CIA



[Emmanuel Ratier – Faits&Documents n°385 – 24 Octobre 2014]

Journaliste depuis 25 ans à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le journaliste Udo Ulfkotte a révélé à la télévision allemande qu’il travaillait depuis des lustres pour la CIA, s’employant à faire de la propagande pro-américaine, pro-européenne et anti-russe.

Selon lui, il existe de nombreux « agents non-officiels sous couverture » comme lui, tout particulièrement en France, en Nouvelle- Zélande, en Grande-Bretagne, en Israël et en Australie, qui se contentent de signer ou de lire des articles déjà écrits par les agences de renseignement américaines.

Ils sont le plus souvent contactés en début de carrière par des organisations transatlantiques qui leur paient des voyages, les invitent, leur ouvrent les portes afin de tisser progressivement des liens de plus en plus étroits puis les soudoient et les rémunèrent.

http://www.faitsetdocuments.com


Souvenez vous, quand la presse vous parle de « opération anti-terroriste ayant permis l’arrestation de… » que 90% des « complots terroristes » découverts aux USA ces 10 dernières années ont été « suscités » voire fabriqués de toutes pièces par la police… la « Guerre à la terreur » est un juteux marché qui permet de justifier le flicage et la répression contre toutes les formes de dissidence.

[Oumma.com – 03/05/2014]

Quand on peut fabriquer des peurs, qui frappent l’imaginaire, pour mieux les exacerber, pourquoi ne pourrait-on pas créer des terroristes de toutes pièces, histoire de crédibiliser les plus dantesques des scénarios catastrophes ?  A ce petit jeu de la manipulation, foncièrement immoral, qui brise des vies sans état d’âme au nom d’une lutte anti-terroriste qui a bon dos, les Etats-Unis font figure d’experts, même si parfois leur mystification leur explose en pleine face, comme c’est le cas de l’affaire du « terroriste du siècle », une afffaire à faire monter l’adrénaline dans les chaumières…

Derrière le portrait effrayant du « terroriste » patibulaire, qui était sur le point de laisser son empreinte sanglante dans l’Histoire en tant que plus grand criminel de tous les temps, se dissimulait Ahmed Abbassi, un malheureux étudiant tunisien de l’Université de Laval, au Canada, odieusement trahi dans sa confiance et piégé par la sombre machination orchestrée par un agent du FBI.

Au portrait-robot affreusement caricatural se sont ajoutées cent heures de conversations enregistrées, entièrement trafiquées, qui ont achevé de convaincre la police américaine de tenir là l’ennemi public n°1, l’Attila des temps modernes… Pour forcer un peu plus le trait, l’agent du FBI avait réussi à faire passer Ahmed Abbassi, ce coupable idéal, à qui il avait promis de réaliser son rêve américain et obtenu un visa en 2013, pour un dangereux meneur qui aurait «radicalisé» Chiheb Esseghaier, un autre étudiant tunisien, arrêté à Montréal en avril 2013, au motif qu’il aurait planifié le déraillement d’ un train de VIA Rail entre Toronto et New York.

«Ils ont basé leurs affaires sur rien! Mon frère voulait venir s’installer avec sa femme à Québec pour étudier et faire sa vie. Les gens doivent savoir qu’il n’a jamais été impliqué dans quoi que ce soit d’illégal», avait alors dénoncé sa soeur, comme le rapporte le site Kapitalis.  Interpellé le 22 avril, Ahmed Abbassi, s’est retrouvé pris dans une véritable souricière, accusé de terrorisme, de préparation d’actes terroristes, et de vouloir anéantir 100 000 personnes, avant d’être jeté en prison où il était menacé de croupir pendant 50 ans.

Depuis mardi dernier, date de sa comparution devant la Cour Fédérale, cette perspective cauchemardesque semble n’être plus qu’un mauvais souvenir, grâce à la plaidoirie imparable de son avocate Sabrina Shroff, qui a su démonter le mécanisme bien huilé d’un complot ourdi par un agent du FBI, réhabilitant l’honneur d’un homme et le sauvant in extremis de l’enfer.

Pour recouvrer la liberté, Ahmed Abbassi devra cependant plaider coupable mais uniquement pour la falsification d’une déclaration en vue d’obtenir une carte verte et un visa de travail. Un aveu qui le condamnera peut-être à une courte peine de prison, tout au plus six mois, puis il tentera de reprendre le cours normal de son existence, là où il l’avait laissée, avant de voir ce piège terrifiant se refermer sur lui. Le « terroriste du siècle » était un leurre grossier, mais la réalité du drame vécu par Ahmed Abbassi a dépassé la fiction…

http://oumma.com/202149/tunisien-accuse-detre-terroriste-siecle-usa-victime-d


Espionnage : comment Orange et les services secrets coopèrent

[Jacques Follorou – LE MONDE | 20.03.2014]

On apprend souvent davantage de choses sur soi par des gens qui n’appartiennent pas à votre famille. Les Britanniques, un peu malgré eux, viennent de nous éclairer sur les liens hautement confidentiels qui existent entre les services secrets français, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et l’opérateur historique de télécommunication France Télécom, qui a pris le nom d’Orange en février 2012.

Selon un document interne des services secrets techniques britanniques (GCHQ), l’équivalent de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine, la DGSE entretient une coopération étroite avec « un opérateur de télécommunication français ». L’ancienneté de leurs liens, la description des savoir-faire spécifiques de l’entreprise ainsi que l’enquête du Mondepermettent de conclure qu’il s’agit bien de France Télécom-Orange.

Selon le GCHQ, la DGSE et l’opérateur historique français travaillent ensemble pour améliorer les capacités nationales d’interception sur les réseaux de communication et collaborent pour casser les cryptages de données qui circulent dans les réseaux. France Télécom est un acteur important du système de surveillance en France.

COLLECTE DE DONNÉES LIBRE DE TOUT CONTRÔLE

Cette note, extraite des archives de la NSA par son ex-consultant Edward Snowden, assure que la relation entre la DGSE et l’opérateur français constitue un atout majeur par rapport à ses homologues occidentaux. L’une des forces de la DGSE résiderait dans le fait qu’elle ne se contente pas des autorisations accordées par le législateur pour accéder aux données des clients de France Télécom-Orange. Elle dispose surtout, à l’insu de tout contrôle, d’un accès libre et total à ses réseaux et aux flux de données qui y transitent.

Cette collecte libre de tout contrôle, par le biais de l’opérateur français, portant sur des données massives, concerne aussi bien des Français que des étrangers. Elle est utilisée par la DGSE, qui la met à la disposition de l’ensemble des agences de renseignement françaises au titre de la mutualisation du renseignement technique et de sa base de données. Ces données sont également partagées avec des alliés étrangers comme le GCHQ. Enfin, l’opérateur français développe, en partenariat avec la DGSE, des recherches en cryptologie. (suite…)


[iShen – MacPlus  31/12/2013]

Voilà qui devrait faire du bruit, même si l’on est plus vraiment surpris par la teneur des propos du hacker/chercheur Jacob Applebaum : La NSA se serait intéressée à l’iPhone et aux moyens de contourner sa sécurité dés l’année 2008, et pourrait aujourd’hui injecter à distance des logiciels espions qui rapporteraient tout, absolument tout ce qui transite par le biais du smartphone d’Apple. Des preuves de logiciels espions sur smartphones Android avaient déjà été fournies il y a quelques mois mais c’est la première fois que l’iPhone est nommément pointé dans un document officiel.

s3222_dropoutjeep-640x828Applebaum assoit ses déclarations sur un document de la NSA (classifié top secret) publié dans Der Spiegel, document décrivant de façon précise les modes de fonctionnement du logiciel DROPOUT JEEP, celui-là même qui casse toutes les clefs de cryptage dans l’iPhone et permet d’accéder à l’intégralité des données par des portes dérobées. En 2008 néanmoins, rien ne dit que le projet était effectif puisqu’il demandait l’accès physique à l’appareil et qu’Apple n’avait pas, selon les documents de Snowden concernant le projet PRISM, de liens particuliers avec la NSA, que ces liens soient contraints ou forcés. Mais les choses semblent avoir changé depuis la mort de Steve Jobs (qui est donc celui qui a dit « non » à la NSA de son vivant, aucun autre patron d’une grande firme technologique américaine ne peut en dire autant) et la NSA indique de façon troublante qu’elle peut implémenter quand elle le souhaite et sans aucune difficulté DROPOUT JEEP dans n’importe quel iPhone, des propos qui selon Applebaum pourraient indiquer une participation active de la part d’Apple à partir du début 2012, même si aucune preuve tangible ne vient étayer ce soupçon. (suite…)


20 Octobre 1964 – Le Président Johnson dit « Fuck your parliament and your constitution » à la Grèce … et la CIA renverse le gouvernement Papandréou 

[Gregor Seither – IES News Service – 07/11/2011]

A Washington, l’ambassadeur grec informe le président Lyndon Johnson du rejet par Athènes d’un projet de résolution de la crise chypriote – où une guerre civile fait rage.

Johnson se fâche : « Fuck your parliament and your constitution ! Nous avons versé beaucoup de bons dollars US aux Grecs. Si votre Premier ministre vient me casser les pieds avec sa démocratie, son parlement et sa constitution alors vous pouvez lui dire que ni lui, ni sa constitution ne dureront très longtemps ! ».
C’est chose faite trois mois plus tard : l’opposition, financée par la CIA, fait chuter le gouvernement.

En 1967, un coup d’État militaire renverse le gouvernement Papandréou qui avait refusé d’autoriser l’OTAN à agrandir ses bases en Grèce.

La CIA met au pouvoir le colonel Papadopoulos, salarié de l’agence américaine depuis 1952. Papadopoulos est un membre des réseaux anti-soviétiques mis en place par l’OTAN, les  « stay behind ». Il a fait ses armes en dirigeant la répression brutale contre les résistants grecs lors de l’occupation nazie.

De 1967 à 1976, la Grèce vivra sous la loi martiale, tous les partis politiques sont interdits et des milliers de « gauchistes » sont arrêtés, torturés et assassinés – avec l’assistance de la CIA.

http://www.voltairenet.org/Fuck-your-parliament-and-your


Oumma.com et Saphirnews sont des organes de la CIA ? Oh putain ! D’un autre coté, quand on voit comment les jeunes des banlieues se font emmerder chaque jour, pas étonnant qu’ils sont réceptifs au discours de l’ambassade U.S. – il vaut mieux qu’ils aillent se faire endoctriner à New-York que d’aller faire le Jihad à Kandahar…

[Emmanuel Ratier – Fait & Documents n°308 – Janvier 2011]

Au travers de nos enquêtes sur les American Presence posts (n° 94) ou sur la French-American Foundation (n° 271 et 272), F&D a été le premier média français à s’interroger sur la restructuration de l’influence américaine en France. Nous avons également rapporté, à plusieurs reprises, l’étrange comportement de l’ambassade américaine dans les banlieues françaises de non-droit avec le rôle majeur de la très discrète Randiane Peccoud (n° 303). Autant d’éléments aujourd’hui corroborés par un stupéfiant document de l’ambassade américaine à Paris, rendu public grâce au site internet Wikileaks. Sans surprise, ce document a été passé sous silence par tous les grands médias français. Alors même qu’il démontre l’ampleur des manipulations secrètes américaines dans les banlieues françaises en direction des « minorités visibles », en particulier musulmanes, et l’existence d’une stratégie d’influence de grande ampleur. Les moyens décrits sont si grossiers qu’on a l’impression de consulter le programme d’introduction de la démocratie auprès des talibans en Afghanistan, la France étant ravalée au rang d’un simple bantoustan. Nous donnons ensuite divers exemples de cette stratégie.

Les menées américaines en France ne sont pas nouvelles. Sydney Hooks, un des responsables du Congrès pour la liberté de la culture, un vaste programme financé par la CIA durant la Guerre froide, déclarait en 1947 : « Rééduquer, réinformer le public français, me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France. » Et, dans son livre Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle (Denoël), l’historienne Frances Stonor Saundes cite en page 160 un certain Donald Jameson, agent de la CIA, qui donne ici une parfaite définition de « l’idiot utile » : « En ce qui concerne les attitudes que l’Agence (NDA : la CIA) voulait inspirer à travers ces activités, ce qu’elle aurait voulu manifestement produire, c’est des gens qui par leur propre raisonnement et convictions seraient persuadés que tout ce que les États-Unis accomplissaient était juste. »

Ceux qui croiraient que ces pratiques de la Guerre froide sont enterrées depuis belle lurette se trompent : elles sont à nouveau utilisées en France depuis plusieurs années en direction de ceux qui seront bientôt les nouveaux supplétifs des Américains : les minorités immigrées, en particulier musulmanes. C’est du moins ce qu’indique sans aucune ambiguïté un rapport de l’ambassadeur américain actuellement en poste à Paris. Comme l’écrit Benjamin Pelletier (sur le plus que passionnant blog « gestion des risques interculturels »),

« Wikileaks a permis de lever le voile sur ce qui était déjà une évidence : les Américains sont clairement engagés dans une stratégie d’influence de grande ampleur vis-à-vis des minorités en France […] Il ne s’agit pas là d’une découverte, mais d’une confirmation : il y a une claire et nette entreprise de manipulation des minorités en France par les Américains. Les opérations mises en oeuvre sont scrupuleusement planifiées, suivies et dévaluées. »

A) Le rapport secret de l’ambassade américaine.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire le rapport de l’actuel ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin, envoyé le 19 janvier 2010 au Secrétariat d’État américain sous le titre : Embassy Paris, Minority Engagement Strategy (disponibles à http://213.251.145.96/cable/2010/01/10PARIS58. html et partiellement, en français, sur le site http:// gestion-des-risques-interculturels.com).

En voici les passages les plus importants (NdL&I – en bleu), avec nos remarques. (suite…)


[Emmanuel Ratier – Faits & Documents n°303 – octobre 2010]

Les presses arabe et américaine ne cessent d’évoquer les relations qu’entretient l’ambassade des États-Unis à Paris et les minorités ethniques immigrées, en particulier maghrébines (sujet régulièrement évoqué dans F&D). Fin septembre, à l’initiative de l’International Visitor leadership Program, « 26 entrepreneurs, tous musulmans, sont pour trois semaines les hôtes du gouvernement américain » indique le journal arabe Al Kanz. Parmi eux, Nabil Djedijk, secrétaire général du syndicat patronal SPMF (Synergie des professionnels musulmans de France).

Toutes ses opérations de séduction (que certains pourraient qualifier de manipulation) sont orchestrées par Laura Berg, attachée culturelle de l’ambassade, et surtout par une Française, Randiane Peccoud, qui supervise, depuis une dizaine d’années, les opérations américaines en direction de la communauté musulmane. Particulièrement discrète, cette femme (dont une unique photo peut être trouvée sur google et encore sans son nom) de 53 ans, officiellement « chargée de la société civile » à l’ambassade américaine à Paris n’est pratiquement jamais citée. France-Soir (Comment Ali Soumaré a été « traité » par l’ambassade américaine, 6 août 2010) avait levé le voile sur elle, révélant qu’elle disposait du « meilleur carnet d’adresses français de la diversité (avec) tous les contacts : leaders d’opinion, politiques et associatifs ».

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La Mare (1942-1955), un service secret privé financé par Washington
[Thierry Meyssan – VOLTAIRE – 31/07/2010]

Durant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, Washington utilisa un service de renseignement privé international, la Mare (the Pond). Parmi ses meilleurs informateurs… le tueur en série français Marcel Petiot. C’est ce que révèlent des archives de la CIA nouvellement déclassifiées.
L’existence d’une organisation secrète états-unienne en Europe, le Pond (littéralement « la mare », et par extension familière l’océan Atlantique) dans les années 1942-1955 a été mise en doute. Les mémoires publiées par son fondateur ont été sévèrement critiquées comme relevant plus du roman que de l’Histoire. Or, les archives de cette organisation ont été retrouvées en 2001, d’abord remises à la CIA, puis aux Archives nationales des Etats-Unis, en 2008. Elles ont été ouvertes au public en avril 2010 et l’on commence juste à en mesurer la portée.

La Mare apparaît sous les dénominations successives de Special Service Branch, puis de Special Service Section enfin de Coverage and Indoctrination Branch. Elle était familièrement dite la Mare (Pond) ou le Lac (Lake) par opposition à la Baie (Bay) pour la CIA.

Son activité comprenait la cryptographie, l’espionnage politique et les actions clandestines. Elle employait plus de 600 espions dans 32 pays en leur certifiant qu’ils travaillaient exclusivement pour les Etats-Unis et non pour les Alliés en général. La Mare avait été créée par l‘armée de terre des Etats-Unis, sous l’autorité du renseignement militaire. A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, elle prit son indépendance et continua à fonctionner comme un réseau privé, sous-traitant de l’US Army, du département d’Etat, de la CIA, voire du FBI. Elle fut dissoute en 1955 dans le contexte d’une réorganisation et d’une centralisation du renseignement et parce que son chef s’était compromis avec le sénateur Joseph McCarthy auquel il vendait des informations sur « l’infiltration communiste ».

La Mare était dirigée par le colonel John V. Grombach, dit le Frenchy (le Français), un ancien producteur de CBS Radio, spécialiste des transmissions cryptées incluses dans les programmes radio.

Cette organisation avait été créée avec le soutien de la société néerlandaise d’électroménager Philips, qui en assurait le financement et la logistique. A l’approche des nazis, les dirigeants de Philips avaient été exfiltrés des Pays-Bas avec leur gouvernement par les Britanniques. Ils s’étaient réfugiés aux Etats-Unis d’où ils continuaient à gérer leur société. Leur bureau de relations publiques à New York servait de couverture et de quartier général à la Mare. Par la suite Philips continua d’entretenir d’étroites relations avec les services de renseignement et l’armée US ; ses dirigeants participèrent activement à la création du Groupe de Bilderberg, le cercle d’influence de l’OTAN. Plusieurs autres grandes sociétés offrirent des couvertures à la Mare, dont American Express Co., Remington Rand, Inc. et Chase National Bank.

Les renseignements collectés par la Mare ont parfois été de très haut niveau. Ainsi, cette organisation privée mena t-elle des négociations avec le maréchal Herman Göring durant les six derniers mois de la guerre mondiale. Ou encore, elle suivit en détail les premiers essais nucléaires soviétiques. Cependant, il n’est pas établi que ces renseignements soient parvenus au sommet de la bureaucratie washingtonienne et aient été correctement exploités. La Mare fut particulièrement active en Hongrie où elle était en contact avec l’amiral Miklós Horthy durant la guerre, et d’où elle exfiltra Zoltán Pfeiffer et sa famille, durant l’occupation soviétique.

Un détail étonnera les lecteurs français. La Mare collecta de précieux renseignements sur la Gestapo parisienne par le truchement d’un de ses agents… Marcel Petiot, le célèbre tueur en série. Le docteur Petiot était un déséquilibré, plusieurs fois interné en psychiatrie, mais aussi un esprit brillant. Il tenait un cabinet médical à Paris où il traitait des officiers de la Gestapo et de la Reichswehr. Il rapporta le premier le massacre des officiers polonais à Katyn et la construction des V1 et V2 à Peenemünde. En 1944, ses voisins découvrirent à la faveur de ce qui semblait être un incendie de cheminée, que des corps humains dépecés brûlaient dans sa chaudière. Il fut accusé d’avoir tué et incinéré 27 personnes à qui il avait promis de les exfiltrer vers l’Argentine. On évalua à 200 millions de francs de l’époque —une somme considérable— les bijoux et liquidités volés à ses victimes. Ce butin ne fut jamais retrouvé. Contre toute évidence, le docteur Petiot affirma n’avoir tué que des nazis et des collaborateurs et revendiqua 63 meurtres. Il fut condamné à mort et guillotiné sans que l’on ait jamais accordé le moindre crédit à ses dires, pourtant aujourd’hui confirmés, qu’il avait parfois agi pour un groupe clandestin anti-nazi.

Les lecteurs allemands et autrichiens seront, quant à eux, surpris d’apprendre que la députée Ruth Fischer, qui dirigea le Parti communiste allemand durant la République de Weimar et co-fonda le Parti communiste autrichien, était un agent de la Mare. Ceci explique son retournement ultérieur et la déposition qu’elle fit au Sénat des Etats-Unis devant la commission McCarhty pour dénoncer son frère Gerhart.

En définitive, la Mare aura préfiguré les grandes sociétés privées de renseignement actuelles. Ses espions n’agissaient pas par patriotisme, mais envisageaient leur activité comme un business en temps de guerre, chaude ou froide. Son recrutement était hétéroclite, allant d’un tueur en série à une politicienne corrompue. Durant la Guerre mondiale, le Pentagone payait ses services sans état d’âme, durant la Guerre froide, trois départements fédéraux lui sous-traitèrent des opérations qu’ils voulaient externaliser pour les soustraire au contrôle parlementaire.

http://www.voltairenet.org/article166529.html


[Voltaire – 31/07/2010]

Hüseyin Yildirim, le numéro 2 du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), était connu pour ses liens étroits avec l’Union soviétique. Il est intervenu dans les médias pour déplorer la position du Parti de la paix et de la démocratie (BDP), principale formation politique kurde légale, de ne participer au référendum du 12 septembre. A ses yeux, la réforme constitutionnelle proposée par le gouvernement Erdogan, bien qu’insuffisante, est positive. Elle permet d’en finir avec une constitution rédigée lors du coup d’Etat militaire de 1980.

Pour Hüseyin Yildirim, l’erreur du BDP s’explique par l’influence du PKK, qui ne serait plus le défenseur du peuple kurde, mais un instrument manipulé par les militaires turcs et l’OTAN.

Dans un entretien, le 28 juillet 2010, il a affirmé que le PKK est contrôlé par son chef historique Abdullah Öcalan depuis sa prison, et qu’Öcalan est contrôlé par l’Etat profond, le Gladio.

Selon Yildirim, Öcalan aurait conclu un accord avec les services secrets de l’OTAN après son enlèvement à Nairobi en 1999. Les combattants du PKK auraient été transférés dans la zone de non-survol irakienne contrôlée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni et 500 hommes seulement seraient restés en Turquie. Ils seraient depuis lors utilisés pour alimenter la stratégie de la tension et justifier des pouvoirs exorbitants de l’armée.
Toujours selon Yildirim, Semdin Sakik et Selim Çürükkaya, actuels dirigeants officiels du PKK, seraient des agents du Gladio.

Abdullah Öcalan est le seul prisonnier détenu sur l’île d’Imrali, sur une base militaire avec un millier d’hommes pour le garder. Il a été condamné à mort et sa peine a été commuée en prison à vie. Selon les sources, il est soumis à un régime sévère, ou au contraire il dispose de facilités pour continuer à diriger son organisation.

http://www.voltairenet.org/article166532.html


[Moira O’Connor – IES News Service Washington – 7/1/2010]

L’attaché de presse de la Maison Blanche, Robert Gibbs, ainsi que d’autres responsables du Service de Presse officiel ont précisé aux journalistes accrédités qu’un certain nombre de sujets étaient interdits de questions lors des conférences de presse. Le journaliste qui aurait le mauvais goût de trop insister sur ces sujets, risquerait de se voir retirer son accréditation.

Sur la liste des sujets interdits, il y a le premier emploi occupé par Barack Obama juste après avoir obtenu son diplôme à la Columbia University. Il avait été embauché par la société Business International Corporation (BIC), une société internationale fournissant des informations économiques et financières et dont le fondateur avait reconnu, en 1977, qu’elle servait de couverture pour des agents de la CIA. L’Administration Obama a interdit toute publication de documents relative à la période 1979-1981, quand le président étudiait au Occidental College à Los Angeles et travaillait pour la BIC. Il est également interdit de répondre à toute question concernant la BIC ou son implication avec la CIA.

In 1981, Obama avait travaillé à Jacobabad et à Karachi, au Pakistan, sous la direction d’un « agent traitant » de la CIA, il s’était ensuite rendu en Inde. A l’époque, suite à l’invasion soviétique en Afghanistan, le Pakistan était entrain d’être préparé par les Etats-unis pour servir de base arrière à la stratégie anti-soviétique de l’Administration Carter, sous la direction du conseiller pour la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski.- le même Brzezinski qui a servi de conseiller diplomatique à Barack Obama lors de sa campagne électorale. Après la victoire de Ronald Reagan en 1980, le nouveau chef de la CIA, William Casey, avait encore renforcé le soutien aux insurgés afghans.

Obama a toujours refusé de rendre publics ses transcriptions de l’époque om il était au Occidental College ou à la Columbia University et est toujours resté évasif sur son embauche chez BIC et en quoi consistaient ses activités.

Pour Dave McGehee, de CIA-Watch, « il n’y a rien d’honteux pour un jeune diplomé en droit, à sa sortie de l’Université, d’aller rendre quelques menus services à la CIA, d’autant qu’il n’est pas impossible que la même CIA lui ait fourni de l’argent pour payer une partie de ses études à Harvard. Il y a de très nombreux étudiants issus de minorités que la CIA a embauché  l’Université afin de les utiliser plus tard sur certaines missions. Rares sont ceux qui refusent, c’est une histoire de patriotisme – même Abbie Hofman, pourtant révolutionnaire à 100% avait accepté de rencontrer régulièrement des « agents traitants » pour les informer de ce qui se passait sur les campus en révolte. Il ne s’en était jamais caché. Ce qui est plus étonnant, c’est de le nier ensuite et de menacer tout journaliste qui oserait en parler de lui retirer son accréditation.« 


[Le Monde  – 05/01/2010]
Le kamikaze responsable de la mort, le 30 décembre, de 7 agents de la CIA dans la province afghane de Khost serait en fait un agent double de nationalité jordanienne, ayant réussi à gagner la confiance des services secrets américains. Le NYT (http://www.nytimes.com/2010/01/05/world/asia/05cia.html?ref=global-home) évoque un homme identifié par les autorités jordaniennes comme « un informateur potentiellement intéressant », ce qui explique pourquoi il ne faisait pas l’objet d’une surveillance particulière.

Engagé pour aider les Américains à infiltrer Al-Qaida, écrit The Guardian (http://www.guardian.co.uk/world/2010/jan/04/afghanistan-cia-bomber-triple-agent), le kamikaze participait à la localisation d’Ayman Al-Zawahiri, un proche de Ben Laden. Le WSJ (http://online.wsj.com/article/SB126264256099215443.html) rapporte par ailleurs que l’attaque aurait été perpétrée avec le soutien du réseau Haqqani, une organisation responsable de plusieurs attentats dans la province de Khost. Le journal ajoute qu’Al-Qaida a déjà essayé d’infiltrer des agents doubles, mais n’y est que rarement parvenu.

Les défaillances du renseignement américain pourraient conduire à un changement de stratégie sur place, explique le LA Times (http://www.latimes.com/news/la-fg-afghan-intel5-2010jan05,0,1277282.story), avec notamment un élargissement de la collecte d’informations.


La NSA étatsunienne sait de quoi elle parle, en 1995, dans le cadre de la préparation des lois CDA et Network Surveillance, elle avait obtenu de Microsoft qu’ils intègrent une « porte dérobée » dans leur système d’exploitation afin de que les services secrets U.S. puissent venir fouiller dans l’ordinateur à distance et que la NSA puisse décoder la clé d’encryptage utilisée par l’utilisateur pour protéger ses communications. A l’époque cette mesure était – déjà – justifiée au nom de la lutte contre le terrorisme… on traquait alors les « groupes miliciens » qui avaient soi-disant fait sauter le batiment fédéral de Oklahoma-City et voulaient assassiner Bill Clinton.

En 1998, à la conférence Crypto98, un groupe de chercheurs avait révélé que les DLL intitulés ADVAPI et NSAKEY, installés par défaut dans toutes les copies de Windows, étaient en fait un « rootkit » de la NSA.

http://www.theforbiddenknowledge.com/hardtruth/nsa_backdoor_windows.htm

[Silicon.fr – 20/11/2009]

Après la faille non-patchée découverte sur Windows 7, cette fois un chercheur en sécurité de la très sérieuse NSA (National Security Agency) américaine explique que l’OS de Microsoft n’est pas totalement sécurisé.

Microsoft a donc réagi dans les colonnes de Computerworld en réfutant l’idée de la présence de portes dérobées (backdoor). Une position qui n’étonne aucunement l’ensemble des chercheurs en sécurité. Cela étant, il serait plus qu’étonnant que Microsoft ait délibérément caché cette porte et engagé ainsi sa réputation.

Pour information, les portes dérobées sont un des moyens les plus utilisées par les cyber-espions. Ces derniers utilisent des chevaux de Troie appelés trojans qui permettent d’ouvrir des «portes de service» qui donnent accès aux données de l’ordinateur depuis l’extérieur.

Selon Mikko Hyppönen, directeur des laboratoires de recherche de F-Secure, il s’agit là du moyen principal de piratage. « La porte de service se lance immédiatement et se cache dans le système, souvent à l’aide de techniques de rootkits. Il établit une connexion depuis l’ordinateur infecté vers une adresse réseau spécifique située quelque part dans le monde. Avec l’aide de cette porte de service, le cybercriminel accède aux informations situées sur l’ordinateur cible, ainsi qu’aux informations situées dans le réseau local auquel la cible accède. »

Ainsi la position extrême s’avère être celle de se déconnecter du Web, certains postes contenant des informations critiques. Une solution radicale… mais inapplicable aujourd’hui face à la réalité des besoins de communication en ligne.

http://www.silicon.fr/fr/news/2009/11/20/windows_7_embarque_t_il_une_porte_derobee_


Facebook appartient-il à la CIA ?
[Ernesto Carmona – Argenpress – Traduit par Karen Bellemans et corrigé par Olivier Vilain pour Investig’Action.]

Les grands médias ont célébré Mark Zuckerberg comme l’enfant prodige qui, à l’âge de 23 ans, s’est transformé en milliardaire multimillionnaire grâce au succès de Facebook, mais ils n’ont pas prêté attention à “ l’investissement de capital -risque ” de plus de 40 millions de dollars effectué par la CIA pour développer le réseau social.

(…) La CIA a investi dans Facebook bien avant qu’il ne devienne l’un des réseaux sociaux les plus populaires d’Internet, selon une enquête du journaliste britannique Tom Hodgkinson publiée en 2008 dans le journal  britannique The Guardian (3) et commentée par quelques médias indépendants de langue anglaise, mais sans aucune répercussion dans la grande presse. (suite…)


Commentaire de Tim Carr  : Raphaël Gendron et Bassam Ayachi sont les fondateurs du « Centre islamique belge (CIB) »  et du site « assabyle.com » qui diffuse des diatribeuses haineuses contre tout ce qui n’est pas musulman rigoriste… ou, pour simplifier, tout ce qui est occidental. Ils ont été mis en examen en 2006 pour racisme et négationnisme.

Le « fanatisme » de Gendron, son « jusq’au boutisme » voyant et criard à fait tiquer bon nombre de personnes dans la communauté musulmane belge. Le mouvement islamiste « Egalité, Foi et Justice », qui rassemble des jeunes musulmans de banlieue, avait d’ailleurs dénoncé les discours d’endoctrinement de Gendron, le traitant « d’agent provocateur à la solde de la police ».

A noter que, lors du procès de 2006, il était apparu que le CIB  était très fortement infiltré par la police belge et française… mais aussi par les services secrets états-uniens et algériens. Tant Raphaël Gendron que les publications du CIB recevaient de généreux financements par des organisations « islamiques » algériennes (dont il a été établi par le passé qu’elles étaient des émanations des services secrets algériens) ou encore des officines comme le « Al-Quds Trust », des organisations dont CIA-Base a montré qu’il s’agissait de paravents de la CIA/NSA.

Bassam Ayachi était notamment en étroite collaboration avec Ali Touchent, leader du GIA ayant orchestré les attentats soi-disant islamistes en France en 1995 et dont le chef du contre-espionnage militaire algérien, Mohammed Samraoui a reconnu qu’il s’agissait d’un agent infiltré qui agissait sur ordre. (A lire à ce sujet : Osama, the making of a terrorist – de Jonathan Randall).

Samraoui a notamment déclaré : « Touchent, comme de nombreux autres cadres terroristes islamistes en Europe, était un de nos hommes, infiltré pour téléguider les mouvements islamistes. Nous ne l’avons jamais caché aux Français. Touchent était suffisamment haut placé pour pouvoir prendre des décisions, et nous l’avons utilisé dans ce sens. Il a fait ce qu’on lui a ordonné. Les Français n’ont probablement pas soupçonné que nous étions prêts à aller aussi loin que nous l’avons fait.”

« Aller aussi loin » signifie ici « organiser et perpétrer des attentats à Paris afin de faire croire à une menace islamiste ».

Curieux comme tous ces « jihadistes » qu’on arrête s’avèrent souvent avoir un compte en banque à Langley, en Virginie. Cela rappelle les « Pilotes du 11 septembre », des « musulmans ultra-rigoristes »  qui sniffaient pourtant de la coke, vivaient en concubinage avec une strip-teaseuse et ont été filmés, la veille des attentats, entrain de picoler dans un bar…

[AFP – 12/05/2009]

La police italienne a arrêté à Bari (sud) deux membres présumés d’Al-Qaïda, de nationalité française, accusés d’appartenir à une cellule terroriste qui préparait des attentats en France et en Angleterre, a annoncé mardi l’agence Ansa. Les deux hommes sont un imam ayant exercé en Belgique, Bassam Ayachi, Syrien de 63 ans ayant obtenu la citoyenneté française, et un Français de 34 ans, Raphaël Gendron, selon l’agence italienne.

Ils auraient « projeté et organisé des attentats terroristes et des actions de guerilla », selon les accusations formulées par les deux magistrats en charge du dossier, Roberto Rossi et Francesca Romana, rapporte l’Ansa qui cite également l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle comme une des cibles des deux terroristes présumés.

http://www.liberation.fr/monde/0101566771-deux-francais-membres-presumes-d-al-qaeda-arretes-en-italie?xtor=EPR-450206


C’est à cause de cet article (parmi d’autres) que les Etats-Unis ont interdit le survol de leur espace aérien au vol AF 438 Paris-Mexico le 18 avril dernier. Hernando étant à bord, les sbires de la CIA ne pouvaient tolérer qu’un pareil « terroriste », fiché sur leur « liste des interdits de vol » ne s’approche de l’espace aérien étatsunien..

Et après on nous dit qu’on est paranos et conspirationistes…

[Hernando Calvo Ospina – Le Monde Diplomatique – Janvier 2009]

Si l’on a retenu la présence massive de Cubains de l’exil dans la tentative d’invasion de la baie des Cochons en 1961, on connaît moins leur rôle dans les opérations ultérieures de la Central Intelligence Agency (CIA). Du Chili au Nicaragua en passant par le Vietnam, à travers coups d’Etat, assassinats de dirigeants, trafics d’armes et de drogue, ils ont été l’un des instruments les plus secrets et les plus meurtriers de la politique étrangère américaine.

« Notre seul délit a été de nous donner nos propres lois, notre crime a été de les appliquer à l’United Fruit. » Elu président du Guatemala en 1951, Jacobo Arbenz, entre autres mesures progressistes, promulgue une réforme agraire. Le 4 mars 1953, il exproprie partiellement la compagnie bananière américaine United Fruit, la privant de 84 000 hectares sur 234 000. Les 17 et 18 juin 1954, une armée mercenaire venue du Nicaragua et du Honduras pénètre au Guatemala et, le 27 juin, renverse Arbenz. Le secrétaire d’Etat américain John Foster Dulles et son frère Allen, directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), sont alors tous deux actionnaires de l’United Fruit ! L’opération — nom de code PB/Success — a bénéficié de la participation active d’une « équipe de choc » de la CIA qui va traverser les décennies.

Venant après le renversement en Iran du dirigeant nationaliste Mohammad Mossadegh, le 19 août 1953, PB/Success fait à la CIA une réputation d’invincibilité et devient un modèle pour ses opérations clandestines dans le monde entier. En mars 1960, le président Dwight Eisenhower donne son feu vert à une nouvelle action destinée, cette fois, à déstabiliser Cuba, où la révolution a triomphé le 1er janvier 1959. La plupart des agents qui ont participé au renversement d’Arbenz se retrouvent responsables du « projet Cuba ». Il s’agit notamment, et à leur tête, de Richard Bissell, numéro deux de la CIA ; de Tracy Barnes, qui assume la constitution de la Cuban Task Force ; de David Atlee Phillips, responsable de la guerre psychologique ; de Howard Hunt, chargé de former le « gouvernement cubain provisoire ». Deux jeunes gens se joignent au groupe : M. Porter Goss, officier du contre-espionnage de l’armée, et M. George Herbert Walker Bush (1). Ce dernier aide à « recruter des exilés cubains pour l’armée d’invasion de la CIA (2) ».

Le 17 avril 1961, les quelque mille cinq cents hommes de cette armée, la brigade 2506, débarquent dans la baie des Cochons. Après leur défaite, en moins de soixante-dix heures, les numéros un et deux de la CIA, Dulles et Bissell, doivent démissionner.

Ulcéré par cette déroute, le président John F. Kennedy octroie un pouvoir exorbitant à l’Agence, décision qui affectera les affaires du monde pendant longtemps (3). Ministre de la justice et frère du président, Robert Kennedy supervise une nouvelle agression contre Cuba. Miami devient l’épicentre de la plus grande opération paramilitaire — JM/WAVE — jamais montée sur le sol américain. A sa tête, Theodore « Ted » Shackley et M. Thomas « Tom » Clines. Le groupe reçoit notamment le renfort du général Edward Lansdale, arrivé d’Indochine, où il a travaillé avec les services secrets français impliqués dans la guerre coloniale ; de M. Richard Secord, officier de l’US Air Force ; et de David Sánchez Morales, officier du contre-espionnage de l’armée.

Formés à la contre-guérilla

Lorsque, le 14 octobre 1962, éclate la « crise des fusées », Washington exige que les missiles balistiques installés par l’Union soviétique à Cuba soient retirés. Moscou cède, à condition que les Etats-Unis s’engagent à ne pas envahir l’île (et à renoncer à leurs propres missiles en Turquie). Kennedy accepte et ordonne de démanteler JM/WAVE.

La révolution cubaine n’en amène pas moins Washington à modifier radicalement sa stratégie de sécurité régionale. La restructuration des armées latino-américaines commence, et un centre d’entraînement et d’endoctrinement — l’Ecole des Amériques — voit le jour dans la zone américaine du canal de Panamá. Lorsque Kennedy est assassiné, le 22 novembre 1963, à Dallas (Texas), sa doctrine de sécurité nationale est déjà en place. Le renversement du président brésilien João Goulart, le 31 mars 1964, donne le signal d’une série de coups d’Etat et marque le début des disparitions et tortures d’opposants politiques, de façon massive et sophistiquée. (suite…)


C’est l’inverse qui serait surprenant…

Par contre il est significatif que le seul média francophone qui se soit donné la peine de traduire et publier l’interview de Russell Tice soit le site REOPEN 911. A force de se balader sur le Net, nous – les veilleurs d’IES – constatons de plus en plus que les sites méprisés par la grande presse, traités de « blog-pops » ou de « conspirationistes », hébergent souvent des pépites (bon, pas mal de fumier aussi, il faut fouiller) que la presse « mainstream », toute imbue de sa « respectabilité » (lire, déférence vis à vis du pouvoir) et obnubilée par la pensée unique n’a pas vues, ou a délibérément écarté, parce que n’entrant pas dans le moule de leur vision du monde…

La presse, quand elle veut ridiculiser ces sites, ne cite que les plus loufoques ou les plus délirants… mais même chez RENSE ou chez PRISON PLANET on trouve des infos intéressantes, si on sait les analyser à la lumière d’autres infos.

Au contraire, il y a fort longtemps que je n’ai pas trouvé une info originale ou intéressante dans « Le Point », « L’Express » ou « Libération »..

[Bug Brother 23 février 2009]
La “gorge profonde” qui avait révélé que l’administration Bush avait espionné les télécommunications de citoyens américains vient de révéler que si tous les Américains étaient potentiellement écoutés, les journalistes l’étaient tout particulièrement. Russel Tice a passé 20 ans à la NSA, avant d’en être chassé lorsqu’il commença à enquêter, de l’intérieur, sur cette gigantesque opération d’espionnage.

Fin 2005, quand le New York Times avait révélé cette histoire, Bush avait rétorqué que seuls quelques centaines d’Américains avaient été espionnés.  Il a fallu attendre le lendemain meme du départ de Bush de la Maison Blanche pour que Russell Tice se décide à en dire plus sur ce qu’il savait, sur MSNBC : officiellement, il était chargé de surveiller les télécommunications des journalistes, afin… qu’elles ne soient pas écoutées.

Dans les faits, elles l’étaient bien évidemment, et même, selon Tice, un peu plus particulièrement que ne l’étaient celles des autres Américains.  Etonnament, alors que le “scoop” du New York Times avait fait grand bruit (les services US n’ont pas le droit d’espionner les Américains, et encore moins sans mandat), les révélations de Tice sur MSNBC ne semblent guère mobiliser les médias.  Peut-être parce qu’à l’époque, il s’agissait de décrédibiliser George Bush. Peut-être aussi parce que les gens, ou les journalistes, se sont habitués à la possibilité des écoutes massives et généralisées. Ce qui serait bien triste.

Ainsi, le seul site en français à s’être intéressé à l’interview de Russel Tice, au point de la traduire, est ReOpen911 qui, comme son nom l’indique, émet des doutes quant à la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Sa traduction n’est pas des plus brillantes, et je n’ai nullement envie que l’on glose, ici, sur ce qui s’est passé ce jour-là. Je me contente de le citer parce qu’il a traduit l’interview que Russell Tice a accordé à MSNBC.

Il faudra attendre des années encore pour avoir d’autres témoignages, d’autres sources, viennent confirmer, relativiser ou infirmer ce qu’il explique du mode de fonctionnement de la NSA, le plus puissant des services de renseignement, accusé, depuis des années, d’espionner les télécommunications dans le monde entier.

Mais ce qu’il explique recoupe ce que Duncan Campbell, le journaliste anglais à l’origine de la révélation de l’existence du programme anglo-saxon Echelon d’écoutes des télécommunications, avait d’ores et déjà expliqué il y a quelques années, et qui avait entraîné l’Europe à critiquer cette façon toute particulière qu’ont les anglo-saxons d’espionner leurs alliés… et leurs concitoyens.

Extraits :
RUSSEL TICE : La NSA a accès à toutes les communications des Américains, aux fax, aux appels téléphoniques et aux communications passées via leur ordinateur. Et que vous soyez au Kansas, au centre du pays, et que vous n’ayez jamais passé de communication, aucune communication vers l’étranger, cela n’avait pas la moindre importance. Ils surveillaient toutes les communications.

OLBERMANN : Jusqu’à quel point est-il plausible de vouloir de véritables écoutes et une vraie surveillance ? Autrement dit, si tout n’a pas été vraiment lu ou surveillé par la NSA, tout a été collecté, enregistré, archivé par la NSA, non ? Jusqu’à quel point l’information en elle-même a-t-elle été examinée ? Avez-vous une idée ?

TICE : Eh bien, en réalité, même pour la NSA, c’est impossible de collecter réellement toutes les communications. Les Américains ont tendance à être une collectivité bavarde. Nous avons les meilleurs ordinateurs à l’agence, mais ils ne sont certainement pas bons à ce point.

Mais ce qui est fait, c’est en quelque sorte une capacité de regarder les méta-données, l’information sémantique des communications, et de fouiller cette information afin de déterminer quelles communications seraient collectées au final. C’est fondamentalement du filtrage, une sorte de balayage total avec ces méta-données pour sélectionner au final ce que vous allez regarder et ce qui va être collecté, et ce que par la suite un analyste étudiera. Et ce qui peut être intéressant, vous savez, se résume à quelques aiguilles dans une botte de foin.

OLBERMANN : Est-ce qu’il y a quelque part un fichier avec tous les courriels envoyés par tous les reporters du « New York Times » ? Y a-t-il quelque part un enregistrement de toutes les conversations que j’ai eues avec mon petit neveu au nord de New York ? C’est comme ça ?

TICE : Si c’était inclus dans cette branche particulière de la collecte, ce serait la totalité. Oui. Ce serait la totalité.

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/02/23/la-nsa-a-acces-a-toutes-les-communications-des-americains-et-surtout-celles-des-journalistes/


Si vous n’avez pas encore lu le dernier livre de Thierry Meyssan, voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche… une excellente enquête et synthèse… tout le reste du livre est à l’avenant.

[Thierry Meyssan – L’Effroyable Imposture n°2 – Manipulations et Désinformations]

Pendant les trente premières années de l’État d’Israël, les circonstances historiques ont distendu les liens que l’État juif entretenait avec ses créateurs, les chrétiens sionistes. Mais aucun ne pouvant vivre sans l’autre, ils ont noué de nouvelles collaborations, d’abord par le biais du régime d’apartheid d’Afrique du Sud, puis par la filière russe, jusqu’à aboutir à une synthèse : la théopolitique.

Durant la Guerre froide, les services de communication de Washington interprètent l’opposition Est/Ouest comme un combat eschatologique entre le pays de la liberté religieuse et celui du communisme athée. Un vaste effort de ré-évangélisation des institutions est entrepris. Le général George Marshall, successivement secrétaire d’État puis secrétaire à la Défense, supervise ce développement dans le corps diplomatique et les forces armées. Pour consolider le camp atlantique, il imagine une opération œcuménique où les sectes évangéliques cotoient les Églises anglicane et catholique.  Cela lui permet aussi de mettre en sourdine les revendications pro-israéliennes des extrémistes religieux auxquelles il est fermement opposé.

Marshall installe avec la CIA le Plan de réhabilitation de l’Europe qui porte son nom et qui lui vaudra le Prix Nobel de la paix. Il emmène avec lui dans ses déplacements les pasteurs Abraham Vereide et Harald Bredesen qui mettent en place un vaste réseau de dirigeants chrétiens anti-communistes . Ce dispositif est approuvé par le président Truman des États-Unis, le roi George VI d’Angleterre, la reine Wilhelmina des Pays-Bas et le général Tchang Kai-Chek de Taiwan. En 1952, un rassemblement international de parlementaires chrétiens est convoqué aux Pays-Bas autour du général Alfred Gruenther, qui dirige alors les travaux de préfiguration de l’OTAN. Cette structure, dénommée aujourd’hui Fellowship Foundation, organisera pendant quarante ans des réunions de prière et des congrès pour renforcer l’identité chrétienne du camp atlantique face au bloc soviétique .

(NdL&I : Hillary Clinton, qui avait attaqué Obama pour ses amitiés « radicales » via le pasteur Wright, a toujours été très discrète sur son appartenance de longue date à la Fellowship Foundation, qui a pourtant eu un accès direct au président Clinton pendant 8 ans, à travers l’organisation HEBDOMADAIRE de « petits-déjeuners de prière » à la Maison Blanche. Hillary Clinton est aujourd’hui Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Obama.)

En 1954, le serment d’allégeance, que tout enfant récite le matin à l’école et que tout citoyen états-unien professe dans les occasions solennelles, est modifié comme suit : « Je jure fidélité au drapeau des États Unis d’Amérique et à la République qu’il incarne : une nation unie sous le commandement de Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous » . En 1956, une résolution commune des deux chambres du Congrès choisit « En Dieu nous plaçons notre confiance » comme devise des États-Unis à la place de « Un pour tous ». Celle-ci est inscrite dès l’année suivante sur les billets de banque. L’identité chrétienne ne s’applique plus seulement à l’Alliance atlantique, mais aussi au système économique capitaliste .

La Fellowship Foundation installe son quartier général à proximité du Pentagone. Un bureau d’Information et d’Éducation des troupes est créé au département de la Défense et confié à la Fondation. Il édite des manuels et dispense des formations assimilant le service dans les forces armées états-uniennes à une croisade pour la liberté religieuse dans le monde.

Malgré le caractère œcuménique de ses débuts, la Fellowship Foundation se recentre progressivement autour des seules sectes évangéliques dont elle prend le contrôle en sous-main. Elle les enflamme dans un soutien exalté à l’impérialisme états-unien. Elle se heurte bientôt au Conseil œcuménique des Églises qui fédère à Genève les principales confessions protestantes classiques. La tension interne à la culture religieuse anglo-saxonne se réveille une fois de plus. Ce Conseil dénonce les discriminations en Israël et condamne la guerre du Vietnam. C’est pourquoi le Pentagone créé, en 1974, une structure rivale, le Comité de Lausanne. 4 000 pasteurs évangéliques se réunissent tous frais payés par le département de la Défense autour de leur nouvelle figure de proue, le révérend Billy Graham. Ce dernier sillone le monde comme une rock star, organisant des prédications-spectacles qui trouvent des auditoires toujours plus nombreux.

Par ailleurs, l’opinion publique internationale prend lentement conscience de l’anachronisme du régime sioniste. Alors que l’État d’Israël avait été présenté à la communauté internationale comme le fruit de la décolonisation britannique, il s’avère être un État colonial juif, conformément au projet formulé au XIXe siècle par Theodor Herzl. Ce particularisme le rapproche des deux autres États coloniaux.

En Afrique australe, les puritains néerlandais se sont affranchis de la tutelle britannique au XIXe siècle. Ils se sont enfoncés dans l’intérieur des terres lors du « Grand Trek » qu’ils ont comparé à l’Exode biblique. Ils sont sortis victorieux de l’affrontement avec les zoulous à la bataille de Blood River, après avoir invoqué leur Dieu et ont créé ce qui est devenu l’Afrique du Sud et qu’ils appellent eux aussi « le nouvel Israël ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils soutiennent les nazis contre les Anglais, puis instaurent le régime d’apartheid. De leur côté, les Britanniques de Rhodésie, effrayés par la perspective de la décolonisation, se sont révoltés contre la Couronne et se sont constitués en État indépendant, en 1965.

Bien que les systèmes juridiques israélien, sud-africain et rhodésien soient assez différents, ils poursuivent tous trois les mêmes objectifs discriminatoires : réserver la terre et le pouvoir à une minorité ethnique. C’est donc bien logiquement que ces États, écartant les sujets qui fâchent comme le nazisme et l’antisémitisme, multiplient les contacts.

En 1953, l’Assemblée générale de l’ONU dénonce « l’alliance entre le racisme sud-africain et le sionisme » . Puis, en 1975, elle qualifie le sionisme de « forme de racisme et de discrimination raciale » . (suite…)


Nous avons reçu pas mal de réactions suite à la publication de la dépèche sur l’arrestation des frères Al-Jarrah au Liban, proches parents de Ziad Al-Jarrah, un des « pilotes du 11 Septembre », arrêtés par la police libanaise alors qu’ils faisaient entrer du matériel d’espionnage ultra-sophistiqué fourni par le Mossad et qui ont avoué être commandités pour espionner les partis politiques libanais.

La presse francophone ayant été très discrète sur cette affaire et n’ayant, à l’époque, fourni aucun compte-rendu sur le démantèlement en 2006, de cellules terroristes israéliennes opérant sur le territoire libanais, nous publions ici un extrait de l’enquête réalisée par Thierry Meyssan et Jürgen Cain Külbel sur ce réseau terroriste israélien… réseau qui pourrait fort bien être le vrai responsable de l’attentat ayant coûté la vie au Premier Ministre Hariri. Cela faisait longtemps que, dans la stratégie Néo-con et Grand-Israélienne, le Liban faisait partie des dominos à faire tomber. George W. Bush lui-même avait donné la liste en 2001 : Irak d’abord, puis le Liban, la Syrie et enfin l’Iran.

[Thierry Meyssan – L’Effroyable Imposture n°2 – détruire et contrôler le Moyen-Orient  ]

Le 14 juin 2006, le nouveau chef de la commission d’enquête onusienne sur l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Hariri, Serge Brammertz, présente son rapport au Conseil de sécurité. Au vu du compte-rendu de séance, son intervention très factuelle et prudente contraste avec les scoops spectaculaires de son prédécesseur.

« La Commission est parvenue à un certain nombre de conclusions préliminaires, a indiqué M. Brammertz.  L’explosion qui s’est produite le 14 février 2005, à 12 heures 55 minutes 5 secondes, était une explosion en surface et non pas souterraine. Un explosif improvisé de taille importante placé dans un véhicule Mitsubishi a explosé alors que le convoi de Rafik Hariri passait à proximité.  L’explosif improvisé contenait au moins l’équivalent de 1 200 kilogrammes de TNT, et la détonation a été déclenchée, dans le cas le plus plausible, par quelqu’un qui se trouvait soit à l’intérieur, soit devant la camionnette de marque Mitsubishi.

La Commission ne pense pas que la responsabilité de l’attaque, qui a été revendiquée au moyen d’enregistrement vidéo transmis à l’agence Reuters et à la télévision Al Jazeera juste après l’attentat, soit vraie.  En fait, l’ADN résultant des restes humains recueillis sur les lieux de l’explosion, et qui a été analysée, montre que Ahmed Abou Adass, qui a revendiqué la responsabilité de l’attentat, ne peut être la personne qui a déclenché l’explosion qui a coûté la vie à Rafik Hariri et les 22 autres personnes, a dit M. Brammertz.

Le crime commis contre Rafik Hariri est un assassinat ciblé, a poursuivi M. Brammertz en indiquant que la quantité d’explosifs utilisée et l’amplitude de la détonation visaient à tuer l’ex-Premier ministre libanais même si son véhicule n’était pas atteint de plein fouet par l’explosion.

La Commission travaille sur deux hypothèses en ce qui concerne la manière dont l’attentat a été orchestré.  En premier, elle considère la possibilité que l’attaque ait été organisée et perpétrée de manière compartimentée.  Dans cette hypothèse, plusieurs personnes auraient été impliquées dans la planification, la reconnaissance du terrain, la préparation de la charge explosive, l’achat de la camionnette, le choix de l’individu chargé de faire exploser la charge et la fabrication de la vidéo revendiquant l’attentat.  Chacune de ces étapes de l’attentat aurait été confiée à des gens qui n’avaient aucun contact entre eux et qui ne se connaissaient sans doute pas.

La deuxième hypothèse, quant à elle, amène la Commission à envisager que tout le processus ayant abouti à la mort de Rafik Hariri ait été confié à un noyau dur, un seul petit groupe.

Concernant les commanditaires de l’attentat, la Commission a développé un certain nombre d’hypothèses et de scénarios, a dit M. Brammertz. (…) À cet égard, la Commission poursuit les interrogatoires qu’elle conduit avec des personnes qui pourraient l’aider à clarifier les cadres et structures formels et informels qui prévalaient au Liban et dans sa région au moment de l’assassinat.  La Commission interroge à cet effet des officiels libanais et syriens provenant de différentes organisations et agences.

Passant à la coopération de certains États Membres avec la Commission d’enquête, M. Brammertz a dit que le niveau d’assistance qui lui a été fourni par la Syrie au cours de la période dont parle le rapport a été globalement satisfaisant.  La Syrie a répondu à temps à toutes les requêtes, et sur certains points les réponses qu’elle a fournies étaient détaillées. (…)

Le nombre de requêtes pour assistance soumises à d’autres États Membres a également augmenté.  Depuis le 15 mars 2006, la Commission en a soumis 32 à 13 différents États Membres, ce qui montre le caractère international des procédures liées à l’enquête.  Les interactions avec le gouvernement du Liban sont excellentes à tous les niveaux et l’engagement et le soutien du Procureur général libanais et des juges d’enquêtes ont été cruciaux pour les progrès effectués par la Commission, a dit M. Brammertz. Le Gouvernement libanais, les forces armées, et les Forces de sécurité intérieures assurent à la Commission la sécurité dont elle a besoin pour s’acquitter pleinement de son mandat, a dit M. Brammertz.

Le Chef de la Commission d’enquête a ensuite indiqué que la Commission avait poursuivi l’assistance qu’elle fournit aux autorités libanaises concernant les 14 attaques survenues depuis le 1er octobre 2004.  La Commission s’efforce de faire avancer le statut de chacun de ces cas et de les intégrer de manière à établir des liens potentiels entre eux. (…) du point de vue analytique, les affaires peuvent être liées de manière diverse et sous des perspectives différentes, notamment par les similitudes de leur modus operandi et de leur intention »[Traduction de l’auteur, voir original dans les notes en fin d’article].

Pendant que M. Brammertz enquête sur les crimes passés, l’Histoire continue. Si Rafik Hariri a été assassiné au moment où il nouait le dialogue avec le Hezbollah, Hassan Nasrallah aurait dû être assassiné à son tour, un an plus tard. Mais les services secrets de l’armée libanaise déjouèrent le complot[voir Note 2 en fin d’article].

Au cours du premier week-end d’avril 2006, l’armée arrête neuf « membres bien entraînés d’un réseau », huit Libanais et un Palestinien, qui préparaient l’attentat. Ce « groupe d’individus organisés, tous professionnels et bien entraînés » devait l’exécuter lors de la séance du Dialogue national qui se déroulait alors entre les chefs des fractions politiques libanaises, avec la médiation ostentatoire de l’Égypte et de l’Arabie saoudite, et la discrète et efficace présence russe.

Le général de brigade Saleh Suleiman, porte-parole de l’armée, déclare que l’affaire en était « au stade de la préparation » et n’avait pas encore atteint le « stade de l’exécution ». La bande avait espionné depuis début mars tous les déplacements de Nasrallah et était équipée de roquettes anti-chars qui, le jour de l’attentat, devaient faire sauter le véhicule blindé du secrétaire général du Hezbollah. Les autorités mettent la main sur un important arsenal de lance-roquettes, grenades à main, fusils à pompe, fusils mitrailleurs, pistolets et silencieux ainsi que toute une batterie d’ordinateurs et de CD-ROM.

Selon le quotidien libanais As-Safir, il était prévu qu’un tir de roquettes de fabrication états-unienne fasse sauter Nasrallah et son véhicule blindé, le 28 avril à Beyrouth[iii]. Selon les interrogatoires des prévenus menés par le juge militaire Rashid Mizher, 90 personnes au moins étaient impliquées dans la préparation du crime. Certaines d’entre elles auraient épié le convoi de Nasrallah durant 40 jours, tandis que d’autres auraient transformé un garage en cache d’armes, où elles auraient dissimulé des roquettes états-uniennes, des fusils mitrailleurs russes et des grenades à main chinoises. Les organisateurs avaient aussi essayé de se procurer du C4 et d’autres explosifs, car ils projetaient d’autres assassinats de personnalités ainsi que des attentats à l’explosif, y compris contre des mosquées.

Les conjurés – qui avaient été arrêtés à proximité du quartier général du Hezbollah au Sud de Beyrouth, sont d’abord interrogés par des hommes appartenant aux services secrets militaires avant d’être remis aux mains du juge des affaires militaires. Les autorités poursuivent leur recherche d’autres complices et tentent de démasquer les commanditaires, c’est à dire « tout État ou parti qui financerait, entraînerait et équiperait le réseau ».

Commentant ces informations, Hassan Nasrallah met en garde ses concitoyens. Selon lui, ce complot, comme l’assassinat de Rafik Hariri et de plusieurs autres personnalités, participe d’un plan unique de sabotage du dialogue national et de relance de la guerre civile[iv].

Un ancien député, membre du Mouvement du Futur (le parti du clan Hariri) avait procuré aux conjurés des permis de port d’armes de différentes catégories. Cet homme, Salim Diyab, ancien directeur de campagne de Hariri junior, ancien ami intime de Hariri senior est considéré comme étant le « chef offensif de la branche politico-militaire » de son parti. Dès juillet 2005, il avait fait distribuer des armes à ses partisans. Un membre du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt est également arrêté par la police.

L’anéantissement du réseau terroriste préserve le pays des troubles politiques internes. Selon des informations qui filtrent des milieux libanais du renseignement, le groupe terroriste comptait sur l’assassinat de Nasrallah pour provoquer dans le pays – à l’image de ce qui se passe en Irak – des tensions religieuses sectaires entre sunnites, chiites, alaouites, duzes, maronites, coptes, etc. (suite…)


BARBOUZES, SKYPE, FUD ET QUI VEUT GAGNER DES MILLIONS
[CNIS Mag – 17/02/2009]
Lors d’une exposition Londonienne, un industriel aurait laissé entendre que la NSA serait prête à payer très cher une solution technique pour poser des « bretelles » d’écoute sur le réseau de téléphonie IP Skype. C’est Lewis Page, du Reg, qui l’assure. Et, sans s’en rendre compte, l’on se fait prendre au jeu du « si tu savais ce que je sais… ». Car Skype, le chiffrement, les écoutes de barbouzes, les backdoors et l’omnipotence de la NSA sont les 5 mamelles chimériques d’Internet.

Skype,tout d’abord, débuta sa carrière comme l’un des plus gros problèmes d’administration, principalement à cause de ses « supernodes » longtemps impossible à museler et de sa gourmandise en bande passante. Skype encore dont le chiffrement et le routage « Peer to peer » rendait totalement hermétique aux passerelles de sécurité le contenu transféré. Car, outre la voix, Skype est un outil de messagerie instantanée intégrant des fonctions d’échange de fichiers.

Les écoutes de barbouzes, et celles de la NSA tout particulièrement, font partie des « légendes ou rumeurs invérifiées » -ou trop rarement vérifiées. Une légende qui pousserait à faire croire que chaque noyau ou programme de communication développé aux USA ou sous obédience américaine serait systématiquement doté d’une « porte dérobée ». Ceci dans le but d’aider les vaillants défenseurs de la Justice et de la Liberté (lesdits barbouzes). Disons-le tout net, ce genre de culte de l’accès secret, tout comme la « collection de failles logicielles exploitables à distance », font partie des choses normales dans ce monde. Et si ce genre de pratiques choque les défenseurs des libertés individuelles, l’on peut toujours agiter l’épouvantail du Club des pédophiles terroristes et révisionnistes réunis, fabricants de bombes artisanales. Invoquer la liberté de pensée sur le Net aujourd’hui, c’est s’exposer à être accusé de collusion –voir de complicité- avec les criminels récidivistes de tous crins. Dans de telles conditions, qui donc oserait encore s’émouvoir qu’un service d’espionnage cherche à écouter les conversations téléphoniques du monde entier ?

En organisant une « fuite » laissant entendre que la « No Such Agency » rechercherait une méthode pour tracer et déchiffrer les contenus véhiculés, les services de renseignements US poursuivent probablement plusieurs buts. Peut-être est-ce pour endormir la confiance de tous ceux qui penseraient que Skype est inexpugnable. Peut-être également parce qu’il est effectivement difficile de déchiffrer certains contenus dans l’état actuel des choses. Mais invoquer l’origine Européenne de l’entreprise pour expliquer cette inaccessibilité au code source –alors que Skype est une filiale de eBay, entreprise 100%US-, voilà qui relève plus du « prétexte politique » que d’une réalité technique.

L’hypothèse du « pont d’or » offert en échange de ce service de déchiffrement et de suivi des communications pourrait effectivement être, comme le laisse clairement entendre nos confrères du Reg, une forme déguisée d’aide gouvernementale à une entreprise privée, eBay ou l’un de ses proches …

Quand à la véracité de l’existence des backdoors dans Skype, le sujet a largement été couvert en juillet dernier par Nicolas Ruff. Il n’y a strictement aucune raison pour que ni les conditions, ni les arguments techniques invoqués alors n’aient fondamentalement changé depuis.

Rappelons toutefois que le Ministère Français de l’Education Nationale recommande vivement, et ce depuis 2005, de ne surtout pas déployer Skype dans les milieux universitaires en général et les centres de recherche en particulier. Simple principe de précaution.

Remettons nous également en mémoire que parfois, le chiffrement de Skype et son protocole de routage pourraient-être contourné, si l’on en croît la mésaventure survenue en 2006 à un certain Kobi Alexander. Souvenons-nous aussi de ces recherches organisées par des Universitaires de George Mason, Virginie, analysant les possibilités de traçage et de lecture de contenu d’une liaison tunnel par le biais de cookies et de chevaux de Troie. On ne dit pas que c’est « fait », on y raconte simplement que c’est possible sous certaines conditions.

http://www.cnis-mag.com/fr/barbouzes-skype-fud-et-qui-veut-gagner-des-millions/actualite.html


Faut-il rappeler que – accessoirement – que le mentor de Kouchner, Frank Wisner Junior, est le fils de Frank Wisner Senior, directeur de la CIA, artisan de la tentative de coup d’état anti-communiste en France en 1958 « Opération Résurection », co-fondateur et financeur du SAC avec Achille Peretti, employeur de Christine de Ganay…

… mais surtout que Frank Wisner Jr. (lui aussi employé de la CIA) est le beau-père du président français Nicolas Sarkozy, ayant épousé Christine de Ganay en 1977, qui avait été la deuxième épouse de Pal Sarkozy.  Le jeune Nicolas, très proche de sa belle mère et de son demi-frère et de sa demi-soeur, passera d’ailleurs régulièrement ses vacances au domicile des Wisner aux Etats-unis. Domicile où se réunissait toute la fine fleur des stratèges de la dominance états-unienne et des complots anticommunistes… tout cela crée des liens. Pour en savoir plus, lisez « Opération Sarkozy »

En tout cas, pour un mec de gauche, Kouchner a des fréquentations intéressantes…

[Artemisia – 07/02/2009]
C’est Frank Wisner Jr.*-  qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo –  qui avait insisté pour que Bernard K. soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

K. a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques.

On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

Sous le contrôle du frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est trans formé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteel (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA.

Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard K., qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

*Frank Wisner Jr., membre de la CIA, avait pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense.

Thierry Meyssan, journaliste

A propos d’Obama : Quand Barack Obama, avant son investiture, à peine un mois après avoir gagné l’élection, a annoncé, le 1er décembre 2008 qu’il laisserait Robert Gates encore un an à la tête du secrétariat à la Défense, les propos du journaliste Thierry Meyssan ont cessé de me paraître exagérés.

L’impression que j’avais eu a été complètement dissipée quand j’ai lu, stupéfait, que Robert Gates serait le seul membre du cabinet qui n’assisterait pas à la prestation de serment à Washington. Pourquoi ? Bush, en accord avec Obama, l’a désigné comme « administrateur », une formule qui en a fait le troisième homme dans la ligne de succession du pouvoir.

« Si l’on tue le président Obama et le vice-président Biden, Robert Gates assumera le Pouvoir », ont indiqué les agences de presse comme s’il s’agissait d’un détail anodin, habituel lors d’une passation de pouvoir à Washington.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, ça me hérisse. Thierry Meyssan aurait-il raison ? Obama est-il un président prisonnier de Robert Gates et de ses généraux ? Ont-ils déjà préparé son cercueil ? Ou devra-t-il leur obéir pour sauver sa peau ? Des exagérations ? Les prochains jours nous fourniront des éclaircissements…

Ernesto Villegas Poljak
Journaliste politique vénézuélien

http://www.artemisia-college.org/Barack_Obama___vers_l%E2%80%99invalidation__-00-03-01-0218-01.html


Le site de Voltaire étant encore une fois dans les choux, nous reproduisons ici cet intéressant article de Denis Boneau qui éclaire bien les milieux dans lesquels se meut Bernard Kouchner, « homme de gauche » qui aime bien les dorures, les patrons et les canapés confortables…

La face cachée de la Fondation Saint-Simon
[ Denis Boneau – Voltaire -10/02/2004]

Issue des milieux anti-communistes de la Guerre froide, la Fondation Saint-Simon a discrètement rassemblé en France, dans les années 80 et 90, des personnalités politiques, économiques, culturelles et médiatiques. Entre autres membres éminents : Pierre Rosanvallon, Alain Minc, Francis Mer, Serge July, Laurent Joffrin, Luc Ferry, Alain Finkielkraut, ou encore Christine Ockrent. Membre du Club de La Haye, un réseau international de think-tanks animé par la CIA, la Fondation Saint-Simon a éclipsé les intellectuels de la gauche non-atlantiste et imposé une forme de pensée unique en France.

De 1982 à 1999, la Fondation Saint-Simon exerça un véritable magistère sur la vie intellectuelle et médiatique française. Dans le prolongement de la « Troisième voie » chère à Raymond Barre, Jacques Delors ou Michel Rocard, elle rassembla une centaine de personnalités issues des cercles libéraux et sociaux-démocrates et développa un discours « ni de gauche, ni de droite » [1], qualifié par ses détracteurs de « pensée unique ».

Son fondateur et premier président, l’historien François Furet, ne faisait pas mystère d’avoir noué des contacts avec la CIA après avoir rompu avec le Parti communiste. De plus, il se présentait comme le continuateur de l’œuvre de Raymond Aron, un intellectuel anti-communiste qui anima le Congrès pour la liberté de la culture, une vaste opération de la CIA pour manipuler les intellectuels ouest-européens et les enrôler dans la Guerre froide. Malgré ces indices, les liens éventuels de la Fondation Saint-Simon avec les services états-uniens ne furent jamais discutés. Notre enquête les a mis à jour.

La réactivation des réseaux de la « Troisième voie » anti-totalitaire

Pour comprendre comment la Fondation Saint-Simon a été créée, en 1982, il importe de se remémorer les efforts entrepris depuis la dissolution du Congrès pour la liberté de la culture, en 1975, pour faire vivre le courant intellectuel de la « Troisième voie ».

Dès la fin des années 70, les intellectuels libéraux et les sociaux-démocrates anti-communistes renouvellent leur alliance afin de lutter contre le Programme commun présenté par François Mitterrand. Ainsi, en 1978, Raymond Aron s’entoure de Jean-Claude Casanova [2] Alain Besançon [3] et Kostas Papaioannou pour créer Commentaire, une revue dont la problématique centrale est l’analyse critique du phénomène totalitaire [4]. Elle tire son nom de Commentary la revue mensuelle de l’American Jewish Committee et en inclut des rédacteurs dans son propre comité de rédaction. (suite…)


Vient de paraître mars 2008
La frénésie sécuritaire : Retour à l’ordre et nouveau contrôle social

Sous la direction de Laurent Mucchielli, avec des contributions de Bruno Aubusson de Cavarlay, Jean Danet, Éric Heilmann, Christine Lazerges, Philip Milburn, Christian Mouhanna, Pierre Piazza, Mathieu Rigouste et Serge Slama.

Les années 1997-2002 furent celles du « tournant sécuritaire », marqué par la surenchère électorale sur ce thème de l’ »insécurité ». Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable « frénésie sécuritaire », qui n’a fait que s’aggraver depuis l’élection présidentielle de 2007.

Chasse aux étrangers sans-papiers, internement prolongé d’adultes et d’enfants en zones de rétention, multiplication des infractions et des sanctions, remise en cause de la justice des mineurs, atteinte à certaines libertés au nom de la lutte antiterroriste, pression croissante du pouvoir politique sur les magistrats, explosion de la population carcérale, mais aussi abandon de la police de proximité, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines d’origine militaire.

Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, décryptent les facettes de cette frénésie, ses origines idéologiques et sa mise en scène médiatique. À partir de leurs recherches, études et enquêtes, ils montrent qu’elle ne répond pas à la demande de sécurité des populations et alertent sur l’avènement possible d’une nouvelle « société sécuritaire ».

Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherches au CNRS (CESDIP), est l’auteur de nombreux travaux sur les délinquances, leur traitement pénal et le débat public sur la sécurité. Il a notamment dirigé Les Bandes de jeunes (La Découverte, 2007, avec M. Mohammed) et Gendarmes et voleurs (L’Harmattan, 2007).

http://www.cesdip.org/spip.php?article323


[jean-Marc Manach – Internet Actu – 01/04/08]

Les “poussières intelligentes” (”smart dust” en anglais) font frissonner, depuis des années, les prospectivistes de tous poils. L’idée : couvrir un territoire de micro-capteurs invisibles servant à surveiller les déplacements des gens ou des objets. Si l’on peut facilement imaginer les avantages que de tels systèmes pourraient apporter à l’étude et à la protection de l’environnement, on conçoit aussi aisément que d’aucuns craignent le déploiement de telles myriades de puces-espionnes, invisibles ou furtives.

Jusqu’ici, ces “poussières intelligentes” n’existaient qu’à l’état de fantasme. Annoncé en novembre dernier, le système “clandestin” de vidéosurveillance RFiD de Nox Defense est probablement le premier à concrétiser -et commercialiser- une telle menace.

Ce “périmètre invisible de défense technologique” combine en effet vidéosurveillance (de “très haute résolution“) et puces RFiD, afin de suivre à la trace les objets, mais aussi, et à leur insu, ceux qui les auraient dérobés, quand bien même ils les auraient cachés “dans une malette, sous leur veste ou dans leur chaussette”. Les puces sont en effet discrètement placées sur les objets à protéger, voire sur les badges des employés, et les capteurs “clandestins” répartis dans les murs, plafonds et planchers des bâtiments à surveiller (entrepôts, bureaux, hôpitaux, prisons, et même “lieux de crimes possible”).

Mieux : le système propose également de “saupoudrer” à même le sol des “poussières d’identification” (”ID-Dust“) afin qu’elles se collent aux semelles des “voleurs et intrus (qui) ne voient rien : seul les employés de la sécurité connaissent l’existence du système et le personnel est surveillé sans son consentement“.

Ces poussières sont en fait des fibres optiques microporeuses invisibles à l’oeil nu, mais qui luisent lorsqu’elles sont exposées au faisceau laser associé aux caméras de vidéosurveillance. Contrairement aux systèmes de vidéosurveillance “traditionnels“, dont le fonctionnement nécessite la présence d’êtres humains devant les écrans “au cas où” il se passerait quelque chose, le système de Nox Defense ne s’active, lui, que lorsqu’il détecte un “problème” (c’est-à-dire lorsqu’une puce entre ou sort du périmètre sécurisé), afin d’activer les caméras de vidéosurveillance. Les services de sécurité reçoivent alors une alerte sur leurs téléphones mobiles, afin de leur permettre de suivre, en direct et sur leur iPhone (comme le raconte IndustryWizards) le vol en train de se faire, et d’en reconstituer un historique sur une cartographie du périmètre surveillé.

En sus de l’image de la scène qui a déclenché l’alerte, les surveillants disposent également, sur leur écran, des références de l’endroit et de l’heure de la prise de vue, ainsi que des identifiants associés aux objets et individus dotés de puces RFiD. (suite…)


L’activisme « droit de l’hommiste » autour de la question du Tibet (120 morts) est à rapprocher du silence total des mêmes droits de l’hommistes quand le président israélien (responsable de la mort plus de 5 000 palestiniens ces dernières années) vient à Paris ou quand nous recevons la visite de Condoleeza Rice ou de Donald Rumsfeld (responsables de 600 000 morts en Irak)…

Toute l’agitation autour du Tibet est une magnifique opération de PsyOp entretenue par les médias… ce n’est d’ailleurs pas surprenant que ce soient le Times du néo-con Murdoch et le Financial Times du groupe Carlyle qui se passionnent pour cette cause. Pendant ce temps là, on ne parle pas de l’Irak…

Chaos olympique à Londres, Paris sous la neige

[Check List du Monde 07/04/2008]
La flamme olympique a fait un passage mouvementé à Londres hier. Les militants des droits de l’homme se sont fait voir et entendre. Certains ont même tenté de l’éteindre (http://www.youtube.com/watch?v=0YKCSVInS_I) à grands souffles d’extincteurs. Trente-sept personnes ont été arrêtées, indique The Guardian (http://www.guardian.co.uk/world/2008/apr/07/olympicgames2008.china3). Selon le journal britannique, la protection de la flamme sur le parcours londonien a coûté la bagatelle de 1 million de livres (1,27 million d’€) et mobilisé quelque 2 000 hommes. Des manifestants arborant des T-shirts pro-Tibet ont dû les enlever.

Le Times (http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/asia/article3695050.ece), tout comme le Financial Times (http://www.ft.com/cms/s/574a54ce-03fe-11dd-b28b-000077b07658,Authorised=false.html?_i_location=http%3A%2F%2Fwww.ft.com%2Fcms%2Fs%2F0%2F574a54ce-03fe-11dd-b28b-000077b07658.html), fournit un portfolio de photos de la journée montrant la violence des arrestations sur le parcours chaotique de la flamme.

En Espagne, Juan Antonio Samaranch – ancien président du Comité international olympique – explique sans rire à El Pais (http://www.elpais.com/articulo/deportes/China/sera/mucho/abierta/despues/Juegos/elpepudep/20080407elpepidep_19/Tes) que « la Chine sera beaucoup plus ouverte après les Jeux ». A Paris, aujourd’hui, la flamme olympique sera sous très haute surveillance avec mille hommes de plus qu’à Londres et devra composer avec une météo peu clémente, la ville s’étant réveillée sous la neige… Faudra-t-il mille policiers de plus à chaque étape ?


Le Pentagone affirme qu’il ne s’agit là que d’un ‘exercice intellectuel’… mais il suffit de regarder autour de soi pour voir que toutes ces méthodes sont déjà en usage sur Internet. La revue « Le Meilleur des Mondes » en est un parfait exemple…

UNE ÉTUDE DU PENTAGONE PROPOSE D’INTERFÉRER DE MANIÈRE ILLÉGALE AVEC LES BLOGS, Y COMPRIS EN RECRUTANT DE BLOGGEURS INFLUENTS, EN CRÉANT DE FAUX BLOGS, EN HACKANT ET EN MODIFIANT LEUR CONTENU, VOIRE EN « ÉLIMINANT » PUREMENT ET SIMPLEMENT DE SITES « CONTRAIRES AUX INTÉRÈTS DES ETATS-UNIS »

[Grégoire Seither – IES News Service – 03/0/2008]

Depuis le début de la guerre en Irak, la question des blogs suscite un vif débat au sein de l’armée des Etats-unis – surtout quand ce sont des soldats et des officiers qui veulent les tenir. Au sein de l’Etat-major, certains pensent que les blogs posent un danger à la sécurité et sont une perte de temps pour les soldats, tandis que d’autres, comme le Gen. David Petraeus et le Lt. Gen. William Caldwell, estiment que les blogs sont une précieuse source d’information et une manière, pour des soldats ordinaires, de « gagner les coeurs » en façonnant l’opinion, tant aux Etats-unis qu’à l’étragner.

Mais il existe une troisième approche, illustrée par une étude réalisée en 2006 pour l’académie militaire des forces spéciales (Joint Special Operations University) et intitulée « Blogs and Military Information Strategy ». Des stratéges de la « guerre de l’information » au sein du Pentagone proposent de recruter des bloggeurs et de faire grimper leur cote en créant du buzz, puis de les utiliser comme outils de propagande. « Embaucher une équipe de bloggeurs influents et leur donner l’ordre d’attaquer verbalement une personne désignée, leur demander de discréditer de manière répétée une information ou une théorie qui va à l’encontre de nos intérèts, ou encore leur demander de faire passer un message spécifique est une option qui mérite d’être prise en compte, » écrivent les auteurs du rapport, James Kinniburgh et Dororthy Denning.

Le rapport précise un certain nombre de méthodes à travers lesquelles l’armée des Etats-unis – et notamment les unités chargées des relations publiques, mais aussi le renseignement ainsi que les équipes d’action psychologique (PsyOps) – peuvent tirer profit du phénomène des blogs (suite…)


L’armée colombienne est encadrée et formée par les mêmes John Negroponte  et Yaïr Klein qui ont déjà formé les autres ‘escadrons de la mort’ en Amérique Centrale, et notamment au Salvador et au Nicaragua. Il n’y a donc aucune raison pour que les ‘exactions’ (comme le dit poliment la presse) ne se renouvèlent pas… massacrer des ‘peones’ c’est presque une seconde nature pour les armées latino-américaines, surtout quand leur commandant en chef Uribe est un bon petit soldat des néocons.

Et pendant ce temps là, Uribe, la presse et l’establishment s’époumonent contre le ‘dictateur’ Chavez, qui n’a pourtant massacré personne…

[TeleSur TV – 30/03/2008 – Traduit par le blog Socio13]

La cause des éxécutions extrajudiciaires sont dus, selon le quotidien The Washington Post, aux pressions auxquels sont soumis les militaires colombiens pour en finir avec la guérilla et aussi par les stimulants – tels que paiement de soldes supplémentaire jusqu’à des jours de repos supplémentaires – que leur donne l’Armée pour accumuler les morts lors de combat.

Des milliers de paysans ont été assassinés par l’Armée colombienne en les faisant ensuite passer pour des guérilleros des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), a dénoncé ce dimanche le quotidien The Washington Post.   “Sous la pression des commandants militaires pour enregistrer des morts au combat, l’Armée a assassiné chaque fois plus durant ces dernières années, des paysans pauvres et en les faisant passer pour des guérilleros”, a dit le périodique.  

En citant un rapport d’une coalition de 187 groupes de personnes, le journal affirme que “955 civils sont morts entre mi 2002 et 2007 et sont classés comme guérilleros tombés au combat”.   Ce chiffre signifie une augmentation de 60 pour cent par rapport aux cinq années précédentes, quand 577 paysans ont été reportés comme tués par les troupes colombiennes en les faisant passer pour des guérilleros.

Cet accroissement coïncide avec l’offensive qu’a entamée le Gouvernement du président Colombien, Álvaro Uribe, il y a six ans contre la guérilla des FARC, et qui est financée dans une grande partie par les Etats-Unis qui livre annuellement des millions de dollars au gouvernement colombien dans le cadre du Plan Colombie.  En outre, l’augmentation du nombre de paysans assassinés est due aussi à l’accroissement en nombre des Forces Armées colombiennes, qui compte 270 000 membres, la seconde plus grande force d’Amérique latine.

Dans le rapport, les témoignages de familles campagnardes ou de faibles ressources ont affirmé qu’ils ont vu dans les photos des cadavres de leurs parents disparus des vêtements de camouflage que porte la guérilla.   “Les meurtres, menés à bien par des unités sous les ordres de commandants régionaux, ont toujours été un problème dans le conflit armé qui dure depuis 44 ans”, assure le Washington Post.    (suite…)


[Mecanopolis – 25/03/2008]

Cela fait des mois que nous tentons d’attirer l’attention de l’opinion publique sur l’action insidieuse et subversive des néo cons américains dans notre pays, dans le Maghreb, le Sahel et l’Afrique “utile”. (…) Pourtant, et alors que le régime algérien a déclaré officiellement, par l’entremise de son chef du gouvernement, de ministres et d’autres hauts fonctionnaires “autorisés”, qu’il était hors de question de permettre aux américains d’installer une quelconque base dans le pays, nous découvrons qu’ils nous mentaient, au moment même où ils nous faisaient ces déclarations, et qu’une base militaire américaine a été construite par BRC, de sulfureuse réputation.

La BRC, selon Monsieur Hocine Malti, “a sous traité la partie BTP à la société canadienne RSW – SCATT”. Selon la même source, Le mur d’enceinte de cette base est d’une dizaine de kilomètres et dispose d’une piste d’atterrissage de 4000m. Ce qui permet à de gros porteurs de l’armée américaine de se poser. Cette base qui dispose de nombreuses infrastructures, dont une piscine olympique, a une capacité d’accueil de 2000 personnes. C’est dire que ce n’est pas un petit cantonnement de fortune, destiné à accueillir une unité de l’armée algérienne.

Monsieur Hocine Malti nous apprend avec une foule de détails que non seulement cette base existe bel et bien, mais aussi qu’elle a été opérationnelle et qu’elle a accueilli 400 hommes en provenance d’Allemagne, très probablement d’une autre base militaire américaine. Ces effectifs ont, par la suite, été acheminés vers le nord du Mali.
Cette base ne serait plus opérationnelle. Officiellement, elle n’existe pas et n’a jamais existé.

Nous pouvons aisément imaginer, qu’après l’alerte que les journalistes et militants libres ont déclenché sur ces tractations secrètes pour une installation en douce des américains dans notre pays, les “décideurs” ont décidé de geler cette opération. D’autant que des fuites d’informations sur le sujet, organisées par un clan pour déstabiliser un autre, avaient refroidi les ardeurs des pro américains.

La question qui se pose aujourd’hui est celle-ci: Pourquoi ce cas de haute trahison a-t-il été étouffé?
Car il s’agit bien, en l’occurrence, de haute trahison. Des officiers supérieurs de l’armée ont conclu avec une puissance étrangère un contrat secret pour lui permettre de s’installer sur le territoire national, pour lui permettre de faire atterrir ses gros porteurs et d’y faire transiter des troupes qui ont envahi un pays voisin depuis le nôtre. Et cela à l’insu du peuple algérien. Très probablement même à l’insu du chef de l’état lui même. Ce qui explique la dissolution précipitée de BRC par ce dernier. Non pas pour sévir, mais pour étouffer l’affaire et éviter que le peuple algérien ne le découvre sous son véritable jour: Celui d’un président marginalisé, dont la junte au pouvoir ne tient aucun compte. Une clique de généraux et d’affairistes qui s’enrichissent en milliards de dollars sur la conjoncture, et qui offrent le pays, portes béantes, à une puissance militaire qui, au même moment, a fait main basse sur l’Irak qu’elle a précipité dans le chaos.

Lorsque je dis que cette haute trahison a été perpétrée à l’insu du chef de l’Etat, je ne dis pas qu’il n’était pas au courant, mais qu’il n’a pas été jugé utile de lui demander son avis.

http://mecanopolis.wordpress.com/2008/03/25/une-base-americaine-a-linsu-du-peuple-algerien/ 


Et comme par hasard cette base militaire se trouve à une centaine de kilomètres seulement de la zone d’action de « Al Qaïda au Maghreb ».

Et comme par hasard, au moment où le public pose des questions génantes sur cette base secrète, les braves petits gars d’Al Qaïda viennent nous faire une « piqure de rappel » en enlevant des touristes occidentaux… la peur du « terroriste », ça marche toujours pour faire taire les critiques…

Et comme par hasard la base militaire est tenue par des mercenaires qui ont déjà trempé dans des sales coups en Afrique (Executive Outcomes) ainsi que par certains des officiers qui ont trempé dans la sale guerre algérienne des années 1990 (cf. Qui a tué à Benthala de Yous Nesroulah et Salima Mellah)

Comme par hasard…

La base américaine en Algérie précisément localisée

[Mecanopolis – 26/03/2008]

Différentes source d’informations se recoupant permettent maintenant de localiser précisément cette base américaine.

Elle est située à côté de l’oasis d’Ihérir, à 110 km nord-ouest de Djanet, et à 220 km de la frontière libyenne dans le Tassili des Adjer. A 120 km au nord, se trouve la bourgade d’Illizi, l’endroit exact où les touristes, allemands, suisses et autrichiens avaient été enlevé le 18 août 2003.

Deux généraux algériens jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de cette base :

– Le général Kamel Abderrahmane, ancien colonel à la DRS du CPMI. Il dirige aujourd’hui la deuxième région militaire, celle d’Oranie. Il a été chargé de la couverture médiatique de l’affaire des otages et de celle de l’installation de la base américaine. Il aurait acheté le “Quotidien d’Oran” en se servant d’un prête-nom. Ceci expliquerait les “révélations” faites par ce journal sur le prétendu plan anterroriste américain.

– Le général Abdelmajid Saheb, qui dirige depuis 1999 la 4ème région militaire, comprenant Ouargla et Djanet. Il a reçu pour mission d’assurer la coordination du transport des engins et équipements nécessaires à l’installation de la base. Chef de la région depuis quatre ans, il la connaît bien pour avoir été l’adjoint du commandant précédent. Il a en outre effectué plusieurs déplacements aux Etats-Unis pour recevoir des instructions.

Mais il y a encore plus surprenant. L’armée américaine ne peut suffire à la tâche, assignée par le commandement, de quadrillage de la planète. Ceci explique le recours à une entreprise, fournissant des mercenaires, pour assurer la sécurité de la base.

Il s’agit “d’Executive Outcomes,” ou du moins de ses héritiers. Cette société jouit d’une unité de travail à la caserne algéroise de Ben Aknoun, là où se tient la DRS. Elle dispose aussi d’un bureau de liaison à Ouargla, siège de la 4ème région militaire dirigée par le général Abdelmajid Saheb.

Nous avons obtenu quelques noms des cadres oeuvrant en Algérie dans le cadre de cette opération :

Le commandant Emanuel Damink. Ancien des renseignements sud-africains sous le régime de l’apartheid, il a la charge du recrutement et de la collecte des renseignements sur les réseaux islamistes dans le monde. Entre autres missions, il a lui-même assuré l’évacuation vers les États-Unis de pièces d’équipements nucléaires entreposées par l’Irak sur le sol algérien. Ce transfert était une condition impérative au maintien des bonnes relations entre Alger et Washington.

Le capitaine Stefan Desmond. Ancien officier du contre-espionnage sud-africain. Expert en armes chimiques et en explosifs, il aurait supervisé le largage de gaz de combat sur des maquis islamistes en Algérie. Chargé de la sécurité intérieure d’Executive Outcomes, on le présente aussi comme un spécialiste de la torture dite “scientifique.”

Les Français ont quelques raisons de lui en vouloir car il a monté des mises en scène macabres de prétendus charniers de l’armée française. Les squelettes, supposés remonter à l’époque coloniale, avaient les mains attachées dans le dos par du fil de fer. Étrangement, et en dépit des années, aucune piqûre de rouille ne marquait le métal.

Desmond est très proche du colonel Othman Tartag, dit Bachir, le chef du CPMI (3) et successeur à ce poste du général Kamel Abderrahamane (voir plus haut). Très brun et les cheveux frisés, Desmond se fait passer pour un Égyptien quand il doit se fondre dans l’environnement.

Le commandant Uri Barsony. Il met en valeur une autre facette de la politique algérienne: les liens tissés entre Alger et les Israéliens. Si Barsony est un ancien officier supérieur sud-africain, il a aussi la nationalité israélienne. Il supervise l’entraînement des hommes d’Executive Outcomes et celui des Forces spéciales algériennes à Biskra. Mais, surtout, c’est lui qui effectue les achats d’armement sur le marché israélien, en particulier les lunettes de vision nocturne, autrefois fournies par les Français, et le napalm, plusieurs fois utilisé dans les montagnes de Kabylie. Barsony travaille en étroites relations avec le Shin Beth, le contre-espionnage israélien. Il s’est rendu à de nombreuses reprises sur l’île de Jerba (Tunisie), afin d’y enquêter,  après l’attentat commis contre la synagogue (avril 2001, 21 morts).

En outre, Barsony apparaît comme l’un des principaux responsables des liens nouvellement tissés entre l’Algérie et Israël. Très proche du général Sadek Kitouni, ancien ambassadeur d’Algérie en Afrique du Sud, il a travaillé avec lui à la création d’une “Association d’amitié et de solidarité économique Algérie-Israël,” installée à Alger.

Barsony n’est pas seul à s’activer en faveur du rapprochement entre Israël et l’Algérie. Déjà cité, son collègue Damink a organisé un voyage en Italie au cours duquel Abdelaziz Bouteflika, le Président de la République, a rencontré Dany Yatom, l’ancien patron du Mossad (5). Il a aussi mis sur pied des stages de formation d’officiers de la DRS (2) au centre du Mossad basé dans la banlieue de Tel-Aviv.

On mesure l’importance prise par les mercenaires sud-africains en Algérie. On se demande cependant la raison de leur présence autour d’une base perdue dans le désert.

Uri Barsony donne, à qui veut l’entendre, trois raisons: La lutte contre l’islamisme, la protection des champs de pétrole, et celle des gisements d’uranium.

Manque de chance. L’affaire d’otages est sans doute montée par les services algériens dans la région de la base d’Ihérir, et quant aux champs de pétrole, ils sont à plus de 300 km et les mines d’uranium sont dans un autre pays, le Niger, à 700 km.

http://mecanopolis.wordpress.com/2008/03/25/la-base-americaine-en-algerie-precisement-localisee/


[Agoravox – 13/03/2008]
(…) Un autre phénomène de désinformation choquante est celle des attentats de début d’année à Bagdad, (…) L’explosion fait alors mauvais genre car elle tombe mal question relations publiques.

Qu’à cela ne tienne, dans la journée on va lui rajouter une dimension ignominieuse, censée provoquer encore plus de dégoût chez des gens comme vous et moi, dans le but de démontrer que l’horreur est telle… que n’importe quelle répression pourrait être acceptée. Du genre… admettre et surtout ne pas condamner la torture de prisonniers, par n’importe quel supplice, peu importe… pourvu qu’on puisse démontrer qu’un seul aveu éviterait une tuerie de ce genre.

Souvenez-vous : un officiel, quelques heures après les attentats, annonce que les deux kamikazes sont des femmes, et qu’elles sont… trisomiques. Le terme, édulcoré dans les traductions françaises de l’annonce des attentats, est bien présent dans les originaux.

C’est d’abord un général américain qui s’y colle pour dénoncer l’odieux attentat : « a U.S. military spokesman for the Baghdad area, Lt. Col. Steve Stover, also said at the time that medical experts with his division had examined the photos and agreed the women probably suffered from the genetic disorder. « They were both females and they both looked like they had Down syndrome. »

Puis c’est à un chef de la police irakienne, aux ordres, on le sait, des Américains : « Lt. Gen. Abboud Qanbar, the chief Iraqi military commander in Baghdad, said soon after the attacks that photos of the women’s heads showed they had Down syndrome, but he did not offer any other proof« .

Un autre insiste encore pour la thèse déjà évoquée « We found the mobiles used to detonate the women, Major-General Qassim Moussawi, an Iraqi military spokesman, said. He said that both women had Down’s syndrome. »

Mais très vite, déjà, les conclusions bien hâtives des militaires sont mises en doute par les journalistes sur place « A cell phone image of one of the heads viewed by The Associated Press was inconclusive. » « There was speculation that the heads could have been distorted by the blast, leading police initially to believe they had Down syndrome. »

Cela n’empêche un intervenant de poids d’affirmer que ce sont bien des femmes atteintes de trisomie 21, en insistant sur le fait que c’est donc encore plus horrible que d’habitude, si tenté que l’on puisse parler d’habitude « Iraqi and American officials blamed al-Qaeda, and accused the terrorist organisation of plumbing new depths of depravity. » C’est obligatoirement Al-Quaïda , puisque c’est pire que la « normale ». Dont acte. (suite…)


[Comaguer – Mondialisation.ca – 18/03/2008]

 

Le magazine US VANITY FAIR vient de publier, dans son édition datée d’Avril, un long article sur les plans et les actions du gouvernement US visant à imposer ses hommes à la tête de la Palestine. Son auteur est DAVID ROSE, journaliste britannique qui collabore régulièrement au magazine anglais THE OBSERVER.

Il ne s’agit pas de menées de groupes ou de lobbies à l’intérieur de la machine politique et administrative étasunienne mais d’une action directement organisée par CONDOLEEZA RICE et le Département d’Etat et ELLIOTT ABRAMS conseiller à la Sécurité Nationale.

L’opération commence dès la mort de YASSER ARAFAT en Novembre 2004. Washington décide alors de tout mettre en œuvre pour porter à la tête de l’Autorité Palestinienne un leader et une équipe dirigeante totalement soumise à Washington.

L’homme clé du dispositif est MUHAMMAD DAHLAN, homme fort du FATAH, conseiller national pour la sécurité de MAHMOUD ABBAS ; DAHLAN a des relations étroites avec la CIA et la FBI depuis les années 90 et BUSH le désigne, en public comme « un solide leader » , en privé comme « notre homme ». (suite…)


[Nouvel Observateur – 14/03/2008]
Un Yéménite, qui dit avoir séjourné près de trois ans dans des prisons secrètes de la CIA en Afghanistan, en Europe de l’Est puis au Yémen, rapporte à Amnesty International les diverses formes de torture qu’il y a subi.

Un Yéménite accuse des agents américains de l’avoir torturé pendant les trois années qu’il a passées dans les prisons secrètes de la CIA, selon un témoignage présenté jeudi 13 mars par Amnesty International. Khaled Abdou Ahmed Saleh al-Maqtari, 31 ans, avait été arrêté par des soldats américains à Falloujah en Irak en janvier 2004, avec une soixantaine d’autres personnes, selon son récit à l’organisation de défense des droits de l’Homme, dont le siège est à Londres. Transféré à la prison irakienne d’Abou Ghraïb, parmi les « détenus fantômes », Al-Maqtari décrit à Amnesty les violences, les privations de sommeil, les positions de stress, les séances d’intimidation par des chiens, les hypothermies provoquées et autres formes de torture.

9 jours à Abou Ghraïb

Il raconte, qu’une fois, il a été battu par trois hommes dans une petite pièce, après avoir été forcé de se tenir debout, nu, sur une chaise devant une puissante climatisation, avec une caisse remplie de bouteilles d’eau dans les mains. Selon son témoignage, il était régulièrement plongé dans l’eau froide, tremblant tellement qu’il pouvait à peine tenir debout. On le suspendait la tête en bas, les mains menottées dans le dos, avec un système de poulie pour le faire aller et venir dans l’eau.
Après neuf jours d’interrogatoire à Abou Ghraïb, Al-Maqtari a été transféré en Afghanistan dans un vol secret de la CIA, poursuit Amnesty, qui assure avoir retrouvé les traces d’un plan de vol corroborant ses dires.
Là, il a subi d’autres mauvais traitements : isolement, privation de sommeil, exposition au froid ou à la chaleur, port prolongé de chaînes, perte de sens provoqué par des lumières ou des bruits.

Violation des obligations internationales

Fin avril 2004, Al-Maqtari a été transféré vers un autre site secret de la CIA, peut-être en Europe de l’Est, selon Amnesty. Il a été détenu là pendant 28 mois, avant d’être renvoyé vers le Yémen, où il est resté emprisonné jusqu’en mai 2007.
« A aucun moment pendant ses 32 mois d’emprisonnement, on n’a dit à Khaled al-Maqtari où il était ni pourquoi », a expliqué Anne Fitzgerald, conseiller spécial d’Amnesty. « Il n’avait d’accès ni à des avocats, ni à sa famille, ni au Comité international de la Croix-Rouge, ni à toute personne autre que le personnel impliqué dans ses interrogatoires, sa détention ou son transfert. C’est clairement une violation des obligations internationales des Etats-Unis », a-t-elle estimé.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20080314.OBS4994/prisons_secretes__un_yemenite_decrit_ses_tortures.html?idfx=RSS_notr 


Dorénavant, lutter pour les droits des travailleurs, protester contre la destruction d’un écosystème, militer pour les droits des animaux ou tout simplement critiquer publiquement la politique du gouvernement… tout cela est équivalent à la menace que pose Al Qaïda.

Bush et sa clique néo-con ont réussi à rétablir la dictature, sous un petit manteau « légal »…

Il est bien loin, l’esprit de 1776 !!!

Le rêve américain :LA LOI DE PROFILAGE IDEOLOGIQUE DE 2007 :

[Nikki Alexander – ZMag Online – 1er février 2008 – Trad. Blackjack]
Le 23 octobre dernier, la Loi pour la prévention de la radicalisation violente et du développement du terrorisme domestique (HR 1955) a été adoptée au parlement par 404 voix contre 6. Son pendant devant le Sénat (S.1959) est en cours d’évaluation par le Comité sénatorial pour la Sécurité Intérieure et les Affaires Gouvernementales.

Cette loi étendrait le champ d’application de la Loi sur la Sécurité Intérieure de 2002 en créant une commission nationale autorisée à étudier et identifier les individus et groupes dont les valeurs sociales, les implications politiques ou les croyances religieuses << pourraient >> les mener à commettre des actes violents.

En tout état de cause, cela ne se réfère nullement aux assassinats perpétrés par la CIA, aux brutalités policières, aux meurtres de civils désarmés ni aux tortures qui ont cours dans les prisons secrètes. Cette commission cible les dissidents politiques et les activistes sociaux qui critiquent la politique étrangère des Etats-Unis, les abus du monde des affaires ainsi que les pratiques menaçant la vie sur notre planète.

Les épithètes idéologiques << radicalisation violente et terrorisme ‘maison’ >> sont l’oeuvre de la RAND Corporation, qui les utilisait en 2005 dans l’essai intitulé << Tendances en matière de terrorisme : Menaces sur les Etats-Unis et perspectives de la Loi sur l’Assurance du Risque Terroriste >>. L’intitulé de la loi qui nous occupe est littéralement tiré de cet essai.

Les porte-parole de RAND ont témoigné devant le Sous-comité du parlement pour le renseignement, le partage d’information et l’évaluation du risque terroriste, présidé par la députée Jane Harman (Démocrate), qui a parrainé ce projet.

Harman ajoute ici à une relation déjà longue et productive avec la RAND Corporation, un think-tank situé en Californie qui entretient des liens très étroits avec le complexe militaro-industriel désormais impliqué en matière de renseignement. Donald Rumsfeld l’a présidé de 1981 à 1986. Lewis Libby, ancien directeur de cabinet de Dick Cheney, et Condoleeza Rice en étaient alors administrateurs.

Le résumé introductif de ce rapport met en lumière les << terroristes domestiques >> qui << constituent une menace mouvante à l’égard des intérêts du monde des affaires… >>. En sus des menaces terroristes que représentent Al Qaeda et les groupes jihadistes radicaux, à la fois associés et autonomes vis-à-vis de cette dernière organisation, une lame de fond de radicalisme prospère sur le développement du phénomène d’Antiglobalisation (AG). (suite…)


[Voltaire – 29/02/2008]

La revue Marianne a lancé une campagne pour discréditer Marion Cotillard. La lauréate de l’Oscar 2008 de la meilleure comédienne représente en effet un grave danger pour la pensée unique imposée par la presse atlantiste.

La jeune femme a déclaré, l’an dernier, ne pas croire à la version bushienne des attentats du 11 septembre 2001. Rien de très original en soi, puisque des milliers de personnalités politiques et militaires, intellectuelles et artistiques, se sont déjà prononcées en ce sens dans le monde. Mais pourtant le signe d’un vrai courage car l’expression de cette opinion est strictement prohibée en Europe occidentale sous peine de lynchage médiatique. Le dernier artiste de cinéma européen à s’y être essayé, le réalisateur Jean-Luc Godard, a pu le vérifier.

L’affaire est d’autant plus grave que cette opinion dissidente gagne aussi les milieux politiques occidentaux. Ainsi, le 26 février, des parlementaires européens autour de l’Italien Giulietto Chiesa et des parlementaires étrangers autour du sénateur japonais Yukihisa Fujita, ont organisé une projection du film ZERO – Inchiesta sull’11 settembre au Parlement européen à Bruxelles.

Rappelons par ailleurs que la revue Marianne, qui lance cette campagne, est détenue à 25 % par le Carlyle Group, représenté au Conseil d’administration par Yves de Chaisemartin. Le Carlyle Group fut pendant des années le fonds de placement commun des familles Bush et Ben Laden. Son capital a aujourd’hui évoluée et l’on ignore qui le détient exactement. L’essentiel de ses placements est effectué dans les sociétés contractantes du Pentagone et dans des médias prétendument critiques face à l’administration Bush, en réalité chargés de stériliser toute opposition.

http://www.voltairenet.org/article155584.html


Allez, on va lui tresser une dernière couronne au camarade Lambert. Normalement on laisse les morts en paix… mais là, on trouve que cet aspect de l’histoire poliltique de la France a été un peu laissé de côté par les journalistes à l’occasion de la mort de Pierre Boussel-Lambert.

A noter que cet article a donné lieu à une belle empoignade au sein de l’équipe : entre Greg, ancienne taupe de la Fédération des Etudiants Révolutionnaires (lambertiste) et Tim, ancien de la Gauche Prolétarienne, qui se faisait tabasser par les lambertistes ou encore Waia, l’anar de toujours qui a jamais aimé les trotskos… bref, le vieux Lambert, même mort, à gardé tout son pouvoir de nuisance… 🙂

Ingérence syndicale : AFL-CIO ou AFL-CIA ?

[Paul Labarique – Réseau Voltaire – 2 juin 2004]

Dès le début de la Guerre froide, les États-Unis se sont appliqués à neutraliser l’influence soviétique dans le mouvement syndical européen. S’appuyant sur l’AFL-CIO, une organisation qui tient plus de la corporation de branche que du syndicat de classe, la CIA a fait exploser la CGT française et a financé la dissidence de Force ouvrière. Puis, l’Agence a regroupé les centrales atlantistes européennes au sein d’une Confédération des syndicats libres. Le système a été ultérieurement étendu à l’Afrique et à l’Asie. L’opération a été dirigée par Irving Brown, responsable du réseau stay-behind en Europe.

(…) Depuis l’effondrement de l’URSS, les réseaux pro-soviétiques appartiennent à l’Histoire. Ils sont de mieux en mieux connus, notamment grâce à l’ouverture des archives. Au contraire, les réseaux atlantistes n’ont pas disparu avec la fin de la Guerre froide. Ils ont été mis en sommeil par l’administration Bush père, puis réactivés par l’administration Bush fils. Nous avons entrepris de les décrire dans ces colonnes, non comme des souvenirs d’un passé révolu, mais comme des éléments explicatifs de la crise politique mondiale actuelle. Nous avons ainsi relaté la mise en place de réseaux d’ingérence, les stay-behind [1] et celle du soft-power de la Fondation nationale pour la démocratie (NED/CIA) [2]. Nous avons analysé de grandes opérations sectorielles comme le financement des intellectuels européens par la CIA [3]. Nous en venons aujourd’hui à la manipulation des syndicats.

Convaincu que les démocraties occidentales sont menacées par le « péril communiste », dont l’un des relais serait naturellement le syndicalisme, les États-Unis mettent en place, dans le cadre du plan Marshall, un réseau de confédérations syndicales internationales, chargées de contrer l’influence communiste dans le monde du travail.

En février 1945 se tient à Londres une conférence mondiale visant à réaliser l’unification du syndicalisme international, à l’initiative du Trades Union Congress (TUC) britannique. 53 organisations y sont présentes. L’American Federation of Labor (AFL), premier syndicat états-unien, boycotte la réunion pour protester contre la présence de représentants soviétiques.

Le Congress of Industrial Organizations (CIO), son grand rival sur la scène syndicale états-unienne, tente de son côté de jouer un rôle de médiateur entre les membres de l’Internationale syndicale rouge (ISR), proche de Moscou, et la Fédération syndicale internationale (FSI), créée à Amsterdam en 1919 et qui refuse les syndicalistes soviétiques.

Les deux courants devaient être rassemblés au sein d’une Fédération syndicale mondiale (FSM), qui naît effectivement à Paris en 1945. Mais le rapprochement échoue. La Confédération internationale des syndicats chrétiens (CISR) refuse de rejoindre la nouvelle structure, tout comme l’AFL, qui décide en octobre 1946 de rassembler tous les syndicats « libres » et installe à Bruxelles un bureau de correspondance avec à sa tête Irving Brown.(…)

Les efforts de Washington pour diviser les syndicats communistes et aider ceux qui refusent l’anticapitalisme et la domination de Moscou se font alors plus pressants. Trois hommes vont superviser le dispositif. Le premier est Jay Lovestone, alors directeur de la section internationale de l’American Federation of Labor. Ancien dirigeant du Parti communiste états-unien avant la Seconde Guerre mondiale, Lovestone a rompu avec l’URSS en 1929, après une rencontre avec Staline. Il lui avait en effet suggéré que les États-Unis offraient une configuration politique et sociale particulière, nécessitant une stratégie communiste adaptée. Se sentant menacé, il quitte Moscou en toute hâte et, de retour à New York, devient un anticommuniste militant.

Il s’allie alors avec l’International Ladies Garment Workers Union, un important syndicat monté par des immigrés juifs et italiens qui tente également de limiter l’influence de ses militants communistes. Ceux-ci sont finalement écartés grâce aux efforts des « modérés » emmenés par David Dubinsky.

À la même époque, Jay Lovestone noue une relation d’amitié avec le dirigeant de l’AFL, George Meany, également anticommuniste patenté.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Lovestone travaille en collaboration étroite avec le Bureau des travailleurs de l’Office of Strategic Services (OSS, ancêtre de la CIA), dirigé par Arthur Goldberg, futur secrétaire au Travail de Kennedy et membre de la Cour Suprême. Il est notamment chargé d’organiser la résistance des ouvriers à l’Allemagne nazie en Europe et en Afrique du Nord.

Au sortir de la guerre, il poursuit ses activités sur le terrain européen. Il est secondé en cela par Irving Brown, membre de l’AFL et adjoint pour l’Europe de Lovestone à partir de 1944. Né en 1911, Irving Brown devient un membre important de l’AFL dans les années 1930. Sa femme est alors la secrétaire de Jay Lovestone [4].

Son premier fait d’armes concerne la France. Allié stratégique de Washington du fait de sa puissance économique et démographique, mais aussi de sa situation géographique (sa frontière avec l’Allemagne, dont une moitié du pays est occupée par les troupes soviétiques, en font un partenaire privilégié en cas d’offensive de l’URSS), le pays connaît d’importantes turbulences sociales une fois l’état de grâce de la Libération disparu. Les grèves de Renault d’avril-mai 1947 font éclater l’accord de gouvernement entre le Parti communiste français, la SFIO et le MRP. Paul Ramadier révoque les ministres communistes, et plonge la vie politique dans une instabilité menaçante. D’autant que les difficultés économiques s’accumulent : pénurie de charbon et de denrées alimentaires, hausse des prix, provoquent des mouvements sociaux importants dans tout le pays.

La CGT, premier syndicat du pays, est secouée par des dissensions internes entre ceux qui acceptent « le rôle dirigeant du PCF dans le mouvement ouvrier et ceux qui s’y opposent » [5]. Washington profite de l’occasion : la CIA aborde le secrétaire général de la CGT, Léon Jouhaux, à l’occasion de son voyage à l’ONU. Jouhaux accepte de provoquer la scission qui donnera naissance à Force ouvrière, en 1948, et affaiblira durablement le syndicalisme français.

Une fois l’opération terminée, George Meany déclare au Press Club de Washington : « Je suis fier de vous dire, parce que nous pouvons nous permettre de le révéler maintenant, que c’est avec l’argent des ouvriers de Detroit et d’ailleurs qu’il nous a été possible d’opérer la scission très importante pour nous dans la CGT, en créant le syndicat ami Force ouvrière » [6].

Mais, en 1967, Thomas W. Braden, ancien directeur de la division internationale de la CIA, révèle sans ambages [7] qu’en réalité les fonds furent initialement fournis par l’International Ladies Garnment Union de David Dubinsky puis « quand ils manquèrent d’argent, il s’adressèrent à la CIA. Ainsi commencèrent les versements de fonds secrets aux syndicats libres qui, bientôt, s’étendirent à l’Italie. Sans ces versements, l’histoire de l’après-guerre aurait été différente » [8].

Un groupe de militants anti-soviétiques joue un rôle central dans la scission : il s’agit de trotskistes récupérés par le stay-behind. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après la rupture du Pacte germano-soviétique, ils avaient fait le choix, autour d’Henri Molinier, de lutte contre Staline en adhérant à l’ultra-collaborationniste Mouvement social révolutionnaire (MASR) d’Eugène Deloncle et Eugène Schueller [9]. Sous l’impulsion d’Irwing Brown, ils constituent en 1953 un nouveau parti, le MPPT, autour de Pierre Boussel-Lambert. Ces militants obtiennent bientôt des emplois dans des Caisses d’assurance-maladie et se consacrent à l’encadrement de FO.

À la même époque, « la SFIO marseillaise a elle aussi profité des dollars de la CIA qui, par exemple, renflouent le journal Le Populaire, le quotidien socialiste à l’échelle nationale » [10]. Les activités d’Irving Brown sont en effet particulièrement visibles dans la région marseillaise, alors au coeur de la French connection qui gère à l’époque l’essentiel du trafic mondial d’héroïne. Ses financements viennent en général directement de la CIA, soit via l’attaché de l’ambassade états-unienne à Paris pour les questions syndicales, John Phillipsborn, soit via un compte en banque basé à Zürich au nom du président du Comité méditerranéen, Pierre Ferri-Pisani [11].

La suite :

http://www.voltairenet.org/article14074.html


Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire

Ignominie. Mustapha pose (en juin 2004) avec l’une des photos qui ont déclenché le scandale, où figure son père mort en détention provisoire. Les clichés, insupportables, montrent des détenus encagoulés, menacés par des chiens, tenus en laisse, nus … [Photo Karim Ben Khelifa]

[Le Monde 2 – Semaine du 19/01/2008 – Frédéric Joignot]

28 avril 2004. La chaîne CSS diffuse des photos de soldats américains torturant des prisonniers d’Abou Ghraib, en Irak. Dans la foulée, Janis Karpinski, qui dirigeait les prisons irakiennes, est rétrogradée, lâchée par ses supérieurs. Aujourd’hui retraitée, elle témoigne contre ses responsables de l’époque. En exclusivité, elle nous raconte sa descente aux enfers.

Son regard bleu ne vous lâche pas. Elle se tient droite. Martiale. Janis Karpinski a passé vingt-cinq ans dans l’armée américaine. Elle fut la première femme générale  » une étoile  » à exercer en zone de combat. C’était pendant la seconde guerre d’Irak. Elle y a connu l’enfer. Puis le déshonneur.

Elle nous reçoit chez elle, dans un lotissement du New Jersey. Aujourd’hui à la retraite, Janis Karpinski tente de faire le bilan de ces années de guerre – comme beaucoup d’Américains à l’approche de la présidentielle. Ses premiers mots:  » Mes voisins me demandent ce que les Irakiens pensent de nous. Je leur réponds: « Qu’est-ce que vous penseriez si, du jour au lendemain, des chars occupaient votre quartier, des bataillons de soldats patrouillaient dans les rues, arrêtaient les gens ? ». « 

La nuit tombe, Janis Karpinski raconte l’Irak. Aucun bruit dans la maison. Elle vit seule. Son mari, un ancien colonel, est décédé l’an dernier. Ils n’ont pas voulu d’enfant. L’ancienne générale a sacrifié la vie de famille à sa carrière de soldat. Elle voulait s’imposer dans ce monde d’hommes où, dit -elle,  » la simple présence d’une femme officier a longtemps été ressentie comme une insulte « . Elle a réussi. Elle a été la commandante en chef de la 800e brigade de police militaire, responsable des 40 000 prisonniers enfermés dans les prisons irakiennes au début de la guerre.

Aujourd’hui, après avoir été dégradée au rang de colonelle, accusée par ses supérieurs d’avoir perdu le contrôle de la prison d’Abou Ghraib où des soldats ont torturé, Janis Karpinski se défend. Elle porte plainte et témoigne contre l’ancien major général du camp de Guantanamo envoyé en Irak, Geoffrey Miller, et Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire d’Etat à la défense. Pour mise en œuvre méthodique de la torture. Son histoire éclaire de façon singulière cet épisode dramatique. Voici sa version des faits.

(suite…)


[Grégoire Seither – IES News Service – 29/11//2007]

Il y a 30 ans Frank SNEPP travaillait à l’ambassade des États-unis de Saigon où il dirigeait l’équipe d’analystes et agents qui recueillaient des informations sur les stratégies de la guérilla communiste. A l’époque son équipe avait du évacuer en catastrophe les bureaux devant l’avancée des troupes nord-vietnamiennes.

Pour Snepp – qui travaille aujourd’hui comme réalisateur de documentaires pour la chaîne de télévision KNBC-TV, la situation irakienne est similaire au Vietnam et il ne faut pas croire aux affirmations répétées du Président Bush à propos de la «relation durable» entre les USA et l’Irak.

« Le moment est venu de commencer à planifier de manière sérieuse notre évacuation rapide de Bagdad et de ne pas renouveler le chaos de la débâcle de Saigon », au cours de laquelle les USA avaient abandonné des milliers de collaborateurs à la vengeance du vietcong.

« A l’époque nous passions notre temps à dire aux gens du Pentagone et aux officiers que l’armée Sud-vietnamienne risquait de se faire enfoncer en quelques jours et que le VC aurait alors un boulevard pour foncer sur Saigon… mais on nous disait que c’était impossible…

tout comme aujourd’hui on nous répond « Impossible » quand nous disons à la Maison Blanche et au Pentagone que le gouvernement irakien peut s’effondrer comme un château de cartes en quelques jours et nos soldats se retrouver face à un chaos complet dont il sera très difficile de s’extirper en bon ordre… »

«Prendre ses rêves pour la réalité c’est comme une drogue, l’idéologie nous aveugle et nous fait croire à nos propres mensonges… c’est ce qui nous a perdus, nous et bon nombre de nos amis au Vietnam ».

« Si nous voulons à nouveau revivre une telle humiliation, alors nous devrions au moins nous préparer à le faire proprement et sans abandonner personne derrière nous. C’est une leçon que nous devrions avoir retenue de la guerre du Vietnam, » explique Snepp. « Il y en a d’autres, mais celle-là c’est la plus importante, tout faire pour éviter le sauve-qui-peut général, même si cela implique devoir envisager des scénarios désagréables. ». . .

Pour Snepp, les commandants militaires U.S. doivent se préparer au départ en incluant dans leurs plans d’évacuation les amis et alliés qu’ils ont encore en Irak. « Ce qu’ils doivent faire c’est se préparer pour le dernier acte. Je ne parle pas d’une vague préparation, repérer quelques terrains d’atterrissage et des itinéraires de sortie pour les forces américaines et les officiels du gouvernement… Non, ils doivent préparer l’évacuation jusque dans les détails, décider combien de gens peuvent être évacués et par quels moyens, que ce soit par la route ou par les airs, et en combien de temps et dans les circonstances particulières d’une zone de guerre civile… »

En 1975, à Saigon, les commandants U.S. avaient trop peur de déclencher une panique générale et avaient donc interdit au personnel de parler d’une possible évacuation et avaient refusé jusqu’au bout de planifier l’hypothèse d’une fuite rapide… jusqu’à ce que les chars Nord-vietnamiens enfoncent la grille du Palais Présidentiel.

« Alors c’était trop tard. Nous n’avions plus le temps de compiler des listes de gens qu’il fallait aider à quitter le pays. Nous nous sommes appuyés sur le bon vouloir de milliers de personnes à Saigon, des gens qui étaient avec nous, qui ont risqué leur peu pour nous… et quand l’heure est venue de monter dans les hélicoptères, nous leur avons claqué la porte au nez et les avons repoussé dans les bras des tortionnaires qui les attendaient… »

Pour Frank Snepp, « Si nous faisons la même chose en Irak, si nous ne sommes pas capables de faire comme les Suédois qui sont partis en emportant leurs traducteurs et assistants irakiens afin de leur éviter de se faire massacrer par les rebelles, alors nous ne mériterons plus le titre de nation civilisée. Qui voudra encore se ranger de notre côté s’il sait qu’il sera traité comme les Harkis ont été traités par les Français ? »


[Daily Mail – Londres – GB – 12/11/2007 – Trad. Grégoire Seither]

Une experte de l’Union Européenne, spécialisée dans les armes biologiques a raconté au Daily Mail qu’elle a peur de « finir morte au fond d’un bois, comme mon collègue le Dr. David Kelly », à la suite d’une campagne d’intimidation et de harcèlement menée contre elle par des agents du MI6 et de la CIA.Jill Dekker, une experte en armes biologiques basée à Bruxelles, a rédigé un rapport et tenu un discours critiquant les politiques U.S. et britanniques au Moyen-Orient. Depuis elle est la cible d’actions d’intimidation, allant jusqu’à un cercueil déposé devant sa maison » (…) En Mars dernier, alors qu’elle se rendait en Floride pour faire un discours sur le programme d’armement syrien devant un panel d’experts en intelligence stratégique, elle a été violemment prise à partie par un agent des services secrets britanniques, qui l’a menaçée de représailles si elle rendait public les conclusions d’un rapport critique sur la politique US et Anglaise dans la région.

Dans son rapport le Dr. Dekker dénonce le gaspillage de milliards de dollars dans la lutte contre les menaces bio-terroristes. Ainsi, le programme du gouvernement US pour développer un vaccin contre la variole – qui a rapporté des profits considérables aux entreprises pharmaceutiques – est totalement inefficace car les experts US et britanniques travaillent sur des cultures virales différentes de celles qui sont susceptibles d’être utilisées par les terroristes.

http://www.dailymail.co.uk/pages/live/articles/news/news.html?in_article_id=492907&in_page_id=1770


En attendant une version française (qui ne viendra peut-être jamais),
vous pouvez voir le documentaire ici :
http://www.mininova.org/tor/953637

[Gregoire Seither – IES News Service – 23/10/2007]

La droite US a relancé sa machine à mobilisation pour empécher la diffusion publique aux Etats-unis du documentaire « Taxi to the Dark Side » (Jigsaw Productions), présenté pour la première fois en Avril dernier au Tribeca Film Festival. Ce film puissant a recu de nombreux prix cet été et est nominé aux Oscars. Rien que la bande annonce vous fait sursauter :

Le film est construit autour du destin d’un chauffeur de taxi Afghan, dont on ne connait que son prénom, Dilawar, complètement innoncent de tout lien avec des terroristes, qui a été torturé à mort dans la prison secrète que les Etats-unis ont installée sur la base aérienne de Bagram en Afghanistan. « Taxi to the Dark Side » documente le parcours des politiques sécuritaires de l’Administration Bush, depuis Bagram (..) jusqu’à Guantánamo (..) et Abu Ghraib.Il montre comment les racines de ces politiques sont a chercher dans les programmes d’expérimentation du comportement humain (privations sensorielles, utilisation de drogues…) qui avaient été mis en place dans les années 1950 par la CIA pour comprendre comment fonctionne la torture.

Le documentaire retrace également l’opposition que ces politiques ont rencontrées au sein de l’administration mais aussi de l’armée et présente quelques officiels hauts-placés qui ont tenté de s’opposer : par exemple l’ancien conseiller légal de la Navy, Alberto Mora, ou encore Lawrence Wilkerson, ancien directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat Colin Powell, qui témoignent de la violence des échanges entre pro- et anti-torture. Ou encore John Yoo, un des architectes de la politique des « renditions exceptionnelles » (les prisons secrètes de la CIA dans des pays utilisant la torture) qui justifie les « choix stratégiques » de la Maison Blanche, rejoint en cela par le Vice-Président Dick Cheney.

La dernière partie du documentaire raconte la bataille au congrès des Etats-unis pour tenter de restaurer la norme des Conventions de Genève interdisant la torture (à travers les prises de position et les compromis tragiques de John McCain).

Plus intéressant, les auteurs du documentaire montrent comment la célèbre série télévisée « 24 heures chrono » (qui a été réalisée avec une assistance technique des services de renseignement US) diffusée sur Fox TV a contribué à légitimer la torture auprès de l’opinion publique, en minimisant son impact sur l’intégrité physique des personnes qui y sont soumises (« c’est juste un mauvais moment à passer ») et en martelant aux spectateurs qu’il y a urgence et qu’on ne peut s’embarasser de conventions et de droits de l’homme dans ces cas là (« le faux scénario de la bombe à retardement »).


[Compte rendu de la Maison Blanche – 7/10/2007 – Trad. Grégoire Seither]

Dana Perino, porte-parole de la Maison Blanche, en réponse à la question d’un journaliste, se déclare choquée à l’idée que des gens puissent être jetés en prison et détenus pendant des années sans accès à un avocat, sans jugement et même sans savoir ce qu’on leur reproche…

En somme, ce qui choque la Maison Blanche en Birmanie, c’est exactement ce que la Maison Blanche pratique à Guantanamo et dans les autres « prisons secrètes » de la CIA. Et encore, les Birmans n’ont pas encore poussé l’ignominie jusqu’à envoyer leurs prisonniers se faire torturer par des dictatures amies, comme le fait la Maison Blanche…

Question : [en Birmanie] les manifestations semblent s’être calmées. Qu’en pensez vous ?

Dana PERINO: Et bien, malheureusement, l’intimidation et la violence peuvent décourager des manifestations pacifiques. Et nous recevons des rapports qui nous choquent, on apprend que des gens absolument innocents sont jetés en prison, où elles peuvent être détenues pendants des années, sans accès à un avocat, sans jugement, ni même sans qu’on leur dise de quoi ils sont accusés. C’est choquant. .Et on nous dit aussi que les monastères ont été encerclés et verrouillés. Il est évident que tout cela peut décourager les gens d’aller manifester. Nous demandons à tout le monde de garder la tête froide et que, en Birmanie ceux qui veulent exprimer leur point de vue puissent le faire.

http://www.whitehouse.gov/news/releases/2007/10/20071001-2.html


[Associated Press – 25.08.12007]
Le Pentagone a déclaré qu’il cesserait d’utiliser la base de données anti-terroriste TALON dont l’existence a suscité une controverse, car elle fiche des citoyens américains engagés dans le mouvement anti-guerre et autres mouvements sociaux n’ayant aucun rapport avec le terrorisme et ne s’ettant jamais rendu coupable d’actions illégales. La base sera mise hors service le 17 septembre et toutes les informations collectées à l’avenir par les agents du Pentagone seront envoyées à la base de données GUARDIAN, qui est gérée par le FBI. Le Colonel Gary Keck, porte-parole du Pentagone, a expliqué que TALON était mis hors service non pas à cause des critiques formulées par l’opinion publique mais « parce que la valeur analytique de cette base a décliné ». Le Pentagone étudie en ce moment la mise en place d’un nouveau système – pas nécessairement une base de données – pour améliorer l’efficacité de la surveillance et la détection des menaces éventuelles. Les données contenues dans la base TALON ne seront pas détruites. Elles ne seront plus utilisées par les analystes mais la base sera archivée.

http://www.breitbart.com/article.php?id=D8R5GRUO1&show_article=1


[Human Rights Watch – 20/07/2007 – Trad. Grégoire Seither]
Le nouveau décret du Président George Bush, définissant le réglement à suivre pour les incarcérations et les interrogation de la Central Intelligence Agency viole toujours les Conventions de Genève, contrairement à ce que l’administration Bush voudrait nous faire croire. Le nouveau décret affirme que le nouveau règlement de la CIA est « 100% conforme aux obligations US vis à vis de l’Article 3 des Conventions de Genève de 1949 ».

Mais la « mise au secret des prisonniers » – caractéristique du programme de prisons secrètes de la CIA – est en violation directe de l’Article 3 qui exige que les détenus soient traités de manière correcte et puissent faire connaître leur situation à leurs proches. La CIA continue a garder un certain nombre de ses prisonniers dans des pénitenciers secrets, appelés « sites noirs ». Certains de ces prisonniers ont été transférés à Guantanamo Bay en septembre 2006, après des années de « disparition ». Mais d’autres prisonniers pour lesquels il existe des preuves qu’ils ont été appréhendés par la CIA, sont toujours manquants à l’appel.

« Si on se base sur les standards communément admis en matière de droit humanitaire international, le nouveau réglement de la CIA, mis en place par George W. Bush, est illégal jusqu’à l’os » explique Joanne Mariner, directrice du département d’étude du terrorisme et du contre-terrorismes pour l’organisation « Human Rights Watch ».

http://hrw.org/english/docs/2007/07/20/usdom16444.htm


[IES News Service – 04/08/2007]
Plus de 100 000 citoyens états-uniens sont de facto interdits de voyage car ils figurent sur la liste des personnes « watch » (à surveiller) et « no fly » (interdit de vol). Cette liste, qui incluait au départ des personnes soupçonnées d’être en contact avec des organisations terroristes ou bien posant un risque de sécurité pour les autres passagers aériens (par exemple parce qu’ils ont été ivres et violents à bord), a été détournée par l’équipe de la Maison Blanche pour harceler des opposants politiques.

Des citoyens innocents, dont le seul crime est d’avoir émis une critique envers le président des Etats-unis sont interdits de vol, harcelés dans les aéroports, fouillés intégralement, bousculés, intimidés voire jetés en prison. C’est du moins ce qu’affirme la célèbre auteure et militante Naomi Wolf dans son nouveau livre, « The End of America. »

« C’est une méthode classique des régimes totalitaires », explique Wolf. « Les dissidents et opposants sont bloqués dans leurs déplacements et interdits de sortie du pays. » Wolf a commencé à enquêter sur la « liste noire » en 2002. « Je m’étais rendu compte que chaque fois que je prenais l’avion, même pour des petits vols intérieurs, j’étais identifiée et ciblée par les agents de TSA (Transportation Security Administration) et à chaque fois on me demandait de les suivre dans un local pour y être fouillée intégralement. Les autres passagers n’avaient pas droit à de telles attentions. »

C’est au cours d’une ces fouilles qu’un agent TSA lui a dit « C’est pas de notre faute, vous êtes sur la liste. Pas celle des terroristes, l’autre liste. » L’autre liste, c’est celle qui recense les journalistes, enseignants, militants, et politiques « qui ont critiqué la Maison Blanche. »
(suite…)


Avec tout ce système, on se demande comment il peut encore y avoir des criminels en liberté aux Etats-Unis. En tout cas, si vous envisagez une cavale là-bas, éteignez votre téléphone portable !!!!

[Wired – 20/08/07 – Trad. Grégoire Seither]
Dans la plus grande discrétion, le FBI a construit un système de surveillance dont la sophistication rivalise avec la simplicité d’utilisation. Le système permet, d’un simple clic, de procéder à des « écoutes administratives » sur quasiment n’importe quel moyen de communication. C’est ce qui ressort de la lecture d’un rapport de plus de 1 000 pages, récemment déclassifié dans le cadre du Freedom of Information Act. Ce système de surveillance, du nom de DCSNet (Digital Collection System Network), connecte les centres d’écoutes téléphoniques du FBI directement aux centres commutateurs des opérateurs téléphoniques, des fournisseurs d’accès Internet et aux opérateurs de téléphonie mobile. DCSNet est bien plus étroitement imbriqué dans l’infrastructure des télécoms aux Etats-unis que les observateurs extérieurs ne soupçonnaient jusqu’ici.

Pour Steven Bellovin, professeur en informatique à la Columbia University et expert réputé pour les questions de surveillance, DCSNet est « un système complet d’écoutes téléphoniques et d’espionnage des communications qui peut intercepter simultanément les appels téléphoniques filaires, les portables, les SMS et les messageries sur Internet ». (suite…)


Le Général Wesley Clark, ancien candidat Démocrate aux primaires de 2004, revient dans son ouvrage sur les plans établis par le Pentagone, quelques jours après les attentats du 11 septembre. A la demande de Rumsfeld, l’Etat Major travaillait aux changements de régime en Irak, Syrie, Liban, Soudan, Somalie, Lybie, Iran. ll en avait déjà parlé avec Amy Goodman, sur Democracy Now, au début de l’année 2007.

Wesley Clark : (…) je me suis rendu au Pentagone juste après le 11 septembre 2001, à peu près 10 jours après. J’ai vu le secrétaire à la Défense Rumsfeld et sont adjoint Wolfowitz. J’ai descendu les marches, juste pour saluer les membres de l’Etat major qui avaient travaillé avec moi, et l’un des généraux m’a dit :

Gl : Monsieur, venez avec moi, que nous parlions un instant.

Clark : Mais, vous êtes très occupé

Gl : Non, non.

Et il poursuit : Nous avons décidé d’entrer en guerre contre l’Irak.

Nous étions le 20 septembre.

Clark : Nous allons entrer en guerre contre l’Irak ! Pourquoi ?

Gl : Je ne sais pas. J’imagine qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre.

Clark : Ont-ils trouvé des informations reliant Saddam et Al Quaeda ?

Gl : Non, il n’y rien dans cette direction. Ils ont juste décidé de faire la guerre à l’Irak. Je crois que c’est parce que nous ne savons pas quoi faire contre les terroristes, mais nous avons une bonne armée et nous pouvons renverser les gouvernements. Je crois que quand le seul outil dont vous disposez est un marteau, tout les problèmes doivent prendre la forme d’un clou.

(suite…)


Les courriers électroniques envoyés par des identités multiples et appelant à signer une pétition contre le gouvernement iranen, émanent pour la plupart d’un seul ordinateur… qui se trouve au siège de la National Security Agency, à Fort Meade, dans le Maryland

Les forums et blogs que je modère continuent à être spammés par les « défenseurs des droits de l’homme en Iran ». La même chose se produit sur USENET où les forums sont innondés de message identiques, postés par des personnes aux identités multiples. Cette fois-ci il s’agit de sauver une jeune fille condamnée à mort, en signant, comme la dernière fois, la pétition sur le site sauvelemonde. A noter que le site sauvelemonde et la pétition ne font plus référence à la jeune fille à sauver…

Spam de propagande

A priori, encore une fois, même si la méthode utilisée est du SPAM grossier (il suffit de regarder l’ilustration ci-contre) la cause semble juste… mais bon, moi, quand on me demande de soutenir un mouvement politique, je prends toujours le temps de me renseigner. C’est comme quand mon voisin veut me faire signer une pétition pour « rendre notre quartier habitable » et que je me rends compte que c’est en fait une pétition de soutien au candidat FN du coin….

A noter que (je n’ose espérer que c’est suite à mes conseils) les organisateurs du site sauvelemonde ont entièrement redesigné leur site et cette fois ci ne cachent plus leur intentions, en droite ligne avec celle des faucons de la Maison Blanche. A la page « Qui sommes nous » ils ne font pas mystère qu’ils font partie des Moudjahidines du Peuple (MKO) (tous les liens pointent vers des sites affiliés au MKO) et qu’ils roulent pour l’Armée US qui colonise l’Irak en ce moment. Mais c’est leur droit, tout ce que je demandais c’est qu’ils aient l’honnêteté de dire qui ils sont… merci les gars !

Par contre, là où ça devient intéressant, c’est quand on prend la peine de regarder d’un peu plus près les courriers électroniques qui appellent à voter pour la pétition du site sauvelemonde. Ils sont souvent signés de noms différents (MehrBaniameri, Nazim Raber…), avec à chaque fois des adresses yahoo ou hotmail qui génèrent des messages d’erreur quand on tente de leur écrire.

Mais si les noms sont différents, l’adresse IP de l’ordinateur ayant envoyé le message (X-Originating IP ou bien NTTP-Source) est souvent la même : 150.177.10.2

Quand on fait un DNS Lookup pour savoir à qui appartient cette adresse IP, on tombe sur un truc rigolo : m4407-fw1.army.mil

Army.mil ? Un ordinateur de l’armée US ? Mais pourquoi pas ? Après tout il peut bien y avoir des gens dans l’armée des Etats-unis qui se soucient du sort des opprimés iraniens. Non ?

Mais voyons quand même ce que dit WHOIS. SamSpade nous répond que cette adresse IP appartient au domaine militaire MEADENET_1, qui réside sur un ordinateur dans la base militaire de Fort Meade.

Les traces menent a Fort Meade, siège de la NSA Fort Meade ? Ce nom me dit quelque chose. Un coup d’oeil à Wikipedia et bingo !

Le siège de la National Security Agency se trouve à l’endroit d’où sont partis les mails nous appelant à signer une pétition pour demander le renversement du gouvernement iranien.

Les organisateurs ont beau dire « ni guerre ni mollahs », pour l’instant ils ne sont rien d’autre qu’un faux nez des faucons du Pentagone et de la CIA qui rèvent de faire à l’Iran ce qu’ils ont fait à l’Irak.

Libre à vous de signer cette pétition, en connaissance de cause. Pour ma part je préfère signer la pétition de Amnesty International, qui est une organisation nettement moins belliciste et qui ne rève pas de faire sombrer l’Iran dans le chaos.

La campagne de signatures pour ‘sauver le monde’ n’est rien d’autre qu’une opération de manipulation de l’opinion publique organisée par les services de propagande des Etats-unis.

Il faudrait peut-être en informer Arianna Caroli qui est à l’origine de cette pétition. Elle est surement animée des meilleurs intentions du monde.


QWEST : VICTIME DE SON REFUS DE DÉVOILER LA VIE PRIVÉE DE SES CLIENTS
[Onnesha Roychoudhuri – Truth Dig 15/08/07]
Le programme d’espionnage domestique mis en place par l’Administration Bush ces 6 dernières années s’est appuyé sur la collaboration volontaire des grandes entreprises de télécommunications aux Etats-unis. Sans rechigner, sans en informer leurs clients ces grandes entreprises ont accepté l’installation de mouchards sur leurs lignes téléphoniques et serveurs et ont permis aux services de police d’accéder librement aux logs et journaux de connexion. Toutes ont participé… sauf une.

La société QWEST a systématiquement exigé des mandats judiciaires nominatifs avant de fournir des informations aux services de police. Elle a refusé l’installation de mouchards et de bretelles d’écoute. Elle refuse de conserver les logs de connexion au delà de la période minimum et ne les cède à la police que sur injonction d’un tribunal.

Bien mal lui en a pris.

Onnesha Roychoudhuri c’est plongé dans le marigot complexe de la sécurité nationale et des réglementations en matière de télécoms pour savoir si l’incroyable série de malheurs techniques et économiques qui a frappé QWEST ces dernières années, est une coïncidence….  et ce que cela signifie pour le peu de vie privée que nous avons encore.

http://www.mediachannel.org/wordpress/2007/08/15/inside-the-data-mine/


[C-NET – DEFCON – 10/08/07 – Trad. Grégoire Seither]
Malgré la petite taille de leur pays, les 1.4 millions d’Estoniens sont parmi la population la plus branchée au monde. Internet et les réseaux sont omniprésents dans la vie de tous les jours. Et c’est pour cela que, en mai dernier, des centaines de milliers de citoyens ordinaires se sont soudain retrouvés dans l’impossibilité de prendre de l’essence à la pompe, d’acheter du pain ou de payer leurs factures. Pourquoi ? A cause d’une gigantesque attaque par Deni de service (denial-of-service DoS) qui a paralysé les réseaux du pays pendant plusieurs jours. Une attaque que certains analystes en sécurité informatique attribuent à un différent nationaliste avec la Russie voisine.

Ce qui est effrayant dans cette histoire, c’est qu’il ne s’agissait que d’une petite attaque, menée par quelques centaines de hackers russes nationalistes. Gadi Evron, expert en sécurité qui a subi et analysé l’attaque de mai dernier en Estonie, est est intervenu à la conférence Black Hat et à DEFCON pour tenter de tirer des leçons de cette première cyberguerre du XXIè siècle.

http://reviews.cnet.com/4520-3513_7-6761400-1.html?tag=nl.e501


UN NOUVEAU LOGICIEL PERMET DE SAVOIR QUI MODIFIE LES PAGES WIKIPEDIA… ET RÉVÈLE LA CENSURE OPÉRÉE PAR DIEBOLD, LA CIA, LES POLITIQUES, MICROSOFT etc.
[Wired – 12/08/07 – Trad. Grégoire Seither]
Le site « Wikipedia Scanner » (http://wikiscanner.virgil.gr/) inventé et mis en place par Virgil Griffith, diplômé en informatique et en systèmes neuronaux à l’université de Californie (CalTech) propose aux visiteurs une base de données qui permet de relier les millions de modifications apportées chaque jour aux pages de l’encyclopédie Wikipedia aux organisations où se trouvent les ordinateurs d’où est partie la modification. Pour cela Griffith s’appuie simplement sur l’adresse IP du modificateur (enregistrée à chaque modification d’une page) et la relie au propriétaire du bloc IP concerné. Vous pouvez également saisir une adresse IP pour connaître les modifications qu’elle a apporté aux pages dans Wikipedia.

Le site WIRED a déjà lancé un concours des plus belles censures et manipulations de l’information détectées à l’aide de cet outil. Vous pouvez y participer ici : http://blog.wired.com/27bstroke6/2007/08/vote-on-the-top.html
Griffith a téléchargé l’intégralité des pages Wikipedia pour les analyser. Le résultat : une base de données de 5,3 millions de modifications, effectuées par  2,6 millions d’organisations, parmi elles  la CIA, Microsoft, les bureaux parlementaires de députés au Congrès des Etats-unis ou encore le fabricant d’ordinateurs de vote Diebold. La base permet d’afficher en un seul clic la liste des pages modifiées et le détail des modifications commises par ces organisations ou par quelqu’un ayant accès à un ordinateur au sein de ces organisations.

Certaines de ces modifications apparaissent clairement comme motivées par un souci de promotion et de relations publiques, soit en ajoutant des informations positives tirées des communiqués de presse aux articles soit en supprimant des paragraphes entiers de contenu critique. Un bon exemple de ce genre de manipulation de l’information est le fabricant d’ordinateurs de vote Diebold : quelqu’un opérant depuis un ordinateur connecté sous une adresse IP appartenant à l’entreprise se connecte régulièrement à la page traitant de la société pour supprimer des longs passages qui font mention des craintes des experts en sécurité informatique ou des libertés civiques vis à vis de ces machines. Ou encore des passages qui détaillent les importantes contributions financières du PDG de la société au profit de la campagne électorale du Président George W. Bush.

La page WikiScanner propose des liens vers des résultats de recherche triés par origine. Elle permet ainsi de constater qu’à la Havane (Cuba) réside un fan de Neil Young qui veille sur la page consacrée au musicien et que le groupe pharmacologique Pfizer Inc. héberge un expert de l’histoire des Cathares en Provence…

http://www.wired.com/politics/onlinerights/news/2007/08/wiki_tracker


[James Bovard – ZNet – 21/07/7 – Trad. Grégoire Seither]
(James Bovard est l’auteur de nombreux ouvrages d’analyse politique, notamment « Attention Deficit Democracy » qui a reçu le prix du livre politique 2007).

Combien de bombes faut-il pour faire s’écrouler la démocratie américaine ? Nettement moins qu’il n’en aurait fallu il y a encore un an.

La loi FISA sur les écoutes téléphoniques qui vient d’être votée par le Congrès sans opposition véritable de la part des Démocractes, est la dernière touche apportée au Defense Authorization Act, voté en Septembre 2006.

Cet arsenal législatif permet au Président George W. Bush d’imposer librement l’état d’urgence n’importe où dans le pays à la suite d’un « incident terroriste » ou bien si la Maison Blanche ou une autre autorité fédérale perçoit une « menace à l’ordre public » voire tout simplement dans le cas d’une « émeute » ou d’une manifestation qui aurait dégénéré suite à des provocations par des éléments gouvernementaux.

Autrement dit, c’est le Président tout seul, sans aucun contrôle de son pouvoir, qui peut décider de priver les citoyens de son pays de leurs libertés.
http://www.informationclearinghouse.info/article18055.htm


[IES News Service – GoogleWatch – 09/08/07]
Google s’était illustré en refusant de fournir aux services de sécurité des Etats-unis les logs de connexion et les données de recherche sur le Web de ses utilisateurs. Mais les services secrets n’ont pas besoin de l’autorisation de la direction de Google pour accéder aux logs, ils peuvent utiliser les nombreuses « portes de derrière » humaines qu’ils ont planté dans l’entreprise.

Lors d’un atelier consacré à la sécurité informatique qui s’est tenu à l’occasion de DEFCON, un certain B., prétendument chef de projet chez Google a affirmé que sa société comportait des « human backdoors« , des taupes recrutées par les services de renseignement des Etats-unis et qui permettent aux agents fédéraux d’accéder aux informations recherchées sur certaines personnes. (suite…)

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