Loi Real ID / Proposition 200 » devienne obligatoire dans l’ensemble des états de l’Union avant cet été, c’est parce que cela va permettre de faire passer à la trappe, lors des élections de novembre prochain, quelques millions d’électeurs.

Dans une élection présidentielle ou la victoire se joue souvent sur 60 000 voix, ce n’est pas négligeable.

Surtout que les personnes qui se voient refuser l’accès au bureau de vote pour « absence de véritable document d’identité » (c’est à dire qu’ils ne peuvent présenter que le traditionnel permis de conduire, accepté partout ailleurs) sont majoritairement issues des ‘couches pauvres’ de la société. Dans les états comme la Floride et l’Arizona, cela signifie que ce sont des Noirs ou des Hispaniques… des gens connus pour voter fortement Démocrate. (cf. étude ACLU – citée par Greg Palast).

Ceci explique cela…

[Gregor Seither – IES News Service – 25/03/2008]

Toujours aucun compromis en vue dans le conflit qui oppose l’administration Bush à certains Etats qui refusent d’appliquer les nouvelles directives en matière de documents d’identité sécurisés, y compris les permis de conduire.

Pour les personnes vivant dans ces Etats ‘réticents’, la dispute est cruciale : si l’Administration décide de passer outre l’opposition locale, ils risquent de se voir refuser l’embarquement dans les aéroports, voire interdire l’accès à certains batiments de l’administration fédérale, pour cause de « pièce d’identité non conforme ».

La source du conflit est la loi « Real ID » qui impose des nouvelles mesures de sécurité pour la délivrance des permis de conduire (une prérogative des Etats). L’administration Bush insiste sur le fait que cette loi, votée après les attaques du 11 septembre, a pour but de lutter contre le terrorisme, les escrocs ainsi que les immigrés clandestins. (suite…)


Staline disait déjà : « Ce ne sont pas les gens qui votent, qui comptent. Ce sont les gens qui comptent les votes. » La machine décrite par Greg Palast s’est mise en branle…

[Richard Hayes Phillips, Ph.D. – 05/03/2008 – Traduction : Grégoire Seither]
Richard Hayes Phillips est l’auteur de l’ouvrage – « Witness to a Crime: A Citizens’ Audit of an American Election. » qui analyse la fraude électorale dans l’Ohio lors des présidentielles U.S. de 2004. (richardhayesphillips@yahoo.com)

Est-ce que personne ne s’est rendu compte de rien ? Cela fait plus de 24 heures que les bureaux de vote ont fermé pour les primaires au Texas, nous disposons désormais des décomptes définitifs de tous les comtés… et les bizarreries commencent à apparaître :

Dans 21 comtés, aucun électeur ne s’est présenté pour voter aux primaires Républicaines.

Dans 3 comtés, aucun électeur ne s’est présenté pour voter aux primaires Démocrates.

Dans les 21 comtés où aucun Républicain n’est allé voter, il y a 87 919 électeurs inscrits, et
36 239 bulletins ont été exprimés, tous pour la primaire Démocrate.

Dans les 3 comtés où aucun Démocrate n’est allé voter, il y a 5 212 électeurs inscrits, et
1 865 bulletins ont été exprimés, tous pour la primaire Républicaine.

Dans le comté de Maverick, la totalité des 9 661 bulletins exprimés le sont pour la primaire Démocrate.

Dans le comté de Hansford, la totalité des 1 235 bulletins exprimés le sont pour la primaire Républicaine (suite…)


Après les démonstrations de Greg Palast sur les méthodes des Républicains pour traffiquer les résultats des élections, voici celles des Démocrates pour faire gagner Hillary Clinton… installer des bureaux de vote dans des endroits situés à une heure de route des quartiers où habitent ceux susceptibles de « mal voter » est une vieille astuce qui a fait merveille en Floride en 2000.

Encore une fois, le but n’est plus de bourrer les urnes (trop visible, trop risqué) mais tout simplement d’empécher un maximum d’électeurs de votre adversaire de mettre leur bulletin dans l’urne…

[Gregor Seither – IES News Service – 14/01/2008]

Interrogée dans le cadre de l’émission « Meet the Press », ce dimanche 13 janvier, Hillary Clinton a vigoureusement nié être liée à une action en justice qui pourrait empécher des milliers d’ouvriers faisant les trois-huit de voter dans les élections primaires Démocrates du Nevada, samedi prochain. Et ce malgré le fait que son mari, l’ancien président Clinton, fait partie des soutiens de cette action.

En mars dernier, le Parti Démocrate du Nevada avait accepté d’installer un bureau de vote dans le quartier des hôtels de Las Vegas afin de permettre aux employés travaillant dans la restauration et les services, de participer au « caucus » pour la désignation du candidat Démocrate aux élections présidentielles 2008. En effet, les horaires alternés de ces travailleurs – dont une grande partie est affiliée à la puissante « Culinary Union » du Nevada – ne leur permettent pas de rentrer dans leurs banlieues lointaines pour y voter.

Tout le monde au Parti Démocrate trouvait que c’était une bonne idée de permettre à ces gens de voter à proximité de leur lieu de travail… jusqu’à ce que la direction de la « Culinary Union » annonce son soutien à Barack Obama et appelle ses membres à voter pour lui.

Tout d’un coup le leadership Démocrate du Nevada – qui soutient Hillary Clinton – a trouvé que cette idée de « bureau de vote décentralisé » était carrément illégale. Le syndicat enseignant « Nevada State Education Association », dont les cadres font tous partie de l’équipe de campagne de Mme Clinton, a introduit un recours en justice pour faire fermer ces bureaux de votes, interdisant de fait à des milliers de supporters du Parti Démocrate de participer à la désignation de leur candidat aux élections.

L’ancien président Bill Clinton a soutenu l’action en justice intentée par le syndicat enseignant. Sans surprise… il avait déjà usé de cette méthode pour éliminer des électeurs « susceptibles de mal voter » quand il était gouverneur de l’Arkansas, dans les années 1980.

Mais heureusement il s’est trouvé un juge intelligent au Nevada qui a vu clair dans la manoeuvre et rejeté la plainte, jeudi 17 janvier. « Les membres du Parti Démocrate de cet Etat ont le droit, garanti par le premier Amendement, de s’associer, de se réunir et de définir leur propre mode de fonctionnement interne« , a déclaré le Juge Mahan.

Source : http://www.onelocalnews.com/prescottherald/stories1/index.php?action=fullnews&id=121338


Ce texte est la suite de l’article :

COMMENT LE PARTI RÉPUBLICAIN VA TRUQUER LES ÉLECTIONS DE 2008…

ainsi que
U.S.A. : COMMENT EMPÉCHER LES ÉLECTEURS DU PARTI DÉMOCRATE DE VOTER ?

[Greg Palast – extrait de son livre « Armed Madhouse » (édition 2007) pages 353 à 360 – Traduction : Grégoire Seither ]

Le député de l’Arizona, Russell Pearce, et sa bande estiment que les possibilités offertes par la loi HAVA (Help America Vote) pour truquer les élections ne sont pas encore suffisantes. Le député est allé encore plus loin en introduisant la « Proposition 200 », une loi que – pour ma part – je considère comme l’aboutissement de la résurection des anciennes lois Jim Crow mises en place dans les États du sud jusque dans les années 1960 et qui avaient pour but de restreindre la plupart des droits accordés aux anciens esclaves après la Guerre de Sécession.

La « Proposition 200 » est devenue une loi de l’Etat d’Arizona en 2006. Elle oblige tout citoyen à présenter une pièce d’identité attestant de sa citoyenneté américaine s’il veut s’inscrire sur les listes électorales. Jusque là tout va bien : vous ne pouvez pas prétendre participer au vote si vous ne pouvez prouver que vous êtes – comme le dit George Bush – « un vraimrikain » (a Murkin). Le seul problème avec cette loi est que dans la plupart des Etats de l’Union, il n’existe que trois documents permettant de prouver sa citoyenneté américaine : un extrait original et certifié de votre acte de naissance, un décret de naturalisation ou bien un passeport. (NdT: il n’existe pas de carte d’identité nationale aux Etats-unis). Aucun de ces trois documents n’est facile à obtenir pour une très grande partie des citoyens des USA. La seule pièce d’identité que possède la majeure partie des américains est le permis de conduire. Et celui-ci n’est pas reconnu par les assesseurs des bureaux de vote.

Aux Etats-unis, de très nombreuses personnes, souvent issues de catégories sociales défavorisées et de minorités ethniques, n’ont jamais reçu un acte de naissance officiel. Et presque personne parmi les pauvres ou les classes populaires aux Etats-unis ne dispose d’un passeport. De fait, seulement 23% des citoyens des Etats-unis possède un passeport. En résultat, cette nouvelle loi qui dit « Tu veux voter ? Prouve moi que tu es un vraimrikain » rend l’accès à l’isoloir particulièrement difficile à quelqu’un qui est né quelque part au fin fond de la campagne de l’Alabama… par contre cela ne pose aucun problème à celui qui vient de renouveler son passeport pour aller faire une petite virée sur les plages de Cancun ou au pied de la Tour Eiffel.

Le but de l’opération : revenir à l’ancien système en vigueur du temps des « Pères Fondateurs », quand seuls les hommes propriétaires de biens et ayant payé l’impôt avaient le droit de vote. Les journaliers, les pauvres, les femmes, les noirs, les mexicains ? Qu’ils la ferment s’ils ne veulent pas finir au bout d’une corde. Un tel système permet de garantir que, quelque soit le parti politique qui gagne l’élection, c’est toujours l’oligarchie qui reste au pouvoir. Les listes électorales ne sont plus l’expression d’un droit mais une liste d’invités pour un club select.

Et ça marche ! Dans la première année qui a suivi l’adoption de la Proposition 200 en Arizona, près de 30% des résidents nouvellement arrivés dans la région de Phoenix se sont vus interdire l’accès aux bureaux de vote. Une enquête menée par l’ACLU (American Civil Liberties Union) a conclu que les refus d’inscription sur les registres électoraux se concentraient parmi les « couches pauvres de la société ». En Arizona, cela est synonyme de « population d’origine hispanique ». (suite…)


L’Amérique fasciste, en dix mesures faciles

[Naomi Wolf – Mardi 24 avril 2007 – The Guardian – Traduction française: SOTT]

De Hitler à Pinochet et au delà, l’histoire montre qu’il y a certaines mesures que tout dictateur en puissance doit prendre pour détruire les libertés constitutionnelles. Et selon Noami Wolf, George Bush et son administration semblent toutes les prendre.

L’automne dernier, il y a eu un coup d’état militaire en Thaïlande. Les leaders du coup d’état ont pris un certain nombre de mesures, plutôt systématiquement, comme s’ils avaient une liste d’achats. En un sens, c’est ce qu’ils avaient. En quelques jours, la démocratie a été supprimée : les chefs du coup d’état ont décrété la loi martiale, envoyé des soldats en armes dans les zones résidentielles, pris en main les stations de radio et de télévision, et mis des activistes patentés en détention.

Ils ne comprenaient pas ces choses à mesure qu’elles progressaient. Si vous regardez l’histoire, vous pouvez voir qu’il y a essentiellement un plan pour transformer une société libre en une dictature. Ce plan a été utilisé à maintes reprises en versant plus ou moins de sang, de manières plus ou moins terrifiantes. Mais c’est toujours efficace. Il est très difficile et ardu de créer et maintenir une démocratie – mais l’histoire montre qu’en supprimer une est bien plus simple. Vous n’avez qu’à être disposé à prendre les dix mesures.

Aussi difficile que ce soit à contempler, si vous êtes disposé à le voir, il est clair que chacune de ces 10 mesures a déjà été initiée aujourd’hui aux Etats-Unis par l’administration Bush.

(suite…)


UN NOUVEAU LOGICIEL PERMET DE SAVOIR QUI MODIFIE LES PAGES WIKIPEDIA… ET RÉVÈLE LA CENSURE OPÉRÉE PAR DIEBOLD, LA CIA, LES POLITIQUES, MICROSOFT etc.
[Wired – 12/08/07 – Trad. Grégoire Seither]
Le site « Wikipedia Scanner » (http://wikiscanner.virgil.gr/) inventé et mis en place par Virgil Griffith, diplômé en informatique et en systèmes neuronaux à l’université de Californie (CalTech) propose aux visiteurs une base de données qui permet de relier les millions de modifications apportées chaque jour aux pages de l’encyclopédie Wikipedia aux organisations où se trouvent les ordinateurs d’où est partie la modification. Pour cela Griffith s’appuie simplement sur l’adresse IP du modificateur (enregistrée à chaque modification d’une page) et la relie au propriétaire du bloc IP concerné. Vous pouvez également saisir une adresse IP pour connaître les modifications qu’elle a apporté aux pages dans Wikipedia.

Le site WIRED a déjà lancé un concours des plus belles censures et manipulations de l’information détectées à l’aide de cet outil. Vous pouvez y participer ici : http://blog.wired.com/27bstroke6/2007/08/vote-on-the-top.html
Griffith a téléchargé l’intégralité des pages Wikipedia pour les analyser. Le résultat : une base de données de 5,3 millions de modifications, effectuées par  2,6 millions d’organisations, parmi elles  la CIA, Microsoft, les bureaux parlementaires de députés au Congrès des Etats-unis ou encore le fabricant d’ordinateurs de vote Diebold. La base permet d’afficher en un seul clic la liste des pages modifiées et le détail des modifications commises par ces organisations ou par quelqu’un ayant accès à un ordinateur au sein de ces organisations.

Certaines de ces modifications apparaissent clairement comme motivées par un souci de promotion et de relations publiques, soit en ajoutant des informations positives tirées des communiqués de presse aux articles soit en supprimant des paragraphes entiers de contenu critique. Un bon exemple de ce genre de manipulation de l’information est le fabricant d’ordinateurs de vote Diebold : quelqu’un opérant depuis un ordinateur connecté sous une adresse IP appartenant à l’entreprise se connecte régulièrement à la page traitant de la société pour supprimer des longs passages qui font mention des craintes des experts en sécurité informatique ou des libertés civiques vis à vis de ces machines. Ou encore des passages qui détaillent les importantes contributions financières du PDG de la société au profit de la campagne électorale du Président George W. Bush.

La page WikiScanner propose des liens vers des résultats de recherche triés par origine. Elle permet ainsi de constater qu’à la Havane (Cuba) réside un fan de Neil Young qui veille sur la page consacrée au musicien et que le groupe pharmacologique Pfizer Inc. héberge un expert de l’histoire des Cathares en Provence…

http://www.wired.com/politics/onlinerights/news/2007/08/wiki_tracker


[Associated Press – 03/08/07 – Trad. Grégoire Seither]
Les ordinateurs de vote utilisés dans l’Etat de Floride sont toujours aussi facilement manipulables, malgré les promesses des autorités, l’an dernier, d’en améliorer la sécurité. Une étude commanditée par le gouvernement montre à quel point il serait facile pour un assesseur de bureau de vote de manipuler les résultats électoraux. A la demande du Secrétaire d’Etat Kurt Browning, une équipe de spécialistes informatiques de la Florida State University ont passé en revue les failles connues de ces systèmes pour tester si elles étaient encore exploitables. L’étude a révélé que la majorité des ordinateurs de vote sont encore vulnérables.

Ainsi, une personne peut, en moins de dix minutes, accéder à l’intérieur de la machine et y remplacer une carte mémoire par une autre, contenant un logiciel préprogrammé qui comptabiliserait les votes pour un candidat au profit d’un autre ou faisant gagner un candidat particulier avec une petite avance de voix détournées. Le rapport précise qu’une telle attaque ne requiert qu’un bref accès à la machine alors que les ordinateurs de vote sont souvent entreposés 48 heures à l’avance et sans supervision dans les bureaux électoraux. « Cette attaque est facile à mettre en oeuvre et relativement indétectable étant donné qu’il y a très peu de double-vérification des votes à l’aide d’un système de comptabilité basé sur des bulletins en papier ».

Kurt Browning a demandé au fabricant des ordinateurs, Diebold Elections Systems (qui compte parmi les plus gros donateurs pour la campagne de George Bush en 2000 et 2004) de lui fournir une réponse avant le 17 Août et a exprimé l’espoir que la société serait en mesure de remédier à ces vulnérabilités avant les élections primaires de l’année prochaine.

http://news.yahoo.com/s/ap/20070731/ap_on_re_us/voting_machine_woes